Évolution du climat : vulnérabilités et adaptations
- Climat
- Santé
- État des lieux de l'environnement
- Réchauffement
- Urbanisme
Évolution passée du climat en Région de Bruxelles-Capitale
Focus - Actualisation : mars 2021
Une augmentation significative de 2°C de la température moyenne annuelle a été observée à Uccle depuis 1833, en deux étapes. Les résultats sont moins significatifs pour les précipitations et les vents forts, mais gagnent à être surveillé.
Des données météorologiques depuis 1833
En Belgique, les plus longues séries de relevés météorologiques correspondent aux séries d’observations effectuées de manière régulière dans la Région bruxelloise : à Saint-Josse-ten-Noode (à l’ancien emplacement de l’Observatoire de Belgique) depuis 1833, puis ensuite à Uccle à partir de 1886. C’est en effet à cette époque que l’Observatoire a été déplacé en périphérie sud de la ville afin de garantir un meilleur environnement pour les observations astronomiques.
Ainsi, l'Institut Royal Météorologique belge (ou IRM) dispose de séries de mesures de plus de cent ans pour la température et l’humidité de l’air, la quantité et le nombre de jours de précipitations, la pression, la vitesse du vent, la durée d’ensoleillement, le nombre de jours de neige et l’enneigement du sol.
L’analyse statistique de ces séries relevées à Bruxelles-Uccle permet, après homogénéisation, d'apporter des réponses à la question "observe-t-on un changement du climat en Belgique ?" Celle-ci a été abordée dans les rapports de l’IRM « Vigilance climatique » (2008 et 2015), et « Rapport Climatique 2020 » dont les résultats sont relayés ci-dessous.
Un réchauffement d’environ 2°C en 180 ans
La figure ci-dessous reprend l'évolution de la température moyenne annuelle à Bruxelles depuis 1833.
Evolution de la température moyenne annuelle (en °C) à Saint-Josse-ten-Noode/Uccle entre 1833 et 2020
Source : IRM, 2021
Remarque : Les normales climatiques sur 30 ans sont données pour les 4 dernières périodes entre 1961 et 2020.
Un réchauffement moyen d’environ 2°C est observé sur l’ensemble de la période considérée. Cette élévation de la température n'a pas été régulière, mais s'est produite en deux étapes relativement abruptes : une première augmentation vers 1910 (en moyenne sur l'ensemble de l'année) et une seconde à la fin des années 1980. Dans les deux cas, l'augmentation de température annuelle fut d'amplitude assez similaire : de l'ordre de 1°C. Le premier réchauffement est principalement lié à une élévation des températures maximales, alors que le second est lié à une élévation très marquée à la fois des températures minimales et maximales. Concernant le passé récent, on observe un réchauffement moyen significatif de +0,38°C par décennie depuis 1981, ce qui donne lieu à une évolution plus graduelle des températures par rapport aux 2 grands paliers des 19è et 20è siècles.
L’examen des séries de températures saisonnières indique que les températures moyennes hivernale et printanière ont également connu, comme la température annuelle, un premier réchauffement relativement abrupt et très marqué vers 1910 et un second vers la fin des années 1980. L’été et l’automne ont aussi connu deux réchauffements très marqués, mais le premier se produisit vers 1925-1930 et le second vers le début des années 1980.
D'autres observations peuvent également être faites :
- La fréquence, l’intensité et la durée des vagues de chaleur montrent toutes une tendance à la hausse significative depuis 1981. Particulièrement, on enregistre au moins une vague de chaleur par an entre 2015 et 2020 (une première depuis 1892).
- Les indicateurs liés aux vagues de froid (fréquence, intensité et durée), quant à eux, ne montrent pas de tendance significative dans les dernières décennies. On remarque tout de même une lente tendance à la hausse des températures les plus froides depuis la fin du 19è siècle, avec une accentuation de cette tendance depuis 1981, mais qui reste cependant non significative.
Des résultats moins significatifs pour les précipitations et les tempêtes
Evolution des quantités annuelles de précipitations (en mm) à Saint-Josse-ten-Noode/Uccle entre 1833 et 2020
Source : IRM, 2021
Remarque : Les normales climatiques sur 30 ans sont données pour les 4 dernières périodes entre 1961 et 2020.
Pour les quantités de précipitations, l’examen des données conduit à des résultats moins significatifs (ce qui s’explique en partie par la grande variabilité des précipitations dans nos régions).
L’analyse de la série détecte cependant une hausse des précipitations annuelles de 9% entre les 30 premières années de la série (1833-1862) et les trente dernières (1990-2019). À l’échelle saisonnière, les précipitations hivernales montrent également une tendance significative à la hausse entre 1833 et les 30 dernières années (31%). Les précipitations printanières quant à elles, n’enregistrent pas de tendance significative sur le long terme, mais une légère tendance à la baisse (d’environ -9 mm par décennie) depuis 1981. Par contre, on n’observe pas d’évolution significative pour les quantités de précipitations estivales et automnales.
Une tendance à l’augmentation de l’intensité et de la fréquence des précipitations orageuses dans la Région bruxelloise est en outre observée, à plus court terme, ces dernières années. On enregistre ainsi +0,5 jour de précipitations abondantes par décennie depuis 1981.
D'autre part, en relation avec les élévations de températures du début et de la fin du 20e siècle, les précipitations sous forme neigeuse sont devenues très nettement moins fréquentes à Uccle.
Enfin, en ce qui concerne les tempêtes, les analyses menées jusqu’ici sur les vents forts, depuis 1940 pour Uccle, ne montrent aucune tendance particulière, ni dans l’intensité des vents annuels les plus forts, ni dans la fréquence des vents élevés.
À télécharger
Évolution future du climat en Région de Bruxelles-Capitale, et adaptations possibles
Focus - Actualisation : octobre 2024
Les changements climatiques sont l’un des plus gros défis du 21è siècle, et nous sommes aujourd’hui confrontés à la nécessité d’adapter certains modes de fonctionnement pour se préparer aux conséquences des modifications climatiques à venir. Alors que certains de ces changements se font déjà sentir au quotidien, de nombreuses études se concentrent sur les scénarios futurs afin de permettre une anticipation adéquate à leur déroulement. Mais que prévoient exactement ces projections climatiques ? Et que peut-on faire, à l’échelle régionale, pour les prévenir ou s’y adapter ?
Le climat belge, au passé, au présent et au futur
De par sa latitude et sa proximité à l’océan Atlantique, la Belgique connaît un climat tempéré océanique, avec un climat généralement frais et humide en été, et relativement doux et pluvieux en hiver. La température moyenne annuelle est de 11°C, et l’on enregistre 837 mm de pluie, avec des variations régionales et saisonnières (voir aussi Le climat en Région bruxelloise).
Le climat belge a connu différentes variations au cours des 2 derniers siècles (depuis 1833, début des mesures par l’Institut Royal Météorologique), et les tendances sont de plus en plus marquées au cours des dernières décennies.
- Températures: Les températures ont augmenté d’environ 2.3°C depuis le début de l’ère industrielle (~1850), et l’on observe une augmentation plus marquée et plus continuelle depuis les années 1980 (+0.4°C par décennie depuis 1981). Les 10 années les plus chaudes depuis 1833 ont également toutes été recensées après 2005, et l’on observe une augmentation de la fréquence des vagues de chaleur.
- Précipitations: Les quantités de précipitations ont, elles aussi, augmenté ; +9% pour les moyennes annuelles, et +31% pour les précipitations hivernales. Les observations montrent également une tendance à l’augmentation de l’intensité et de la fréquence des précipitations orageuses (+0.5 jour de précipitations abondantes par décennie depuis 1981).
Pour plus d’informations, voir aussi le Focus sur le sujet, ainsi que la Fiche Documentée n°2.
Les projections climatiques permettent d’estimer quelle sera l’évolution future du climat, en fonction de divers paramètres, notamment l’état actuel du climat, l’évolution du l’utilisation du sol, et les émissions de gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3). (GES). Plusieurs scénarios existent (le plus pessimiste supposant qu’on ne change rien à nos activités polluantes), et chacun permet d’évaluer l’évolution future des températures, des précipitations, et de bien d’autres paramètres climatiques plus particuliers. Le projet international Cordex a permis de modéliser le climat à des échelles régionales, et leurs conclusions pour le climat belge à l’horizon 2100 peuvent se résumer comme suit (selon le scénario le plus pessimiste).
Bon à savoir
Le climat belge à l’horizon 2100
- des températures plus élevées toute l’année (entre 2.6°C et 3.5°C) ;
- des précipitations plus importantes en hiver et réduites en été ;
- une réduction du débit des cours d’eau ;
- une augmentation du nombre d’événements extrêmes (pluies intenses en hiver, orages et vagues de chaleur en été).
À Bruxelles, en 2100, il pourrait faire (très) chaud !
En tant qu’environnement urbain, Bruxelles est particulièrement sensible aux changements climatiques, surtout compte tenu de sa forte densité de population et de la concentration d’infrastructures sur le territoire.
L’étude du Cordex mentionnée plus haut, ainsi que les études de Cugnon et al. (2019) et Duchêne et al. (2022), ont permis d’établir des projections pour le climat à une résolution spatiale très importante, ce qui permet d’estimer le climat du futur pour une région aussi restreinte que la Région de Bruxelles Capitale.
Températures moyennes annuelles pour les régions urbaines denses (bleu), suburbaines (orange) et rurales (gris) en Région de Bruxelles-Capitale.
Source : Cugnon et al. 2019.
Remarque : La figure illustre les projections jusqu’en 2100, selon le scénario le plus pessimiste.
De par sa nature, Bruxelles subit l’effet d’îlot urbain de chaleur (UHI, pour Urban Heat Island, voir Focus sur le sujet), c’est-à-dire que la densité de population et d’infrastructures induit des températures plus élevées que dans les alentours ruraux ou suburbains. L’évolution du climat à Bruxelles est dès lors principalement conditionnée par l’existence de ce phénomène.
L’amplitude de l’effet d’îlot urbain de chaleur tendrait à rester relativement stable : il n’y aurait pas d’augmentation de l’écart de température moyenne entre les zones urbaines et rurales. En revanche, le nombre de vagues de chaleur (période d’au moins trois jours avec une T° minimum d’au moins 18°C et une T° maximum d’au moins 30°C) se verrait tripler en ville d’ici la fin du 21ème siècle, tandis que leur durée moyenne triplerait également. L’augmentation du nombre de jours passés sous une vague de chaleur serait par ailleurs nettement plus marquée à Bruxelles qu’en périphérie. De plus, le nombre de jours où la température dépassera les 25°C doublerait.
En plus d’augmenter considérablement les besoins énergétiques pour l’utilisation d’air conditionné dans les bâtiments, ces chaleurs affecteraient notamment la productivité des métiers extérieurs. Par ailleurs, le confort thermique et la santé des citoyens seraient également fortement impactés, en particulier pour les groupes les plus à risque (bébés, jeunes enfants, personnes âgées et sportifs de haut niveau).
Ainsi, le stress thermique projeté pour la Région de Bruxelles serait deux fois plus grand que dans les zones alentours, et ce déjà vers le milieu du 21ème siècle. Le danger représenté par le stress thermique étant fortement exacerbé en cas de vague de chaleur, les citoyens en ville seraient nettement plus vulnérables aux problèmes de santé liés à la chaleur.
Quelles pourraient être les conséquences d’un tel réchauffement en milieu urbain ?
(Rapport Greenpeace 2004, Rapport Cordex 2018, Rapport VITO 2020)
- Santé : Les vagues de chaleur sont déjà, à l’heure actuelle, une cause très importante de problèmes de santé au sein de la population. Les épisodes de canicules de plus en plus fréquents sont à l’origine d’une mortalité importante, en particulier chez les personnes de 65 ans et plus. Des impacts plus discrets existent également, liés notamment aux températures élevées qui persistent durant la nuit et qui empêchent les citoyens de se reposer correctement (Voir aussi le focus « Un impact de l’environnement sur la santé positif comme négatif »).
D’autre part, l’augmentation des températures pourrait induire l’arrivée de nouvelles maladies, ou le retour de maladies précédemment éradiquées. - BiodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). et forêts : Suite à l’augmentation des températures, certaines espèces se déplacent vers des environnements plus frais (soit plus vers le nord, soit plus haut en altitude). L’arrivée de nouvelles espèces dans l’écosystèmeC'est l'ensemble des êtres vivants (faune et flore) et des éléments non vivants (eau, air, matières solides), aux nombreuses interactions, d'un milieu naturel (forêt, champ, etc.). L'écosystème se caractérise essentiellement par des relations d'ordre bio-physico-chimique. peut perturber ce dernier et modifier les relations qui existent entre les espèces initiales, principalement en termes de compétition pour la nourriture et l’habitat.
D’autre part, nos forêts (et la biodiversité associée) pourraient être fortement impactées: une concentration croissante de CO2 pourrait stimuler la croissance des forêts, mais, sur le moyen-terme, cette croissance sera limitée par la fertilité des sols ainsi que la sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande). relative causée par les changements climatiques. Il est donc recommandé de localiser les arbres dans les meilleures conditions possibles, et de diversifier les espèces afin de diluer les risques et de profiter des interactions bénéfiques entre essences pour ce qui est de l’accès aux ressources. - Ressources en eau : Le risque accru d’inondations dues aux orages violents pourrait potentiellement endommager la qualité des eaux, alors que les épisodes de sécheresse estivale tendraient à réduire leur volume et donc à diminuer la quantité d’eau utilisée pour la production d’eau potable.
- Energie : Alors qu’il faudra potentiellement moins chauffer les bâtiments en hiver en raison de températures plus clémentes, les besoins en refroidissement pendant l’été seront plus importants, de manière à lutter contre les fortes températures estivales.
Pour des informations plus détaillées sur les vulnérabilités de la Région de Bruxelles-Capitale face aux changements climatiques, consultez le focus à ce sujet et la Fiche Documentée n°6.
Comment agir pour atténuer et s’adapter à ces changements ?
- À l’échelle régionale : réduire les émissions carbone
En Région de Bruxelles-Capitale, les émissions de gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3). (GES) proviennent de deux secteurs principaux : le chauffage des bâtiments (résidentiels et tertiaires) et le transport. Ces deux secteurs émettent plus de 80% des émissions directes de GES (voir aussi l’indicateur Emissions de gaz à effet de serre). Les émissions indirectes (liées par exemple à la consommation d’électricité ou à la production de biens de consommation à destination des Bruxellois), quant à elles, ont une part de responsabilité estimée près de 9 fois plus importante que les émissions directes. Un premier axe d’action pour lutter contre le réchauffement climatique se situe donc autour des activités énergivores au sein de la RBC.
La Belgique et la Région de Bruxelles-Capitale s’inscrivent donc dans une série d’accords internationaux, nationaux et régionaux afin de réduire les émissions de GES (voir aussi la Fiche Documentée n°4). Plus particulièrement, la Région bruxelloise a mis en place toute une série de mesures dans son plan régional Air-Climat-Énergie (établi en 2023), qui visent la neutralité carbone d’ici 2050 et à réduire les émissions de GES en RBC de 47% à l’horizon 2030 par rapport aux émissions de 2005. Le Plan énergie climat 2030 de la Région de Bruxelles-Capitale, quant à lui, s'inscrit dans la lignée du plan précédent et correspond à la contribution de la Région au projet de Plan National intégré Energie Climat Belge 2021-2030 adopté par le gouvernement en octobre 2019 (voir aussi le Focus Plans environnementaux pluriannuels)
La Région de Bruxelles-Capitale a donc mis en place divers objectifs de réduction des émissions carbone (suite à des engagements volontaires ou à des accords internationaux), à différentes échelles temporelles. Ils sont repris et détaillés notamment dans l’indicateur GES.
- À l’échelle des quartiers : une structuration plus adaptée de la ville en expansion
En 2022, la Région bruxelloise compte plus de 1,2 millions d’habitants et accueille 400.000 navetteurs. Dans un environnement aussi dense, il devient indispensable de structurer la ville de manière à anticiper et à s’adapter au réchauffement climatique, afin d’optimiser l’organisation des quartiers, les déplacements et l’accès aux services.
Dans cette démarche, la plateforme BeSustainable par exemple vise à mettre en réseau et à accompagner les démarches de développement de quartiers durables. La démarche intègre les multiples facettes qui déterminent le développement d’un quartier et la vie qui s’y développe ensuite, avec entre autres l’adoption d’une vision globale, l’aménagement spatial, la gestion de l’eau, la mobilité, l’impact environnemental, …
- À l’échelle des infrastructures et des bâtiments : éviter la production locale de chaleur et augmenter la résistance à la chaleur
Dans la conception (ou la rénovation) de quartiers durables, il est possible d’adopter des structures qui favorisent l’efficacité, comme par exemple des formes urbaines compactes (qui permettent de réduire les distances entre les services), un meilleur accès aux transports en commun (qui permet une meilleure efficacité énergétique et un moindre impact sur l’environnement), …
Stratégies de planification urbaine pour faciliter les adaptations en milieu urbain
Source : UCCRN ARC3.2 Urban Planning and Urban Design Chapter, Raven et al. 2018.
Diverses mesures concrètes sont alors préconisées (illustrées dans la figure ci-dessus) :
- Investir dans le développement de couloirs de circulation piétonne et cycliste qui incitent à la mobilité douceMobilité faisant appel aux modes de déplacement non motorisés, principalement le vélo et la marche. (1) pour les déplacements intra-urbains. Combinés à des parcs ou autres espaces verts, ils participent également à la séquestration du carbone et au refroidissement de l’environnement urbain
- Améliorer la ventilation naturelle (2) en exploitant les brises d’été dominantes
- Augmenter les zones ombragées (3) en orientant les quartiers en fonction du soleil
- Adapter la forme et les surfaces des bâtiments (3) : augmenter l’albédo à l’échelle de la ville (surfaces des bâtiments réfléchissantes), favoriser les brises d’été et réduire les vents d’hiver (grâce à des surfaces rugueuses) et adopter des matériaux avec une faible capacité de chaleur.
- Établir des infrastructures « gagnant-gagnant » qui bénéficient dans tous les cas à l’attractivité de la ville et au confort des citoyens (4) :
- Infrastructures « vertes » (arbres, parcs, toits végétalisés,…) qui participent à de multiples niveaux : réduction des températures extérieures, réduction du ruissellement des eaux, réduction de la pollution et séquestration du carbone, évaporation accrue (donc gestion durable du cycle de l’eau), et réduction de l’effet d’îlot urbain de chaleur.
- Infrastructures « bleues » (étangs, ruisseaux, fontaines, canal, …) qui participent également au rafraîchissement par évaporation.
Ces avantages indirects sont ainsi susceptibles d'induire des modifications multi-sensorielles dans la perception de l’espace urbain (notion d' "ambiance"), car les potentialités intrinsèques de ces espaces les transforment en lieux de détente, de rencontre et permettent un grand nombre d’activités.
Des études permettent de quantifier les effets de telles mesures sur les températures, notamment grâce à la modélisation. Une étude menée par Cugnon et al. (2019) a ainsi montré que l’augmentation de l’albédo (des surfaces de bâtiments plus réfléchissantes) impactait principalement l’effet d’îlot urbain de chaleur durant la journée (puisque directement lié à la radiation). À l’inverse, une augmentation du couvert végétal permet de réduire l’effet d’îlot urbain de chaleur surtout durant la nuit, ce qui en fait une solution plus adaptée pour permettre une meilleure récupération grâce au sommeil. Ce type de solutions est également appelé « Nature-Based Solutions » (« solutions basées sur la nature ») ; une étude du VITO (2020) montre leurs effets sur différents types de nuisances en milieu urbain (pollution atmosphérique, chaleur, bruit), et il apparaît en effet que la végétation peut avoir un effet refroidissant sur la température de l’air ou du sol (dans le cas de la création de zones d’ombre). Les surfaces d’eau peuvent aussi avoir ce type d’effet, pour autant qu’elles soient assez profondes que pour éviter le dégagement de chaleur (emmagasinée pendant la journée) durant la nuit.
Les vagues de chaleur peuvent également être impactées par ce genre de mesures, mais les études montrent jusqu’à présent que les effets d’albédo ou de couvert végétal peuvent être bénéfiques sur le moyen terme (2040-2070), mais deviennent presque insignifiantes sur le long terme (2070-2100) face à une hausse de température généralisée annoncée suite au réchauffement climatique global (Cugnon et al. 2019). D'où la priorité à mettre sur la réduction des émissions de GES, de manière à ce que les adaptations urbaines voient leurs effets perdurer dans le temps.
À télécharger
Fiches documentées
- 02. Evolution du climat en Région bruxelloise - Température et précipitations (.pdf)
- 06. Évolution future du climat en Belgique et en Région de Bruxelles-Capitale et conséquences et risques associés
- 03. La Région de Bruxelles-Capitale face au changement climatique (.pdf)
- 04. Les accords internationaux et engagements belges et bruxellois pour lutter contre le changement climatique (.pdf)
- 05. Les émissions de gaz à effet de serre en Belgique et en Région de Bruxelles-Capitale (.pdf)
Autres publications de Bruxelles Environnement
- Plan Régional Air-Climat-Energie 2023 (.pdf)
- Projet de plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre II - Objectifs et mesures de gestion, 2018 (.pdf)
Etudes et rapports
- Rapport du projet Cordex.be, 2022: « Combining regional downscaling expertise in Belgium: CORDEX and beyond - Final Report » (.pdf)
- CUGNON G., CALUWAERTS S., DUCHENE F., HAMDI R., TERMONIA P., TOP S., VERGAUWEN T., VAN SCHAEYBROECK B., décembre 2019. « Climate Sensitivity to Land Use Changes over the City of Brussels » (.pdf) (uniquement en anglais)
- DUCHÊNE F., HAMDI R., VAN SCHAEYBROECK B., CALUWAERTS S., DE TROCH R., DE CRUZ L., TERMONIA P., 2022. « Downscaling ensemble climate projections to urban scale: Brussels's future climate at 1.5 °C, 2 °C, and 3 °C global warming » (uniquement en anglais)
- INSTITUT ROYAL METEOROLOGIQUE DE BELGIQUE (IRM), 2020. « Rapport Climatique 2020 – De l’information aux services climatiques » (.pdf)
- MARBAIX P., VAN YPERSELE J-P., 2004. « Impacts des changements climatiques en Belgique », Greenpeace (.pdf)
- RAVEN J., 2019. « From Climate Science to Design Practice » (uniquement en anglais)
- VITO 2020, « Evaluation of the socio-economic impact of climate change in Belgium » (.pdf) (uniquement en anglais)
- VITO 2020, « Impact van Nature Based Solutions in het Brussels hoofdstedelijk gewest » (.pdf) (uniquement en néerlandais)
Fiche de l'Etat de l'Environnement
Liens utiles
- Le site fédéral belge pour une information fiable sur les changements climatiques : climat.be.
- Le site de Bruxelles Environnement sur l’Etat de l’Environnement en Région de Bruxelles-Capitale.
Les vulnérabilités de la RBC face aux changements climatiques
Focus - Actualisation : juin 2021
Selon une étude, la Région sera confrontée à des impacts potentiels négatifs suite aux changements climatiques annoncés, principalement environnementaux et sanitaires, liés notamment au risque accru d’évènements extrêmes (vagues de chaleur, inondations, etc.). En tant que ville, la Région présente une vulnérabilité spécifique compte tenu de différents facteurs : fort degré d’urbanisation et d’imperméabilisation des sols, forte concentration de population dont une part importante de ménages précarisés, regroupement d’infrastructures et de biens matériels…
Atténuation et adaptation, complémentaires dans la lutte contre les changements climatiques
Les politiques climatiques comportent deux aspects complémentaires : premièrement, la prévention des changements climatiques - ou politique d’atténuation – qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3). et deuxièmement, l’adaptation aux impacts des changements climatiques (tant au niveau de l’environnement qu’au niveau de l’économie et de la société). La plupart des mesures prises initialement en matière de politique climatique aux niveaux international, européen et national étaient axées sur l'atténuation. Aujourd’hui, ces politiques mettent également l’accent sur l’adaptation qui est nécessaire pour faire face aux conséquences négatives des changements climatiques déjà constatés et futurs.
Au niveau international, la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement ClimatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc. (UNFCCC - United Nations Framework Convention on Climate Change) a instauré un cadre contraignant pour les politiques d’adaptation. Au niveau européen, un processus de réflexion débuté au début des années 2000 a abouti en avril 2013 à l'adoption de la stratégie européenne relative à l'adaptation au changement climatique, qui crée un cadre et des mécanismes censés accroître sensiblement le degré de préparation de l'Union européenne aux changements climatiques actuels et futurs.
Au niveau belge, une stratégie nationale d’adaptation a été adoptée en 2010. A la suite de l’adoption de cette stratégie, un plan national d’adaptation 2016-2020 a été adopté le 19 avril 2017 par la Commission Nationale Climat. Il contient une dizaine de mesures à portée nationale (élaboration de nouveaux scénarios climatiques communs, développement d’une plateforme nationale sur l’adaptation, …) qui complètent les mesures contenues dans les plans d’adaptation élaborés par les Régions et le Fédéral dans leurs champs de compétences respectifs. L’élaboration du plan national a été coordonnée au sein du groupe de travail “Adaptation” de la Commission Nationale Climat. Le plan a été soumis, pour avis, aux organes consultatifs compétents. Il est téléchargeable sur le site de la CNC, en versions française, néerlandaise et anglaise.
Bruxelles Environnement a commandité en 2012 une étude relative à l’adaptation de la Région aux changements climatiques en vue d’élaborer son plan air-climat-énergie qui a été adopté le 2 juin 2016. Ce focus en présente les principaux résultats pour l’environnement et pour la société.
Critères d’évaluation des risques liés aux changements climatiques
L’objectif final de l’étude était d’identifier les principales vulnérabilités régionales face aux changements climatiques pour, dans un deuxième temps, dégager des pistes d’actions pour la stratégie régionale. La vulnérabilité s’entend ici comme le degré d’exposition de la Région aux effets néfastes potentiels des changements climatiques. L’étude a aussi mis en lumière certaines opportunités liées aux changements climatiques mais celles-ci sont limitées et de courte durée.
Schéma de l’évaluation des risques liés aux changements climatiques pour les systèmes humains et naturels
Source : Bruxelles Environnement, 2015
La caractérisation du risque s’est basée sur trois critères (cf. figure ci-dessus) :
- Le niveau d’exposition à l’aléa climatique, basé sur les constats d’évolution du climat passé de la Région (IRM, Rapport Climatique 2020 & voir la fiche documentée climat n°2 ) et sur les perspectives d’évolution future (projections climatiques aux horizons 2030, 2050 et 2080). Il va sans dire qu’un degré d’incertitude accompagne généralement ces projections.
- La sensibilité de la Région : évaluation de l’impact pour les ressources en eau, la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). et les forêts, l’énergie, la santé, l’aménagement du territoire et les infrastructures, le tourisme (secteur non repris dans ce focus). Il est également tenu compte de l’urgence de la prise en charge au regard de l’impact attendu.
- La capacité d’adaptation de la Région, actuelle ou potentielle, est examinée par rapport au degré de prise de conscience de la société, du niveau de prise en charge dans les documents de planification existants et de la compétence régionale sur la thématique.
L’évaluation du risque et la mise en évidence des vulnérabilités de la Région se sont appuyées sur une série d’indicateurs dont la hiérarchie et la pondération ont été établies à dires d’experts : il en résulte une part de subjectivité dans l’analyse des vulnérabilités.
Évolution future et probable du climat en Région bruxelloise
A terme, l’évolution future et probable du climat en Région de Bruxelles-Capitale peut être succinctement caractérisée comme suit (IRM, Rapport Climatique 2020 & voir la fiche documentée climat n°6) :
- Un climat plus chaud ;
- Un caractère saisonnier plus marqué des précipitations : diminution en été et augmentation en hiver ;
- Une augmentation de la fréquence ou de l’intensité d’événements extrêmes (fortes pluies en hiver, gros orages en été, vagues de chaleur en été).
Principales vulnérabilités de la Région bruxelloise
L’amplification du phénomène d’îlot de chaleur urbain (voir le focus dédié à ce sujet) entraîne des risques sanitaires pour la population. Ce phénomène renforce en effet la pollution de l'air en aggravant la formation d’ozone, ce qui peut être particulièrement dangereux pour les personnes les plus fragiles et les enfants. C’est potentiellement dans le centre-ville urbanisé de la Région que ce phénomène s’exprime le plus alors que les zones refuges (espaces verts) y sont les plus rares, que l’habitat y est mal adapté et que les populations précarisées y sont concentrées. Si de nouvelles études de l’IRM (Hamdi et al., 2013) confirment la hausse des températures à l’avenir, elles nuancent en revanche l’évolution future du phénomène d’îlot de chaleur urbain : il se maintiendrait la nuit mais aurait plutôt tendance à diminuer en journée (en raison d’une augmentation des températures rurales) (voir le focus dédié à ce sujet).
L’augmentation des épisodes de canicules et des températures devraient également avoir des répercussions sanitaires sur l’ensemble de la Région bruxelloise : tout d’abord via la dégradation de la qualité de l’air (occurrence accrue des pics d’ozone) et ensuite via le risque croissant d’allergies et de maladies infectieuses ou transmises par des vecteurs. Les vagues de chaleur sont déjà, à l’heure actuelle, une cause très importante de problèmes de santé au sein de la population, notamment en raison des températures élevées qui persistent durant la nuit et qui empêchent les citoyens de se reposer correctement. Les liens entre les chaleurs et les surmortalités observées lors des différentes vagues (notamment de 2003, 2019 ou 2020) sont difficiles à établir, mais l’Institut national de la santé publique insiste sur la nécessité de se protéger contre les effets des fortes chaleurs pour limiter les risques.
Une autre conséquence potentiellement problématique de l’augmentation des températures est l’arrivée de nouvelles maladies, ou le retour de maladies précédemment éradiquées. En effet, des étés plus chauds et plus longs et/ou un climat généralement plus humide peuvent permettre l’installation d’insectes responsables de maladies telles que la maladie de Lyme (voir Focus et Fiche documentée n°44), la dengue ou la malaria (moustiques), ou d’autres maladies transportées par des organismes au sang froid pour lesquels l’augmentation des températures à nos latitudes favoriserait l’expansion.
Le ressenti de la chaleur en ville risque d’accroître le recours à la climatisation des bâtiments : or compte tenu de l’impact de la climatisation sur l’effet de serrePhénomène naturel à l'origine du maintien de la température de l'atmosphère. L'atmosphère terrestre agit comme un filtre qui laisse passer certains rayons lumineux du soleil et retient suffisamment de chaleur pour assurer à la Terre une température propice à la vie. Les activités humaines sont, du fait de la libération dans l'air de gaz à effet de serre, à l'origine d'une augmentation du phénomène. L'augmentation incontrôlée de l'effet de serre pourrait provoquer une augmentation de la température du globe. Schématiquement, la terre reçoit à la fois un rayonnement provenant directement du soleil et un rayonnement réfléchi par l'atmosphère, ce qui entraîne une élévation des températures moyennes à la surface., cette réaction contrecarrerait les politiques d’atténuation menées dans le même temps.
Au niveau du transport et des infrastructures, un risque permanent de perturbation des transports lors d’épisodes météorologiques extrêmes est identifié, ainsi qu’une vulnérabilité accrue et une mauvaise adaptation des infrastructures de transport et du bâti aux canicules et aux sécheresses avec un renforcement attendu de l’effet d’îlot de chaleur urbain.
Une des autres vulnérabilités de la Région est son exposition grandissante au risque d’inondation (voir le focus dédié aux inondations) liée à une urbanisation et une imperméabilisation croissantes. Selon les modèles climatologiques, les précipitations hivernales devraient augmenter, entrainant un risque accru d’inondations à cette saison. Si les précipitations estivales tendraient a contrario à diminuer, les températures plus élevées pourraient occasionner une instabilité des masses d’air et déclencher plus d’orages : même si ce scénario est entaché d’incertitudes, le principe de précaution conduit à tenir compte d’un risque d’inondation également plus élevé en saison estivale.
Un autre impact notable des changements climatiques concerne le débit des cours d’eau, la recharge des nappes et la qualité des eaux de surfaceOn fait habituellement la distinction entre l’eau de mer et les eaux intérieures, lesquelles sont à leur tour subdivisées en eaux de surface et eaux souterraines. Les eaux de surface font référence à l’eau qui coule ou stagne à la surface de la terre. Elles comprennent l’eau des lacs, des rivières et des plans d’eau (étangs, bassins artificiels, mares, etc.) et souterraines. La baisse des précipitations printanières et estivales alliée à la hausse des températures devraient accentuer l’évapotranspirationL’eau de pluie est retenue au niveau du sol puis s’évapore vers l’atmosphère. La présence de plantes amplifie/augmente fortement ce phénomène.. La conséquence pour les eaux de surface serait des étiages plus sévères (c’est-à-dire une baisse du débit minimum des cours d’eau), entrainant ensuite une moindre dilution des polluants dans les cours d’eau et par conséquent, une détérioration de la qualité des eaux de surface. Pour les étangs, l’eutrophisationApport excessif d'éléments nutritifs dans les eaux, entraînant une prolifération végétale, un appauvrissement en oxygène et un déséquilibre de l'écosystème. risquerait également de s’amplifier. En ce qui concerne les eaux souterraines, la recharge des nappes pourrait être compromise dans le cas où le déficit d’approvisionnement au printemps ne compenserait pas la hausse de celui-ci en hiver. L’enjeu est notamment ici la préservation de la masse d’eau du Bruxellien, qui est utilisée pour la production d’eau potable.
La dernière atteinte majeure identifiée est l’impact sur la biodiversité et la forêt de Soignes. Tout d’abord, les peuplements forestiers pourraient souffrir d’un moins bon ancrage racinaire (consécutif du stress hydriqueLe stress hydrique est une situation critique qui surgit lorsque les ressources en eau disponibles sont inférieures à la demande en eau., de la baisse du nombre de jours de gel…) et être moins aptes à résister à des vents forts. Mais surtout, les changements climatiques pourraient modifier l’adaptation des espèces à leur environnement et leur aire de répartition. Dans le cas de la forêt de Soignes, cet impact affecterait aussi bien les essences forestières que les espèces animales ou végétales qui y sont liées (par exemple, lors des processus de pollinisation ou en lien avec des transmissions de maladies) (voir « Forêt de Soignes et risques associés au changement climatique » & « Etat sanitaire des hêtres et chênes en forêt de Soignes »). Le manque de connectivité entre les habitats accentue la vulnérabilité des espèces rencontrées en Région bruxelloise (voir « Fragmentation et isolement des espaces verts »). La conservation de l’état de santé de la Forêt de Soignes devra alors passer, comme le recommandent la plupart des experts, par la localisation des arbres dans les meilleures conditions possibles, et par la diversification des espèces afin de diluer les risques et de profiter des interactions bénéfiques entre essences pour ce qui est de l’accès aux ressources. En Forêt de Soignes, où le hêtre et le chêne couvrent 78% de la superficie, on prévoit donc un abaissement de la proportion du hêtre de 57% à 46%, dont 20% pour la hêtraie cathédraleForêt de hêtres ou riche en hêtres qui ne laissent filtrer que très peu de lumière, à la façon des vitraux d'une cathédrale., important patrimoine historique pour la RBC
Enfin, l’augmentation des températures pourra également favoriser la propagation d’espèces envahissantes (voir « Espèces exotiques envahissantes »). Là aussi, la diversification des essences forestières permettra de lutter contre l’arrivée d’insectes ravageurs.
Le tableau ci-dessous illustre les différentes vulnérabilités de la Région.
Principales vulnérabilités et opportunités de la Région bruxelloise suite à l’évolution attendue du climat
Source : Extrait du résumé exécutif de l’étude sur l’adaptation au changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc. en Région de Bruxelles-Capitale (à l’exclusion des impacts sur le tourisme), 2012
Quelques opportunités
L’identification des aspects positifs des changements climatiques est aussi prise en compte dans les travaux sur l’adaptation, quel que soit le niveau spatial ou institutionnel, du GIEC aux exercices régionaux.
Les opportunités identifiées dans l’étude découlent essentiellement de la baisse attendue des vagues de froid et du nombre de jours de gel :
- Tout d’abord, la baisse des besoins de chauffage des bâtiments entrainerait une diminution de la consommation énergétique et des émissions de polluants atmosphériques associés lors de la saison froide ;
- Ensuite, l’amélioration de la qualité de l’air (évoquée ci-dessus) ainsi que la diminution des vagues de froid devraient diminuer les problèmes sanitaires pendant la saison froide ;
- Enfin, les dégâts liés au gel devraient régresser tant sur les peuplements forestiers que sur les infrastructures de transport routier, ferroviaire ou de réseau électrique.
Une autre opportunité a été mise en lumière, en lien cette fois-ci avec l’élévation supposée de la température : l’augmentation de la croissance végétale, et en particulier, de la croissance forestière.
Cependant les travaux insistent sur leur caractère transitoire et leur portée limitée : avec le niveau attendu des changements climatiques à venir, des seuils seront franchis qui les annihileront (Factor-X, Ecores, TEC, 2012).
Quelle politique d’adaptation en Région bruxelloise ?
La politique d’adaptation régionale est multidisciplinaire. Elle ne se limite pas à des mesures environnementales. En effet, des mesures sociales et socio-économiques permettent également de réduire l’exposition des populations, espèces et infrastructures aux effets néfastes des changements climatiques et donc leur vulnérabilité face à ces changements.
Les grands axes de la politique régionale d’adaptation sont définis dans le plan intégré Air-Climat-Énergie. Certaines mesures d’adaptation figurent également dans les projets de plan de gestion de l’eau (y inclus le plan de gestion des risques d’inondation) et le plan nature. Parmi les mesures d’adaptation phares figurent la réduction de l’exposition de la population au risque d’inondation, la lutte contre les effets dommageables de l’imperméabilisation des sols sur l’environnement, le développement des maillages vert, bleu (réseau hydrographiqueLe réseau hydrographique regroupe l’ensemble des cours d'eau, étangs, mares, zones humides… de surface) et gris (réseau d’égouttage) ou encore la rénovation énergétique du bâti. Bien souvent, l’accent est mis sur les populations les plus vulnérables. En outre, le futur plan de gestion de la forêt de Soignes inclura des mesures permettant d’augmenter la résilience de la forêt aux changements climatiques (diversification des essences, etc.).
Les mesures d’adaptation sont des mesures dites « sans regret », c’est-à-dire des mesures aux bénéfices environnementaux et sociaux plus larges que l’adaptation aux changements climatiques seule. Elles sont assurément favorables au développement des écosystèmes naturels, à la cohésion sociale et à la qualité de vie, indépendamment des changements climatiques.
À télécharger
Fiche(s) documentée(s)
- 1. Suivi et prévision de la pluviométrie en Région bruxelloise (.pdf)
- 2. Evolution passée du climat en Région bruxelloise – Température et précipitations (.pdf)
- 3. La Région de Bruxelles-Capitale face au changement climatique (.pdf)
- 6. Évolution future du climat en Belgique et en Région de Bruxelles-Capitale et conséquences et risques associés (.pdf)
Fiche(s) de l’Etat de l’Environnement
- Forêt de Soignes et risques associés au changement climatique
- Etat de santé de la forêt de Soignes bruxelloise
- Fragmentation et isolement des espaces verts
- Espèces exotiques invasives
Etude(s) et rapport(s)
- FACTOR-X, ECORES, TEC, juillet 2012. « L’adaptation au changement climatique en Région de Bruxelles-Capitale : élaboration d’une étude préalable à la rédaction d’un plan régional d’adaptation ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement. 252 pp. (.pdf)
- FACTOR-X, ECORES, TEC, octobre 2012. Résumé exécutif de l’étude « L’adaptation au changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc. en Région de Bruxelles-Capitale : élaboration d’une étude préalable à la rédaction d’un plan régional d’adaptation ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement. 7 pp. Diffusion restreinte.
- INSTITUT ROYAL METEOROLOGIQUE DE BELGIQUE (IRM), 2020. « Rapport Climatique 2020 – De l’information aux services climatiques ». 92 pp. (.pdf)
- HAMDI, R., VAN DE VYVER, H., DE TROCH, R. and TERMONIA, P. (IRM), juin 2013. « Assessment of three dynamical urban climate downscaling methods: Brussels's future urban heat island under an A1B emission scenario ». International Journal of Climatology (2013), 34: 978–999. DOI:10.1002/joc.3734. 22 pp. (.pdf) [seulement en EN]
Plan(s) et programme(s)