Le chauffage au bois en ville
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Tableaux complexes
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Lorsqu'il est utilisé dans une chaudière performante, le bois peut constituer une source d'énergie durable, sans impact négatif sur la santé. En revanche, son usage dans des foyers ouverts ou poêles à faible rendement, nuit à la qualité de l’air. Même si, à Bruxelles peu de ménages se chauffent principalement au bois, ce type d’installation représente une source importante de pollution aux particules fines. En 2025,un premier jalon réglementaire a été posé par le Gouvernement bruxellois, qui s’est engagé à sensibiliser les citoyens aux nuisances associées à la combustion du bois sous toutes ses formes.
Chauffage au bois : que dit la réglementation bruxelloise ?
Voici les obligations entrées en vigueur le 1er janvier 2025 relatives aux systèmes de chauffage au bois :
- Les poêles et les chaudières placés après cette date doivent respecter les exigences de la directive écoconception (règlements européen 2015/1185 et 2015/1189). En d’autres mots, les anciens poêles d’occasion ne peuvent plus être placés en Région de Bruxelles-Capitale.
Le respect des exigences de la directive écoconception peut être vérifié à l’aide de l’étiquette énergétique du produit ou à l’aide de la documentation fournie par le fabricant.
- Les cheminées auxquelles sont raccordés des appareils de chauffage au bois doivent être inspectées et nettoyées chaque année.
- Les appareils de chauffage au bois ne peuvent plus émettre de fumée visible ou odorante, sauf s’il s’agit de vapeur d’eau. Cette mesure vise à mettre fin aux poêles et foyers ouverts qui rejettent des fumées colorées durant des heures.
- Les chaudières alimentées par des combustibles solides (bûches, briquettes, plaquettes, granulés, pellets ou autre dérivés solides de biomasseEnsemble des végétaux et des animaux, ainsi que des déchets organiques qui leur sont associés. La biomasse végétale provient de la photosynthèse et constitue une source d'énergie renouvelable.) doivent faire l’objet chaque année d’un contrôle périodique PEB qui comprend un entretien ainsi que la vérification du respect d’exigences en matière d’émissions de polluants. À l’issue de cette inspection, une attestation de contrôle périodique PEBDocument établi par un technicien ou une technicienne chaudière PEB après avoir effectué un contrôle périodique d'une chaudière ou d'un chauffe-eau. Ce document comprend un aperçu de l'entretien, la vérification des exigences PEB relatif à la sécurité, l'état et le rendement, et atteste si la règlementation PEB est respectée ou pas. doit être transmise à Bruxelles Environnement et au propriétaire.
- On ne peut pas utiliser un appareil de chauffage au bois sur le territoire régional en cas de pic de pollution lorsque la qualité de l’air est mauvaise, sauf s’il s’agit du seul moyen de chauffage de votre domicile.
Les installations de chauffage soumises à un permis d’environnement
Les installations qui utilisent des combustibles pour produire de l'énergie, comme des chaudières ou des fours, doivent obtenir un permis d’environnement si elles ont une puissance absorbée de 100 kW ou plus. Cette exigence de permis s’applique également si un dépôt de combustible solide (comme du charbon ou du bois) occupe une surface supérieure à 100 m2. Cette démarche vise à s'assurer que ces installations respectent des normes environnementales
Selon votre situation, d’autres obligations peuvent également s’appliquer :
- le Code du Logement Bruxellois
- la réglementation sur la prévention des incendies
- un règlement de copropriété
- les clauses de votre assurance habitation
- les règlementations sur le bien-être au travail…
Réglementation
Retrouvez la réglementation PEB pour l’installation d’un chauffage dans un logement.
Qui peut réaliser le contrôle périodique PEB de votre chaudière au bois ?
Depuis le 1er janvier 2025, les chaudières alimentées au bois doivent faire l’objet d’un contrôle périodique PEB.
Voici les professionnels qui peuvent le réaliser:
- un technicien, une technicienne chaudière PEB
- un technicien, une technicienne qui dispose d’un certificat de formation d’un fabricant de chaudière (à joindre à l’attestation de contrôle périodique PEBDocument établi par un technicien ou une technicienne chaudière PEB après avoir effectué un contrôle périodique d'une chaudière ou d'un chauffe-eau. Ce document comprend un aperçu de l'entretien, la vérification des exigences PEB relatif à la sécurité, l'état et le rendement, et atteste si la règlementation PEB est respectée ou pas.)
- un installateur, une installatrice, certifié ResCert pour les chaudières biomasseEnsemble des végétaux et des animaux, ainsi que des déchets organiques qui leur sont associés. La biomasse végétale provient de la photosynthèse et constitue une source d'énergie renouvelable.
Retrouvez la liste des professionnels, professionnelles agréés.
Bon à savoir
Pour être averti en cas de pic de pollution, téléchargez l'application Brussels Air ou inscrivez-vous sur le site de la Cellule Interrégionale de l'Environnement (CELINE).
Quels rendements et quels taux d’émissions des appareils de chauffage au bois ?
La panoplie des appareils de chauffage au bois est très large. Retrouvez dans ce tableau leur rendement énergétique selon leur modèle et leur année de construction.
|
Appareils |
Avant 1996 |
1997 à 2004 |
2005 à 2011 |
Après 2012 |
|
Foyers ouverts |
10% |
10% |
10% |
10% |
|
Foyers fermés/inserts |
45% |
60% |
65% |
70% |
|
Poêles au bois |
45% |
65% |
70% |
75% |
|
Poêles à granulés |
/ |
80% |
85% |
85% |
|
Chaudière au bois |
65% |
70% |
75% |
80% |
|
Chaudières à granulés |
/ |
85% |
90% |
90% |
Source : Données des rendements des appareils de chauffage au bois issues d’une étude réalisée en 2015 pour l’ADEME, Agence française de la transition écologique (confirmées par des données du VITO centre de recherche européen pour la transition durable, de Valbiom, centre de référence de l’économie biosourcée en Wallonie, et du projet européen BeReal).
90% de l’énergie « contenue » dans le bois est perdue lorsqu’il est utilisé dans un foyer ouvert et plus de 40% quand il est utilisé dans un ancien poêle !
Au niveau des particules, la comparaison des émissions entre les anciens poêles, les foyers ouverts, les poêles nouvelle génération et les chaufferies performantes est significative :
On constate des différences notables entre les appareils d’anciennes et de nouvelles générations, en matière d’émissions de monoxyde de carbone ou CO (cause d’intoxication). Cela concerne aussi d’autres polluants comme les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV) dont les des hydrocarburesCe sont des composés organiques liquides constitués de carbone et d’hydrogène dérivés du pétrole. Le mazout, l’essence et d’autres types d’huiles minérales en font partie. Ces huiles ont la particularité d’avoir une faible densité. Lorsqu’elles s’infiltrent dans le sol, elles peuvent atteindre l’eau souterraine et y former une couche flottante. aromatiques polycycliques (HAP).
Des émissions de particules nocives pour la santé
Les émissions émises par les anciens appareils de chauffage au bois ont un impact sur la qualité de l’air extérieur et intérieur.
Plusieurs études rigoureuses ont démontré les effets nocifs de ces particules fines et de ces polluants sur la santé, en augmentant le risque de maladies cardio-vasculaire et respiratoires. Selon le niveau d’exposition, cela peut réduire l’espérance de vie de plusieurs années. Le choix du mode de chauffage, la bonne installation, la bonne utilisation et la ventilation du local sont donc essentiels. Il convient dès lors de proscrire les appareils les moins performants qui émettent beaucoup de particules et de CO, tels que les foyers ouverts, les anciens poêles et les anciens inserts (fabriqués avant 2007, voire 2012) au bénéfice des chaufferies de dernière génération.
Vous installez un appareil de chauffage au bois ? Voici quelques règles à suivre
Retrouvez les principales recommandations en matière de sécurité, de normes et d’obligations lors de l’installation d’un chauffage au bois.
- Dans le cas d’une copropriété
Le placement d’une installation de chauffage qui implique la modification ou le raccordement à des parties communes, nécessite un accord de l’association des copropriétaires. Le projet doit également respecter le règlement de la copropriété.
- Le choix de l’appareil
Choisissez un appareil dont le label énergétique est au minimum A+ et qui respecte les normes d’écoconception (également nommé Ecodesign ou ErP).
- Le traitement des fumées
Pour réduire les émissions de particules, placez un dispositif de traitement des fumées, soit un filtre à manche ou un électrofiltre. Il ne s’agit pas d’un catalyseur dont le rendement ne permet pas d’abaisser suffisamment les émissions de particules. Certains poêles et chaudières sont équipés d’un dispositif qui permet de faire recirculer les gaz de combustion (appelé aussi double ou triple combustion) et d’abaisser ainsi fortement les émissions de particules.
- La ventilation du local
Tout local où se trouve un appareil qui prélève l’air comburant doit être équipé d’une amenée d’air extérieur. Ceci assure le bon fonctionnement de l’appareil, mais permet surtout de prévenir les intoxications au CO ! Les appareils dit « étanches » qui prélèvent l’air comburant à l’extérieur sont bien sûr à privilégier.
- La prévention des incendies
Placez l’appareil sur une surface résistante au feu, à l’écart de tout matériau inflammable. Installez un détecteur de fumées et de CO, sans oublier de le tester régulièrement. Un extincteur doit être également prévu.
Pour les nouveaux bâtiments, les normes de prévention des incendies sont d’application.
- Le stockage du bois
Le stockage doit être réalisé à l’abri de la pluie. S’il est effectué à l’intérieur, le local doit être sec, propre, ventilé et aucun produit inflammable ne doit être stocké dans ce local.
- L’emploi d’un professionnel qualifié
Faites appel à un professionnel, une professionnelle, qualifié et demandez, avant le choix de votre installation, une note de dimensionnement. Celle-ci vous permettra de vous assurer que le chauffage répondra à vos besoins thermiques.
Pour l’installation, adressez-vous à un installateur certifié ResCert pour le chauffage à biomasseEnsemble des végétaux et des animaux, ainsi que des déchets organiques qui leur sont associés. La biomasse végétale provient de la photosynthèse et constitue une source d'énergie renouvelable. ou à un installateur reconnu par le fabricant, afin de vous assurer du respect des prescriptions du fabricant.
Comment bien utiliser votre installation de chauffage au bois ?
Le rendement des appareils et les émissions de polluants qu'ils dégagent dans l’atmosphère dépendent de la manière dont on les utilise. Voici quelques conseils et bonnes pratiques pour limiter l’impact environnemental de votre chauffage au bois.
- Choisissez un combustible de qualité
Utilisez uniquement un combustible accepté par le fabricant et exempt de déchet, de vernis ou de peinture. Le combustible doit être sec. Plus il sera humide, plus la combustion produira des particules. Notez que le bois résineux (tendre) comme le pin, l’épicéa, le bouleau, le bois de palette, etc., génère des polluants nocifs pour la santé et l'environnement, notamment les hydrocarburesCe sont des composés organiques liquides constitués de carbone et d’hydrogène dérivés du pétrole. Le mazout, l’essence et d’autres types d’huiles minérales en font partie. Ces huiles ont la particularité d’avoir une faible densité. Lorsqu’elles s’infiltrent dans le sol, elles peuvent atteindre l’eau souterraine et y former une couche flottante. aromatiques polycycliques (HAP). Ces essences peuvent cependant être utilisées dans des poêles à accumulation de chaleur ou des poêles de masse, tels que des poêles en stéatite ou des poêles en faïence.
- Optez pour un combustible durable
Limitez les kilomètres parcourus par le combustible, en privilégiant du bois en provenance de Belgique ou des pays limitrophes. Vérifiez également qu’il soit issu de forêts ou d’autres filières gérées de façon durable, via les certifications FSC, PEFC et en Wallonie, la marque « bois local ».
- Appliquez les bonnes pratiques
1. Utilisez des allume-feux naturels et la technique de l’allumage par le haut (également appelé « inversé » ou « top down »), qui consiste à déposer les bûches en dessous en les disposant de façon à bien laisser passer l’air et ensuite déposer le petit bois, puis l’allume-feu. Au moment de l’allumage, le réglage de l’arrivée d’air doit être ouvert au maximum.
Bon à savoir
- Le taux d’humidité des bûches doit être inférieur ou égal à 20%. Pour y parvenir, laissez le bois sécher durant minimum 2 ans à l’abri de la pluie et en évitant le contact avec le sol.
- Le taux d’humidité des granulés (ou pellets) et des briquettes doit être inférieur ou égal à 10%. Leur combustion génère généralement moins de particules que les bûches.
2. Ne faites pas fonctionner votre appareil à bas régime, même la nuit. Une fois le feu démarré, veillez à toujours conserver une température suffisamment élevée pour maintenir une bonne combustion. Les flammes doivent être vives et orangées.
3. Respectez les prescriptions du fabricant en matière de réglage de l’arrivée d’air. Ceci permet de limiter les émissions de particules, ainsi que l’encrassement de votre appareil et de la cheminée.
4. Nettoyez régulièrement votre appareil. Pour un poêle, vider le bac à cendres est généralement recommandé tous les 3 jours et enlever les cendres du foyer à l’aide d’un aspirateur toutes les semaines.
5. Vérifiez que la ventilation du local où se trouve l’appareil permet en permanence un renouvellement d’air afin d’éviter un risque d’intoxication au CO.
6. Comme le prévoit la règlementation, faites appel chaque année à un professionnel, une professionnelle pour inspecter et nettoyer la cheminée.
Quel avenir pour le chauffage au bois en Région bruxelloise ?
Les ressources en combustibles issus de la biomasseEnsemble des végétaux et des animaux, ainsi que des déchets organiques qui leur sont associés. La biomasse végétale provient de la photosynthèse et constitue une source d'énergie renouvelable. sont rares sur le territoire de la Région bruxelloise. En effet, le bois et ses dérivés (briquettes, plaquettes, granulés, pellets ou autre forme de biomasse solide) ne sont pas disponibles en grandes quantités, la filière bois étant relativement restreinte. Ces combustibles doivent donc être importés, ce qui engendre davantage d'impact écologique.
En outre, les foyers ouverts et les poêles fabriqués avant 2007 ne font clairement pas partie de l’avenir du chauffage à Bruxelles car ils ne permettent pas répondre aux ambitions de la Région en matière de performance énergétique et de qualité de l’air.
Par ailleurs, le développement du chauffage au bois est entravé à Bruxelles pour d’autres raisons :
- Le manque de place pour le stockage du combustible
- Le type de logements constitué à 60% d’appartements
- Les risques d’incendie et d’intoxication au CO qu’il peut impliquer
- L’impact sur le trafic routier
Liens utiles
Pour en savoir plus sur le chauffage au bois en Région bruxelloise :