Impact de l'environnement sur la santé et vulnérabilité
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- Pollution
- État des lieux de l'environnement
- Étude
Un impact de l’environnement sur la santé positif comme négatif
Focus - Actualisation : janvier 2024
L’impact de l’environnement urbain sur notre santé est multiple, avec des effets négatifs comme positifs. En Région de Bruxelles-Capitale, la qualité de l’environnement, donc son impact, varie dans l’espace. Or, les zones plus impactées sont aussi davantage habitées par une population plus dense et aux revenus plus faibles, plus vulnérable…
Quel impact de l’environnement urbain sur notre santé ?
Les liens entre l’environnement, l’urbanisme et l’état de santé des Bruxellois sont étroits. Notre santé est en effet d’abord influencée par les facteurs génétiques, mais aussi par :
- nos comportements et nos habitudes de vie, comme notre alimentation, le fait d’avoir une activité physique ou de profiter de la nature et des espaces verts, … ;
- les liens sociaux que nous avons, qui influencent notre bien-être car constituent par exemple un soutien lors de situations plus difficiles à vivre ;
- les facteurs environnementaux.
L’environnement urbain influence en effet directement la qualité des facteurs environnementaux :
- L‘organisation de la ville et de notre société a une influence sur la qualité de l’air extérieur et intérieur, de l’eau et du sol, mais aussi sur le niveau de bruit par exemple.
- Plus globalement, les impacts des changements climatiques sur les villes les rendent plus vulnérables aux aléas lors des vagues de chaleur (via le phénomène d’ilot de chaleur) ou des inondations.
- Le type d‘urbanisation influence en outre directement la place laissée à la nature en ville (et donc l’accès aux espaces verts et la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore).), et la possibilité d’une cohésion sociale au sein des habitants.
Nous sommes donc quotidiennement exposés à une multitude de polluants et de nuisances provenant de différentes sources. Or, les impacts sur la santé sont multiples :
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- Pollution de l'air : Irritations des yeux, du nez, de la gorge, troubles cardiovasculaires, pulmonaires, hormonaux, dermatologiques, du système nerveux central, du système digestif, du système reproductif
- Bruit : Gêne, troubles du sommeil, dégradation de la santé mentale, stress (et effets
négatifs cardiovasculaires et métaboliques liés), troubles de la concentration et de l’apprentissage - Chaleur : Maux de tête, nausées, crampes musculaires, déshydratation. Le risque le plus grave est le coup de chaleur, qui peut entraîner le décès.
- Autres : Maladie de Lyme, allergies aux pollens, exposition à la pollution intérieure, exposition aux ondes électromagnétiques,
etc…
Quelques risques sanitaires en chiffres :
- Pollution de l’air :
En Région de Bruxelles-Capitale, près de 1000 décès prématurés auraient en 2018 été liés à l’exposition aux PM2.5, NO2 et O3.
- Bruit :
Chaque Bruxellois perd en moyenne 4 mois de vie en bonne santé à cause de la gêne ou des troubles du sommeil liés au bruit des transports.
- Chaleur :
Les fortes chaleurs sont plus régulières en Europe. Etant donné le phénomène d'ilot de chaleur urbain, les habitants des villes y sont d'autant plus sensibles. 1503 décès supplémentaires ont ainsi été observés en Belgique lors de la canicule du mois d'août 2020 et 807 lors des 4 vagues de chaleur de l’été 2022, selon Sciensano.
- Inondations :
8% de la population bruxelloise habite en zone d’aléa moyen, c’est à dire affectée par une inondation environ une fois tous les 25 à 50 ans ; et 2% en zone d’aléa fort, touchée par une inondation au moins une fois tous les 10 ans.
- Maladie de Lyme :
Un des risques encourus lors d’une activité en forêt, dans un parc ou un jardin est d’entrer en contact avec des tiques vectrices de différentes maladies, dont la plus connue est la maladie de Lyme. En Belgique, chaque année, plus de 10.000 patients consultent un médecin généraliste pour un érythème migrant (Sciensano, 2022).
Notre environnement est aussi à l’origine de bénéfices pour notre santé et notre bien-être. Par exemple, le contact avec la nature est positif pour notre santé mentale, et l’exposition à la diversité microbienne renforce notre système immunitaire. L’existence de lieux de rencontre et d’activités comme les espaces verts, potagers, plaines de jeux, espaces sportifs, … favorise en outre notre santé comme la cohésion sociale.
Sommes-nous tous égaux face à ces impacts ?
Malheureusement, non... Différents constats peuvent être faits pour Bruxelles :
- La qualité de l’environnement varie entre et dans les quartiers :
Les sources de pollution et de nuisances ne sont pas réparties équitablement sur le territoire bruxellois. Tout comme l’accès aux services rendus par l’environnement (la répartition des espaces verts et ludo-sportifs notamment).Certaines zones de Bruxelles sont plus impactées, par exemple par :
- une moins bonne qualité de l’air: les concentrations de dioxyde d’azote (NO2), dont la source locale correspond principalement au trafic routier, augmentent de la périphérie vers le centre-ville. Le « black carbon » (BC) est un autre polluant de l’air issu du trafic routier. Les niveaux de concentration de BC les plus élevés sont principalement observées aux heures de pointes le long des grands axes et dans les rues bordées de hauts immeubles, dites rues « canyons ».
La concentration annuelle moyenne en NO2 varie dans l’espace
Source : Rapport CurieuzenAir, 2022 (données 2019)
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Les concentrations annuelles moyennes de NO2 mesures lors de la campagne CurieuzenAir sont plus élevées dans le centre de Bruxelles (pentagone et 1e couronne, concentrations supérieures à 20 µg/m³ et allant exceptionnellement jusqu'à plus de 50 µg/m³) qu'en périphérie (2e couronne, concentrations inférieures à 25 µg/m³)
- le phénomène d’ilot de chaleur urbain : les températures de l’air sont plus élevées au centre de la Région bruxelloise qu'à ses alentours ruraux en été, en particulier les températures minimales nocturnes. De plus, il y a plus de périodes de fortes chaleurs dans le centre de Bruxelles.
- le bruit : l’ensemble de la Région est concerné par l’exposition aux nuisances sonores. Cependant, selon les sources de bruit (routier, aérien et/ou ferroviaire) et le cumul de celles-ci (« multi-exposition »), certains quartiers sont plus impactés que d’autres. Le trafic routier est la source sonore qui affecte, de loin, le plus grand nombre de Bruxellois.
- Un moindre accès aux espaces verts ou aux zones verdurisées : les zones végétalisées sont mal réparties sur le territoire bruxellois. Un gradient centre-périphérie est à nouveau observé pour le degré de couverture végétale. Les zones de carences en termes d’accès public à des espaces verts se situent pour leur part principalement dans l’ouest du pentagone, dans certains quartiers de la première couronne et le long du canal. Les plaines de jeux et de sport sont également inégalement réparties dans le tissu urbain avec, tant au centre qu’en périphérie, de fortes concentrations locales ou, au contraire, des zones non équipées.
- Certains groupes de population sont donc surexposés aux risques environnementaux :
Les zones centrales sont en effet davantage habitées par une population plus dense et aux revenus plus faibles. Or, nous l’avons vu, ces zones sont plus sujettes aux risques environnementaux, tout en ayant un moindre accès à la nature…
- Or, la vulnérabilité des groupes sociaux défavorisés est plus importante :
Même à niveau d’exposition identique aux risques environnementaux, ces populations subissent des effets sur la santé plus importants et plus fréquents que les populations plus aisées. Elles sont en effet plus fragiles et plus vulnérables à cause de leur conditions de vie et de leurs difficultés à agir pour supprimer la nuisance. Leur exposition aux risques environnementaux est donc d’autant plus inégale…
Que fait la Région ?
La Région bruxelloise n’est pas inactive face à ces constats. Elle a impulsé de nombreux plans, programmes stratégiques et actions (notamment) destinés à améliorer la qualité de l’environnement au sein de la Région : Plan Régional de Développement DurableMode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins. Il s'agit donc d une démarche qui vise à assurer la continuité dans le temps du développement économique et social, dans le respect de l'environnement, et sans compromettre les ressources naturelles indispensables à l'activité humaine., Plan Air-Climat-Énergie, Zone de basses émissions, Plan régional de lutte contre le bruit (Quiet.Brussels), Plan régional de mobilité Good Move, Plan de gestion de l’eau, Plan nature, création d’espaces verts ou d’aires ludo-sportives, opération « Re-Création », stratégie GoodFood, stratégie GoodSoil, … Améliorer l’environnement, pour améliorer la santé !
La réduction des risques environnementaux qui en découle(ra) sera au bénéfice de tous, y compris des groupes de populations vulnérables (et même d’autant plus étant donné leur niveau d’exposition plus élevé).
À télécharger
Fiches documentées
- L’environnement pour une ville-santé (.pdf)
- Inégalités environnementales en Région bruxelloise (.pdf)
- Apport de la nature à la santé des bruxellois.e.s (.pdf)
- Impact du bruit sur la gêne, la qualité de la vie et la santé (.pdf)
Etude et rapport
- Centre de Recherche en Santé EnvironnementaleDésigne les aspects de la santé et des maladies humaines influencés par des facteurs liés à l'environnement. Ce terme réfère également à la théorie et à la pratique visant à évaluer et à contrôler les facteurs environnementaux qui peuvent potentiellement affecter la santé. La santé environnementale inclut les effets pathologiques directs des produits chimiques, des radiations et de certains agents biologiques. Elle inclut également les effets (souvent indirects) de l'environnement physique, psychologique, social et esthétique sur la santé et le bien-être. et Santé au Travail, Ecole de Santé Publique ULB, 2020. "Etat des connaissances sur les liens entre environnement et santé en Région de Bruxelles-Capitale". Étude commanditée par l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale. 100 (.pdf)