Chauffage durable : pourquoi attendre ?
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Les énergies fossiles sont appelées à disparaître progressivement au cours des prochaines décennies. L’Europe vise une sortie totale de ces sources d’ici 2050. Face à ce changement majeur, il est essentiel de bien réfléchir au choix de votre futur système de chauffage : mieux vaut opter pour une solution durable. D’autant que les technologies disponibles évoluent sans cesse et offrent déjà des alternatives performantes.
Les questions essentielles avant de changer de chauffage
Avant de choisir un nouveau système de chauffage durable, pensez à :
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Réduire vos besoins en énergie
- Isoler votre logement est la priorité. Une bonne isolation vous offre en outre davantage de possibilités dans le choix des techniques de chauffage.
- Limiter la température dans votre logement : s’habiller chaudement et mettre en place de nouvelles routines pour préserver sa chaleur corporelle permettent d’éviter de monter le thermostat.
- Examiner les solutions pour vous chauffer autrement : énergie solaire, géothermie ou encore réseaux de chaleur, etc.
- Demander à un professionnel, une professionnelle de calculer les besoins thermiques de votre logement, dans une note de dimensionnement (informations sur la surface, l’isolation, les besoins thermiques, l’équipement...).
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Vérifier les options de chauffage collectif
- Le chauffage collectif, appelé à se développer en Région bruxelloise, représente de nombreux avantages : il est plus facile à décarboner pour un prix moindre en mutualisant la production de chaleur entre plusieurs bâtiments ou logements. Plusieurs options sont disponibles selon la configuration de votre immeuble : chaudière collective, pompe à chaleur ou réseau de chaleur... Les réseaux de chaleur sont en forte croissance. Un cadre régional se met progressivement en place et des projets voient le jour.
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Faire appel à des professionnels agréés
- Une professionnelle ou un professionnel agréé PEB ou certifié RESCert peut vous recommander la meilleure option de chauffage en évaluant les besoins spécifiques en chaleur de votre installation et de votre logement. Outre une note de dimensionnement, demandez plusieurs devis avant toute commande d’une nouvelle installation. Cela permet de questionner les pratiques habituelles des professionnels du secteur, qui ont souvent tendance à recommander un remplacement à l’identique.
Conseils
Contactez le service d’accompagnement de Homegrade pour un conseil sur le choix d’un système de chauffage à votre mesure.
Quel chauffage durable choisir ?
Voici un aperçu des principaux systèmes de chauffage durable et leur évaluation en termes de performances environnementales, de rendement et d'économies d'énergie sur le long terme.

Plusieurs critères entrent en ligne de compte pour choisir votre chauffage : la source d’énergie, son coût, son impact sur le climat, ainsi que son potentiel pour le futur.
Les pompes à chaleur
Les pompes à chaleur (PAC) sont les solutions de chauffages les plus performantes avec d’importantes réductions à la clé à la fois sur la facture et sur le CO2. Elles puisent l’énergie calorifique dans une source de chaleur (l’air, le sol ou l’eau) grâce au même cycle qu'un frigo.
Particulièrement adaptées aux nouvelles constructions et aux rénovations importantes, les pompes à chaleur peuvent aussi être installées dans de nombreux autres types de bâtiments, pour autant qu’ils soient bien isolés. Lorsqu’elles sont correctement installées, on estime qu‘elles peuvent être plus de 4 fois plus efficaces que les chaudières au gaz.
Leur puissance énergétique et leur faible empreinte carbone en font une solution durable et performante pour chauffer et rafraîchir votre habitat.
Bon à savoir
La PAC géothermique sol-eau est la plus performante surtout si elle dessert plus d’un logement. Il faut disposer d’un jardin pour les travaux de terrassement. Dans les autres cas, par exemple, si vous détenez un garage ou un parking, vous pouvez faire appel à une société spécialisée dans le forage en milieu urbain.
Question
Faut-il un chauffage par le sol pour installer une pompe à chaleur ?
« La performance d’une pompe à chaleur est meilleure avec des émetteurs 'basse température', comme un chauffage par le sol. Mais les radiateurs seront souvent surdimensionnés, s’ils ont été installés avant l’isolation du bâtiment, car cela faisait partie des pratiques habituelles dans les précédentes décennies. Ils pourront dès lors fonctionner à plus basse température ou être remplacés par des ventilo-convecteurs (ou équipés d’un petit ventilateur) en prêtant attention au confort des occupants et au bruit que les ventilateurs peuvent générer. »
Avantages :
- Les PAC puisent une partie de leur énergie dans l’environnement. Il s’agit donc d'une ressource théoriquement inépuisable.
- D'importantes économies d'énergie. La PAC consomme relativement peu d’électricité. Si vous disposez de panneaux solaires, la combinaison avec une PAC pourra présenter un intérêt durant l’entre-saison, si vous disposez d’un boiler thermodynamique ou à résistance électrique.
- Un excellent rendement.
Inconvénients :
- Les PAC conviennent généralement aux plus grands projets de rénovation lourde et aux nouvelles constructions.
- Les PAC air-air et air-eau enregistrent des baisses de performance (de l’ordre de 30%), en cas de température extérieure négative. Concernant les PAC hybrides, qui combinent une pompe à chaleur avec une chaudière à condensation, la température pivot est d'environ 6 °C, c’est-à-dire le seuil où l'appareil bascule automatiquement entre les deux sources de chauffage.
- Les PAC disposant d’une unité extérieure, air-air ou air-eau, présentent des contraintes : elles sont soumises à des règles à respecter en matière d’urbanisme et de bruit pour éviter des nuisances visuelles ou sonores éventuelles (.pdf).
- Les PAC consomment de l’électricité, il faut donc disposer d’une puissance électrique suffisante. Par ailleurs, les nouveaux fluides utilisés (propane, butane, ammoniac, CO2) présentent des risques de sécurité qu’il est important de maîtriser.
Entretien :
- La pompe à chaleur est le système de chauffage qui nécessite moins d’entretien qu’une chaudière.
Le chauffage au gaz
Actuellement, la chaudière au gaz reste le type de chauffage le plus répandu en Région bruxelloise. Le gaz distribué à Bruxelles est une énergie fossile. Cependant, les chaudières au gaz à condensation, grâce à leur haute performance énergétique, sont moins polluantes que les anciennes chaudières non à condensation. En remplaçant votre ancienne chaudière traditionnelle par une chaudière à condensation et en respectant toutes les exigences PEB de la règlementation sur les installations de chauffage (vérifiées lors de la réception PEB), vous pouvez réduire votre consommation d’énergie d’environ 30%.
Avantages :
- La facilité de remplacement d’une ancienne chaudière au gaz par ce nouvel équipement.
- Prix de la chaudière et de l’installation relativement abordables.
Inconvénients :
- Le prix du combustible est variable et peut évoluer à la hausse.
- Certains appareils au gaz (chaudières, chauffe-eaux ou convecteurs), qui utilisent l’air de la pièce pour la combustion, constituent une cause majeure d’intoxication au monoxyde de carbone (CO). Il est donc essentiel d’assurer une bonne ventilation et un apport suffisant d’air extérieur.
- Ce n'est pas une solution d'avenir vu la sortie progressive des énergies fossiles.
Entretien :
- Doit être obligatoirement effectué tous les 2 ans par une technicienne ou un technicien PEB agréé.
Important
Interdiction du chauffage au mazout
Depuis le 1er juin 2025, le placement de chaudières au mazout (y compris en cas de remplacement), n'est plus autorisé en Région bruxelloise sauf lors d’une dérogation.
Le chauffage électrique
Le chauffage électrique convient pour de petits espaces, les pièces utilisées ponctuellement ou celles où l’on reste longtemps immobile, comme un bureau. Il existe bon nombre d'équipements différents sur le marché : radiateurs, convecteurs, radiateurs à bain d'huile, Les radiants (qui émettent des ondes infrarouges) et couvertures chauffantes permettent de chauffer votre corps plutôt que tout l’espace, ce qui permet de consommer beaucoup moins.
L’électricité reste toutefois moins intéressante sur le plan énergétique et surtout sur le plan économique. Elle est déconseillée si vous cherchez à chauffer l'ensemble d’une pièce ou d’un logement et non une zone limitée.
Si vous envisagez de vous chauffer à l’électricité, privilégiez la pompe à chaleur, qui offre un rendement bien supérieur pour une même quantité d’énergie consommée.
Avantages :
- Système facile à installer et peu coûteux à l’achat.
- Intéressant comme système d’appoint.
- Peut être couplé à des panneaux solaires, qui produisent de l’énergie verte.
Inconvénients :
- Coût élevé à l’usage (le prix du KWh est environ 3 fois plus élevé que celui du gaz) sauf en cas de fourniture d’électricité via des panneaux photovoltaïques.
- Risques électriques : toute installation doit respecter le Règlement général sur les installations électriques du SPF Économie.
- Les chauffages électriques qui chauffent tout l’espace ont un rendement nettement plus faible (au minimum 3x plus faible) que celui des pompes à chaleur.
Entretien :
- Nécessite peu d’entretien.
Le chauffage au bois
La biomasseEnsemble des végétaux et des animaux, ainsi que des déchets organiques qui leur sont associés. La biomasse végétale provient de la photosynthèse et constitue une source d'énergie renouvelable. (bois de chauffage et pellets) peut représenter une source importante de pollution de l’air, en raison de ses émissions de particules fines. Toutefois, le chauffage au bois comme chauffage central, s'avère une option durable et économique, avec une chaudière performante. Pour être vraiment efficace et écologique, il faut utiliser un bois sec, de bonne qualité, issu d’une filière durable et locale. Certaines installations offrent un bon rendement, et du fait de leur technologie ou d'un dispositif de filtration, émettent peu de particules.
Bon à savoir
Utilisé comme chauffage d’appoint dans un foyer ouvert ou un poêle d’ancienne génération, le bois offre un mauvais rendement. Il émet en outre des particules fines et pollue donc l’air intérieur et extérieur.
Avantages :
- L’utilisation d’un combustible renouvelable, parmi les moins chers du marché.
- Économique à l’usage.
Inconvénients :
- L’entreposage du bois (bûches., pellets...) exige plus de place.
- Dans le cas d’une chaudière, d'un poêle ou d'un feu ouvert qui prélève l'air comburant dans le local où il se trouve, un dispositif qui amène de l'air extérieur est requis pour éviter des intoxications au CO.
- Le transport : une grosse chaufferie au bois implique des livraisons régulières de combustible.
- La gestion du risque d'incendie au niveau du stockage, de la cheminée...
- L'impact sur la qualité de l'air implique de choisir un appareil à faibles émissions ou un système de filtration qui représente un coût conséquent.
Entretien :
- Les chaudières alimentées par des combustibles solides (bûches, briquettes, plaquettes, granulés, pellets ou autre dérivés solides de biomasseEnsemble des végétaux et des animaux, ainsi que des déchets organiques qui leur sont associés. La biomasse végétale provient de la photosynthèse et constitue une source d'énergie renouvelable.) doivent faire l’objet chaque année d’un contrôle périodique PEB.
Le chauffage collectif : une des solutions d’avenir
Si vous résidez ou êtes co-propriétaire d’un immeuble ou d’un groupement d’immeubles, dotés de chaudières individuelles, le passage au chauffage collectif comporte des avantages. Les principaux sont les économies d’énergie globales et la gestion simplifiée. En revanche, il y a aussi des désavantages, telles les difficultés de régulation, de conception hydraulique et d'équilibrage ou encore les pertes par distribution...
L’installation d’un chauffage collectif est encouragée dans les nouvelles constructions.
La production de chaleur des systèmes collectifs peut être assurée par :
- Une chaudière collective à condensation (gaz ou biométhane). Cette solution plus économique est souvent envisagée pour les immeubles existants, mais elle reste dépendante d’une énergie fossile.
- Une pompe à chaleur collective, éventuellement géothermique selon la configuration des lieux.
- Un raccordement à un réseau de chaleur urbain. Cette solution, la plus durable, basée sur des sources locales renouvelables dépend de la présence d’un réseau dans la zone concernée et de ses coûts d’accès.
Les réseaux de chaleur : partager l’énergie à l’échelle d'un quartier
Le développement des réseaux de chaleur est très prometteur en Région bruxelloise. Un réseau de chaleur est un système de chauffage central qui transporte l'énergie via des canalisations souterraines, pour alimenter un quartier. Il relie entre eux des immeubles de bureaux, des infrastructures publiques comme des écoles ou des hôpitaux et des logements.
Dans ce type d’aménagement, les coûts sont répartis sur un plus grand nombre d’utilisateurs et d’utilisatrices, ce qui en fait la solution la plus durable et la plus collective pour les zones urbaines denses.
Bon à savoir
Dans le cadre d’une task force composée de Bruxelles-Environnement, de BrugelL'autorité bruxelloise de régulation dans les domaines de l'électricité, du gaz et du contrôle du prix de l'eau. et de Sibelga, la Région bruxelloise réalise actuellement une analyse approfondie pour identifier les zones de développement de réseaux de chaleur. Ce travail s’appuie sur des ressources comme la récupération de chaleur des incinérateurs, la géothermie, l’aquathermie (énergie extraite de l’eau du canal) et la riothermie (énergie tirée des égouts)
Quelques exemples de réalisations : le quartier durable Bervoets à Forest compte déjà 239 logements et 12 ateliers et commerces raccordés à un réseau de chaleur. Dans le quartier Nord, un projet innovant de réseau de chaleur, Be.SHARE, a été lancé récemment, dans le cadre d’une initiative européenne.
Liens utiles
Le coût des énergies est repris de la CREG, du SPE Économie et de Valbiom.
Habitat et rénovation
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