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  3. Qualité de l'air

Qualité de l'air

La pollution de l’air est une préoccupation essentielle, vu ses impacts sur la santé et l’environnement. A Bruxelles, la qualité de l’air s’est très fortement améliorée ces dernières années. Il reste cependant du chemin à parcourir…
  • Air
  • Pollution
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  • Mesures
  • Législation
le 1 septembre 2026

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Sommaire

  • Qualité de l'air : concentration en dioxyde d'azote (NO2)
  • Qualité de l'air : concentration en ozone troposphérique (O3)
  • Qualité de l'air : concentration en particules fines (PM10)
  • Qualité de l'air : concentration en particules très fines (PM 2.5)
  • Qualité de l'air : pics de pollution (ancienne législation)
  • Qualité de l'air : pics de pollution (selon la législation en vigueur depuis fin 2018)
  • Historique de la pollution atmosphérique en Région de Bruxelles-Capitale
  • COVID-19 - Quels ont été les effets du premier confinement sur la qualité de l’air ?

Qualité de l'air : concentration en dioxyde d'azote (NO2)

Indicateur - Actualisation : septembre 2025 

La concentration en dioxydes d’azote moyenne mesurée est influencée par la proximité aux principaux émetteurs, comme le trafic. En 2024,  toutes les stations prises en compte dans l’évaluation du respect des normes de qualité de l’air ont respecté les valeurs limites (annuelle et horaire) européennes, mais pas les valeurs recommandées par l’OMS. La valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme. annuelle pour 2030 n’est quant à elle respectée que partiellement. 

Contexte 

Le dioxyde d'azote (NO2) est une substance nocive pour la santé humaine (effet sur les voies respiratoires) et l’environnement (contribution à la formation d’ozone et de particules secondaires, ainsi qu’à l'acidificationAugmentation de l'acidité d'un sol ou d'un cours d'eau en raison des activités humaines. Ce phénomène peut modifier les équilibres chimiques et biologiques et affecter gravement les écosystèmes.). Sa concentration dans l’atmosphère est principalement liée, en Région de Bruxelles-Capitale, aux émissions d’oxydes d’azote causées par les processus de combustion liés au transport routier et au chauffage des bâtiments. 

Normes européennes et valeurs guides de l’OMS 

Dans un objectif de protection de la santé publique, la directive européenne 2008/50/CE impose qu’à partir de 2010, la concentration moyenne annuelle de NO2 n’excède pas 40 µg/m3. Dans le cadre de la directive2024/2881/CE, adoptée en octobre 2024, l’UE a fixé une nouvelle valeur limite de 20 µg/m³, d’application à partir de 2030. Du côté de l’OMS, les valeurs  recommandées sont depuis 2021 de 10 µg/m³ de NO2 en moyenne par an. Notons que les valeurs recommandées par l’OMS sont établies en prenant en compte exclusivement l’impact santé de la pollution de l’air, et pas la faisabilité socio-économique du respect des seuils (contrairement aux normes européennes). 

Evolution de la concentration moyenne annuelle en NO2 

En Région bruxelloise, 13 stations du réseau télémétrique de la qualité de l’air mesurent le NO2 en continu. L’indicateur présenté ici est basé sur les données de la station de Molenbeek-St-Jean (code 41R001) qui est représentative d’un environnement urbain modérément influencé par le trafic routier. Cette station est représentative des niveaux de pollution auxquels sont soumis la majorité des bruxellois. 

La concentration en NO2 dans l’air est à la baisse et respecte la norme européenne à la station de Molenbeek-Saint-Jean depuis 2014

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
Graphique : La concentration en NO2 dans l’air est à la baisse et respecte la norme européenne à la station de Molenbeek-Saint-Jean depuis 2014

Lire le texte de transcription

La concentration annuelle est passée de 64µg/m³ en 1989 à 20 en 2024. Elle est passée sous la valeur limite annuelle de 40 µg/m³ depuis 2014.

Jusqu’en 2013, les concentrations moyennes annuelles en NO2 à la station de Molenbeek-Saint-Jean se situaient, à quelques exceptions près, au-delà de la valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme. de 40 µg/m³. Depuis 2014, la concentration moyenne annuelle en NO2 respecte la valeur limite annuelle à cette station. Les valeurs mesurées présentent en effet une évolution à la baisse depuis 2005. 

La nette diminution de la concentration moyenne en NO2 pour l’année 2020 peut être reliée aux mesures mises en place dans le cadre de la pandémie de COVID-19. 

Dans les autres stations de mesure du réseau, la concentration moyenne annuelle de NO2 en 2024 était comprise entre 11 et 32 µg/m³. Les concentrations les plus élevées en NO2 ont été observées aux stations Régent (41REG1), Arts-Loi (41B001) et Charles Buls (41BUL1), trois stations urbaines soumises à une très forte influence du trafic, situées sur la petite ceinture.

Bon à savoir

En 2024, toutes les stations prises en compte dans l’évaluation du respect des normes de qualité de l’air ont respecté les valeurs limites européennes. Les stations soumises à une influence du trafic très faible, faible ou modérée (5 stations sur 13) respectaient déjà la valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme. annuelle pour 2030. En revanche, toutes les stations dépassaient la recommandation OMS  pour les moyennes annuelles.

En plus des moyennes annuelles, les directives européennes et les recommandations de l’OMS prévoient également des objectifs pour les concentrations moyennes journalières et horaires. Les concentrations mesurées en 2024 dépassent une partie de ces objectifs ;  le détail est présenté par station de mesure dans la figure ci-dessous. Pour plus de précisions concernant les concentrations mesurées aux différentes stations de la Région, consultez le Rapport 2024 sur la qualité de l’air en Région de Bruxelles-Capitale. 

Les concentrations de dioxyde d’azote en 2024 : en bref

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
Remarque : chaque station de mesure est représentée par un point vert si elle respecte l’objectif et rouge si elle le dépasse. Une seule station en dépassement entraine le non-respect de l’objectif pour la Région.
Graphique : Les concentrations de dioxyde d’azote en 2024

Lire le texte de transcription

En 2024, les valeurs limites annuelle et horaire pour les concentration de NO2 sont respectées dans toutes les stations de mesure de la Région.
En ce qui concerne les futurs objectifs pour 2030, la valeur limite annuelle est respectée dans 7 des 13 stations, la valeur limite journalière est respectée dans 12 des 13 stations, et la valeur limite horaire est respectée dans toutes les stations.
Enfin, les recommandations de l’OMS pour les concentrations annuelle et journalière sont dépassés dans toutes les stations, tandis que la recommandation pour la moyenne horaire est respectée à toutes les stations sauf une.

Origine du NO2 

Les concentrations observées dans la Région sont le résultat de différentes contributions :

  • La pollution de fond rurale, telle que mesurée dans les Ardennes, due au transport des polluants à très longue distance et sans influence directe de sources ;
  • la pollution de fond urbaine, mesurée dans les stations périphériques de la Région, qui correspond à la concentration de fond relevée loin des sources urbaines ;
  • la pollution de fond « centre-ville », mesurée typiquement dans des zones centrales de la Région de Bruxelles-Capitale sans influence directe du trafic. Par rapport à la pollution de fond urbaine, elle se caractérise par un supplément lié au tissu urbain plus dense (hors trafic) ;

la contribution du trafic qui s’ajoute à la pollution de fond (rurale, urbaine, ou « centre-ville ») et qui varie suivant l’importance locale des émissions du trafic.

Comment sont estimées ces contributions ?

Les différentes contributions sont calculées sur base des stations suivantes. Chaque contribution est définie par la différence entre la concentration moyenne annuelle à sa station de référence et le total des contributions précédentes :

  • Fond rural : 43N085 (Vielsalm) – une station de fond située dans les Ardennes, à grande distance de toute source d’émissions. Il s’agit de la station présentant les plus basses concentrations moyennes de NO2 en Belgique. Elle est représentative des niveaux de pollution dus au transport à très longue distance des polluants et présents sur l’ensemble du territoire national.
  • Fond urbain : 41R012 (Uccle) et 41B011 (Berchem-Sainte-Agathe) – deux stations situées en périphérie urbaine et très peu exposées aux sources directes. Le fond urbain est calculé sur base de la concentration moyenne annuelle la plus basse parmi ces deux stations.
  • Fond « centre-ville » : 41B004 (Sainte-Catherine) – une station située en centre-ville avec influence modérée du trafic, caractéristique d’un environnement urbain dense et représentative de l’exposition au NO2 de la plupart des bruxellois.
  • Trafic : 41REG1 (Régent) – une station située sur la petite ceinture, soumise à une très forte influence du trafic. Il s’agit de la station du réseau bruxellois présentant les plus hautes concentrations moyennes de NO2 en 2024.

Les concentrations de NO2 dans la Région de Bruxelles-Capitale sont fortement influencées par des sources locales

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
Graphique : Les concentrations de NO2 dans la Région de Bruxelles-Capitale sont fortement influencées par des sources locales

Lire le texte de transcription

Dans l’ensemble des stations de mesure de la Région, les concentrations de NO2 observées incluent 3 µg/m³ dues fond rural et 8 µg/m³ dues au fond urbain. Selon l’environnement de mesure de la station, elles peuvent également comprendre jusqu’à 9 µg/m³ dus à la densité du tissu urbain, ainsi que jusqu’à 12 µg/m³ résultants de l’influence directe du trafic.

Les plus hautes concentrations de NO2 mesurées dans la Région en 2024 sont ainsi dues majoritairement à des sources locales : sur la Petite Ceinture par exemple, elles proviennent pour 38% de l’influence directe du trafic et pour 28% d’autres sources locales caractéristiques d’un tissu urbain dense (voir l’indicateur « Principales émissions de polluants dans l’air » pour plus d’informations). Seulement 34% proviennent d’une pollution de fond commune à l’ensemble de la Région (pollution de fond urbaine et rurale). L’importance relative de ces différentes contributions varie cependant fortement selon l’environnement dans lequel se situe la station de mesure. 

Le réseau de mesure secondaire 

Pour rappel, les résultats présentés ci-dessus proviennent du réseau mesure télémétrique de référence dit primaire, qui surveille la qualité de l’air en temps réel et dont les mesures, soumises à des critères stricts, sont utilisées pour le rapportage auprès de l’Union Européenne. En parallèle, la Région a mis en place depuis 2023 un réseau de mesure secondaire, en collaboration avec le BRAL. Encore en évolution, il compte actuellement 29 points de mesure, spécifiquement sélectionnés parmi les sites les plus exposés au NO2. Son objectif est d’assurer une surveillance plus étroite dans les zones les plus polluées de la Région. Ce réseau est composé de tubes passifs, qui sont relevés deux fois par mois et analysés en laboratoire. Cette méthode permet d’obtenir des mesures dans un grand nombre de sites, avec une qualité satisfaisante pour avoir une indication du niveau de pollution dans ces sites. En revanche, elle n’offre pas de données à plus court terme et ne permet pas le suivi en temps réel ni le rapportage à l’UE . 

Les premiers résultats présentent les concentrations moyennes annuelles s’étendant sur la période juin 2023 – juin 2024. 

Les concentrations de NO2 encore trop élevées en plusieurs points de la Capitale

Concentrations moyennes en NO2 sur la période juin 2023 - juin 2024, en µg/m³
Source : BRAL & Bruxelles Environnement
Graphique : Les concentrations de NO2 encore trop élevées en plusieurs points de la Capitale

L’ensemble des sites de surveillance dépassent la future valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme. européenne 2030 de 20 µg/m³ en moyenne annuelle. Pour rappel, c’est également le cas de toutes les stations du réseau télémétrique de référence fortement et très fortement influencées par le trafic routier. 

En revanche, quatre sites du réseau secondaire dépassent également la valeur limite européenne actuelle de 40µg/m³. Les mesures les plus élevées obtenues avenue de la Toison d’Or (51 µg/m³) sont à relativiser quelque peu au regard du positionnement de l’échantillonneur et de sa faible représentativité de l’exposition du public. Pour les 3 autres points, les concentrations restent toutefois au-delà des valeurs acceptables. Cela peut être dû à une exposition particulièrement importante aux émissions du trafic (Porte de Flandre : 46 µg/m³ ; Sainctelette : 40 µg/m³), ou aux caractéristiques de l’environnement de mesure (rue Piers : 46 µg/m³, situé dans une rue canyon). 

L’ensemble des autres points présente des valeurs conformes à la directive européenne, malgré un placement volontaire sur des sites identifiés comme particulièrement problématiques. D’importants progrès restent cependant à faire pour rendre conforme l’ensemble de la Région aux futures valeurs 2030 pour la protection de la santé humaine.

À télécharger

Fiche méthodologique

  • Indicateur: Dioxyde d'azote : concentration moyenne annuelle et respect de la valeur limite européenne (.pdf)

Tableaux reprenant les données

  • Evolution de la concentration moyenne en NO2 (.xls)

Fiche(s) documentée(s)

  • 3. Les accords internationaux et leurs implications en matière de fourniture de données - impact local : protéger la santé publique (.pdf)
  • 5. Les accords internationaux et leurs implications en matière de fourniture de données : Les polluants atmosphériques suivis en Région de Bruxelles-Capitale (.pdf)
  • 40. Lignes directrices pour la qualité de l'air de l'Organisation Mondiale de la Santé (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Ozone et dioxyde d’azote (.pdf)
  • La qualité de l’air en Région de Bruxelles-Capitale. Rapport annuel 2024 (.pdf)
  • Rapport sur les incidences environnementales de "l’avant-projet de plan Régional Air-Climat-Energie" (.pdf)
  • Rapport sur les incidences environnementales du "plan d'urgence en cas de pics de pollution" (.pdf )

Liens utiles

  • Le site "Qualité de l'air" de la Région bruxelloise

Qualité de l'air : concentration en ozone troposphérique (O3)

Indicateur - Actualisation : septembre 2025 

L’ozone troposphériquePrésent en basse altitude dans la troposphère, l'ozone se forme par liaison chimique en présence de rayons solaires. Il peut causer de graves problèmes au niveau des yeux, du nez et des voies respiratoires chez les humains et chez les animaux. Il peut altérer les cultures et les forêts, et dégrader de nombreux matériaux. est formé dans l'atmosphère à partir d'autres substances, dont le dioxyde d’azote NO2. La réaction photochimique se déroule principalement de la mi-juin à la mi-août et peut donner lieu à des pics d'ozone lorsque l’ensoleillement est abondant, à l’origine de problèmes sanitaires. En Région bruxelloise, la valeur cible européenne pour la protection de la santé publique est respectée depuis 2005.

Contexte 

L’ozone est un polluant secondaire, c’est-à-dire qu’il n’est pas émis directement dans l’air ambiant par les activités humaines, mais se forme à partir de composés déjà présents dans l’air, dits « précurseurs », dont le dioxyde d’azote NO2. La formation de l’ozone est une réaction photochimique nécessitant du rayonnement ultraviolet et se produit donc lorsque l’ensoleillement est abondant (et les composés précurseurs présents). En quantité anormalement élevée, l’ozone a un impact sur la santé (diminution de la fonction respiratoire) et sur l’environnement. 

Valeurs cibles européennes et valeurs guides de l’OMS 

Dans le but d’éviter à long terme des effets nocifs sur la santé humaine et/ou l’environnement dans son ensemble, la directive européenne 2008/50/CE relative à la qualité de l’air ambiant définit notamment pour l’ozone la « valeur cible » suivante à atteindre à partir de 2010 :

  • 120 µg/m3 en maximum journalier de la moyenne glissante sur 8 heures ;
  • maximum 25 jours de dépassement par an (calculé comme nombre moyen sur 3 années consécutives). 

La directive 2024/2881, adoptée en octobre 2024, révise la directive 2008/50/CE. Elle fixe une nouvelle valeur cible pour l’ozone troposphérique, à atteindre à l’horizon 2030. Celle-ci est identique à la valeur actuelle, mais avec un maximum de 18 jours de dépassement par an. 

La valeur recommandée par l’OMS (2021) est de 100 µg/m³ en maximum journalier des moyennes glissante sur 8 heures (avec 3 à 4 dépassements par an). L’OMS prévoit également une valeur recommandée de 60 μg/m³ pour la moyenne des maxima journaliers de la moyenne glissante sur 8 heures, pendant la période de pics d’ozone (période chaude et ensoleillée de l’année, typiquement de mars à août). 

Evolution des concentrations en O3 dans l'air 

Le réseau télémétrique de la Région compte 5 stations qui mesurent en continu l’ozone troposphérique. Les concentrations d’ozone en milieu urbain étant plus basses à proximité immédiate du trafic, elles ne sont mesurées en Région bruxelloise que dans des stations très faiblement, faiblement et modérément influencées par celui-ci. Dans ces stations, les processus de formation d’ozone prévalent sur les processus de destruction qui ont lieu en présence de NO, que l’on retrouve principalement à proximité du trafic. L’indicateur est basé sur les mesures effectuées à Uccle (station 41R012), située dans une zone résidentielle à l’écart des axes routiers importants. 

Les concentrations d’ozone de fond augmentent lentement

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
Remarque : La moyenne annuelle n’est pas présentée pour les années lors desquelles le rendement de collecte de données à la station 41R012 est inférieur aux conditions de rapportage.
Graphique : les concentrations d’ozone de fond augmentent lentement

Lire le texte de transcription

La concentration moyenne annuelle d'ozone a augmenté de 41 µg/m en 1998 à 55 en 2023.

En 2024, la concentration moyenne annuelle d'ozone troposphériquePrésent en basse altitude dans la troposphère, l'ozone se forme par liaison chimique en présence de rayons solaires. Il peut causer de graves problèmes au niveau des yeux, du nez et des voies respiratoires chez les humains et chez les animaux. Il peut altérer les cultures et les forêts, et dégrader de nombreux matériaux. était de 49 µg/m³ à la station d’Uccle, en Région bruxelloise. 

Les concentrations moyennes étaient relativement stables depuis la fin des années ’90 jusqu’en 2017, et ont augmenté par la suite, une tendance générale qui reflète l’augmentation des concentrations de fond en ozone, tandis qu’à l’inverse les pics d’ozone tendent à diminuer. Une diminution importante est observée dans toute la Belgique en 2024, et peut être attribuée au rayonnement solaire sensiblement plus faible cette année. 

La station de mesure située à Berchem-Sainte-Agathe, à l’écart de l’influence du trafic, présente elle aussi des valeurs de concentration moyenne annuelle élevées (50 µg/m³ en 2024). Dans les stations plus proches des axes routiers (stations de Molenbeek-Saint-Jean et Haren, toutes deux sujettes à une influence modérée du trafic), par contre, les émissions primaires de monoxyde d’azote (NO) provenant du trafic contribuent directement à la destruction de l’ozone. Ces deux stations présentent donc des niveaux d’ozone relativement plus faibles (45-46 µg/m³). 

Respect des valeurs cibles européennes 

La valeur cible pour la concentration d’ozone troposphérique moyenne sur 8 heures durant les trois dernières années est largement respectée à la station d’Uccle

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
Note : Le nombre de jours n’est pas présenté lorsque le rendement annuel de collecte des données est inférieur aux conditions de rapportage.
Graphique : la valeur cible pour la concentration d’ozone troposphérique moyenne sur 8 heures durant les trois dernières années est largement respectée à la station d’Uccle

Depuis la période 2004-2006, la valeur cible européenne pour la protection de la santé (maximum 25 jours de dépassement par an, en moyenne sur trois ans, de la limite de 120 µg/m³ en maximum journalier de la moyenne glissante sur 8h) est respectée partout en Région bruxelloise. Pour la période 2022-2024, il y a eu en moyenne sur ces trois ans, 16 jours de dépassement à la station d’Uccle. La valeur cible pour 2030 (maximum 18 jours de dépassement) est également respectée pour la deuxième année consécutive.

Bon à savoir

Notons que les années caractérisées par un temps très ensoleillé durant les mois de juillet et août présentent plus de jours de dépassement. C’était par exemple le cas pour les années 2003, 2006, 2018, 2020 et 2022.

Par contre, la valeur recommandée par l’OMS (de 100 µg/m³ en maximum journalier des moyennes glissante sur 8 heures avec 3-4 dépassements maximum par an), n’est respectée à aucune station de mesure de la RBC. À titre de comparaison, cette valeur recommandée n’est respectée nulle part en Belgique en 2024. 

L’OMS fournit également une valeur recommandée pour la période de pics d’ozone, qui s'étend typiquement de mars à août. La valeur recommandée sur cette période de référence est dépassée à toutes les stations de mesure de la RBC, même dans les stations les plus influencées par le trafic routier. 

Les concentrations d’ozone en 2024 : en bref

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
Remarque : chaque station de mesure est représentée par un point vert si elle respecte l’objectif et rouge si elle le dépasse. Une seule station en dépassement entraine le non-respect de l’objectif pour la Région.
Graphique : les concentrations d’ozone en 2024 : en bref

À télécharger

Fiche méthodologique

  • Indicateur: Concentration en ozone troposphérique: moyenne annuelle et nombre de jours où la concentration maximale sur 8 heures a dépassé le seuil européen (.pdf)

Tableaux reprenant les données

  • Evolution de la concentration moyenne annuelle (.xls)
  • Evolution du nombre de jours de dépassement (.xls)

Fiche(s) documentée(s)

  • 2. Pollution atmosphérique en RBC : constats
  • 5. Les obligations internationales en matière de collecte et fourniture de données - Les polluants atmosphériques suivis en RBC  (.pdf)
  • 40. Lignes directrices pour la qualité de l'air de l'Organisation Mondiale de la Santé (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Ozone et dioxyde d’azote (.pdf)
  • La qualité de l’air en Région de Bruxelles-Capitale. Rapport annuel 2024 (.pdf)

Liens utiles

  • Le site "Qualité de l'air" de la Région bruxellois

Qualité de l'air : concentration en particules fines (PM10)

Indicateur - Actualisation : septembre 2025 

Les particules en suspensionMatières microscopiques en suspension dans l'air ou dans l'eau. La toxicité des particules en suspension dans l air est essentiellement due aux particules de diamètre inférieur à 10µm, les plus grosses étant arrêtées puis éliminées au niveau du nez et des voies respiratoires supérieures. Les particules en suspension dans l'eau sont traitées par divers procédés dans les stations d'épuration. dans l’air (PM) ont des origines et caractéristiques chimiques et physiques très variées. En 2024, les concentrations moyennes annuelles en PM10 ont respecté les normes européennes dans toutes les stations de mesure de la qualité de l’air de la Région. Les valeurs recommandées par l’OMS, beaucoup plus strictes que les normes européennes, ont quant à elles été respectées dans une partie des stations.

Contexte 

Les PM10 (pour « particulate matter » 10) désignent l’ensemble des particules de taille inférieure à 10 micromètres, sans distinction de composition chimique ou d’aspect physique. Les particules en suspension dans l’air ambiant ont des origines diverses: les particules « primaires » sont émises directement, par des processus naturels (par exemple, l’érosion des sols, particules du Sahara) ou par des activités humaines (combustion, usure de revêtements routiers, chantiers de construction ou de démolition ,…) tandis que les aérosols « secondaires » se forment par réactions chimiques à partir d’autres composés présents dans l’atmosphère (nitrates, sulfates, ammonium, nucléation de composés gazeux, …). 

Valeurs limites européennes et recommandations de l’OMS 

Dans un objectif de protection de la santé publique, la directive européenne 2008/50/CE impose pour la concentration en PM10 dans l’air ambiant deux valeurs limites qui sont d’application depuis 2010 :

  • 50 µg/ en moyenne journalière, avec un maximum de 35 jours de dépassement par an autorisés ;
  • 40 µg/m3 comme moyenne annuelle. 

Dans le cadre de la directive 2024/2881/CE, adoptée en octobre 2024, l’UE a instauré des nouvelles valeurs limites à appliquer à partir de 2030. Ces nouvelles normes fixent à 45 µg/m³ la moyenne journalière, avec un maximum de 18 jours de dépassement par an, et à 20 µg/m³ la moyenne annuelle. 

Le seuil recommandé par l’OMS en 2021 est aussi de 45 µg/ m3 en moyenne journalière, mais avec 3-4 jours de dépassement par an, et de 15 µg/ m3 en moyenne annuelle. 

Concentration en PM10 dans l'air 

En Région bruxelloise, six stations du réseau télémétrique de la qualité de l'air mesurent en continu les PM10. L’indicateur est basé sur les données de la station de Molenbeek-Saint-Jean (code 41R001), représentative d’un environnement urbain modérément influencé par le trafic routier. L’indicateur bruxellois pour les PM10 concerne uniquement les moyennes journalières.

PM10 :  Depuis 2015, le nombre de jours de dépassement de la valeur limite européenne de 50 µg/m3 en moyenne journalière à la station de Molenbeek-Saint-Jean est inférieur à 10

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
Graphique :PM10 :  Depuis 2015, le nombre de jours de dépassement de la valeur limite européenne de 50 µg/m3 en moyenne journalière à la station de Molenbeek-Saint-Jean est inférieur à 10

Lire le texte de transcription

Le nombre de jours de dépassements de la valeur moyenne journalière limite de 50 µg/m³ de PM10 à la station de Molenbeek-Saint-Jean (41R001) a baissé de 109 en 2003 à 0 en 2024.

Depuis 2012, la limite de 35 jours de dépassement annuels est respectée à cette station.

Jusqu’en 2009, la station à Molenbeek-Saint-Jean a systématiquement dépassé le nombre de jours de dépassement autorisés (35 jours/an) de la moyenne journalière de 50 µg/m³. Une nette amélioration est cependant observée depuis 2012, et en particulier depuis 2015 avec moins de 10 dépassements annuels enregistrés. Aucun dépassement n’a été observé en 2024.

Bon à savoir

La valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme. journalière est par ailleurs respectée dans toutes les stations de mesure depuis 2014.

La station de Haren (41N043), située dans un environnement industriel au bord du Canal, ayant été en dépassement jusqu'en 2013 compris, la Région se trouvait donc en infraction jusqu'à cette date. Une valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme. est en effet considérée comme non respectée dès l’instant où un dépassement est constaté dans une des stations de mesures du réseau de surveillance de la Région. La situation s’est néanmoins nettement améliorée ces dernières années. 

De plus, en 2024, la nouvelle limite de concentration journalière de 45 µg/m³ a été dépassé 1 seule fois à la station de mesure de Molenbeek-Saint-Jean. La valeur limite de 18 jours de dépassement de cette concentration prévue pour 2030 est donc déjà largement respectée ; c’est le cas dans toutes les stations de mesure de la Région. Il en va de même pour le nombre maximal de 3-4 jours de dépassement de cette même valeur, recommandé par l’OMS. 

En outre, les concentrations annuelles de PM10 sont également en amélioration. La valeur limite actuelle de 40 µg/m³ est systématiquement respectée dans toute la Région depuis 2004. En 2024, la valeur limite de 20µg/m³ pour 2030 est elle aussi respectée à toutes les stations. La valeur recommandée de 15 µg/m³ recommandé par l’OMS est elle aussi respectée, à l’exception de la station de Molenbeek-Saint-Jean où elle est marginalement dépassée. 

Les concentrations de PM10 en 2024 : en bref

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
Remarque : chaque station de mesure est représentée par un point vert si elle respecte l’objectif et rouge si elle le dépasse. Une seule station en dépassement entraine le non-respect de l’objectif pour la Région.
Graphique : les concentrations de PM10 en 2024 : en bref

À télécharger

Fiche méthodologique

  • Indicateur: Concentration en particules fines (PM10): nombre de jours de dépassements de la valeur limite journalière européenne (.pdf)

Tableaux reprenant les données

  • Nombre de jours avec dépassement de la concentration journalière en PM10 imposée (.xls)

Fiche(s) documentée(s)

  • 2. Pollution atmosphérique en RBC : constats (.pdf)
  • 5. Les accords internationaux et leurs implications en matière de fourniture de données : Les polluants atmosphériques suivis en Région de Bruxelles-Capitale (.pdf)
  • 40. Lignes directrices pour la qualité de l'air de l'Organisation Mondiale de la Santé (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • La qualité de l’air en Région de Bruxelles-Capitale. Rapport annuel 2024 (.pdf)
  • Fumées noires et particules fines (.pdf)
  • Rapport sur les incidences environnementales du " l’avant-projet de plan Régional Air-Climat-Energie" (.pdf)
  • Rapport sur les incidences environnementales du "plan d'urgence en cas de pics de pollution" (.pdf)

Liens utiles

  • Le site "Qualité de l'air" de la Région bruxellois

Qualité de l'air : concentration en particules très fines (PM 2.5)

Indicateur - Actualisation : septembre 2025

Les concentrations moyennes annuelles en PM2.5 montrent une tendance globale de réduction à long terme. En 2024, toutes les stations de mesure bruxelloises respectent les normes européennes actuelles ainsi que les nouvelles valeurs limites, annuelle et journalière, fixées pour 2030. Les valeurs recommandées par l’OMS ne sont quant à elles respectées en aucune station de mesure.

Contexte

Les PM2.5 (pour « particulate matter») désignent l’ensemble des particules de taille inférieure à 2,5 micromètres, sans distinction de composition chimique ou d’aspect physique. Elles ont donc des origines très diverses, naturelles ou anthropiques, et peuvent en outre être primaires ou secondaires. En Région de Bruxelles-Capitale, les PM2.5 émises proviennent principalement du chauffage des bâtiments, du transport routier, de l’industrie et de la gestion des déchets (voir l’indicateur Emissions de particules fines pour plus d’informations).

La fraction PM2.5 se distingue parmi les particules en suspensionMatières microscopiques en suspension dans l'air ou dans l'eau. La toxicité des particules en suspension dans l air est essentiellement due aux particules de diamètre inférieur à 10µm, les plus grosses étant arrêtées puis éliminées au niveau du nez et des voies respiratoires supérieures. Les particules en suspension dans l'eau sont traitées par divers procédés dans les stations d'épuration. par la capacité de ces particules à pénétrer profondément dans le système respiratoire, engendrant des effets sur la santé à court et à long terme. A court terme (exposition aigüe), elles peuvent aggraver certains problèmes respiratoires comme l’asthme. A long terme (exposition chronique), elles peuvent notamment augmenter les risques d’affections cardio-vasculaires et de maladies respiratoires et pulmonaires. Elles sont par ailleurs une cause avérée de cancer du poumon.

Valeurs limites

Dans un objectif de protection de la santé publique, la directive européenne 2008/50/CE impose que la concentration moyenne annuelle en PM2.5 ne dépasse pas les 25 µg/m3. Entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2014, il s’agissait d’une valeur cible. Depuis le 1er janvier 2015 cet objectif est devenu contraignant (valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme.). La directive 2024/2881/CE, adoptée le 23 octobre 2024, impose une nouvelle limite de la concentration moyenne annuelle à 10 µg/m³, d’application à partir de 2030. Une valeur limite journalière, qui n’existait pas jusqu’à présent, est également fixée pour 2030 et limitera à 25 µg/m³ les concentrations journalières, avec 18 dépassements annuels autorisés.

Du côté de l’OMS, les seuils recommandés ont été fortement revus à la baisse depuis 2021 et ramenés à 5 µg/m³ de PM2.5 en moyenne par an (au lieu de 10 µg/m³ précédemment). Une valeur recommandée existe également pour les concentrations journalières, fixée à 15 µg/m³, avec 3-4 jours de dépassement maximum par an.

La législation européenne a imposé également une méthode commune pour calculer et évaluer un indicateur d’exposition moyenne de la population (IEM) de chaque Etat membre, pour permettre de suivre l’évolution des concentrations de fond urbain de PM2.5. L’IEM belge a été déterminé sur base des concentrations mesurées dans les stations de Molenbeek-St-Jean et de Uccle du réseau bruxellois ainsi que dans 4 stations de fond en Flandre (Brugge, Gent, Antwerpen, Schoten) et 2 stations de fond en Wallonie (Liège et Charleroi). Une valeur limite de 20 µg/m3 a été fixée pour l’IEM belge à l’horizon 2015 (moyenne de 2013, 2014 et 2015). L’IEM doit en outre baisser de 20% en 2020 (soit en moyenne sur les années 2018-2019-2020) par rapport à sa valeur en 2011 (soit en moyenne sur les années 2009-2010-2011). Au sens strict, l’IEM est défini de manière nationale, mais il est intéressant de comparer les valeurs bruxelloises aux objectifs nationaux.

Concentration en PM2.5 dans l’air

Pour que l’indicateur PM2.5 soit représentatif de l’exposition de la majorité de la population aux concentrations de PM2.5 sur la Région de Bruxelles-Capitale, celui-ci est basé sur les données PM2.5 des deux stations de mesure suivantes :

  • la station de Molenbeek-Saint-Jean (41R001) qui est représentative d’un environnement urbain modérément influencé par le trafic routier ;
  • la station d’Uccle (41R012) qui enregistre des concentrations de fond urbain très faiblement influencées par le trafic routier .

Afin d’évaluer l’évolution temporelle à la lumière des valeurs européennes, l’indicateur bruxellois pour les PM2.5 considère aussi bien les moyennes annuelles que les moyennes glissantes sur trois années consécutives des concentrations mesurées à ces deux stations.

La moyenne annuelle de PM2.5 diminue depuis 2013 aux stations de Molenbeek-Saint-Jean et de Uccle

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
Graphique : la moyenne annuelle de PM2.5 diminue depuis 2013 aux stations de Molenbeek-Saint-Jean et de Uccle

Lire le texte de transcription

La concentration annuelle en PM2.5 à la station d’Uccle est passée de 20,7 µg/m³ en 2007 à 7 en 2024. Et de 24,6 à 8,4 à la station de Molenbeek-Saint-Jean.

Bon à savoir

Depuis 2006, la concentration moyenne annuelle en PM2.5 à la station d’Uccle, de même qu’à la station de Molenbeek-Saint-Jean, est restée systématiquement en-dessous de la valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme. européenne de 25 µg/m3 et présente une tendance à la baisse.

Rappelons que cette valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme. n’est contraignante au niveau de la législation européenne que depuis 2015. Depuis 2012, toutes les stations du réseau de surveillance de la Région respectent la valeur limite annuelle européenne, la valeur observée à Molenbeek-Saint-Jean étant la plus élevée de la Région en 2024. Toutes les stations respectent donc d’ores et déjà la future valeur limite annuelle de 10 µg/m³ pour 2030. La valeur recommandée par l’OMS n’est quant à elle respectée par aucune des stations du réseau bruxellois. Notons cependant que cette valeur, particulièrement exigeante, n’est respectée à l’échelle nationale que dans huit stations de mesure très peu exposées aux sources directes.   

La station d’Uccle présente des concentrations systématiquement plus basses qu’à Molenbeek-Saint-Jean (sauf en 2014), ce qui est logique puisqu’il s’agit d’une station de fond urbain, très faiblement influencée par les sources locales.  Les fluctuations d’une année à l’autre résultent en grande partie de la qualité de la dispersion atmosphérique liée aux conditions météorologiques.

L’indicateur d’exposition moyenne de la population (IEM) des stations bruxelloises respecte les objectifs belges

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
L’IEM correspond à la concentration moyenne glissante de PM2.5 sur trois ans, en moyenne sur les stations de Molenbeek-Saint-Jean et de Uccle
Graphique : l’indicateur d’exposition moyenne de la population (IEM) des stations bruxelloises respecte les objectifs belges

Lire le texte de transcription

L'IEM était de 21,3 µg/m³ en 2008. Il est resté stable jusqu'en 2013, puis a diminué à 7,7 µg/m³ en 2024.

L’évolution de l’IEM des stations bruxelloises est globalement décroissante, avec une forte diminution des moyennes glissantes sur 3 ans depuis 2013 et un passage, depuis 2014, sous le seuil des 20 µg/m3 qui constituait l’objectif belge imposé pour 2015 et, depuis 2017, sous le seuil des 15,2 µg/m³ constituant l’objectif belge pour 2020.

Bon à savoir

Les concentrations journalières diminuent elles aussi ces dernières années. En 2024, toutes les stations de mesure respectent la valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme. européenne pour 2030 de 25 µg/m³ en moyenne journalière, avec maximum 18 jours de dépassement par an. En revanche, toutes les stations dépassent largement la valeur de 15µg/m³ recommandée par l’OMS.

La tendance globale de réduction à long terme des concentrations de particules fines s’explique par les mesures de réduction d’émissions de polluants (comme par exemple l’introduction de filtres à particules de plus en plus performants pour les véhicules ou la mise en place de la zone de basses émissions qui a accéléré le renouvellement du parc automobile et donc la réduction des émissions de PM). Grâce à l’amélioration des technologies, les émissions de NOx diminuent en Europe d’année en année. Les NOx sont pour rappel des précurseurs de particules secondaires, formées principalement dans la fraction PM2.5. Il est donc possible que la diminution progressive des concentrations de PM2.5 s’explique en partie par la diminution des NOx.

Les concentrations de PM2.5 en 2024 en bref

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
Remarque : chaque station de mesure est représentée par un point vert si elle respecte l’objectif et rouge si elle le dépasse. Une seule station en dépassement entraine le non-respect de l’objectif pour la Région.
Graphique : les concentrations de PM2.5 en 2024 en bref

À télécharger

Fiche méthodologique

  • Indicateur: Moyenne annuelle et moyenne glissante sur trois années des concentrations de particules fines (PM2,5) (.pdf)

Tableaux reprenant les données

  • Evolution de la moyenne annuelle de PM2.5 en µg/m³ aux stations de Molenbeek-Saint-Jean et de Uccle (.xls)
  • Evolution de l’IEM (concentration moyenne glissante de PM2.5 sur trois ans), en moyenne sur les stations de Molenbeek et de Uccle (.xls)

Fiche(s) documentée(s)

  • 2. Pollution atmosphérique en RBC : constats (.pdf)
  • 40. Lignes directrices pour la qualité de l'air de l'Organisation Mondiale de la Santé (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • La qualité de l’air en Région de Bruxelles-Capitale. Rapport annuel 2024 (.pdf)
  • Fumées noires et particules fines (.pdf)
  • Rapport sur les incidences environnementales du " l’avant-projet de plan Régional Air-Climat-Energie" (.pdf)

Liens utiles

  • Le site "Qualité de l'air" de la Région bruxelloise

Qualité de l'air : pics de pollution (ancienne législation)

Indicateur - Actualisation : février 2020

La Région bruxelloise a défini depuis 2009 un plan d’urgence en cas de pic de pollution aux PM10 et/ou NO2. Entre 2009 et 2018, celui-ci définissait trois seuils d’intervention (seuils 1, 2 et 3) et les mesures à activer pour chaque seuil. Entre novembre 2009 et fin mars 2018, les seuils du premier niveau d’intervention ont été atteints à 10 reprises. Les prévisions des concentrations n’ont jamais mené à l'activation des seuils de niveau supérieur (2 ou 3). A partir de novembre 2016, un seuil supplémentaire, dit « seuil d’information » ou « seuil 0 » a été introduit afin d’informer plus rapidement la population de la dégradation de la qualité de l’air. Celui-ci a été déclenché 6 fois en Région bruxelloise entre novembre 2016 et fin mars 2018.

Contexte

Depuis de nombreuses années, l’Union Européenne établit des directives pour une bonne qualité de l’air afin de minimiser l’impact des pollutions liées à l’activité humaine sur la santé, le climat et l’environnement.

La directive cadre européenne 2008/50/CE concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe, qui a abrogé la directive 1996/62/CE, établit à cette fin des valeurs limites e.a. pour la concentration en dioxyde d’azote (NO2) et en particules fines (PM10). D'autre part, lorsqu’il existe un risque que le niveau de polluants dépasse ces valeurs, cette directive demande aux Etats membres de prévoir un plan d'action à court terme pour réduire ce risque de dépassement ou en limiter la durée. 

Mesures prises à Bruxelles

Le Gouvernement de la Région bruxelloise a donc établi un « plan d’urgence » destiné à informer la population et mettre en place des mesures en cas de pic de pollution hivernal par les particules fines (PM10) ou le dioxyde d’azote (NO2). Les dispositions du plan d’urgence ont fait l’objet de l’arrêté du 27 novembre 2008 qui définissait, à partir de trois seuils de pollution croissants, trois niveaux d’intervention de plus en plus restrictive pour limiter les émissions locales provenant du trafic (limitation de vitesse, système de plaques alternées, voire interdiction totale de la circulation) et du chauffage des bâtiments publics. L’arrêté est entré en vigueur le 1er janvier 2009, et a été sensiblement modifié par un arrêté du 31 mai 2018 (voir le focus sur les pics de pollution selon la nouvelle législation).

Suivant cet arrêté de 2008, les seuils d’intervention étaient atteints lorsqu’au moins deux stations du réseau télémétrique en Région bruxelloise atteignent les niveaux de pollution fixés par les seuils en question pour au moins un des deux polluants visés, pendant au moins deux jours consécutifs, durant la période hivernale de novembre à mars. C’est en effet au cours de cette période que les situations les plus défavorables à la dispersion des polluants (faibles vitesses de vent, absence de précipitation, présence d’une inversion thermique) sont susceptibles de se produire. 

À partir du 1er novembre 2016, un seuil supplémentaire, dit « seuil d’information » ou « seuil 0 » et plus bas que les seuils précédemment définis, est entré en vigueur afin d’informer la population de la dégradation de la qualité de l’air. 

Occurrence des pics de pollution aux PM10 et/ou NO2

Entre novembre 2009 et fin mars 2018, le premier seuil d’intervention a été atteint à dix reprises à cause des pics de pollution aux PM10 et/ou NO2. Le deuxième seuil n’a été atteint que deux fois pour les PM10. Il n'a encore jamais été atteint pour le NO2, tout comme le troisième seuil d’intervention (pour les PM10 comme pour le NO2).
L’occurrence du deuxième seuil n’a cependant pas donné lieu à une activation des mesures du deuxième niveau étant donné que l’évènement était causé par une formation massive d’aérosols secondaires (notamment suite à des épandages de fertilisants sur les terres agricoles), phénomène qui échappe complètement aux prévisions et qui ne permet donc pas de rentrer dans les conditions d’activation du plan. 
Le « seuil 0 » mis en place depuis novembre 2016, a été déclenché à 6 reprises.

Occurrence (novembre à mars) des pics de pollution aux PM10 et/ou NO2 entre 2009 et 2018 

Source : Bruxelles Environnement, Département Laboratoire Qualité de l’air
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À télécharger

Fiche méthodologique

  • Indicateur: Pics de pollution: occurrence des seuils 1, 2 et 3 d'intervention du plan d'urgence bruxellois(.pdf)

Tableaux reprenant les données

  • Occurrence des pics de pollution (.xls)

Fiche(s) documentée(s)

  • 2. Pollution atmosphérique en RBC : constats  (.pdf)
  • 8. Oxydes d'azote (NOx) (.pdf )
  • 5. Les accords internationaux et leurs implications en matière de fourniture de données : Les polluants atmosphériques suivis en Région de Bruxelles-Capitale (.pdf )
  • 40. Lignes directrices pour la qualité de l'air de l'Organisation Mondiale de la Santé (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Rapport sur les incidences environnementales du "plan d'urgence en cas de pics de pollution" (.pdf )

Liens utiles

  • Le site "Qualité de l'air" de la Région bruxelloise

Qualité de l'air : pics de pollution (selon la législation en vigueur depuis fin 2018)

Focus - Actualisation : septembre 2025

La méthode actuelle de gestion des pics de pollution en Région bruxelloise est entrée en vigueur le 1er octobre 2018. Celle-ci définit différents seuils d'alerte et d’intervention de plus en plus restrictive pour limiter les émissions locales provenant du trafic et du chauffage des bâtiments.
Entre le 1er octobre 2018 et juin 2025, le seuil d’information a été déclenché à 12 reprises, dont 5 en 2025, et le seuil d’intervention à 1 reprise.

Contexte

L’Union Européenne établit des directives pour une bonne qualité de l’air afin de minimiser l’impact des pollutions liées à l’activité humaine sur la santé, le climat et l’environnement.

La directive cadre européenne 2008/50/CE concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe établit à cette fin des valeurs limites e.a. pour la concentration en dioxyde d’azote (NO2) et en particules fines (PM10 et PM 2.5). D'autre part, lorsqu’il existe un risque que le niveau de polluants dépasse ces valeurs, cette directive demande aux Etats membres de prévoir un plan d'action à court terme pour réduire ce risque de dépassement ou en limiter la durée.

A Bruxelles, de tels pics sont susceptibles de se produire suite à l’accumulation de polluants provenant en partie des gaz d’échappement des voitures et des émissions dues au chauffage des bâtiments. Ils apparaissent typiquement en période hivernale, lors de conditions météorologiques spécifiques : en cas de vent faible et, surtout, lors de phénomènes d'inversion thermique. Au printemps, un pic de pollution peut se produire suite à la formation de particules secondaires, non émises directement dans l’atmosphère mais formées sur base de polluants déjà présents dans l’air (issus principalement du trafic et de l’agriculture en période d’épandages).

Mesures prises à Bruxelles

Le Gouvernement de la Région bruxelloise a donc établi un « plan d’urgence » destiné à informer la population et mettre en place des mesures en cas de pic de pollution par les particules fines (PM10 et PM 2.5) ou le dioxyde d’azote (NO2). Les dispositions du plan d’urgence font l’objet de l’arrêté du 31 mai 2018 (qui modifie de façon conséquente l'arrêté du 27 novembre 2008 précédemment d'application). Cet arrêté est entré en vigueur le 1er octobre 2018.

Il définit, à partir de trois seuils de pollution croissants, différents seuils d'alerte et d’intervention de plus en plus restrictive pour limiter les émissions locales provenant du trafic (actions de sensibilisation, promotion ou gratuité des alternatives de mobilité, limitation de vitesse, voire interdiction totale de la circulation) et du chauffage des bâtiments. Ceux-ci sont d'application pendant toute l'année et mis en œuvre en fonction des concentrations observées via le réseau de mesure de la qualité de l'air et des prévisions de CELINE (la Cellule Interrégionale de l’Environnement).  

Lire le texte de transcription

4 seuils interviennent dans la gestion des pics hivernaux.

  1. Le seuil d'information est déclenché en fonction des valeurs de concentration moyenne glissante observée sur les dernières 24h pour les particules fines, et lorsqu'aucune amélioration significative n'est attendue dans les prochaines 24 à 48h.
    • Concentration de PM2.5 de 35 à 50 µg/m³
    • Concentration de PM10 de 51 à 70 µg/m³
  1. Le seuil d'information et d'intervention est déclenché lorsqu'il y a persistance du seuil d'information et de sensibilisation durant 2 jours consécutifs et aucune amélioration significative attendue dans les prochaines 24 à 48h.
  1. Le seuil d'intervention 1 est déclenché lorsque des concentrations journalières de 51 à 70 µg/m² sont modélisées pour les PM2.5, dans le cas où elles seront atteintes pendant au moins deux jours consécutifs. Pour les PM10, les concentrations définies sont de 71 à 100 µg/m³. Et pour le NO2, 151 à 200 µg/m³ en au moins deux stations de mesure.
  1. Le seuil d'intervention 2 est déclenché lorsque des concentrations journalières de 71 µg/m² et plus sont modélisées pour les PM2.5 , dans le cas où elles seront atteintes pendant au moins deux jours consécutifs. Pour les PM10, de 101 µg/m³ et plus. Et pour le NO2, 201 µg/m et plus en au moins deux stations de mesure.

En fonction de la persistance des concentrations de polluants dans l'air, le seuil d'information prendra la forme d'un « seuil d’information et de sensibilisation » qui a pour objectif de prévenir la population, ou d'un « seuil d’information et d’intervention » qui est accompagné de mesures limitant l’usage des véhicules, et encourageant les alternatives.

Occurrence des pics de pollution aux PM10, PM2.5 et/ou NO2

De 2018 à 2024, les seuils d’information ont été déclenchés en RBC à 7 reprises. Durant l’année 2025, 5 dépassements supplémentaires ont été enregistrés :

  • Les 10-11/02/2025
  • Les 14-15/02/2025
  • Les 04-06/03/2025
  • Les 10-12/03/2025
  • Les 25-26/03/2025

Ces pics de pollution sont principalement attribuables au transport à longue distance de particules fines, ainsi qu’aux conditions météorologiques du mois de mars, favorables à la formation de particules secondaires. 

Entre octobre 2018 et juin 2025, le seuil d’alerte (premier seuil d’intervention) a été déclenché à une seule occasion :

  • Les 25-26/03/2022.

À télécharger

Fiche(s) documentée(s)

  • 3. Les accords internationaux et leurs conséquences sur l’acquisition de données impact local : protection de la santé publique et de l’environnement (.pdf)
  • 5. Les accords internationaux et leurs implications en matière de fourniture de données : Les polluants atmosphériques suivis en Région de Bruxelles-Capitale (.pdf)
  • 40. Lignes directrices pour la qualité de l'air de l'Organisation Mondiale de la Santé (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Rapport sur les incidences environnementales du "plan d'urgence en cas de pics de pollution" (.pdf)

Liens utiles

  • La page du site de Bruxelles Environnement relative aux pics de pollution
  • Le site "Qualité de l'air" de la Région bruxelloise
  • Les mesures prises en cas de pic de pollution
  • Les avis de pollution publiés par CELINE
  • L’historique des pics de pollution en Belgique
  • L'arrêté du 31 mai 2018

Historique de la pollution atmosphérique en Région de Bruxelles-Capitale

Focus - Actualisation : août 2026

Contexte historique

La pollution de l’air par les activités humaines n’est pas une problématique récente : à Rome, au 1e siècle, on évoquait déjà les effets néfastes pour la santé des fumées et des suies dans la ville. En revanche, la surveillance de la qualité de l’air et sa prise en compte systématique dans les politiques de santé publique sont des phénomènes plus modernes.

Au 19e et 20e siècles, l’industrialisation avait provoqué une augmentation drastique de la pollution atmosphérique. Plusieurs grandes villes européennes étaient surmontées par une couche d’air de couleur jaune et noire qui trouvait sa source dans les fumées sortant des cheminées. En hiver, en l’absence de vent et par temps stable, les nuages de polluants stagnaient au-dessus des villes pendant plusieurs jours, avec des conséquences sérieuses pour la santé. Certaines villes ou régions ont ainsi connu des épisodes tragiques. La catastrophe d’Engis en décembre 1930 compte parmi les plus célèbres en Europe : un brouillard dense installé durant 5 jours dans la vallée de la Meuse entre Huy et Liège fut à l’origine de 60 décès. Ceux-ci furent attribués essentiellement à l’accumulation importante de dioxyde de souffre et de fumées noiresDésignent des poussières colorées générées par la combustion (sidérurgie, incinérateurs, automobiles diesel, etc.). Elles sont généralement composées de particules de taille supérieure à 10 µm et ne pénètrent donc pas dans le système respiratoire. Cependant, elles laissent une couche noire responsable de la dégradation des monuments., principalement issus de la combustion de charbon et maintenus sur la vallée par les conditions météorologiques.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Londres connut en décembre 1952 un drame similaire baptisé « Grand Smog de Londres » et à l’origine d’environ 4000 décès. Suite à cette tragédie, le gouvernement du Royaume-Uni avait réagi en présentant, dès 1956, le plan « Clean Air Act » qui permit de réduire significativement l’exposition de la population au dioxyde de soufre et aux particules fines.

Les années et décennies qui suivirent virent s’opérer une prise de conscience globale des impacts de la pollution atmosphérique sur la santé humaine, l’environnement et les infrastructures. En 1958, l’Organisation Mondiale de la Santé publiait son premier rapport technique traitant de la pollution de l’air et de ses risques sanitaires. La fin des années ’50 et le début des années ’60 initièrent les premiers efforts internationaux, puis les premières mesures de la qualité de l’air. D’abord ciblés sur le dioxyde de soufre et les particules en suspensionMatières microscopiques en suspension dans l'air ou dans l'eau. La toxicité des particules en suspension dans l air est essentiellement due aux particules de diamètre inférieur à 10µm, les plus grosses étant arrêtées puis éliminées au niveau du nez et des voies respiratoires supérieures. Les particules en suspension dans l'eau sont traitées par divers procédés dans les stations d'épuration., l’avancement des connaissances scientifiques permit par la suite d’identifier de nouveaux polluants à surveiller et de mieux appréhender leurs conséquences sur la santé.

1968, le premier réseau belge de mesure de la qualité de l’air

En Belgique, le premier réseau de mesure de la qualité de l’air, le réseau « Soufre-Fumée », fut installé en 1968. Composé de 230 stations, il avait pour mission la surveillance générale de la qualité de l’air ambiant dans le pays. En mesurant les concentrations de dioxyde de soufre et les fumées noires, il visait plus particulièrement la pollution due à la combustion des combustibles fossiles utilisés pour la production d’énergie et pour le chauffage des bâtiments.

L’année 1978 marqua un nouveau tournant dans la mesure de la qualité de l’air : la Belgique s’était dotée d’un réseau de mesure entièrement automatique qui offrait un suivi en temps réel des polluants tels que le dioxyde de soufre et les oxydes d’azote, puis plus tard l’ozone et les particules fines. En parallèle, d’autres composés firent progressivement l’objet de mesures systématiques : métaux et métalloïdes toxiques – plomb (Pb), arsenic (As) , cadmium (Cd) , nickel (Ni), mercure (Hg) – , monoxyde de carbone (CO), composés organiques volatils (COV), ammoniac (NH3), hydrocarburesCe sont des composés organiques liquides constitués de carbone et d’hydrogène dérivés du pétrole. Le mazout, l’essence et d’autres types d’huiles minérales en font partie. Ces huiles ont la particularité d’avoir une faible densité. Lorsqu’elles s’infiltrent dans le sol, elles peuvent atteindre l’eau souterraine et y former une couche flottante. poly aromatiques (HAP),…  

La protection de la santé et le cadre légal européen

C’est en juillet 1980 que fut adoptée la première directive européenne concernant la qualité de l’air ambiant. Elle fixait de valeurs limites et valeurs cibles sur les concentrations dans l’air de dioxyde de soufre et de particules en suspension, dans le but de protéger la santé humaine et l’environnement. Trois autres directives ont été adoptées dans les années qui ont suivi, concernant de nouveaux polluants (Pb, NO2, O3).

L’année 1996 a ensuite marqué une étape importante dans la législation européenne, avec l’adoption de la directive-cadre 96/62/CE concernant l’évaluation et la gestion de l’air ambiant. Celle-ci avait pour objectif d’établir une stratégie commune d’évaluation et de protection de la qualité de l’air pour l’ensemble des Etats Membres. Elle identifiait également 13 polluants atmosphériques à analyser prioritairement. Les normes de concentration pour ces polluants ont ensuite été définies dans les 4 directives-filles de la directive cadre de 1996, adoptées entre 1999 et 2004.

Quels sont ces polluants ?

Les polluants prioritaires identifiés par la directive 96/62/CE sont :

  • Le dioxyde de soufre (SO2) ;
  • le dioxyde d’azote (NO2) ;
  • les particules en suspensionMatières microscopiques en suspension dans l'air ou dans l'eau. La toxicité des particules en suspension dans l air est essentiellement due aux particules de diamètre inférieur à 10µm, les plus grosses étant arrêtées puis éliminées au niveau du nez et des voies respiratoires supérieures. Les particules en suspension dans l'eau sont traitées par divers procédés dans les stations d'épuration. ;
  • les particules fines (PM10 ; y seront ajoutées en 2008 les particules très fines PM2.5) ;
  • l’ozone (O3) ;
  • le monoxyde de carbone (CO) ;
  • le benzène ;
  • les hydrocarburesCe sont des composés organiques liquides constitués de carbone et d’hydrogène dérivés du pétrole. Le mazout, l’essence et d’autres types d’huiles minérales en font partie. Ces huiles ont la particularité d’avoir une faible densité. Lorsqu’elles s’infiltrent dans le sol, elles peuvent atteindre l’eau souterraine et y former une couche flottante. polycycliques aromatiques (HAP) : les normes des directives européennes portent sur les concentrations de benzo[a]pyrène (B[a]p), utilisé comme traceur pour ce groupe de substances ;
  • le plomb (Pb) ;
  • le cadmium (Cd) ;
  • l’arsenic (As) ;
  • le nickel (Ni) ;
  • et le mercure (Hg). Ce dernier fait l’objet d’une obligation de suivi mais d’aucune norme de concentration.

Toutes ces dispositions ont été reconduites et renforcées en 2008 par la directive 2008/50/CE qui constitue, avec la directive 2004/107/CE, la règlementation européenne actuelle en matière de qualité de l’air.

Enfin, une nouvelle mise à jour a été faite en 2024, avec la directive 2024/2881/CE, qui les remplacera prochainement avec des objectifs pour l’ensemble des polluants, qui devront être respectés à partir de 2030. Ce renforcement de la protection de la qualité de l’air prend la forme, selon le polluant, de nouvelles normes de concentration, d’un durcissement de la norme existante, ou de la transformation de valeurs cibles en valeurs limites (ne changeant donc pas la concentration visée, mais la rendant juridiquement contraignante).

Historique des législations européennes en matière de qualité de l’air

Historique des législations européennes en matière de qualité de l’air

L’évolution des concentrations de polluants atmosphériques en Région bruxelloise

Parmi les polluants ciblés par ces directives, le dioxyde d’azote (NO2), les particules fines (PM10 et PM2.5) et l’ozone troposphériquePrésent en basse altitude dans la troposphère, l'ozone se forme par liaison chimique en présence de rayons solaires. Il peut causer de graves problèmes au niveau des yeux, du nez et des voies respiratoires chez les humains et chez les animaux. Il peut altérer les cultures et les forêts, et dégrader de nombreux matériaux. (O3) présentent encore en Région bruxelloise des niveaux potentiellement inquiétants pour la santé humaine et font l’objet d’un suivi spécifique (consultez la page Qualité de l’air pour plus d’informations).

Pour les autres polluants, les concentrations sont aujourd’hui très basses, et ne représentent plus un risque significatif pour la santé. Cela n’a cependant pas toujours été le cas.

Le CO, le Pb, l’As, le Cd, le benzène et le B(a)P présentaient tous des concentrations élevées au début des mesures (entre 1980 et 1994 selon le polluant). Les concentrations de Ni, bien que déjà inférieures à la norme européenne actuelle, étaient également sensiblement supérieures à leur taux actuel. Ces concentrations ont toutefois fortement diminué jusqu’à la fin des années ’90, puis plus progressivement depuis le début du siècle, avant de se stabiliser.

Cette évolution est le résultat de nombreux facteurs, dont :

  • La mise en place de systèmes de réduction des émissions dans les secteurs de la production d’énergie et de la gestion des déchets ;
  • L’évolution des combustibles industriels et résidentiels et des carburants automobiles ;
  • L’amélioration des performances environnementales des véhicules ;
  • Les habitudes de la population en terme de consommation d’énergie et de chauffage.

Une diminution notable des concentrations de polluants atmosphériques depuis les premières mesures

Remarque : sont reprises pour chaque année les plus hautes concentrations moyennes annuelles mesurées parmi les différentes stations du réseau régional ; les interruptions dans les séries de données peuvent être liées à une absence de mesures pour certaines années ou à un rendement annuel de collecte des données en dessous du seuil minimal
Source : Bruxelles Environnement, Laboratoire qualité de l’air
Grafique : Une diminution notable des concentrations de polluants atmosphériques depuis les premières mesures

Lire le texte de transcription

  • Les plus hautes concentrations moyennes observées parmi les stations de mesure en RBC ont diminué :
  • Pour le benzène : de 14,84 µg/m³ en 1995 à 1,10 µg/m³ en 2023
  • Pour le B[a]P : de 1,08 ng/m³ en 1998 à 0,17 ng/m³ en 2023
  • Pour le CO : de 2,35 mg/m³ en 1995 à 0,33 mg/m³ en 2023
  • Pour le Pb : de 1,29 µg/m³ en 1985 à 0,02 µg/m³ en 2023
  • Pour l’As : de 41,5 ng/m³ en 1983 à 1,5 ng/m³ en 2023
  • Pour le Cd : de 45,9 ng/m³ en 1980 à 2,1 µg/m³ en 2023
  • Pour le Ni : de 15,8 ng/m³ en 1988 à 2,0 ng/m³ en 2023

Le cas du dioxyde de soufre

Le dioxyde de soufre est un polluant particulièrement important dans l’histoire de la surveillance de la qualité de l’air. Il a notamment joué un rôle significatif dans les épisodes de pollution meurtriers du 20e siècle, et fut, avec les particules en suspensionMatières microscopiques en suspension dans l'air ou dans l'eau. La toxicité des particules en suspension dans l air est essentiellement due aux particules de diamètre inférieur à 10µm, les plus grosses étant arrêtées puis éliminées au niveau du nez et des voies respiratoires supérieures. Les particules en suspension dans l'eau sont traitées par divers procédés dans les stations d'épuration., le premier polluant à faire l’objet de mesures systématiques. Jusque dans les années ’80, il comptait encore parmi les polluants présentant un risque élevé pour la santé humaine. Il provenait essentiellement de la combustion de combustibles fossiles liquides ou solides, dont le plus critique était le charbon.

Depuis le début des mesures (1968), les concentrations moyennes de SO2 en Région bruxelloise sont elles aussi caractérisées par une importante diminution : les concentrations les plus élevées mesurées dans la Région en 2020 sont près de 100 fois plus faibles que celles mesurées en 1970. Cette diminution a été particulièrement forte jusqu’à la fin des années ’80, et plus douce par la suite ; ces dernières années, les concentrations se stabilisent à des valeurs très faibles (2 à 3 µg/m³). Ces valeurs sont près de 10 fois plus faibles que la future valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme. européenne pour les concentrations annuelles de SO2 (20 µg/m³). Fixée par la directive 2024/2881/CE et applicable à partir de 2030, cette valeur limite est déjà respectée partout en RBC depuis 1997.

Les concentrations de SO2 en Région de Bruxelles-Capitale en forte baisse à la fin du 20e siècle

Remarque : Concentrations moyennes annuelles mesurées dans les stations du réseau non-télémétrique (jusqu’en 1992) et du réseau télémétrique (à partir de 1993). Chaque point représente une station de mesure.
Source : Bruxelles Environnement, Laboratoire qualité de l’air
Grafique : Les concentrations de SO2 en Région de Bruxelles-Capitale en forte baisse à la fin du 20e siècle

Lire le texte de transcription

Les moyennes annuelles pour les concentrations de SO2 observées parmi les stations de mesure en RBC s’étendaient de 101 à 267 µg/m³ en 1969, et de 2 à 3 µg/m³ en 2024. Toutes les stations enregistrent des concentrations inférieures à la future valeur limite européenne pour 2030 (20 µg/m³) depuis 1997.

Historiquement, les émissions de SO2 en RBC sont essentiellement dues à la présence de soufre dans les combustibles et dans les carburants. La diminution importante des concentrations moyennes enregistrée depuis le début des mesures, en particulier dans les années ’70 et ’80, est ainsi le résultat de plusieurs facteurs :

  • la diminution des émissions chez les grands consommateurs d’énergie (production d’énergie et grands utilisateurs industriels) ;
  • les réductions successives des limites légales sur la teneur en soufre dans les combustibles utilisés pour le chauffage et la production d’énergie ;
  • la réduction de la teneur en soufre dans les carburants automobiles ;
  • l’entrée en utilisation du gaz naturel comme source d’énergie pour le chauffage domestique et la mise en service des centrales nucléaires, en remplacement des combustibles solides (en particulier le charbon et le bois) ou liquides ;
  • l’évolution des habitudes de consommation d’énergie de la population.

Une évolution similaire peut être observée pour l’évolution des pics de SO2. Les concentrations journalières font elles aussi l’objet d’une valeur limiteValeur à respecter afin d'éviter des effets indésirables sur la santé ou l'environnement. Une valeur limite reprise dans une réglementation devient une norme., fixée par la directive 2008/50/CE et renforcée à partir de 2030 par la directive 2024/2881/CE :

  • maximum 3 dépassements annuels de la limite de 125 µg/m³ en moyenne journalière, à respecter depuis 2005 (directive 2008/50/CE) ;
  • maximum 18 dépassements annuels de la limite de 50 µg/m³ en moyenne journalière, à respecter à partir de 2030 (directive 2024/2881/CE).

Ces deux valeurs limites sont respectées en RBC depuis 1993 et 1997 respectivement.

Les dépassements des seuils de concentration journalière de SO2 ont chuté drastiquement durant les années ‘80

Remarque : Nombre maximal de dépassements annuels de la limite européenne actuelle (en haut) et 2030 (en bas) pour les concentrations journalières de SO2, observés parmi les stations du réseau non-télémétrique (jusqu’en 1992) et du réseau télémétrique (à partir de 1993).
Source : Bruxelles Environnement, Laboratoire qualité de l’air
Grafique : Les dépassements des seuils de concentration journalière de SO2 ont chuté drastiquement durant les années ‘80

Lire le texte de transcription

En 1971, 266 jours enregistraient une moyenne journalière pour les concentrations de SO2 supérieure à 125 µg/m³. Ce nombre a baissé à 147 jours en 1980, puis plus brusquement à 16 en 1983. La valeur limite européenne de 3 jours de dépassement annuels est respectée depuis 1993. Par ailleurs, aucun jour de dépassement n’a été observé depuis 1994.

Le nombre de jours présentant des concentrations moyennes journalières supérieures à 50 µg/m³ était quant à lui relativement stable entre 1969 (340 jours) et 1980 (323 jours). Il a ensuite fortement diminué, et est inférieur à la future valeur limite européenne pour 2030 (18 jours de dépassement) depuis 1997. Aucun jour n’a vu de concentrations moyennes supérieures à 50 µg/m³ depuis 2002.

Outre les éléments d’explication évoqués ci-dessus pour les concentrations moyennes annuelles, cette diminution peut partiellement s’expliquer par des évolutions similaires dans les Régions et pays voisins, dont les émissions pouvaient avoir une influence significative sur les concentrations mesurées en RBC en cas de conditions météorologiques favorables à la dispersion des polluants.

Les normes européennes et les recommandations de l’OMS

Comme précisé ci-dessus, parmi les polluants prioritaires identifiés par les directives européennes, le NO2, les PM10, les PM2.5 et l’O3 nécessitent encore une attention particulière (voir la page Qualité de l’air pour plus d’informations). Pour l’ensemble des autres polluants traités dans cette publication, les concentrations mesurées au sein de la Région de Bruxelles-Capitale sont depuis de nombreuses années inférieures aux objectifs européens actuels, ainsi que ceux prévus pour 2030.

Depuis la fin des années 2000, les concentrations de ces polluants n’évoluent que très peu, étant stabilisées à des niveaux très faibles.

Les concentrations actuelles pour un grand nombre de polluants sont largement inférieures aux normes européennes

Source : Bruxelles Environnement, Laboratoire qualité de l’air
Tableau : Les concentrations actuelles pour un grand nombre de polluants sont largement inférieures aux normes européennes

Lire le texte de transcription

Les normes européennes pour la qualité de l’air, et les concentrations récentes associées en Région bruxelloise, sont :

  • Pour le SO2 :
    • Moyenne annuelle : 20 µg/m³ à partir de 2030 ; cette valeur est respectée en RBC depuis 1997, avec une moyenne de 3 µg/m³ sur la période 2015-2019.
    • Moyenne journalière : max 3 jours/an > 125 µg/m³ pour la norme actuelle, et max 18 jours/an > 50 µg/m³ à partir de 2030 ; ces valeurs sont respectées depuis 1993 et 1997 respectivement, avec 0 dépassement annuel en moyenne sur la période 2015-2019.
    • Moyenne horaire : max 24 heures/an > 350 µg/m³ pour la norme actuelle, et max 3 heures/an > 350 µg/m³ à partir de 2030 ; ces valeurs sont respectées depuis 1993 (i.e. depuis le début des mesures horaires) et 1998 respectivement, avec 0 dépassement annuel en moyenne sur la période 2015-2019.
  • Pour le CO :
    • Maximum journalier de la moyenne glissante sur 8 heures : 10 mg/m³ pour la norme actuelle ; cette valeur est respectée depuis 1994 (i.e. depuis le début des mesures), avec une moyenne de 0,6 µg/m³ mesurée sur la période 2015-2019.
    • Moyenne journalière : max 4 jours/an > 4 mg/m³ à partir de 2030 ; cette valeur est respectée en RBC depuis 1997, avec 0 dépassement annuel en moyenne sur la période 2015-2019
  • Pour le Pb : 0,5 µg/m³ en moyenne annuelle (normes actuelle et 2030) ; cette valeur est respectée en RBC depuis 1989, avec une moyenne de 0,01 µg/m³ sur la période 2015-2019.
  • Pour l’As : 6 ng/m³ en moyenne annuelle (normes actuelle et 2030) ; cette valeur est respectée depuis 2002, avec une moyenne de 1 ng/m³ sur la période 2015-2019.
  • Pour le Cd : 5 ng/m³ en moyenne annuelle (normes actuelle et 2030) ; cette valeur est respectée depuis 2003, avec une moyenne de 2 ng/m³ sur la période 2015-2019.
  • Pour le Ni : 20 ng/m³ en, moyenne annuelle (normes actuelle et 2030) ; cette valeur est respectée depuis 1986 (i.e. depuis le début des mesures systématiques), avec une moyenne de 2 ng/m³ sur la période 2015-2019.
  • Pour le benzène : moyenne annuelle de 5 µg/m³ pour la norme actuelle, et 3,4 µg/m³ à partir de 2030. Ces valeurs sont respectées en RBC depuis 2001 et 2008 respectivement, avec une moyenne de 0,9 µg/m³ sur la période 2015-2019.
  • Pour le benzo(a)pyrène : 1 ng/m³ en moyenne annuelle pour la norme actuelle ; cette valeur est respectée depuis 2000, avec une moyenne de 0,2 ng/m³ sur la période 2015-2019.

En outre, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) formule également des recommandations concernant les concentrations de polluants dans l’air ambiant. Basées sur l’état des connaissances scientifiques en matière d’impact de la pollution de l’air sur la santé, elles ont été publiées pour la première fois en 1987 et révisées plusieurs fois depuis (voir la fiche Lignes directrices pour la qualité de l’air de l’Organisation Mondiale de la Santé pour plus d’informations). Les concentrations de SO2, CO, Cd et Pb mesurées en RBC ces dernières années sont inférieures aux valeurs guides de l’OMS. Le benzène, l’As, le Ni et le benzo(a)pyrène sont quant à eux des cancérogènes reconnus. Dans ce cas, l’OMS ne définit pas de seuils de concentration sous lesquels ils ne présentent pas de risque pour la santé ; les recommandations sont alors formulées en termes de risque additionnel de cancer en fonction de la concentration. Les concentrations mesurées en Région bruxelloise sont inférieures à celles associées à un risque additionnel de 1/100.000 pour le benzène, l’As et le Ni, et de 1/10.000 pour le benzo(a)pyrène.

À télécharger

Fiche(s) documentée(s)

  • Les accords internationaux et leurs conséquences sur l’acquisition de données impact local : protection de la santé publique et de l’environnement (.pdf)
  • Les accords internationaux et leurs implications en matière de fourniture de données : Les polluants atmosphériques suivis en Région de Bruxelles-Capitale (.pdf)
  • Lignes directrices pour la qualité de l'air de l'Organisation Mondiale de la Santé (.pdf)
  • L’environnement pour une ville-santé (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Le dioxyde de soufre : des premières mesures à l’établissement du réseau et de la législation actuels (.pdf )

COVID-19 - Quels ont été les effets du premier confinement sur la qualité de l’air ?

Focus - Actualisation : juin 2021

Au printemps 2020, la pandémie de Covid-19 a mené de nombreuses régions du monde à prendre des mesures pour lutter contre la propagation du virus. En Belgique, en ce compris la Région de Bruxelles-Capitale, la population a été confinée, avec le passage vivement recommandé au télétravailTravail effectué à distance avec l'utilisation de la télématique, lien entre le travailleur et l'entreprise., la fermeture des écoles et de l’HORECA, l’arrêt des événements culturels… Ces dispositions ont mené à une diminution drastique du trafic routier. Quels ont été les effets de cette diminution de l’activité sur la qualité de l'air en Région de Bruxelles-Capitale ? Y a-t-il eu une amélioration et si oui, sur quels polluants s’est-elle vérifiée ?

La pandémie de Covid-19

Dans le cadre de la crise sanitaire liée au Covid-19 qui s’est déclarée partout dans le monde dès le début de l’année 2020, diverses mesures ont été prises afin de réduire la propagation du virus. En Europe, de nombreuses régions se sont vues strictement confinées, réduisant fortement les activités et le trafic routier. À Bruxelles aussi, le confinement des mois de mars, avril et mai 2020 a donné lieu à une réduction significative du trafic et, par conséquent, des polluants émis par le secteur du transport. Cette situation inédite a permis d’analyser l’impact d’une réduction importante du trafic routier sur la qualité de l’air de la Région. 

Quels sont les principaux polluants en Région de Bruxelles-Capitale ? 

À Bruxelles, comme dans beaucoup de métropoles, la pollution atmosphérique est causée principalement par les activités humaines. On retrouve, parmi les sources principales, deux sources prépondérantes de polluants atmosphériques : le transport et le chauffage et l’éclairage dans les bâtiments résidentiels et tertiaires. Les polluants émis par ces deux types d’activités sont principalement les oxydes d’azote (NO2 et NO), les particules fines (PM10 et PM2.5) et le black carbon (voir également la Fiche Documentée n°2. Pollution atmosphérique en RBC : Constats  et les différents indicateurs Air ). Ce sont donc ces trois polluants qui ont été suivis de près durant la période de confinement, afin de voir l’impact de la baisse du trafic sur leur présence dans l’atmosphère. 

Les oxydes d’azote

Ils sont émis principalement par les activités humaines lors des processus de combustion à haute température, qui provoquent l’oxydation de l’azote présent dans l’air. Les secteurs émetteurs sont donc principalement le transport routier (surtout les moteurs diesel) et le chauffage des bâtiments. Les concentrations de NO2 présentes dans l’atmosphère sont réglementées au niveau européen, contrairement au NO pour lequel il n’existe pas de réglementation. Le NO2 constitue le polluant gazeux le plus problématique en Région de Bruxelles-Capitale (RBC) en termes de respect des normes européennes, malgré une diminution continue observée d’année en année. Le NO est quant à lui très intéressant à étudier car, en raison de sa faible propension à la dispersion, il permet d’identifier les sources d’émissions locales (voir également la Fiche Documentée n°8. Oxydes d’azote (NOx) et l’indicateur Qualité de l’Air sur la Concentration en dioxyde d’azote NO2 ).

Les particules fines

Elles regroupent toutes les particules solides et liquides en suspension dans l’atmosphère. Les particules fines peuvent provenir de sources naturelles ou anthropiques. Les principales sources d’émissions anthropiques sont le chauffage des bâtiments, le transport routier et, dans une moindre mesure, l’industrie. En raison de la grande diversité des sources potentielles, les émissions de particules fines sont moins liées au transport que d’autres polluants (voir également l’indicateur Emissions de particules fines )

Le black carbon

Il est particulaire et principalement émis par des processus de combustion (trafic routier, entre autres), ce qui le rend particulièrement intéressant à étudier dans un contexte urbain. Très fortement corrélé aux émissions de NOx, son évolution peut être assimilée à celle des oxydes d’azote et il n’est donc pas repris ici en détail (pour plus d’informations, consultez les pages thématiques sur le black carbon.

Comment identifier les impacts du confinement sur la qualité de l’air ? 

De manière générale, la qualité de l’air est déterminée par

  • les émissions de polluants ; 
  • les conditions météorologiques, qui jouent un rôle prépondérant dans la dispersion des polluants. 

Il faut donc analyser ces deux facteurs, afin de pouvoir isoler l'impact de chacun d'eux pendant la période considérée. Une bonne représentativité des conditions météorologiques est donc nécessaire. 
                                     
Afin de rendre compte de la diversité des environnements présents au sein de la Région, plusieurs stations du réseau télémétrique bruxellois sont prises en compte pour l’analyse de la qualité de l’air au printemps 2020 :

  • Arts-Loi : C’est la station présentant les concentrations les plus élevées en oxydes d’azote, en raison de sa localisation dans un carrefour sur la petite ceinture. Il s’agit d’un environnement urbain sous très forte influence du trafic routier.
  • Ixelles : On y trouve également des concentrations de polluants élevées, liées notamment à la configuration en « canyon »  de l’avenue de la Couronne où elle est située. Il s’agit d’un environnement urbain sous forte influence du trafic routier.
  • Molenbeek-Saint-Jean : Cette station est représentative d’un environnement urbain général, sous influence modérée du trafic routier. 
  • Uccle : Cette station se situe dans un environnement résidentiel. Il s’agit d’un environnement urbain sous très faible influence du trafic routier (aussi appelée « station de fond urbain »).
  • Haren : On y trouve l’influence des activités industrielles et de la circulation. On parle d’un environnement industriel sous influence modérée du trafic routier.

Stations de mesure prises en compte pour l’évaluation de la qualité de l’air durant la pandémie.

Source : Laboratoire Qualité de l’Air, Bruxelles Environnement, 2020.  

Les données météorologiques de la période étudiée (19.03 – 19.06.2020, aux stations d’Uccle et de Molenbeek) ont été comparées aux données historiques sur la période 2010-2019. L’analyse a montré que les conditions de dispersion des polluants étaient comparables aux conditions « normales » observées aux mêmes périodes les années précédentes, et que la diminution des concentrations de polluants potentiellement observée était donc bien liée aux réductions d’émissions.
Les concentrations de polluants sur la période étudiée n’ont été comparées qu’aux données des trois dernières années (soit 2017, 2018 et 2019). En effet, vu l’amélioration continue de la qualité de l’air, seules les trois dernières années sont représentatives de la situation actuelle. 

Une diminution nette des concentrations d’oxydes d’azote

Concentrations moyennes de dioxyde d’azote (NO2, [µg/m3]) par station.

Remarque : Les concentrations ont été mesurées pendant les jours ouvrés, pendant les périodes de référence (mars à juin 2019) et pendant les périodes de confinement et de déconfinement (19 mars au 19 juin 2020). 
Source : Laboratoire Qualité de l’Air, Bruxelles Environnement, 2020.

Concentrations moyennes de monoxyde d’azote (NO, [µg/m3]) par station. 

Remarque : Les concentrations ont été mesurées pendant les jours ouvrés, pendant les périodes de référence (mars à juin 2019) et pendant les périodes de confinement et de déconfinement (19 mars au 19 juin 2020). 
Source : Laboratoire Qualité de l’Air, Bruxelles Environnement, 2020.  

Pendant le confinement…
Les concentrations moyennes d’oxydes d’azote (NO2 et NO) ont fortement diminué durant la période de confinement au printemps 2020 (19 mars – 3 mai 2020), comme le montrent les figures ci-dessus (voir les barres bleues pour la période de confinement). On notera cependant des diminutions différenciées en fonction du type d’environnement considéré :

  • Les diminutions les plus marquées sont observées en milieux urbains à très forte et forte influence du trafic. On note ainsi une diminution de NO2 de 49% à Arts-Loi et de 54% à Ixelles, et une diminution de NO de 78% à Arts-Loi et de 77% à Ixelles ;
  • Les diminutions sont également prononcées pour le NO2 en milieu urbain à très faible influence du trafic (~50%), ce qui est probablement dû au fait que le confinement a été globalisé en Belgique et même dans plusieurs pays d’Europe, et que les stations de fond urbain enregistrent donc également ces modifications, en raison des échanges de masses d’air. Par contre, la diminution est beaucoup moins marquée pour le NO (35%) dans ce genre d’environnement, car le NO est très difficilement transporté et les concentrations sont élevées à proximité immédiate des sources ;
  • Dans les sites urbains et industriels à influence modérée du trafic, les diminutions de concentrations de NO2 sont importantes, mais moins prononcées (31% et 37%, respectivement). Pour le NO, par contre, la diminution est plus prononcée pour le site industriel (55%), ce qui témoigne probablement du passage intense de camions (motorisation diesel) à cet endroit. 

Pendant le déconfinement… 
La période de déconfinement a ici été scindée en deux périodes distinctes : du 4 mai au 2 juin, où le déconfinement n’a été que partiel, et du 3 juin au 19 juin où la reprise des activités s’est faite de manière normale. On observe ainsi des effets différenciés entre ces deux périodes.

  •  Du 4 mai au 2 juin : les concentrations de NO2 sont similaires à la période de confinement, et l’on observe même une légère tendance à la baisse pour les concentrations moyennes de NO. Ceci peut s’expliquer par la manière progressive dont le déconfinement s’est déroulé, avec une reprise partielle du trafic puisque le télétravailTravail effectué à distance avec l'utilisation de la télématique, lien entre le travailleur et l'entreprise. était encore la norme et que les écoles n’avaient pas encore rouvert en début de période. 
  • Du 3 au 19 juin : les concentrations de NO2 sont à la hausse par rapport à la période de confinement, particulièrement pour les environnements urbain à très forte (14%) et à forte (20%) influence du trafic routier, ainsi que pour l’environnement industriel (7%). Pour le NO, les augmentations sont encore plus prononcées, avec +83% et +67% pour les environnements urbains à forte et très forte influence du trafic, respectivement. L’environnement industriel enregistre également une augmentation moins importante des concentrations de NO (+9%). Ces augmentations témoignent naturellement de la reprise des activités et du trafic au cours du déconfinement. Les sites urbains à influence faible et modérée enregistrent encore des diminutions de concentrations de NO2 et de NO de par leur moindre exposition au trafic et l’amélioration des conditions de dispersion au cours de l’année. 

Durant ces deux périodes, malgré une tendance à l’augmentation au cours du déconfinement par rapport à la période de confinement, les valeurs restent cependant bien inférieures aux valeurs habituellement observée durant cette période de l’année. 

Pas de tendance marquée pour les particules fines

Il n’y a globalement pas eu d’effet du confinement sur les concentrations moyennes de particules fines (PM10 et PM2.5), et ce pour tous les types d’environnement étudiés. 
Ceci peut s’expliquer par plusieurs facteurs :

  • Les particules fines, contrairement aux oxydes d’azote, sont émises par des sources très diverses, anthropiques et naturelles, et les concentrations sont donc beaucoup moins liées au trafic ;
  • La période du 19 mars au 3 mai 2020 a été fort sèche (7 jours de pluie seulement), ce qui contribue à la remise en suspension de particules fines dans l’air ;
  • La période de mars-avril est généralement une période d’épandage d’engrais dans les champs. En fonction des conditions météorologiques (humidité et température, entre autres), l’ammoniac émis par ces épandages peut réagir avec des oxydes d’azote (émis par le trafic) pour former des particules fines. C’est ce qui explique notamment l’augmentation de concentrations de particules fines durant les mois de mars et avril 2020 à plusieurs stations. 

La période de déconfinement n’a, elle non plus, pas eu d’effet significatif sur les concentrations moyennes de particules fines. La légère tendance à la baisse s’explique par la fin de la période d’épandage ainsi qu’une amélioration continue de la qualité de l’air par rapport aux années précédentes. 

Concentrations moyennes de particules fines (PM10 et PM2.5, [µg/m3]) par station. 

Remarque : Les concentrations ont été mesurées pendant les jours ouvrés, pendant les périodes de référence (mars à juin 2019) et pendant les périodes de confinement et de déconfinement (19 mars au 19 juin 2020). 
Source : Laboratoire Qualité de l’Air, Bruxelles Environnement, 2020.  

En résumé…

À télécharger

Fiches documentées

  • 02. Pollution atmosphérique en région de Bruxelles-Capitale : Constats  (.pdf)
  • 08. Oxydes d'azote (NOx)  (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Evaluation de l’impact des mesures prises dans le cadre de la pandémie de Covid-19 sur la qualité de l’air en Région de Bruxelles-Capitale – 24 avril 2020  (.pdf)
  • Evaluation de l’impact des mesures prises dans le cadre de la pandémie de Covid-19 sur la qualité de l’air en Région de Bruxelles-Capitale – 6 mai 2020  (.pdf)
  • Evaluation de l’impact des mesures prises dans le cadre de la pandémie de Covid-19 sur la qualité de l’air en Région de Bruxelles-Capitale – 26 mai 2020  (.pdf)
  • Evaluation de l’impact des mesures prises dans le cadre de la pandémie de Covid-19 sur la qualité de l’air en Région de Bruxelles-Capitale – 5 juin 2020  (.pdf)
  • Evaluation de l’impact des mesures prises dans le cadre de la pandémie de Covid-19 sur la qualité de l’air en Région de Bruxelles-Capitale – 26 juin 2020  (.pdf)

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  • La page de Bruxelles Environnement sur le Black Carbon
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Homme et enfant dans sa maison

Pollution à l’intérieur de nos habitations : rencontre avec le Dr Olivier Michel

02/09/2022
  • Air
  • Santé
  • Pollution
En tant que médecin, il est possible de faire appel à la CRIPI, la Cellule Régionale d’Intervention en Pollution Intérieure pour détecter la présence de polluants dans l’habitation, quand la santé d’un patient ou d’une patiente semble affectée.
Lire la suite à propos de Pollution à l’intérieur de nos habitations : rencontre avec le Dr Olivier Michel

Chaleur au travail : comment protéger vos équipes ?

24/06/2026
  • Climat
  • Santé
  • Bâtiment
En période de canicule, comment protéger vos équipes et maintenir de bonnes conditions de travail ? Découvrez les solutions pour mieux anticiper.
Lire la suite Chaleur au travail : comment protéger vos équipes ?

Les protecteurs de la Forêt de Soignes 

22/12/2023
  • Inspection
  • Pollution
  • Espaces verts
Découvrez le récit des protecteurs de la Forêt de Soignes et ce que vous pouvez faire à votre échelle pour protéger l’environnement.
Lire la suite Les protecteurs de la Forêt de Soignes

5 conseils pour réduire la pollution émise par votre entreprise

09/09/2022
  • Air
  • Pollution
  • Permis d'environnement
Pollution via le transport, les systèmes de chauffage, de climatisation, les produits utilisés… Votre entreprise peut émettre des substances nocives. Que faire ?
Lire la suite Conseils pour diminuer la pollution de votre entreprise
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