Performance du bâti
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La certification des performances énergétiques des bâtiments (PEB)
Focus - Actualisation : août 2025
Plus de 407.000 certificats PEB ont été établis en RBC depuis 2011. Un peu plus de 278.000 de ces certificats étaient valides au 1er janvier 2025, ce qui représente 44% des habitations individuelles bruxelloises.
Parmi ceux-ci, près de 57% placent l’habitation individuelle dans une classe énergétique supérieure ou égale à E (objectif « PEB 275 »). Avec des différences notables selon le type d’habitation.
Apprenez-en plus, et découvrez pourquoi ces résultats sont à interpréter avec prudence…
La consommation énergétique des bâtiments représente de l’ordre de 73% de la consommation totale d’énergie en RBC, et 55% des émissions directes de GES. Pour pouvoir atteindre les objectifs relatifs à la réduction des émissions de CO2, il est dès lors essentiel de disposer d’outils axés sur la consommation d’énergie et les performances énergétiques des bâtiments.
La règlementation PEB pour la réduction de la consommation d’énergie
En RBC, la règlementation concernant la performance énergétique d’un bâtiment (PEB) s’articule autour d'une ordonnance (Ordonnance du 2 mai 2013 portant le Code bruxellois de l’Air, du Climat et de la Maîtrise de l'Énergie et ses modifications, dont en 2024 ; elle transpose les directives européennes sur le sujet). Celle-ci vise la réduction de la consommation d'énergie primaireÉnergie directement prélevée à la planète (pétrole, gaz, uranium, charbon, etc.) qui permet, après transformation, d'obtenir une énergie utilisable dans par exemple un bâtiment (gaz, électricité, mazout, etc.). et des émissions de CO2 liées à l’exploitation de bâtiments, sans perte de confort pour les utilisateurs. Différents arrêtés ministériels et arrêtés d'exécution en précisent la mise en œuvre.
Pour les logements individuels, cette règlementation impose :
- un certificat PEBDocument qui présente les indicateurs de performance énergétique d'un bien. Il indique également les objectifs PEB à atteindre et le respect ou non des exigences PEB en cas de travaux. Il propose des recommandations de travaux pour améliorer la performance énergétique. obligatoire,
- des objectifs PEB à atteindre,
- des exigences PEBEnsemble des conditions auxquelles doit répondre un bien et/ou une installation technique en matière de performance énergétique, d'isolation thermique, de climat intérieur, de ventilation, de vecteur énergétique utilisé ou de potentiel de réchauffement planétaire. à respecter en cas de construction ou de travaux soumis à permis d’urbanisme,
- des exigences PEB concernant les installations techniques (chauffage et climatisation).
Le certificat PEB permet aux propriétaires et aux (candidats) locataires et acheteurs d’avoir des informations sur la performance énergétique d’un bien immobilier et de la comparer à d’autres propriétés. En effet, depuis 2011, chaque logement (de 18m² ou plus) mis en vente ou en location, doit disposer d’un certificat PEB mentionnant ces informations. La réglementation prévoit maintenant sa généralisation à tous les logements, y compris ceux occupés par leur propriétaire. Ce certificat PEB a une durée de validité de 10 ans, pour autant que les caractéristiques énergétiques du bien ne changent pas. Il est établi par un certificateur agréé.
A noter que les autres types de bâtiments que le logement sont aussi concernés : presque tous les bâtiments, quelles que soient les activités qui s’y déroulent, seront soumis à une réglementation PEB. Les institutions publiques participent : dans le cadre de leur rôle exemplaire pour une consommation rationnelle et réduite de l’énergie, elles doivent afficher un ‘certificat PEB bâtiment public’ indiquant la consommation d’énergie. Ce certificat doit être renouvelé chaque année.
Un certificat PEB classifie les bâtiments/logements en fonction de leur consommation théorique
Contrairement à une facture d'énergie, le résultat du certificat PEB est exprimé en ‘énergie primaire’, c’est-à-dire l’énergie requise pour produire l’énergie consommée. Il ne tient donc pas compte uniquement de l’énergie consommée dans le bâtiment (selon une approche standardisée incluant notamment des besoins en chauffage/refroidissement, mais aussi en ventilation), mais aussi de l’énergie nécessaire pour produire cette énergie. Dans la pratique, pour calculer cette énergie primaire, un facteur de conversion standard est appliqué à la quantité d'énergie potentiellement consommée, qui tient compte du combustible utilisé pour produire l’énergie.
Il existe plusieurs modèles de certificats PEB, selon l’affectation du bâtiment et la date d’introduction de la demande de permis d’urbanisme. Mais quel que soit le modèle, le certificat PEB indique une classe énergétique sur une échelle de A (très peu énergivore) à G (très énergivore). Cette classe énergétique est définie en fonction des caractéristiques énergétiques du bien, à savoir le type de chauffage et l’énergie utilisée, la superficie et l’isolation des parois de déperdition, la présence de panneaux solaires, ... et donc en fonction de la consommation d’énergie primaire calculée. Le certificat PEB ne prend pas en considération la consommation réelle car celle-ci peut varier fortement selon le mode de vie des occupants.
L’échelle des classes énergétiques de A à G a été conçue en tenant compte des caractéristiques de l’ensemble du parc immobilier bruxellois (comme l’impose la réglementation européenne), que ce soit des maisons ou des appartements, anciens ou nouveaux. Elle est par conséquent différente de celle des deux autres Régions. Il est en effet plus difficile d’avoir de bonnes performances énergétiques avec une habitation isolée comptant plus de façades en contact avec l’air extérieur (type de bâtiment proportionnellement plus représenté dans les autres Régions), qu’avec un appartement compact, où il y a moins de déperditions thermiques (les bâtiments mitoyens étant prédominants en Région bruxelloise).
Une échelle des classes énergétiques des certificats PEB spécifique à la Région bruxelloise
Source: modèle de certificat PEB, classification représentative du modèle de certificat utilisé en 2024
Lire le texte de transcription
Classes énergétiques
- A : consommation d’énergie primaire calculée inférieure ou égale à 45 kWh/(m².an)
- B : consommation d’énergie primaire calculée comprise entre 46 et 95 kWh/(m².an)
- C : entre 96 et 150 kWh/(m².an)
- D : entre 151 et 210 kWh/(m².an)
- E : entre 211 et 275 kWh/(m².an)
- F : entre 276 et 345 kWh/(m².an)
- G : consommation d’énergie primaire calculée supérieure à 345 kWh/(m².an)
Le niveau d’exigence PEB pour un logement neuf correspond à une classe A.
L’objectif PEB 150 correspond à une classe C (ou meilleure), et l’objectif 275 à une classe E (ou meilleure).
Outre la classification énergétique, le certificat PEBDocument qui présente les indicateurs de performance énergétique d'un bien. Il indique également les objectifs PEB à atteindre et le respect ou non des exigences PEB en cas de travaux. Il propose des recommandations de travaux pour améliorer la performance énergétique. mentionne également différentes recommandations de travaux pour des économies d'énergie et une estimation des gains énergétiques liés. Ces recommandations portent essentiellement sur l’isolation de l’enveloppe du bâtiment, les conduites et les accessoires de l’installation technique.
Le certificat PEB permet ainsi de savoir où se situe le bien par rapport aux nouveaux objectifs adoptés par le Gouvernement bruxellois que tous les logements devront respecter d’ici 2033 et 2045, et ce qui devrait être entrepris comme travaux pour atteindre ces objectifs.
Le registre des certificats PEB des logements bruxellois
Le registre des certificats PEB des logements bruxellois, disponible en ligne, regroupe les données relatives aux classes énergétiques des logements bruxellois provenant des certificats valables. Il est possible d’y faire une recherche sur la base du numéro de certificat PEB ou de l’adresse. Différentes informations de base y sont disponibles, à savoir :
- quand le certificat a été délivré,
- jusque quand il est valable,
- le certificateur agréé qui l’a émis,
- la classe énergétique et l’indice.
Les informations techniques et concrètes concernant l’isolation et le système de chauffage/d’eau chaude sanitaire, ainsi que les recommandations visant à améliorer les performances énergétiques ne sont pas publiques et figurent sur le certificat proprement dit.
La certification PEB des logements bruxellois sous la loupe
Depuis 2011, les certificats délivrés pour des habitations individuelles bruxelloises (habitations existantes et nouvelles) font l’objet d’un suivi. Il n’est pas tenu compte ici des certificats :
- qui ont été révoqués (suite à un changement au niveau des caractéristiques énergétiques) ;
- qui présentent des incohérences (résultat >2000 kWh/(m².an) ou superficie brute <18m² pour les logements).
L‘analyse de ces résultats est à mener avec prudence, en tenant compte de différents éléments
- le protocole de certification a évolué et évolue régulièrement, et la manière de relever ou non certaines données diffère parfois d’une version à l’autre ;
- la méthode de calcul a évolué et évolue régulièrement. Les valeurs conventionnelles pour les calculs peuvent donc changer ;
- entre 2017 et 2019, une formation de recyclageToute opération de valorisation par laquelle les déchets sont retraités en produits, matières ou substances aux fins de leur fonction initiale ou à d’autres fins. Cela inclut le retraitement des matières organiques, mais n’inclut pas la valorisation énergétique, la conversion pour l’utilisation comme combustible ou pour des opérations de remblayage. Ces opérations impliquent une modification structurelle (physique ou chimique) de la matière. Le recyclage peut impliquer différentes actions de prétraitement comme, par exemple, le démantèlement. obligatoire avec réussite d’un examen a permis aux certificateurs de se former aux nouveaux outils (protocole et logiciel) et d'améliorer leur maitrise pratique par exemple en passant en revue les erreurs fréquemment commises ;
- les données liées au nombre de certificats PEB peuvent varier d’un rapport à l’autre puisqu’entre temps des certificats PEB peuvent être invalidés (soit parce qu’ils contenaient des erreurs soit parce qu’ils ne représentent plus les caractéristiques du bien parce que des travaux ont eu lieu) et que l’encodage des données liées au certificats PEB neuf peut être légèrement décalé ;
- les certificats PEB sont établis pour partie au moment de la vente donc avant travaux et ils ne sont généralement pas mis à jour suite aux travaux postérieurs s’il n’y a pas d’autre transaction immobilière par la suite ;
- la répartition des certificats réalisés d’une part pour des habitations neuves et d’autre part pour des habitations existantes soumises à transaction immobilière ne représente pas leurs parts respectives dans le parc de logements bruxellois ;
- Certains doublons peuvent exister (erreurs dans les numéros d’appartements, plusieurs certificats introduits pour un même logement sans faire le lien, …).
Ainsi, ces données ne se veulent pas être statistiquement significatives pour représenter le parc immobilier de logements bruxellois.
Le nombre de logements existants ou neufs ayant un certificat PEB (valide ou non) est en croissance régulière
Source: rapport statistique - certification PEB des habitations individuelles – Données 2024, Bruxelles Environnement, d’après les certificats au 1er janvier 2025
Bon à savoir
La RBC comptait en au 1er janvier 2025 un peu plus de 407.000 habitations individuelles disposant d’un certificat PEBDocument qui présente les indicateurs de performance énergétique d'un bien. Il indique également les objectifs PEB à atteindre et le respect ou non des exigences PEB en cas de travaux. Il propose des recommandations de travaux pour améliorer la performance énergétique., dont un peu plus de 278.000 disposant d’un certificat PEB valide. Ce qui représente 44% des habitations individuelles bruxelloises (estimation réalisée à partir des données du Census 2021 pour le parc de logements établi par Statbel et du SPF Finance).
En moyenne, 44% des logements disposaient d’un certificat PEB valide au 01/01/2025 (partie gauche, en vert), mais des variations existent entre les communes
Source : rapport statistique - certification PEB des habitations individuelles - données 2024, Bruxelles Environnement, d’après les certificats au 1er janvier 2025 et les données du Census 2021 pour le parc de logements établi par Statbel et du SPF Finance
Lire le texte de transcription
Au 01/01/2025, 44 % des habitations individuelles à Bruxelles ont été certifiées.
Au niveau communal,
- Anderlecht comportait 39,9% d’habitations individuelles certifiées
- Auderghem 46,2%
- Berchem-Sainte-Agathe 40,3%
- Bruxelles ville 48,4%
- Etterbeek 49,2%
- Evere 44,4%
- Forest 42,9%
- Ganshoren 38,4%
- Ixelles 47,4%
- Jette 40%
- Koekelberg 40,5%
- Molenbeek-Saint-Jean 39,7%
- Saint-Gilles 41,3%
- Saint-Josse-ten-Noode 37%
- Schaerbeek 37,9%
- Uccle 49,2%
- Watermael-Boitsfort 43,4%
- Woluwe-Saint-Lambert 49,3%
- Woluwe-Saint-Pierre 48%
Caractéristiques PEB des habitations existantes
Bon à savoir
Près de 7,2% des certificats PEB établis (depuis 2011) placent l’habitation individuelle dans la classe énergétique A ou B, et 28,5% dans la classe énergétique G. Cette dernière classe est attribuée dans la moitié des certificats PEB établis pour des maisons (contre un quart pour les appartements).
Près de 57% placent l’habitation individuelle dans une classe énergétique supérieure ou égale à E, qui correspond à l’objectif PEB pour 2033 (de 275 kWh/m².an).
Moins d’un tiers des habitations individuelles (neuves ou existantes) est placé dans la classe énergétique G, avec une situation contrastée entre les appartements et les maisons
Source: rapport statistique - certification PEB des habitations individuelles – Données 2024, Bruxelles Environnement, d’après les certificats établis au 1er janvier 2025
Il convient néanmoins de rappeler que les certificats PEB pour les habitations existantes sont établis avant les ventes et donc avant les travaux potentiels améliorant la PEB. Ils sont rarement mis à jour après ces travaux, si aucune mise sur le marché du bien n’a lieu. Il arrive par ailleurs fréquemment que la documentation démontrant la qualité énergétique du bien (présence d’isolant ou ses caractéristiques, par exemple) manque ou ne soit pas fournie par les propriétaires ou agents immobiliers au certificateur. Ceci amène à l’utilisation de valeurs par défaut défavorables qui pénalisent le résultat calculé. Les graphes se basent aussi sur les données de certificats PEB échus. Le parc immobilier est par conséquent en réalité probablement plus performant que ce que reflètent ces résultats.
En outre, notons que les appartements représentent la grande majorité des habitations individuelles certifiées (87% des certificats PEB).
L’analyse des certificats PEB établis au 1er janvier 2025 montre également d’autres informations intéressantes (plus d’informations dans le rapport statistique) :
Lire le texte de transcription
- La consommation moyenne des habitations certifiées diminue avec les années, de 317 kWh/m².an en 2011 à 254 en 2024.
- La performance énergétique des biens neufs s’améliore : elle est passée de B- (sur la période 2005-2015) à B+ (sur la période 2016-2024).
- 81% des habitations certifiées se chauffent au gaz.
- 0,4% des logements certifiés dispose d’un système de refroidissement (qui refroidit au moins 50% du volume protégé de l’habitation). Ce taux est de 0,4% pour les appartements, et 1,4% pour les maisons individuelles.
- 84% des surfaces de fenêtres encodées sont des double vitrages.
- Les châssis sont essentiellement en bois (39,6%) ou synthétiques (PVC, 39,3%)
À télécharger
Autres publications de Bruxelles Environnement
- Info-fiche : Le résultat du certificat PEB (.pdf)
- Page web : Le certificat PEB d’un logement en RBC
- Page web : Objectifs PEB pour chaque logement et exigences PEB en cas de travaux
Etude et rapport
- Rapport statistique - Certification PEB des habitations individuelles, Données 2024. Bruxelles Environnement, 24 pp. (.pdf)
L'outil PLAGE : bilan
Focus – Actualisation : Février 2025
Le Plan Local d’Action pour la Gestion Energétique (PLAGE) est un programme qui débouche sur des résultats très concluants, grâce à une gestion efficace des consommations énergétiques, et à moindre frais : milliers de tonnes de CO2 évité, réduction de la consommation en combustibles, … . Les économies réalisées se chiffrent en quelques millions d’euros. Découvrez-en plus !
Objectif ? Diminuer la consommation énergétique
Le programme PLAGE (Plan Local d’Action pour la Gestion Energétique), instauré en 2005, vise une gestion proactive des consommations d’énergie. Il consiste tout d’abord à réaliser un cadastre énergétique du parc de bâtiments, lequel aide à établir un programme d’actions et à définir un objectif chiffré de réduction de consommations d'énergie à atteindre dans ces bâtiments. La mise en œuvre de ce dernier s’accompagne d’un suivi de l’évolution des consommations d’énergie (aussi appelée « comptabilité énergétique »). Elle couvre une période de 36 mois. Le PLAGE est reconduit à l’issue de cette période, suite à une évaluation, avec la définition de nouveaux objectifs (par exemple : extension à d’autres bâtiments, interventions plus lourdes sur les installations et l’enveloppe du bâtiment, …).
La démarche du PLAGE
Source : Bruxelles Environnement, brochure « Passez au PLAGE », 2018
Le PLAGE vise les organismes, propriétaires ou occupants, publics ou privés, d’un grand parc de bâtiments situés sur le territoire régional, avec une attention portée en particulier sur les bâtiments moins efficaces d’un point de vue énergétique.
Quelques exemples d’interventions gagnantes pour économiser l’énergie
Une des actions phares lors des projets pilotes, simple et aux bénéfices immédiats, est la régulation du chauffage. En effet, l’état des lieux a révélé que la plupart des bâtiments soumis à PLAGE étaient trop chauffés ou chauffés inutilement (par exemple pendant les phases d’inoccupation, telles que pendant les vacances scolaires pour les écoles). L’abaissement des températures de consigne pour l’air ou l’eau chaude sanitaire voire la coupure de certaines installations permettent de réduire directement les consommations. Naturellement, l’automatisation des possibilités de régulation offre une plus-value intéressante.
Autre action simple à mettre en œuvre : l’entretien des installations (de chauffage notamment). Un suivi technique et des factures ainsi que des exigences accrues insérées dans les contrats de maintenance permettent tout à la fois la détection d’anomalies et un fonctionnement optimal des équipements.
Il est également possible d’accroître l’efficacité des systèmes de chauffage par le calorifugeage des conduites, le placement de panneaux réflecteurs derrière les radiateurs ou le remplacement de chaudières vétustes.
L’isolation est évidemment un poste essentiel, bien que requérant quelques moyens financiers, qu’il s’agisse d’augmenter l’étanchéité à l’air par le colmatage de fuites ou de réaliser des travaux d’isolation des toits, plafonds, murs.
D’une démarche volontaire à une obligation réglementaire
Démarche volontaire et pilote à son lancement, différents appels à projets (présentés en détail plus loin) ont concerné entre 2005 et 2014 quatre types de propriétaires gestionnaires : les communes, les hôpitaux, les réseaux d’enseignement et les sociétés immobilières de service public (SISP).
Fort du succès rencontré, le PLAGE a été systématisé à partir de 2015 par le Code Bruxellois de l’air, du climat et de la maîtrise de l’énergie (COBRACE) et les arrêtés liés. Il est maintenant obligatoire pour :
- Les gestionnaires ou propriétaires privés d’un patrimoine immobilier sur le territoire régional supérieur ou égal à 100.000 m²,
- Les autorités fédérales ou une entité fédérée (parlements, ministères, SPF, SPRB, COCOM, COCOF, etc.) pour un parc immobilier de superficie supérieure ou égale à 250 m²,
- Les autres pouvoirs publics (administrations communales, OIP, CPAS, institutions européennes et internationales, universités, …) qui détiennent ou occupent un (parc de) bâtiment d’une superficie de 50.000 m² ou plus.
Au vu des résultats obtenus, le programme PLAGE volontaire a également été prolongé.
Un résultat des PLAGE pilotes convainquant sur le plan énergétique comme financier !
Les PLAGE pilotes ont été mis en œuvre entre 2006 et 2014 dans 434 bâtiments totalisant une surface de près de 2,4 millions de m2. 34 responsables énergie ont été recrutés.
Lire le texte de transcription
- La 1e phase du PLAGE communes s’est déroulée entre 2006 et 2009. Elle a concerné 7 des 19 communes : Anderlecht, Berchem-Ste-Agathe, Ixelles, Molenbeek, Schaerbeek, St-Gilles et Watermael-Boitsfort.
70 bâtiments ont été concernés, pour une superficie de 196.000 m² (44% du parc)
- La 2e phase du PLAGE communes s’est déroulée entre 2008 et 2012. Elle a concerné 8 des 19 communes et 2 des 33 Sociétés immobilières de service public (SISP) : Auderghem, Bruxelles-ville, Etterbeek, Forest, Jette, Koekelberg, Uccle et Woluwe-St-Lambert + le CPAS de Bruxelles et le Logement Molenbeekois.
122 bâtiments ont été concernés, pour une superficie de 540.000 m² (40% du parc)
- Le PLAGE écoles s’est déroulé entre 2009 et 2013. Il a concerné les 6 réseaux de l'enseignement obligatoire.
106 bâtiments ont été concernés, pour une superficie de 542.000 m² (22% du parc)
- Le PLAGE hôpitaux s’est déroulé entre 2006 et 2009. Il a concerné 5 des 40 hôpitaux : Bracops, Brugmann Horta, Brugmann Brien, Erasme, St-Luc.
5 bâtiments ont été concernés, pour une superficie de 464.000 m² (100% du parc de ces hôpitaux)
- Le PLAGE Sociétés immobilières de service public (SISP) s’est déroulée entre 2012 et 2014. Il a concerné 11 des 33 SISP ou Fédérations : les Foyer Forestois, Foyer Molenbeekois, Foyer St-Gillois, Foyers collectifs, Germinal, Kappelleveld, Locataires réunis, Assam-Sorelo, Foyer Anderlechtois, Foyer Bruxellois et Foyer Laekenois.
131 bâtiments ont été concernés, pour une superficie de 619.000 m² (49% du parc)
Les appels à projets se distinguaient par certaines spécificités :
- Pour les communes, un patrimoine immobilier très hétéroclite : bâtiments administratifs, centres sportifs/piscines, écoles, entrepôts, bibliothèques, logements collectifs…
- Dans les écoles, de grandes périodes d’inoccupation des locaux (vacances scolaires) et une consommation de combustibles particulièrement élevée (près de 90% de la facture énergétique).
- Dans les hôpitaux, une gestion énergétique particulière compte tenu de l’augmentation en équipements techniques sophistiqués et de la hausse de la fréquentation.
- Dans les logements collectifs, la complexité de la comptabilité énergétique par bâtiment compte tenu du fait que les chaufferies collectives servent à plusieurs bâtiments.
Un des grands avantages de ce programme est l’obtention rapide de résultats (économies d’énergie et donc financières), pour un bénéfice net financier généralement positif : la dépense évitée ne cesse de croître pendant la durée du PLAGE et le retour sur investissement (y inclus le coût salarial du responsable énergie) est obtenu en moyenne en moins de 5 ans (Bruxelles Environnement, mai 2013). Naturellement, il convient de rappeler que les PLAGE visent des bâtiments moins efficaces d’un point de vue énergétique, où la marge de manœuvre en termes d’économies d’énergie et financières est potentiellement importante.
L’ensemble des PLAGE pilotes a abouti aux résultats suivants (Bruxelles Environnement, 2015) :
- une réduction de l’ordre de 15% de la consommation en combustibles, sans perte de confort pour les occupants (voir figure ci-dessous) ;
- environ 10.000 tonnes d’émissions de CO2 évité ;
- une stabilisation de la consommation électrique (qui aurait sans PLAGE augmenté de 2% chaque année) ;
- des économies sur la facture énergétique évaluées à 4,25 millions d’euros par an;
- de plus, au-delà de la période initiale de 3 à 4 années, les organisations participantes ont généralement continué à améliorer la gestion de leurs consommations d’énergie (jusqu’à 30% d’économies d’énergie par rapport à la situation initiale) ; et ce, d’autant plus si un responsable énergie était présent.
Evolution des consommations en combustibles normalisées pour les PLAGEs pilotes
Source : Bruxelles Environnement, dpt. Bâtiments durables – accompagnement des professionnels, 2015
SISP = Société Immobilière de Service Public
* Pour les communes, il s’agit des chiffres pour la phase 2. L’évolution pour la phase 1 était de l’ordre de 16%.
Lire le texte de transcription
Une réduction de la consommation en combustibles normalisée a été observée lors des PLAGE pilotes (entre la 1e et la 4e année), de :
- 17% pour la 2e phase des PLAGEs des communes
- 16% pour les écoles
- 10% pour les hôpitaux
- 13% pour les SISP
Il est utile de préciser que la diminution des consommations énergétiques ne s’accompagne pas systématiquement d’une baisse de la facture énergétique, en raison de l’augmentation des prix de l’énergie. Ainsi les projets pilotes PLAGE dans le cas des communes et des hôpitaux n’ont pas abouti à une diminution de la facture énergétique mais ils ont permis de la juguler.
Un bilan détaillé des résultats énergétiques et des gains financiers par PLAGE voire par organisation participante est disponible dans les info-fiches référencées ci-dessous.
Les clés du succès
Les clés du succès du programme PLAGE pourraient être résumées de la manière suivante :
- Miser sur une collaboration étroite entre tous les intervenants, qu’il s’agisse des fournisseurs d’énergie, des professionnels gérant les installations, des équipes dirigeantes ou même des occupants. A cet égard, le rôle (et la compétence) du responsable énergie ont été maintes fois soulignés par les participants comme essentiels à la réussite du projet puisqu’il en garantit la coordination et le suivi. La sensibilisation des différents intervenants mène à leur implication active dans le projet mais aussi à une adaptation de leurs comportements.
- Se baser sur des indicateurs chiffrés de suivi, qui rendent compte des efforts et des économies réalisés (tant sur le plan énergétique que financier). La comptabilité énergétique apparait comme un réel facteur de motivation pour les intervenants à poursuivre leurs efforts.
- Se concentrer sur les bâtiments prioritaires, à savoir les plus énergivores.
- Privilégier dans un premier temps des actions simples et des travaux dont le retour sur investissement est rapide.
- Dégager dans un second temps des moyens financiers grâce aux économies réalisées, qui peuvent alors servir à payer des investissements plus lourds en faveur de gains d’énergie ou même être réinjectés dans d’autres postes (tels que l’achat de matériel didactique dans les écoles).
- Allier bénéfice environnemental et rentabilité économique.
Une des plus belles réussites est sans conteste la poursuite fréquente de la dynamique (et bien souvent de la pérennisation du poste de responsable énergie) au-delà de la période de l’appel à projets.
Premier retour d’expérience du PLAGE réglementaire : citydev.brussels
Le premier cycle du PLAGE réglementaire, démarré en 2018 et prolongé pendant la crise sanitaire, est toujours cours en 2025. La majorité des organismes sont en phase de mise en œuvre et feront l’évaluation des résultats en 2026. En attendant, des résultats préliminaires liés à un retour d’expérience fait par citydev.brussels sont disponibles.
Citydev.brussels est un organisme public qui gère un parc immobilier de plus 250.000 m2 diversifié comprenant des logements, des zones d'activité économique et des bâtiments à usage mixte. Citydev.brussels a participé au PLAGE volontaire avant de participer au PLAGE réglementaire.
Les actions envisagées pour atteindre les objectifs PLAGE incluent :
- Installation de panneaux photovoltaïques : 1.424 kWc installés sur 8 sites, avec une production annuelle estimée à 1.255.022 kWhef, avec l’aide de SolarClick (qui fait désormais partie de RenoClick – voir le focus sur le potentiel photovoltaïque des toits bruxellois pour plus de détails).
- Remplacement des techniques obsolètes : Utilisation de techniques performantes telles que ventilation double flux avec récupération, chaudières à condensation, arrêt du mazout.
- Amélioration de l'enveloppe des bâtiments : Rénovation complète des bâtiments énergivores, comme par exemple le bâtiment Euclides à Anderlecht.
- Mesures issues des audits énergétiques : Quick wins comme l'isolation des conduites, l'installation de pompes à débit variable et le remplacement des éclairages par des LEDs.
Les résultats obtenus en 2025 par citydev.brussels montrent une réduction significative de la consommation énergétique et des émissions de CO2 par rapport à leur consommation de référence (principalement établie en 2019 ou 2022) :
- Économies d'énergie primaireÉnergie directement prélevée à la planète (pétrole, gaz, uranium, charbon, etc.) qui permet, après transformation, d'obtenir une énergie utilisable dans par exemple un bâtiment (gaz, électricité, mazout, etc.). : 3.137 MWhEP/an ;
- Économies financières : 381.527 €/an sur la facture énergétique ;
- Réduction des émissions de CO2 : 495 tCO2/an.
Citydev.brussels est ainsi en bonne route pour réaliser et dépasser son objectif PLAGE. Le cadre réglementaire y a été utilisé pour instaurer une politique énergétique rationnelle en interne. Malgré la complexité de son parc immobilier et des échanges avec les parties prenantes, citydev.brussels continue actuellement de s'engager dans des actions pour assurer la sobriété énergétique et la production d'énergie verte.
À télécharger
Tableau(x) reprenant les données
- Nombre de bâtiments dans les PLAGE pilotes (.xls)
- Superficie des bâtiments dans les PLAGE pilotes (.xls)
- Evolution des consommations en combustibles normalisées pour les PLAGE pilotes (.xls)
Autres publications de Bruxelles Environnement
- Brochure « Passez au PLAGE - Le Plan Local d’Action pour la Gestion Énergétique (PLAGE) : une obligation pour les grands parcs immobiliers », 2018
- Page web à destination des professionnels « Un PLAGE pour les grands parcs immobiliers »
- Info-fiche Energie « Plan Local d’Actions pour la Gestion Energétique : PLAGE Communal 2006-2009 », octobre 2010 (.pdf)
- Info-fiche Energie « PLAGE Hôpitaux 2007-2009 », octobre 2010 (.pdf)
- Info-fiche Energie « Plan Local d’Actions pour la Gestion Energétique : PLAGE Ecoles 2009-2013 », octobre 2013 (.pdf)