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Cogénération

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La production d’électricité génère de grandes quantités de chaleur. Au lieu de laisser partir toute cette chaleur dans l’environnement, elle est utilisée, avec la cogénération, pour le chauffage ou l’eau chaude sanitaire.

La cogénération est particulièrement adaptée à un environnement urbain et constitue surtout une bonne solution pour les logements collectifs et le secteur tertiaire (hôpital, hôtel, piscine) ou pour des bâtiments industriels, qui ont des besoins importants et réguliers en chaleur et en électricité.

Parallèlement à ces applications dans des grands bâtiments, il existe actuellement aussi des micro-installations de cogénération (micro-cogénérations):

  • Elles sont adaptées à un usage domestique,
  • Elles ont la taille d’un lave-vaisselle, auquel elles ressemblent d’ailleurs furieusement,
  • Elles couvrent les besoins de base en chaleur et en électricité.

En outre, le nombre de certificats verts auquel vous donne droit votre production d’électricité, est très avantageux. Grâce aux certificats verts, le temps de retour sur investissement est en moyenne de 5 ans.

Comment cela fonctionne-t-il?

La cogénération permet de produire simultanément de la chaleur et de l’électricité, avec la même source d’énergie, généralement du gaz naturel. En récupérant la chaleur produite, on consomme moins d’énergie primaire. La plupart des appareils fonctionnent avec un moteur. Ce moteur est actionné par la chaleur produite lors de la combustion de la source d'énergie. Le moteur actionne ensuite un cylindre, qui lance le générateur pour la production d’électricité.

Une micro-cogénération (d'une puissance inférieure à 5kWe) fonctionne exactement comme une chaudière classique. Elle démarre au moment où il y a une demande de chaleur et/ou d’eau chaude sanitaire. Etant donné qu'une micro-cogénération ne peut pas pourvoir en permanence à tous les besoins en chaleur et en électricité d'une habitation, il convient de prévoir également une chaudière et un raccordement au réseau électrique.

Comparé à une installation qui produit séparément de l’électricité et de la chaleur, la cogénération permet d’obtenir un meilleur rendement énergétique. On peut ainsi économiser de 15 à 20 % d’énergie primaire, ce qui permet de réduire considérablement les émissions de CO2 liées à la consommation d’énergie de votre bâtiment.

Vous trouverez plus d'informations sur le fonctionnement et les différentes possibilités techniques dans le Guide Bâtiment Durable.

Réalisez votre projet en trois étapes

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Étape 1: Calculez votre potentiel

Il est important de définir tout d’abord si une (micro-)cogénération peut être rentable pour votre habitation ou votre bâtiment.

Pour savoir si cela vaut la peine d’utiliser une cogénération, il faut commencer par une étude de pertinence. Cette analyse tient compte des besoins thermiques et du profil des habitants, des besoins en électricité, du prix de l’énergie, de la production de chaleur et d’électricité escomptée, des économies et des rentrées financières que l’installation permet de réaliser, ainsi que des frais (entretien, combustible). Après cette première vérification, vous pouvez demander à un bureau d’étude d’effectuer une étude de faisabilité ou, pour les petites applications de moins de 20 kWe, à un installateur expérimenté. Cette étude vous donne droit à une prime énergie. Vous trouverez plus d'infos sur les études de pertinence et de faisabilité dans le Guide Bâtiment Durable.

Une micro-cogénération n’est intéressante que si les besoins thermiques sont moyens à élevés (min. 15.000 kWh). En termes de rentabilité, il est aussi important que l’électricité produite soit entièrement destinée à la consommation personnelle. Le coût d'une micro-cogénération s’élève de 8.000 à 20.000 € pour une habitation, hors frais d’installation.

Commencez donc par investir dans la diminution de votre consommation d’énergie, qui reste le meilleur investissement. Lisez nos conseils pour réduire votre consommation d’énergie dans votre habitation.

Le Guide Bâtiment Durable vous aide aussi à concevoir un bâtiment peu énergivore pour des affectations résidentielles (individuel, collectif) ou tertiaire. 

Étape 2: Faites appel à un installateur compétent

Faites appel à un bureau d’étude, ou à un installateur compétent pour une micro-cogénération, afin d’avoir un devis précis pour la conception, l’installation et l’entretien de votre système. Demandez des offres à plusieurs installateurs pour comparer les services proposés. Ne vous focalisez pas seulement sur l’expertise et les références des installateurs mais visitez éventuellement une installation réalisée dans votre quartier.

En ce qui concerne les grandes installations, l’offre doit contenir un calcul précis de la production d’électricité escomptée, effectué avec des outils de dimensionnement. Pour les logements collectifs, il existe COGENoptitherm pour garantir le bon dimensionnement d'une installation de cogénération au gaz naturel et pouvoir ainsi prétendre à un plus grand nombre de certificats verts (voir: Percevoir vos certificats verts). Une installation de cogénération fonctionnant rarement seule, il faut aussi veiller à une bonne intégration de celle-ci dans la chaufferie. Si vous voulez en savoir plus, consultez le vade-mecum sur comment réussir l’intégration d'une cogénération dans une chaufferie.

Étape 3: Engagez les démarches administratives

Lors de l’installation d'une unité de cogénération, certaines démarches administratives s’imposent, en particulier:

  • Un permis d’environnementPour une habitation particulière, il ne faut généralement pas de permis d’environnement puisque la puissance d’une telle installation ne dépasse pas les 5kWe. En revanche, pour les logements collectifs et le secteur tertiaire ou industriel, il faut un permis d’environnement (rubriques 40, 55 et 104 concernant les niveaux d’émissions autorisés, le niveau sonore et les vibrations) pour pouvoir installer une unité de cogénération.
  • Le raccordement électrique:  Une cogénération doit répondre à certaines prescriptions techniques. A l’issue des travaux, un organisme de contrôle agréé pour les installations électriques  doit contrôler si l'installation répond au Règlement général sur les Installations électriques (RGIE). L’installation doit en outre être équipée d’un compteur bidirectionnel électronique de Sibelga. Sibelga est le gestionnaire de distribution qui remplace le compteur existant. Ensuite, pour avoir droit aux certificats verts, le compteur d’électricité vert doit être certifié par Brugel.
Compteur bidirectionnel Compteur d'énergie verte
  • Cadastre : La micro-cogénération n’a aucun impact sur le calcul du cadastre de votre habitation. Il vous suffit d’avertir le cadastre dans les 30 jours de l’installation de la micro-cogénération.
  • Primes et autres mesures d’aide : La Région de Bruxelles-Capitale soutient l’installation de systèmes de (micro-)cogénération sous la forme de certificats verts à la production.  La réalisation d'une étude de faisabilité donne par ailleurs droit à une  prime énergie.
  • Réglementation PEB : Si l’installation de cogénération a une puissance supérieure à 20kWth, son entretien relève de la réglementation PEB pour le chauffage. Si vous avez un certificat PEB, vous pouvez le faire adapter. Pour cela, faites appel au certificateur PEB qui vous a délivré le document.

Percevoir vos certificats verts

Une fois que votre installation est certifiée, vous avez droit à des certificats verts. Les certificats verts vous sont attribués en fonction des économies de CO2 réalisées, que vous pouvez communiquer à partir du 1er décembre 2018 à Sibelga (et plus à BRUGEL). Lorsque vous avez obtenu vos certificats verts, vous pouvez ensuite les vendre. Pour une installation de cogénération à haut rendement, au gaz naturel et bien dimensionnée, qui fournit sa chaleur pour plus de 75 % à plusieurs clients résidentiels, le nombre de certificats peut être majoré sous certaines conditions (Arrêté, art. 21).

En Région de Bruxelles-Capitale, la valeur de revente des certificats verts aux fournisseurs d’énergie est d’environ 85 € et cette valeur reste stable depuis l’adaptation du système des certificats verts en 2011. Quoi qu’il en soit, vous obtiendrez au moins 65 euros par certificat si vous les vendez à Elia, le gestionnaire du réseau de transmission d’électricité belge, qui est obligé de les acheter à ce prix minimum garanti.

Veillez à un entretien régulier

Une fois l’installation terminée, vous allez pouvoir pendant 10 ans, soit la durée de vie moyenne d’une unité de cogénération, réduire votre consommation d’énergie primaire et les émissions de CO2 de votre bâtiment, à condition d’assurer un suivi régulier et un entretien de qualité. Surveillez quelques éléments simples:

  • La cogénération fonctionne-t-elle correctement?
  • L’installation se met-elle correctement en marche lorsqu’il y a une demande thermique suffisante?
  • Le nombre d’heures de fonctionnement est-il correctement optimisé?
  • L’installation n’est-elle pas en mode alarme?
  • Le rendement reste-t-il compris dans les marges prévues?

Dans le cas de grandes installations, ces éléments peuvent être suivis par un membre du personnel technique ou par une société de maintenance. Si vous avez opté pour une télésurveillance à l’installation, ces paramètres seront suivis directement.

Pour l’entretien proprement dit, mieux vaut conclure un contrat avec l’installateur ou avec une entreprise agréé par le fournisseur du matériel.

Date de mise à jour: 07/12/2018