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Forêt de Soignes

Diversification, hausse du bois mort, régénération, sélection d’arbres-objectifs : ces mesures, parmi d’autres, visent à accroître la résilience de la forêt de Soignes, notamment face aux défis climatiques. Cette gestion s’appuie sur un suivi étroit et de nombreuses recherches. Apprenez en plus.
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le 16 décembre 2025

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Politique régionale

  • Plan de gestion pour la forêt de Soignes
  • L’Hippodrome de Boitsfort, porte d’accès vers la forêt de Soignes
  • Le Plan Nature

Sommaire

  • Etat de santé des arbres en forêt de Soignes
  • Patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise
  • Prélèvements de bois en forêt de Soignes bruxelloise
  • Changement climatique et croissance du hêtre en forêt de Soignes
  • Bois mort dans les habitats forestiers
  • Forêt de soignes et risques associés au changement climatique
  • Activités récréatives et biodiversité en forêt de Soignes et autres sites Natura 2000

Etat de santé des arbres en forêt de Soignes

Indicateur – Actualisation avril 2025

La situation sanitaire des chênes apparaît satisfaisante et aucune tendance significative n’a pu être détectée concernant la défoliation. Le constat est moins favorable pour les hêtres dont l’état sanitaire apparaît plutôt mauvais et pour lesquels la défoliation tenderait à s’accroître légèrement. Par ailleurs, 55% à 71% des hêtres observés entre 2018 et 2024 présentaient une défoliation supérieure au seuil de vigilance. Cette évolution pourrait être la conséquence des sécheresses à répétitions depuis 2018. Celles-ci ne provoquent néanmoins pas - ou du moins, pas encore - de dégradation prononcée, ni de mortalité anormale. Un tiers des frênes sont fortement ou sévèrement dégradés en 2023 et 2024.

Une forêt fragile

Couvrant près de 10% du territoire bruxellois, la forêt de Soignes représente un patrimoine naturel, social et culturel de la plus haute importance pour la Région bruxelloise. Elle abrite également une réserve forestièreLa réserve forestière est une forêt ou une partie de celle-ci, protégée dans le but de sauvegarder des faciès caractéristiques ou remarquables, ou des peuplements d'essence indigène, et d'y assurer l'intégrité du sol et du milieu. inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco comme composante d’une série de près d’une centaine de hêtraies remarquables (« Forêts primaires et anciennes de hêtres des Carpates et d’autres régions d’Europe ») .

Plusieurs facteurs contribuent néanmoins à rendre celle-ci vulnérable : fréquentation importante, nature du sol (sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande). relative d’une partie des sols des versants, compaction superficielle, présence fréquente d’un horizon de sol induré à faible profondeur…), prédominance de peuplements de hêtres souvent vieillissants, déséquilibre de la structure des âges des peuplements, pollution atmosphérique, … Les dérèglements climatiques en cours sont également susceptibles d’altérer le fonctionnement des écosystèmes forestiers, par exemple en ce qui concerne la croissance des peuplements ou le développement des populations de ravageurs. Plus généralement, depuis une trentaine d’années, des phénomènes de dépérissement des forêts, dont les causes sont multiples, s’observent de façon plus ou moins marquée un peu partout dans le monde.

Un suivi annuel de l’état sanitaire de certaines essences dont les hêtres et chênes indigènes

La Région bruxelloise s’est dotée depuis 2009 d’’un système d’observation permanent de l’état sanitaire des principales essences de la forêt de Soignes. Jusqu’en 2022, ce suivi a exclusivement concerné le hêtre commun (Fagus sylvatica) et les chênes indigènes (chêne sessile Quercus petraea et chêne pédonculé Quercus robur). Ces essences, pures ou en mélange, couvrent environ 70% de la superficie de la forêt de Soignes bruxelloise. La méthode suit un protocole scientifique international (ICP Forests) et repose sur l’observation visuelle, en été, d’arbres localisés dans des placettes de suivi (mailles de 400 m x 400 m) dont le nombre et la répartition dans le massif forestier ont été choisis pour assurer une bonne représentativité de l’échantillon. L’observation fait appel à divers critères tels que la défoliation, la décoloration, la fructification ou encore, les dommages et symptômes qui permettent d’estimer la vitalité des arbres. Elle s’applique à des arbres suffisamment grands (sur base du diamètre) et hauts (couronne captant la lumière, arbres majoritairement dominants ou co-dominants).

La méthode a été revue à partir de la campagne d’observation 2022 : le protocole ICP est dorénavant appliqué par l’équipe de recherche à un échantillon d’arbres plus restreint.  Il est complété par un protocole simplifié, élaboré par les forestiers français, basé sur les critères de mortalité de branches et de manque de ramifications (méthode DEPERIS). Celui-ci, plus rapide, est mis en œuvre par des agents forestiers pour l’ensemble de l’échantillon. Cette nouvelle méthodologie a été élaborée de manière à permettre une comparaison temporelle des résultats obtenus. Plus d’informations concernant les méthodologies utilisées pour les différentes évaluations sont disponibles dans les rapports en ligne.

Depuis la campagne 2023, l’échantillon est progressivement élargi à de nouvelles essences dont la présence dans le massif est importante et qui soulèvent des questions quant à leur résilience face aux dérèglements climatiques et leur avenir dans le développement futur de la forêt.  

Il s’agit :

  • du frêne commun (Fraxinus excelsior), essence qui se régénère massivement par endroits (avec l’existence de peuplements semenciers reconnus en forêt de Soignes) mais qui est sujette à un dépérissement important en raison d’un champignon pathogène (Chalara fraxinea ou chalarose) observé pour la première fois en Belgique en 2010 (suivi depuis 2023) ;
  • du pin sylvestre (Pinus sylvestris) pour lequel des dépérissements brutaux de sujets adultes ont été observés en Flandre (suivi depuis 2024) ;
  • de l’érable sycomore (Acer pseudoplatanus), essence dont la régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. naturelle est parfois très abondante mais pour laquelle des cas de maladie de la suie causée par un champignon (Cryptostroma corticale) et qui entraînent une mort rapide des arbres affectés s’observent depuis quelques années (suivi à partir de 2025).

Une défoliation moyenne des hêtres assez importante, de l’ordre de 30%, entre 2016 et 2024

La défoliation - définie comme la perte de feuilles dans la partie supérieure de la couronne par rapport à un arbre sain - est un critère intégrateur qui reflète notamment l’influence des fluctuations climatiques (sécheresses en particulier), de la qualité du sol, des attaques parasitaires ou encore, de l’âge de l’arbre.

Pour une année donnée, la défoliation d’un peuplement est également susceptible de varier, plus ou moins fortement selon les essences, en fonction de l’importance de la fructification de ce peuplement cette année-là.  En effet, la production de fruits (faînes des hêtres, glands des chênes, etc.) mobilise une part importante des réserves de l’arbre au détriment du développement du feuillage. L’analyse statistique a permis de mettre en évidence un effet significatif de la fructification annuelle moyenne des hêtres sur la défoliation (un effet sur la croissance des cernes annuelles s’observe également, voir Verschuren et al. 2023). Cette corrélation n’est pas significative pour les chênes. Par ailleurs, la production abondante et récurrente de faînes peut aussi affecter la structure des branches et donc la défoliation à long terme, car les bourgeons floraux sont produits au détriment de bourgeons à l’origine de nouveaux rameaux.

Depuis 2022, afin de corriger un éventuel biais lié au fait que l’échantillon varie en cours d’étude (certains hêtres ne sont évalués qu’une année sur deux, quelques arbres ont été rajoutés ou ont disparu de l’échantillon au cours du temps), un traitement statistique permet d’obtenir une « défoliation corrigée ».

En 2024, la défoliation moyenne corrigée était de 36% pour les hêtres, de 25% pour les chênes pédonculés et de 26% pour les chênes sessiles. 

La défoliation moyenne des chênes est généralement inférieure à celle des hêtres

Source : Earth and Life Institute Environmental Sciences (UCL), 2024

Pour les hêtres, on observe de fortes fluctuations interannuelles, notamment de nettes hausses en 2011 (+5%), 2016 (+8%) et 2022 (+6%). Les deux premières hausses, liées à des pics de fructification, ont été suivies d’une baisse. Ce n’est pas le cas en 2022 où la hausse ne peut être expliquée par l’impact de la fructification (celle-ci ayant été limitée en 2022), ni par les effets de la sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande). de 2022 (les observations ayant été effectuées avant le pic de déficit hydrique). Après la hausse de 2022, une stabilisation de la défoliation est observée en 2023 suivie d’une augmentation en 2024. Les valeurs de défoliation moyenne sur la période 2022-2024 sont plus élevées que celles observées durant la période 2018-2021 et ce, malgré une diminution de l’intensité de la fructification par rapport à la période 2016-2020.

Si l’on excepte l’année 2017, les 9 dernières années sont caractérisées par une défoliation moyenne des hêtres assez importante comprise entre 29 et 36% (32% en moyenne). En ce qui concerne l’évolution à long terme (2009-2024), l’analyse statistique met en évidence une augmentation moyenne de la défoliation de +0,58% par an ce qui est nettement supérieur à l’estimation de l’effet du vieillissement des hêtres suivis (+0,11% par an).

Les chênes pédonculés et sessiles présentent également des fluctuations assez marquées de la défoliation corrigée d’une année à l’autre. Jusqu’à présent les chercheurs n’ont pas été en mesure de mettre en évidence l’origine de ces fluctuations. Selon l’analyse statistique, les valeurs observées pour ces deux essences en 2024 ne sont pas différentes de celles de 2018 à 2023 (à l’exception d’une année pour l’une des deux). En ce qui concerne les chênes pédonculés, l’analyse des données ne met en évidence aucune évolution linéaire sur le long terme. Pour les chênes sessiles, une augmentation moyenne de la défoliation de 0,50% par an est observée mais cette estimation est associée à une incertitude élevée (nombre d’observations limité).

Il convient de rester prudent dans l’interprétation des résultats dans la mesure où l’évaluation visuelle de la défoliation présente certaines faiblesses (part de subjectivité dans l’évaluation même si des séances de formation et d’inter-calibration entre observateurs sont organisées, visibilité parfois limitée des cimes et évoluant dans le temps notamment suite aux coupes qui peuvent être réalisées au sein des placettes, etc). Par ailleurs, si elle donne une idée globale de la perte de vitalité de l’arbre, l’intensité de la défoliation seule ne suffit pas à établir un diagnostic complet de son état sanitaire. La réduction de la biomasseEnsemble des végétaux et des animaux, ainsi que des déchets organiques qui leur sont associés. La biomasse végétale provient de la photosynthèse et constitue une source d'énergie renouvelable. foliaire peut également constituer un mécanisme de régulation temporaire d’un arbre face à un stress auquel il est soumis.  C’est pourquoi, le suivi sanitaire prend également en compte d’autres critères reflétant la vitalité des arbres.

Depuis 7 ans, la part de hêtres fortement ou sévèrement défoliés tend à s’accroître

Le taux de défoliation est un indicateur communément utilisé, notamment au niveau européen, pour quantifier l’intensité du dépérissement. Une défoliation supérieureà 25% est considérée par le groupe d’experts d’ICP-forest comme un seuil de vigilance, la dégradation étant considérée comme forte et anormale au-dessus de 40% de défoliation et comme sévère au-dessus de 60%.

Plus de 2/3 des hêtres présentent une défoliation supérieure au seuil de vigilance depuis 2022

Source : Earth and Life Institute Environmental Sciences (UCL), 2024

Lire le texte de transcription

Au cours des 7 dernières années (2018-2024), le pourcentage de hêtres présentant une défoliation supérieure au seuil de vigilance (25%) a oscillé entre 55% et 71%. Pour les chênes pédonculées et sessiles ces valeurs ont oscillé respectivement entre 18 et 46% et entre 20 et 56%.

De l’ordre de 30% des hêtres sont fortement ou sévèrement défoliés depuis 2022

Source : Earth and Life Institute Environmental Sciences (UCL), 2024

Lire le texte de transcription

Au cours des 7 dernières années (2018-2024), le pourcentage de hêtres présentant une défoliation supérieure à 40% a oscillé entre 11% et 32%, les 3 dernières années étant celles où ces pourcentages sont les plus élevés. Pour les chênes pédonculées et sessiles ces valeurs sont moindres.

En 2024, 71% des hêtres présentaient une défoliation supérieure à 25% (modérée, forte ou sévère) mais seuls 32% affichaient une dégradation supérieure à 40%(dégradation forte ou sévère).Ces proportions se maintiennent depuis 3 ans et sont nettement plus élevées que celles observées les années précédentes (à l’exception des années 2009 et 2016, marquées par une très forte fructification). La proportion d’arbres non dégradés (défoliation de 0 à 10%) a par ailleurs fortement diminué entre 2023 et 2024. La proportion de hêtres présentant une dégradation sévère (soit plus de 61% de défoliation) reste cependant très limitée (quelques %) tout au long de la période d’observation et aucun arbre mort sur pied n’a été observé. Depuis 2022, une diminution des pics d’intensité de la fructification a été observée ce qui pourrait permettre une amélioration de la structure des branches (nouveaux rameaux).

Cette même année, 28% des chênes pédonculés présentaient une défoliation supérieure à 25% dont 5% avec défoliation forte (aucun arbre ne présentait de dégradation sévère).  Ces proportions ne présentent pas d’évolution claire mais certaines années sont caractérisées par une large dominance d’arbres faiblement dégradés.

La proportion de chênes sessiles avec une défoliation supérieure au seuil de vigilance est de 36% en 2024, soit une augmentation par rapport à 2023 et 2022 mais une valeur nettement moindre qu’en 2021 (56%). Par ailleurs, contrairement aux observations faites depuis 2013, certains chênes sessiles échantillonnés en 2023 et 2024 sont sévèrement défoliés (> 60% de défoliation).

30% des frênes présentent une dégradation faible et 33% sont fortement ou sévèrement dégradés

Source : Earth and Life Institute Environmental Sciences (UCL), 2024

La proportion de frênes sévèrement dégradés a nettement augmenté entre 2023 et 2024.

D’autres critères d‘évaluation, dont la structure de la couronne et la fructification, sont utilisés dans le protocole « ICP forest »

La couronne d’un arbre, également appelé houppier, correspond à l’ensemble des ramifications et du feuillage allant de la première branche verte à la pousse terminale de l'arbre. Sa structure varie en fonction du stade de développement atteint par l’arbre et des stress subis au cours du temps.

Afin d’évaluer la vitalité des couronnes des arbres, le protocole de suivi se réfère à 4 classes distinctes (correspondant à des formes de houppiers plus ou moins denses) pour les chênes et à 8 classes pour les hêtres (4 avant 2013).

Les chênes pédonculés et sessiles observés présentent une large dominance de formes bien ramifiées ou légèrement simplifiées 

Source : Earth and Life Institute Environmental Sciences (UCL), 2024

Après une dégradation de la structure de la couronne des chênes pédonculés entre 2018 et 2021, une amélioration s’observe en 2022. Celle-ci est cependant à nouveau suivie d’une dégradation en 2023 et 2024. Dans le cas du chêne sessile on constate aussi une augmentation de la simplification de la couronne à partir de 2018, moins prononcée à partir de 2022. Notons que la représentativité de l’échantillon 2022 est problématique pour les chênes sessiles.

Une augmentation des formes fortement dégradées s’observe sur les hêtres en 2024 mais aussi une formation de nouveaux rameaux sur des branches dégradées

Source : Earth and Life Institute Environmental Sciences (UCL), 2024

En raison de l’instauration de nouvelles classes pour le hêtre en 2013, les résultats antérieurs ne sont pas présentés. Les variations interannuelles s’expliquent en partie par l’alternance bisannuelle des placettes visitées. Une nette augmentation de la fréquence de classe 4 (moindre croissance des rameaux latéraux) s’observe entre 2013 et 2020 au détriment des classes 1 et 2 (ramification optimale ou quasi optimale). En 2021 et 2022, on assiste par contre à une progression sensible de la fréquence cumulée des classes 1 à 3 mais cette tendance s’inverse lors des deux dernières campagnes d’observation.  La fréquence cumulée des classes les plus dégradées (5 à 7) ne présente pas de tendance claire.

Concernant la fructification, celle-ci apparaît en dents de scie au cours de ces dernières années tant pour les hêtres que les chênes. Toutefois les valeurs atteintes en 2022 et 2024, années de fructification forte, sont bien plus faibles qu’en 2016, 2018 et 2020.

Un suivi photographique de la couronne de certains arbres mis en place depuis 2015

Pour essayer de mieux comprendre les évolutions de la défoliation et de la structure de la couronne dont les causes sont encore mal identifiées (chute de branches mortes, différence d’appréciation entre observateurs, …), un suivi photographique de la couronne d’un sous-échantillon de hêtres et de chênes a été intégré au système d’observation depuis la campagne 2015. Il a entre autres permis de confirmer le lien entre fructification et défoliation. La méthode d’évaluation, notamment via un traitement automatique des images, fait encore l’objet d’ajustements.

Selon un indice synthétique basé sur la couronne et la mortalité de branches, près d’un hêtre sur cinq est dégradé

La mortalité de branches et le manque de ramifications sont les critères de base combinés pour calculer l’indice de dépérissement (méthode DEPERIS).  Ils sont chacun notés sur une échelle de 0 à 5 sur base de définitions semi-quantitatives. En combinant ces 2 critères, on obtient un indice de dépérissement s’étendant de A à F pour chaque arbre. Un arbre est qualifié de « dégradé » si son indice de dépérissement correspond à D et de « très dégradé » s’il correspond à E ou F. Le peuplement est qualifié de « dépérissant » si plus de 20% des arbres sont dégradés.

Ce protocole simplifié, plus rapide que celui développé par l’ICP (voir ci-dessus), permet le suivi annuel de l’ensemble des arbres de l’échantillon complet par les agents forestiers. Il est utilisé depuis 2022.

En 2024, plus de 95% des arbres échantillonnés se situent dans les classes 0 et 1 pour le critère « Mortalité de branches » (mortalité de branches nulle à faible). Aucune évolution claire n’est observée ni pour les hêtres, ni pour les chênes. Pour les frênes une détérioration est observée entre 2023 et 2024.

En ce qui concerne le critère « Manque de ramification », les classes 1 et 2 dominent largement (manque de ramification faible à modérée). Une augmentation des classes 2 et 3 au détriment des classes 0 et 1 s‘observe pour les hêtres et frênes en 2024.

Près d’un hêtre sur cinq serait dégradé en 2024

Source : Earth and Life Institute Environmental Sciences (UCL), 2024

Selon l’indice de dépérissement, 19% des hêtres, 5% des chênes pédonculés, 10% des chênes sessiles et 13% des frênes échantillonnés sont dégradés en 2024 (indice D, E ou F).

La grande majorité des chênes présente un indice de dépérissement de B. A l’exception d’un chêne sessile (5% de l’effectif) qui présente une note E, la situation sanitaire globale des chênes peut être qualifiée de « bonne » selon les critères de cette méthode simplifiée d’évaluation. 

Le diagnostic DEPERIS pour les hêtres est nettement moins favorable car les individus dégradés (D) ou très dégradés (E) représentent 19% de l’effectif. Les arbres présentant un état sanitaire bon (B) représentent à peine plus de 30% de l’effectif, aucun hêtre échantillonné n’étant par ailleurs considéré comme en très bon état. Selon les critères utilisés dans ce diagnostic, la hêtraie ne peut être qualifiée de dépérissante mais en est proche. Cette observation relativement inquiétante doit toutefois être nuancée. En effet, le paramètre le plus défavorable est le « Manque de branches ». Or, celui-ci est partiellement influencé par des perturbations anciennes (branches mortes disparues). Par ailleurs, seul 1 hêtre se situe en classe E et aucun en classe F. La dégradation des hêtres est donc relativement étendue, mais pas extrême. Selon cet indice la situation des hêtres s’est détériorée entre 2022 et 2024.

Des résultats difficiles à interpréter et à comparer avec ceux des régions voisines

Cette évolution, sur un laps de temps encore relativement limité, s’avère difficile à interpréter compte tenu du nombre de facteurs susceptibles d’influencer le taux de défoliation d’un arbre (qualité du sol, caractéristiques individuelles des arbres, conditions météorologiques, fructification, circonférence du tronc, position par rapport aux arbres environnants, forme des branches à la cime, déprédateurs …). Le protocole de suivi lui-même présente en outre certaines limitations (arbres étudiés variables d’une année à l’autre, taille limitée de l’échantillon pour les chênes sessiles, subjectivité liée à l’observateur, difficulté d’observation des arbres non dominés, etc.).

Il est par ailleurs délicat de comparer ces observations avec celles des régions voisines dans la mesure où les peuplements décrits sont différents (âge et densité des peuplements, conditions de sols, de (micro)climat, de relief, etc.) et que la qualité des observations peut varier d’un réseau à l’autre (effet « observateur »). Si en Wallonie le protocole de suivi est identique à celui de la Région bruxelloise et la calibration effectuée par la même équipe universitaire, la méthode de cotation appliquée en Région flamande diffère légèrement de celle qui est appliquée dans les 2 autres régions et dans la plupart des pays partenaires du projet. Pour les hêtres, ceci peut conduire à une cotation moins forte de la défoliation par rapport au protocole standard alors qu’une faible surestimation est possible dans le cas des chênes. Les valeurs de défoliation recueillies dans les pays ou régions voisines doivent donc être considérés comme des ordres de grandeur.

L’évolution des défoliations moyennes des hêtres est similaire dans les trois Régions

Sources : Bruxelles Environnement sur base des données OWSF, Bosvitaliteitsinventaris et Earth & Life Institute environmental sciences (UCL)

Les défoliations moyennes des hêtres en forêt de Soignes bruxelloise sont environ 10% inférieures à celles observées en Wallonie et 10% supérieures à celles observées en Flandre. L’écart entre les placettes de la forêt de Soignes bruxelloise et celles de la Région wallonne (situées surtout en haute Ardenne) peut être mis en relation avec une dégradation antérieure au début du suivi (2010) qui pourrait être liée à des épisodes d’engorgement des sols (Earth & Life Institute environmental sciences, 2022). L’écart avec la Région flamande peut s’expliquer par des différences méthodologiques. Les tendances suivent néanmoins des évolutions assez semblables dans les 3 régions.

En ce qui concerne les chênes, le pic constaté en 2012 en Wallonie est lié à une forte attaque de chenilles parasitaires qui a touché l’Ardenne alors que les régions de plaine ont été épargnées.

Au niveau européen (26 ou 27 pays selon les années), la défoliation moyenne des hêtres était de 22,6% en 2020, 20,9% en 2021, 22,4% en 2022 et 21,9% en 2023 soit sensiblement moindre qu’en forêt de Soignes. La plupart des parcelles avec une défoliation sévère sont surtout localisées en France et Allemagne tandis que celles moins affectées se trouvent davantage en Europe de l’Est. Concernant les tendances à long terme, le monitoring a montré qu’à l’échelle européenne, la défoliation moyenne des hêtres a globalement progressé de 4,7% entre 2004 et 2023 (ICP Forest, 2024).

La défoliation moyenne relative à toutes les espèces de chênes tempérés à feuilles caduques était de 25,9% en 2020, 27,3% en 2021, 27,6% en 2022 et 29,3% en 2024 (ICP Forest, années diverses).

Un effet possible des sécheresses à répétitions sur le hêtre… mais beaucoup d’incertitudes demeurent

La situation sanitaire des chênes est satisfaisante et aucune tendance linéaire significative n’a été détectée.

Le constat est moins favorable pour les hêtres dont l’état sanitaire apparaît plutôt mauvais depuis le début de la période de suivi. Un important accroissement de la défoliation a été observé entre 2021 et 2022 et, en 2024, la défoliation moyenne reste à ce haut niveau (36%). Cette évolution pourrait être la conséquence des sécheresses à répétitions depuis 2018. Celles-ci ne provoquent pas – ou, du moins, pas encore - de dégradation prononcée, ni de mortalité anormale. En ce qui concerne l’évolution à long terme, l’analyse statistique a mis en évidence une augmentation faible (0,6% par an entre 2009 et 2024) mais significative de la défoliation pour les hêtres. Celle-ci ne s’explique que partiellement par l’accroissement de l’âge des arbres au cours de cette période.

Une poursuite du suivi s’avère nécessaire pour détecter un éventuel effet différé des épisodes climatiques extrêmes de ces dernières années sur l’état sanitaire des hêtres et d’identifier les causes des fluctuations chez les chênes. Les liens avec la croissance, la fructification et les possibles stress liés aux coupes devront également être investigués.

Bon à savoir

De nombreuses recherches ont été menées concernant l’avenir du hêtre en forêt de Soignes. Deux études réalisées par Bruxelles Environnement ont mis en avant les risques que font peser les dérèglements climatiques sur le maintien à long terme de certains peuplements soniens dont, en particulier, la majeure partie des hêtraies :

  • La première, menée en 2009, portait sur l’étude de l’adéquation d’essences présentes ou envisageables dans un reboisement futur par rapport aux conditions (sol, topographie, etc.)  des différentes stations de la forêt de Soignes. Il en ressort que, dans l’hypothèse d’un changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc. qui correspondrait à un scénario intermédiaire parmi ceux développés par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le hêtre et le chêne pédonculé risquaient d’être fortement touchés par ces modifications (Daise et al., 2009, voir focus « Forêt de Soignes et risques associés au changement climatique »). Notons que ce scénario climatique se révèle actuellement avoir été trop optimiste en ce qui concerne la hausse attendue des températures à l’horizon 2100.
  • La seconde, menée en 2015, portait sur l’analyse de l’impact de variables climatiques sur la croissance de hêtres localisés notamment en forêt de Soignes. Celle-ci a également conclu que les dérèglements climatiques attendus au niveau régional pour la fin du 21ème siècle - et déjà en cours - pourraient mettre en péril la survie à long terme des hêtraies. Cette même recherche a par ailleurs mis en évidence une réduction de la croissance des hêtres soniens depuis les années ’90 (Latte N., Claessens H. 2015, voir focus « Changement climatique et croissance du hêtre en forêt de Soignes »). 

D’autres études nuancent ces résultats compte tenu de certains éléments qui pourraient plaider pour une meilleure résilience des hêtres soniens, notamment face à des épisodes de sécheresses, à savoir :

  • Les hêtres ont une capacité importante d’absorption de l’eau présente dans l’air ambiant, via leurs poils foliaires très fréquents autour de la nervure principale. Cette eau est ensuite distribuée via les nervures dans la feuille mais aussi dans le reste de la plante y compris les racines, empêchant celles-ci de mourir en cas de sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande). (les chênes ne sont pas dotés de cette faculté). En période de sécheresse, l’air peut contenir une certaine humidité qui se condense (rosée, brume), particulièrement au sein de massifs forestiers importants, ce qui permet aux hêtres et à certaines autres essences à feuilles caduques de mieux résister (site Forêt de Soignes, sur base de la thèse de SCHREEL J. 2019). La forêt de Soignes constitue un vaste massif où les phénomènes de chaleur et sécheresse associés aux vagues de chaleur sont plus fortement atténués que dans les petits complexes forestiers ou en lisière de la forêt.
  • Le système racinaire du hêtre se développe bien sur les terrains drainés mais les racines buttent très vite sur les obstacles et les terrains plus compacts tels que le fragipan, horizon induré fréquent à faible profondeur en forêt de Soignes. Des études pédologiques ont cependant mis en évidence le fait que ce fragipan comporte un système de fissures permettant le passage de racines jusqu’à l’horizon sous-jacent. Ceci permet aux hêtres soniens d’accéder au sol limoneux profond, plus riche et mieux pourvu en eau, sous-jacent au fragipan.  Néanmoins, les racines du hêtre sont sensibles à l’asphyxie par excès d’eau, celui-ci étant favorisé par le tassement des sols ou le colmatage progressif des fissures par les racines (Langhor 2010).
  • Les mycorhizes constituent une association entre certaines espèces de champignons et les fines racines d’une plante. Cette association est une symbiose : la plante fournit au champignon des sucres élaborés via la photosynthèse tandis que celui-ci apporte des éléments nutritifs et de l’eau prélevés dans le sol.  Les plantes mycorhizées présentent aussi un seuil de tolérance plus élevé face à différents facteurs de stress (maladies, pathogènes…). Une recherche menée en forêt de Soignes a montré que les jeunes pousses de hêtres semblent s’intégrer efficacement dans les réseaux mycorhiziens des arbres adultes. Les hêtres adultes aident donc probablement les individus plus jeunes à s'approvisionner en nutriments et en eau ce qui permet à ces derniers d’être concurrentiels dans des sous-bois où peu de lumière pénètre. Selon cette hypothèse, lorsqu’une ouverture du couvert forestier survient, les jeunes hêtres peuvent alors croître rapidement. Les mycorhizes joueraient de ce fait un rôle très important dans la régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. naturelle des hêtres (Everts T. et al. 2020). Cette hypothèse plaide aussi en faveur de peuplements mélangeant vieux et jeunes hêtres.
  • Une autre étude (Verschueren L. et al. 2023) a porté sur l’analyse et la comparaison des cernes de croissance de grands hêtres vivants, d’une part, et de grands hêtres tombés sous l’effet du vent, d’autre part, au sein de la réserve forestièreLa réserve forestière est une forêt ou une partie de celle-ci, protégée dans le but de sauvegarder des faciès caractéristiques ou remarquables, ou des peuplements d'essence indigène, et d'y assurer l'intégrité du sol et du milieu. J. Zwaenepoel (partie flamande de la forêt de Soignes). Celle-ci a notamment mis en évidence que l’ensemble des arbres échantillonnésavaient montré une sensibilité aux événements climatiques extrêmes subis (sécheresses au printemps et en été), mais avaient pu se rétablir rapidement. Cependant, la tendance à la croissance des arbres vivants est restée élevée au cours de ces dernières décennies alors que celle des arbres abattus par le vent présentait des taux de croissance globaux considérablement plus faibles et ce, au moins depuis 30 à 40 années avant leur chute. Cette moindre résilience s’expliquerait par des différences de vitalité du système racinaire. A long terme, les sécheresses de plus en plus fréquentes (impliquant une dépense accrue d’énergie pour réparer feuilles, branches et racines) conjuguées à la production de grandes quantités de faînes fragilise ces arbres qui finissent par tomber. Cette étude, tout comme les précédentes, met en évidence la complexité des réponses des arbres aux dérèglements climatiques (facteurs individuels, différence entre un arbre isolé et un arbre dans un massif, etc.) ainsi que leur dynamique s’inscrivant dans le long terme. 
  • Depuis 2005, on observe une régénération naturelle massive de hêtres beaucoup plus importante qu'auparavant dans de grandes parties de la forêt de Soignes. Comme mentionné dans le PGFDS (p.127) il se pourrait qu’au sein de ces semis naturels issus de graines (et donc d’une reproduction sexuée assurant que chaque graine a un patrimoine génétique différent), des jeunes plants mieux adaptés aux effets du changement climatique se montrent plus robustes que les autres au cours des prochaines années et décennies, faisant apparaître une « résistance climatique » dans la population de hêtres. Ce processus de sélection naturelle vaut par ailleurs pour toutes les essences qui se régénèrent naturellement par semis.  Le hêtre commun se caractérise aussi par une forte « plasticité phénotypique » laquelle, selon l’INRA, peut être définie comme une variation d'un caractère d’un individu en réponse à une variation de l'environnement pour un génotype (composition génétique) donné. En réponse à des variations de son environnement (lumière, humidité, température, ensoleillement, etc.), un hêtre peut en effet adapter certaines de ses caractéristiques (taille, croissance, dimensions foliaires, etc.).  Cette plasticité est un atout majeur pour la survie et la reproduction de nombreuses espèces, dont le hêtre, car elle leur permet de s'adapter à des habitats variés et de faire face à des stress environnementaux, notamment ceux induits par les dérèglements climatiques.

A la lumière de ces connaissances, force est de constater qu’il convient d’être humbles concernant les pronostics de devenir des peuplements forestiers compte tenu de la complexité des phénomènes en jeu et des incertitudes concernant l’évolution des dérèglements climatiques et de leurs conséquences (par exemple sur les organismes pathogènes). La diversification de la structure des peuplements (âge et taille des arbres) et des essences - en misant également sur une potentielle résilience du hêtre sous certaines conditions et en assurant une gestion qui maintienne un microclimat forestier - reste le meilleur garant de la survie à long terme des peuplements soniens. Le bon fonctionnement du système sol-plante revêt également une importance considérable et passe notamment par le maintien de bois mort et de vieux arbres en grandes quantités (voir e.a. focus Bois mort dans les habitats forestiers).

Une gestion forestière orientée vers le futur

Le premier plan régional de gestion de la forêt de Soignes (2003) a été adapté notamment afin de tenir compte des risques de dépérissement de certaines essences (plus particulièrement le hêtre et le chêne pédonculé) induits par les dérèglements climatiques et le vieillissement des peuplements de hêtres. Pour les peuplements de hêtres existants le second plan (2019) prévoit ainsi, entre autres, de réaliser des éclaircies plus fortes et fréquentes auprès des « arbres-objectifs » (voir focus Prélèvements de bois en forêt de Soignes bruxelloise). Ceci limite la concurrence entre les arbres et accélère leur croissance ce qui permettra de diminuer l’âge d’exploitation et donc les risques, en particulier de chablis (chute d’arbres). Ces interventions sont menées en veillant à ne pas déstabiliser le peuplement ni impacter l’ambiance forestière. La gestion privilégie aussi les hêtres les plus vigoureux car ceux-ci sont susceptibles de posséder des prédispositions génétiques à mieux surmonter le stress et leur descendance pourrait se révéler d’un grand intérêt. L’objectif de maintien du faciès paysager de hêtraie cathédraleForêt de hêtres ou riche en hêtres qui ne laissent filtrer que très peu de lumière, à la façon des vitraux d'une cathédrale., qui concernait 50% de la superficie de la forêt de Soignes bruxelloise dans le plan de gestion adopté en 2003, a été revu à la baisse et concerne actuellement 20% de la forêt.  Compte tenu des qualités paysagères du faciès cathédral, le nouveau plan de gestion prévoit par ailleurs de développer des chênaies équiennes - c’est-à-dire constituées d’arbres du même âge - à objectif cathédrale à partir de jeunes plantations de chênes sessiles (9% de la forêt). 

Pour les superficies restantes, la gestion s’oriente vers une mise en place progressive d’une structure plus étagée et moins dense, issue de mélanges d’essences (régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. naturelle et plantations). Les espèces supposées les plus tolérantes aux conditions climatiques attendues à la fin du siècle (chêne sessile, tilleul à petites feuilles, charme, merisier, etc.) sont privilégiées. Cette diversification permet d’augmenter la capacité des écosystèmes forestiers à résister aux perturbations du milieu, aux maladies ainsi qu’aux vents violents (résilience). Elle est également favorable à la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)..  De nombreuses autres mesures du plan contribuent à améliorer la résilience et biodiversité de la forêt (reconnexion des massifs forestiers, protection des sols, augmentation des quantités de bois mort, etc.).

A télécharger

Fiche méthodologique :

  • Indicateurs : Défoliation et structure de la couronne des arbres en forêt de Soignes bruxelloise (.pdf)

Tableaux reprenant les données :

  • Evolution de la défoliation moyenne de l’ensemble des hêtres et chênes inclus dans les suivis (% de défoliation) (2009-2024) (.xls)
  • % d'arbres inclus dans les suivis présentant une défoliation supérieure à 25% (2009-2024) (xls)
  • % d'arbres inclus dans les suivis présentant une défoliation supérieure à 40% (2009-2024) (xls)
  • Distribution des chênes pédonculés et des chênes sessiles selon la structure de la couronne (2012-2024) (xls)
  • Distribution des hêtres selon la structure de la couronne (2013-2024) (xls)
  • Distribution des hêtres, chênes et frênes inclus dans les suivis selon l’indice synthétique de dépérissement (2022-2024) (xls)

Fiches documentées :

  • n°21. Inventaire du patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise (.pdf)
  • n°22. Prélèvements de bois, accroissement et régénération en forêt de Soignes bruxelloise (.pdf)

Fiches de l’Etat de l’Environnement

  • Focus : Patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise (2021)
  • Focus : Prélèvements de bois en forêt de Soignes bruxelloise (2021)
  • Focus : Changement climatique et croissance du hêtre en forêt de Soignes (2018)
  • Focus : Evolution future du climat en Région de Bruxelles-Capitale et adaptations possibles (2021)
  • Forêt de Soignes et risques associés au changement climatique (2009)
  • Chapitre « Environnement semi-naturel et espaces verts publics » (2007) (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Etat de la nature en Région de Bruxelles-Capitale - synthèse, 2022 (.pdf)
  • Carte « Potentialités sylvicoles actuelles et à l'horizon 2100 du hêtre en forêt de Soignes»

Etudes et rapports

  • DAISE J., CLAESSENS H. sous la direction de Rondeux J. ( Unité de Gestion des Ressources forestières et des Milieux Naturels, ULg-Gembloux Agro-Bio Tech) « Etude de l’adéquation des essences aux stations forestières de la forêt de Soignes (zone bruxelloise) dans le contexte du changement climatique», étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 368 pp.+ annexes. (.pdf)
  • DE KEERSMAEKER L., VANDEKERKHOVE K. 2020. “Schrijven we de beuk te snel af?”, Bosrevue 88a, 1-16. (en néerlandais uniquement)
  • EVERTS T., BOERAEVE M., VANDEKERKHOVE K., DE KEERSMAEKER L., VAN DE KERCKHOVE P. & JACQUEMYN H. 2020. “Verjonging van Beuk in het Zoniênwoud - Terug van weggeweest door ectomycorrhizale schimmels ?”, in Natuur.focus 19(3): 124-131 (.pdf) (en néerlandais uniquement)
  • INBO années diverses. « Bosvitaliteisinventaris 2024 – Resultaten uit het bosvitaliteitsmeetnet (Level 1)” (en néerlandais uniquement)
  • IPBES 2018. “The IPBES regional assessment report on biodiversity and ecosystem services for Europe and Central Asia”, 892 pages (.pdf) (en anglais uniquement).
  • LANGOHR « Quelques facteurs édaphiques dans l’écosystème forêt de soignes », in Forêt Wallonne. 105. 3-14 (.pdf)
  • LATTE N., CLAESSENS H. (Unité de Gestion des Ressources forestières et des Milieux Naturels, ULg-Gembloux Agro-Bio Tech) 2015. « Analyse de l’influence du changement climatique sur la croissance du hêtre en forêt de Soignes ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 14 pp.+ annexes (.pdf)
  • LATTE N. et 2015. “Dendroécologie du hêtre en forêt de Soignes – Les cernes des arbres nous renseignent sur les changements récents et futurs ", in Forêt. Nature n°137, recherche financée par Bruxelles Environnement et l’Accord-cadre de recherches et de vulgarisation forestières (SPW, DGO3, DNF), pp.25-37. (.pdf)
  • LEFÈVRE F., FADY B., JEAN F., DAVI H., PICHOT C., ODDOU-MURATORIO S. (INRA). « Les processus biologiques de réponse des arbres et forêts au changement climatique : adaptation et plasticité phénotypique » in Innovations Agronomiques, 2015, 47, pp.63-79.
  • MICHEL A, HAGGENMÜLLER K, KIRCHNER T, PRESCHER A-K, SCHWÄRZEL K, WOHLGEMUTH L, (ICP Forest) editors 2024. «Forest Condition in Europe : The 2024 Assessment». ICP Forests Technical Report under the UNECE Convention on Long-range Transboundary Air Pollution (Air Convention). Eberswalde: Thünen Institute, pp 96 (.pdf) (en anglais uniquement).
  • OWSF 2025 (et autres années). «La lettre d’info de l’OWSF – données 2024» (.pdf)
  • ROSKAMS P., SIOEN 2017. “De toestand van de beuk in de monitoringproefvlakken in het Zoniënwoud – anno 2017”,  document interne de l’Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek (INBO) (communication personnelle).
  • SCHREEL J. 2024 (?). « Sécheresse? On garde les hêtres! »,  article en ligne sur le site Internet consacré à la forêt de Soignes (sur base de la thèse « Foliar water uptake in beech (Fagus sylvatica L.) » 2019,  UGent du même auteur)
  • SERVICE PUBLIC WALLON, DIRECTION DE L’ETAT ENVIRONNEMENTAL. « Rapport sur l’état de l’environnement wallon 2017 » (html), voir Etat de santé des forêts
  • SIOEN G., VERSCHELDE P.2025. “Bosvitaliteitsinventaris 2024. Resultaten uit het bosvitaliteitsmeetnet (Level 1)”, Rapporten van het Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek 2025 (16), 113 pp. (en néerlandais uniquement)
  • TITEUX H., JOUSSEMET F. (Earth & Life Institute Environmental Sciences - UCL) 2024. « Suivi de l’état sanitaire des arbres en forêt de soignes bruxelloise 2024 ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 56 pp. (.pdf) Les inventaires de l’état sanitaire des arbres soniens relatifs aux années 2009-2023 (sont également disponibles dans le centre de documentation en ligne de Bruxelles Environnement :
  • TITEUX et al. 2021. « Bilan de douze années de suivi sanitaire des hêtres et chênes de la forêt de Soignes », tiré à part du Forêt Nature n°159, p.40-49 (.pdf)
  • VAES F., VANWIJNSBERGHE S. 2020. « Présentation du plan de gestion de forêt de Soignes » in Forêt.Nature n°155 : 19-30. (.pdf)
  • VERSCHUREN L. , DE MIL T., DE FRENNE P., HANECA K., VAN ACKER J., VANDEKERKHOVE K.,  VAN DEN BULCKE J. 2023. “Heading for a fall: the fate of old wind-thrown beech trees (Fagus sylvatica) is detectable in their growth pattern” in science of the total environment 903(2023) 1668 48. (.pdf) (en anglais uniquement).

Plans et programmes

  • Plan régional nature 2016-2020 en Région de Bruxelles-Capitale, 2016 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre I - Etat des connaissances, 2018 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre II - Objectifs et mesures de gestion, 2018 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre III - Plans de gestion des réserves archéologiques, naturelles et forestières, 2018 (.pdf)

Liens utiles

  • Agentschap voor Natuur en Bos, Bruxelles Environnement, Département de la Nature et des Forêts (DGARNE-SPW)
  • Instituut natuur- en bosonderzoek, natuurindicator « Aandeel beschadigde bosbomen / Part des arbres endommagés »
  • Observatoire wallon de la santé des forêts

Patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise

Focus – Actualisation : janvier 2021

L’inventaire annuel du patrimoine forestier contribue, avec d’autres études et observations de terrain, à améliorer les connaissances sur le massif sonien. Il fournit ainsi des données indispensables à une gestion sylvicole de qualité. Parmi les enseignements issus de l’inventaire on peut notamment citer les points suivants :
- Les hêtraies et chênaies, pures ou en mélange, couvrent 66% de la surface sonienne ;
- Près de la moitié de la superficie de hêtraies est constituée de vieilles hêtraies de plus de 120 ans ;
- Tant pour les hêtraies que pour les chênaies, on observe un important déséquilibre des classes d’âges ce qui hypothèque une gestion durable de la forêt en l’absence d’intervention humaine ;
- La croissance de la hêtraie en forêt de Soignes bruxelloise se situerait dans une fourchette comprise entre 9 et 11 m3/ha/an ce qui en fait l’une des hêtraies les plus productives de Belgique, voire au niveau mondial ;
- Depuis 2005, la régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. naturelle du hêtre s’installe dans les vieux peuplements de hêtre. L’érable, le frêne, le charme, le merisier et le bouleau se régénèrent aussi naturellement bien.
- Avec une moyenne d’environ 21 m3 de bois mort par ha, les quantités de bois mort présentes en forêt de Soignes semblent avoir augmenté ces dernières années mais ces données restent à confirmer.

L’inventaire forestier : un outil de gestion sylvicole

Avec ses 1.659 ha, la forêt de Soignes bruxelloise couvre de l’ordre de 10% du territoire bruxellois. Sa gestion, assurée principalement par la sous-division « Forêt et Nature », s’appuie sur de nombreuses données scientifiques et notamment sur l’inventaire sur l’état du patrimoine forestier de la forêt de Soignes. 
Cet inventaire annuel, débuté en 2008, se base sur un échantillonnage systématique de placettes localisées au sein de chaque maille carrée (200 m de côté) d’une grille d'inventaire.   Les campagnes de mesures sont organisées de manière à couvrir chaque année une des 8 coupes définies en forêt de Soignes bruxelloise. 
Les mesures et observations concernent non seulement les arbres mais également la flore présente, certains indices de présence de faune, le sol ou encore, la topographie. Au terme de 8 années d’inventaire, un traitement statistique permet l'extrapolation des valeurs observées à l'ensemble de la forêt.  Les arbres pris en compte sont ceux dont la circonférence du tronc mesurée à 1,5 m du sol est supérieure ou égale à 40 cm.  
Ces données une fois traitées permettent d’obtenir de nombreuses informations (LEJEUNE P. et al. 2009) : 

  • importance et nature du matériel ligneux sur pied dans les peuplements : volume de bois sur pied, nombre d'arbres et densité du peuplement, surface terrière (surface de la section transversale à 1,5 m du sol d’un arbre ou d’un peuplement), grosseur moyenne des troncs, etc.;
  • composition : importance et diversité des essences ligneuses rencontrées dans les peuplements;
  • structure : distribution des arbres par classe de grosseur (reflet de l’âge des arbres et de l’équilibre démographique du peuplement) ;
  • composition et importance de la régénération : ce paramètre caractérise l’intensité du rajeunissement de la forêt qui constitue une condition essentielle à sa pérennité, il doit être considéré en parallèle avec la structure ;
  •  état sanitaire : état de santé apparent des arbres ;
  •  composition végétale : liste et importance relative des espèces rencontrées dans les différents étages du couvert végétal (arbres, arbustes, plantes herbacées), indicateur intéressant de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). de l’écosystèmeC'est l'ensemble des êtres vivants (faune et flore) et des éléments non vivants (eau, air, matières solides), aux nombreuses interactions, d'un milieu naturel (forêt, champ, etc.). L'écosystème se caractérise essentiellement par des relations d'ordre bio-physico-chimique. ;
  •  stock de bois mort : la quantification du volume de bois mort, debout ou en décomposition au niveau du sol, est un autre indicateur intéressant en terme d’évaluation de la biodiversité. Ces arbres morts sont en effet des niches écologiques privilégiées pour de nombreux organismes ;
  •  calcul de l’accroissement : dès lors que l’inventaire atteint son second cycle et que les placettes d’échantillonnage sont revisitées, les données relatives aux passages successifs permettent de mesurer la croissance des arbres (exprimée en termes de grosseur, hauteur ou volume). 

L’évolution du nombre d’arbres présents permet également de contrôler dans quelle mesure les coupes d’arbres planifiées par le gestionnaire sont compatibles avec le potentiel de croissance de la forêt. 
Les paragraphes ci-dessous résument l’essentiel des enseignements issus de cet inventaire.

Des peuplements forestiers largement dominés par le hêtre 

60% de la superficie de la forêt de Soignes bruxelloise est recouverte de hêtraies dont 52% d’hêtraies pures.  Les chênaies, pures ou en mélange, représentent 6% de la surface sonienne. La superficie restante est occupée par des peuplements de résineux (3%) et par des peuplements mélangés d’essences diverses (31%).
Outre le hêtre, le chêne pédonculé (majoritaire) et le chêne sessile, les essences feuillues sont représentées notamment par l’érable, le bouleau, le frêne, le saule, l’aulne, le charme, le merisier ou encore le châtaignier. Les principaux résineux présents (3%) sont le pin sylvestre, le mélèze et le pin de Corse.

Composition des peuplements forestiers en forêt de Soignes 

Source : Synthèse 2020 de l’inventaire forestier de la forêt de Soignes bruxelloise – Unité de gestion des ressources forestières et des milieux naturels (FUSAGX-ULg, 2020)
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Notons que ces données ne sont pas totalement comparables avec celles reprises dans le plan de gestion de la forêt de Soignes dans la mesure où la manière de caractériser les peuplements est différente.  Ceci a notamment pour conséquence qu’une partie des chênes qui auparavant était classifiée dans la catégorie « chênaie mélangée » se trouve maintenant dans la catégorie « peuplement d’essences diverses ». Par ailleurs, les nombreuses plantations de chênes effectuées ces dernières années (surtout sous forme de chênaies pures) sont encore trop jeunes pour être reprises dans l’inventaire (pour rappel, on inventorie que les arbres dont la circonférence est  > à 40 cm).
La carte de la composition des peuplements réalisée dans le cadre de l’élaboration du second plan de gestion de la forêt de Soignes est disponible dans la fiche documentée consacrée à l’inventaire du patrimoine forestier sonien (voir liens ci-dessous).

Près de la moitié de la superficie de hêtraies est constituée de vieilles hêtraies de plus de 120 ans

Pour qu’une forêt soit en équilibre, il faut théoriquement que chaque classe d’âge occupe la même surface. Tant pour les hêtraies que pour les chênaies, peuplements prédominants, on observe un important déséquilibre des classes d’âges. 
Pour les hêtraies pures et mélangées, ceci se traduit par une surreprésentation des classes d’âge les plus vieilles et une sous-représentation des classes les plus jeunes ce qui hypothèque la pérennité de ces peuplements. La récente régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. naturelle du hêtre (voir ci-dessous) se traduit cependant par une représentation accrue de la catégorie 0-20 ans.
Pour les chênaies pures, les jeunes classes d’âge sont fortement représentées, notamment suite aux plantations mises en place après la tempête de 1990. Les classes d’âge intermédiaires (de 80 et 140 ans) sont peu représentées tant pour les chênaies pures que mélangées et créeront, dans le futur, un déficit en peuplements de vieux chênes.

Une des forêts parmi les plus productives de Belgique

Sur base des données d’inventaire disponibles, une estimation de l’accroissement des hêtraies en forêt de Soignes bruxelloise a été calculée par le département Forêt (comm. personnelle, 2021) : celui-ci se situerait dans une fourchette comprise entre 9 et 11 m3/ha/an. Cet ordre de grandeur, correspondant à une productivité très élevée, est comparable à d’autres évaluations réalisées pour la forêt de Soignes.
Ces valeurs témoignent d’une croissance très soutenue des hêtres et d’une situation actuellement favorable pour cette essence qui ne montre, à ce stade, pas de signes sensibles de dépérissement (voir aussi Etat de santé des hêtres et chênes en forêt de Soignes).  Cette situation pourrait néanmoins rapidement changer. 

La régénération naturelle de plusieurs essences, une opportunité à valoriser 

La régénération naturelle a notamment comme avantage d’être gratuite, de provenance locale adaptée et souvent abondante. De plus, les meilleurs semis font l’objet d’un processus de sélection naturelle. 
Selon les conditions de milieu, un certain nombre d’essences se régénèrent plus ou moins facilement en forêt de Soignes, parfois de façon très locale (érable sycomore, charme, merisier, bouleaux, saules, tilleuls…). La régénération naturelle de ces essences offre une opportunité aux sylviculteurs de régénérer et de convertir la forêt conformément aux objectifs de gestion décrits dans le plan de gestion.  Celui-ci prévoit donc de valoriser la régénération naturelle là où elle s’installe et de la compléter par la plantation de plants issus de pépinière là où elle est déficitaire ou sans avenir (par exemple par manque de lumière).
Le hêtre représente une grande part de la régénération. Ce constat est en accord avec le fait que le hêtre est une essence qui tolère bien l’ombrage dans le jeune âge et que le couvert des plus vieux hêtres est assez dense. La régénération naturelle du hêtre en forêt de Soignes a néanmoins été très difficile à obtenir jusqu’en 2005, année à partir de laquelle les premiers semis sont apparus, se sont développés et se sont avérés viables. Les bonnes fainées apparaissent depuis presque tous les deux ans.
Les graphiques suivants montrent la régénération observée dans les hêtraies pures ou en mélange lors de l’inventaire de l’année 2020. La régénération est évaluée en % de recouvrement. 

Figure 21.11 Régénération dans les hêtraies (surface échantillonnée 992 ha)

Source : Synthèse 2020 de l’inventaire forestier de la forêt de Soignes bruxelloise
see1920_illu_inventaireforestier2020_fig2_fr
Les semis sont les plants d'une hauteur inférieure à 30 cm, les semis installés sont les plants de hauteur comprise entre 30 et 150 cm, les fourrés sont les plants de hauteur comprise entre 150 et 300 cm. Les gaulis-perchisStade de développement d'une forêt, entre le gaulis et la futaie proprement dite. sont les tiges de plus de 3 m de hauteur et de moins de 40 cm de grosseur.

La régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. du chêne - essence nécessitant un couvert léger à ses premiers stades -  est quantitativement très limitée ce qui justifie les plantations de cette essence.

Une gestion qui vise à augmenter les quantités de bois mort

La présence de bois mort, à tous ses stades de décomposition, contribue à la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). de la forêt.  Au sol ou sur pied, il est important pour de très nombreuses espèces, que ce soit en tant qu’abri ou en tant que ressource alimentaire : chauves-souris et oiseaux cavernicoles, petits mammifères, amphibiens et reptiles, insectes xylophages, lichens, bryophytes, champignons, etc.
Le bois mort permet aussi de conserver l’humidité du sol, d’y stimuler la vie et participe, par sa lente décomposition, à la formation d’humus et donc à la fertilité de la forêt. 
D’un point de vue paysager, la présence de bois mort et de la vie qui l’accompagnent concourent à créer une ambiance forestière.
L’augmentation de la quantité de bois mort dans toutes les stations et sous différentes formes est un objectif important du plan de gestion de la forêt de Soignes. Par ailleurs, certaines zones de la forêt  plus spécifiquement dédiées à la formation d’un maillage écologique au sein du massif forestier, se caractérisent par le maintien d’un maximum de gros bois ainsi que de bois mort sur pied ou au sol.
Sur base des campagnes de mesures réalisées dans le cadre de l’inventaire forestier (données 2020) et en prenant la hêtraie comme référence, le volume moyen de bois mort est estimé à environ 21 m3/ha, soit de l’ordre de 6% du volume total sur pied (l’objectif minimum fixé dans le plan de gestion est de 5% ou de 8% pour certains types d’habitats).  
Ce volume avait été évalué à 14 m3/ha à partir des données rassemblées par ce même inventaire en 2013.  Même s‘il convient de considérer ces résultats avec prudence compte tenu de leur marge d’imprécision, ces données faisant état d’un accroissement de la quantité de bois mort rejoignent les constats des gestionnaires et experts présents sur le terrain. Si elle se confirme, cette évolution positive serait à mettre en relation avec certaines modifications de la gestion forestière qui ont été introduites ou renforcées au cours de ces dernières années (voir fiche documentée consacrée à l’inventaire forestier).

Un suivi de l’état sanitaire des peuplements

Comme ailleurs dans le monde, la forêt de Soignes est victime de ce que les scientifiques appellent le « dépérissement forestier » et dont les causes sont multiples. En plus du suivi des défauts de conformation et des dégâts (gibier, travaux de débardage) observés sur les arbres dans le cadre de l’inventaire forestier, un suivi sanitaire complémentaire des peuplements de hêtres et de chênes a été mis en place en 2009.  Il porte sur des paramètres comme la défoliation, la décoloration, la structure de la couronne ou encore, les dégâts liés aux insectes.
La répétition annuelle des campagnes d’observation doit permettre de dégager des tendances d’évolution au cours du temps. Aujourd’hui, le phénomène semble stabilisé, mais pour limiter tout risque d’accentuation, il est nécessaire de prendre des mesures destinées à limiter le compactage du sol - qui, selon Herbauts (1995), pourrait aggraver les phénomènes de stress hydriques ou d’éventuelles déficiences en éléments nutritifs - et assurer, lors de la régénération de la forêt, l’adéquation des essences aux conditions stationnelles. Il est également indispensable de poursuivre ce suivi car la situation pourrait évoluer rapidement. 
De plus amples informations à ce sujet sont disponibles dans le focus consacré à l’état sanitaire des hêtres et chênes en forêt de Soignes . 

Des points positifs pour la biodiversité 

En terme de biodiversité, le patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise présente de nombreux atouts.  Le massif comporte un nombre important de hêtres de grand diamètre à valeur écologique élevée pour de nombreuses espèces. En moyenne, selon les gestionnaires forestiers, la forêt de Soignes bruxelloise compte plus de 5 gros arbres de plus de 80 cm de diamètre par hectare ce qui est exceptionnel pour une forêt gérée. On y trouve également une quantité importante d’arbres sénescents et morts sur pied ainsi que de gros bois morts au sol. La régénération naturelle du hêtre s’installe depuis 2005 dans les vieux peuplements de hêtre. L’érable, le frêne, le charme, le merisier et le bouleau se régénèrent aussi naturellement bien. 
Par ailleurs, du fait de sa continuité temporelle et spatiale (5000 ha restés sous forêt), le massif sonien constitue une vieille forêt et peut être considéré comme un conservatoire de biodiversité des forêts anciennes. Ceci se traduit par une richesse en biodiversité élevée, notamment en espèces et habitats d’intérêt communautaire (Natura 2000). 

…. mais aussi des faiblesses que la gestion sylvicole vise à contrer

Le patrimoine forestier sonien présente cependant également des faiblesses liées notamment à la dominance de peuplements constitués essentiellement d’une seule espèce d’arbres (hêtre) d’âge identique, avec surreprésentation des classes d’âge les plus vieilles et sous-représentation des classes les plus jeunes, ce qui hypothèque la pérennité de la forêt. Cette dominance du hêtre donne un faciès forestier manquant de structure, dominé par une seule essence et un seul étage. Ceci est d’autant plus problématique que, selon plusieurs études (voir liens ci-dessous), l’augmentation attendue de la fréquence et de l’intensité des sécheresses printanières et des canicules estivales liées aux changements climatiques pourraient mettre en péril la survie à long terme des hêtraies soniennes.  Les plantations de hêtres présentent en outre une très grande sensibilité au risque de chablis du fait notamment de la présence fréquente d’un horizon de sol induré à faible profondeur (fragipan), de leurs âges, des hauteurs atteintes et de la déstructuration de certains peuplements suite aux tempêtes de 1990. Par ailleurs, les vieilles chênaies sont dominées par le chêne pédonculé qui, à l’instar du hêtre, sera probablement aussi fortement impacté par les changements climatiques annoncés. Le chêne sessile, plus résistant aux changements climatiques en cours, y est généralement très minoritaire.  Dans les conditions actuelles, le massif s’avère dès lors peu résilient face aux perturbations du milieu et notamment face aux changements climatiques attendus. 
Le nouveau plan régional de gestion de la forêt de Soignes, adopté en 2019, vise notamment à augmenter la résilience du massif en s’appuyant entre autres sur une plus grande diversification des essences, la mise en place progressive d’une structure plus étagée et moins dense et le rajeunissement des peuplements (voir fiche documentée 22. Prélèvements de bois, accroissement et régénération en forêt de Soignes bruxelloise). Dans ce cadre, une part importante des peuplements gérés en futaiePeuplement forestier composé d'arbres directement issus de semences sur place et qui sont destinés à atteindre un plein développement avant d'être coupés. mono spécifique régulière devront progressivement évoluer vers une futaie irrégulière constituée d’un mélange d’essences d’âges multiples. La régénération naturelle actuellement observée pour le hêtre et d’autres essences constitue une opportunité dans le cadre de cette transition.

A télécharger

Fiches documentées : 

  • 10. Habitats naturels dans les espaces verts bruxellois
  • 20. Surveillance des habitats naturels en Région bruxelloise (.pdf)
  • 21. Inventaire du patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise (.pdf)
  • 22. Prélèvements de bois, accroissement et régénération en forêt de Soignes bruxelloise (.pdf)

Carnet « L’occupation du sol et les paysages bruxellois » 

  • 14. Espaces semi-naturels et espaces verts bénéficiant d’un statut de protection (.pdf)

Fiches de l’Etat de l’Environnement

  • Indicateur : Etat sanitaire des hêtres et chênes en forêt de Soignes (2023)
  • Focus : Prélèvements de bois, accroissement et régénération en forêt de Soignes bruxelloise (2021)
  • Focus : Changement climatique et croissance du hêtre en forêt de Soignes (2018)
  • Focus : L’adaptation aux changements climatiques (édition 2011-2014)
  • Forêt de Soignes et risques associés au changement climatique (édition 2007-2008) (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Rapport sur l’état de la nature en Région de Bruxelles-Capitale, septembre 2012 (.pdf)
  •  Carte « Potentialités sylvicoles actuelles et à l'horizon 2100 du hêtre en Forêt de Soignes »

Etudes et rapports

  • DAISE J., CLAESSENS H., RONDEUX J. 2009.  « Etude de l’adéquation des essences aux stations forestières de la forêt de Soignes (zone bruxelloise) dans le contexte du changement climatique», Unité de Gestion des Ressources Forestières et des Milieux Naturels, FUSAGx-ULg, étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 368 pp.+ annexes. (.pdf)
  • EARTH & LIFE INSTITUTE ENVIRONMENTAL SCIENCES (UCL) 2020. « Suivi de l’état sanitaire des arbres en forêt de Soignes bruxelloise 2020 ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 81 pp. (.pdf)
  • GESTION DES RESSOURCES FORESTIERES (FUSAGx-ULg)  2015. « Analyse de l’influence du changement climatique du hêtre en forêt de Soignes ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 14 pp. + annexes (.pdf)
  • GODEFROID S., KOEDAM N. 2007. « Quantification et qualification du bois mort dans les habitats Natura 2000 en Région de Bruxelles-Capitale », Laboratorium voor Algemene Plantkunde en Natuurbeheer (General Botany and Nature Management) – VUB, étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 35 pp. (.pdf)
  • LEJEUNE P., ALDERWEIRELD M., RONDEUX J. 2009.  « La forêt de Soignes - Connaissances nouvelles pour un patrimoine d'avenir" in  chapitre  "L'apport d'un inventaire forestier par échantillonnage à la gestion de la forêt de Soignes", publication LES AMIS DE LA FORET DE SOIGNES.
  • LATTE N. et al. 2015. "Dendroécologie du hêtre en forêt de Soignes - Les cernes des arbres nous renseignent sur les changements récents et futurs », in Forêt.Nature n°137, recherche financée par Bruxelles Environnement et l’Accord-cadre de recherches et de vulgarisation forestières (SPW, DGO3, DNF),  pp.25-37. (.pdf)
  • UNITE DE GESTION DES RESSOURCES FORESTIERES ET DES MILIEUX NATURELS -  FUSAGx-ULg - 2020. « Synthèse 2020 de l’inventaire forestier de la forêt de Soignes bruxelloise », inventaire réalisé pour le compte de Bruxelles Environnement.
  • VAES F., VANWIJNSBERGHE S. 2020. "Un nouveau plan de gestion pour la forêt de Soignes" in "Forêt Nature" n°155. (.pdf)

Plans et programmes

  • Plan régional nature 2016-2020 en Région de Bruxelles-Capitale, 2016 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre I - Etat des connaissances, 2018 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre II - Objectifs et mesures de gestion, 2018 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre III - Plans de gestion des réserves archéologiques, naturelles et forestières, 2018 (.pdf)

Liens utiles

  • Agentschap voor Natuur en Bos, Bruxelles Environnement, Département de la Nature et des Forêts (DGARNE-SPW)
  • Agentschap Natuur en Bos, Wat is de bosinventaris ?
  • Inventaire Permanent des Ressources Forestières de Wallonie

Prélèvements de bois en forêt de Soignes bruxelloise

Focus – Actualisation : janvier 2021

Le prélèvement de bois et la régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. des peuplements poursuivent avant tout des objectifs en matière de biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)., de mise en valeur paysagère et de sécurité des usagers. La gestion sylvicole vise aussi à assurer le maintien à long terme du patrimoine sonien. La sélection des arbres prélevés tient compte de nombreux éléments décrits dans le plan de gestion. Elle veille également à ce que les prélèvements de bois ne dépassent pas les volumes d’accroissement de la forêt. La régénération des peuplements repose à la fois sur la régénération naturelle et sur des plantations à petite échelle, en privilégiant notamment des essences dont la régénération naturelle est difficile et/ou présentant un intérêt écologique.

Une gestion sylvicole qui vise la diversification des essences et le rajeunissement des peuplements

En 2020, le hêtre couvre 52% de la partie bruxelloise de la forêt de Soignes en peuplement pur et 8% en peuplement mélangé dominé par le hêtre. Or, selon plusieurs études, les changements climatiques attendus au niveau régional pourraient mettre en péril la survie à long terme des hêtraies. D’autres essences sont également susceptibles d’être impactées par les changements climatiques. C’est le cas du chêne pédonculé, deuxième essence la plus présente en forêt de Soignes.
La forêt bruxelloise est par ailleurs marquée par une prédominance de peuplements de hêtres souvent vieillissants - et donc fragiles - et par un déséquilibre de la structure des âges des peuplements (voir focus et fiche documentée sur le patrimoine forestier de la forêt de Soignes).
Le nouveau plan régional de gestion de la forêt de Soignes prévoit notamment de rajeunir la forêt en régénérant les vieux peuplements de hêtres et de diversifier davantage les espèces d’arbres. Les essences les plus tolérantes aux conditions climatiques projetées - comme, par exemple, le chêne sessile, le tilleul à petites feuilles et le charme - seront privilégiées. La diversification est par ailleurs favorable à la biodiversité et permet d’augmenter la capacité des écosystèmes forestiers à résister aux perturbations du milieu, aux maladies ainsi qu’aux vents violents (résilience).
L’objectif de maintien du faciès paysager de « hêtraie cathédraleForêt de hêtres ou riche en hêtres qui ne laissent filtrer que très peu de lumière, à la façon des vitraux d'une cathédrale. » caractéristique de la forêt de Soignes concerne actuellement 20% de la forêt (il était de 50% dans le précédent plan de gestion). Le nouveau plan de gestion prévoit aussi de développer des chênaies à objectif cathédrale à partir de jeunes plantations de chênes pédonculé et sessile (9% de la forêt).

Une régénération à la fois naturelle et artificielle 

La gestion de la forêt de Soignes vise la transition d’une part importante des peuplements se trouvant actuellement en futaie régulièreFutaie dont les arbres sont répartis par classes d'âges à peu près uniformes. (peuplement composé d’arbres sensiblement d’une même classe d’âge issus de semis ou de plantations) vers une futaiePeuplement forestier composé d'arbres directement issus de semences sur place et qui sont destinés à atteindre un plein développement avant d'être coupés. irrégulière (plusieurs classes d’âges).  Cette transition s’appuie notamment sur l’exploitation de la régénération naturelle ainsi que sur des plantations réalisées en cellules d’une trentaine de plants.
Le nouveau plan de gestion prévoit qu’en moyenne 12,8 ha soient régénérés chaque année soit par plantation, soit par régénération naturelle, soit par une combinaison des deux.
Des plantations sont nécessaires là où il n’y a pas de semis naturels en suffisance ou lorsque la régénération naturelle ne convient pas aux objectifs de gestion fixés sur la parcelle. Dans ce dernier cas, il s’agira le plus souvent de plantations de chênes sessiles et d’autres essences dont la régénération naturelle est difficile. Le choix des essences tient également compte d’autres facteurs tels que leur adéquation par rapport aux caractéristiques de la station, leur intérêt écologique et leur résistance attendue aux changements climatiques. La plantation permet également d’apporter une diversité génétique dans les peuplements et d’augmenter ainsi leur résilience. 
En moyenne 12,5 ha de forêt ont été replantés chaque année au cours de cette dernière décennie (11 ha au cours de la période 2003-2016). Durant cette période, plus de 130.000 arbres de diverses espèces ont été plantés.

Régénération artificielle : nombre de plants par essence et par exercice (2012-2021)

Source : Département forêt – Bruxelles Environnement, 2020
Régénération artificielle : nombre de plants par essence et par exercice (2012-2021)

Le chêne sessile est une essence privilégiée au niveau des plantations effectuées. Il s’agit en effet d’une essence actuellement peu présente en forêt de Soignes et dont la régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. naturelle est très limitée mais qui semble pouvoir s’adapter aux effets attendus du changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc.. Pour les reboisements de hêtres, seuls des plants d'origine "Forêt de Soignes" dont le patrimoine génétique est unique et qui présente des qualités intéressantes sont utilisés.
La régénération naturelle du hêtre s’installe depuis 2005 dans les vieux peuplements de hêtres. Ce phénomène était imprévu et donne des opportunités pour la gestion en futaiePeuplement forestier composé d'arbres directement issus de semences sur place et qui sont destinés à atteindre un plein développement avant d'être coupés. irrégulière et pour la conversion de certains peuplements. D’autres essences telles que l’érable, le frêne, le charme, le merisier et le bouleau se régénèrent aussi naturellement bien (voir focus et fiche documentée sur le patrimoine forestier de la forêt de Soignes). 

Des prélèvements d’arbres visant avant tout à préserver la biodiversité et les paysages et à assurer la pérennité de la forêt

En forêt de Soignes, le prélèvement de bois et la régénération des peuplements poursuivent cinq grands objectifs :

  • régénérer les peuplements vieillis de hêtres et assurer la pérennité de la forêt ;
  • préserver les paysages ; 
  • protéger et favoriser la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). ;
  • assurer la sécurité des usagers de la forêt ;
  • alimenter la filière économique du bois avec du bois de qualité et labellisé « gestion durable ». 

La production de bois ne constitue pas un objectif premier de cette gestion multifonctionnelle de la forêt mais en constitue un « produit dérivé ».

Une sélection réfléchie des arbres à prélever

En plus des coupes de sécurité, les peuplements sont éclaircis tous les 8 ans. Ces éclaircies se font en désignant dans un premier temps des « arbres-objectif » (ou arbres d’avenir) que le forestier choisi de préserver au fil des éclaircies. Ces arbres-objectif sont appelés à déterminer l’aspect de la forêt pendant une période plus ou moins longue. Différentes considérations interviennent dans leur choix: ils peuvent être sélectionnés pour la rareté de leur essence, pour leur beauté et leur valeur paysagère, pour leur résistance attendue aux changements climatiques, pour leur production de bois de haute qualité ou pour une combinaison de ces motifs. Excepté dans certains peuplements spécifiques (objectif cathédrale, conifères,…), le gestionnaire s’attache aussi à renforcer le mélange d’essences. 
Outre les arbres-objectif le plan de gestion vise le maintien d’ « arbres-habitat » (au minimum 10 par ha). Ces arbres (ou îlots d’arbres) sont préservés jusqu’à leur mort naturelle puis seront laissés sur place sous forme de bois mort, en vue de favoriser la présence d’une biodiversité particulière et parfois très rare (chauve-souris, pics, etc.), liée aux gros arbres âgés et à leurs anfractuosités ainsi qu’au bois mort.  Certains vieux arbres sont aussi laissés sur pied pour des questions paysagères.  
Avec en moyenne 6 arbres-habitat par ha, la forêt de Soignes présente un nombre exceptionnellement élevé d’arbres de gros diamètre (supérieur à 80 cm). L’objectif du plan de gestion est de maintenir le nombre de gros arbres par ha à un niveau constant et ce, malgré l’abattage de gros arbres. 
Le gestionnaire procède ensuite à la sélection et au marquage des arbres qui doivent être supprimés à proximité des arbres objectifs (martelage) afin d’offrir à ces derniers suffisamment d’espace pour qu’ils puissent croître de façon optimale.  Cette sylviculture dynamique doit permettre de faire évoluer les jeunes peuplements équiennes mono spécifiques de hêtres vers des peuplements à structure plus complexe (mélange d’essences et d’âges) là où la futaie irrégulière est prévue.

Une cartographie des arbres en soutien à la gestion sylvicole

Depuis 2020, un relevé et une caractérisation des arbres-objectif et des arbres-habitat sont effectués systématiquement dans les coupes passées en martelage. La cartographie de ces arbres permet de voir si les objectifs de gestion sont bien respectés (nombre d’arbres-habitat par hectare, densité finale des peuplements, essences favorisées, etc.). 
Ces cartes sont également très pertinentes pour illustrer les mesures des gestions prévues dans les différents peuplements et pour avoir un aperçu de l’état actuel de ceux-ci. 
Des exemples de cette cartographie et de la logique sous-tendant la sélection des arbres-objectif et des arbres-habitat à l’échelle de la parcelle compte tenu des objectifs de gestion qui y ont été fixés sont fournis dans la fiche documentée complétant ce focus. 

Des règles techniques imposées pour minimiser les impacts de l’exploitation forestière 

Les arbres marqués (ou martelés) constituent des lots de bois sur pied mis en vente par adjudication publique. C’est aux acquéreurs des lots (marchands de bois, scieries) d’exécuter les travaux d’abattage, façonnage, transport, etc., en conformité avec le cahier des charges d’exploitation imposé par Bruxelles Environnement et sous la surveillance des gardes forestiers.  Celui-ci comporte un ensemble de règles techniques d’exploitation visant à minimiser les impacts de l’exploitation forestière sur les sols (compaction, exportation d’éléments minéraux), la végétation et la faune. Parmi les règles imposées figure l’interdiction des abattages en période de nidification (1 avril-15 août). 
Une autre obligation concerne la découpe du tronc qui doit se faire à 16 mètres de longueur dans les lots à gros bois. Ceci a pour conséquence que les houppiers (ensemble des branches situées au sommet du tronc) sont laissés sur place ce qui augmente le taux de bois mort au sol de façon significative. Cette mesure limite également le nombre de passages des machines sur les layons de débardage et diminue ainsi l’impact des exploitations.

Des volumes de bois prélevés inférieurs à l’accroissement

En moyenne, au cours de la dernière décennie (2012-2021), 5542 m³ de bois d’œuvre (soit environ 3,4 m³/ha) ont été prélevés chaque année en forêt de Soignes bruxelloise via les ventes de bois. Notons que le volume de bois d’œuvre est un volume qui ne tient compte que du volume du tronc jusqu’à une recoupe au sommet, variable suivant la forme des arbres. Il diffère du volume de bois fort qui est la mesure utilisée pour les calculs de productivité effectués par les scientifiques et qui est estimé se situer entre 9 et 11 m3/ha/an en forêt de Soignes (voir focus et fiche documentée sur le patrimoine forestier de la forêt de Soignes).
Selon le plan de gestion de la forêt de Soignes, l’accroissement du « volume bois d’œuvre » serait d’environ 5 m³/ha/an pour le cantonnement de Bruxelles et de Groenendael. Dans la mesure où les prélèvements de bois sont inférieurs à l’accroissement naturel des volumes de bois, la tendance semble dès lors être à la capitalisation du bois sur pied. 
Le graphique ci-dessous reprend les volumes de bois prélevés chaque année en forêt de Soignes bruxelloise. Les lots sont de trois types :

  • gros bois c’est-à-dire des arbres adultes à maturité de coupe ;
  • petits et moyens bois correspondant à du bois d’éclaircie coupé pour permettre aux arbres d’avenir de disposer de suffisamment de place pour se développer ;
  • chablis : arbre ou groupe d’arbres renversé(s), déraciné(s) ou rompu(s) sous l'action de différents agents naturels ou pour des raisons qui lui sont propres et dont l’abattage est de ce fait délicat.

Vente de bois du cantonnement de Bruxelles - Forêt de Soignes bruxelloise : Evolution des volumes de bois vendus (exercices 2004-2021)

Source : Bruxelles Environnement – département Forêt, 2020
see1920_illu_prelevements2020_fig2_fr

Ces chiffres sont établis sur base du bilan des ventes de bois du cantonnement de Bruxelles.

La vente du bois sonien alimente un fonds destiné aux espaces verts

Les revenus issus de la vente varient fortement d’une année à l’autre en raison de différents facteurs dont : 

  • variation des volumes exploités ;
  • pour les gros bois, fluctuations importantes du marché du bois de hêtre se traduisant par des variations du prix/m3;
  • concurrence tendant à diminuer dans l’exploitation des bois de chablis (plus difficiles à exploiter).

Au cours des 10 dernières années, les recettes ont ainsi oscillé entre environ 125000 € et 501000 €, avec une moyenne de l’ordre de 300000 € par an. Le prix moyen obtenu avoisine les 90 €/m³ pour les gros bois et les 30 €/m³ pour les petits bois.

Vente de bois du cantonnement de Bruxelles - Forêt de Soignes bruxelloise : Evolution des recettes des ventes de bois actualisées selon l’indice des prix à la consommation  (exercices 2004-2021)

Source : Bruxelles Environnement – département Forêt, 2020 
see1920_illu_prelevements2020_fig3_fr

Malgré certains défauts lié à l’âge d’exploitation souvent très élevé des hêtres vendus, le hêtre de Soignes se vend généralement assez bien en raison notamment de sa localisation géographique et de l’actuelle forte demande asiatique en hêtres.
Les recettes issues de la vente annuelle de bois de la forêt de Soignes sont reversées dans un fonds régional destiné à l’entretien, à l’acquisition et à l’aménagement d’espaces verts, des forêts et des sites naturels ainsi qu’au rempoissonnement et aux interventions urgentes en faveur de la faune. 

Le bois de la forêt de Soignes au service d’une économie circulaire ?

Globalement, les gros bois et chablis partent en bois d’œuvre  et d’industrie. Les petits et moyens bois partent en bois d’industrie et en bois de chauffage.
Actuellement la plus grande part des fûts de hêtres abattus sont exportés vers l’Asie où ils sont très souvent transformés en meubles dont une partie revient en Europe sous forme manufacturée.  
Cette situation, dommageable d’un point de vue environnemental et économique, est liée à plusieurs facteurs : 

  • obligation pour la Région bruxelloise de recourir à des marchés publics pour la vente du bois ; 
  • faible coût du transport et de la transformation du bois dans les pays asiatiques ; 
  • raréfaction des filières locales de transformation du bois de hêtre.

Une réflexion est en cours pour que le bois sonien soit vendu et transformé au sein de la Région bruxelloise et que sa valorisationToute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en remplaçant d’autres matières qui auraient été utilisées à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, dans l’usine ou dans l’ensemble de l’économie. s’inscrive dans le cadre d’une économie circulaireL'économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui consiste à partager, réutiliser, réparer, rénover et recycler les produits et les matériaux existants le plus longtemps possible afin qu'ils conservent leur valeur..  Par ailleurs, depuis plusieurs années, une entreprise de travail adapté achète certains lots de bois et assure leur exploitation jusqu’à leur vente sous forme de bûches de chauffage.

A télécharger

Fiches documentées : 

  • 10. Habitats naturels dans les espaces verts bruxellois
  • 20. Surveillance des habitats naturels en Région bruxelloise (.pdf)
  • 21. Inventaire du patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise (.pdf)
  • 22. Prélèvements de bois, accroissement et régénération en forêt de Soignes bruxelloise (.pdf)

Fiches de l’Etat de l’Environnement

  • Focus : Patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise (2021)
  • Focus : Changement climatique et croissance du hêtre en forêt de Soignes (2018)
  • Focus : L’adaptation aux changements climatiques (édition 2011-2014)
  • Forêt de Soignes et risques associés au changement climatique (édition 2007-2008) (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Rapport sur l’état de la nature en Région de Bruxelles-Capitale, septembre 2012 (.pdf)
  • Carte « Potentialités sylvicoles actuelles et à l'horizon 2100 du hêtre en Forêt de Soignes »

Etudes et rapports

  • DAISE J., CLAESSENS H., RONDEUX J. 2009.  « Etude de l’adéquation des essences aux stations forestières de la forêt de Soignes (zone bruxelloise) dans le contexte du changement climatique», Unité de Gestion des Ressources Forestières et des Milieux Naturels, FUSAGx-ULg, étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 368 pp.+ annexes. (.pdf)
  • GESTION DES RESSOURCES FORESTIERES (FUSAGx-ULg)  2015. « Analyse de l’influence du changement climatique du hêtre en forêt de Soignes ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 14 pp. + annexes (.pdf)
  • LATTE N. et al. 2015. "Dendroécologie du hêtre en forêt de Soignes - Les cernes des arbres nous renseignent sur les changements récents et futurs », in Forêt.Nature n°137, recherche financée par Bruxelles Environnement et l’Accord-cadre de recherches et de vulgarisation forestières (SPW, DGO3, DNF),  pp.25-37. (.pdf)
  • UNITE DE GESTION DES RESSOURCES FORESTIERES ET DES MILIEUX NATURELS -  FUSAGx-ULg - 2020. « Synthèse 2020 de l’inventaire forestier de la forêt de Soignes bruxelloise », inventaire réalisé pour le compte de Bruxelles Environnement.
  • VAES F., VANWIJNSBERGHE S. 2020. "Un nouveau plan de gestion pour la forêt de Soignes" in "Forêt Nature" n°155. (.pdf)

Plans et programmes

  • Plan régional nature 2016-2020 en Région de Bruxelles-Capitale, 2016 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre I - Etat des connaissances, 2018 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre II - Objectifs et mesures de gestion, 2018 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre III - Plans de gestion des réserves archéologiques, naturelles et forestières, 2018 (.pdf)

Liens utiles

  • BRUXELLES ENNVIRONNEMENT Vente de bois sur pied de la Région de Bruxelles-Capitale
  • TIMBER asbl
  • LOCAL SONIAN WOOD COOP

Changement climatique et croissance du hêtre en forêt de Soignes

Focus - Actualisation : janvier 2018

L’étude des cernes (ou « anneaux de croissance ») des hêtres de la forêt de Soignes a mis en évidence une réduction de leur croissance depuis les années ’90. Cette évolution apparaît davantage liée à l’évolution du climat qu’au vieillissement des peuplements. Si jusqu’à présent aucun seuil critique mettant directement les arbres en danger n’a été atteint, l’augmentation attendue de la fréquence et de l’intensité des sécheresses printanières et des canicules estivales liée aux changements climatiques pourrait mettre en péril la survie à long terme des hêtraies.

La fragilité des hêtres de la forêt de Soignes

La forêt de Soignes dans sa forme actuelle résulte de plantations, majoritairement de hêtres, qui ont été entreprises à l’époque autrichienne à la fin du 18ème siècle. Celles-ci visaient principalement à produire du bois de qualité mais, au fil des décennies, la vocation productive de la forêt s’est atténuée au bénéfice d’une gestion davantage axée sur le développement de la fonction récréative et la préservation des paysages et de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore).. Le rythme des coupes et des régénérations, initialement effectuées avec une révolution de 80 ans, a été progressivement allongée à 200 ans et la futaiePeuplement forestier composé d'arbres directement issus de semences sur place et qui sont destinés à atteindre un plein développement avant d'être coupés. a vieilli, donnant naissance à un paysage particulier qualifié de « forêt cathédrale ». En forêt de Soignes, celle-ci est composée de hautes futaies, constituées de hêtres de même âge aux longs troncs rectilignes (cimes atteignant jusqu’à 50 mètres de haut) et présentant un sous-bois dégagé.
La partie bruxelloise de la forêt de Soignes est aujourd’hui couverte d’environ 57% de hêtraies (dont 50% pure et 7% en mélange) et de 21% de chênaies (dont 13% pure et 8% en mélange, il s’agit essentiellement de chênes pédonculés).
La forêt de Soignes représente un patrimoine naturel, historique et culturel d’une importance considérable pour les Bruxellois. Depuis une dizaine d’années, son avenir fait cependant l’objet de nombreuses interrogations de la part du monde forestier, en particulier en ce qui concerne l’impact qu’auront les changements climatiques prévus sur les peuplements de hêtres.
La hêtraie sonienne apparaît en effet fragile pour différentes raisons parmi lesquelles on peut notamment citer des facteurs liés aux caractéristiques des peuplements (hêtraies le plus souvent pures faites d’arbres de plus de 40 mètres et s’approchant de leur limite de longévité) et des sols (présence fréquente d’un horizon de sol induré à faible profondeur dénommé « fragipan », compaction superficielle, sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande). relative d’une partie des sols de versants). Dans ces conditions, certains peuplements s’avèrent particulièrement vulnérables aux évènements climatiques extrêmes mais aussi aux maladies et ravageurs.
Une étude visant à caractériser les impacts potentiels des changements climatiques sur la forêt de Soignes à l’horizon 2100 (Daise et al., 2009) a par ailleurs mis en évidence le fait que l’essence qui devrait être la plus touchée par les modifications attendues du climat était le hêtre. D’autres essences telles que le Chêne pédonculé, l’Erable sycomore ou le Frêne sont cependant également susceptibles d’être sensiblement impactées par les évolutions climatiques (voir focus « Forêt de Soignes et risques associés au changement climatique » de la synthèse 2007-2008).

L’étude de la croissance des cernes des hêtres pour mieux comprendre l’effet des changements climatiques

C’est dans ce cadre qu’une recherche visant à approfondir les connaissances relatives à l’effet des changements climatiques sur la croissance des hêtres soniens a été menée en 2015.
L’approche utilisée dans cette étude est la « dendroécologie » c’est-à-dire une combinaison de la dendrochronologie et de l’écologie forestière. La dendrochronologie est la discipline scientifique relative à la mesure et à la datation des largeurs des cernes lesquelles permettent d’estimer la croissance annuelle des arbres. En mettant en relation des variables environnementales et la croissance des arbres, la dendroécologie constitue l’une des méthodes permettant d’analyser l’impact des changements environnementaux sur les écosystèmes forestiers.
L’étude s’est focalisée sur l’analyse des relations entre la croissance, d’année en année, d’un échantillon de quelques centaines de hêtres et, d’une part, des données climatiques (températures et précipitations) et, d’autre part, l’âge des hêtres.
Pour ce faire, l’étude s’est appuyée sur un important jeu de données dendrochronologiques se rapportant à 286 hêtres répartis sur 35 sites représentatifs de l’aire de répartition des hêtraies en Belgique et couvrant les différentes classes d’âges étudiées.
Cet échantillon a été réparti en 3 groupes:

  • Hêtraies de plaines hors forêt de Soignes (zone bioclimatique atlantique, entre le sillon Sambre et Meuse et la mer du Nord);
  • Hêtraies soniennes (zone bioclimatique atlantique);
  • Hêtraies ardennaises (zone bioclimatique sub-montagnarde).

L’étude a mis en évidence une phase d’augmentation de la croissance des hêtres entre les années ’20-’30 et les années ’60-70’. Selon les chercheurs, cette évolution est à mettre en relation avec le réchauffement progressif du climat allié à l’allongement de la période de végétation observé durant cette période.  Ces derniers ont par ailleurs émis l’hypothèse que cette croissance accrue des hêtres pourrait également être liée aux retombées atmosphériques azotées (fertilisation) résultant des émissions polluantes et à l’évolution de la gestion sylvicole. Ces variables n’ont néanmoins pas été étudiées dans le cadre de cette étude.
L’analyse des cernes a également montré qu’en forêt de Soignes, l’augmentation de cette croissance a été nettement moins marquée que dans les deux autres groupes. Selon les chercheurs, ce constat pourrait être lié à la densité importante des peuplements ainsi qu’aux caractéristiques physiques des sols.
Cette phase de croissance accrue a été suivie d’une phase de diminution, observée également à l’échelle de l’Europe, et qui résulterait en grande partie de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur ainsi que des épisodes de sécheresse. Le hêtre, espèce typique des climats tempérés frais et normalement bien arrosés, est en effet une essence peu adaptée au manque d’humidité - en particulier durant le printemps où se fait l’essentiel de sa croissance - ainsi qu’aux fortes chaleurs estivales. En cas de stress marqué en été, la capacité des arbres à accumuler des réserves diminue ce qui pénalise leur accroissement au printemps suivant.
De ce fait, les changements climatiques attendus pour la Région bruxelloise pourraient s’avérer particulièrement négatifs pour les hêtres et, plus généralement, pour diverses essences présentes en forêt de Soignes. En effet, selon une étude (Pouria et al. 2012) commanditée par Bruxelles environnement sur l’adaptation au changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc. en Région de Bruxelles-Capitale, l’évolution probable du climat au niveau régional - établie en se basant sur différents modèles - se traduirait entre autres par:

  • une modification du régime des précipitations avec une diminution des précipitations en été (-11 à 37% en 2085) et une augmentation des précipitations hivernales (+21% en 2085 selon les projections moyennes), au niveau annuel les projections pour 2085 sont très divergentes selon les modèles et scénarios;
  • une augmentation des t° moyennes annuelles (entre +1,9 et +5,4°C en 2085) et des t° estivales (entre +2,3 et +7,2°C en 2085), pour les t° automnales et printanières les projections divergent selon les modèles et scénarios ;
  • à partir de 2050, une augmentation du nombre de jours de canicules estivales.

En outre, selon le rapport 2007 du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), notre pays pourrait être également soumis à un accroissement, en fréquence et en intensité, des tempêtes hivernales à l’horizon 2100 (degré de certitude moindre).
La pluviométrie annuelle minimale permettant encore la croissance du hêtre est de 600 mm sous réserve que celui-ci bénéficie d’une humidité ambiante importante et/ou d’une bonne alimentation en eau du sol.  En forêt de Soignes, certaines études ont montré que le hêtre pouvait, dans une certaine mesure, adapter son architecture racinaire pour accéder à des ressources hydriques profondes (pénétration des racines, via des fissures, en-dessous du fragipan où se trouve un sol limoneux riche et meuble) (LANGHOR R. 2010, LA SPINA S. 2011). 
Les graphiques ci-dessous représentent, pour chacun des groupes considérés, l’évolution de la moyenne des accroissements annuels des hêtres (exprimée en pourcentage de la situation moyenne en 1900).  Une technique de standardisation a été utilisée afin de créer une courbe représentant l’accroissement d’un arbre moyen qui aurait un âge constant pendant toute la période étudiée (1900-2008) ce qui permet d’isoler les effets des changements environnementaux dans le temps.

Croissance radiale (cernes) des hêtres entre 1900 et 2008 : tendances générales (courbes régionales standardisées ou RCS en anglais)

Source : Gembloux Agro Bio-Tech 2015
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Comme l’illustre le graphique, en forêt de Soignes, la diminution de la croissance radiale s’est amorcée plus tardivement que dans les 2 autres groupes, à savoir, à partir des années ’90. Pour les hêtraies de plaines hors forêt de Soignes ainsi que pour les hêtraies ardennaises étudiées, la croissance des hêtres observée à la fin du 20ème siècle – début du 21ème siècle s’avère inférieure à ce qu’elle était au début du 20éme siècle.  Cette tendance semble également s’amorcer en forêt de Soignes.
L’étude s’est également attachée à identifier les données météorologiques (mesurées à la station d’Uccle) permettant d’expliquer au mieux les variations de la croissance des hêtres d’une année à l’autre.
Ceci a notamment permis de montrer qu’en forêt de Soignes les années de croissance particulièrement faibles avaient toutes un lien direct avec un climat exceptionnel survenu l’année en cours ou l’année précédente et qu’elles étaient essentiellement concentrées sur la période 1976-2004. Par ailleurs, pour les 3 groupes, on constate globalement qu’avant 1976 l’accroissement des arbres a été essentiellement influencé par le climat de l’année en cours. Après 1976, année charnière marquée par une sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande). printanière et des vagues de chaleur estivales, l’influence de ces 2 paramètres climatiques a fortement augmenté et celle des éventuelles canicules de l’été précédent est devenue prépondérante.
En forêt de Soignes, pour la période 1990-2013, les précipitations printanières et les canicules de l’été précédent expliquent à elles seules jusqu’à 50% de la variation de l’indice de cerne. Une approche par modélisation a par ailleurs montré que l’augmentation observée de la sensibilité moyenne au cours de la seconde moitié du 20ème siècle - mesurée par le taux de variation entre deux accroissements consécutifs - était davantage due aux changements climatiques qu’au vieillissement des hêtraies de Soignes.

Quels enseignements pour la gestion de la forêt de Soignes ?

Aucun seuil critique mettant directement les arbres en danger n’a encore été atteint : un rétablissement de la croissance des hêtres a en effet toujours été observé lors des années favorables, plus humides et moins chaudes. Néanmoins, les changements climatiques attendus pour la fin du 21ème siècle au niveau régional, avec entre autres une augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses et des canicules estivales, pourraient mettre en péril la survie à long terme des hêtres en affectant leur croissance annuelle. Cette conclusion converge avec celle d’une autre étude, menée en 2009, qui a modélisé l’évolution de l’aire de répartition potentielle de 26 essences (présentes ou envisageables en forêt de Soignes) à l’horizon 2100 dans le contexte du changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc.. D’après ces projections, les seules stations où le hêtre sera en relative adéquation avec son milieu seront les vallons et la zone du Rouge-Cloître  (voir focus « Forêt de Soignes et risques associés au changement climatique de la synthèse 2007-2008). 
Ces informations ont été prises en compte pour l’élaboration du nouveau plan de gestion de la forêt de Soignes qui devrait être adopté en 2018. Pour les peuplements de hêtres existants, ce plan prévoit notamment de réaliser des éclaircies plus fortes et fréquentes afin de limiter la concurrence entre les arbres et d’accélérer leur croissance ce qui permettra de diminuer l’âge d’exploitation et donc les risques, en particulier de chablis (chute d’arbres). La gestion devra aussi privilégier les hêtres les plus vigoureux car ceux-ci sont susceptibles de posséder des prédispositions génétiques à mieux surmonter le stress et leur descendance pourrait se révéler d’un grand intérêt. 
L’objectif de maintien du faciès paysager de hêtraie cathédraleForêt de hêtres ou riche en hêtres qui ne laissent filtrer que très peu de lumière, à la façon des vitraux d'une cathédrale., qui concernait 50% de la superficie de la forêt de Soignes bruxelloise dans le plan de gestion adopté en 2003, a été revu à la baisse et concerne actuellement 20% de la forêt.  Compte tenu des qualités paysagères du faciès cathédrale, le nouveau plan de gestion prévoit par ailleurs de développer des chênaies équiennes- c’est-à-dire constituée d’arbres du même âge - à objectif cathédrale (9% de la forêt).  Pour les superficies restantes, la gestion s’orientera vers une mise en place progressive d’une structure plus étagée et moins dense, issue de mélanges d’essences, en combinaison avec la mise en place de lisières étagées. Les espèces les plus tolérantes aux conditions climatiques attendues à la fin du siècle (chêne sessile, tilleul à petites feuilles, etc.) seront privilégiées. La diversification est par ailleurs favorable à la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). et permet d’augmenter la capacité des écosystèmes forestiers à résister aux perturbations du milieu, aux maladies ainsi qu’aux vents violents (résilience).
Au total le projet de plan de gestion de la forêt de Soignes prévoit de maintenir le hêtre sur  44% de la surface bruxelloise de la Forêt de Soignes (20% à objectif paysager « cathédrale », 12% sous forme de futaiePeuplement forestier composé d'arbres directement issus de semences sur place et qui sont destinés à atteindre un plein développement avant d'être coupés. irrégulière à base de hêtre et 12% sous forme d’îlots de vieillissement, de sénescence et de réserve forestièreLa réserve forestière est une forêt ou une partie de celle-ci, protégée dans le but de sauvegarder des faciès caractéristiques ou remarquables, ou des peuplements d'essence indigène, et d'y assurer l'intégrité du sol et du milieu. intégrale).

A télécharger

Fiches de l’Etat de l’Environnement

  • Focus : L’adaptation aux changements climatiques (édition 2011-2014)
  • Forêt de Soignes et risques associés au changement climatique (édition 2007-2008) (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Rapport sur l’état de la nature en Région de Bruxelles-Capitale, septembre 2012 (.pdf)

Etudes et rapports

  • EARTH & LIFE INSTITUTE ENVIRONMENTAL SCIENCES (UCL) 2017. « Suivi de l’état sanitaire en forêt de Soignes bruxelloise 2016 ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 66 pp. (.pdf)
  • GESTION DES RESSOURCES FORESTIERES (ULg-GEMBLOUX AGRO-BIO TECH) 2015. « Analyse de l’influence du changement climatique du hêtre en forêt de Soignes ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 14 pp.+ annexes (.pdf)
  • LATTE N. et al. 2015. “Dendroécologie du hêtre en forêt de Soignes - Les cernes des arbres nous renseignent sur les changements récents et futurs », in Forêt.Nature n°137, recherche financée par Bruxelles Environnement et l’Accord-cadre de recherches et de vulgarisation forestières (SPW, DGO3, DNF),  pp.25-37.
  • UNITÉ DE GESTION DES RESSOURCES FORESTIÈRES ET DES MILIEUX NATURELS (FAC. DE GEMBLOUX AGRO-BIO TECH - ULg) 2009. « Etude de l’adéquation des essences aux stations forestières de la forêt de Soignes (zone bruxelloise) dans le contexte du changement climatique». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 368 pp.+ annexes. (.pdf)

Plans et programmes

  • Plan régional nature 2016-2020 en Région de Bruxelles-Capitale, 2016 (.pdf)
  • Plan de gestion de la Forêt de Soignes - partie de Bruxelles-Capitale, 2003 (.pdf)
  • Projet de plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre I - Etat des connaissances, 2018 (.pdf)
  • Projet de plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre II - Objectifs et mesures de gestion, 2018 (.pdf)
  • Projet de plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre III - Plans de gestion des réserves archéologiques, naturelles et forestières, 2018 (.pdf)

Liens utiles

  • Agentschap voor Natuur en Bos, Bruxelles Environnement, Département de la Nature et des Forêts (DGARNE-SPW)
  • Observatoire wallon de la santé des forêts

Bois mort dans les habitats forestiers

Focus - Actualisation : février 2025

La présence de grandes quantités de bois mort est cruciale pour les écosystèmes forestiers. Celui-ci contribue à la fertilité des sols, constitue une source de nourriture pour de nombreuses espèces souvent spécialisées, crée des habitats et stocke l'eau et le carbone. Le plan de gestion de la forêt de Soignes stipule que la quantité de bois mort doit augmenter afin, entre autres, d'améliorer la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). et la résilience de la forêt. La part de bois mort a depuis lors augmenté de manière significative, passant de 14 m3/ha en 2013 à près de 29 m3/ha en 2024. Cette évolution positive doit se poursuivre.

Le bois mort, compartiment clé pour la conservation de la diversité et du fonctionnement de l’écosystème forestier

Le bois mort forme un compartiment clé de l’écosystèmeC'est l'ensemble des êtres vivants (faune et flore) et des éléments non vivants (eau, air, matières solides), aux nombreuses interactions, d'un milieu naturel (forêt, champ, etc.). L'écosystème se caractérise essentiellement par des relations d'ordre bio-physico-chimique. forestier à plus d’un titre :

  • Par l’action combinée de la faune du sol, des bactéries et des champignons, le bois mort se décompose lentement et participe à la formation d’humus. Il contribue ainsi au maintien de la fertilité des sols forestiers via le recyclageToute opération de valorisation par laquelle les déchets sont retraités en produits, matières ou substances aux fins de leur fonction initiale ou à d’autres fins. Cela inclut le retraitement des matières organiques, mais n’inclut pas la valorisation énergétique, la conversion pour l’utilisation comme combustible ou pour des opérations de remblayage. Ces opérations impliquent une modification structurelle (physique ou chimique) de la matière. Le recyclage peut impliquer différentes actions de prétraitement comme, par exemple, le démantèlement. de la matière organique.
  • Le bois mort constitue un maillon essentiel de la chaîne alimentaire comme source de nourriture pour des groupes spécialisés de champignons, bactéries, invertébrés (dont de nombreux coléoptères) qui se nourrissent de bois (lignivores).
  • Le bois mort est constitutif de micro-habitats variés pour une large biodiversité (insectes, rongeurs, chauves-souris, oiseaux, champignons, mousses et hépatiques, lichens, etc.).

La biodiversité associée au bois mort est de ce fait riche de milliers d’espèces en forêt tempéré (Godefroid et al. 2007), recouvrant notamment des espèces devenues rares dans nos forêts, comme le Lucane cerf-volant, la Noctule de Leisler (chauve-souris) ou encore, le Pic noir pour ne parler que de quelques espèces particulièrement emblématiques encore présentes en Région bruxelloise. Les scientifiques estiment par ailleurs que 20 à 40% des organismes vivants présents dans les écosystèmes forestiers dépendent du bois mort durant au moins une partie de leur cycle de vie (Boeykens C. et al. 2023). La présence d’espèces inféodées au bois mort ou très âgé, au moins durant une partie de leur cycle de vie (espèces saproxyliques) est un signe de bonne santé et de dynamisme de l’écosystème forestier. A cet égard, le déclin préoccupant observé des espèces saproxyliques (coléoptères, champignons et mousses et hépatiques saproxyliques notamment) au niveau de l’Union européenne est sans doute partiellement imputable au faible niveau de bois mort caractérisant ses forêts (Claessens H. et al. 2021).

Le bois, mort ou vivant, contribue également au stockage du carbone accumulé dans les végétaux via la photosynthèse. Ce dernier est conservé dans le bois jusqu’à sa décomposition suite à laquelle une partie reste dans l’humus tandis que l’autre est entièrement décomposée en CO2 (minéralisation).

A l’échelle planétaire ce phénomène permet de stocker d’énormes quantités de CO2 (gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3).) prélevé dans l’atmosphère et de réduire ainsi l’intensité du réchauffement climatique.

Par ailleurs, d’un point de vue paysager, la présence de bois mort et de la vie qui l’accompagnent concourent à créer une ambiance forestière.

Une grande variété de formes de bois mort

Source : Bruxelles Environnement 2024

Le « compartiment bois mort » a cependant été affaibli par des décennies d’une gestion forestière qui a trop consciencieusement « nettoyé » nos forêts (Godefroid et al. 2007). En outre, du fait de l’exploitation forestière, la présence de gros arbres sénescents est souvent fortement limitée alors que ces derniers procurent de nombreuses niches écologiques exploitées par la faune et la flore typiquement forestières (branches mortes, décollements d’écorce, cavités, vieux lierres, etc.) (Claessens et al. 2021).

Le saviez-vous ?

Les espèces animales, végétales et fongiques associées à la décomposition du bois mort diffèrent selon l’essence du bois.  Ceci est lié notamment à la durée plus ou moins grande de décomposition du bois, à la présence en quantité variable de micro-habitats (type d’écorce) ou encore, aux propriétés chimiques du bois (acidité, présence plus ou moins importante de tanins aux propriétés antibiotiques, etc.). Une bonne mixité d’essences forestières est favorable à la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). en général et, en particulier, à celle des espèces inféodées au bois mort.

Par ailleurs, de nombreuses espèces saproxyliques ont un faible pouvoir de dispersion et des exigences écologiques pointues (Branquart E.). Par exemple, la mobilité de beaucoup de coléoptères ne dépasse souvent pas quelques centaines de mètres autour de l’arbre hôte (Ranius, 2000, Ranius & Hedin, 2001 cités par Godefroid S. et Koedam N. 2007). L’absence de bois mort régulier répondant aux caractéristiques recherchées fragmente l’habitat disponible pour les populations de ces espèces peu dynamiques, au risque de les rendre non viables. La continuité spatiale et temporelle des habitats liés au bois mort est donc indispensable à la viabilité des populations de nombreuses espèces peu mobiles. Des quantités minimales sont indiquées pour certaines espèces :  pour les pics par exemple, un minimum de 20 m³ de bois mort sur pied/ha est avancé pour une conservation durable des espèces (source : plan de gestion de la forêt de Soignes).

Un écosystèmeC'est l'ensemble des êtres vivants (faune et flore) et des éléments non vivants (eau, air, matières solides), aux nombreuses interactions, d'un milieu naturel (forêt, champ, etc.). L'écosystème se caractérise essentiellement par des relations d'ordre bio-physico-chimique. diversifié et fonctionnel repose également sur la présence de bois mort :

  • tant au sol que sur pied (par ex. pour accueillir oiseaux et chauves-souris cavernicoles) ;
  • à différents stades de décomposition, avec une attention particulière pour le bois fortement décomposé où de nombreuses espèces rares/menacées se développent;
  • de grosseurs diverses, avec une attention particulière pour le gros bois indispensable pour certaines espèces cavernicoles et qui est associé à une biodiversité généralement plus rare que le petit bois et les branches mortes.

Une gestion qui vise à augmenter les quantités et la continuité de l’ « habitat bois mort »

L’augmentation de la quantité de bois mort dans toutes les stations, sous différentes formes et de différentes tailles est un objectif important du plan de gestion de la forêt de Soignes. Ce plan ainsi que l’arrêté de désignation de la forêt de Soignes comme zone spéciale de conservation Natura 2000 fixent comme objectif d’atteindre une quantité de bois mort, sur pied ou au sol, correspondant au minimum à 5% du volume total sur pied. Cependant, cet objectif est en réalité de 8% si l’on considère les objectifs de conservation associés aux habitats forestiers d’intérêt communautaire qui couvrent la quasi l’entièreté des peuplements soniens bruxellois.

De nombreuses mesures figurant dans le plan contribuent à ces objectifs (pour plus d’informations, voir fiche documentée « Inventaire du patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise » & 3.6.2).

Certaines zones de la forêt plus spécifiquement dédiées à la formation d’un maillage écologique se caractérisent par le maintien d’un maximum de gros bois ainsi que de bois mort sur pied ou au sol :

  • réserve forestièreLa réserve forestière est une forêt ou une partie de celle-ci, protégée dans le but de sauvegarder des faciès caractéristiques ou remarquables, ou des peuplements d'essence indigène, et d'y assurer l'intégrité du sol et du milieu. intégrale du Grippensdelle: cette partie de forêt protégée a été créée dans le but d’y laisser les phénomènes naturels évoluer selon leur dynamique propre. Les seules mesures de gestion qui y autorisées sont l’entretien de la voirie existante, le traitement des arbres dangereux en bordure de chemin (qui doivent néanmoins rester sur place), la gestion des plantes invasives et le développement d’infrastructures de défragmentation écologique ;
  • îlots de vieillissement: zones où le gestionnaire laisse croître les arbres au-delà de leur âge /dimension d'exploitabilité mais en-deçà de leur durée de vie naturelle. L’objectif recherché est de différer la régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. du peuplement afin de disposer le plus longtemps possible de vieux gros arbres habitats ;
  • îlots de sénescence: il s’agit de peuplements qu’on peut considérer comme de petites réserves forestières intégrales.

Localisation des îlots de vieillissement et de sénescence et de la réserve forestière intégrale du Grippensdelle

Source : Bruxelles Environnement 2019, Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise (Livre II- Objectifs et mesures de gestion)

Ce maillage comporte également les réserves forestières et naturelles présentes en forêt de Soignes et les « arbres habitats » (arbres à cavité, arbres à tronc très abîmé par la pourriture, la foudre ou encore les champignons, d’arbres fortement couverts de mousse ou de lierre, etc.) présents au sein de tout le massif. L’objectif du plan de gestion est que ces faciès - qui se caractérisent par le maintien d’un maximum de gros bois ainsi que de bois mort sur pied ou au sol - soient présents sur 15% de la forêt.

Un suivi des quantités de bois mort

Afin de créer des conditions optimales pour la diversité des espèces, il est important de mesurer les quantités de bois mort présentes.

Les quantités de bois mort sont suivies sur une base régulière via l’inventaire forestier (voir fiche documentée Inventaire du patrimoine forestier de la forêt de Soignes) et le monitoring des habitats d’intérêt communautaire (Natura 2000) (voir fiche documentée Surveillance des habitats naturels en Région bruxelloise). Une troisième source pour le bois mort sur pied est fournie par la cartographie des arbres-objectifs (arbres que le forestier choisis de préserver au fil des éclaircies) et des arbres-habitats (arbres préservés jusqu’à leur mort naturelle puis laissés sur place sous forme de bois mort pour favoriser la présence d’une biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). particulière et parfois très rare). Celle-ci répertorie notamment les arbres morts sur pied et les quilles (ou chandelles). Cet inventaire est réalisé progressivement depuis 2020 et couvrira l’ensemble du massif d’ici quelques années (pour plus d’informations, voir fiche Prélèvements de bois, accroissement et régénération en forêt de soignes bruxelloise).

Le saviez-vous?

Un arbre-habitat est un arbre protégé pour l’intérêt des dendromicrohabitats qui ont été identifiés sur celui-ci.  Un dendromicrohabitat est une singularité morphologique portée par un arbre et qui est utilisée par des espèces parfois hautement spécialisées, au moins durant une partie de leur cycle de vie. Ils constituent des refuges, des lieux de reproduction, d’hibernation et de nutrition cruciaux pour des milliers d’espèces (Butler et al., 2020 ).  Les cavités présentes sur certains troncs d’arbres ou des branches mortes se trouvant dans la couronne des arbres sont des exemples de dendromicrohabitats.

Pour l’inventaire forestier, les données sont collectées par essence et différencient :

  • tas de bois (m3/ha) ;
  • bille au sol càd arbre coupé dont on a enlevé les branches (m3/ha) ;
  • houppier au sol càd ensemble des branches situées au sommet du tronc qui ont été coupées (m3/ha) ;
  • arbres morts sur pied (nombre et m3/ha) ;
  • quille (ou chandelle) càd portion restée debout d’un arbre brisé (nombre et m3/ha).

Les campagnes de mesures sont organisées de manière à couvrir chaque année une des 8 coupes définies en forêt de Soignes bruxelloise. 8 années sont donc nécessaires pour échantillonner les différentes coupes du massif sonien bruxellois et obtenir des données caractérisant l’ensemble de la forêt. Chaque arbre mort sur pied ou débris de bois mort au sol présent dans les placettes (circulaires, rayon maximum de 18 mètres) est identifié et mesuré afin d'en estimer le volume. Une estimation visuelle globale est faite pour les tas de bois présents sur les placettes (circonférence < 20 cm). Pour le bois mort au sol, les éléments qui sont susceptibles d’être exportés ne sont pas pris en compte (bois martelés).

L’ancienneté du bois mort est estimée sur base de l’adhérence ou non de l’écorce sur le bois. Le niveau de décomposition du bois, paramètre difficile à évaluer, n’est pas déterminé.

L’évaluation de la qualité des habitats forestiers d’intérêt communautaire repose notamment sur des indicateurs relatifs à la présence de bois mort fixés dans le cadre de la mise en œuvre de la directive Habitats (Natura 2000). Elle implique la collecte de données sur :

  • la part de bois mort par rapport au volume total de bois (vivant et mort) présent sur la parcelle échantillonnée (objectif atteint si part ≥ 4%) ;
  • la répartition du mois mort par classe de diamètre (7-14 cm, 14-50 cm, 50-80 cm ,>80 cm) (%) ;
  • la quantité de gros bois mort (diamètre > à 40 cm et longueur > à 1,5m) (objectif atteint si ≥2 gros bois mort par environ 1000 m2).

Les branches d'un diamètre < à 7 cm ou d'une longueur < à 1,5 m ne sont pas comptées. Ces données sont estimées sur base d’une observation visuelle.  Elles contribuent à déterminer des indicateurs se rapportant à la structure de l’habitat.

A la demande de Bruxelles Environnement, une étude quantitative et qualitative du bois mort présent dans des peuplements de référence de la forêt de Soignes (habitats Natura 2000, réserves naturelles et forestières, hêtraie cathédraleForêt de hêtres ou riche en hêtres qui ne laissent filtrer que très peu de lumière, à la façon des vitraux d'une cathédrale.) a été menée en 2007 (Godefroid et al. 2007). Cette étude visait à acquérir une meilleure connaissance du « compartiment bois mort » en forêt de Soignes et à se rendre compte de l’effet induit par la gestion sylvicole afin d’en tirer des enseignements utiles à celle-ci.

Une quantité de bois mort en augmentation en forêt de Soignes

Les données collectées via les campagnes de mesures de l’inventaire forestier mettent en évidence une augmentation significative des quantités de bois mort au cours du temps.

En moyenne, pour l’ensemble de la forêt de Soignes bruxelloise et tous peuplements confondus, le volume de bois mort est estimé à 28,6 m3/ha en 2024 (synthèse des données des 8 derniers inventaires ce qui permet de couvrir l’ensemble de la forêt). En 2023,2020 et 2013, ces volumes moyens avaient été respectivement évalués à 23, 21 et 14 m3/ha.

A titre de comparaison, en 2014, le volume de bois mort en forêt wallonne s’élevait en moyenne à 10 m³/ha, tous peuplements confondus (Rapport sur l’état de l’environnement wallon).

En l’espace de 12 ans, les volumes moyens de bois mort ont doublé

Source : Synthèses 2012, 2020, 2023 et 2024 de l’inventaire forestier de la forêt de Soignes bruxelloise – Unité de gestion des ressources forestières et des milieux naturels (FUSAGX-ULg, 2024)

Le volume minimal de bois mort (y compris résidus d’exploitation ou parties dépéries d’arbres vivants) permettant de préserver la majorité des espèces dépendantes du bois en décomposition a été estimé à 30 m³/ha pour les forêts de basse altitude (Müller et Bütler 2010 cité par SPW - ARNE 2019, « Indicateurs environnementaux).  Sur base de la littérature scientifique, on estime par ailleurs que dans les forêts primaires de hêtres les volumes moyens de bois mort sont de l’ordre de 100 à 150 m³/ha et fluctuent entre 50 et 300 m3/ha en fonction de la phase de dynamique forestière du peuplement (Vandekerkhove K. et al., 2022). De manière générale, du point de vue de la conservation de la nature, les peuplements forestiers sont d’autant plus intéressants qu’ils contiennent de grandes quantités de bois mort. Dans cette perspective, les volumes moyens de bois mort présents en forêt de Soignes bruxelloise gagneraient donc encore à s’accroître.

En 2024, le volume de bois mort en forêt de Soignes bruxelloise représente de l’ordre de 8,9% du volume total sur pied.   En moyenne, sur base des données disponibles, l’objectif général du plan de gestion concernant les quantités minimales de bois mort est donc atteint (quantité de bois mort, sur pied ou au sol, correspondant au minimum à 5% du volume total sur pied). Rappelons cependant que les objectifs de conservation établis concernant les quantités de bois mort présentes dans les habitats forestiers d'intérêt communautaire sont plus exigeants (8% du volume total sur pied ).  Notons également que ces estimations des quantités de bois mort constituent des ordres de grandeurs et sont assorties d’une marge d’erreur. En effet, ces données sont basées sur des échantillonnages et, en particulier, la présence d’un chablis au sein d’une placette peut sensiblement modifier les résultats. 

Toutefois, même s‘il convient de considérer ces résultats avec une certaine prudence, ces données reflétant une croissance des volumes de bois mort rejoignent les constats des gestionnaires et experts présents sur le terrain.

Cette évolution est très positive et peut être mise en relation avec certaines modifications de la gestion forestière qui ont été introduites ou renforcées au cours de ces 3 dernières décennies.  Outre la constitution de la réserve forestièreLa réserve forestière est une forêt ou une partie de celle-ci, protégée dans le but de sauvegarder des faciès caractéristiques ou remarquables, ou des peuplements d'essence indigène, et d'y assurer l'intégrité du sol et du milieu. intégrale du Grippensdelle en 2007 et l’instauration d’îlots de vieillissement et de sénescence, il s’agit entre autres de modifications apportées aux modalités d’éclaircies (pas d’éclaircies là où il n’y a pas d’ « arbres objectifs » c’est-à-dire d’arbres dont on veut privilégier le développement à long terme) et l’imposition, via le cahier des charges afférent à l’abattage des lots de bois, de laisser les houppiers sur place. Une autre mesure de gestion importante consiste à laisser en forêt la quasi-totalité des arbres déracinés par des vents violents et qui jonchent le sol (chablis). La tempête Eunice (18 février 2022) a ainsi augmenté en une nuit les volumes de bois mort d’environ 1000 m³ (250 arbres couchés).

Le saviez-vous ?

Avec 5 à 6 espèces de pics, la forêt de Soignes est parmi les forêts les plus riches de Belgique en Picidae. Une telle biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). est un fait peu commun en Europe occidentale et témoigne de la qualité écologique de la forêt de Soignes (voir indicateur sur l’avifaune). Le massif sonien se distingue également par sa richesse en champignons (voir focus sur les champignons et lichens), en mousses et hépatiques (voir plan de gestion de la forêt de Soignes, p.105) et en arachnidesClasse d'arthropodes terrestres, sans antennes ni mandibules, comprenant les araignées ou aranéides, les scorpions, les acariens, etc. (voir fiche documentée sur les invertébrés).  Par ailleurs, une étude botanique détaillée de la forêt de Soignes (Weyembergh G., 2003) y a recensé 51% des espèces figurant sur une liste européenne des plantes des forêts anciennes.

Notons aussi que le suivi annuel des populations de chauve-souris a mis en évidence la progression de ces mammifères en forêt de Soignes. Cette tendance pourrait s’expliquer, au moins partiellement, par l’adoption ou le renforcement de mesures visant à améliorer la qualité écologique des habitats forestiers (voir focus sur les populations de chauves-souris).

En 2024, le volume moyen de bois mort en forêt de Soignes bruxelloise est de près de 29 m3/ha dont 1/4 sur pied

Source : Synthèse 2024 de l’inventaire forestier de la forêt de Soignes bruxelloise – Unité de gestion des ressources forestières et des milieux naturels (FUSAGX-ULg, 2024)

75% du bois mort est constitué par du bois mort se trouvant au sol.  Ce pourcentage avait été estimé à 79% en 2012.

Malgré des progrès, la présence de bois mort doit être renforcée dans de nombreuses parcelles pour atteindre les objectifs « Natura 2000 »

L’évaluation de la qualité des habitats forestiers du réseau Natura 2000 bruxellois a été réalisée à 7 reprises depuis 2011. En ce qui concerne le bois mort, le rapport 2023 portant sur l’évaluation de la qualité des habitats forestiers d’intérêt communautaire (présents en forêt de Soignes, dans la vallée de la Woluwe, à Uccle et dans la vallée du Molenbeek) conclut que la présence de bois mort - sur pied ou couché - reste une préoccupation à prendre en compte dans la gestion forestière. Il indique cependant qu’on observe une amélioration notable de cet indicateur au cours de ces dernières années et que celle-ci est probablement liée à une gestion forestière qui accorde plus d’attention qu’auparavant à l’importance de la présence de bois mort en quantité et qualité suffisante.

Entre 2021 et 2023, l’observation des placettes d’échantillonnage atteste d’un accroissement de la quantité et/ou de la présence de gros bois mort au niveau de 5 habitats forestiers sur 9 :

  • hêtraies acidophiles (1.224 ha) ;
  • hêtraies Asperulo-Fagetum (201 ha) ;
  • chênaies-charmaies (Carpinion-Betuli) (252 ha) ;
  • forêts alluviales sous-type aulnaie-frênaie à Carex remota (13,4 ha) ;
  • forêts alluviales sous-type aulnaie-frênaie mésotrophe ( < 4 ha).

Ces habitats représentent plus de 90% de la superficie des habitats forestiers d’intérêt communautaire présents dans la Région. Les quantités de bois mort et de gros bois sont restées constantes dans les autres habitats. 

La présence de bois mort et de gros bois doit être renforcée pour plus de 50% des placettes visitées dans les hêtraies acidophiles et hêtraies Asperulo-Fagetum

Sources : INBO (2011), SWECO (2016) et Antéa group (2018, 2019, 2020, 2021 et 2023)

En 2023, pour la première fois, certaines placettes des habitats « hêtraies acidophiles » (9120) et « hêtraies Asperulo-Fagetum » (9130) ont été revisitées. Cela a notamment permis de constater que la proportion de bois mort et la présence de gros bois mort a légèrement augmenté presque partout.

La présence de bois mort et de gros bois est favorable dans 60% des placettes visitées dans les chênaies-charmaies, ce pourcentage est moindre dans les vieilles chênaies acidophiles

Sources : INBO (2011), SWECO (2016) et Antéa group (2018, 2019, 2020, 2021 et 2023)

La présence de bois mort et de gros bois est favorable dans 60% à 90% des placettes visitées dans les forêts alluviales sauf dans le sous-type à Saule blanc où le gros bois mort est insuffisant dans 80% des cas

Sources : INBO (2011), SWECO (2016) et Antéa group (2018, 2019, 2020, 2021 et 2023)

Notons que les données relatives aux quantités de bois mort doivent être considérées avec prudence dans la mesure où elles ne sont pas évaluées sur base de mesures mais sur une base visuelle ce qui constitue un exercice difficile. Ceci explique sans doute d’ailleurs en partie les fortes variations observées de ces deux indicateurs au sein d’un même type d’habitat.

Les quantités de bois mort ont augmenté de manière considérable dans la réserve forestière intégrale

La réserve forestièreLa réserve forestière est une forêt ou une partie de celle-ci, protégée dans le but de sauvegarder des faciès caractéristiques ou remarquables, ou des peuplements d'essence indigène, et d'y assurer l'intégrité du sol et du milieu. intégrale du Grippensdelle a été créée en 2007 (avec une extension en 2016) dans le but d’y laisser s’y développer une dynamique forestière spontanée sur une surface boisée depuis très longtemps. Les interventions forestières y sont réduites au strict minimum (voir ci-dessus).

Cette réserve, conjointement avec les autres réserves intégrales soniennes wallonne et flamande, a été ensuite inscrite en 2017 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ces parties de la forêt de Soignes, couvrant au total une superficie de 270 ha, ont ainsi été reconnues comme composantes d’une série qui compte aujourd’hui 94 hêtraies remarquables d’Europe.

Un inventaire réalisé en 2003 a évalué le volume de bois mort de la réserve du Grippensdelle à environ 4 m3/ha.  Selon le plan de gestion relatif à cette réserve, cette valeur particulièrement basse s’explique par les tempêtes de 1990 qui ont fortement touché les peuplements de hêtres de cette zone. Les chablis de l’époque ont été exploités et débardés systématiquement jusqu’en 2003.  Depuis, le bois mort est laissé en place.

En 2023, l’inventaire forestier a estimé les quantités de bois mort au niveau de la réserve du Grippensdelle à 75,5 m3/ha soit plus du triple de ce qui est observé en moyenne sur l’ensemble du massif sonien bruxellois.  La proportion de bois mort sur pied y est également nettement supérieure.  Cette évolution spectaculaire est comparable à celle qui a été observée dans la réserve forestière « Joseph Zwaenepoel » de la Région flamande où, après 30 ans de non-gestion, les quantités de bois mort dépassaient les 100 m3/ha (Vandekerkhove K. et al., 2012).

En 2023, le volume moyen de bois mort dans la réserve forestière intégrale est de 76 m3/ha dont la moitié est au sol

Source : Synthèse 2023 de l’inventaire forestier de la forêt de Soignes bruxelloise – Unité de gestion des ressources forestières et des milieux naturels (FUSAGX-ULg, 2023)

Selon Vanderkerkhove K., la quantité de bois mort dans les forêts naturelles fluctue entre 50 et 300 m³ par ha. Par ailleurs, dans les réserves forestières d’Europe dominées par les hêtres et chênes laissées à elles-mêmes, l'accumulation nette du bois mort se produit à un rythme moyen de 1 à 1,5 m³ par ha et par an. Compte tenu du temps de décomposition des gros bois (e.a. 30 ans pour le hêtre, jusqu’à plus de 100 ans pour le chêne), l’auteur en conclut qu’il faudrait 50 à 100 ans pour qu'une forêt anciennement gérée laissée ensuite à elle-même atteigne les quantités de bois mort d'une forêt naturelle.

En conclusion, si des améliorations significatives ont été observées concernant les quantités de bois mort présentes dans la réserve du Grippensdelle, il existe encore une marge de progression importante et ce, d’autant plus que la hêtraie sonienne présente une grande productivité.

Le bois mort : vecteur d’incendies, de propagation de ravageurs forestiers et d’accidents ?

Selon une étude récente commanditée par le centre de recherche de la Commission européenne (Larjavaara M., 2023), il est probable que, dans la plupart des conditions, le bois mort ne contribue pas de manière significative au risque d'incendie. Le bois mort en décomposition au sol participe au maintien de l’humidité dans les sous-bois (stockage d’eau par le bois et décomposition qui améliore les capacités d’absorption et de rétention d’eau du sol) et ce, d’autant plus qu’il est de gros diamètre. Les combustibles fins attachés au bois mort (branches, aiguilles mortes, etc.) peuvent néanmoins avoir un effet significatif sur l'intensité du feu. La présence en grande quantité de bois mort au sol peut aussi gêner l’intervention des secours.  Le plan de gestion de la forêt de Soignes prévoit de limiter les accumulations importantes de bois mort en lisière et dans les endroits très fréquentés par le public, notamment par souci de limiter les risques d’incendie qui devraient augmenter suite aux dérèglements climatiques.

Concernant les risques phytosanitaires, les insectes ravageurs forestiers sont inféodés aux arbres vivants. Lorsque leur hôte meurt, ils sont remplacés par des espèces saproxyliques incapables de se développer sur des arbres vivants. Dans des situations bien particulières, des arbres résineux dépérissant ou morts depuis quelques semaines, attaqués par des espèces déterminées de ravageurs (scolytes sur les épicéas en particulier), peuvent toutefois présenter des risques pour les arbres sains à proximité. En ce qui concerne les feuillus, le bois mort ne constitue pas une source de parasites pouvant affecter le peuplement (Biache et al. 2017). Par ailleurs, les arbres morts anciens abritent de nombreux parasitoïdes et prédateurs qui exercent un certain contrôle des populations d’insectes ravageurs (Godefroid et al. 2007 e.a.).

Quant aux champignons lignivores, ils s’installent de préférence sur les blessures des arbres et les souches. Leurs spores sont largement répandues en forêt et le bois mort ne représente qu’une source de contamination supplémentaire réputée négligeable (Biache C. et al., 2017). 

Les vents de forte puissance peuvent occasionner des chutes de branches et d’arbres et mettre ainsi le public en danger.  De ce fait, un suivi régulier des arbres bordant les chemins et les axes routiers est effectué.  Une procédure « tempête », visant à éviter la présence de public ou de véhicules en forêt (parkings, routes) lors de vents violents, a également été instaurée. 

A télécharger

Fiches documentées :

  • n°20. Surveillance des habitats naturels en Région bruxelloise, 2020 (.pdf)
  • n°21. Inventaire du patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise, 2021 (.pdf)
  • n°22. Prélèvements de bois, accroissement et régénération en forêt de Soignes bruxelloise, 2021 (.pdf)

Carnet « L’occupation du sol et les paysages bruxellois » 

  • n°14. Espaces semi-naturels et espaces verts bénéficiant d’un statut de protection, 2019 (.pdf)

Fiches de l’Etat de l’Environnement

  • Focus : Surveillance des habitats naturels en Région bruxelloise, 2020
  • Focus : Patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise, 2021
  • Focus : Prélèvements de bois, accroissement et régénération en forêt de Soignes bruxelloise, 2021
  • Indicateur : Etat sanitaire des hêtres et chênes en forêt de Soignes, 2023

Etudes et rapports

  • ANTEA BELGIUM 2023. « Opvolging van de lokale staat van instandhouding van de habitattypes van communautair en gewestelijk belang in het Brussels Hoofstedelijk Gewest – Gegevensverzameling 2023”, rapport réalisé à la demande de Bruxelles Environnement, 82 pp. (.pdf) (disponible en néerlandais seulement)
  • BIACHE C. et 2017. « Vieux bois et bois morts. Guide technique », Office national des forêts, Direction forêts et risques naturels (DFRN), 102 pp.
  • BOEYKENS C., VANDENBOSCH I., VANHAECHT R. 2023. “Inspiration book for awareness raising about old-growth forests – Communication and case studies”, rapport réalisé dans le cadre du projet Life Prognoses, 87 pp. (.pdf) (disponible en anglais seulement)
  • BRANQUART E. « Gestion forestière et conservation des organismes saproxyliques », plate-forme belge BiodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)., présentation (.ppt)
  • BÜTLER R., LACHAT T., KRUMM, F., KRAUS K., LARRIEU L., 2020. "Guide de poche des dendromicrohabitats. Description et seuils de grandeur pour leur inventaire", Birmensdorf, Institut fédéral de recherches, WSL. 59 pp. (.pdf)
  • CLAESSENS H., WIBAIL L. 2023. “Faune - Flore - Habitats № 11. Les habitats d’Intérêt Communautaire de Wallonie. Tome 2. Les habitats forestiers”, rapport réalisé pour le compte de SPW, 296 pp. (.pdf)
  • GODEFROID S., KOEDAM N. 2007. «Quantification et qualification du bois mort dans les habitats Natura 2000 en Région de Bruxelles-Capitale », Laboratorium voor Algemene Plantkunde en Natuurbeheer (General Botany and Nature Management) – VUB, étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 35 pp. (.pdf)
  • LARJAVAARA, M., BROTONS, L., CORTICEIRO, S., ESPELTA, J.M., GAZZARD, R., LEVERKUS, A., LOVRIC, N., MAIA, P., SANDERS, T., SVOBODA, M., THOMAES, A. AND VANDEKERKHOVE, K. 2023. “Deadwood and Fire Risk in Europe”, Publications Office of the European Union, Luxembourg, pp.20 (.pdf) (disponible en anglais seulement)
  • OOSTERLYNCK P., DE SAEGER S., LEYSSEN A., PROVOOST S., THOMAES A., VANDEVOORDE B., WOUTERS J., & PAELINCKX D. 2020. “Criteria voor de beoordeling van de lokale staat van instandhouding van de Natura 2000 habitattypen”. Rapporten van het Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek 2020 (27). Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek, Brussel, pp.307 (.pdf) (disponible en néerlandais seulement)
  • SPW AGRICULTURE, RESSOURCES NATURELLES ET ENVIRONNEMENT 2019. « Indicateurs environnementaux – indicateurs de biodiversité en forêt » (.pdf)
  • UNITE DE GESTION DES RESSOURCES FORESTIERES ET DES MILIEUX NATURELS - FUSAGx-ULg - 2020. « Synthèse 2020 de l’inventaire forestier de la forêt de Soignes bruxelloise », inventaire réalisé pour le compte de Bruxelles Environnement.
  • VANDEKERKHOVE K., MEYER P., KIRCHMEIR H., PIOVESAN G., HIRSCHMUGL M., LARRIEU L., KOZÁK D., MIKOLÁŠ M., NAGEL T., SCHMITT C. & BLUMRÖDER J. 2022. « Old-growth criteria and indicators for beech forests (Fageta) », rapport réalisé dans le cadre du projet Life Prognoses, 51 pp. (.pdf) (disponible en anglais seulement)
  • VANDEKERKHOVE, K. 2019. “Status and development of old-growth elements and biodiversity during secondary succession of unmanaged temperate forests”, Doctoraatsscriptie 2019 (1). Instituut voor Natuur- en Bosonderzoek, Brussel. 282 pp. (.pdf) (disponible en anglais seulement)
  • VANDEKERKHOVE K. ET 2012. “Merkwaardige ontwikkelingen in het Joseph Zwaenepoelreservaat”, IBW – Bosreservatennieuws, 12 : 12-15. (.pdf) (disponible en néerlandais seulement)

Plans et programmes

  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre I - Etat des connaissances, 2018 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre II - Objectifs et mesures de gestion, 2018 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre III - Plans de gestion des réserves archéologiques, naturelles et forestières, 2018 (.pdf)

Liens utiles

  • Stichting Zoniënwoud

Forêt de soignes et risques associés au changement climatique

Focus - Actualisation : décembre 2009

Les arbres vivent généralement plusieurs dizaines  (peupliers,…) à plusieurs centaines d’années (hêtre, chêne,…). La gestion forestière implique dès lors une vision à long terme anticipant les changements susceptibles de se produire, en particulier en ce qui concerne le milieu environnant.

La forêt de Soignes est actuellement composée majoritairement de peuplements uniformes de hêtres, souvent vieillissants.  Le paysage particulier formé par cette « hêtraie cathédraleForêt de hêtres ou riche en hêtres qui ne laissent filtrer que très peu de lumière, à la façon des vitraux d'une cathédrale. » et son histoire revêtent  une grande importance pour bon nombre de Bruxellois.  Cette hêtraie est cependant fragile du fait de différents facteurs : sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande). relative d’une partie des sols de versants, compaction superficielle, présence fréquente d’un horizon de sol quasi imperméable aux racines à faible profondeur (fragipan), uniformité des peuplements se traduisant par une mauvaise résistance aux intempéries (vents violents) et aux maladies.

La question de l’impact du réchauffement climatique sur ces écosystèmes soniens déjà fragilisés a récemment émergé. Différentes recherches universitaires ont tenté ou tentent d’apporter des éléments de réponse à cette question.  Parmi celles-ci,  une étude menée par l’unité de gestion des ressources forestières et des milieux naturels (FuSAGx) à la demande de Bruxelles Environnement a modélisé l’évolution de l’aire de répartition potentielle de 26 essences (présentes ou envisageables dans un reboisement futur) en forêt de Soignes dans le contexte du changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc.. Le scénario retenu pour les simulations climatiques est un scénario intermédiaire (A1B) parmi ceux développés par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Il prévoit, à l’horizon 2100, pour la région de la forêt de Soignes, un climat comparable à celui de la basse Loire, c’est-à-dire : 

  • une augmentation de la t° moyenne annuelle de 3°C et de la t° moyenne estivale de près de 4°C ;
  • une diminution des précipitations en saison de végétation d’environ 15% et des précipitations en été d’environ 25%;
  • une augmentation des précipitations hivernales de près de 20% ;
  • un accroissement, en fréquence et en intensité, des tempêtes hivernales (degré de certitude moindre).

L’étude met en évidence le fait qu’en forêt de Soignes, l’essence qui sera la plus touchée par de telles modifications du climat est le hêtre. Les cartes ci-jointes représentent la plus ou moins grande aptitude du hêtre à se développer dans les conditions actuelles (la classe « tolérance » correspond à la présence d’un facteur limitant toléré) ainsi que dans celles projetées en 2100, au niveau des différentes stations (parcelle homogène au niveau climatique, topographie, géologie, sol, flore spontanée) de la zone étudiée (partie bruxelloise de la forêt de Soignes). D’après ces projections, les seules stations où le hêtre sera en plus ou moins bonne adéquation avec son milieu (« en station » ou « tolérance » dans la figure) correspondent aux vallons ou à la zone du Rouge-Cloître. Sur cette base, l’objectif - repris dans le plan de gestion de la forêt de Soignes adopté par la Région bruxelloise en 2003 - de maintenir le faciès paysager de hêtraie cathédrale sur 50% de la superficie de la forêt n’apparaît pas tenable. Compte tenu des incertitudes subsistant concernant l’intensité du changement climatique auquel sera exposée la forêt de Soignes et de son impact sur les écosystèmes, il convient d’adopter le principe de précaution en diversifiant les espèces et en privilégiant celles qui peuvent potentiellement résister aux changements annoncés (chêne sessile, tilleul,…). Le hêtre continuera néanmoins à être planté mais dans une proportion moindre. Une  réflexion sur les modalités précises de cette stratégie de plantation est actuellement en cours.

Des mesures de gestion sylvicoles ont d’ores et déjà été prises pour faire face au défi posé par le changement climatique : développement d’un système de surveillance des peuplements (état de santé des arbres, attaques parasitaires), évolution de la stratégie de régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. de la hêtraie (modalités des coupes, choix des essences,…), élaboration d’un « plan incendie »,…

Potentialités sylvicoles actuelles et à l’horizon 2100 du hêtre en forêt de Soignes dans l’hypothèse d’un changement climatique 

Source : DAISE & CLAESSENS, 2009. 
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(Accédez à la carte interactive) 

Activités récréatives et biodiversité en forêt de Soignes et autres sites Natura 2000

Focus – Actualisation : novembre 2025 

Les activités récréatives exercent des effets négatifs sur la faune et la flore. En Région bruxelloise, la forêt de Soignes attire un public croissant. Cette fréquentation, bénéfique pour les usagers de la forêt, porte cependant atteinte à la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). exceptionnelle du site. Le respect de quelques principes simples - en particulier, la tenue des chiens en laisse, le ramassage de leurs déjections ainsi que l’utilisation exclusive des chemins officiels - pourrait cependant déjà limiter sensiblement cet impact et faciliter la cohabitation entre les différents récréants.

En contexte urbain, les espaces verts publics sont soumis à de fortes pressions liées aux activités et évènements récréatifs : piétinement, bruit, chiens non tenus en laisse, déjections canines, déchets, cueillette, installation d’infrastructures, etc. Ces activités humaines, bénéfiques pour la santé et le bien-être des citadins, peuvent impacter négativement la faune et la flore.  Des stratégies de gestion doivent être mises en place pour concilier fréquentation du public et préservation de la biodiversité présente dans ces espaces verts.

Dans le cadre d’un projet européen (projet Life B4B « Belgium for biodiversity ») une recherche (CSDINGENIEURS 2025) a synthétisé les résultats d’études permettant de mieux cerner l’effet des pressions anthropiques sur les espèces et les habitats présents à l’intérieur et à proximité des sites Natura 2000 de la Région bruxelloise. Cette recherche a également identifié des bonnes pratiques adoptées par certains organisateurs d’évènements prenant place dans des zones naturelles régionales pour limiter les impacts de ces activités sur la faune et la flore. La seconde partie de cette recherche a porté sur la formulation de recommandations.

Le premier volet du présent focus se base en grande partie sur les résultats de la première phase de cette recherche. Des informations plus détaillées sont disponibles dans le rapport intégral. Celui-ci reprend notamment 3 tableaux (p.12-18) précisant, pour chacune des 3 zones spéciales de conservation Natura 2000 de la Région bruxelloise, les espèces cibles présentes (regroupées selon différents critères tels que le type d’habitat, la période d’activité ou les perturbations auxquelles elles sont sensibles) et leur(s) principale(s) sensibilité(s) liées aux activités récréatives.

Le second volet du présent focus synthétise l’état des principales connaissances concernant les impacts des activités récréatives sur la forêt de Soignes, site d’une importance considérable à plusieurs égards pour la Région.

Notons que ce focus n'aborde pas la question des impacts de la pollution lumineuse sur la faune lesquels font l’objet d’un autre document disponible en ligne (La pollution lumineuse en Région bruxelloise).

La littérature scientifique décrit des effets négatifs variés sur les espèces et habitats

Les impacts ont été regroupés par groupes d’espèces en ce qui concerne la faune et de manière globale pour les plantes et habitats (en distinguant les facteurs biotiques et abiotiques).

  • Chauves-souris

Les activités récréatives nocturnes dans des sites fréquentés par des chauves-souris semblent induire des déplacements, du moins de certaines espèces, vers des zones moins fréquentées. Les espèces de chauves-souris appartenant au groupe des Sérotines / Noctules, en forte progression dans les milieux forestiers à Bruxelles (voir focus Evolution des populations de chauves-souris en Région bruxelloise), évitent les zones bruyantes ce qui n’a pas été observé chez les Pipistrelles et les Murins. Cela met en évidence l’importance des zones de quiétude et des trames écologiques reliant les différents sites favorables aux chauves-souris. Par ailleurs, la présence de groupes de visiteurs à proximité de gîtes induit aussi des modifications comportementales. L’impact de la pollution lumineuse sur les chauves-souris est par ailleurs abordé dans le focus « Evolution des populations de chauves-souris en Région bruxelloise ».   

  • Mammifères terrestres
     

    Les activités récréatives induisent la plupart du temps une fuite des mammifères terrestres (modification spatiale de l’utilisation de l’habitat) :

    • grands ongulés (chevreuils e.a.) : distance de fuite de 200 à 1000 mètres selon les cas, tendance à éviter les sentiers forestiers. Les dérangements les plus critiques sont induits par des activités telles que duo homme-chien marchant loin des sentiers, comportement de chasse des chiens, courses d’orientation et observations naturalistes hors sentier la nuit, groupes de marcheurs ;
    • petits rongeurs (souris, écureuils, tamias, etc.) : distance de fuite de 5 à 100 mètres environ. La présence de chiens sans laisse hors des sentiers diminue la présence de petits mammifères jusqu’à 100 mètres de la perturbation contre 5 mètres lorsque les chiens sont tenus en laisse.

Elles peuvent aussi entraîner des modifications temporelles de l’utilisation de l’habitat. C’est par exemple le cas du Chevreuil d’Europe qui tend à déplacer son activité normalement crépusculaire à une activité nocturne (voir focus Le chevreuil en Région bruxelloise). Ceci est également fréquemment observé chez les mustélidés (martres, fouines, blaireaux).

Bon à savoir

La simple présence de chiens, même tenus en laisse, peut perturber les oiseaux et les mammifères, les poussant à quitter les zones où ils sont promenés. En plus de leur comportement de prédateurs, les canidés laissent aussi des odeurs, de l’urine et des excréments qui peuvent perturber le comportement de la faune sauvage longtemps après leur départ (Bateman Ph. et Gilson L. 2025). Les déjections de chiens peuvent aussi être un vecteur et un réservoir de nombreuses maladies véhiculées par des parasites (nématodes, protozoaires, etc.) qui affectent la faune sauvage mais aussi les humains (Mendoza Roldan J. et Otranto D. 2023).

  • Oiseaux

Les effets des activités récréatives varient surtout selon les espèces avec par exemple une sensibilité élevée chez les oiseaux nichant au sol et les rapaces et une sensibilité moindre pour les oiseaux d’eau ainsi que pour les passereaux qui passent la majeure partie du temps dans les arbres. Ces activités induisent le plus souvent l’envol des oiseaux.  La distance entre la perturbation menant à cet envol et l’oiseau varie d’une étude à l’autre, selon l’activité et selon les espèces (moins de 100 mètres pour les échassiers et passereaux, plus de 400 m pour certains rapaces). Même des activités comme la randonnée ou les observations naturalistes peuvent avoir des effets négatifs sur les oiseaux allant, selon la proximité et la sensibilité des espèces, de changements physiologiques (par ex. accélération du rythme cardiaque) à une réduction du succès de la reproduction (fuite des nids, réduction de la densité de couples nicheurs, réduction du nombre de territoires régulièrement occupés, etc.).  Des impacts sur la reproduction ont été observés sur des espèces présentes en forêt de Soignes telles que l’Autour des Palombes (nicheur) et l’Engoulevent d’Europe, espèce qui était auparavant observée furtivement en forêt de Soignes.  Les activités récréatives entraînent aussi des modifications dans la composition des espèces et l’abondance de certaines d’entre elles. Une étude a par exemple montré que les balades de chiens à haute fréquence (10 passages par heure) dans les bois entraînaient une réduction de 35% de la diversité des oiseaux et de 41% de leur abondance.

Selon une étude récente (Tassin de Montaigu C.et al. 2025), les insecticides utilisés comme traitements ectoparasitaires pour les chiens - et plus largement pour les animaux de compagnie – pourraient avoir un impact sur la mortalité des oisillons et sur le nombre d’œufs non éclos. En effet, ces produits peuvent rester sur le pelage de l’animal pendant une longue période et se retrouver dans le tapissage du fond des nids des oiseaux qui utilisent notamment les poils.

En milieu urbain, le nourrissage des oiseaux autour des points d’eau a un impact sur la faune et l’environnement. Cet apport artificiel profite aux espèces les plus opportunistes (ouettes d’Egypte, pigeons, perruches, corneilles, renards, etc.) au détriment d’autres espèces et n’est en outre pas toujours adapté aux animaux. De plus, le rassemblement d’oiseaux autour de la nourriture favorise la propagation de maladies. L’accès à une source de nourriture artificielle rend aussi les animaux plus dépendants et moins farouches.  La nourriture non consommée peut également perturber l’équilibre écologique des étangs, en particulier en cas de grosses chaleurs (développement d’algues potentiellement toxiques voire mortelles, apparition de certaines maladies, eutrophisationApport excessif d'éléments nutritifs dans les eaux, entraînant une prolifération végétale, un appauvrissement en oxygène et un déséquilibre de l'écosystème.).  

  • Amphibiens

La littérature fait état d’impacts des activités récréatives sur le comportement et l’utilisation de l’habitat par les amphibiens ainsi que de mortalité accrue (écrasements en particulier). Ces impacts sont cependant peu étudiés.

Les Urodèles présents à Bruxelles - soit la Salamandre tachetée le Triton ponctué, le Triton alpestre et le Triton palmé, espèces bénéficiant d’un statut régional de protection particulier - sont impactés par la présence de routes (mortalité directe, fragmentation des populations, etc.). Ils sont aussi connus pour être sensibles aux perturbations humaines comme la pollution et les maladies transportées par les visiteurs (chaussures et bottes contaminées).

Certaines activités récréatives, par leurs effets sur la qualité de l’eau (voir ci-dessous, impacts sur les habitats), peuvent également affecter les espèces inféodées aux milieux humides et aquatiques.

  • Poissons

Les quelques études trouvées sur le sujet montrent un impact des activités récréatives (marche sur les berges et en eau peu profonde, natation) sur la qualité de l’habitat et la reproduction (réduction de la surface d’habitat utilisé). Tout impact sur la qualité de l’eau est susceptible d’effets sur la vie piscicole.

  • Reptiles

Les résultats mettent surtout en évidence un effet des activités récréatives sur l’état de santé des reptiles (poids moindre, présence de parasites, réponse immunitaire amoindrie) ce qui impacte vraisemblablement le succès reproducteur.  Tout comme pour les amphibiens, ce sujet apparaît peu documenté.

  • Insectes

Les menaces diffèrent selon les groupes d’insectes.  Des impacts ont été reportés sur le comportement (fuite de coléoptères), l’utilisation de l’habitat et la reproduction (éloignement et baisse de ponte à proximité des sentiers fréquentés chez une espèce de papillon). Une mortalité accrue par écrasement sur les chemins et routes est aussi notée. Celle-ci est fréquemment observée chez les Coléoptères et en particulier les Carabidés (dont le Carabe doré, espèce bénéficiant d’un statut régional de protection particulier).

La présence de chevaux s’accompagne de celle de crottins, s’ils ne sont pas ramassés ou recueillis. Ceux-ci sont rapidement colonisés et dégradés par des vers et des insectes coprophages (consommant des matières fécales) tels que des diptères et des coléoptères.  Des micro-organismes assurent ensuite le recyclageToute opération de valorisation par laquelle les déchets sont retraités en produits, matières ou substances aux fins de leur fonction initiale ou à d’autres fins. Cela inclut le retraitement des matières organiques, mais n’inclut pas la valorisation énergétique, la conversion pour l’utilisation comme combustible ou pour des opérations de remblayage. Ces opérations impliquent une modification structurelle (physique ou chimique) de la matière. Le recyclage peut impliquer différentes actions de prétraitement comme, par exemple, le démantèlement. de cette matière organique. Il en résulte un enrichissement du sol en azote et minéraux, avec potentiellement un impact sur la végétation locale. Un autre impact est lié au traitement fréquent des chevaux avec des vermifuges qui se retrouvent dans le crottin, sous forme plus ou moins dégradée selon les substances. La présence de ces molécules dans l’environnement induit une toxicité, variable selon les produits utilisés, pour les insectes coprophages.

Une étude (Echassoux A. et al. 2014) portant notamment sur l’impact des produits antiparasitaires administrés aux chevaux sur la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). des sols dans la réserve de biosphère de Fontainebleau-Gâtinais montre que, là où les chevaux sont présents, on observe une abondance accrue de coléoptères coprophages avec un impact probable sur l’écosystèmeC'est l'ensemble des êtres vivants (faune et flore) et des éléments non vivants (eau, air, matières solides), aux nombreuses interactions, d'un milieu naturel (forêt, champ, etc.). L'écosystème se caractérise essentiellement par des relations d'ordre bio-physico-chimique. forestier en général. Par ailleurs, cette recherche a également mis en évidence que les coléoptères étaient plus petits dans les zones fréquentées par les chevaux. Les crottins de chevaux traités induisent donc une toxicité chez les coléoptères coprophages qui les colonisent. Il est probable que cette toxicité s’étende à d’autres espèces lorsque les molécules actives sont peu biodégradables.

  • Plantes et écosystèmes (facteurs biotiques)

Au niveau de la flore et des habitats naturels, les activités récréatives peuvent induire de la mortalité directe, des dommages aux plantes (réduction de la hauteur, de la biomasseEnsemble des végétaux et des animaux, ainsi que des déchets organiques qui leur sont associés. La biomasse végétale provient de la photosynthèse et constitue une source d'énergie renouvelable., des fleurs, de la couverture au sol, etc.), une modification de la composition des espèces (par ex. introduction de plantes ne poussant pas en forêt dans les écosystèmes forestiers, croissance accrue de plantes exigeantes en nutriments suite aux déjections animales) ou encore, l’introduction de pathogènes ou de plantes exotiques envahissantes. Ces effets résultent du piétinement, de la cueillette, du pâturage par les chevaux, des déjections, etc.  En Région bruxelloise, certaines plantes telles que la Jacynthe des bois, la jonquille ou encore, l’ail des ours sont particulièrement menacées par la cueillette.

  • Habitats (facteurs abiotiques)

Le sol peut être affecté par les activités récréatives tant au niveau physique (compaction, érosion, etc.) que chimique (nutriments liés aux déjections, substances chimiques liées aux traitements administrés par voie orale ou cutanée). La plupart des écosystèmes naturels sont naturellement pauvres en nutriments : l’apport de déjections en quantités importantes entraîne un risque d’enrichissement excessif du sol modifiant la flore présente.

Les chiens qui pénètrent dans des plans d’eaux, même s’ils ne poursuivent pas un animal, ont un effet négatif sur l’environnement.  Plusieurs études (citées par Bateman 2025) pointent une pollution des eaux liée à certains traitements antipuces et anti-tiques dont la rémanence est élevée. Ceci impacte notamment les invertébrés aquatiques qui sont sensibles, même à faible concentration, aux insecticides couramment administrés.

Concernant les chevaux, une étude fait état d’un impact important de l’équitation sur l’état physique et chimique des sentiers, compte tenu du nombre de récréants concernés (voir aussi ci-dessus).

Par ailleurs, comme mentionné ci-dessus, le nourrissage des oiseaux peut déstabiliser l’équilibre écologique des étangs (enrichissement excessif du milieu, appauvrissement en oxygène).

Un Bruxellois sur trois déclare se rendre en forêt de Soignes au moins une fois par mois

Forêt périurbaine, la forêt de Soignes est soumise à de fortes pressions, récréatives notamment.  Celles-ci sont importantes compte tenu de la proximité de la ville (moins de 10 km entre le centre-ville et le massif) et de la taille de la population résidente (1,25 million d’habitants).

Selon un sondage réalisé en 2022, près d’un tiers des Bruxellois se rendrait en forêt de Soignes au moins une fois par mois (AQrate 2022). Ceci montre la valeur de cet espace vertLes espaces verts englobent les jardins et domaines privés, les parcs et forêts publics, les espaces verts liés à l infrastructure ferroviaire et aux routes, les friches, les zones agricoles, les zones récréatives et les cimetières., de loin le plus grand de la Région (environ 1660 ha), aux yeux des citadins.

Selon S.Vanwijnsberghe (2023), le niveau actuel de fréquentation de la forêt de Soignes n’est actuellement pas connu. Une étude (Colson V. et al. 2012) a cependant été réalisée sur une zone couvrant 84 ha de forêt dans la partie sud de l’hippodrome de Boitsfort, fortement fréquentée. Celle-ci y a révélé une pression récréative très importante correspondant à près d’un million de visiteurs par an par 100 hectares pour cette zone.  A titre de comparaison, la fréquentation de la forêt périurbaine de Fontainebleau, proche de Paris, a été estimée comprise entre 4 et 10 millions par an en 2016 (Observatoire de la fréquentation du massif de Fontainebleau, 2016). Cette forêt couvre environ 22.000 ha et souffre de ses très nombreux visiteurs (érosion des sentiers et rochers en particulier).

Depuis cette étude, la population bruxelloise s’est fortement accrue (+110.743 habitants soit une croissance de près de 10%) augmentant vraisemblablement encore la fréquentation du massif. Le personnel forestier présent sur le terrain a par ailleurs constaté une fréquentation amplifiée durant la crise sanitaire liée au Covid-19. Selon ces mêmes agents la fréquentation qu’ils observent serait depuis supérieure à celle qui prévalait avant la crise sanitaire (aucune mesure quantitative n’a toutefois été réalisée).

Une nouvelle source de données partielles, disponible depuis 2022, fournit une estimation de la pression des récréants et chiens au niveau de 2 zones de la forêt. Celle-ci se fait via des comptages effectués par le service forestier, lors d’un parcours pédestre, selon une méthodologie comparable à celle utilisée pour estimer l’évolution des effectifs de chevreuils (voir le focus consacré au chevreuil en forêt de Soignes). Les 2 parcours étudiés sont situés dans des zones où les promeneurs doivent impérativement rester sur les chemins et où les chiens doivent être tenus en laisse, à savoir :

  • parcours de 5.800 mètres dans la zone de protection incluant les étangs des enfants noyés et le vallon du Vuylbeek ;
  • parcours de 5.583 mètres dans la réserve naturelleZone constituée par un organisme public ou privé en vue de préserver un spécimen représentatif d'une communauté végétale et animale (biocénose) donnée, principalement dans un but d'ordre scientifique et éducatif. du vallon des Trois Fontaines, la réserve naturelle du Rouge-Cloître ainsi que la réserve forestièreLa réserve forestière est une forêt ou une partie de celle-ci, protégée dans le but de sauvegarder des faciès caractéristiques ou remarquables, ou des peuplements d'essence indigène, et d'y assurer l'intégrité du sol et du milieu. du Rouge-Cloître.

Les parcours suivent une méthodologie précise incluant notamment :

  • 4 répétitions par an (février, mai, août, novembre) ;
  • pour chaque répétition, les 2 parcours sont effectués une fois en semaine (1 × matin, 1 × soir et à des heures de forte fréquentation) et une fois le week-end (1 × matin, 1 × soir). 

En moyenne, 117 récréants sont rencontrés par une personne marchant 10 km dans les 2 zones étudiées

Source :  Bruxelles Environnement 2025
Graphique : nn moyenne, 117 récréants sont rencontrés par une personne marchant 10 km dans les 2 zones étudiées

Un peu plus de 60% de ces récréants sont des marcheurs, le reste se partage en parts relativement égales entre joggeurs et cyclistes. Les cavaliers ne représentent que 0,4% des récréants.

Près de 4 chiens sur 10 ne sont pas tenus en laisse dans des zones où celle-ci est pourtant obligatoire

D’après cette même source, 16% des récréants rencontrés se promènent avec un ou plusieurs chiens.

En moyenne, 13 chiens - dont 5 non tenus en laisse - sont rencontrés par un promeneur marchant 10 km dans les 2 zones étudiées

Source :  Bruxelles Environnement 2025
Graphique : près de 4 chiens sur 10 ne sont pas tenus en laisse dans des zones où celle-ci est pourtant obligatoire

Même s’ils doivent à ce stade être considérés avec une certaine prudence, ces chiffres attestent d’une pression récréative extrêmement importante.  En outre, près de 4 chiens sur 10 ne sont pas tenus en laisse ce qui, rappelons-le, constitue une infraction dans les zones étudiées.

L’attrait de la forêt de Soignes bruxelloise se reflète également, dans une certaine mesure, par le nombre d’évènements (cross, marche/jogging, vélo/VTT, courses d’orientation, visites guidées, team building etc.) ayant été autorisés et cadrés par Bruxelles Environnement : 76 en 2022 et 81 en 2023.  

Chaque jour, promeneurs avec ou sans chiens, joggeurs, cyclistes de route et tout terrain, cavaliers, naturalistes, etc. se déplacent dans ces habitats forestiers, perturbant notamment les animaux qui y vivent.  Cette fonction sociale de la forêt est capitale mais doit s’accompagner de mesures de gestion adaptées afin de minimiser les impacts négatifs de cette fréquentation intense sur la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). et les écosystèmes.

Les chiens non tenus en laisse et/ou non maîtrisés : une question sensible

En forêt de Soignes bruxelloise, en dehors des deux zones de protection existantes et des réserves naturelles et forestières (voir Sites semi-naturels et espaces verts protégés), les marcheurs sont libres de circuler hors des sentiers et chemins et les chiens ne doivent pas être tenus en laisse. Ils doivent cependant pouvoir être maîtrisés par leur maître.

Les données présentées ci-dessus montrent que la présence canine est importante en forêt de Soignes et que, par ailleurs, même dans les zones où la laisse est obligatoire, une part importante des chiens évolue librement.  Notons aussi que selon le Conseil Supérieur Bruxellois de Conservation de la Nature (2022), des citoyens habitant en dehors de la Région contribuent à cette situation en venant lâcher leur(s) chien(s) dans la partie bruxelloise de la forêt de Soignes où les chiens sans laisse sont tolérés dans certaines zones (contrairement à ce qui prévaut en Régions flamande et wallonne). 

Ce constat n’est pas sans conséquence : l’impact des chiens sur la faune sauvage est considéré comme sévère par les gestionnaires forestiers bruxellois, en particulier lorsque les chiens sont « divagants » (c’est-à-dire qu’ils se déplacent librement sans être sous la surveillance de leurs propriétaires, qu’ils sont hors de leur contrôle).

Les impacts peuvent être directs, via la prédation, les accidents (traversée d’une route par un animal en fuite, franchissement d’obstacles importants, etc.) ou encore, l’égarement d’un jeune qui fuit.  De manière plus indirecte, les comportements de fuite ou le stress provoqué par la simple présence ou le harcèlement des chiens peut induire d’importantes dépenses d’énergie, une baisse du succès reproductif de la faune, un déplacement des pics d’activité (voir focus Le chevreuil en Région bruxelloise) et de la distribution spatiale des espèces ainsi qu’une augmentation de leur vigilance. Il est aussi fréquent de voir les chiens détruire nids et habitats (terriers, berges, etc.) ou nager dans les étangs, perturbant la qualité de l’eau (problématique pour les œufs d’amphibiens), dérangeant les oiseaux d’eau et, le cas échéant, leurs nids.

Comme mentionné dans la partie issue de l’étude de la littérature, la présence de chiens est aussi susceptible de favoriser la propagation de maladies parasitaires et a un impact sur la qualité des sols et des eaux de surfaceOn fait habituellement la distinction entre l’eau de mer et les eaux intérieures, lesquelles sont à leur tour subdivisées en eaux de surface et eaux souterraines. Les eaux de surface font référence à l’eau qui coule ou stagne à la surface de la terre. Elles comprennent l’eau des lacs, des rivières et des plans d’eau (étangs, bassins artificiels, mares, etc.).

Les gardes forestiers estiment devoir interpeller quotidiennement des promeneurs de chiens, parfois à plusieurs reprises.  Cette problématique canine s’observe par ailleurs de façon similaire dans les autres espaces verts forestiers bruxellois. Après plusieurs interpellations du même contrevenant non accompagnées d’effets, un avertissement ou un PV peut être dressé (Carton 2016).

Pour la période 2019-2023, entre 44 et 60 avertissements ou PV ont ainsi été dressés chaque année par les gardes forestiers bruxellois pour des chiens non tenus en laisse (là où celle-ci est obligatoire), pour des chiens non maîtrisés par leur maître, pour des chiens nageant dans des cours d’eau ou étangs ou, plus rarement, pour des chiens en action de chasse ou d’attaque. Pour les 7 premiers mois de l’année 2025, ce chiffre s’élevait à 44.  Des plaintes de récréants (joggeurs, cyclistes, promeneurs, autres propriétaires de chiens, cavaliers) victimes d’incidents, voire d’attaques, avec des chiens sont également relayées à Bruxelles Environnement ou aux instances policières.

Les problèmes de chiens non maîtrisés s’observent surtout dans 2 zones particulières où les chiens peuvent être lâchés. Les attaques de chevreuils, les plus recensées car les plus visibles, ont cependant cours dans l’ensemble du massif.  Selon S.Vanwijnsberghe (2023), ce phénomène a augmenté de façon inquiétante ces dernières années : au moins 2 chevreuils ont été tués en 2019, 7 en 2020 et 15 en 2021 sur la partie bruxelloise de la forêt de Soignes. Sur l’ensemble du massif sonien, 34 cas d’attaques ont été recensés en 2021. Le nombre de victimes est en réalité supérieur car tous les cas ne sont pas connus.

Notons l’émergence, depuis une petite quinzaine d’années à Bruxelles, du métier de dogwalkers c’est-à-dire de promeneurs de chiens. De l’avis des gardes-forestiers et des dogwalkers eux-mêmes, cette activité est en nette augmentation en forêt de Soignes et s’est parfois professionnalisée (Carton 2016). Les dogwalkers se promènent souvent avec une petite dizaine de chiens. Un site de services de dog walking parle ainsi d’une « meute d’amis » qui peut inclure jusqu’à 9 chiens. Ceux-ci sont le plus souvent lâchés dans des zones où ceci est autorisé mais le problème est lié à la fréquente insuffisance de maîtrise de ces chiens qui peut occasionner le dérangement d’autres usagers ou des comportements de chasse et d’attaque. Les vétérinaires comportementalistes interrogés à ce sujet affirment d’ailleurs qu’il est impossible dans ces conditions de maîtriser autant de chiens (Carton 2016).

Les impacts des chiens dans les espaces naturels concernent aussi la flore via les déjections qui enrichissent artificiellement le milieu et favorisent les espèces exigeantes en azote et phosphore. Ces déjections, liées à une alimentation plutôt carnivore opportuniste, ne sont pas comparables à celles des herbivores, moins riches. De plus, elles se concentrent souvent autour des sentiers. Cet impact est surtout dommageable au niveau des écosystèmes correspondant à des sols pauvres et qui abritent des plantes plus rares (Van den Abeele M. 2025). Certains secteurs de la forêt, particulièrement fréquentés par les promeneurs de chiens, se sont transformés en véritables “crottoirs”, rendant la balade peu agréable. Le même constat  s’observe dans les zones de jeux utilisées par les mouvements de jeunesse.

Outre les impacts sur la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)., se pose aussi la question de l’attaque d’humains par des chiens, sujet peu documenté en Belgique. Une étude réalisée en 1999 (professeur Nolens, KUL) estimait qu’entre 35.000 et 40.000 personnes étaient mordues par un chien chaque année en Belgique. L'enquête nationale sur la santé de 2002 fait quant à elle état de 1% de la population, soit environ 100.000 personnes, ayant été mordues par un chien cette année-là.  Selon une estimation de l’assureur P&V, le nombre de morsures atteindrait les 100.000 cas par année (Le Soir, 26/08/2020). Dans de rares cas, ces accidents sont mortels (dont un en janvier 2025 en Belgique).

Le saviez-vous ?

88.384 chiens étaient enregistrés en Région bruxelloise en 2023 (base de données de la plateforme officielle d’enregistrement des chiens DogID) dont environ un tiers au niveau des 4 communes bruxelloises contiguës à la forêt de Soignes (CSBCN 2022).   

Le nombre de chats enregistrés est quant à lui de 57.241 (CatID) mais il est très vraisemblable que la population de chats soit en réalité beaucoup plus élevée (chats non enregistrés, chats errants). C’est ce que suggèrent les résultats des 7 dernières enquêtes sur le budget des ménages (Statbel 2012-2024) :  de l’ordre de 7 à 11% des ménages bruxellois possèderait au moins un chien et de 17 à 21% au moins un chat.  Par ailleurs, le nombre moyen de chiens et chats pour 100 ménages bruxellois serait compris respectivement entre 9 et 13 et entre 23 et 28.  Sur cette base, en première approche, le nombre de chiens et de chats se situerait dans une fourchette de l’ordre de 52.000 à 76.000 chiens et de 133.000 à 163.000 chats (sans compter les chats errants). Notons que pour les chiens, les données DogID sont vraisemblablement plus proches du chiffre réel, l’autre source étant basée sur une enquête (échantillon limité) et l’extrapolation à l’échelle bruxelloise ne tenant pas compte des disparités spatiales.

Des centaines de chemins pirates

La forêt de Soignes bruxelloise est parcourue par 143 km de chemins officiels destinés à la récréation des marcheurs, joggeurs, cyclistes et vététistes ainsi que des cavaliers. Malgré ce réseau dense, de nombreux chemins pirates sont créés et, pour certains, régulièrement empruntés.

Outre le compactage des sols (voir ci-dessous), le passage de marcheurs ou cyclistes dans des habitats naturels fragiles est susceptible d’endommager de jeunes arbres, des plantes rares, des mousses et champignons. Il impacte également la faune réfugiée dans les zones plus calmes ou cachée sous les ronces et feuilles et réduit leur espace vital.

155 ébauches de chemins pirates ont été répertoriés par des bénévoles dans la partie ouest de la forêt de Soignes bruxelloise

Source : Fondation forêt de Soignes, 2021-2022
Graphique : 155 ébauches de chemins pirates ont été répertoriés par des bénévoles dans la partie ouest de la forêt de Soignes bruxelloise

Rappelons aussi que la règlementation bruxelloise actuelle autorise le public à se promener en dehors des sentiers officiels sur environ la moitié de la superficie de la forêt de Soignes bruxelloise. Cette situation amène les gestionnaires à garantir la sécurité du public au cœur même de ces peuplements et, par conséquent, à abattre, par mesure de précaution les vieux arbres en mauvais état. Ces arbres, qui abritent des microhabitats, revêtent pourtant une grande importance écologique.

En forêt de Soignes, le chevreuil raccourcit ses périodes d’alimentation et développe un comportement nocturne

Comme exposé précédemment, selon leur nature, leur intensité, les espèces concernées, etc., les activités récréatives affectent de diverses manières, plus ou moins impactantes, les populations animales présentes. Le massif sonien est intensément fréquenté, parcouru par un réseau particulièrement dense de chemins, les chiens non tenus en laisse y sont fréquents.

L’ensemble de ces éléments engendre un dérangement important de la faune sauvage qui a besoin de quiétude pour sa subsistance. Ces dérangements répétitifs réduisent l’espace vital de la faune, occasionnent de fortes dépenses d’énergie, du stress et ont un impact avéré sur les périodes d’alimentation.

Ceci a été mis en évidence dans une étude comparant le comportement du chevreuil en forêt de Soignes et dans une forêt de référence non fréquentée par le public. Il en ressort que le chevreuil sonien décale et raccourcit ses périodes d’alimentation ce qui entraîne des conséquences physiologiques préjudiciables (pour plus d’information, voir le focus consacré au chevreuil en forêt de Soignes). Par ailleurs, comme noté par S. Vanwijnsberghe (2023), le chevreuil est absent de sites très fréquentés tels que le bois de la Cambre et le parc de Tervuren.

Par ailleurs, depuis 2008, les populations de chevreuils de la forêt de Soignes font l’objet d’un suivi. Celui-ci a mis en évidence une forte baisse du nombre de chevreuils dans la Région bruxelloise entre 2014 et 2022 suivie par une stabilisation (qui reste cependant à confirmer). Selon les scientifiques cette évolution serait principalement due à la pression récréative croissante et aux chiens divagants (voir le focus sur le chevreuil en forêt de Soignes).

Les sols soniens sont sensibles au compactage et à l’érosion

Promeneurs et vététistes circulant hors des chemins et sur les pentes provoquent tassement et érosion des sols. Les sols soniens, en majeure partie limoneux, sont très sensibles à la compaction. Celle-ci ralentit le développement des racines des jeunes arbres et endommage les réseaux des champignons essentiels à la survie des forêts (voir Etat de santé des arbres en forêt de Soignes). Selon R. Langhor (2010), des siècles sont nécessaires avant que ce tassement ne disparaisse de façon naturelle. En effet, l’acidité (pH bas) des sols de la forêt de Soignes limite le développement de la pédofauneEnsemble des animaux du sol qui interviennent dans les processus des cycles de la matière, de formation et de conservation des sols. (lombrics, taupes, etc.) laquelle contribue à creuser et aérer le sol. Par ailleurs, les feuilles mortes du hêtre se décomposent très lentement ce qui, selon le même auteur, constitue certainement un facteur défavorable pour reconstituer la structure du sol.

Lorsque les mousses et la végétation herbacéeQui a la consistance souple et tendre de l'herbe (opposé à ligneux ou à scarieux). sont détruites et la litière emportée, l’érosion décape les sols et déchausse les racines. Ces phénomènes d’érosion s’observent en forêt de Soignes.

Des données parcellaires sur la qualité des sols sont récoltées depuis 2022 dans le cadre des campagnes de caractérisation menées par Bruxelles Environnement (campagnes Good Soil). Il en ressort que près de 80% des sols forestiers étudiés sont moyennement à fortement impactés par l’érosion.

Les risques de départ de feu augmentent avec les épisodes de sécheresse et la fréquentation

Les forêts, surtout en périodes de sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande)., sont particulièrement sensibles aux départs de feu causés par les activités humaines.  Des barbecues sauvages, des mégots mal éteints ou encore des éclats de verre (effet loupe) abandonnés par des visiteurs peuvent être à l’origine de ces incendies.

La forêt de Soignes n’est pas à l’abri de ce type de risque, en particulier dans les zones de conifères  (environ 10% de la superficie) ainsi que là où s’observe un sous-bois de fougères aigles sèches au printemps. Compte tenu des dérèglements climatiques – qui, pour nos contrées, vont s’accompagner d’une augmentation des vagues de chaleur conjuguée à une diminution des précipitations en été - ces risques d’incendie sont amenés à s’accroître en Région bruxelloise, en particulier dans les zones forestières. 

Si cette menace était considérée comme marginale il y a encore quelques années, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Plusieurs départs de feu, qui ont dû faire l’objet d’une intervention des pompiers, ont d’ailleurs déjà été signalés au cours de ces dernières années. Par exemple, pour le printemps 2025, on dénombre 2 départs de feu dans la partie bruxelloise de la forêt de Soignes. 

Une carte des zones sensibles au départ d’incendie a été établie pour les parties bruxelloises, flamandes et wallonnes de la forêt. En Région bruxelloise, un plan spécifique d’intervention en cas d’incendie dans la forêt de Soignes a été établi conjointement par les pompiers et Bruxelles Environnement. 

Gérer la fréquentation pour protéger la forêt de Soignes

De nombreuses mesures sont mises en œuvre afin de trouver un équilibre entre les fonctions récréatives de la forêt et la préservation de sa biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)..  Parmi celles-ci on peut citer :

  • l’instauration de quatre zones de protection spéciale où les chiens doivent être impérativement tenus en laisse et où l’accessibilité du public est limitée aux chemins et sentiers. Ce statut vise à créer des zones tampons autour de zones protégées ou à limiter l’impact de la surfréquentation sur certaines zones fragilisées ou servant de refuges pour la faune. Elles couvrent une superficie de 543 ha ;
  • la délimitation de plusieurs vastes zones de jeux dans la forêt pour permettre aux jeunes, en famille ou en groupes (mouvements de jeunesse, écoles, etc.), d’y organiser des activités (jeux, cabanes). Ceci permet de limiter les impacts liés à ces activités à certaines zones choisies du massif forestier ;
  • la création de « portes d’accueil » (2 en Région bruxelloise) en bordure de forêt dans des lieux où l’accessibilité est bonne. Dans ces zones, une concentration de la récréation est organisée (p.ex. mobilier d’accueil bien présent, indication des zones de jeux). En échange, un grand noyau d’un seul tenant et de haute valeur biologiqueValeur reconnue d'un site coté sur base d'une série de critères tels que : la présence d'éléments hydrologiques peu perturbés (sources), la diversité et la rareté des espèces locales de plantes et d'animaux, la présence d'espèces rares, la maturité des végétations (site irremplaçable sauf à très long terme, ex. une forêt séculaire), etc. est délimité, où les objectifs écologiques priment. Les infrastructures récréatives y sont réduites au minimum (y compris via la suppression de certains sentiers) pour limiter tant que possible l’impact des activités récréatives. Le centre de la forêt reste néanmoins accessible mais la pression récréative devrait y baisser du fait d’une moindre attractivité ;
  • la suppression de certaines aires de stationnement et des sentiers non officiels;
  • la mise en place ou le maintien d’obstacles naturels (ronces, tas de bois mort) pour dissuader le public de sortir des chemins ;
  • l’éducation et la sensibilisation via différents canaux (gardes et surveillants forestiers présents en forêt, publications et médias, organisation d’événements, « soigneurs » formés par la fondation de la forêt de Soignes, etc.) ;
  • la gestion des demandes d’organisation d’évènements en forêt ou dans les parcs régionaux (acceptabilité du projet, localisation, étendue, période, ampleur, conditions, etc.).

A télécharger

Fiches documentées  :

  • La pollution lumineuse en Région bruxelloise, 2022 (.pdf)

Fiches de l’Etat de l’Environnement

  • Focus : Le chevreuil en Région bruxelloise, 2024
  • Focus : Evolution des populations de chauves-souris en Région bruxelloise, 2023

Etudes et rapport

  • AQrate 2022. “Baromètre Nature 2022”, sondage réalisé à la demande de Bruxelles Environnement (.pdf)
  • BATEMAN PW, GILSON LN 2025. “Bad dog? The environmental effects of owned dogs“ in Pacific Conservation Biology 31, PC24071. (.pdf)
  • CARTON T.H. 2016. « L’impact des chiens en forêt de Soignes », travail de fin d’études. Promoteur : Couchard F.; maître de stage : Reinbold G. (Bruxelles Environnement). Haute Ecole libre de Bruxelles-Ilya Prigogine
  • CONSEIL SUPÉRIEUR BRUXELLOIS DE CONSERVATION DE LA NATURE 2022. « Avis d'initiative concernant la tenue des chiens en laisse en Forêt de Soignes bruxelloise » (.pdf)
  • CSD INGENIEURS CONSEILS 2025.   « Impact des activités récréatives sur les habitats et espèces en zones Natura 2000 – Etude bibliographique et interviews d'organisateurs d'évènements », rapport final, étude réalisée à la demande de Bruxelles Environnement. (.pdf)
  • COLSON V. et al. 2012. « L’estimation de la fréquentation et l’analyse des flux de visiteurs en forêt de Soignes. Résultats d’une étude exploratoire », étude réalisée à la demande de Bruxelles Environnement (.pdf)
  • ECHASSOUX A., ENRIQUEZ B., GASPARINI J., KADIRI N. et LUMARET J.P., 2014. ”Recherche-action sur l’effet des médicaments antiparasitaires équins sur la biodiversité du sol en forêt dans la réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais », conférence 40ème Journée de la Recherche Équine, pages 119-127 (.pdf)
  • GLOBEN C. 2023. “Étude de l’impact du dérangement humain sur une population de chevreuils (Capreolus careolus L.) en forêt de Soignes »,  travail de fin d’études. Promoteur : Licoppe A. (DEMNA) ; co-promoteur : Vanwijnsberghe S.  (Bruxelles Environnement). ULiège, Gembloux Agro-Bio Tech, 45 p. (.pdf)
  • LANGHOR R. 2010. « Quelques facteurs édaphiques dans l’écosystème forêt de Soignes », tiré à part de la publication Forêt.Nature n°105 (p.03-13), mars-avril 2010. (.pdf)
  • LE SOIR 2020. « Morsures: gare aux enfants ! », article de Franchimont B., publié le 26/08/2020.
  • MENDOZA ROLDAN, J., OTRANTO, D. 2023. “ Zoonotic parasites associated with predation by dogs and cats” in Parasites Vectors 16, 55. (.pdf)
  • OBSERVATOIRE DE LA FRÉQUENTATION DU MASSIF DE FONTAINEBLEAU 2016. (.pdf)
  • PALLEMAERTS L., BOONE N. , DEVISSCHER S., HUYSENTRUYT F., LICOPPE A., MALENGREAUX C., VERCAMMEN J., CASAER J. « Mission d’appui pour le recensement du chevreuil dans le massif sonien. Rapport annuel ‐ Période de référence 2008‐2023 », Rapports de l’Institut de Recherche sur la Nature et les Forêts (INBO) 2023 (42), Bruxelles. (.pdf)
  • TASSIN DE MONTAIGU C, GLAUSER G, GUINCHARD S, GOULSON D. 2025. « High prevalence of veterinary drugs in bird's nests.” in Sci Total Environ (.pdf)
    DOI: 10.1016/j.scitotenv.2025.178439
  • VAN DEN ABEELE 2025. « Quel est l’impact du chien domestique dans les milieux (semi-)naturels ? », in Forêt.Nature n°174 p.17-26, article rédigé dans le cadre d’un travail de stage (maître de stage : Vanwijnsberghe S., Bruxelles environnement), Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège) (.pdf)
  • VANWIJNSBERGHE S. 2023. "Impact du public sur le chevreuil en forêt de Soignes", tiré à part de la publication Forêt.Nature n°166 (p.38-52), janvier-février-mars 2023.

Plans et programmes

  • Plan régional nature 2016-2020 en Région de Bruxelles-Capitale, 2016 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre I - Etat des connaissances, 2019(.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre II - Objectifs et mesures de gestion, 2019 (.pdf)
< Couverture végétale et qualité biologique Faune > Retour au thème Espaces verts et biodiversité

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