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  3. Exposition aux ondes électromagnétiques

Exposition aux ondes électromagnétiques

3G, 4G, 5G… Source d’évolutions technologiques mais aussi de rayonnements ou ondes électromagnétiques. Quelle est l’exposition de la population à Bruxelles, liée à ces échanges d’informations devenus importants dans notre quotidien ?
  • Santé
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  • État des lieux de l'environnement
  • Étude
le 6 janvier 2026

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Les rayonnements non-ionisants en Région bruxelloise

Focus – Actualisation : décembre 2025 

Fin 2025, 1.254 sites actifs d’antennes comprenant 26.388 émetteurs ont été autorisés. Des contrôles réguliers sont menés pour s’assurer du respect de la norme bruxelloise. Ils montrent que l’exposition de la plus grande partie du territoire n’excède pas 2,5 V/m (à champs électrique équivalent de 900 MHz). Découvrez-en plus… 

Un rayonnement – aussi appelé une onde électromagnétique – est le résultat de la vibration couplée d'un champ électrique et d'un champ magnétique variables dans le temps. Leurs origines peuvent être naturelles (comme la lumière du soleil ou les infra-rouges rayonnés par un corps chaud) ou humaines (comme dans un four micro-onde, la lumière d’une ampoule, les ondes radio, …). C’est l’énergie que ces ondes transportent qui les différentie, qui est caractérisée par leur fréquence. A haute énergie, on parle de rayonnements ionisants, c’est à dire d’énergie suffisante que pour arracher des électrons à la matière (Ultra-Violet, rayon X, rayon gamma, …) ; tandis qu’à plus basse énergie, on parle de rayonnements non ionisants, dont notamment les ondes utilisées en télécommunication.

Un effet sur la santé ?

Les ondes électromagnétiques exercent une force sur les particules chargées électriquement dans notre corps. Des effets sur notre système biologique sont dès lors scientifiquement observables. Le mieux connu est l’effet thermique : celui-ci correspond à l’échauffement des tissus suite à l’absorption de l’énergie du champ électromagnétique, qui se convertit en chaleur exactement comme les rayonnements infra-rouges ou la lumière du soleil. Malgré leur gamme d’énergie plus faible, les ondes émises par les antennes GSM peuvent provoquer cet effet biologique. 

Même si ces ondes ont un effet sur le corps, cela n’implique cependant pas automatiquement qu’elles présentent un risque pour la santé. Le risque apparaît en effet quand les effets sont trop puissants pour que le corps soit en mesure de s’y adapter naturellement. Le seuil d’apparition des effets biologiques a été identifié pour un « débit d’absorption spécifique » de 4W/kg, valeur à partir de laquelle le corps ne serait plus capable d’évacuer convenablement la chaleur. Ce qui nécessiterait par exemple un champ global de plus de 292 V/m à 900 MHz. Cette valeur est donc considérée comme un seuil au-delà duquel l’exposition pour l’homme est néfaste. Ainsi, sur base de ce seuil et du principe de précaution, la Commission Internationale de Protection contre les Rayonnements Non Ionisants (ICNIRP) de l'Organisation Mondiale de la Santé a recommandé en 1998 puis en 2020 de limiter l’exposition de la population à des rayonnements ne dépassant des valeurs définies en fonction de la fréquence. Les effets présumés en dépendent en effet, les ondes étant plus ou moins absorbées dans le corps. Pour 900 MHz, cette valeur correspond à 41,2 V/m. Cette recommandation a été relayée par la Commission Européenne en 1999. 

Il y a peut-être encore d’autres effets sur la santé, que la science n’a pas encore pu démontrer à l’heure actuelle, car les études ne sont ni unanimes ni suffisamment avancées (Stratec, 2022) :

  • des effets potentiels ressortent de certaines études : cancérigènes, génétiques, immunologiques, cérébraux, neurologiques, sur la reproduction et le développement. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) classe ainsi les rayonnements électromagnétiques parmi les cancérigènes possibles. Aucune relation causale n’a cependant pu être assurée à ce stade.
  • Il existe également le syndrome de l’hypersensibilité électromagnétique. Celui-ci correspond à des symptômes non spécifiques (tels que des maux de tête et des vertiges) qui sont attribués à l’exposition aux fréquences radio. A ce jour, les études effectuées n’ont pas non plus permis d’établir un lien de causalité entre champs électromagnétiques et symptômes associés à l’hypersensibilité électromagnétique. En conséquence, l’état fédéral ne reconnait pas ce phénomène.

Il convient donc de considérer ces ondes avec prudence en veillant à un principe de précaution.

Notons que, dans son rapport de 2024, le comité d’experts sur les radiations non ionisantes indique que, compte-tenu du peu de publications concernant les effets des fréquences mises en œuvre pour la 5G (3,5 - 26 GHz) pour le grand public, aucune conclusion ne peut encore être proposée en termes de risque pour les personnes. Des études supplémentaires de qualité sont donc nécessaires pour une évaluation pertinente des risques liés à ces bandes de fréquences.  Néanmoins, aujourd’hui, la 5G est uniquement déployée, à Bruxelles et dans le reste des pays de l’Union Européenne, sur des bandes de fréquences allant de 0,7 à 3.8 GHz.

Quelles sont les normes légales à Bruxelles ?

La limite d’exposition à Bruxelles est fixée via une ordonnance de 2007 et ses modifications ultérieures (dont en 2023). Elle varie en fonction de la fréquence :

« Dans toutes les zones accessibles au public à l’intérieur et à l’extérieur, les densités de puissance du rayonnement des radiations non ionisantes ne peuvent dépasser, à aucun moment, les valeurs suivantes dans les zones accessibles au public à l’intérieur (Sint, correspondant aux locaux d’un bâtiment dans lesquels des personnes peuvent ou pourront séjourner régulièrement) et dans les zones accessibles au public à l’extérieur (Sext) :

Normes légales à Bruxelles

Lire le texte de transcription

Pour les fréquences allant de 0,1 à 400 MHz :

  • 0,2497 W/m² pour les zones à l'extérieur
  • 0,0994 W/M² pour les zones à l'intérieur.

Pour les fréquences allant de 400 à 2000 MHz :

  • f/1597,28) W/m² pour les zones à l'extérieur
  • (f/4012,19) W/M² pour les zones à l'intérieur.

Pour les fréquences allant de 2 à 300 GHz :

  • 1,2539 W/m² pour les zones à l'extérieur
  • 0,4992 W/M² pour les zones à l'intérieur.

où f est la fréquence exprimée en MHz.». 

Pour la fréquence de référence de 900 MHz, la limite d’exposition aux radiations non ionisantes est donc de :

  • A l’intérieur : 9,19 Volts/mètre (en champs électrique) ou 0,2243 W/m² (en densité de puissance) ;
  • A l’extérieur : 14,57 Volts/mètre (en champs électrique) ou 0,5635 W/m² (en densité de puissance).

La norme porte sur l’effet de toutes les antennes émettrices combinées. Tous les opérateurs de téléphonie peuvent donc installer leurs propres antennes, mais ils doivent s’assurer qu’ils respectent ensemble la norme d’exposition aux champs électromagnétiques.

Elle concerne les antennes émettant des radiations non ionisantes à des fréquences entre 0.1 MHz et 300 GHz. A savoir :

  • Les antennes de téléphonie mobile (2G, 3G, 4G, 5G, …) qui servent à la communication entre les personnes ou entre les entreprises (via les opérateurs Orange, Proximus, Telenet et DIGI) ou à la communication des services de secours, de la police, des réseaux SNCB et STIB, du trafic aérien, de la défense nationale ;
  • Les antennes broadcast (radio, TV), qui peuvent néanmoins potentiellement bénéficier d’un régime d’exception lorsque, du fait de la présence de rayonnements broadcast, les opérateurs télécom n’arrivent pas à respecter les normes tout en assurant une couverture minimale.

Bon à savoir

Les normes retenues sont 20 à 32 fois plus basses que le seuil de danger potentiel identifié, et 2,8 à 4,5 fois plus basses que le seuil recommandé par l’ICNIRP à 900 MHz. Elles sont en outre plus strictes qu’en Flandre et qu’en Wallonie (où le champ électrique cumulé maximal autorisé vaut 20,6 V/m et 18,4 V/m respectivement).

Quel est le réseau actuel et comment évolue-t-il ?

D’après l’IBPT, l’administration fédérale en charge de la gestion du spectre électromagnétique des fréquences radio et de la régulation du marché des communications électroniques, l’ensemble de la Région de Bruxelles-Capitale est couverte par la 2G, la 3G et la 4G. Les antennes 5G implantées en Région bruxelloise commencent à être activées depuis le mois de juillet 2023.

Au 02/12/2025, on comptait à Bruxelles 1254 sites actifs d’antennes tous opérateurs confondus (Telenet, Proximus, Orange, DIGI, SNCB, STIB, réseau de sécurité ASTRID). La localisation des sites concernés, les principales caractéristiques techniques ainsi que les simulations de l’exposition électromagnétique sont disponibles sur une carte, en fonction du statut du dossier (instruction, valide, invalide) et du type de dossier (indoor, outdoor et broadcast).

Bon à savoir

Les statistiques présentées ici correspondent aux données collectées par Bruxelles Environnement lors des délivrances des permis d’environnement, des déclarations et des notifications. Elles ne représentent donc pas le nombre d’antennes réellement allumées dans la Région, mais plutôt le maximum autorisé et déclaré. Par exemple, un opérateur peut décider de ne pas activer un des sites pour lesquels il a entrepris des démarches.

Le nombre total d’émetteurs présents sur le territoire bruxellois varie en fonction de leur technologie. Au 3 décembre 2025, il y avait en Région de Bruxelles-Capitale :

  • 3523 émetteurs 2G,
  • 2771 émetteurs 3G,
  • 3876 émetteurs 4G,
  • 11.865 émetteurs en « dynamic spectrum sharing 4G-5G »,
  • 4262 émetteurs actifs 5G, et
  • 91 émetteurs sur des sites « divers » (réseau Astrid, STIB, SNCB, Broadcast, …)

Le nombre d’antennes 2G et 3G était resté relativement constant entre 2015 et 2024, mais a diminué en 2025, alors que le nombre d’antennes 4G continue d’augmenter (en particulier la 4G+). Pour ce qui est de la 5G, les opérateurs ont commencé à adapter leurs sites en fonction du contexte légal en 2023. Son déploiement a été plus marqué en 2025, avec près de 4.000 émetteurs actifs supplémentaires.

Le nombre total d’émetteurs augmente régulièrement

Source : Bruxelles-Environnement, d’après les délivrances des permis d’environnement, des déclarations et des notifications au 3/12/2025
Graphique : Le nombre total d’émetteurs augmente régulièrement

Lire le texte de transcription

Le nombre total d'émetteurs autorisés est passé de 10.735 en 2015 (2G, 3G, 4G et divers) à 20.679 en 2023 (2G, 3G, 4G, 4G+, 5G et divers)

Et quel est le niveau d’exposition à Bruxelles ?

Au-delà des modélisations faites lors de l’octroi des permis d’environnement pour les antennes émettrices, Bruxelles Environnement procède à 3 types de contrôle régulier afin de s’assurer du respect de la norme d’exposition des bruxellois aux champs électromagnétiques.

1/ un « Drive Test »

Réalisé à l’initiative de Bruxelles Environnement, le « Drive Test » est un relevé de mesures du champ électromagnétique effectué chaque année sur un parcours fixe à Bruxelles. L’objectif est notamment :

  • d’estimer le champ électromagnétique global et de monitorer l’évolution de l’exposition électromagnétique sur le parcours ;
  • d’évaluer la correspondance entre les simulations et les mesures de terrain.

Les mesures sont réalisées au moyen d’appareils qui peuvent mesurer des fréquences jusqu’à 6 GHz. Ils sont donc capables de mesurer l’ensemble des signaux de la téléphonie mobile (2G, 3G, 4G, 5G) ainsi que ceux qui servent à la SNCB, à la STIB, aux services de secours, … Une mesure est réalisée tous les 5 mètres. Durant le trajet, aucun tunnel n’est emprunté. A partir des mesures faites, pour pouvoir quantifier l’exposition et suivre son évolution au cours du temps, les différents services de téléphonie, de radiodiffusion et de télévision sont extraits des mesures et des grandeurs statistiques sont calculées (voir le rapport du drive test pour plus de détail). 

Un tel test a été réalisé en 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2023 et 2024.

Les mesures réalisée en 2024 montrent que sur plus que les trois quarts du parcours, le  champ électrique équivalent 900 MHz est inférieur à 1 V/m. L’exposition aux champs électromagnétiques reste inférieure à 6 V/m sur tout le parcours de mesure.

Globalement, l’exposition totale en Région de Bruxelles Capitale est contenue

Source : Bruxelles-Environnement, d’après les mesures réalisées lors du « Drive Test » de 2024
Champ électrique équivalent 900 MHz pour tous les services cellulaires confondus
Graphique :Globalement, l’exposition totale en Région de Bruxelles Capitale est contenue

Les détections de signal dans les bandes 700 MHz, 1400 MHz et 3600 MHz, qui correspondent à celles utilisées pour les réseaux de communication de 5e génération (5G), restent très peu nombreuses, mais en forte augmentation par rapport aux mesures de 2023. Les intensités mesurées dans ces bandes sont elles aussi en augmentation. Ces observations reflètent le développement du réseau 5G à Bruxelles, bien que son utilisation demeure marginale.

Les résultats montrent en outre une très légère augmentation des valeurs mesurées par rapport à 2023 dans toutes les autres bandes, qui correspondent à la densification du réseau existant, encore très utilisé. 

2/ une simulation globale de Bruxelles

Une simulation globale des émissions électromagnétiques sur la Région bruxelloise est également réalisée. Grâce au logiciel de simulation Mithra REM, l’exposition est calculées à partir des données techniques de l’ensemble des antennes émettrices autorisées dans les permis d’environnement. Cette simulation permet de s’assurer du caractère toujours actuel des simulations effectuées lors de la délivrance des permis d’environnement. En effet, une modification des bâtiments entre temps pourrait impliquer un dépassement qui serait alors détecté.

Par ailleurs, es résultats obtenus sont croisés avec les mesures effectuées lors de « drive tests » afin de les valider : la comparaison montre que les simulations sont corrélées aux valeurs mesurées sur le terrain et surestiment le cas échéant l’exposition par rapport à la réalité et jamais l’inverse. 

La dernière modélisation disponible date de 2024. Elle montre que l’exposition moyenne aux ondes électromagnétiques est bien plus faible que la valeur de la norme.

En 2024, 90% du territoire (au sol) était exposé à moins de 2 V/m

Source : Bruxelles-Environnement, d’après les modélisations globales des émissions électromagnétiques réalisées à l’aide du logiciel Mithra REM, à champ électrique équivalent 900 MHz pour tous les services cellulaires confondus.
Graphique : En 2024, 90% du territoire (au sol) était exposé à moins de 2 V/m

Ainsi, dans les faits, en 2024 :

  • 55 % du territoire au sol est exposé à moins de 0.5 V/m ;
  • 90 % du territoire au sol est exposé à moins de 2 V/m ;
  • En façade intérieure de bâtiments, 95 % des surfaces sont inférieures à 2.5 V/m. 

3/ Les extraits de l’ « Operations and Maintenance Center »

Plusieurs fois par an, Bruxelles Environnement demande aux opérateurs principaux (Orange, Proximus, Telenet) des extraits de leur « Operations and Maintenance Center – OMC ».

Ce contrôle permet de vérifier que les paramètres techniques des émetteurs présents à Bruxelles correspondent bien à ceux autorisés dans les permis d’environnement associés.

Si un décalage est observé par le biais de cet outil, il est exigé qu’il soit corrigé dans les plus brefs délais par l’opérateur concerné.

Par ailleurs, ces extraits permettent à l’administration de savoir à partir de quand les antennes autorisées par un permis sont mises en œuvre et démantelées.

À télécharger

Publications de Bruxelles Environnement

  • Rapport de mesures Drive Test dans Bruxelles, octobre 2024 (.pdf)

Etude(s) et rapport(s)

  • Stratec, avril 2022. "Avant-projet d’ordonnance modifiant l’ordonnance du 01/03/2007 relative à la protection de l’environnement contre les éventuels effets nocifs et nuisances provoqués par les radiations non ionisante – Rapport sur les Incidences Environnementales". Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement. Rapport final. 90 pp. (.pdf)
  • Comité d’experts sur les radiations non ionisantes, Rapport annuel. 56 pp. (.pdf)
  • Commission Internationale de Protection contre les Rayonnements Non Ionisants (ICNIRP), 1998. « ICNIRP guidelines for limiting exposure to time-varying electric,magnetic and electromagnetic fields (up to 300 GHz) », Health Physics n° 74 (4), pages 494-522 (.pdf ; en Anglais uniquement)
  • Commission Internationale de Protection contre les Rayonnements Non Ionisants (ICNIRP), 2020. « ICNIRP guidelines for limiting exposure to electromagnetic fields (100 kHz to 300 GHz) », Health Physics n° 118 (5), pages 483-524 (.pdf ; en Anglais uniquement)

Liens utiles

  • Dangereuses, les antennes ?
  • Normes légales d’exposition aux ondes électromagnétiques en RBC
  • Comment les normes sont-elles contrôlées ?
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