Agriculture urbaine et alimentation durable
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Good food : Agriculture professionnelle en Région bruxelloise
Focus – Actualisation : mars 2026
Au-delà de sa fonction nourricière, l’agriculture urbaine répond à des enjeux sociaux et environnementaux cruciaux et constitue un élément essentiel d’une ville résiliente.
En 2024, les projets d’agriculture urbaine professionnelle couvrent 35 hectares du territoire (21 ha en 2015) et fournissent de l’ordre de 0,3% de la consommation des Bruxellois et Bruxelloises en fruits et légumes. A côté de cela, 202 ha sont exploités par des agriculteur·rice·s conventionnel·le·s et principalement dédiés à l’élevage et aux grandes cultures, le maraîchage restant marginal. Au total, 6% des terres régionales cultivées sont certifiées bio.
La Région s’est engagée à intensifier et soutenir une production agroécologique à Bruxelles et en périphérie
Même si, de façon générale, on n’associe pas spontanément les villes - en raison de leur statut et de leur forte densité bâtie - à des espaces susceptibles d’accueillir des activités agricoles, l’agriculture urbaine y trouve pleinement sa place. Celle-ci représente en effet un moyen privilégié de relocaliser une partie de la production et de retisser des liens entre les consommateur·rice·s et la réalité de leur alimentation, sa qualité et ses impacts. Les projets d’agriculture urbaine revêtent également une dimension environnementale et sociale forte. Ceci est d’autant plus vrai à Bruxelles qui présente la particularité de compter encore une surface agricole non négligeable et des agriculteur·rice·s encore actif·ve·s.
La stratégie régionale Good food, mise en place en 2015, vise une transition du système alimentaire bruxellois vers un système plus durable. Elle inclut notamment un axe relatif à l’augmentation de la production alimentaire locale. Celui-ci soutient le développement d’une agriculture urbaine et péri-urbaine agroécologique, professionnelle comme citoyenne.
Agriculture urbaine et périurbaine : de quoi parle-t-on ?
L'agriculture urbaine et périurbaine est un système de production agricole qui s'intègre dans les paysages (péri)-urbains et dont la production est destinée à la ville. C'est une agriculture multifonctionnelle qui s'adapte au contexte dans lequel elle se développe (dynamiques de quartiers, contraintes spatiales, qualités des terres, contraintes juridiques et urbanistiques...) et valorise des espaces et des dynamiques sociales. Les sites de production (terres agricoles mais aussi friches, toits, sous-sols, etc.), les supports de production (pleine terre, hors sol en hydro/ aquaponie ou sur résidus de consommation...), les types de production (maraichage, horticulture, élevage, aquaculture, agroforesterie), les acteurs (agriculteurs, promoteurs immobiliers, associations, citoyens...) et les systèmes de distribution (vente sous forme de paniers, auto-cueillette, vente sur le champ, en magasin, ...) sont multiples et induisent le développement de nombreux modèles de production. Des formes « professionnelles » (à finalité essentiellement marchandes) coexistent avec des formes « non professionnelles » (sans vocation commerciale).
L'agriculture urbaine est multifonctionnelle : les acteurs et actrices de l'agriculture urbaine remplissent une multitude de fonctions dont certaines relèvent de l'intérêt général: production alimentaire, fonctions environnementales (dont l'intégration/maintien d'espaces verts et d’îlots de fraîcheur dans l'espace urbain, conservation/régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. des écosystèmes et préservation de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). et des paysages), sociales (favorisation de la cohésion sociale, insertion socio-professionnelle), éducatives (sensibilisation du grand public aux multiples thématiques de l'alimentation durable, à la nature), contribution à l'attrait de la ville, etc.
Source : Stratégie Good food 2 2022-2030
L'évaluation de la stratégie Good Food 1, en 2020, a mis en évidence les progrès réalisés mais aussi des faiblesses et opportunités à prendre en compte. Par ailleurs, le contexte troublé (dérèglements climatiques, crises sanitaires et économiques, conflits, etc.) a rappelé l’urgence de requalifier notre système alimentaire, et toute l’économie y afférente, vers un modèle plus durable et résilient. Il a aussi mis en avant la question de la sécurité alimentaire.
Un processus de co-construction, mené avec de nombreux acteurs et actrices représentant toute la chaîne alimentaire, a abouti à l’élaboration et à l’adoption, en 2022, de la stratégie Good Food 2 (2022-2030).
Celle-ci comporte 5 axes dont le premier vise à :
- Intensifier et soutenir une production agroécologique professionnelle à Bruxelles et en périphérie en :
- assurant la protection des terres (à potentiel) agricole(s) ;
- garantissant l’accès de ces terres aux agriculteur·rice·s ;
- soutenant les producteur·rice·s (accompagnement technique et commercial, soutien financier) ;
- intensifiant les échanges entre la Région et les villes et acteur·rice·s belges autour de la production primaire alimentaire.
- Développer et soutenir une production alimentaire citoyenne et mixte dans l’espace public, semi-public et privé pour contribuer à la fois à des fonctions écologiques (services écosystémiquesEnsemble des services rendus par les sols à l’environnement et de facto à notre société : fourniture d’eau potable, limitation des inondations, stockage du Carbone atmosphérique, support pour la faune et la flore...)), sociales, pédagogiques et, dans une certaine mesure, à l’accessibilité alimentaire des plus démuni·e·s.
Pour atteindre ces objectifs, la Région encourage et soutient le développement de projets d’agricultures urbaines dans ses différentes formes : agriculture professionnelle de pleine terre et hors sol, potagers et poulaillers collectifs, productions individuelles, etc.
L’approche agroécologique, mise en avant par la stratégie Good food, place au cœur de ses priorités la santé des sols, des agriculteur·rice·s, des populations et, plus largement, celle des écosystèmes, en articulation étroite avec le système alimentaire local. Elle repose sur une série de principes et de pratiques (par ex. approche systémique, diversité dans les systèmes de production, renforcement du rôle de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)., maintien de la santé et fertilité des sols, recours à l’expérimentation, etc.) qui améliorent la résilience et la durabilité des systèmes alimentaires et agricoles tout en respectant l’humain et la nature.
Au-delà de ses aspects productifs, l’agriculture urbaine agroécologique présente donc de nombreux impacts positifs en particulier sur :
- la préservation et restauration de la biodiversité (notamment de celle inféodée aux milieux ouverts) ;
- la santé des sols (maintien de « sols vivants ») ;
- la lutte contre les inondations et l’approvisionnement des nappes phréatiques ;
- la création d’ilots de fraîcheur ;
- la circularité des déchets organiques (compostageProcédé biologique de conversion et de valorisation des substrats organiques (déchets organiques, etc.) en un produit stabilisé, semblable à un terreau, riche en composés humiques.) et la réduction des déchets (limitation des emballages par la vente en circuits courts) ;
- l’amélioration du cadre de vie.
Et, selon les projets, également sur :
- la convivialité et l’inclusion sociale ;
- la sensibilisation et l’éducation à la nature et aux pratiques agricoles durables ;
- les troubles de santé mentale et le bien-être global ;
- l’insertion sociale et professionnelle ;
- la création d’emplois.
Cette agriculture répond ainsi à des enjeux environnementaux locaux et globaux mais permet souvent aussi de rencontrer des enjeux sociaux, de santé publique, d’économie et d’emplois.
Ce focus fait un état des lieux de la production agricole professionnelle c’est-à-dire à vocation au moins partiellement marchande. Il s’appuie sur plusieurs études et bilans concernant le développement de l’agriculture en Région bruxelloise (voir ci-dessous, partie « documents »). La question de la production à des fins de consommation privée (autoproduction ou agriculture urbaine non marchande) est abordée dans un autre focus consacré aux potagers collectifs et familiaux.
Des modèles d’agriculture professionnelle très divers coexistent
En Région bruxelloise, l’agriculture urbaine professionnelle est pratiquée par différent·e·s acteur·rice·s : agriculteur·rice·s indépendant·e·s bénéficiant des aides européennes de la politique agricole commune (PAC) ou non, petites et moyennes entreprises (PME), associations ou encore, coopératives.
Bon à savoir
La politique agricole commune (ou PAC) est une politique mise en place à l'échelle de l'Union européenne pour développer et soutenir les agricultures des États membres. Dans ce cadre, les agriculteur·rice·s peuvent bénéficier à certaines conditions d’aides financières. En Région bruxelloise, celles-ci ne sont néanmoins disponibles que partiellement, à travers le « premier pilier » (aide directe au revenu). Le deuxième pilier de la PAC concernant le soutien au développement rural - qui finance notamment l’aide à l’installation de jeunes, la transition à l’agriculture biologique et les mesures agroenvironnementales et climatiques - n’est pas accessible aux agriculteur·rice·s de la Région bruxelloise.
Chaque projet agricole ou horticole est spécifique, avec sa propre histoire, ses objectifs et des dynamiques contextuelles particulières. Hormis les associations, entreprises d’insertion socio-professionnelle, … deux profils de professionnel·le·s coexistent en Région bruxelloise :
- D’une part, des agriculteur·rice·s « conventionnel·le·s » (ou « historiques ») : il s’agit d’agriculteurs et agricultrices issu·e·s du monde agricole et souvent relativement âgé·e·s. En Région bruxelloise, ils et elles travaillent généralement sur des terrains de plusieurs hectares déclarés à la politique agricole commune (PAC) et de manière conventionnelle. Une petite dizaine d’exploitations agricoles ayant leur siège social dans la Région sont actives en grandes cultures et en élevage. Elles sont localisées principalement à Neerpede (Anderlecht) et en partie à Neder‑Over‑Heembeek. A celles-ci s’ajoutent 23 exploitations ayant leur siège en Flandre ou en Wallonie mais exploitant des terres situées en Région bruxelloise. En termes d’occupation du sol, avec un peu plus de 200 ha, ces exploitations représentent la plus grande superficie et garantissent, depuis plusieurs générations, le maintien de paysages ouverts importants dans notre région.
- D’autre part, des agriculteur·rice·s « émergent·e·s » (ou « néo-agriculteur·rice·s ») : ils et elles sont le plus souvent non issu·e·s du milieu agricole (d’où leur autre dénomination : « NIMAculteur·rice·s »). Ils et elles cultivent principalement sur des plus petites surfaces, en pleine terre ou hors sol, et sont généralement en lien direct avec les consommateur·rice·s : légumes, (petits) fruits, herbes aromatiques et médicinales, fleurs. Deux éleveurs ovins sont également actifs : en plus de la production de lait et de viande, ils contribuent à l’entretien écologique de certains espaces verts. Enfin, plusieurs entreprises réparties dans la ville développent une production non liée au sol : champignons, micro‑pousses, tomates et aromates sous serre, insectes, poissons, pépinière… La plupart de ces entreprises ont une vocation purement commerciale, certaines poursuivent des objectifs sociaux (emploi, soins verts, éducation) et d’autres adoptent un modèle hybride. En 2025, la Région comptait une cinquantaine de ces nouveaux projets.
Le nombre de projets d’agriculture urbaine a été multiplié par 2,5 depuis 2015
Sur base d’une étude réalisée sur l’évolution du secteur agricole entre 2015 et 2024 (ERU pour Bruxelles Economie et Emploi, 2025), il apparait que le secteur de l'agriculture émergente connait une croissance significative : le nombre de projets a été multiplié par 2,5 (de 20 à 49 sur le territoire régional) ce qui s’est accompagné d’une forte progression des surfaces cultivées (22 à 36 ha en superficies brutes) et de l’emploi (83 ETP).
Si l'on inclut les projets de la périphérie immédiate (Brabants flamand et wallon) ayant bénéficié au moins une fois d’un soutien financier ou d’un accompagnement dans le cadre de la stratégie Good Food - et dont la commercialisation est donc, au moins en partie, orientée vers le marché bruxellois -, on dénombre, en 2024, 62 projets totalisant 53 hectares et 96 ETP.
Notons également que pour 2022-2023 la FédéAU avait recensé environ 90 ETP occupés directement dans l’agriculture urbaine à Bruxelles.
Lire le texte de transcription
Entre 2015 et 2024, l’agriculture urbaine professionnelle à Bruxelles s’est fortement développée :
- Le nombre de projets est passé de 22 à 62 ;
- Les surfaces cultivées ont progressé de 25 à près de 53 hectares ;
- Le nombre d’emplois (équivalents temps plein) a aussi beaucoup augmenté, atteignant près de 96 emplois en 2024.
En 2024, environ 4 projets sur 5 sont situés en Région bruxelloise mais les surfaces augmentent aussi en dehors de Bruxelles, surtout ces dernières années. L’agriculture en pleine terre est la plus répandue et représente presque toute la surface cultivée. L’agriculture hors-sol utilise très peu d’espace mais crée beaucoup d’emplois relativement à sa taille.
Dans le cadre de l’étude précitée, le projet agricole a été défini comme une activité économique structurée, avec un site de production fixe et une comptabilité propre. Sur base de ces critères, les projets pédagogiques et de sensibilisation ayant un endroit de démonstration fixe leur appartenant (ou en location) sont pris en compte.
Les chiffres présentés dans cette section sont essentiellement basés sur cette étude. Ils doivent être considérés comme des ordres de grandeur, faute de toujours disposer de chiffres précis et totalement comparables d’un projet à l’autre. Pour des questions de définition et de méthodologies, ils ne peuvent pas non plus être comparés avec ceux repris dans les éditions précédentes de ce focus.
Sur les 49 projets d’agriculture urbaine professionnelle que compte la Région, 31 sont des projets à vocation commerciale, 11 sont à vocation sociale et 7 sont des modèles caractérisés comme hybrides. Notons que 5 projets sont des fermes pédagogiques dont la production nourricière n’est pas un objectif ou du moins pas l’objectif premier. Si on ne prend pas en compte les fermes pédagogiques, l’agriculture urbaine émergente couvre environ 22 ha à Bruxelles.
Anderlecht et Jette sont les communes bruxelloises qui accueillent le plus grand nombre de projets (respectivement 25 et 6 pour un total de 11,5 ha et 11,3 ha de terrains cultivés). Les 13 projets hors Bruxelles sont localisés à Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse, Tervuren, Humbeek, Overijse, Wezembeek-Oppem, Sint-Pieters-Leeuw et Orp-Jauche.
Bon à savoir
En 2023, le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (Montréal) a comparé 10 villes localisées au Canada, aux Etats-Unis et en Europe. La Région bruxelloise est l’une de celles présentant le plus grand nombre de projets professionnels d’agriculture urbaine, le plus grand nombre de projets par habitant, la plus grande diversité de productions ainsi que la plus grande proportion de sites de production ayant des pratiques d’économie circulaireL'économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui consiste à partager, réutiliser, réparer, rénover et recycler les produits et les matériaux existants le plus longtemps possible afin qu'ils conservent leur valeur. (Ruine P. et E. Duchemin E. 2023).
60% des superficies d’agriculture urbaine sont dédiées au maraîchage
Le maraîchage diversifié représente une part importante de la production des « nimaculteur·rice·s » (26 projets en 2024 et 60 % des superficies hors fermes pédagogiques). Il est souvent mené selon des pratiques agroécologiques, en agriculture biologique ou en conversion. Les circuits courts (vente directe, paniers, marchés) sont largement privilégiés.
Bon à savoir
Le maraîchage est une forme d’agriculture particulièrement intéressante en milieu urbain : cycles de production courts, production de produits périssables nutritionnellement intéressants qui peuvent être commercialisés en filières courtes, diversité des produits et pratiques agricoles, support à la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)., fonction sociale et pédagogique forte, absence ou faible mécanisation agricole ou encore, forte intensité en main d’œuvre avec, en corollaire, la création d’emplois.
La vocation commerciale domine dans chaque type de production. La totalité des projets bruxellois écoulent la majeure partie, voire l’entièreté, de leur production au sein du territoire régional via différents modes de commercialisation (vente directe libre, vente à des revendeurs, vente à des transformateurs).
Répartition (en nombre) des projets d’agriculture urbaine professionnelle par type de production, hors fermes pédagogiques (Région bruxelloise, 2024)
Source : ERU 2025 (à la demande de BEE) - Evolution de l'agriculture urbaine professionnelle bruxelloise 2015-2024
Lire le texte de transcription
En 2024, les projets d’agriculture urbaine professionnelle en Région bruxelloise comptent :
- 26 projets de maraîchage ;
- 2 projets d’élevage ovin (viande, fromage) ;
- 5 tisaneries ;
- 4 projets hors sol à haute valeur ajoutée (micro-pousses, champignons, insectes) ;
- 7 projets divers (houblonnière, petits fruits, horticulture).
Répartition (en superficie brute) des projets d’agriculture urbaine professionnelle par type de production, hors fermes pédagogiques (Région bruxelloise, 2024)
Source : ERU 2025 (à la demande de BEE) - Evolution de l'agriculture urbaine professionnelle bruxelloise 2015-2024
Lire le texte de transcription
En 2024, les projets d’agriculture urbaine professionnelle en Région bruxelloise (hors fermes pédagogiques) occupent 22 ha dont :
- 60% consacrés à des projets de maraîchage ;
- 20% consacrés à 2 projets d’élevage ovin ;
- 6% consacrés à des projets de tisaneries ;
- 1% consacré à des projets hors sol ;
- 13% consacrés à des projets divers (houblonnière, petits fruits, horticulture).
Bon à savoir
Selon la FédéAU, la production de fruits et légumes par les agriculteurs émergents en 2022 s’est élevée à plus de 470 tonnes. Ceci représente de l’ordre de 0,3% de la demande bruxelloise.
Une agriculture émergente majoritairement axée sur des pratiques culturales biologiques
Au sein du territoire régional, 14,5 ha sont certifiés en agriculture biologique (25 projets) et 5,3 ha sont cultivés selon des méthodes similaires mais ne sont pas (encore) certifiés (12 projets). Certain·e·s producteur·rice·s renoncent en effet à entreprendre les démarches nécessaires à la certification du fait du travail administratif que ceci occasionne sans apporter de bénéfices en termes de subsides. Par ailleurs, le processus de certification peut prendre quelques années.
L’ensemble des projets de maraichage de pleine terre (24 exploitations), 4 des 5 projets d’horticulture et la totalité des projets de tisanerie cultivent en appliquant des principes biologiques, sans être nécessairement toujours certifiés.
Sur les 12 projets ne revendiquant pas de pratiques culturales biologiques, 4 sont hors-sol et ne peuvent de ce fait être certifiés. Ce qui ne les empêche évidemment pas de mettre en place des approches environnementales adaptées (économie circulaireL'économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui consiste à partager, réutiliser, réparer, rénover et recycler les produits et les matériaux existants le plus longtemps possible afin qu'ils conservent leur valeur., efficacité énergétique, etc.). Notons aussi que compte tenu de leur mission portant notamment sur la sensibilisation environnementale, les fermes pédagogiques pourraient être considérées comme développant des pratiques assimilées au bio.
Des revenus médians 40% inférieurs au salaire minimum bruxellois
Selon l’étude sur l’évolution du secteur agricole (ERU 2025), les projets agricoles en Région bruxelloise tendraient à se consolider économiquement (surfaces cultivées plus grandes, diversification, davantage de ventes, création d’emplois, etc.).
Néanmoins, selon la FedeAU (2023), les agriculteur·rice·s émergent·e·s bruxellois·e·s pratiquant une agriculture durable et ayant fourni des données ont un revenu médian brut de 1200 €/mois/ETP. C’est 750 € en moins que le salaire minimum bruxellois (équivalent à 60% du revenu médian en Région bruxelloise). S’il convient de considérer ces chiffres comme des ordres de grandeur (données non exhaustives), il n’en reste pas moins que le secteur paraît actuellement généralement peu rentable, même si certains modèles d’entreprises semblent s’en sortir mieux que d’autres.
Par ailleurs, rares sont les agriculteur·rice·s émergent·e·s bruxellois·e·s bénéficiant des subsides européens de la PAC. Cette situation s’expliquerait principalement par une méconnaissance des conditions, procédures et montants accessibles pour les maraîcher·ère·s et par le fait que le rapport coût (temps)/bénéfices (montant des subsides fonction de la taille des parcelles) serait perçu comme peu favorable (ERU 2025). En outre, les demandes de subsides doivent se réaliser via un portail de la Région flamande, ce qui poserait des difficultés à une partie des agriculteur·rice·s émergent·e·s bruxellois·e·s en majorité francophones.
Ainsi, bien qu’en croissance ces dernières années, l’agriculture bruxelloise reste un secteur fragile et confronté à de nombreuses difficultés telles que l’accès à la terre ou encore les impacts des dérèglements climatiques qui affectent leur production (épisodes météorologiques extrêmes, augmentation des maladies et ravageurs, etc.).
Parmi les 33 projets pour lesquels l’information est disponible, 13 relèvent d’une convention d’occupation précaire et 6 d’un commodat (ERU, 2025). Ceci illustre les difficultés rencontrées par les agriculteur·rice·s émergent·e·s, tant pour accéder aux terrains que pour obtenir des contrats d’occupation leur garantissant une sécurité à long terme.
Les parcelles agricoles bruxelloises sont majoritairement des prairies
A Neerpede ainsi que dans les autres zones agricoles, les surfaces agricoles sont essentiellement des prairies. Ainsi, en 2024, 125,4 ha de prairies ont bénéficié de subsides européens (PAC). La majorité de ces prairies sont exploitées par des agriculteur·rice·s dit·e·s « conventionnel·le·s », prairies pâturées ou de fauche. Ce serait donc l’élevage (viandeux et/ou laitier) qui dominerait. Notons que des prairies sont également utilisées pour des activités de loisir (manèges équestres). Environ 6,9 ha déclarés à la PAC sont consacrés à de l’éco-pâturage (objectif écologique).
Le tableau ci-dessous détaille les superficies déclarées à la PAC par type de culture :
Le graphique ci-dessous fournit un aperçu synthétique de ces données :
60% des terres cultivées déclarées à la PAC sont des prairies et pâturages (2024)
Source : Bruxelles Environnement sur base des données de Bruxelles Economie
Lire le texte de transcription
En 2024, les surfaces de terres déclarées à la PAC sont :
- pour 57% d’entre elles des prairies et pâturages cultivés par des agriculteurs et agricultrices conventionnel·le·s ;
- pour 34% d’entre elles des grandes cultures (céréales, pommes de terre, maïs, etc.) cultivées par des agriculteurs et agricultrices conventionnel·le·s ;
- pour 6% d’entre elles des cultures diverses cultivées par des agriculteurs et agricultrices conventionnel·le·s ;
- pour 2% d’entre elles des cultures maraîchères et de la petite agriculture cultivées par des agriculteurs et agricultrices émergent·e·s ;
- pour 2% d’entre elles des prairies et pâturages cultivés par des agriculteurs et agricultrices émergent·e·s.
En parallèle des prairies, les grandes cultures (plantes fourragères, céréales et pommes de terre) occupent une septantaine d’hectares. Bien qu’il n’y ait pas eu d’enquête spécifique, il est supposé que ces cultures ne sont principalement pas destinées à une alimentation locale. Le maïs (grain et ensilage) est destiné à l’alimentation animale et les destinations des productions de céréales sont orientées majoritairement soit vers l’alimentation animale, soit vers les filières énergétiques ou, en très faible proportion (portion de la production d’orge, blés d’hiver et d’épeautre majoritairement), vers l’alimentation humaine.
Au niveau des modes de production, aucune des parcelles déclarées à la PAC ne bénéficie d’une certification en agriculture biologique.
Les surfaces de maraîchage et de petite agriculture (y compris fleurs, herbes médicinales, etc.) déclarées auprès de la PAC ne couvrent par contre que 7,5 ha (3,5% des superficies déclarées à la PAC). Notons à cet égard que les aides agricoles de la PAC ne sont pas souvent mobilisées par les agriculteur·rice·s émergent·e·s chez qui maraîchage et petite agriculture sont largement plus répandus (voir ci-dessus).
Bon à savoir
En 2017, la superficie cultivée au niveau de la périphérie bruxelloise (soit 19 communes attenantes ou très proches de la limite régionale) était de 12 257 ha. Tout comme dans la Région bruxelloise, une faible superficie (5% des terres cultivées) y était occupée par le maraîchage, le reste des cultures étant largement dominé par les céréales, prairies, maïs fourrager et pommes de terre.
Les superficies de terres bruxelloises déclarées à la PAC diminuent
En 2024, 212,8 ha de terres agricoles localisées en Région bruxelloise (soit 1,3% du territoire) sont enregistrés dans le cadre de l’aide directe de la PAC. Les parcelles concernées sont fortement morcelées mais se concentrent essentiellement au nord-ouest de la Région, en particulier à Anderlecht (60%) et, dans une moindre mesure, à Molenbeek-Saint-Jean (16%).
L’essentiel des terres déclarées à la PAC sont cultivées par des agriculteurs et agricultrices conventionnel·le·s (202 ha). Le nombre exact d’équivalents temps plein liés à ces entreprises n’est pas connu.
Selon les années, 2 à 4 agriculteurs émergents déclarent également des parcelles à la PAC.
Lire le texte de transcription
En Région bruxelloise, les surfaces agricoles bénéficiant de subsides de la PAC ont diminué, passant de 256 hectares en 2015 à 213 hectares en 2024. Parmi ces 213 hectares, 116 sont cultivés par des entreprises agricoles dont le siège social est situé en Région bruxelloise, 8 hectares sont exploités par des agriculteurs émergents et 3 hectares de prairies sont gérés par une association naturaliste.
Concernant le nombre d’entreprises agricoles soutenues par la PAC, on en comptait 35 en 2015, dont 9 ayant leur siège social en Région bruxelloise et 2 agriculteurs émergents. En 2024, ce nombre s’élève à 33 entreprises, parmi lesquelles 10 ont leur siège social en Région bruxelloise et 3 sont des agriculteurs émergents.
L’analyse des déclarations à la PAC entre 2015 et 2023 indique une diminution de près de 41 ha net (pour plus de détails, voir rubrique « A télécharger »).
L’analyse cartographique montre, d’une part, que la grande majorité des parcelles sorties des déclarations à la PAC se trouve sur des terres non affectées en zones agricoles dans le PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte. (Plan Régional d’Affectation du Sol) et, d’autre part, qu’elles concernent majoritairement des terrains partiellement ou entièrement publics. La « sortie » de ces parcelles des « déclarations PAC » peut s’expliquer par les facteurs suivants :
- urbanisation de parcelles constructibles sur des terres publiques ou anciennement publiques : 15 ha de terres cultivées ont été urbanisés, pour des projets publics, entre 2015 et 2023 (10,5 ha en raison de la construction d’Erasmus Nord et 2,3 ha pour l’hôpital militaire) ;
- parcelles restant dédiées à un usage agricole mais qui ne sont plus déclarées (7,3 ha) ;
- reprise en gestion par Bruxelles Environnement de terrains au Kauwberg et au plateau Engeland avec une réaffectation de l’usage de certaines parcelles (6 ha), notons que l’éco-pâturage est toujours présent au Kauwberg ;
- terres situées en réserve naturelleZone constituée par un organisme public ou privé en vue de préserver un spécimen représentatif d'une communauté végétale et animale (biocénose) donnée, principalement dans un but d'ordre scientifique et éducatif. et nécessitant une gestion agricole en lien avec des objectifs environnementaux (4,9 ha) ;
- boisement de différentes zones par des administrations publiques (2,7 ha) ;
- terres reprises en gestion par un CPAS afin d’y développer un projet de réinsertion professionnelle par l’agriculture (1 ha).
Le reste (environ 6 ha) correspond à des disparitions liées à la mise en œuvre de distances de protection pour des raisons de préservation de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). (bandes de retrait pour l’application de produits phytosanitaires, protection des cours d’eaux, etc.) ou à de légères modifications de la délimitation de la parcelle (correction, avancée d’une zone boisée sur les parcelles).
Ainsi, l’urbanisation de zones constructibles et le boisement de zones vertes sont les principaux facteurs qui ont mené à la diminution de terres agricoles situées hors zones agricoles du PRAS ces dernières années. Par ailleurs, certaines parcelles qui n’ont plus été déclarées à la PAC en 2023 accueillent encore, ou pourront encore, accueillir une activité agricole.
Extrait d’une photo aérienne, proximité de l’hôpital Erasme (Anderlecht) en 2004 et 2023
Source : Urban, Bruciel
Parmi les parcelles cultivées déclarées à la PAC, près de 100 ha ne sont pas situés en zone agricole
Si le PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte. protège relativement bien le foncier agricole en zone agricole comme le montrent les mouvements de déclarations PAC ci-dessus, il n’en reste pas moins que de nombreuses parcelles agricoles se situent dans d’autres zones. Il existe en effet un manque de correspondance entre les zones agricoles au PRAS et les activités agricoles.
Bon à savoir
En 2023, près de 53% des surfaces agricoles déclarées à la PAC (soit 113 ha) sont effectivement situés en zone agricole. En revanche, près de 100 ha d’activités agricoles déclarées sont situés dans des zones non affectées à l’agriculture (dont environ 23 ha en zones vertes et 3 ha en zones vertes à haute valeur biologiqueValeur reconnue d'un site coté sur base d'une série de critères tels que : la présence d'éléments hydrologiques peu perturbés (sources), la diversité et la rareté des espèces locales de plantes et d'animaux, la présence d'espèces rares, la maturité des végétations (site irremplaçable sauf à très long terme, ex. une forêt séculaire), etc.). Dans l’état actuel des choses, la préservation à long terme de la vocation agricole de cette centaine d’ha de terres apparaît donc peu garantie.
Inversement, environ 80 ha de zones affectées à l’agriculture (soit 35% de cette affectation du PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte.) sont utilisés pour une autre fonction (entre autres pour des habitations et leurs jardins, des terrains de sport et golf, des manèges d’équitation, des parkings, …) (estimation BE).
La préservation des terres agricoles de fait et de droit et la sécurisation de l’accès aux lieux de production constituent donc des enjeux essentiels pour le développement de projets d’agriculture urbaine en Région bruxelloise.
L’agroécologie comme voie d’avenir
A Bruxelles mais aussi ailleurs, les systèmes agricoles font face à de nombreux défis : dérèglements climatiques, effondrement de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)., dégradation des sols, raréfaction des ressources (eau, énergie, phosphates…), nécessité de développer des alternatives aux pesticides et engrais de synthèse ainsi que de limiter les émissions de gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3)., faiblesse des revenus et fragilité économique des exploitations, conflits d’usage des terres, transmission des exploitations ou encore, attentes sociétales croissantes pour des produits plus sains et plus locaux.
Répondre à ces différents défis demandera une transformation du système alimentaire et une réorientation de son agriculture vers des pratiques plus agroécologiques. Cela impose d’anticiper dès que possible cette réorientation, complexe mais nécessaire au regard des enjeux environnementaux et de santé publique, les deux étant bien évidemment liés.
De manière générale, les fermes engagées dans une démarche agroécologique sont reconnues comme étant plus résilientes ou, en d’autres termes, davantage capables d’absorber les chocs (climatiques, économiques). Ceci est lié, entre autres, au fait de leur autonomie accrue (par ex. vis-à-vis des intrants extérieurs), de leur diversification ou encore, de la valorisationToute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en remplaçant d’autres matières qui auraient été utilisées à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, dans l’usine ou dans l’ensemble de l’économie. de leurs productions en circuits courts.
La transition agroécologique est un processus nécessairement singulier à chaque exploitation et à son contexte (humain, territorial, etc.) dont la mise en œuvre nécessite du temps. Elle met en jeu des aspects techniques mais doit aussi tenir compte d’un ensemble de facteurs tant internes (spécifiques à l’agriculteur·rice, à la ferme, à ses contraintes, etc.) qu’externes (climat, sol, contexte socio-politique et légal, contexte technique, …), très peu maitrisables. Faire évoluer les systèmes de production existants, en garantissant leur rentabilité, est dès lors un processus complexe demandant un investissement et une collaboration de toutes les parties prenantes dans la durée.
Au-delà de ses effets sur le système alimentaire bruxellois - amélioration de la qualité des produits, développement de circuits courts, reconnexion entre producteurs et consommateurs, préservation à long terme du potentiel productif des terres et renforcement de la résilience face à un contexte de plus en plus instable notamment en raison des dérèglements climatiques - cette transition, bien que limitée en termes de volumes produits, aura également un impact environnemental significatif. Elle contribuera notamment à la préservation de la biodiversité (en particulier celle des milieux ouverts) ainsi qu’à l’amélioration de la qualité des sols et des eaux. Elle générera aussi d’autres bénéfices : valorisation du patrimoine paysager (paysages ouverts, haies bocagères, bandes enherbées, mares, etc.) et historique (évocation des anciennes ceintures maraîchères proches des villes), création d’espaces d’expérimentation pour l’agriculture urbaine ou encore, développement de projets pédagogiques et d’activités de loisirs.
Deux leviers règlementaires viennent appuyer la transition agroécologique
Le processus de transition des pratiques agricoles vers une agroécologie telle que soutenue par la Stratégie Good Food 2 s’est vu récemment renforcé par deux leviers règlementaires.
Le premier de ces leviers est l’adoption, en 2024, d’un cadre règlementaire bruxellois visant à limiter davantage l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et à encadrer leur vente sur l’ensemble du territoire régional. Il prévoit notamment, via un arrêté, l’interdiction de l’utilisation des pesticides autres que ceux à faible risque et/ou autorisés en agriculture biologique à partir de 2025. Un régime spécifique est cependant prévu pour les agriculteurs et agricultrices qui bénéficient d’une période transitoire jusque 2030. Par ailleurs, l’utilisation du glyphosate est déjà interdite sur toute la Région.
Ces restrictions imposées à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques impliquent un processus complexe et long d’évolution des pratiques culturales. Elles sont néanmoins nécessaires au regard des enjeux de préservation de l’environnement et de la santé publique, en particulier celle des agriculteur·rice·s et riverain·e·s des exploitations.
Le second levier règlementaire provient du règlement européen sur la restauration de la nature entré en vigueur en août 2024. Il fixe des objectifs contraignants pour restaurer au moins 20 % des terres et des mers de l'UE d'ici 2030 et tous les écosystèmes dégradés d'ici 2050. En ce qui concerne les écosystèmes agricoles, le règlement impose notamment de rétablir et augmenter les populations de papillons des prairies, d’augmenter le stock de carbone organique présent dans les sols ou encore, d’augmenter la part des terres agricoles présentant des « particularités topographiques » à haute diversité (haies, arbres, zones humides, murs de pierre, bordures de champs, etc.). Cette législation européenne impose donc également à la Région bruxelloise une transition des pratiques agricoles sur son territoire par une approche globale et transversale (ajouts de biotopes favorables à la biodiversité, mesures de préservation et de régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. des sols, limitation des intrants liés à l’agrochimie, préservation des rivières via des bandes enherbées, diversification des cultures, etc.). Dans ce cadre, la Région bruxelloise devra soumettre un plan stratégique pour la restauration des agroécosystèmes.
D’autres instruments de planification ou législatifs soutiennent également la transition agroécologique bruxelloise, notamment :
- la stratégie Good Soil (2024), dont l’un des objectifs est d’«assurer une amélioration constante du niveau général de la qualité des sols des terrains affectés à l’agriculture professionnelle» ;
- le plan opérationnel de Neerpede (2020) qui vise à combiner harmonieusement la préservation des paysages et de la biodiversité, le développement de l’agriculture urbaine et d’espaces de loisirs ;
- le plan nature (2016, en cours de révision) qui prévoit de proposer des mesures de protection et de valorisation des milieux ouverts et des terres agricoles ;
- l’ordonnance nature (2012) dont l’article 66 permet l’adoption d’arrêtés de protection et de mesures (subventions e.a.) visant la sauvegarde et le développement de biotopes et d’éléments du paysage (haies, talus, points d’eau, arbres, etc.) importants pour l’accueil de la faune et la flore sauvages et le développement du réseau écologique.
Bon à savoir
La majorité des agriculteur·rice·s conventionnel·le·s qui travaillent sur le territoire régional ont plus de 55 ans. Les questions liées à la transmission des terres cultivées par ces dernier·ère·s et à la transition des modes de production agricole, étroitement imbriquées, sont déterminantes pour l’avenir de l’agriculture bruxelloise. Les pouvoirs publics ont un rôle essentiel à jouer pour accompagner cette transmission et permettre l’installation sur les terres vacantes de nouveaux et nouvelles agriculteurs et agricultrices soutenu·e·s dans le processus de transition.
Les terres agricoles publiques, un levier à mobiliser
L’ILVO (Instituut voor Landbouw-, Visserij- en Voedingsonderzoek) a finalisé en 2024 un inventaire cartographique de la propriété foncière des institutions publiques flamandes et bruxelloises en Régions flamande et bruxelloise (à la demande de Bruxelles Economie et Emploi pour la partie bruxelloise). Cet inventaire précise notamment la nature des propriétaires et l’affectation de droit des parcelles.
Il en ressort que, sur le territoire bruxellois :
- Les propriétaires publics (au sens large du terme ce qui inclut notamment les fabriques d’Eglise) possèdent 6.095 ha des 12.940 ha de territoire cadastré, soit 47%. L’importance de ce chiffre s’explique en grande partie par le fait qu’il inclut de nombreux espaces verts dont certains sont très étendus (forêt de Soignes, Bois de la Cambre, etc.) ;
- Les propriétaires publics (communes et CPAS essentiellement) détiennent 93 des 228 ha de terres affectées à l’agriculture (PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte.), soit 41%. Parmi ces 93 ha, 80 ha sont situés dans la commune d’Anderlecht. Rappelons qu’il s’agit d’une affectation de droit et que, dans les faits, toutes ces terres n’accueillent pas une activité agricole ;
- Les propriétaires publics (autorités régionales essentiellement et, dans une moindre mesure, autorités fédérales et communales) possèdent 2.940 ha des 3.263 ha de terres affectées en zones vertes, zones forestières et zones de parcs (soit environ 90%).
Superficies détenues par les propriétaires publics en Région bruxelloise selon l’affectation au PRAS
Source : ILVO sur base du cadastre (SPF Finances 2024) et ruimteboekhouding Vlaanderen (Departement Omgeving 2024)
Lire le texte de transcription
En Région bruxelloise, en 2024, 6096 ha appartiennent à des propriétaires publics dont :
- 48% sont affectés en espaces verts ;
- 16% sont affectés en espaces résidentiels ;
- 8% sont affectés en espaces récréatifs ;
- 5% sont affectés en espaces industriels ;
- 2% sont affectés en espaces agricoles ;
- 21% sont répartis entre des affectations diverses autres.
Les propriétaires publics détiennent également des terrains en dehors de la Région, y compris des terrains affectés en zone agricole. A cet égard, le CPAS de la Ville de Bruxelles se distingue : il possède 1.586 ha de terres dont 1.389 ha affectés en zone agricole en Régions bruxelloise et flamande. L’essentiel de ces terres sont localisées en dehors du territoire communal.
Avec 83 ha de terres affectés à l’agriculture, quasi exclusivement localisées en dehors de ses limites communales, le CPAS d’Etterbeek est le second grand propriétaire public de terrains à vocation potentiellement agricole en dehors de la Région.
Le rapport de l’ILVO montre aussi qu’en l’espace de 20 ans, les propriétaires publics bruxellois ont vendu près de 3% de leurs terres affectées à l’agriculture situées en Région flamande et bruxelloise.
Cette évolution contribue à la fragilisation du monde agricole qui a besoin d’un accès sécurisé à la terre à long terme, condition indispensable pour investir dans une agriculture durable (restauration des sols, plantations de haies, diversification, etc.).
En Région wallonne, la superficie totale des terres en occupation agricole détenues par les Villes et Communes, les CPAS et les Fabriques d’Eglise ainsi que les institutions régionales serait d’environ 57.000 hectares dont 76 % localisés en zone d’affectation agricole au plan de secteur (CPDT, 2017).
Ces informations mettent en évidence l’importance de définir et mettre en œuvre rapidement une politique foncière pour les terres agricoles en Région bruxelloise, en tenant compte de ce levier essentiel que constitue le patrimoine foncier agricole public, y compris celui localisé en dehors du territoire bruxellois.
Bon à savoir
La politique de gestion des terres agricoles appartenant aux pouvoirs publics locaux évolue progressivement. Ainsi, par ex, le CPAS de la Ville de Bruxelles a développé un appel à candidatures pour les terres libres de bail destiné aux agriculteur·rice·s (critères : âge du fermier, proximité du siège social et proximité des parcelles agricoles déjà travaillées). Les communes d’Anderlecht et de Ganshoren ont également établi une procédure standardisée pour la gestion de leurs terres agricoles.
Des terres à préserver et mobiliser de façon pérenne pour l’agriculture
Bon à savoir
Sur les 228 ha de zones affectées à l’agriculture dans le PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte., environ 146 ha sont effectivement utilisés à cette fin ou l’ont été récemment. Ceci inclut les parcelles déclarées à la PAC en 2023 et celles qui l’ont été au moins une fois entre 2015 et 2022, les parcelles cultivées par des agriculteur·rice·s émergent·e·s ainsi que les prairies, potagers et autres terrains où une activité agricole a été observé. Par ailleurs 8,5 ha de parcelles sont actuellement boisés (ERU, 2024).
Inversement, selon cette même source, on peut estimer en première approximation que grosso modo 200 ha de terres sont cultivés dans des zones non allouées à l’agriculture dans la planification territoriale régionale. Cette même étude a également identifié 185 parcelles cadastrales (d’une superficie totale de 65 ha) occupées, en tout ou en partie, par des potagers citoyens (à ce sujet, voir aussi le focus Potagers collectifs et familiaux, arbres fruitiers partagés).
Pour encourager et soutenir le déploiement de l’agriculture à Bruxelles, la stratégie Good food travaille à améliorer l’accès des producteur·rice·s aux principaux facteurs nécessaires à la pérennité de leur activité, à savoir, l’accès à la terre, aux capitaux, aux marchés et aux savoir-faire.
L’accès à long terme à des lieux de production adaptés constitue le premier obstacle au développement de projets d’agriculture urbaine. Les facteurs sont multiples : rareté des terres disponibles et coût des terrains, non-concordance entre l’affectation des terres au PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte. et l’utilisation réelle qui en est faite, pollutions des sols, pression immobilière due entre autres à l’essor démographique, spéculation foncière, précarité des baux, cadre juridique et règlementaire inadapté, lourdeur des procédures, etc. La plupart des agriculteur·rice·s ne disposent pas d’une sécurité foncière suffisante pour investir correctement (équipement, amélioration du sol) et se développer.
L’un des objectifs chiffrés de la stratégie Good food 2 est la mobilisation de 50 nouveaux ha de terres pour de l’agriculture professionnelle pleine terre agroécologique à Bruxelles et en périphérie.
Plusieurs leviers sont activés à cette fin, notamment :
- Mobilisation et mise à disposition de terres présentant un potentiel agricole pour des agriculteur·rice·s et horticulteur·rice·s professionnel·le·s souhaitant travailler dans un modèle agroécologique
Les terres mises à disposition peuvent être des terrains acquis par la Région bruxelloise ou des terrains appartenant aux communes, à des CPAS ou à des instances régionales (dont Bruxelles Environnement). Les terres publiques constituent un important potentiel à mobiliser, en particulier le foncier public agricole (pour rappel 41% des terres affectées de droit à l’agriculture en Région bruxelloise sont publiques).
Il peut aussi s’agir de terrains acquis ou mis en location par l’ASBL Terre-en-vue (TEV). Cette asbl est subventionnée par la Région, dans le cadre de la stratégie Good food, pour trouver des terres sur le territoire régional et en périphérie afin d’y installer durablement des projets professionnels agroécologiques et en assurer le suivi. Un travail de démarchage, de sensibilisation et d’accompagnement, auprès des propriétaires publics et privés, est ainsi mené afin de débloquer des opportunités foncières pour la production agricole bruxelloise et en périphérie.
Bon à savoir
En 2016, un espace test agricole (ETA) a été lancé en Région bruxelloise avec des fonds européens octroyés dans le cadre du projet BoerenBruxselPaysans (voir ci-dessous). Celui-ci est situé dans la vallée du Vogelzang et implanté sur des terrains mis à disposition par la commune d’Anderlecht. Cet espace permet à de nouveaux et nouvelles agriculteurs et agricultrices ayant répondu à un appel à candidature de tester leur activité professionnelle dans un cadre sécurisé. Ils et elles bénéficient d’un accompagnement individuel (formations, soutiens méthodologiques et techniques) et d’une mise à disposition de terrains, d’infrastructures (serres e.a.) et d’outils pendant 3 saisons maximum afin de cultiver la terre et de vendre leur production. Cet espace est géré par l’asbl Le début des Haricots avec le soutien financier de la Région, ceci dans le cadre de la stratégie Good food.
Durant la période couverte par la stratégie Good food 1 (2015-2020), près de 9 ha ont ainsi été mobilisés pour l’agriculture urbaine à Bruxelles (4 ha pour l’ETA et le champ du Chaudron situé à proximité, 3,9 ha mobilisés par TEV et 0,5 ha acquis par la Région). Au cours de cette même période, TEV a aussi mobilisé 21,6 ha de terres en périphérie bruxelloise.
Depuis le lancement de Good Food 2 (2022-2030), TEV a mobilisé 1,1 ha à Bruxelles (prise en gestion) et 13,3 ha en périphérie (3,6 ha acquis et 9,7 ha pris en gestion) dont seule une partie a été jusqu’à présent attribuée à des projets. De plus en plus de terrains gérés par Bruxelles Environnement sont aussi dédiés à l’agriculture urbaine via différents dispositifs. Outre les parcelles potagères mises à disposition des citoyens (voir « Potagers collectifs et familiaux, arbres fruitiers partagés »), certains terrains sont et/ou seront prochainement dédiés à l’agriculture urbaine professionnelle. ll s’agit notamment d’éco-pâturages et vergers (environ 22 ha, dont les sites du Zavelenberg, Kattebroek et Kauwberg), de terrains maraîchers (cressonnière à Laeken, 0,4 ha et champ du chaudron à Anderlecht 1 ha) ainsi que de serres (Stuyvenberg à Laeken, environ 0,25 ha). Finalement, une superficie de 2,5 ha est dédiée à l’agriculture urbaine dans le projet urbanistique du site des Dames Blanches porté par la Région. Un projet de production professionnelle y est en phase de démarrage.
A l’instar du CPAS de la Ville de Bruxelles, les instances régionales et infrarégionales prennent de plus en plus conscience du potentiel que représentent les terres agricoles appartenant à des propriétaires publics. Leur mobilisation reste toutefois un processus long et progressif.
- Révision des outils juridiques et urbanistiques influençant la place, la préservation et le développement de l’agriculture urbaine
Ces outils permettant de faciliter la disponibilité du foncier agricole sont :
- la réforme du PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte. : celui-ci est en cours de modification afin d’intégrer au mieux les nouveaux défis et enjeux de la ville dont l’agriculture urbaine ;
- la révision de la législation sur le bail à ferme (obsolète, complexe et inadaptée à la réalité de l’agriculture urbaine) ;
- l’opérationnalisation d’un mécanisme de droit de préemption régional en faveur de l’agriculture urbaine (ce droit donne aux pouvoirs publics la possibilité d’acquérir prioritairement un bien lors de sa mise en vente, dans l’intérêt général) ;
- l’opérationnalisation du recours au mécanisme des charges d’urbanisme pour le développement de l’agriculture urbaine citoyenne (ce mécanisme donne aux autorités publiques la capacité d’imposer, aux demandeurs de projets de grande ampleur et dans le cadre de leurs demandes de permis, la réalisation d’infrastructures publiques).
Un travail est en cours sur ces différents sujets, avec des niveaux d’avancement variables.
Le processus de la révision du Plan Régional d'Affectation du Sol (PRAS) a été entamé par Perspective.brussels en 2020. Bruxelles Environnement et Bruxelles Economie et Emploi se chargent du suivi de la modification du PRAS sur la thématique de l’agriculture urbaine. L’enjeu est, en particulier, de préserver les terres agricoles de droit, et si possible et adéquat, de convertir certaines zones agricoles de fait en zones agricoles de droit ou en zone semi-naturelle. Par ailleurs, un projet de nouvelle ordonnance sur le bail à ferme est en cours d’élaboration. Il a pour principal objectif de faciliter l'accès à la terre aux producteurs bruxellois, en trouvant un équilibre entre intérêts des bailleurs et intérêts des preneurs. Des clauses environnementales seront également incluses dans cette nouvelle mouture du bail à ferme.
- Accompagnement de la transmission des fermes des agriculteur·rice·s en fin de carrière
Comme exposé ci-dessus la majorité des agriculteur·rice·s historiques qui travaillent sur le territoire bruxellois ont plus de 55 ans. La question de la transmission des fermes concernées pourrait donc se poser prochainement. Compte tenu de ce contexte, des actions et contacts visant à favoriser la reprise d’un maximum de ces fermes se mettent en place afin de conserver ce secteur actif.
Parallèlement, la Région met en place un dispositif d'accompagnement et de conseils techniques qui sera proposé aux agriculteur·rice·s conventionnel·le·s afin de les aider à définir de nouvelles trajectoires pour leurs fermes et se conformer, d’ici 2030, à la réglementation interdisant l’usage de pesticides autres que ceux à faible risque et/ou autorisés en agriculture biologique. Pour rappel, comme explicité ci-dessus, dans le cadre de la mise en œuvre du règlement sur la restauration de la nature, les terres agricoles traditionnelles vont devoir également évoluer notamment pour accueillir davantage de « particularités topographiques » à haute diversité (mares, haies, bandes enherbées, etc.).
Vers une ordonnance pour soutenir économiquement l’agriculture urbaine
Depuis 2016, un appel à projets annuel (Bruxelles Economie Emploi) permet d’obtenir un soutien financier s’inscrivant dans une démarche de transition vers l’agroécologie.127 projets d’agriculture urbaine professionnelle ont été subsidiés dans ce cadre.
Plus structurellement, les aides agricoles de la PAC du 1er pilier sont disponibles aux agriculteurs et agricultrices bruxellois·e·s (accord de coopération avec la Flandre) mais en pratique ne sont pas souvent mobilisés par les agriculteur·rice·s émergent·e·s pour différentes raisons. Les aides du 2ème pilier, dont toute une série favorisent l’installation de jeunes, l’investissement et la mise en œuvre de bonnes pratiques environnementales, ne sont pas disponibles en Région bruxelloise.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la préparation d’une ordonnance visant à soutenir le développement de l’agriculture urbaine et à accompagner sa transition agroécologique. Un avant-projet, adopté en première lecture, est en cours d’approbation. L’ordonnance distingue deux grands types d’aides :
- Des aides organiques (permanentes) : soutien au fonctionnement, aux investissements, aux actions de transition, au partage de connaissances et à la promotion des produits ;
- Des aides facultatives ponctuelles (appels à projets) : support à des initiatives innovantes, dans la limite des budgets et avec l’accord du gouvernement.
Elle prévoit aussi une aide financière pour la certification bio de la production primaire.
Des mesures pour aider les agriculteur·rice·s urbain·e·s et péri-urbain·e·s à accéder au marché
Good Food soutient financièrement le Réseau des GASAP lequel se fournit directement auprès de producteur·rice·s locaux et locales, y compris bruxellois·e·s (distance moyenne de 32 km entre les 40 producteur·rice·s et les points de dépôt en 2024). En 2024, une centaine de groupes GASAP étaient actifs à Bruxelles (pour environ 6150 mangeurs). En 2022 et 2023, la Région a aussi soutenu 2 projets de supermarchés coopératifs et participatifs.
La stratégie Good food vise également la création d’un maillage de plateformes (ou hubs) logistiques multifonctionnelles conçues pour gérer l'ensemble de la chaîne alimentaire (transport, tri, transformation, distribution, etc.) liée aux produits issus de l'agriculture urbaine et périurbaine. Certains hubs ont déjà vu le jour dont 3 d’envergure régionale.
Accès aux savoirs, savoir-faire et compétences
Le service « Facilitateur Agriculture(s) urbaine(s) », actuellement suspendu, stimule la création ou le développement de projets en agriculture urbaine. Il met notamment à disposition des informations en ligne (site Good food, volet production), un service d’expert·e·s pluridisciplinaires ainsi que de mise à disposition de surfaces cultivables. Ses publics cibles sont les propriétaires de surfaces de production, les acteurs de l'aménagement du territoire et les promoteurs immobiliers. Depuis mars 2022, les instances publiques peuvent également bénéficier d’une expertise sur toutes les thématiques liées à un projet d'agriculture urbaine (technique, juridiques, foncières, économiques) via la centrale d'Accompagnement en Agricultures Urbaines à destination des organismes Publics (CAAUP).
Entre 2015 et 2021 (2023 pour certains investissements) différentes actions ont été entreprises dans le cadre du projet pilote BoerenBruxselPaysans (BBP) financé majoritairement par le Fonds européen de développement régional (FEDER). Implanté à la limite du territoire périurbain, principalement à Anderlecht (Neerpede et Vogelzang), ce projet visait notamment à faciliter et augmenter la production et la transformation alimentaire locale selon des modes de production écologiques. Durant sa mise en œuvre, BBP a assuré un soutien à des projets d’agriculture urbaine via un accompagnement individuel (formations, soutiens méthodologiques et techniques) et une mise à disposition de terrains (dont l’Espace Test Agricole, voir ci-dessus), d’infrastructures et d’outils. Il a également contribué au développement de circuits courts de transformation et de vente, ou encore, d’actions de sensibilisation et de mise en réseau. Cet accompagnement est depuis repris par divers acteurs. Les activités de l’Espace Test Agricole se poursuivent, actuellement financées par la Région dans le cadre de la stratégie Good food.
Entre 2016 et 2024, 25 personnes, sélectionnées via un appel à candidatures, ont ainsi pu tester leur activité agricole dans ce cadre ; la moitié d’entre elles ont continué une activité agricole après cette phase de test (communication BEE, rapport d’activité 2024 Début des Haricots). Par ailleurs, au cours de la période 2016-2023, 25 personnes ont bénéficié d’un accompagnement pour lancer leur activité de transformation (rapport final du projet BBP).
Fin 2020, une fédération bruxelloise des professionnel·le·s de l’agriculture urbaine (FedeAU) a été mise en place. En 2024, la FedeAU comptait 50 membres affilié·e·s.
L’aide à la création de projets d’entreprises agricoles a par ailleurs été développée au sein d’un guichet d’économie locale « Agriculture Urbaine » (GELAU), inclus dans les missions attribuées au centre d’entreprises de Saint-Gilles.
Bon à savoir
En bref, dans le cadre de la stratégie Good Food, la Région a mis en place un « écosystèmeC'est l'ensemble des êtres vivants (faune et flore) et des éléments non vivants (eau, air, matières solides), aux nombreuses interactions, d'un milieu naturel (forêt, champ, etc.). L'écosystème se caractérise essentiellement par des relations d'ordre bio-physico-chimique. » structuré, complémentaire et coordonné d’accompagnement de l’agriculture professionnelle qui repose sur différents dispositifs :
- une fédération bruxelloise des professionnel·le·s de l’agriculture urbaine (FEDEAU) assurant la mise en réseau et la représentation du secteur ;
- un espace test agricole (ETA) mettant à disposition terrains, infrastructures et outils et assurant un accompagnement de porteurs de projets ;
- la recherche de terres agricoles à Bruxelles et en périphérie par l’asbl Terres en vue (TEV) ;
- un guichet d’économie locale « Agriculture Urbaine » (GELAU) consacré à l’accompagnement entrepreneurial ;
- un facilitateur en agriculture urbaine pour l’accompagnement technique, urbanistique et juridique.
Enfin, un référentiel de durabilité en agriculture urbaine a été développé et amélioré après avoir été testé sur une quinzaine de projets en 2023-2024. Cet outil doit appuyer l’évaluation et l’accompagnement des pratiques agricoles urbaines à Bruxelles.
A télécharger
Fiche de l’Etat de l’Environnement
Autres publications de Bruxelles Environnement
- BRUXELLES E BRUXELLES ENVIRONNEMENT 2024. « La ferme du Chaudron revit ! », communiqué de presse
- BRUXELLES ENVIRONNEMENT 2022. « Naissance d’une ferme écologique partagée à Bruxelles », communiqué de presse
- BRUXELLES ENVIRONNEMENT & BRUXELLES ECONOMIE ET EMPLOI 2021. « Stratégie Good food « Vers un système alimentaire durable en Région de Bruxelles-Capitale » - Evaluation finale, synthèse des réalisations et performances de la stratégie 2016-2020 », 84 p. (.pdf)
- BRUXELLES ENVIRONNEMENT 2020. « Neerpede, entre ville et campagne – Plan opérationnel », 19 pages (.pdf)
Etudes et rapports
- AQrate 2023. « Baseline Stratégie GoodFood 2 », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 138 p. (.pdf)
- BOUTSEN R., MAUGHAN N., VISSER M. 2018. « Evaluation de la production agricole primaire professionnelle en Région de Bruxelles Capitale », étude réalisée par ULB-Laboratoire d’agroécologie, pour le compte de Bruxelles Economie et Emploi, 50 p. (.pdf)
- BRUXELLES ENVIRONNEMENT 2024. « Rapport final – Projet BoerenBruxselPaysans », 46 p.
- COMASE 2021. « Etude de la performance de la stratégie Good Food 2016-2020 – Rapport final », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 83 p. (.pdf)
- DE LESTRANGE R., FIERENS C., ANNICCHIARICO G., NYSSENS T., GERARD A., BOURGOIS C. 2021. « AGROPOLIS – D’un projet pilote à un réseau nourricier métropolitain », 153 p. (.pdf)
- DE ZUTTERE C., LECOCQ B. , DEMANET M. 2020. « Plan d’action 2020 Agricultures urbaines : modifications législatives - Pour une évolution du cadre juridique et urbanistique en faveur des agricultures urbaines durables en Région de Bruxelles-Capitale », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Economie Emploi – cellule agriculture, 69 p. (.pdf)
- DRUINE, P ET E. DUCHEMIN 2023. « La place de Montréal parmi les grandes villes d’agriculture urbaine : Une étude comparative entre dix villes au Canada, aux États-Unis et en Europe », Laboratoire sur l’agriculture urbaine, 33p. (.pdf)
- ERU 2025. « Evolution de l’agriculture urbaine professionnelle bruxelloise 2015-2024 », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Economie Emploi, 111 p. (.pdf)
- FEDEAU 2023. « Œuvrer pour l’AU professionnelle – analyse des impacts et besoins de l’AU pro à Bruxelles », 7 p.
- FEDEAU 2024. « À Bruxelles, le revenu des agriculteurices est 40% plus bas que le salaire minimum bruxellois! », communiqué de presse
- ILVO 2024. “Publieke grond in Vlaanderen & Brussel - Overzicht evolutie en landbouwpotentieel”, Vandermaelen H., Willems G. et Vanempten E., 158 p. (en néerlandais uniquement) (.pdf)
- LAUWERS L., VAN KERCKHOVE Y. & DUMORTIER M. 2022. “Agro-ecological farming in (peri)urban protected areas: the agro-ecological farmers’ perspective on synergies and conflicts between nature and agriculture”, Reports of the Research Institute for Nature and Forest, étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 104 p. (en anglais uniquement) (.pdf)
- LEFEBVRE A., TSURUKAWA N., HAISSAM JIJAKLI, DUMARTIN P., PEETERS S., HANIQUE P., GOISSE G., LAMAL V. 2018.« Etude urbanistique et juridique pour le développement de l’agriculture urbaine en Région bruxelloise », étude réalisée par Gembloux Agro-Bio Tech (ULg), Agora-urba.eu, Pascal Hanique sprl, Avocats associés, 131 p. (.pdf)
Plans et programmes
- REGION DE BRUXELLES-CAPITALE 2022. « Stratégie Good food 2 2022-2030 », 61 p. (.pdf)
Liens utiles
- Espace-Test.be agricole
- FEDEAU
- Portail GoodFood (voir e.a. volets Etudes et Reporting & évaluation )
- TERRE-EN-VUE
Potagers collectifs et familiaux, arbres fruitiers partagés
Focus – Actualisation : novembre 2023
En 2018, la Région de Bruxelles-Capitale comptait 392 sites potagers soit 30% de plus qu’en 2013. Cette évolution s’est néanmoins accompagnée d’une réduction de 4% de la superficie totale de ces sites.
En mai 2023, 419 parcelles potagères sont mises à disposition des Bruxellois.e.s dans 14 espaces verts gérés par Bruxelles Environnement. C’est un peu plus du double qu’en 2013.
La création de potagers est également encouragée via de nombreux appels à projets s’adressant à différents publics. Depuis quelques années, des initiatives visant à développer la présence d’arbres fruitiers dans l’espace public et dans des espaces collectifs se multiplient également.
Les potagers urbains : des espaces verts aux fonctions multiples
A Bruxelles comme dans de nombreuses autres villes, on observe un regain d’intérêt pour les pratiques de cultures alimentaires. Celles-ci peuvent prendre différentes formes : culture maraîchère en pleine terre ou hors sol, arbres fruitiers, petits élevages, apiculture, aquaculture, fermes pédagogiques, cultures souterraines de champignons, etc. Elles sont encouragées dans le cadre de différents programmes d’action régionaux visant la transition vers des systèmes alimentaires plus durables, l’amélioration du cadre de vie, le développement d’espaces verts multifonctionnels ou encore, la création d’emplois.
Ce focus se concentre essentiellement sur les potagers familiaux ou collectifs non professionnels destinés avant tout à la production à des fins de consommation personnelle ou « autoproduction » (le volet agriculture professionnelle fait l’objet d’un autre focus, voir « Good Food : Agriculture professionnelle en Région bruxelloise »).
Ces pratiques maraîchères poursuivent des objectifs multiples, certains étant plus ou moins prioritaires selon les acteurs : production alimentaire mais aussi objectifs récréatifs (contact avec la nature, détente, activité physique), sociaux (espaces de rencontre et d’apprentissage collectifs de nouveaux comportements, réponse à un besoin d’appartenance, appui à des projets thérapeutiques ou de réinsertion professionnelle, etc.) ou encore, éducatifs (principes d’agriculture biologique, cycles des saisons, espèces locales, etc.). D’un point de vue environnemental, les potagers constituent également des espaces verts apportant un support à la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)., participant à l’amélioration du paysage urbain ou encore, permettant l’infiltration des eaux pluviales. La pratique du maraîchage en milieu urbain, dans des espaces interstitiels parfois très petits, permet aussi de créer et de maintenir des espaces ouverts au cœur des quartiers. Tous ces bénéfices montrent combien le développement de cette pratique peut fortement contribuer à améliorer le cadre de vie des citadins et participer à accroître la résilience des villes.
Vers un retour des arbres et arbustes fruitiers dans l’espace public
Les bienfaits apportés par la présence d’arbres en ville sont bien connus : embellissement du paysage urbain, rafraichissement de la ville (ombrage, évapotranspirationL’eau de pluie est retenue au niveau du sol puis s’évapore vers l’atmosphère. La présence de plantes amplifie/augmente fortement ce phénomène.), support à la biodiversité, réduction locale des concentrations de certains polluants atmosphériques, stockage de CO2, contribution à l’infiltration des eaux pluviales, fragrances…
Parmi les espèces d’arbres à envisager pour les plantations dans les espaces publics (parcs, rues, micro-forêt urbaine, etc.) et privés (jardins, façades), les fruitiers comestibles constituent une option particulièrement intéressante. Outre les bénéfices évoqués ci-dessus, les fruitiers présentent en effet des avantages complémentaires dont :
- vecteur d’implication citoyenne, de partage (savoirs, idées, ressources ,etc.) et de création de liens sociaux et avec la terre, notamment lors de la conception des projets et de la plantation et de l’entretien des arbres ;
- source d’habitats et de nourriture, notamment pour les oiseaux et pollinisateurs (floraison abondante) ;
- vecteur pédagogique et éducatif (sensibilisation à l’alimentation durable, reconnexion avec les cycles saisonniers, apprentissage des mécanismes de pollinisation, de techniques horticoles, ) ;
- potentiellement, offre de ressources alimentaires de proximité.
Avec une faible emprise au sol, les fruitiers ont un impact important à la fois sur le cadre de vie, sur l’écosystèmeC'est l'ensemble des êtres vivants (faune et flore) et des éléments non vivants (eau, air, matières solides), aux nombreuses interactions, d'un milieu naturel (forêt, champ, etc.). L'écosystème se caractérise essentiellement par des relations d'ordre bio-physico-chimique. urbain et sur les liens sociaux. Notons que les différents règlements en vigueur concernant les espaces verts n’autorisent pas la cueillette.
Si la fonction ornementale des arbres dans la ville est aujourd’hui prédominante, on assiste depuis quelques années à un mouvement de retour des arbres et arbustes fruitiers dans l’espace urbain. Ceux-ci peuvent investir différents lieux : parcs, alignements d’arbres ou arbres isolés, haies, vergers, potagers, micro-forêts jardinées, jardins, façades, etc.
Près de 9 Bruxellois.e.s sur 10 souhaitent davantage d’espaces dédiés à l’agriculture urbaine et aux potagers
En mai 2022, un sondage visant à collecter des informations sur les comportements, usages, compréhension et ressentis des Bruxellois.e.s par rapport à la « nature » a été effectué à la demande de Bruxelles Environnement (AQrate, 2022). Il en ressort les enseignements suivants concernant la production alimentaire en Région bruxelloise :
- 75% des sondés estiment que la nature en ville est une source de nourriture ;
- 88% des sondés considèrent qu’il faut développer plus d’espace dédiés à l’agriculture urbaine et aux potagers ;
- 85% des sondés soutiennent l’idée de planter davantage d’arbres fruitiers dans les espaces verts, ce pourcentage s’élève à 74% pour les plantations dans les rues et les places publiques ;
- 76% des sondés estiment que les arbres fruitiers favorisent les échanges et les contacts sociaux ;
- Respectivement 74%, 70% et 70% des sondés estiment que les fruits provoquent des glissades ou des salissures, attirent les guêpes, les mouches et les rats et n’osent pas consommer les fruits qui poussent en rue (pollution).
Ces résultats attestent d’un réel intérêt des Bruxellois-e-s pour le développement de l’agriculture, des potagers et fruitiers dans leur ville. Concernant les fruitiers, une part importante des sondés y voit cependant aussi une source de désagréments.
30% de sites potagers en plus entre 2013 et 2018 … mais une surface totale qui diminue de 4%
En 2013, Bruxelles Environnement a réalisé un inventaire des potagers collectifs et familiaux et de leurs caractéristiques. Cet inventaire a été reconduit en 2018, en utilisant une méthodologie pratiquement identique. Il n’a pas été réactualisé depuis. (voir ci-dessous).
Les potagers inventoriés sont les sites potagers susceptibles d’accueillir des jardiniers et les potagers ouverts au public, qu’ils soient officiels (potagers communaux, régionaux, sur terrains privés …) ou officieux (terrains squattés). Les projets professionnels d’agricultures urbaines, les potagers scolaires ou de démonstration ainsi que les potagers privés non accessibles depuis l’espace public ou se trouvant sur une parcelle bâtie ne font pas partie de l’inventaire.
Le tableau ci-dessous établit une comparaison de l’offre en potagers en 2013 et 2018. Des corrections ont été apportées aux données de l’inventaire de 2013 afin de rectifier quelques erreurs qui ont été identifiées et d’assurer une totale cohérence des deux inventaires en ce qui concerne les potagers pris en compte.
En 2018, la superficie brute de potagers collectifs était d’environ 79 ha.
Bon à savoir
En 1959, selon le recensement agricole réalisé par l’Institut national de Statistiques (aujourd’hui Statbel), 309 ha de terres étaient consacrés à l’économie de subsistance et d’autonomie alimentaire dans le territoire qui correspond aujourd’hui à la Région (Zitouni et al., 2018). Dans certaines communes, 5% du territoire était occupé par cette agriculture de subsistance. D’après cette même source, ces chiffres sont probablement sous-estimés et peu comparables à ceux obtenus par l’inventaire de Bruxelles Environnement.
Si la superficie totale des potagers a diminué par rapport à 2013 (-4%), on constate en revanche que leur nombre a sensiblement augmenté (+30%). L’analyse des données montre que cette évolution est à mettre en relation avec une diminution du nombre de sites potagers de grande taille (plus de 5000 m2) accompagnée d’une forte augmentation des sites potagers de taille réduite (inférieurs à 500 m2 voire à 100 m2). La hausse du nombre de potagers a permis de décharger la pression démographique sur les potagers existants (- 20% d’habitants pour un site potager).
La comparaison des données inventoriées montre également qu’en l’espace de 5 ans :
- 129 nouveaux sites potagers ont été créés (il s’agit essentiellement de petits potagers qui ont contribué à améliorer l’offre dans les zones densément bâties);
- 38 sites potagers ont disparu;
- 3 sites potagers sont apparus et ont disparu;
- 13 sites potagers ont vu leur taille augmenter;
- 13 sites potagers ont vu leur taille diminuer.
On constate donc une dynamique rapide de création et disparition des potagers (à ce sujet, voir aussi Zitouni et al. 2018). L’inventaire a aussi permis d’identifier 26 potagers potentiellement menacés, le plus souvent en raison de projets de construction.
Pour plus d’informations : Potagers collectifs et familiaux (2018) : tableau détaillé par commune (surface totale et par hab., nombre de sites, nombre d’hab./site et % de logements sans jardin)
Plus du tiers de la superficie totale des sites de potagers accessibles au public se trouve en zones vertes ou zones agricoles et bénéficie donc d’une certaine protection.
Pour plus d’informations : Répartition de la superficie totale des sites potagers entre les différentes zones du PRAS (2018)
Une offre en potagers très variable selon les communes et les quartiers
Le graphique ci-dessous montre, pour chaque commune bruxelloise, la superficie totale de potagers collectifs et familiaux (2018) ainsi que la superficie de site potager par habitant (2018).
¾ des communes disposent d’une superficie de potagers collectifs <1m2/habitant.e (2018)
Source : Bruxelles Environnement sur base de BRAT 2018
En moyenne, chaque Bruxellois.e a un accès théorique à 0,66 m2 de potager (sur base de la superficie totale du site potager, en ce compris les éventuelles parties non cultivées, et hors jardins privés et écoles). On observe de fortes disparités entre communes : alors que les habitants de Bruxelles (cf. quartiers périphériques tels que Haren et Neder-Over-Hembeek), Evere, Jette, Uccle et Watermael-Boitsfort disposent en moyenne de plus de 1 m2/hab., ceux des communes d’Etterbeek, Saint-Josse et Saint-Gilles disposent de moins de 0,15 m2/hab. Ces communes figurent également parmi celles où la part de ménages ayant accès à un jardin privé est la plus faible.
La carte ci-dessous permet de visualiser de manière plus fine la répartition des sites potagers dans le tissu urbain. Chaque potager est représenté par un cercle d’un rayon de 300 mètres à partir de son centre, cette distance à vol d’oiseau correspondant grosso modo à 5-10 minutes de marche. Cette représentation permet, en première approche, d’identifier des zones de carence concernant l’accès des Bruxellois.e.s à un potager de proximité.
De nombreux et nombreuses Bruxellois.e.s n’ont pas accès à un potager collectif dans leur quartier
Source : Bruxelles Environnement sur base de BRAT 2018
Pour plus d’informations : Localisation et type des potagers collectifs et familiaux (2018)
Malgré un renforcement global du nombre de potagers, il existe toujours des disparités spatiales marquées: de fortes concentrations locales alternent avec des zones non équipées. Si celles-ci s’observent également dans certaines zones moins denses, les zones déficitaires du centre combinent souvent une offre réduite en potagers mais aussi en espaces verts et en jardins privés ainsi que des fortes densités de populations et des faibles revenus moyens par habitant. L’offre en sites potagers de pleine terre et de grande taille est surtout présente dans les zones les moins denses.
1 ménage bruxellois sur 3 cultive des fruits et/ou des légumes mais souvent en très petites quantités
A l’échelle individuelle, 49% des Bruxellois.e.s déclarent cultiver, personnellement ou du fait d’un autre membre du ménage, des plantes aromatiques, fruits et/ou légumes (sondage Good Food, AQrate 2023). Ce pourcentage est de 33% si l’on considère uniquement la production de fruits et légumes. Ces chiffres reflètent des réalités très variables allant de la culture en pots de quelques fruits, légumes et/ou plantes aromatiques à l’exploitation d’un véritable potager.
Environ 4 « producteurs et productrices citoyen.n.e.s » sur 10 cultivent leurs aromates, fruits et/ou légumes dans un jardin
Source : Bruxelles Environnement sur base d’un sondage AQrate 2023
Cette production se fait essentiellement sur des balcons, terrasses, cours ou toits (cité par 51% des « producteurs et productrices citoyen.n.e.s ») et/ou dans des jardins (cité par 42%). Respectivement 13% et 11% des « producteurs et productrices citoyen.n.e.s » ayant répondu au sondage le font dans un potager collectif et/ou dans une parcelle individuelle d’un potager collectif. Notons que pour 6% des « producteurs et productrices citoyen.n.e.s » cette production se fait en dehors de la Région.
La moitié des « producteurs et productrices citoyen.n.e.s » ont une production de légumes très limitée
Source : Bruxelles Environnement sur base d’un sondage AQrate 2023
Près de 2/3 des « producteurs et productrices citoyenn.e.s » ont une production de fruits très limitée
Source : Bruxelles Environnement sur base d’un sondage AQrate 2023
Pour plus de la moitié des répondants, les quantités de légumes et fruits produites ne permettent d’agrémenter que quelques repas.
De plus en plus de parcelles potagères aménagées dans les espaces verts régionaux
La superficie de potagers aménagés dans les espaces régionaux gérés par Bruxelles Environnement s’élève à 3,4 ha en comptabilisant uniquement la superficie nette (c’est-à-dire la superficie cultivable) et à 5,3 ha en tenant également compte des superficies brutes (c’est-à-dire en incluant les chemins, les haies, les pelouses, les tables, etc.). Au total, en 2022, 418 parcelles sont mises à disposition des Bruxellois au niveau de 14 sites régionaux.
Entre 2013 et 2018, la superficie et le nombre de parcelles potagères mises à disposition des Bruxellois.e.s ont respectivement augmenté de 61% et 81%. Ensuite, de 2019 à 2022, le nombre et la superficie des sites potagers collectifs aménagés par Bruxelles Environnement dans les espaces verts régionaux est resté constant. En revanche, le nombre de parcelles aménagées dans les sites s’est accru progressivement, passant de 373 à 418 (+12%). Cette évolution s’inscrit dans le cadre des actions entreprises par la Région pour répondre à la demande grandissante des Bruxellois.e.s de disposer d’un potager. Celle-ci est particulièrement marquée depuis la crise sanitaire du COVID (le nombre d’inscriptions sur la liste d’attente est passé d’environ 300 en 2019 à environ 1400 fin 2021).
Parmi les actions mises en œuvre par Bruxelles Environnement figurent la subdivision des grandes parcelles lorsque celles-ci peuvent accueillir plusieurs cultivateurs ainsi que l’identification et la réattribution rapide des « parcelles dormantes ».
La carte interactive des potagers collectifs et familiaux gérés par Bruxelles Environnement est disponible en ligne. Elle permet de constater que l’offre régionale de potagers est actuellement limitée à 6 communes et que la majeure partie des sites sont localisés en seconde couronne.
Plusieurs (ré)aménagements de potagers sont en projet à Anderlecht et à Uccle ce qui permettra d’augmenter le nombre de parcelles disponibles.
3,4 ha de superficies potagères sont mis à disposition des Bruxellois.e.s dans les espaces verts gérés par Bruxelles Environnement (2022)
Source : Bruxelles Environnement 2023
Lire le texte de transcription
En 1991 seules 15 parcelles potagères (825 m2) étaient aménagées dans les espace verts gérés par Bruxelles Environnement. Elles étaient au nombre de 154 (16.407 m2) en 2001, 191 (21.106 m2) en 2011 et 418 (34.076 m2) en 2022.
418 parcelles potagères sont mises à disposition des Bruxellois dans les espaces verts gérés par Bruxelles Environnement (2022)
Source : Bruxelles Environnement 2023
La réduction de l’offre en potagers observée sur le graphique entre 2003 et 2007 est liée à la découverte de problèmes de pollution des sols au niveau de 2 sites. Ceci a conduit à fermer les potagers concernés jusqu’à ce que leur traitement les rende à nouveau aptes à la culture.
Notons que les objectifs quantitatifs fixés dans la première stratégie Good Food pour 2020 concernant l’accroissement des surfaces de potagers gérés par Bruxelles Environnement et le maintien voire l’accroissement des surfaces de potagers collectifs et familiaux n’ont pas été atteints.
Des actions régionales pour soutenir la pratique du maraîchage
Bruxelles Environnement mène depuis sa création une politique de développement de potagers et ce, via divers outils. Cette politique a été confirmée et renforcée ces dernières années, notamment avec l’adoption de la stratégie Good Food fin 2015. Celle-ci vise à favoriser une transition du système alimentaire bruxellois vers plus de durabilité. L’un de ses axes a pour objectif d’intensifier et soutenir la production agroécologique à Bruxelles et en périphérie en supportant à la fois la production professionnelle et la production citoyenne.
La politique de développement de potagers urbains et de sensibilisation à la production alimentaire citoyenne s’appuie sur plusieurs lignes d’action qui peuvent se résumer comme suit :
- Préserver et augmenter les espaces de production citoyenne gérés par les autorités publiques
Bruxelles Environnement gère actuellement 14 sites potagers. Les potagers y sont gérés dans le respect de l’environnement (via la signature de conventions d’occupation avec les bénéficiaires de parcelles) et en veillant à apporter une dimension sociale et pédagogique aux projets. Un effort particulier a été fourni pour aménager de nouveaux espaces potagers (nouveaux sites ou extension des sites existants) et améliorer les sites existants (plantations de petits fruitiers et plantes aromatiques, accès à l’eau, coffres de rangement, composts collectifs, etc.). L’amélioration de l’offre passe également par une meilleure gestion des sites existants (réaffectation des parcelles abandonnées, vérification du respect des conventions d’occupation, division des trop grandes parcelles, etc.).
Un autre axe vise à soutenir les pouvoirs publics (communes et CPAS) pour préserver et créer des espaces de production dans les espaces verts locaux et dans l’espace (semi)public. Il s’appuie en particulier sur les actions Good Food mises en œuvre dans le cadre de l’appel à projets Action climat. Sur la période 2019-2023, 19 projets de production ont ainsi été soutenus au niveau des communes (3 en 2019, 3 en 2020, 5 en 2021, 5 en 2022 et 3 en 2023).
- Mobiliser les producteurs et productrices (potentiel.l.e.s) et offrir des soutiens pour le développement de projets potagers collectifs par des citoyen.n.e.s
Cette ligne d’action revêt diverses formes :
- information et sensibilisation (information technique et pratique, développement et diffusion de différents outils, visibilisation de projets de production citoyenne, etc.) ;
- soutien et développement d’un réseau de guides potagers (anciennement dénommés maîtres-maraîchers) pour accompagner les producteurs et productrices citoyens (186 bénévoles en 2022) ;
- mise en réseau des projets de potagers citoyens ;
- distribution de kits de graines, etc.
Elle s’appuie également sur l’incitation et l’accompagnement des projets de production collectifs, notamment via l’appel à projets Inspirons le quartier. Sur la période 2019-2023, 48 projets de production alimentaire citoyenne (potagers, poulaillers, vergers, etc.) ont été soutenus (14 en 2019-2020, 13 en 2021, 9 en 2022 et 12 en 2023).
En moyenne chaque année environ une dizaine de nouveaux potagers collectifs se développent via l’appel à projets Inspirons le Quartier. Les écoles sont également très dynamiques dans la mise en place de sites de production. L’ensemble de ces potagers ne perdure cependant pas toujours (reprise des terrains par leur propriétaire, désinvestissement des citoyens, etc.).
Signalons aussi la mise en place d’un service « Facilitateur Agriculture urbaine ». Si celui-ci vise avant tout à soutenir l’agriculture urbaine professionnelle, il peut également aider à la mise en place de projets de production citoyenne tels que, par exemple, l’intégration d’espaces potagers dans un projet immobilier ou dans un projet de revitalisation d’un quartier.
- Développer des projets de production Good Food incluant les publics précaires en collaboration avec des relais locaux
En 2023, Bruxelles Environnement et la Société de Logement Régional Bruxellois (SLRB) ont retenu trois sites pilotes pour la mise en place de projets d'agriculture citoyenne. Cette sélection s’est opérée via un appel à manifestation d'intérêt à destination des SISP (Sociétés Immobilières de Service Public) et des projets de cohésion sociale. Les 3 projets pilotes ont démarré en mars 2023 et bénéficient d’un accompagnement (aspects techniques et participatifs) de Bruxelles Environnement. Des projets de production aux abords des logements sociaux se développent aussi via les appels à projets Plan climat et Inspirons le quartier (voir ci-dessus).
- Assurer une diversification des productions avec une plus-value, dont la promotion des fruitiers
La Région souhaite développer la production fruitière dans les espaces privés et publics. Et ce, en s’appuyant notamment sur les résultats et modèles recommandés par un projet de recherche en voie de finalisation (projet ARBRES, voir encadré ci-dessous). Une formation pilote de « coach fruitiers », soutenue par Bruxelles Environnement, a par ailleurs été organisée en 2023. Ces coachs accompagneront les citoyen·ne·s ainsi que des propriétaires publics et privés pour la plantation et la gestion des fruitiers.
Bon à savoir
Le projet ARBRES 2021-2024 (Arboriculture Régionale Bruxelloise pour une Résilience Écologique et Solidaire) est un projet de recherche-action participative financé par Innoviris (organisme public régional qui finance et soutient la recherche et l’innovation). Son objectif est de déterminer les conditions socio-écologiques d'implantation et de gestion de l'arbre fruitier en Région bruxelloise en tenant notamment compte des problématiques de pollution des sols et de dérèglements climatiques. Le projet vise également à examiner comment le fruitier peut participer à la résilience du système alimentaire bruxellois, de manière équitable et solidaire. Il s’appuie entre autres sur les résultats d’expérimentations in situ réalisées en collaboration avec des administrations publiques et des associations.
Parallèlement au projet ARBRES, 3 pépinières citoyennes ont vu le jour à Bruxelles (Uccle en 2019, Forest et Ganshoren en 2022). Ces projets participatifs visent à remettre des arbres et arbustes fruitiers dans les espaces publics et communs bruxellois et à créer des espaces de formation à la gestion des fruitiers.
A télécharger
Fiche documentée
Fiche de l’Etat de l’Environnement
- Focus : Good food : agriculture professionnelle en Région bruxelloise 2024
- Les espaces verts gérés par Bruxelles Environnement 2023
Autres publications de Bruxelles Environnement
- « Evaluation finale de la stratégie Good food – synthèse des réalisations et performances de la stratégie 2016-2020 », 2021 (document réalisé en collaboration avec Bruxelles Economie Emploi)
- Carte « Potagers de Bruxelles-Environnement »
Etudes et rapports
- AQRATE 2023. « Baseline Stratégie Good food 2 », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 138 pp. (.pdf)
- AQRATE 2022. « Baromètre Nature 2022 », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 111 pp. (.pdf)
- BRAT 2018. « Evolution du nombre et de la superficie des potagers en Région bruxelloise entre 2013 et 2018 », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 28 pp. (.pdf)
- BRAT, ECO-INNOVATION, BGI 2013. « Evaluation du potentiel maraîcher en Région de Bruxelles-Capitale (phase I) – Identification des références d’agriculture urbaine pertinentes au regard du contexte bruxellois », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 70 pp. (.pdf)
- BRAT, ECO-INNOVATION, BGI 2013. « Evaluation du potentiel maraîcher en Région de Bruxelles-Capitale (phase II) – Inventaire des sites d’agriculture urbaine existants en Région bruxelloise », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 46 pp. (.pdf)
- BRAT, ECO-INNOVATION, BGI 2013. « Evaluation du potentiel maraîcher en Région de Bruxelles-Capitale (phase III) », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 23 pp. (.pdf)
- CHARPENTIER, A., DE MUYNCK, S., LACROIX, P., MAUQUOY, C., PIETERS, C., ET TAHON, N. 2024. « ARBRES – L’arbre fruitier comme levier de résilience du système alimentaire bruxellois », Rapport de recherche Innoviris Co-Create (2021-2024), 56 pp. (.pdf)
- DEDICATED RESEARCH 2011. « Les maraîchages urbains, écologiques: freins, leviers à la réalisation et état des lieux – phase quantitative », enquête téléphonique réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 61 pp. (.pdf)
- DEDICATED RESEARCH 2011. « Les maraîchages urbains, écologiques: freins, leviers à la réalisation et état des lieux – phase qualitative », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 61 pp. (.ppt)
- GREENLOOP 2013. « Etude sur la viabilité des business modèles en agriculture urbaine dans les pays du Nord », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement , 72 pp. (.pdf)
- LATERAL THINKING FACTORY 2013. « Indoor farming en RBC », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 77 pp. (en anglais uniquement) (.pdf)
- SONECOM 2015. « Sondage sur le comportement des ménages en matière d’achat et d’utilisation de pesticides dans la Région de Bruxelles-Capitale et dans les zones de captage », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 79 pp. (.pdf)
- SONECOM 2018. « Réalisation d'un sondage d'évaluation à mi-parcours de la stratégie auprès de la population en Région de Bruxelles-Capitale », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 54 pp. (.pdf)
- TERRE EN VUE 2017. « Cartographie des terres agricoles et des terres potentiellement utilisables pour l’agriculture en Région de Bruxelles-Capitale », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Economie et Emploi, 11 pp.
- VERDONCK M., TAYMANS M., CHAPELLE G., DARTEVELLE G., ZAOUI C. 2012, révision en 2014. « Système d’alimentation durable – Potentiel d’emplois en Région de Bruxelles-Capitale », étude réalisée par le Centre d’études régionales bruxelloises (FUSL) et GREENLOOP pour le compte de Bruxelles Environnement, 88 pp. + annexes. (.pdf)
- ZITOUNI B., CAHN L., DELIGNE C., PONS-ROTBARDT N., PRIGNOT N. et. al. 2018. « Terres des villes: enquêtes potagères de Bruxelles aux premières saisons du 21e siècle », éditions de l'éclat : Paris, 320 pages (.pdf)
Plan et programme
La stratégie "Good food" en milieu scolaire
Focus - Actualisation : janvier 2018
La stratégie « Good food » adoptée fin 2015 par la Région bruxelloise vise à assurer une transition vers un système d’alimentation plus durable. Elle répond tant à des enjeux environnementaux et climatiques qu’à des enjeux de santé publique, socio-économiques (y compris en terme de création d’emplois) et sociétaux. Les établissements scolaires constituent un des leviers majeur pour accompagner cette transition. Les actions qui y sont menées permettent en effet de sensibiliser les jeunes générations et de lutter contre un gaspillage alimentaire important. De nombreuses actions de la stratégie visent dès lors la mobilisation des acteurs scolaires et des crèches via le renforcement de l’offre pédagogique et le soutien à l’amélioration des pratiques de gestion liées à l’alimentation durable, aux potagers et aux cantines « Good food ». Depuis son lancement, la stratégie « Good food » s’est notamment traduite par :
- La labellisation « Good food » de 2 crèches, 2 écoles et 1 université (établissements qui au total servent de l’ordre de 3.370 repas chaque jour) et l’accompagnement dans le processus de labellisation de 8 crèches, 2 écoles et 1 haute école (totalisant environ 1.240 repas/jour) (situation 2017) ;
- La mise en place de 58 projets potagers scolaires à l’issue de l’année académique 2016-2017 et l’accompagnement (en cours) de 24 projets potagers scolaires qui devraient aboutir à la création de potagers à la fin de l’année scolaire 2017-2018 ;
- La réalisation de 20 autres projets en lien avec l’alimentation durable portant entre autres sur l’alimentation végétarienne et le gaspillage alimentaire (années académiques 2016-2017 et 2017-2018) ;
- Une centaine d’animations en alimentation durable dans les classes et de formations d’encadrants scolaires.
L’alimentation, un enjeu environnemental et sociétal majeur
Les pratiques majoritaires actuelles de production, transformation, conditionnement, distribution et consommation d’aliments participent largement à l’épuisement et à la pollution des ressources, aux émissions de gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3). ainsi qu’à l’érosion de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). ( focus : Impact de l’alimentation sur l’environnement ). Ainsi par exemple, selon l’AEE [2017], la quantité d’énergie nécessaire pour cultiver, transformer, emballer et transporter la nourriture jusqu’aux consommateurs européens correspond à environ 26% de la consommation finale d’énergie dans l’Union européenne.
Outre ces enjeux environnementaux et climatiques, l’alimentation est également au cœur de défis :
- sanitaires : risques liés à l’utilisation de pesticides (agriculteurs et riverains) ou à la consommation de certains aliments (contaminations accidentelles, résidus de pesticides ou antibiotiques, etc.), mauvaises habitudes alimentaires (entre autres, régimes alimentaires trop caloriques et déséquilibrés), malnutrition et sous-nutrition, etc. ;
- socio-économiques : coût de l’alimentation difficile à assumer pour les ménages les plus pauvres, situation économique précaire pour de nombreux acteurs du système alimentaire (agriculteurs mais aussi, par exemple, magasins de vente au détail), diminution sensible de l’emploi dans le secteur agricole, surproduction et gaspillage, etc. ;
- éthiques : concurrence des cultures d’exportation avec des productions locales, rémunération insuffisante de certains acteurs du système alimentaire (agriculteurs en particulier), conditions d’élevage et d’abattage du bétail, surconsommation de viande (production fortement consommatrice de terres et polluante), gaspillage alimentaire, etc. ;
- culturels et sociétaux : perte de paysages et de traditions agricoles, uniformisation des produits alimentaires et des modes de consommation, perte de liens entre les producteurs et consommateurs, etc.
La stratégie Good food
La stratégie Good food « Vers un système d’alimentation durable en Région de Bruxelles-Capitale » a été adoptée par le gouvernement bruxellois en décembre 2015 pour la période 2016-2020. Elle vise à répondre de manière coordonnée aux enjeux de santé, qualité et impacts environnementaux liés à l’alimentation ainsi que de développement de l’économie locale et de l’emploi. Au-delà de ces enjeux, l’essor de l’agriculture urbaine sous toutes ses formes (fermes urbaines, potagers individuels ou collectifs, vergers, etc.) est également susceptible d’avoir des impacts positifs sur la biodiversité locale, la gestion des eaux pluviales, la qualité de vie et la santé des citadins (bienfaits physiques et psychologiques liés aux activités de production agricole, lieux de convivialité, de création de liens sociaux et d’apprentissages collectifs, rafraîchissement de l’air en période estivale, maintien d’espaces verts et verdurisationActe volontaire visant à réintroduire de la végétation dans des zones qui en sont dépourvues. du paysage, accès à une nourriture de qualité, etc.) ou encore, l’éducation à l’environnement et à l’alimentation durable. Cette stratégie affiche une double ambition : il s’agit d’une part de « mieux produire », c’est-à-dire de cultiver et transformer localement des aliments sains et respectueux de l’environnement, et d’autre part, de « bien manger » c’est-à-dire de rendre accessible à tous une alimentation savoureuse et équilibrée, composée d’un maximum de produits locaux.
Elle s’appuie sur 7 axes stratégiques, à savoir :
- augmenter la production alimentaire locale et durable (tant celle destinée à la commercialisation que celle destinée à l’autoconsommation) ;
- accompagner la relocalisation et la transition d'une offre durable pour tous ;
- accompagner la transition de la demande pour tous ;
- développer une culture alimentaire « Good Food » durable et désirable ;
- réduire le gaspillage alimentaire ;
- penser et favoriser les systèmes alimentaires de demain ;
- assurer la gouvernance de la mise en œuvre de la stratégie.
Ces différents axes se déclinent en une quinzaine d’actions telles que la promotion de l’autoproduction durable, l’accélération de la transition des cantines et restaurants, l’accompagnement des citoyens et des familles ou encore, la valorisationToute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en remplaçant d’autres matières qui auraient été utilisées à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, dans l’usine ou dans l’ensemble de l’économie. des invendus alimentaires.
Les objectifs prioritaires de la stratégie sont de :
- développer la production alimentaire locale (Bruxelles et sa périphérie) en encourageant l’innovation, pour atteindre une autonomie de 30% en fruits et légumes à l’horizon de 2035 ;
- sensibiliser et impliquer des citoyens dès le plus jeune âge ;
- réduire le gaspillage alimentaire de 30% d’ici à 2020 ;
- développer les actions en tenant compte des spécificités sociales et multiculturelles de la Région.
Les établissements scolaires, un levier de la stratégie « Good food »
La sensibilisation et l’implication des jeunes générations s’avèrent indispensables pour accompagner cette transition. Avec une population scolaire de près de 340.000 élèves tous niveaux confondus, (année académique 2013-2014) et 652 établissements de niveau fondamental et secondaire (année académique 2014-2015) [IBSA 2017], les écoles et universités constituent à cet égard des acteurs incontournables tant au niveau pédagogique qu’au niveau de la gestion des cantines scolaires. En matière de cantines destinées aux plus jeunes, les cantines des crèches constituent également une cible. La Région comptait à cet égard environ 536 crèches en 2016 [estimation BE – département Consommation durableUtilisation de services et de produits qui répondent à des besoins essentiels et contribuent à améliorer la qualité de la vie, tout en réduisant au minimum les quantités de ressources naturelles et de matières toxiques utilisées, ainsi que les quantités de déchets de polluants tout au long du cycle de vie du service ou du produit, de sorte que les besoins des générations futures puissent être satisfaits., sur base de différentes sources]. De nombreuses actions de la stratégie visent dès lors la mobilisation des acteurs scolaires et des crèches via le renforcement de l’offre pédagogique et du soutien relatifs à l’alimentation durable, aux potagers et aux cantines « Good food ».
Les cantines « Good food » en milieu scolaire
Les cantines scolaires et les crèches constituent un levier important de transition du système alimentaire bruxellois vers plus de durabilité. Les actions qui y sont menées permettent en effet de sensibiliser les jeunes générations et représentent des quantités importantes comme l’illustrent les chiffres suivants :
- De l’ordre de 50% des enfants et jeunes scolarisés (incluant les crèches) en Région bruxelloise fréquentent la cantine de leur école [e. a. IPSOS 2014 : 47% et SONECOM 2013 : 46%]. Cette fréquentation diminue avec l’âge des enfants: 85% à la crèche, 65% en maternelle, 56% en primaire, 33% en secondaire et 25% en supérieur [IPSOS 2014] ;
- 74% des écoles fondamentales et secondaires proposent des repas chauds et 61% présentent, à des fréquences variables (le plus souvent une fois par semaine), un repas végétarien [SONECOM 2016] ;
- Environ 12 millions de repas sont servis chaque année dans les cantines des écoles et crèches bruxelloises [Food in Mind 2012];
- Le gaspillage alimentaire dans les écoles maternelles et primaires a été évalué à 6,4 kg/élève/an en moyenne, avec de grandes variations selon les établissements [RDC Environnement 2004]. Par ailleurs, des audits menés dans le cadre du projet européen Green Cook (2010-2012) dans 5 écoles ont évalué ce gaspillage à 8 kg/élève/an, avec également des résultats très contrastés d’une école à l’autre. Ce projet a par ailleurs mis en évidence un potentiel important de réduction des pertes. En particulier, un projet de réorganisation d’une cantine et des repas mené en collaboration avec la société de catering a permis de faire passer le gaspillage de 40% à 20% (nourriture non servie et retour d’assiettes).
La stratégie Good food a fixé des objectifs quantitatifs relatifs aux cantines à atteindre en 2020 :
- Proposition d’au moins un menu végétarien par semaine dans 50% des cantines scolaires ;
- Engagement de 10% des cantines dans une démarche « Good food » ;
- Réduction de 40% du gaspillage alimentaire des cantines publiques ;
- Mise en place d'au moins une action « Good food » par 100% des cantines publiques ;
- Imposition, au contractant, d'un ou plusieurs critères de durabilité par 100% des cantines publiques qui externalisent la gestion de leur cantine (veggieSont considérés comme veggie : les plats qui ne contiennent ni viande (poulet compris) ni poisson et qui comprennent au minimum 1 protéine végétale et 3 légumes différents., produits de saison, mesures contre le gaspillage...).
Un ensemble d’outils ont été développés pour accompagner les gestionnaires de cantines, notamment des écoles et crèches, dans l’amélioration de la durabilité des repas qu’ils proposent (gestion des stocks, valorisation des déchets, composition des menus, lutte contre le gaspillage, etc.). Il s’agit entre autres de formations théoriques et pratiques à la carte, de mise à disposition d’un helpdesk gratuit ainsi que d’outils (guides, modèle de cahier spécial des charges avec des clauses de durabilité, supports d’évaluation, brochures, affiches, vidéos, etc.). Entre le lancement du programme « Cantines durables » en 2008 et fin 2015, 12 crèches et 17 écoles ont bénéficié de ce dispositif.
Depuis 2016, le programme a été rebaptisé « Good food » et prend la forme d’un accompagnement dans une démarche de labellisation. Ce processus de labellisation, mis en place en 2016, permet à la fois de récompenser les efforts de cantines menant des actions « Good food » et de donner une visibilité au concept auprès du public. Depuis le lancement du processus, 2 crèches, 2 écoles et 1 université ont été labellisées (situation 2017). Ces cantines servent au total chaque jour environ 3.370 repas. En 2017, 8 crèches, 2 écoles et 1 haute école (totalisant environ 1.240 repas/jour) bénéficient d’un accompagnement pour obtenir le label.
L’offre pédagogique destinée aux écoles en lien avec l’alimentation durable
L’offre pédagogique de Bruxelles Environnement en matière d’alimentation durable à destination des écoles s’est développée à partir de 2009 et connaît depuis un vif succès. Elle est :
- soit intégrée à une offre transversale multi-thèmes qui se fait par différents biais : associations actives dans le domaine de l’éducation relative à l’environnement, service « facilitateur Ecoles » qui accompagne les écoles dans leur gestion environnementale (déchets, énergie, eau, etc.), mise en réseau des écoles actives en matière d’environnement (Bubble), accompagnement des écoles qui développent une démarche durable et souhaitent obtenir le label international « Eco-school » ou encore, outils pédagogiques transversaux (empreinte écologiqueMesure de la pression exercée par l'homme sur son environnement. Cet outil évalue la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins en absorption de déchets. L'empreinte écologique est exprimée en hectares. par ex.) ;
- soit spécifique à la thématique : cycles d’animation « alimentation durable », encadrement d’écoles ayant répondu à un appel à projet « alimentation durable » (projet élaboré par l’école ou, depuis l’année scolaire 2017-2018, projet « clés en main » autour de l’alimentation végétarienne, du gaspillage alimentaire ou des coins potagers), formations destinées aux enseignants (2 modules « alimentation durable » depuis 2014) ou encore, outils pédagogiques centrés sur l’alimentation durable (dossiers ou malles pédagogiques, info-fiches, recettes, jeux, affiches, projections de films ou pièces de théâtre),
La stratégie « Good food » s’est fixé comme objectif que, d’ici à 2020, 10% des élèves bruxellois bénéficient d’une activité pédagogique en lien avec l’alimentation durable chaque année.
Au cours de la période 2011-2015 (soit 5 années scolaires), 70 projets en lien avec l’alimentation durable ou les potagers ont été développés dans des écoles via des appels à projet. La majeure partie d’entre eux concernait des projets potagers. Des subsides ont également permis de financer 15 projets potagers (Jardin des couleurs).
Avec le lancement de la stratégie « Good food », l’offre pédagogique en alimentation durable a été renforcée pour les années scolaires 2016-2017 et 2017-2018. Au cours de ces 2 années, les activités suivantes ont ainsi été réalisées :
- 58 potagers ont été mis en place à l’issue de l’année scolaire 2016-2017 (appel à projet) et 24 projets clés en main « coin potagers » étaient en cours en 2017-2018 ;
- 9 projets alimentation durable autres que potagers (appels à projet libre) ;
- 11 projets « clés en main » (sur l’alimentation végétarienne ou le gaspillage) ;
- 99 animations en alimentation durable dans des classes ;
- des formations en alimentation durable ou potagers destinés aux encadrants scolaires ayant rassemblé au total 90 participants en 2016-2017.
Le potager scolaire, un outil pédagogique au service d’apprentissages multiples
Dans le cadre de la stratégie « Good food », un accent important est mis sur les projets de potagers scolaires qui sont considérés comme une porte d’entrée de sensibilisation à l’alimentation durable. Outre le thème de l’alimentation durable (culture respectueuse de l’environnement et de la santé, qualité de l’alimentation, pyramide alimentaire, relations Nord-Sud, etc.), les potagers scolaires offrent également la possibilité d’aborder de nombreuses autres matières ou sujets en lien avec les programmes scolaires (botanique, écologie, géométrie, géographie, etc.). L’aménagement et l’entretien du potager permettent en outre aux enfants ou jeunes de pratiquer collectivement une activité physique et manuelle à l’extérieur, de se reconnecter avec la nature, de tisser des liens et collaborer, etc.
Un inventaire des potagers scolaires a été réalisé début 2016 auprès des établissements scolaires de la Région bruxelloise, haute-écoles et universités comprises [Sonecom 2016]. Les données collectées auprès des 281 établissements ayant répondu ont notamment permis d’établir, sur base d’extrapolations, que :
- Environ 37% des établissements scolaires entretiennent un potager (en bac ou de pleine terre) ou un verger, ce qui conduit à une estimation de 268 écoles (dont près de trois quart sont des écoles fondamentales) ;
- Environ 80% de ces potagers ont été créés après 2010 ;
- Parmi les établissements scolaires n’entretenant pas de potagers ou de vergers, environ un quart en ont déjà entretenu par le passé et moins de 30% envisagent un tel projet ;
- Les raisons invoquées pour l’absence de projet de potagers sont tout d’abord le manque de place, viennent ensuite le manque de temps ou de personnel.
La stratégie « Good food » s’est fixé comme objectif quantitatif que, d’ici 2020, 10 nouveaux potagers scolaires bénéficient d’un accompagnement chaque année. Le suivi des potagers soutenus les années précédentes doit par ailleurs se poursuivre en veillant à ce que le projet soit réellement intégré dans les activités de l’école.
Comme explicité ci-dessus, depuis 2011, les appels à projets « alimentation durable » ou des subsides ont permis à plusieurs dizaines d’écoles de mettre sur pied des projets potagers. Dans le cadre de la stratégie Good food et pour répondre aux demandes très importantes des écoles, l’offre de soutien aux potagers scolaires a été revue et élargie à partir de l’année scolaire 2016-2017. Elle comprend actuellement :
- des formations d’initiation au maraîchage ainsi que des formations thématiques (sur les sols par ex.) (80 participants en 2016-2017, 68 pour le premier trimestre 2017-2018);
- l’accompagnement de projets potagers (voir données ci-dessus);
- un soutien financier des projets ;
- une newsletter sur les travaux à faire dans les potagers.
De nombreux documents relatifs à la création, gestion et exploitation pédagogique des potagers sont également disponibles sur le site web de Bruxelles Environnement.
Programme « fruits, légumes et produits laitiers à l’école »
Le programme « Fruits, légumes et produits laitiers à l’école », cofinancé par la Région et l’Union européenne (programme « School Scheme »), s’inscrit dans le cadre de la stratégie Good food. Il s’adresse aux écoles bruxelloises fondamentales et de l'enseignement secondaire spécialisé ainsi qu’aux fournisseurs de fruits et légumes frais ou de produits laitiers naturels. Il consiste en des aides pour la distribution gratuite de fruits, légumes, lait et produits laitiers aux élèves des écoles participant à ce programme ainsi que pour la mise en œuvre de mesures éducatives d'accompagnement (informations sur les filières alimentaires locales et sur la lutte contre le gaspillage des aliments entre autres).
Pour l’année académique 2016-2017, 167 écoles (comptabilisant un total d’environ 34.628 élèves) ont bénéficié de ce programme ce qui constitue une nette progression par rapport aux années précédentes (87 écoles inscrites pour environ 11.436 élèves en 2013-2014).
A télécharger
Autres publications de Bruxelles Environnement
- Info-fiche « Alimentation durable dans les collectivités - Programme « cantines durables » », 2015 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation et environnement - Perceptions, connaissances et comportements des Bruxellois en matière d'alimentation durable : Sondages et analyses », 2015 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation et environnement - Les futurs enseignants et l'alimentation durable : Haute Ecole Francisco Ferrer”, 2015 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation et environnement - L'alimentation durable se raconte/ : Cap Famille ASBL – Service Ecole des devoirs », 2014 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation durable dans les collectivités - Vrije Universiteit Brussel», 2013 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation durable dans les collectivités - Ecole Decroly », 2013 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation durable dans les collectivités - International school of Brussel», 2013 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation durable dans les collectivités - Ecoles communales de Watermael Boitsfort et TCO Service », 2013 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation durable dans les collectivités - Crèche communale Prince Baudouin», 2013 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation et environnement - Un potager dans la cour de l'école : Écoles maternelle n° 2 de Schaerbeek & Arc-en-ciel », 2013 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation et environnement - Mini-Entreprise durable à l'école : Groupe One», 2013 (.pdf)
- Info-fiche « Alimentation et environnement - Les petits écoliers durables : Écoles Saint-Augustin & Tamaris», 2013 (.pdf)
Etudes et rapports
- AGENCE EUROPEENNE DE L’ENVIRONNEMENT 2017. “Food in a green light – A systems approach to sustainable food », 60 pp., Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg (.pdf) (anglais uniquement)
- FOOD IN MIND 2012. « Verdeling van aantal kantines en maaltijden in het Brussels Hoofdstedelijk Gewest en het beheer ervan”, étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement
- IPSOS PUBLIC AFFAIRS 2014. « Baromètre environnemental de la Région de Bruxelles-Capitale – résultats 2014 », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 112 pp. (.pdf)
- RDC Environnement 2004. « Analyse de la poubelle des écoles primaires et maternelles en Région de Bruxelles-Capitale », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement.
- SONECOM 2016. « Inventaire des potagers scolaires en Région de Bruxelles-Capitale », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 21 pp. (pdf)
- SONECOM 2013. « Baromètre de comportements de la population en matière d’environnement et d’énergie en Région de Bruxelles-Capitale – Résultats 2012 », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 57 pp. (.pdf)
Plan et programme
- BRUXELLES ENVIRONNEMENT & BRUXELLES ECONOMIE ET EMPLOI « Stratégie Good Food « Vers un système alimentaire durable en Région de Bruxelles-Capitale » : De la fourche à la fourchette », 2015 (.pdf)
Liens utiles
Impact de l'alimentation sur l'environnement
Focus - Actualisation : décembre 2011
Contexte
L’alimentation se trouve au cœur de défis environnementaux, sociétaux, économiques, culturels, de santé publique, de relations Nord-Sud et de patrimoine. L’accord de gouvernement 2009-2014 de la Région de Bruxelles-Capitale souligne que "le Gouvernement visera à faire de Bruxelles un exemple en matière d'alimentation durable. […] Pour y arriver il développera un plan stratégique visant à développer l'alimentation durable et l'agriculture urbaine durable à Bruxelles". Le défi consiste à stimuler une alimentation durable pour atteindre les objectifs en terme de santé publique, de bien-être et de qualité environnementale.
Impact environnemental de nos habitudes de consommation alimentaire
L’impact environnemental de nos habitudes de consommation alimentaire est principalement d’ordre indirect et ce tout au long de la durée de vie de nos produits alimentaires :
La production de nos aliments nécessite une importante consommation d’eau, de matières premières (pour la production d’engrais et pesticides notamment) et d’énergie (pour le chauffage des serres, le travail de la terre, la production d’engrais et pesticides,…). Nos modes de production alimentaire entrainent également dans de nombreux cas une érosion des terres, de la déforestation, une perte de biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). liée à d’importantes surfaces de monocultures, une surproduction de lisiers (impactant la qualité des eaux souterraines) et de méthane (contribuant au changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc.), une baisse importante des populations de poissons liée à la surpêche de certaines espèces. La production alimentaire primaire est réduite en Région de Bruxelles-Capitale.
En 2010, la Région comptait 268 ha de surfaces agricoles (65% de champs et 35% de prairies) [Statbel, 2011]. Un recensement effectué en 2004 révèle que la Région Bruxelloise compte 23,16 ha de jardins potagers sur terrains publics, soit 1122 parcelles [Bingen, 2004]. Actuellement Bruxelles-Environnement gère 190 parcelles dans 8 potagers, soit une superficie totale de 2ha, représentant 0,1% des espaces verts gérés par la Région. Ces parcelles sont mises à disposition de ménages bruxellois au moyen de contrats. Une dizaine d’écoles ont également aménagé un potager. Par ailleurs, une enquête téléphonique réalisée en juillet 2011 révèle que 85% des Bruxellois ont accès à un jardin ou une terrasse et que 19% des Bruxellois réalisent du maraîchage urbain (dans un jardin, sur un balcon, sur une toiture plate, …) et ce sans utiliser de pesticides ou d’engrais chimiques (dans presque tous les cas).
Environ 80% de l’alimentation consommée fait l’objet d’une transformation par l’industrie agroalimentaire, qui est le troisième secteur industriel en Belgique. Cette transformation et le conditionnement des aliments sont également responsables de nombreux impacts environnementaux, en fonction du type de transformation, du moyen de conservation, de l’emballage, … La Région de Bruxelles-Capitale compte environ 600 entreprises agroalimentaires, dont la majorité sont des PME’s ou des petits ateliers.
Le transport de nos aliments est également responsable d’une importante part de leur impact sur l’environnement. En effet, nos aliments doivent être transportés du lieu de production, vers le lieu de transformation ou de conditionnement, ensuite vers le lieu de distribution et enfin vers le lieu de consommation. L’impact du transport des aliments est fonction de la distance, du mode de transport et du taux de remplissage.
La distribution des produits alimentaires implique également une consommation d’énergie liée à l’éclairage, à la réfrigération, au chauffage etc. À Bruxelles, en 2007, les produits alimentaires sont principalement distribués par le secteur de la grande et moyenne distribution qui représente 92% du marché alimentaire [Nielsen, 2008].
Enfin, la consommation sensu stricto du produit impacte également notre environnement, en fonction du mode et du temps de cuisson, de la conservation de l’aliment (réfrigérateur, congélateur), du gaspillage alimentaire, du tri des déchets, ...
Quantification de cet impact
Différentes études se sont attachées à quantifier les impacts de notre consommation alimentaire, en prenant en compte les impacts liés à l’ensemble du cycle de vie de nos aliments (production, transformation et conditionnement, transport, distribution, consommation, élimination en tant que déchet). L’étude européenne EIPRO [DG JCR, 2006] a quantifié l’impact environnemental des produits dans l’UE des 25, et ce en prenant en compte l’ensemble de leur cycle de vie, et selon les différents domaines fonctionnels de consommation (définition COICOP de l’ONU). Selon cette étude, l’alimentation et les boissons sont responsables pour 20 à 30% des différents impacts environnementaux liés à la consommation dans l’UE des 25. Si l’on considère l’eutrophisationApport excessif d'éléments nutritifs dans les eaux, entraînant une prolifération végétale, un appauvrissement en oxygène et un déséquilibre de l'écosystème., notre consommation alimentaire (y compris boissons) est responsable de 60% des phénomènes d’eutrophisation rencontrés. Le détail de ces résultats est présenté dans la Figure ci-dessous.
Contribution des différents domaines fonctionnels de consommation aux différents impacts environnementaux observés dans l’UE des 25.
Source : Environmental Impact of Product (EIPRO) : Analysis of the life cycle environmental impacts related to the final consumption of the EU-25, European Commission (DG JRC), 2006.
Par ailleurs, en 2004, Bruxelles-Environnement a fait réaliser une étude visant à quantifier "l’empreinte écologiqueMesure de la pression exercée par l'homme sur son environnement. Cet outil évalue la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins en absorption de déchets. L'empreinte écologique est exprimée en hectares. des habitants de la Région de Bruxelles-Capitale". Selon cette étude, en 2001, l’empreinte alimentaire moyenne d’un Bruxellois s’élevait à 23% de son empreinte totale.
Aspects sociaux et économiques de l'alimentation durable
Notons toutefois que l’alimentation durable ne limite pas le champ d’étude aux impacts environnementaux, mais intègre également des aspects sociaux et économiques. La Région de Bruxelles-Capitale n’a pas établi de définition propre pour l’alimentation durable, mais il est fait référence à la définition proposée par le RABAD (Réseau Bruxellois pour l’Alimentation Durable). Selon le RABAD l’alimentation durable intègre les dimensions suivantes :
- L'accès à une alimentation de qualité pour tous, au niveau planétaire, c’est à dire à une alimentation diversifiée, saine et équilibrée qui répond aux besoins vitaux et contribue au bien-être et à la santé.
- Le droit à la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire le droit des Etats à définir leurs propres politiques et stratégies de production alimentaire durable, et de consommation, sans dumping vis-à-vis des pays tiers.
- Des impacts environnementaux réduits tout au long du cycle de vie, du champ à la fourchette et réduction de l’empreinte écologique des modes alimentaires; les méthodes de production doivent permettre une conservation optimale de la fertilité des sols et de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)., veiller au respect et bien-être des animaux d’élevage et ne pas avoir recours aux organismes génétiquement modifiés.
- La consommation de produits locaux et de saison.
- Le respect des droits sociaux et humains tout au long des chaînes de production et de distribution.
- Le commerce équitable et un juste prix pour le producteur, au Nord comme au Sud.
- La transparence des pratiques, la visibilité et la traçabilité, l'information des consommateurs.
- Le maintien et le développement d'entreprises paysannes et artisanales locales, de circuits courts et le développement de relations de confiance entre producteurs et consommateurs.
- La diffusion et l'échange des cultures culinaires, la transmission des savoirs traditionnels et la promotion de la créativité, la découverte des goûts et des saveurs.
- La création de liens sociaux et conviviaux par la nourriture.
Afin d’entrainer une conversion progressive de l’ensemble du système alimentaire bruxellois, différentes actions sont mises en œuvre par la Région de Bruxelles-Capitale :
- des projets sont mis en place (comme le projet "Cantines Durables", qui a pour but d’accompagner les cantines collectives (écoles, maisons de repos, entreprises, administrations, etc. ) qui veulent effectuer la transition vers une alimentation durable ; le projet Greencook, cofinancé par le fonds INTERREG IVB, 2010-2013, a pour objet de limiter le gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne alimentaire ; les projets de mise en place de potagers collectifs via les appels à projets "Potagers collectifs", "Quartiers Durables", "Quartiers Verts" et également via les "contrats de Quartiers Durables"; ou l'appel à projets "alimentation durable", lancé mi-2011 auprès d’acteurs variés de terrain) ;
- des initiatives sont soutenues (comme la campagne Jeudi ''VeggieSont considérés comme veggie : les plats qui ne contiennent ni viande (poulet compris) ni poisson et qui comprennent au minimum 1 protéine végétale et 3 légumes différents.'' ou l’action "Goûter Bruxelles", qui est organisé par Karikol, l’association Slow Food de Bruxelles).
- de nombreuses campagnes de sensibilisation sont menées à l’attention du grand public.
- des associations actives dans le domaine sont soutenues voire subsidiées (comme le Rabad (Réseau des acteurs bruxellois pour une alimentation durable), le réseau des GASAP (Groupe d’Achat Solidaire de l’Agriculture Paysanne) bruxellois).