Chaleur au travail : comment protéger vos équipes ?
6 min. de lecture
Les épisodes de forte chaleur sont de plus en plus fréquents en Région bruxelloise. Pour les entreprises, ils représentent un défi à la fois humain, organisationnel et technique. Santé des travailleurs et travailleuses, bien-être, productivité, respect des obligations légales… Les épisodes de chaleur ont de multiples impacts. Au-delà des risques pour la santé physique, ils favorisent aussi le stress, la fatigue psychologique et augmentent le risque d’accidents du travail. Il est donc essentiel d’anticiper. Voici les principales mesures à mettre en place pour mieux faire face aux vagues de chaleur au sein de votre organisation.
1. Protéger le personnel qui travaille à l’extérieur
La chaleur peut avoir des conséquences importantes sur la santé : déshydratation, fatigue, baisse de concentration, coups de chaleur ou troubles plus graves.
Pour le travail en extérieur, il est important de respecter les dispositions du Code du bien-être au travail. Les risques augmentent particulièrement lors des pics d'ozone et des épisodes caniculaires.
Quelques bonnes pratiques
- Privilégier les tâches les plus physiques le matin.
- Éviter les heures supplémentaires.
- Prévoir davantage de pauses et mettre un local de repos à disposition.
- Favoriser le travail à l'ombre ou à l'intérieur
- Mettre de l'eau fraîche à disposition.
- Encourager le port de vêtements légers et aérés.
- Envisagez l’utilisation d’équipements de protection individuels, comme des gilets rafraîchissants, pour les tâches les plus exposées.
Pour les équipes en uniforme, prévoir une version estivale de la tenue pour améliorer le confort.
Liens utiles
Que dit la législation ?
- Référez-vous au Droit des travailleurs en cas de grandes chaleur sur le site du Service Public Fédéral (SPF).
- Et aussi : Mieux comprendre l’impact de l’ozone et des fortes chaleurs sur la santé sur le site Environnement-Santé Belgique.
Le saviez-vous ?
Les seuils d’exposition à la chaleur sont définis sur la base de l’indice WBGT (Wet Bulb Globe Temperature ou température du bulbe humide), un indicateur de la température ressentie face à l'effort en fonction de l’intensité de l’activité physique exercée.
La valeur de cet indice ne peut pas être supérieure à :
- 29 pour un travail léger ou très léger
- 26 pour un travail moyen
- 22 pour un travail lourd
- 18 pour un travail très lourd
Pour en savoir plus, consultez la page Comment mesurez-vous la température sur le site du SPF.
2. Adapter l'organisation du travail
Face aux fortes chaleurs, de simples adaptations peuvent faire une réelle différence.
Réorganiser les horaires
- Commencer plus tôt lorsque c'est possible.
- Déplacer certaines activités aux heures les moins chaudes (par exemple, tôt le matin pour les tâches de nettoyage et maintenance).
- Étendre les plages horaires pour réduire l'exposition à la chaleur.
Sensibiliser les équipes
Rappeler régulièrement les bons réflexes :
- Boire de l'eau tout au long de la journée.
- Éviter les boissons alcoolisées ou très sucrées.
- Se rafraîchir régulièrement.
- Être attentif aux collègues plus vulnérables.
3. Empêcher la chaleur d'entrer à l’intérieur des bâtiments
La meilleure climatisation reste souvent celle dont on n'a pas besoin. Pour limiter la surchauffe, il faut avant tout empêcher la chaleur d’entrer. Les vitrages étant le principal point faible d’un bâtiment, la première étape consiste à bloquer le rayonnement solaire avant qu’il ne pénètre à l’intérieur.
Protéger les vitrages
Les protections extérieures sont les plus efficaces :
- Brise-soleil
- Screens/stores extérieurs
- Volets
- Stores et voiles intérieurs
- Filets, films temporaires ou fixes.
Astuce
Pour lutter contre la surchauffe, ne vous fiez pas uniquement aux films ou vitrages présentés comme « anti-UV ». Les doubles vitrages filtrent déjà la quasi-totalité des UV. Le critère le plus important est le facteur solaire (g), qui indique la proportion de chaleur du soleil traversant le vitrage. Plus ce facteur est faible, moins le bâtiment accumule de chaleur et plus le confort est amélioré.
Favoriser l'ombrage naturel
Ces aménagements contribuent à réduire les îlots de chaleur :
- Privilégiez les arbres à feuilles caduques : ils apportent de l’ombre en été et laissent entrer la chaleur du soleil en hiver, réduisant ainsi les besoins en chauffage.
- Désimperméabilisez et végétalisez les espaces extérieurs (zones de stockage, cours ou parkings de l'entreprise) pour limiter l'effet de chaleur autour du bâtiment.
- Créer des zones ombragées pour les espaces extérieurs, en identifiant les espaces frais déjà utilisés spontanément par les équipes durant leurs pauses.
4. Optimiser la ventilation et le refroidissement
Plusieurs solutions permettent déjà d'améliorer le confort.
Miser sur la ventilation nocturne
Lorsque la température extérieure baisse :
- Ouvrir les fenêtres la nuit (si possible) ou en matinée quand l’air est encore frais.
- Utiliser les systèmes automatiques de ventilation nocturne (clapets de ventilation ou motorisation des fenêtres ), ainsi que le système de ventilation, surtout s’il permet d’atteindre un renouvellement de 4 volumes d’air par heure.
- Pour les systèmes de ventilation double flux, vérifiez que le by-pass (vanne de régulation) est activé en été. Il permet d’introduire l’air frais extérieur sans le réchauffer via le récupérateur de chaleur.
Utiliser judicieusement les ventilateurs
Les ventilateurs ou brasseurs d'air améliorent le confort tout en ayant une faible consommation énergétique.
Vérifier les réglages techniques
Si vous disposez d’un contrat de maintenance, il est conseillé de faire contrôler régulièrement :
- les températures de consigne
- les débits de ventilation
- le taux d'humidité
- les installations de chauffage et de climatisation.
Bon à savoir
Un écart de 5 à 7°C maximum entre la température extérieure et intérieure est généralement recommandé ainsi que des consignes de climatisation de l'ordre de 24-25 °C, voire jusque 28°C si le taux d’humidité le permet, pour les bureaux.
5. Réduire les sources de chaleur internes
Certains équipements peuvent contribuer à la surchauffe des locaux. Quelques mesures et bonnes pratiques permettent de gagner en confort tout en réduisant les coûts énergétiques.
Quelques actions efficaces
- Remplacer les ampoules halogènes par des LED.
- Isoler les serveurs et équipements informatiques dans des locaux dédiés.
- Choisir du matériel peu énergivore en vérifiant leur étiquette énergétique ou label : Thermal Design Power pour les ordinateurs, Typical Electricity Consumption pour les imprimantes et photocopieuses.
- Éteindre complètement les appareils inutilisés la nuit.
- Supprimer les consommations en veille.
6. Préparer son entreprise aux étés de demain
Les vagues de chaleur vont continuer à s'intensifier. Certaines mesures structurelles méritent donc d'être envisagées.
Les investissements les plus pertinents
- Plantation d'arbres si possible
- Casquette brise-soleil fixe
- Isolation des façades les plus exposées (orientées sud et ouest)
- Vitrage solaire performant
- Solutions de free cooling (utiliser la fraicheur de l’air avec une ventilation ou un puits canadien) ou free chilling (refroidir un bâtiment en exploitant une source d’eau naturellement fraîche, comme une nappe phréatique ou une tour de refroidissement).
- Rafraîchissement adiabatique (ou refroidissement par évaporation), un procédé très économe en énergie qui refroidit l’air ambiant grâce à l’évaporation de l’eau
- Pompe à chaleur réversible
- Toitures plates : peindre les étanchéités en blanc (ou opter pour des étanchéités blanches si elles sont neuves).
Ces investissements améliorent le confort tout en réduisant la consommation énergétique du bâtiment.
Liens utiles
- Découvrez notre dossier du Guide Bâtiment durable pour bien choisir vos matériaux et assurer une grande inertie thermique.
- Et aussi tout savoir sur les protections solaires intérieures et intégrées.
Vous voulez en savoir plus sur le Plan Forte chaleur et pics d’ozone à Bruxelles ?