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  3. Couverture végétale et qualité biologique

Couverture végétale et qualité biologique

Un peu moins de la moitié de la Région est couverte par de la végétation. Découvrez comment celle-ci se répartit sur le territoire, la localisation des sites de haute valeur biologique, les habitats naturels présents ou encore, les enjeux en termes de connectivité.
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le 18 février 2026

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Sommaire

  • La couverture végétale en Région bruxelloise
  • La carte d’évaluation biologique de la Région bruxelloise
  • Fragmentation des habitats naturels
  • Habitats naturels dans les espaces verts bruxellois

La couverture végétale en Région bruxelloise

Focus – Actualisation : septembre 2025

Moins de la moitié du territoire bruxellois est couvert par de la végétation. Ce pourcentage moyen cache de fortes disparités spatiales :

- dans le pentagone et la première couronne, le taux de couverture végétale moyen est respectivement de 13% et 24%. De nombreux îlots urbains y sont couverts par moins de 10% de végétation ;
- la seconde couronne est nettement plus végétalisée : si l’on ne tient pas compte des zones pratiquement pas ou pas habitées (forêt de Soignes, bois de la Cambre, Neerpede), le taux de couverture végétale moyen y est de 50%.

30% de la superficie régionale est couverte par de la végétation haute, avec ici aussi de très fortes différences entre communes et quartiers.  La poursuite de l’urbanisation demeure la cause principale de la régression de la couverture végétale encore constatée durant cette dernière décennie.

Pourquoi et comment cartographier la couverture végétale ?

En milieu urbain, les espaces verts et, plus largement, la végétation, remplissent de nombreuses fonctions : espaces de détente, de loisirs, de calme ou encore de rencontres, embellissement de la ville, ombrage et rafraîchissement de l’air, habitats pour la faune et la flore, infiltration des eaux pluviales, filtration de polluants, captage du dioxyde de carbone, protection contre l’érosion des sols, production de légumes, fruits et bois... La végétation en ville contribue à la qualité de vie et à la santé des citadins et constitue un support à la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore).. Elle améliore aussi la capacité des villes à résister aux effets des changements climatiques (inondations, vagues de chaleur, sécheresses…). 

Extrait de la carte de la répartition de la couverture végétale haute et basse (2021)

Source : Bruxelles Environnement 2021 (Geodata)
Extrait de la carte de la répartition de la couverture végétale haute et basse (2021)

Le suivi spatialisé de la végétation (couverture végétale, espaces verts accessibles, habitats naturels, espaces non bâtis, etc.), qualitatif et quantitatif, fournit de précieuses informations pour une planification durable de la ville. En particulier, le taux de couverture végétale, combiné avec d’autres paramètres, apporte des indications relatives à la progression de l’urbanisation et au grignotage et à la fragmentation des espaces verts, au caractère plus ou moins vert d’un quartier, à la perméabilité des sols, à la présence d’îlots de fraîcheur ou encore, à la captation de dioxyde de carbone via la photosynthèse. En contribuant à établir des diagnostics, à dégager des tendances ou à évaluer des scénarios, ces données sont nécessaires aux processus décisionnels de planification territoriale. Elles interviennent dans la réalisation d’autres travaux cartographiques comme la carte des îlots de fraîcheur ou du réseau écologique bruxellois.

Différentes sources peuvent être utilisées pour assurer le suivi de la végétation : télédétection (photos aériennes et images satellitaires), validations ou identifications de terrain, bases de données administratives (cadastre, espaces verts, aménagement du territoire, voiries), etc. Celles-ci apportent des informations de natures différentes et complémentaires. La télédétection présente des atouts, notamment en termes de vision globale, de reproductibilité des données ou encore, de combinaison des données obtenues avec d’autres types de données géoréférencées au sein de systèmes d’information géographiques.

Au cours de ces dernières décennies, plusieurs cartes de la couverture végétale ont été réalisées, elles ne sont cependant pas totalement comparables entre elles.

Actuellement, deux sources de données sont utilisées comme référence pour les analyses de couverture végétale : les données collectées par Bruxelles Environnement, d’une part, et les données issues du programme européen d’observation de la terre par satellite (Copernicus), d’autre part.  Ces dernières ont une résolution moindre (10 m x 10 m) que les données régionales (2 m x 2 m) produites depuis 2020 sur base d’un survol aérien (voir infra).  Les données Copernicus ont cependant l’avantage d’assurer une cohérence entre États membres et entre agglomérations en ce qui concerne les méthodologies de suivi. De ce fait, leur utilisation peut s’avérer particulièrement pertinente dans le cadre de certains projets tels que, par exemple, la mise en œuvre et le suivi du récent règlement européen sur la restauration de la nature (voir “Sites semi-naturels et espaces verts protégés”). Notons que les taux de couverture végétale obtenus par ces deux sources sont sensiblement différents.
La suite de ce document présente et analyse les données relatives à la couverture végétale élaborées par Bruxelles Environnement. 

Entre 1997 et 2016 Bruxelles Environnement a réalisé plusieurs cartes de la couverture végétale mais elles ne sont pas totalement comparables

En 1997, une cartographie des espaces verts bruxellois a été réalisée à partir de plusieurs types de données : données topographiques, administratives et cadastrales, photos aériennes infrarouge, enquêtes de terrain complétées par des documents divers. Selon cette étude (IGEAT-ULB, Laboratoire de botanique systémique et de phytosociologie de l’ULB & COOPARCH 1997), les espaces verts pris au sens large occupaient dans les années ’90 une superficie de 53% du territoire (voir fiche « Degré de verdurisation et espaces verts »).

Une dizaine d’années plus tard, une nouvelle cartographie a été établie sur base d’images satellitaires haute résolution (pixel de 2,4 x 2,4 mètres) prises par le satellite Quickbird au printemps 2008. L’exploitation de ces images a permis d’estimer que la végétation couvrait 54% du territoire régional (Van de Voorde et al. 2010, voir fiche « Analyse des surfaces non bâties en RBC par interprétation d’images satellitaire »). La mission Quickbird s’est achevée en 2015, ce type d’images satellitaires n’est donc plus disponible.

En 2016, les données de végétalisation ont été actualisées sur base d’images satellitaires Worldview II de résolution 0,5 m prises en juillet, période plus propice à l’évaluation de la végétation. La couverture végétale a été estimée à 54,9%. Néanmoins, les différences de paramètres entre les images de 2008 et de 2016 (couloirs et dates de survol différents, résolution variable des images…) rendent la comparaison peu précise. L’analyse fine de la carte et sa comparaison par rapport aux photographies ariennes disponibles permettent par ailleurs de penser que, globalement, à l’échelle régionale, la couverture végétale a été surestimée (prise en compte de terrains synthétiques comme étant végétalisés, idem pour des plans d’eau envahis par des algues, tendance à la surestimation des canopées…). 

La couverture végétale régionale est cartographiée sur base d’une méthodologie constante depuis 2020

Un partenariat a été établi entre Bruxelles Environnement et Paradigm afin de permettre d’effectuer une cartographie de la couverture végétale sur une base régulière et selon une méthodologie reproductible. Ceci facilitera à l’avenir l’interprétation des données permettant d’estimer les évolutions de la végétation. 

Extrait d’une photographie aérienne de la Région bruxelloise

Source : Orthophoto 2020 PIR, Paradigm-Urbis
Carte : Extrait d’une photographie aérienne de la Région bruxelloise

La première carte établie sur cette base a été réalisée à partir de photographies aériennes infrarouges prises en septembre 2020 (commandées par Paradigm). Le processus ne nécessitant pas de travailler avec le haut niveau de détail de l’image (pixel de 5 cm x 5 cm), un prétraitement des images a réduit la résolution à 2 m. 

En résumé, l’analyse consiste à réaliser une distinction entre zones vertes et non vertes en se basant sur un indice de végétation. L’indice utilisé est le « Normalized Difference Vegetation Index » (ou NDVI) qui analyse le rapport entre la lumière dont les longueurs d’onde se trouvent dans le proche infrarouge et celles se trouvant dans le rouge (pic d’absorption de la chlorophylle). La construction de cet indice, couramment utilisé, permet de distinguer de manière assez fine les zones ombragées, quantitativement importantes en milieu urbain. La végétation basse a été différenciée de la végétation haute (plus de 2 mètres) sur base d’une interprétation stéréoscopique (c’est-à-dire d’une technique, ici automatisée, permettant une perception du relief à partir de deux photographies aériennes légèrement décalées et combinées comme le ferait notre cerveau avec les images reçues par nos yeux).

Bon à savoir

Même avec cette méthodologie reproductible, la comparaison de la couverture végétale au cours du temps comportera toujours une petite marge d’imprécision liée à différents facteurs : prises de vue à des périodes de végétation différentes (y compris si les dates sont identiques vu les variations naturelles des cycles de végétation), croissance de la végétation au cours du temps (canopée plus couvrante), parcelles agricoles dont le sol peut être nu au moment des prises de vue, couverture nuageuse au-dessus de zones végétalisées, etc. 

Des petites variations interannuelles du taux de couverture végétale à l’échelle régionale ne sont donc pas nécessairement toujours associées à une perte de végétation au profit de surfaces bâties. 

Excepté lorsque les variations interannuelles sont importantes, l’établissement d’une tendance en matière de taux de couverture végétale nécessite de s’appuyer sur un suivi portant sur quelques années et/ou sur des connaissances/validations de terrain au niveau des (principales) zones où la photo-interprétation automatisée a révélé un changement.

De plus amples informations sur la méthodologie d’évaluation du taux de couverture végétale sont disponibles sur le site Internet de Bruxelles Environnement. 

Une couverture végétale fortement liée à la morphologie de la ville

La carte de la couverture végétale, obtenue selon la méthode explicitée ci-dessus, indique la présence et la répartition de la végétation en Région bruxelloise. Elle représente le taux de couverture végétale (arbres, arbustes, végétation basse, toitures vertes, friches enherbées, etc.) – ou taux de végétalisation – à l’échelle de chaque îlot urbain (ensemble de parcelles, bâties ou non, séparées des autres par des voiries).

Notons que la couverture végétale ainsi estimée diffère quelque peu de la superficie de végétation se trouvant au niveau du sol du fait de la prise en compte de la couronne (plus large que le tronc) des arbres implantés en voiries et des toitures vertes. Par ailleurs, les éventuels champs ou chantiers non couverts par de la végétation durant la période de la prise des photos aériennes analysées ne sont pas pris en compte. Un traitement automatique permet de ne pas comptabiliser comme de la végétation haute les champs couverts par des cultures de plus de 2 mètres (maïs en particulier).

Le taux de couverture végétale, mis en regard du nombre d’habitants concernés, a été calculé par grands « secteurs urbains » (voir carte ci-dessous, terminologie propre) : pentagone, première couronne au nord-ouest du canal, première couronne au sud-est du canal, seconde couronne au nord-ouest du canal, seconde couronne au sud-est du canal (de part et d’autre du bois de la Cambre), forêt de Soignes et Neerpede. 

48,7% du territoire est couvert par de la végétation mais ce taux est spatialement très variable (2023)

Source : Bruxelles Environnement 2025 sur base de données Paradigm (photographies aériennes 2023) et Statbel (population 2024)

Bon à savoir

A l’échelle globale, environ 48,7% du territoire bruxellois est couvert par de la végétation (2023). Ce taux de couverture végétale n’est plus que de 42,6% si l’on ne comptabilise pas la forêt de Soignes et le bois de la Cambre.

Mais ce pourcentage moyen cache de très fortes disparités spatiales :

  • dans le pentagone (56 000 habitants), le taux de couverture végétale moyen est de 12,7%. Il est de 24,4% en première couronne (602 000 habitants). De nombreux îlots urbains y sont couverts par moins de 10% de végétation ;
  • la seconde couronne (581 000 habitants) est nettement plus végétalisée, en particulier dans le sud-est et les zones surtout périphériques à l’ouest du canal. Si l’on ne tient pas compte des zones peu ou pas habitées (forêt de Soignes, bois de la Cambre, Neerpede), le taux de couverture végétale moyen en seconde couronne est de 49,8% soit le double de celui de la première couronne et le quadruple de celui du pentagone. Si l’on considère l’entièreté de la seconde couronne - forêt de Soignes, bois de la Cambre et Neerpede compris – ce taux de couverture végétale moyen est de 57,8%

Logiquement, le taux de couverture végétale est assez lié à la morphologie de la ville. Il est plus faible dans les quartiers où le bâti est dense et les îlots souvent fermés par un bâti continu. Il est aussi peu élevé dans le tissu (post) industriel situé le long du canal. Il est au contraire plus élevé dans les quartiers d’habitats moins denses avec des îlots ouverts ou semi-ouverts. Les zones vertes se concentrent en particulier dans le sud-est et les zones surtout périphériques à l’ouest du canal, notamment dans et autour de la forêt de Soignes, dans la vallée de la Woluwe, à Neerpede, Ganshoren, Jette, Laeken et Neder-Over-Heembeek. La forêt de Soignes, à elle seule, couvre 10% du territoire régional. Du fait de sa localisation, elle profite avant tout aux habitants du sud-est de la Région.

Remarquons que cette carte est fortement liée à celle des îlots de fraicheur (voir focus Ilots de chaleur). Le phénomène d’îlot de chaleur urbain est en effet d’autant plus prononcé que l’urbanisation est importante et que la végétation est peu présente. A cet égard, les couronnes des arbres s’avèrent particulièrement efficaces pour améliorer localement le confort thermique ressenti (voir focus Végétaliser pour refroidir les espaces urbains : des solutions fondées sur la nature).  

Le taux de couverture végétale tend toujours à diminuer mais il est difficile de quantifier précisément les surfaces concernées

L’évolution du taux de végétation peut être appréciée en comparant les données pour les années 2016, 2020, 2021 et 2023. On observe que le taux estimé est de 54,9% en 2016 et qu’il est de 48,7% en 2023. Sur base de ces estimations, la tendance moyenne serait de - 0,9% de couverture végétale par an.  Rappelons cependant que, comme explicité précédemment, la valeur du taux de végétation évalué en 2016 était probablement surestimée.

Notons aussi que les données européennes issues du programme Copernicus mentionné ci-dessus, moins précises, font état d’un taux de végétation sensiblement inférieur à 50% et, également, d’une tendance à la baisse entre 2018 et 2023. Celle-ci est cependant moins prononcée que celle évaluée sur base des données régionales. 

L’urbanisation s’est poursuivie au cours de cette dernière décennie au détriment de la végétation

Source : Bruxelles Environnement 2025 sur base de données Paradigm (photographies aériennes 2020, 2021 et 2023) et d’images satellitaires Worldview II (2016)
Graphique : L’urbanisation s’est poursuivie au cours de cette dernière décennie au détriment de la végétation

Lire le texte de transcription

Le pourcentage de couverture végétale a sensiblement diminué entre 2016 et 2023. Il est estimé à :

  • 55,0% en 2016 (cette valeur est néanmoins probablement surestimée)
  • 52,4% en 2020
  • 50,5% en 2021
  • 48,7% en 2023

Au-delà de l’amélioration des techniques de cartographie au cours du temps (par exemple, les terrains synthétiques ont été mieux détectés comme étant non végétalisés en 2021 qu’en 2016), cette diminution notable s’explique par la poursuite de l’urbanisation, facteur principal de la réduction de la couverture végétale.  Dans une moindre mesure, le contexte au temps t des photos satellites et aériennes de 2016, 2020, 2021 et 2023 peut faire varier légèrement le résultat :  par exemple le remplacement de terres labourées par des terres sous culture, la végétalisation d’une fricheZone de terrain laissée à l'abandon et progressivement colonisée par la végétation spontanée., le masquage d’un toit par la croissance de la couronne des arbres ou encore, le développement plus ou moins important de la couronne arborée selon les caractéristiques climatiques de l'année ou le moment de la prise de photos.

Les difficultés de quantification précise tiennent aussi au fait que ces données reflètent la couverture végétale intégrant la couronne des arbres (d’une superficie potentiellement supérieure à la superficie végétalisée au niveau du sol). Or, celles-ci tendent à se développer au cours du temps sans que cela ne reflète toujours un accroissement de la couverture végétale au niveau du sol. Ce phénomène de développement des couronnes est particulièrement visible dans certaines zones de friches et sur certains axes routiers (avenue Louise, certains tronçons de la petite ceinture, etc.). Inversement, lorsqu'on abat un arbre, l’estimation des surfaces végétalisées perdues sur base de l’analyse d’images aériennes (avec couronne donc) surestime les pertes de couverture végétale au niveau du sol (sauf si l’arbre abattu est remplacé par une surface bâtie). 

2 communes centrales ont moins de 20% de leur territoire couvert par de la végétation

Sans surprise et toujours selon les données de Bruxelles Environnement, le taux de couverture végétale diffère sensiblement entre communes. Une différence marquée s’observe entre les communes périphériques du sud-est (Woluwe-Saint-Pierre, Auderghem, Uccle, Watermael-Boitsfort) - dont le taux de couverture végétale s’étage entre 60% et 83% - et le reste de la Région (de 16% à 49% de végétalisation). Les taux les plus faibles s’observent dans les communes de Saint-Josse et Saint-Gilles dont moins de 1/5ème du territoire est recouvert par de la végétation (couronne des arbres comprise). Ces deux communes, tout comme le pentagone (dont le taux de couverture végétale est de 12,7%), concentrent des quartiers très denses.

Un déficit de végétation très marqué dans les communes les plus centrales

Source : Bruxelles Environnement 2025 sur base de données Paradigm (photographies aériennes 2023) et d’images satellitaires Worldview II (2016)
Graphique : Un déficit de végétation très marqué dans les communes les plus centrales

Lire le texte de transcription

Le graphique compare la couverture végétale de chaque commune et de l’ensemble de la Région en 2013 et 2016. On observe une diminution de la végétalisation dans toutes les communes. Celle-ci est comprise entre un minimum de 2% du territoire communal (Saint-Gilles) et un maximum de 9% (Evere).

Même si les données 2016 et 2023 ne sont pas totalement comparables et que les données de couverture végétale de 2016 semblent parfois surestimées (voir explications ci-dessus), une perte de végétation sensible est clairement mise en évidence. Elle s’observe, à des degrés divers, dans toutes les communes bruxelloises.  En termes de pertes de superficies absolues, 3 communes se démarquent nettement à savoir, Uccle, Bruxelles-Ville et Anderlecht. Ces communes sont les plus grandes de la Région et sont situées en tout ou en partie en seconde couronne.

Notons que dans les communes comportant de vastes zones protégées (comme la forêt de Soignes ou les bois du nord-ouest de la Région), les pertes de végétation se concentrent principalement dans les parties du territoire qui ne bénéficient pas d’un statut de protection, telles que les zones non classées Natura 2000 ou non couvertes par des affectations du PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte. assurant une protection passive de la nature. Les quartiers subissant ces pertes peuvent donc être fortement affectés.

Face à l’accroissement démographique très important qu’a connu la Région bruxelloise (+ 31% entre 2000 et 2025, avec de fortes différences selon les communes (+ 48% à Bruxelles-Ville contre + 2,2% à Watermael-Boitsfort), de nombreux bâtiments - et, en particulier, des logements - ont été construits depuis une vingtaine d’années. Ces constructions se font essentiellement dans des zones non bâties végétalisées, souvent intéressantes en termes de biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). et fréquemment localisées en seconde couronne. Par ailleurs, cet accroissement démographique n’a pas été compensé par une augmentation équivalente des espaces végétalisés accessibles ce qui se traduit par une pression accrue sur les espaces verts existants et une augmentation de la population vivant dans des quartiers peu pourvus en espaces verts de proximité (voir focus Espaces verts accessibles au public).

Les disparités spatiales en termes de couverture végétale sont encore plus criantes si on les rapporte au nombre d’habitants par commune. C’est aussi le cas de l’indicateur se rapportant à la superficie d’espaces verts publics par habitant comme le montre le tableau suivant :

Tableau :  superficie d’espaces verts publics par habitant comme le montre le tableau suivant

Lire le texte de transcription

Le tableau reprend les données suivantes : couverture végétale (totale et haute) et espaces verts accessibles par commune en part du territoire et par habitant. Deux communes se situent aux extrêmes : Saint-Gilles (couverture végétale de 16,2%, espaces verts accessibles couvrant 2,2% du territoire, 1,1 m2 d’espaces verts accessibles par habitant ) et Watermael-Boitsfort (couverture végétale de 83,1%, espaces verts accessibles couvrant 61,1% du territoire, 314,5 m2 d’espaces verts accessibles par habitant).

4 communes affichent un taux de couverture végétale supérieur à 50% : Watermael-Boitsfort, Uccle, Auderghem et Woluwe-Saint-Pierre. Si l’importance de la couverture végétale dans ces communes s’explique en partie par une présence importante de parcs et/ou de rues arborées et/ou de grands jardins dans certains quartiers, elle est aussi liée à l’implantation de la forêt de Soignes sur une part plus ou moins grande de leur territoire. Ceci doit amener à nuancer les conclusions que l’on peut tirer de ces taux de couverture végétale établis à l’échelle d’une commune. Le fait qu’une commune soit dotée d’un important taux de couverture végétale moyen n’empêche en effet pas que certains quartiers soient pauvres en espaces verts. Par ailleurs, la couverture végétale englobe également des jardins privés. Ceci explique par exemple que la part de population vivant dans des zones de carence en espaces verts publics peut être élevée même dans des communes considérées comme « vertes ». C’est en particulier le cas des communes de Uccle et d’Auderghem où les parts de population vivant en zone de carence sont respectivement de l’ordre de 34% et 28% (voir « Espaces verts : accessibilité au public »).

Seules 5 communes bruxelloises ont une couverture arborée de plus de 30%

Une distinction a été faite entre la végétation haute (plus de 2 mètres), de type arbustive et arborée et basse. 

Le centre-ville et les quartiers jouxtant le canal apparaissent particulièrement pauvres en arbres et arbustes (2021)

Source : Bruxelles Environnement 2023 sur base de données Paradigm (photographies aériennes 2021)
Carte: Le centre-ville et les quartiers jouxtant le canal apparaissent particulièrement pauvres en arbres et arbustes (2021)

Lire le texte de transcription

La carte reprend le taux de couverture végétale haute (c’est-à-dire de plus de 3 mètres) par grands « secteurs urbains » (terminologie propre) : ce taux est de 9% dans le pentagone, 12% dans la première couronne au nord-ouest du canal, 16% dans la première couronne au sud-est du canal, 26% dans la seconde couronne au nord-ouest du canal, 36% en seconde couronne au sud-est du canal et à l’Ouest du bois de la Cambre, 25% en seconde couronne au sud-est du canal et à l’Est du bois de la Cambre, 82% en forêt de Soignes et 21% à Neerpede.

Si l’on s’en réfère à la « règle 3-30-300 » proposée par un chercheur-forestier en 2021 (Konijnendijk C.), chaque citadin devrait pouvoir apercevoir au moins 3 arbres de son habitation, vivre dans un environnement proche où la couverture arborée est d’au moins 30% et à moins de 300 mètres d’un espace vertLes espaces verts englobent les jardins et domaines privés, les parcs et forêts publics, les espaces verts liés à l infrastructure ferroviaire et aux routes, les friches, les zones agricoles, les zones récréatives et les cimetières.. Un institut de recherche a mis en évidence une corrélation positive entre le respect de cette règle et la santé mentale des Barcelonnais (Nieuwenhuijsen M. et al, 2022). Cette règle s’avère toutefois difficile à atteindre dans les villes denses.

Environ 30% du territoire bruxellois est couvert par de la végétation haute (2021) mais on observe ici aussi de très fortes disparités entre communes et quartiers. La couverture de végétation haute s’étage ainsi entre 11% (Saint-Gilles) et 65% (Watermael-Boitsfort). Le centre-ville et les quartiers jouxtant le canal apparaissent particulièrement pauvres en arbres et arbustes. Seules 5 communes ont une couverture type arborée sur plus de 30% de leur territoire (Uccle, Watermael-Boitsfort, Auderghem, Woluwé -Saint-Pierre et Jette).

Bon à savoir

Une donnée similaire est également collectée, à partir d’images satellitaires, pour un millier de villes européennes dans le cadre du projet Copernicus précité (volet surveillance terrestre). D’après cette source, la couverture moyenne de la canopée pour l’ensemble des villes européennes est de 28%, soit sensiblement moins que les 37% estimés selon cette même source pour la Région bruxelloise (2018). Avec des taux de canopée très proches, la Région bruxelloise ainsi que Namur et Leuven sont les villes belges les plus arborées. La présence de la forêt de Soignes sur 10% du territoire bruxellois explique ce score particulièrement élevé.

Pas toujours de corrélation entre le taux de couverture végétale et la carence en espaces verts publics

Pour apprécier l’offre en espace verts d’un quartier ou d’une commune, les données de couverture végétale doivent être également accompagnées de données sur la taille et la répartition spatiale des espaces verts publics (voir Focus consacré à l’accessibilité des espaces verts au public ). Par exemple, le tableau ci-dessus montre que si les communes de Saint-Gilles et Saint-Josse ont un taux de couverture végétale ainsi qu’une superficie de couverture végétale par habitant équivalente, les habitants de Saint-Josse disposent de presque 3 fois plus de m2 d’espaces verts publics par habitant (notamment du fait de la présence du Jardin botanique). Par ailleurs, des communes globalement bien végétalisées peuvent néanmoins avoir une part importante de leur population pour qui l’accès aux espaces verts publics est insuffisant. C’est par exemple le cas de la commune d’Uccle où certains quartiers denses sont peu équipés en espaces verts. D’autres quartiers situés dans des communes globalement assez vertes, voire très vertes, sont également dans cette situation. A contrario, certains espaces verts sont bien accessibles pour les habitants d’une commune bien que ces espaces se situent en dehors du territoire communal. C’est le cas notamment du parc de Forest ou du parc de la porte de Hal au regard de la commune de Saint-Gilles. Mentionnons également le cas particulier de la ville de Bruxelles qui englobe à la fois le pentagone mais aussi des quartiers périphériques plus végétalisés (bois de la Cambre, Hembeek, Laeken, …). D’un point de vue urbanistique, l’analyse de l’offre en espaces verts est de ce fait surtout pertinente à l’échelle des quartiers. 

L’appréciation de l’offre en espaces verts doit aussi tenir compte de la qualité de la végétation. Cet aspect est développé dans le focus consacré à la carte d’évaluation biologique de la Région bruxelloise. 

Bruxelles Environnement a aussi cartographié la part du territoire imperméabilisée

L’analyse de l’évolution de la couverture végétale peut aussi être approchée, dans une certaine mesure, par celle de l’évolution de l’imperméabilisation. Cette dernière ne constitue néanmoins pas le stricte « négatif » du taux de végétation (la couverture végétale inclut la couronne des arbres, certains sols perméables ne sont pas végétalisés, etc.).

L’évolution du taux d’imperméabilisation a aussi fait l’objet de cartographies. En 2006, l’analyse détaillée de données cartographiques et de télédétection a estimé que le taux d’imperméabilisation au niveau régional était passé d’environ 26% en 1955 à 47% en 2006 (Vanhuysse et al. 2006, voir REE 2003-2006 « Prévention et gestion des inondations dues aux pluies d’orage estivales »).

Plus récemment, une nouvelle carte des surfaces imperméables a été réalisée en s’appuyant sur l’interprétation d’images satellites et de photos aériennes. Les résultats de cette étude estiment le pourcentage des surfaces imperméables en Région de Bruxelles-Capitale en 2022 à 53,2%. Les chiffres de 2022 n’étant pas directement comparables à ceux de l’étude de 2006 (différences dans la zone d’étude et dans la méthodologie), un travail additionnel a été réalisé pour permettre une comparaison. Il en ressort que le taux d’imperméabilisation a doublé de 1995 à 2022, passant de 26% à 53%. Ce taux progresse par ailleurs de manière linéaire depuis 1993, voire depuis 1955. Il varie entre 16% (Watermael-Boitsfort) et 91% (Saint-Josse-ten-Noode) selon les communes.

Les communes montrant la plus grande évolution, en surface absolue, de leurs superficies imperméables sont Bruxelles-Ville (243 ha) et Anderlecht (139 ha), deux communes dont une part du territoire se situe en seconde couronne. En proportion du territoire, les évolutions les plus marquées sont constatées pour Jette (+26%) et Woluwe-Saint-Lambert (+25%).

Pour en savoir plus, voir le focus de l‘Etat de l’environnement consacré à l’imperméabilisation des sols bruxellois.

Le rapport « Carte des surfaces imperméables de la Région de Bruxelles-Capitale 2022 » ainsi que les données sont accessibles sur le site de Bruxelles Environnement en cliquant ici.

À télécharger

Fiches documentées

  • 6. Le Maillage Vert (.pdf)
  • 13. Analyse des surfaces non bâties en Région de Bruxelles-Capitale par interprétation d’images satellitaires (.pdf)

Fiches de l’Etat de l’Environnement

  • Focus : Espaces verts accessibles au public (2023)
  • Focus: La carte d’évaluation biologique de la Région bruxelloise (2022)
  • Fragmentation des habitats naturels (2022)
  • Focus : Le maillage vert (2015)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Carte «Végétation 2021 – Répartition de la végétation haute et basse en septembre 2021 »
  • Carte « Espaces verts accessibles au public »
  • Carte « Degré de verdurisation 2016 »

Etudes et rapports

  • BALIKÇI S., GIEZEN M. & ARUNDEL R. 2021. “The paradox of planning the compact and green city: analyzing land-use change in Amsterdam and Brussels”, Journal of Environmental Planning and Management, DOI: 10.1080/09640568.2021.1971069 (.pdf)
  • IGEAT, LABORATOIRE DE BOTANIQUE SYSTÉMATIQUE ET DE PHYTOSOCIOLOGIE,
    COOPARCH 1997 « Rapport final Maillage vertProgramme fondé sur la protection et la création des espaces verts et l'établissement de liens physiques entre eux, qui vise, outre la préservation du patrimoine naturel et l'accroissement de la biodiversité, à rééquilibrer les disparités régionales au niveau de la verdurisation et de la répartition des espaces verts publics, à améliorer les qualités paysagères et à promouvoir la mobilité douce. – Etablissement de la situation de fait et de droit des espaces verts du territoire de la RBC en vue de l’élaboration du maillage vert », étude réalisée à la demande de Bruxelles Environnement (document interne).
  • VAN DE VOORDE T., CANTERS F. ET CHEUNG-WAI CHAN J. 2010. « Mapping update and analysis of the evolution of non-built (green) spaces in the Brussels Capital Region – Part I & II», étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement par le “Cartography and GIS Research Group, department of geography, VUB” (.pdf)
  • VANHUYSSE S., DEPIREUX J., WOLFF E. 2006. « Etude de l’imperméabilisation du sol en Région de Bruxelles-Capitale », étude réalisée par l’ULB-IGEAT pour le Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, AED – Direction de l’eau, octobre 2006 (.pdf)
  • WIRION C., STEELE R. 2023. « Rapport d’étude de la carte des Surfaces Imperméables de la Région Bruxelles-Capitale – Parties I et II », étude réalisée par le WEO pour le compte de Bruxelles Environnement (.pdf)
  • WIRION C., STEELE R. 2023. « Rapport d’étude de la carte des Surfaces Imperméables de la Région Bruxelles-Capitale – Partie III », étude réalisée par le WEO pour le compte de Bruxelles Environnement (.pdf)

La carte d’évaluation biologique de la Région bruxelloise

Focus - Actualisation : juin 2022

La carte d’évaluation biologique (CEB) est un outil qui permet de suivre et d’objectiver la valeur biologique des zones composant le territoire régional. Il en ressort que les zones de haute et très haute valeur biologiqueValeur reconnue d'un site coté sur base d'une série de critères tels que : la présence d'éléments hydrologiques peu perturbés (sources), la diversité et la rareté des espèces locales de plantes et d'animaux, la présence d'espèces rares, la maturité des végétations (site irremplaçable sauf à très long terme, ex. une forêt séculaire), etc. couvrent 19% de la Région et se trouvent majoritairement au-delà de la première couronne (données 2018-2019). Elles incluent des sites semi-naturels (forêt et bois, prairies, zones humides, etc.) mais aussi des friches urbaines et certains grands parcs.

Depuis 2012, le droit bruxellois prévoit la réalisation d’une carte d’évaluation biologique

L’ordonnance du 1er mars 2012 relative à la conservation de la nature prévoit que Bruxelles Environnement « dresse et actualise une carte d'évaluation biologique du territoire de la Région, incluant un inventaire des sites de haute valeur biologique et dignes de protection ». Elle stipule également que le Gouvernement peut désigner comme réserve naturelleZone constituée par un organisme public ou privé en vue de préserver un spécimen représentatif d'une communauté végétale et animale (biocénose) donnée, principalement dans un but d'ordre scientifique et éducatif. ou comme réserve forestièreLa réserve forestière est une forêt ou une partie de celle-ci, protégée dans le but de sauvegarder des faciès caractéristiques ou remarquables, ou des peuplements d'essence indigène, et d'y assurer l'intégrité du sol et du milieu. les sites identifiés comme « dignes de protection ». Bien que l’ordonnance ne le précise pas explicitement, rien n’empêche par ailleurs que la CEB puisse contribuer à justifier l’octroi d’une protection active au titre de la protection du patrimoine naturel, ou d’une protection passive par un statut de zone verte ou zone verte de haute valeur biologique au Plan régional d’affectation du sol (PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte.).

La carte d’évaluation biologique (CEB) elle-même n’a cependant qu’un caractère descriptif et indicatif et ne confère aucune protection légale aux sites évalués. La notion de “haute valeur biologique” figurant dans la CEB ne doit donc pas être confondue avec celle, règlementaire quant à elle, de “zone verte de haute valeur biologique” reprise dans le PRAS (voir fiche documentée « Espaces semi-naturels et espaces verts bénéficiant d’un statut de protection »).

Plusieurs cartes d’évaluation biologique du territoire bruxellois depuis 1978

Avant l’instauration de ce cadre légal, plusieurs inventaires de la valeur biologique des espaces  constitutifs du territoire bruxellois avaient déjà été réalisés :

  • 1978 : CEB réalisée pour l’ensemble de la Belgique (version 1, échelle 1/25.000) ;
  • 1996-1998 : CEB réalisée pour la Région bruxelloise et ses alentours sur base d’une collaboration entre l’Instituut voor Natuurbehoud (Région flamande) et Bruxelles Environnement (actualisation de la version 1 pour le périmètre étudié à une échelle 1/10.000) ;
  • 2010 : publication de la version 2 de la CEB de la Région bruxelloise (travail de terrain 1998-2000, échelle 1/10.000).

Ces cartes délimitent les milieux naturels et semi-naturels, en caractérisent la typologie écologique de la couverture du sol et leur valeur biologique. Les critères utilisés pour déterminer la valeur biologique des sites sont surtout basés sur les aspects botaniques, lesquels sont en lien étroit avec le potentiel faunistique. Sur base de ces critères, une valeur a été attribuée à chaque unité cartographique (très haute valeur biologique, haute valeur biologique, valeur biologique moindre, complexes d’éléments de valeur différente, etc.).

Les données de la seconde version de la carte ont alimenté la délimitation de zones protégées en Région bruxelloise, comme les sites Natura 2000. Une actualisation de cette seconde version a été réalisée à la demande de Bruxelles Environnement sur base de photographies aériennes de 2018 et a abouti à une 3ème version publiée fin 2021. Elle comporte deux volets, à savoir une actualisation de la carte originelle (limitée aux sites biologiquement les plus intéressants connus lors des premières éditions) et une analyse des infrastructures vertes à l’échelle de chaque îlot composant le territoire de la Région.

Une actualisation de la CEB qui permet d’évaluer l’évolution de la valeur biologique des biotopes les plus intéressants

Seuls les sites qui avaient été identifiés comme biologiquement intéressants (à des degrés divers) lors de l’inventaire précédent ont fait l’objet d’une actualisation. Ceci concerne environ 25 % du territoire bruxellois et correspond à 1807 « polygones » (surfaces délimitées par une ligne fermée, homogènes en termes de valeur biologique et constituant donc une unité cartographique). Les changements d’habitats éventuels relatifs à ces 1807 polygones ont été évalués par comparaison de photos aériennes (orthophotoplans) prises en 1996 et 2018. Des visites de terrain ont été effectuées lorsque la photo-interprétation ne permettait pas de juger de manière fiable l’évolution des habitats. Un découpage de certains polygones définis en 1996 a été réalisé lorsqu’une portion importante de ceux-ci avait évolué.

Exemple d'un polygone à habitat naturel et/ou usage inchangé entre 1996 et 2018

Source : BiotopeAire géographique de dimensions variables, souvent très petites, offrant des conditions constantes ou cycliques aux espèces constituant la biocénose. Environnement sa et Stratec 2020 

Les changements d’habitats (naturels) et/ou usages au niveau de chaque polygone étudié ont été caractérisés comme suit: 

  • urbanisation totale du polygone ;
  • habitat et/ou usage inchangé ;  
  • succession écologique (par ex. peupleraie en voie de régénérationEn sylviculture, opération consistant à remplacer un peuplement mûr soit par voie naturelle, soit par voie artificielle. après mise à blanc) ;
  • succession écologique avec risque de perte de la qualité biologique : cette catégorie n’est pas présentée dans la couche finale car, dans ces cas, une visite de terrain a systématiquement été effectuée pour évaluer l’évolution de la qualité ;
  • changement partiel des habitats ou de l’usage ;
  • changement important des habitats ou de l’usage. 

Une valeur correspondant à l’évaluation biologique a été attribuée à chaque polygone de la CEB 1996 et de la CEB 2018. 

Les valeurs possibles sont issues de la classification néerlandophone historiquement employée et sont réparties comme suit : 

  • z : biologiquement très précieux (biologisch zeer waardevol)
  • w : biologiquement précieux (biologisch waardevol)
  • m : biologiquement moins précieux (biologisch minder waardevol)
  • wz : mélange des catégories précédentes 
  • mz : mélange des catégories précédentes 
  • mw : mélange des catégories précédentes 
  • mwz : mélange des catégories précédentes 

La comparaison des valeurs attribuées à chaque polygone (données 1996 versus données 2018) permet d’estimer l’évolution de la qualité biologique de l’ensemble des sites « historiques » étudiés. Par exemple, si la valeur attribuée à un polygone est passée de w à m, la dégradation a été considérée comme très importante. Si cette valeur est passée de z à w, la dégradation a été considérée comme faible. 

L’analyse effectuée sur cette base a montré que :

  • 0,2% des superficies étudiées (soit 9 ha) ont vu leur qualité biologique s’améliorer ; 
  • 94% des superficies étudiées (soit 3904 ha) ont vu leur qualité biologique se maintenir ; 
  • 0,1% des superficies étudiées (soit 6 ha) ont vu leur qualité biologique se dégrader faiblement ;
  • 2,5% des superficies étudiées (soit 103 ha) ont vu leur qualité biologique se dégrader fortement ;
  • 3,2% des superficies étudiées (soit 132 ha) ont vu leur qualité biologique se dégrader très fortement. 

94% des superficies identifiées comme sites de grand intérêt en 1996 ont donc vu leur valeur biologique se maintenir entre 1996 et 2018. 

Pour 5,6% d’entre elles, cette valeur s’est par contre dégradée, notamment suite à leur urbanisation partielle ou totale. Une amélioration a été observée pour 0,2% de la surface étudiée.

Une méthodologie permettant d’évaluer la valeur biologique de chaque îlot urbain sur base de données géolocalisées

Pour la première fois, l’évaluation de la qualité biologique de tout le territoire régional a par ailleurs été réalisée. L’unité de base sur laquelle l’évaluation a été réalisée est l’îlot urbain, fort employé en aménagement du territoire. Celui-ci correspond à un ensemble de parcelles, bâties ou non, entièrement séparé des autres par des voiries (sur l’ensemble de son périmètre). Les critères utilisés pour l’évaluation biologique des îlots doivent pouvoir être évalués sur base de données géolocalisées disponibles (pas de travail de terrain).

Deux catégories de critères ont été utilisées pour l’évaluation de la valeur biologique des îlots : des critères dits « internes », associés à la capacité d’accueil des îlots, et des critères dits « externes », associés à l’environnement immédiat des îlots. Il s’agit de critères favorables à la préservation et au développement de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)., parmi lesquels le degré de végétalisation, la taille de l’îlot, son degré d’ouverture et ses connexions avec d’autres îlots de valeur (propices à la circulation des espèces), l’observation sur le terrain de biotopes particuliers, etc. 

Les critères internes et externes d'évaluation

  • Critères dits « internes », associés à la capacité d’accueil des îlots : 
    • surface végétalisée et degré de végétalisation de l’îlot (carte de végétation, données 2016) ;
    • présence de biotopes de valeur biologique (CEB 1996 actualisée – données 2018, carte des stations Natura 2000, carte des réserves naturelles) ;
    • perméabilité aux déplacements de la faune (sur base du bâti, données urbanistiques).

Les critères « surface végétalisée » (valeur absolue) et « degré de végétalisation » (valeur relative) sont tous les deux considérés afin d’améliorer la discrimination entre les îlots sur base de la végétation en créant un continuum allant de « petite surface végétalisée avec faible proportion de végétation » à « grande surface végétalisée avec forte proportion de végétation ».
Le critère « perméabilité aux déplacements » mesure le degré d’ouverture de l’îlot par rapport aux îlots environnants. Il a été évalué, pour chaque îlot, selon une double règle consistant, d’une part, à évaluer la perméabilité d’un anneau fictif localisé entre 5 et 15 mètres à l’intérieur de l’îlot sur base de la proportion de bâtiments l’occupant et, d’autre part, à évaluer la perméabilité globale de l’îlot sur base de la proportion de bâtiments occupant l’îlot. Le score attribué est ensuite défini sur base du niveau de perméabilité le plus bas.

Perméabilité des îlots 

Source : BiotopeAire géographique de dimensions variables, souvent très petites, offrant des conditions constantes ou cycliques aux espèces constituant la biocénose. Environnement sa et Stratec 2020
Légende : Rouge = fermé, orange = semi-ouvert, vert = ouvert 

  • Critères dits « externes », associés à l’environnement des îlots :
  • score des îlots adjacents en ce qui concerne leurs critères internes ;
  • présence d’éléments favorables aux mouvements d’individus (connectivité) dans un rayon de 100 m de l’îlot (rivières, talus et accotements végétalisés des voiries et voies ferrées) ;
  • présence d’éléments d’intérêt biologique en Flandre (sur base de la CEB de la Région flamande).

L’évaluation globale pour les critères internes et externes correspond à la somme des scores obtenus pour chaque critère. Les scores totaux s’échelonnent potentiellement entre 0 et 9 pour les critères internes, et entre 0 et 6 pour les critères externes, soit un total par îlot pouvant aller de 0 à 15. La carte ainsi obtenue constitue un outil qui permet de suivre et d’objectiver la valeur biologique des zones composant le territoire régional, sur base d’une unité pertinente en termes d’urbanisme et d’aménagement du territoire.

Les voiries n’étant pas des îlots bâtis, elles n’ont pas été intégrées dans le croisement des données. Cependant, la carte des biotopes a pu mettre en lumière les éléments de voiries qui sont jugés importants pour le développement de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore).. Dès lors, ces voiries ont été intégrées dans la carte finale comme éléments linéaires, soit des « voiries avec une connectivité écologique importante ».

Les rapports finaux de cette étude apportent plus de précisions quant à la méthodologie utilisée (voir liens ci-dessous). 

Les zones de haute et très haute valeur biologique couvrent 19% de la Région

La carte d’évaluation biologique dans sa nouvelle mouture 2021 résulte du résultat compilé des deux phases d’élaboration, à savoir l’actualisation de la CEB 1996 et l’analyse régionale des îlots. Dans la production finale, les deux évaluations ont été pondérées de manière équivalente (50% chacune pour l’établissement du score final).

La CEB 2021 offre ainsi une cartographie claire de la valeur biologique de tous les îlots au niveau régional, permettant toujours de distinguer les éléments de plus grande importance, qui avaient été évalués historiquement, qui tendent à se détacher de leur « matrice » environnante. L’intérêt de la démarche permet également de ne pas présupposer l’absence de valeur biologique des sites qui n’avaient pas été étudiés dans les dernières décennies.

Carte d’évaluation biologique de la Région bruxelloise (données 2018)

Source : Bruxelles Environnement – Division Espaces verts 2022 
  • Lien vers la carte interactive

La valeur biologique est à présent exprimée en 5 catégories allant de A à E (A représentant les sites les plus intéressants en termes biologiques et E les plus pauvres). Les sites de haute à très haute valeur biologiqueValeur reconnue d'un site coté sur base d'une série de critères tels que : la présence d'éléments hydrologiques peu perturbés (sources), la diversité et la rareté des espèces locales de plantes et d'animaux, la présence d'espèces rares, la maturité des végétations (site irremplaçable sauf à très long terme, ex. une forêt séculaire), etc. (soit A et B) sont des sites qui contribuent de manière importante à la protection de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). régionale (faune, flore et habitats naturels) et qui étaient pour l’essentiel déjà mis en évidence dans les CEB antérieures.

Description des 5 catégories d'évaluation biologique

Photos illustrant les 5 catégories de valeur biologique

Source : BiotopeAire géographique de dimensions variables, souvent très petites, offrant des conditions constantes ou cycliques aux espèces constituant la biocénose. Environnement sa et Stratec 2020 

A : Très haute valeur biologiqueValeur reconnue d'un site coté sur base d'une série de critères tels que : la présence d'éléments hydrologiques peu perturbés (sources), la diversité et la rareté des espèces locales de plantes et d'animaux, la présence d'espèces rares, la maturité des végétations (site irremplaçable sauf à très long terme, ex. une forêt séculaire), etc.
La catégorie A regroupe les sites d’une très haute valeur biologique. Ces sites forment les espaces majeurs en termes de biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). sur la Région bruxelloise. Dans de nombreux cas, elles font partie de zones protégées ou caractérisées par un haut degré de naturalité. Se retrouvent dans cette catégorie des sites comme la forêt de Soignes, le Kinsendael-Kriekenput, ainsi que des étangs comme à Neerpede et au parc de Woluwe. Ces sites sont généralement définis avec un degré de détail plus précis que l’échelle des îlots.
B : Haute valeur biologique
Dans la catégorie B se retrouvent des sites de haute valeur biologique. Ces sites forment également les espaces centraux en termes de biodiversité sur la Région bruxelloise. La différence avec la catégorie A est peu marquée et la distinction se fait principalement au regard du biotope et de la naturalité. Dans beaucoup de cas, l’association de ces deux catégories forme un ensemble continu. On retrouve dans la catégorie B des sites comme le parc de Woluwe, le bois de la Cambre et une série de friches comme sur le site de Schaerbeek formation. Ces sites sont généralement définis avec un degré de détail plus précis que l’échelle des îlots.
C : Valeur biologique importante
La catégorie C regroupe les zones d’une valeur biologique importante. Ces espaces verts sont souvent importants au regard de leur surface continue et apportent donc une grande contribution aux infrastructures vertes de la Région. On retrouve dans cette catégorie des sites comme le parc Josaphat, le parc du Cinquantenaire et le cimetière de Bruxelles. De vastes parties de quartiers résidentiels en marge de la forêt de Soignes peuvent être reprises dans cette catégorie. 
D : Valeur biologique significative
La catégorie D regroupe les zones d’une valeur biologique significative. On y retrouve des ensembles verts de taille moyenne (Porte de Hal), de grands espaces continus peu végétalisés (zones industrielles le long du canal) ou une association de petits espaces bien connectés entre eux (quartiers résidentiels avec habitats ouverts). Ces espaces apportent une contribution importante à la biodiversité et aux infrastructures vertes en milieu urbain.
E : Valeur biologique limitée
La catégorie E rassemble les zones avec une valeur biologique limitée. Elles se composent principalement d’espaces fermés en milieu urbain dense, où se retrouvent des éléments verts ponctuels, parfois connectés entre eux. Les infrastructures vertes inscrites dans la catégorie E sont, entre autres, des jardins en intérieur d’îlot, des squares ou des petits espaces ouverts. Ces zones sont importantes pour le développement de la faune liée au bâti comme le martinet noir ou le moineau domestique.

Notons que le total des superficies associées aux différentes catégories n’équivaut pas à la superficie régionale car certains éléments n’ont pas été évalués (par ex. voiries sans intérêt biologique).

Les sites de valeur biologique importante à très haute (A, B, C) couvrent près de 40% du territoire régional. Ces sites participent le plus à la conservation et au développement de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). en ville. Ils se trouvent très majoritairement dans la seconde couronne bruxelloise, avec une surreprésentation dans sa partie sud-est (Uccle, Watermael-Boitsfort, Auderghem, Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert). Ces terrains témoignent du passé forestier et rural de la périphérie bruxelloise et sont, dans certains cas, relativement bien connectés entre eux.

La plupart des sites de catégories A et B (19% du territoire) sont protégés par différents outils règlementaires, soit via une protection active (sites Natura 2000, réserves naturelles et forestières), soit par une protection passive (zones vertes du PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte., excepté les zones de sport ou de loisir de plein air) (voir indicateur «Sites semi-naturels et espaces verts protégés »). En effet, 96% de la surface des sites de catégorie A font l’objet d’au moins un statut de protection. Pour les sites de catégorie B, la surface protégée par ces mêmes statuts atteint 67,8%, alors que l’on tombe à 25,2% pour la catégorie C.

Pour les îlots de catégories D et E, on observe des contextes urbains très variables en fonction de leur type d’affectation. On peut par exemple se trouver dans un tissu urbain résidentiel, industriel, commercial ou administratif. Pour ces îlots, les stratégies de développement de la nature dépendront dans une large mesure du type d’affectation.

Au sein de la première couronne, population et bâti se densifient (voir focus sur la couverture végétale de la Région bruxelloise). Les sites de catégories A et B y sont quasi absents et ce sont les grands espaces verts publics – en général des parcs historiques – qui contribuent majoritairement à la qualité biologique. On prendra pour exemples le parc du Cinquantenaire, le parc Léopold, le parc de Forest et le parc Josaphat qui sont repris en catégorie C. Dans cette partie de la ville, les espaces végétalisés sont bien plus morcelés. Les jardins privés et les axes de communication comme les avenues plantées et les talus de chemin de fer assurent parfois la connexion entre les espaces verts sous forme de « pas japonais » ou « stepping stones » (espace d’habitat naturel de petite taille jouant le rôle de relais discontinu), ou même de corridor écologiquePetite bande de végétation utilisée par la faune et la flore et qui permet l'échange potentiel d éléments biotiques entre deux zones., les continuités terrestres étant les plus efficaces en termes de déplacement des espèces.

Lorsque l’on pénètre dans le Pentagone, la très grande majorité des îlots bâtis sont en catégorie E, soit la catégorie la plus basse. Quelques zones éparpillées sont reprises en catégorie D, comme le parc d’Egmont, le square de la Putterie et la zone des anciens quais. Les uniques îlots du Pentagone qui atteignent la catégorie C sont le parc de Bruxelles et le Palais royal. 

La CEB, un outil d’analyse et d’aide à la planification territoriale 

La CEB fournit des informations sur la valeur biologique des différentes zones composant le territoire régional. Elle constitue un outil d’analyse et d’aide à la planification territoriale, et peut être croisée avec d’autres cartes thématiques (sols, eau, plans d’affectation, etc.). Elle permet notamment d’identifier les sites importants pour la préservation de la biodiversité, qui mériteraient un statut de protection ou un renforcement de celui-ci.

Cette carte concourt aussi à l’actualisation d’autres documents stratégiques, tels que la représentation cartographique du réseau écologique bruxellois défini par l’ordonnance du 1er mars 2012 relative à la conservation de la nature, ou la révision du Plan régional d’affectation du sol. 
La carte ci-dessous illustre les sites de valeur biologique A ou B qui ne bénéficient actuellement de protection ni au PRAS comme zones d’espaces verts ou agricoles (hormis les zones de sport ou de loisir de plein air), ni en tant que réserves naturelles ou forestières, ni en tant que zones spéciales de conservation Natura 2000, ni comme sites classés au titre du patrimoine naturel.

Carte d’évaluation biologique de la Région bruxelloise : zones A et B qui ne font pas l’objet d’une protection active ou passive (données 2018)

Source : Bruxelles Environnement – Division Espaces verts 2022

La CEB, un outil parmi d’autres

A la suite (ou en anticipation) de sa publication fin 2021, la carte d’évaluation biologique a été avancée comme l’un des outils phares de la politique de conservation de la nature en Région bruxelloise. Il faut néanmoins contextualiser l’outil – qui reste strictement indicatif – et faire part de ses limites méthodologiques et interprétatives. La carte d’évaluation biologique ne prétend pas être la carte totalisant la somme des connaissances sur l’écosystèmeC'est l'ensemble des êtres vivants (faune et flore) et des éléments non vivants (eau, air, matières solides), aux nombreuses interactions, d'un milieu naturel (forêt, champ, etc.). L'écosystème se caractérise essentiellement par des relations d'ordre bio-physico-chimique. urbain bruxellois. 

Il convient d’abord de garder à l’esprit que cette carte ne prend en compte que des paramètres liés aux habitats naturels et à la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore).. Des éléments tels que la contribution paysagère, l’importance socio-récréative, la valeur patrimoniale, ou encore l’importance au niveau local comme zone d’infiltration ou comme îlot de fraîcheur, ne sont pas intégrés dans l’analyse. Le score obtenu n’est donc pas représentatif de la “valeur environnementale” ou “écosystémique” au sens large de chaque élément évalué. Les espaces verts du centre-ville et des zones de carence en espaces verts accessibles au public, malgré une valeur biologique moindre (espaces peu connectés au réseau écologique, parcs très fréquentés par le public, végétation plus pauvre, etc.), peuvent avoir une « valeur environnementale » plus élevée que ce que traduit leur score sur la CEB.

La CEB, telle que communiquée, ne rend par ailleurs pas compte des évolutions temporelles des habitats, tant par la positive (amélioration qualitative, création d’espaces verts…) que par la négative (dégradation des espaces, minéralisation, urbanisation…) pour tout le territoire régional. Elle doit être considérée comme une photographie à un “instant t”, et les interprétations et analyses tendancielles sont présentées par ailleurs, notamment dans le rapport sur l’état de l’environnement ou le rapport sur l’état de la nature.

Étant en partie établie sur la carte d’évaluation biologique antérieure, qui ne portait que sur certaines entités historiquement déterminées comme d’intérêt biologique, l’évaluation peut rendre imparfaitement compte de la valeur biologique de certains terrains privés (peu ou pas accessibles) ou de petits éléments écologiques non répertoriés à l’époque des premières CEB. De la même manière, si la faune a bien été intégrée aux analyses des sites historiques, les données disponibles pour la répartition des espèces restent pour l’essentiel non systématiques et plus « opportunistes » dans les sites privés. Pour l’évaluation biologique des îlots à l’échelle de l’ensemble du territoire, la prise en compte des données liées à la végétalisation et à la fragmentation – et donc d’une certaine capacité d’accueil de la faune – s’est donc révélée plus pertinente.

L’analyse par îlot urbain, si elle présente l’avantage d’adopter une unité bien connue des urbanistes et planificateurs, peut engendrer quelques biais à petite échelle, notamment sur des sites en cours de développement urbain. C’est le cas pour les très grands îlots qui peuvent être partiellement traversés par des voiries, entièrement traversés par des voies ferrées, et faire l’objet d’une urbanisation plus ou moins forte, mais dont la surface totale, notamment, tire le score vers le haut. Néanmoins, les variables relatives (taux de végétalisation, perméabilité interne/externe) permettent de conserver un résultat pertinent.

Sur ces sites en évolution, la situation peut par ailleurs évoluer très fortement en quelques mois, soit plus vite que le temps nécessaire à l’acquisition des données, à leur traitement, à la constitution de la carte et sa validation (plus de 3 ans pour l’ensemble du processus). Localement, les résultats peuvent donc être moins fiables. La confrontation des données issues de la CEB avec celles des autres cartes d’analyse territoriale (orthophotoplans disponibles sur une base annuelle, cartes historiques, carte du réseau écologique, carte de la végétation, observations de la faune, etc.) permet d’affiner les interprétations en tenant notamment compte de données plus récentes, au fur et à mesure de leur disponibilité.

Les données de la CEB sont donc présentées à titre indicatif et ne justifient pas l’économie d’une analyse au cas par cas, y compris sur site. Cette analyse doit constituer un préalable à tout plan ou projet (notamment, dans le cadre des rapports et études d’incidences environnementales).

À télécharger

Fiches documentées

  • 6. Le maillage vert

Fiches de l’Etat de l’environnement

  • Focus : Sites semi-naturels et espaces verts protégés (2023)
  • Focus : Couverture végétale en Région bruxelloise (2023)
  • Focus : Surveillance des habitats naturels en Région bruxelloise (2020)
  • Focus : Patrimoine forestier de la forêt de Soignes bruxelloise (2021)
  • Focus : Habitats naturels dans les espaces verts bruxellois (2011)

Etudes et rapports  

  • DUBOIS Q., 2020. Actualisation de la carte d’évaluation biologique de la Région de Bruxelles-Capitale. Note explicative de la phase 1  – carte des biotopes, Biotope environnement sa et Stratec, Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 9 p. (.pdf)
  • DUBOIS Q., 2020. Actualisation de la carte d’évaluation biologique de la Région de Bruxelles-capitale. Note explicative de la phase 2 - Evaluation de la qualité biologique des îlots urbains à l’échelle de la Région de Bruxelles-Capitale (.PDF), Biotope environnement sa et Stratec, Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 12 p. (.pdf)

Plans et programmes 

  • Le Plan régional nature
  • Le plan de gestion pour la forêt de Soignes

Liens utiles

  • Présentation des cartes d’analyse nature
  • La carte d’évaluation biologique en consultation interactive

Fragmentation des habitats naturels

Focus - Actualisation : novembre 2022

L’amélioration de la connectivité entre les habitats naturels constitue un enjeu majeur pour la préservation de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). en Région bruxelloise. Si le problème de la fragmentation des habitats apparaît particulièrement aigu dans les quartiers densément bâtis, il se pose également en périphérie, notamment en forêt de Soignes. Plusieurs constructions ou aménagements ont été réalisés par les Régions bruxelloise et flamande pour atténuer les effets de la fragmentation sur ce massif transrégional. Ces efforts, qui montrent leur efficacité, doivent se poursuivre.  La conservation et la consolidation des espaces verts ouverts à Bruxelles constitue aussi un enjeu régional important, abordé notamment dans le cadre d’une collaboration interrégionale.

La fragmentation des habitats naturels, une menace pour la biodiversité

Tant à l’échelle mondiale que locale, la fragmentation des habitats naturels liée à l’extension des surfaces bâties constitue une cause majeure de perte de biodiversité.
En effet, la présence et le maintien de certaines espèces animales et végétales dépend à la fois de la disponibilité en habitats naturels de taille et qualité suffisantes mais aussi de la possibilité pour ces espèces de se déplacer d’une zone à l’autre pour assurer la recherche de nourriture ou de nouveaux territoires, la reproduction ou encore, la migration. La disparition des connexions entre des milieux naturels et leur séparation par des obstacles dangereux à franchir - voire infranchissables - peuvent avoir des conséquences génétiques et démographiques négatives sur la survie à long terme de certaines espèces, notamment du fait d’une diminution de la capacité de réponse et d’adaptation. Les effets « barrières » peuvent être dus à des infrastructures de transport (routes, parkings mais aussi voies ferrées, canal, etc.) ou à des bâtiments mais aussi, par exemple, à des éclairages artificiels qui perturbent les espèces nocturnes.

La densité du réseau routier et du bâti bruxellois limite fortement la liberté de mouvement de nombreuses espèces

Le maintien de la connectivité et la réduction de la fragmentation des habitats naturels constituent un enjeu important pour la biodiversité bruxelloise.

Une carte de fragmentation des habitats naturels a été établie pour la Région bruxelloise.  Elle se base sur 2 types de données :

  • la « perméabilité » aux déplacements de chaque îlot urbain: elle mesure le degré d’ouverture (fonction de l’importance du bâti au niveau du périmètre et en intérieur d’îlot) de l’îlot par rapport aux îlots environnants (donnée prise en compte pour l’élaboration de la carte d’évaluation biologique 2020;  pour de plus amples informations, voir focus sur la CEB);
  • l’importance du trafic routier sur chaque tronçon de voiries (données 2016).

Ceci constitue néanmoins une première approche qui ne prend par exemple pas en compte les dispositifs de passage de la faune existants ou encore, la surélévation de certaines voiries via des viaducs (par exemple, au niveau du ring à l’ouest de la Région).

Notons par ailleurs que si les axes routiers et ferroviaires de même que le canal constituent des obstacles à la progression de la faune et de la flore, ils peuvent également participer au maillage écologique en constituant des « corridors écologiques » qui permettent le déplacement de certaines espèces dans leur longueur (bermes, talus et berges végétalisés, arbres de voiries, réseau d’eau de surfaceOn fait habituellement la distinction entre l’eau de mer et les eaux intérieures, lesquelles sont à leur tour subdivisées en eaux de surface et eaux souterraines. Les eaux de surface font référence à l’eau qui coule ou stagne à la surface de la terre. Elles comprennent l’eau des lacs, des rivières et des plans d’eau (étangs, bassins artificiels, mares, etc.)  avec présence éventuelle d’îles artificielles végétalisées, etc.).

Fragmentation des habitats naturels bruxellois par les voiries et le bâti

Source : Division Espaces verts 2022

La carte montre que la connectivité spatiale entre les espaces verts est moindre dans les zones du pentagone et de la première couronne où la plupart des espaces végétalisés sont constitués de jardins de taille souvent réduite en intérieur d’îlots fermés. Elle permet aussi de mettre en évidence les grands axes constituant des obstacles à la circulation des espèces.

La fragmentation est aussi problématique en seconde couronne, en particulier en forêt de Soignes morcelée par de nombreuses infrastructures de transport (autoroutes, routes régionales, ligne de chemin de fer...).

Outre les voies de communication et le bâti, barrières tangibles, la pollution lumineuse peut également constituer un obstacle au déplacement des espèces qui fuient la lumière (lucifuges) (voir focus sur la pollution lumineuse).

Les grenouilles, crapauds, tritons ou hérissons sont les premières victimes du trafic

La traversée de routes, et plus rarement de voies ferroviaires, entraîne des risques de mortalité par collision ou écrasement. Le réseau routier belge est extrêmement dense et, pour de nombreuses espèces animales, les accidents de circulation représentent une cause importante de mortalité non naturelle. Le projet «  Dieren onder de wielen », mené par la Région flamande en collaboration avec l’asbl Natuurpunt, vise à répertorier et cartographier les animaux victimes de la route. Cette initiative repose sur un projet de sciences participatives incitant les citoyens à encoder leurs observations en ligne, idéalement en enregistrant systématiquement leurs trajets (Dieren onder de wielen ou Waarnemingen). Ces données permettent d’identifier les points noirs et d’y apporter des solutions.

En l’espace de 5 ans, dans le cadre de ce projet, 1.750 amphibiens, reptiles, mammifères ou oiseaux victimes de la route ont été répertoriés en Région bruxelloise. A l’échelle nationale, ce chiffre s’élève à plus de 63.000 individus. Ces données sont par ailleurs largement sous-estimées :  selon Natuurpunt, des recherches ont montré que les victimes signalées ne représentent que « la partie émergée de l’iceberg ». De plus, durant la période de confinement en 2020, les enregistrements ont fortement diminué.

Animaux victimes de la route répertoriés en Région bruxelloise durant 5 ans (08/07/2017 – 08/07/2022)

Source : waarnemingen.be (Natuurpunt)

Même si ce recensement est loin d’être exhaustif, il met en évidence le fait que les premières victimes du trafic sont des espèces à déplacement lent comme les grenouilles, crapauds, tritons ou hérissons. Les pigeons, avec leurs mœurs très urbaines et leur tendance à se nourrir de déchets alimentaires au sol, sont également victimes d’écrasement fréquent, jusque dans le centre-ville.

A l’exception du pigeon domestique, toutes ces espèces bénéficient d’une protection stricte sur le territoire bruxellois en vertu de l’Ordonnance Nature. La fouine figure quant à elle dans la liste des espèces d’intérêt régional.

Durant la période considérée, près de 1500 amphibiens morts et, plus rarement, des reptiles, ont été comptabilisés sur les routes bruxelloises. Le mois de mars, période de la migration des amphibiens pour la reproduction, est de loin celui où la mortalité est la plus élevée. Ce chiffre est par ailleurs très largement inférieur à la réalité compte tenu du caractère non systématique de la comptabilisation des victimes, de l’ampleur du phénomène des migrations printanières ainsi que de la petite taille de ces espèces.

Bruxelles Environnement a accordé une subvention annuelle à Natagora dans le but de soutenir et coordonner les actions de sauvetages d’amphibiens en Région bruxelloise.
Ces actions et les données collectées dans le cadre de la réalisation de l’atlas des Amphibiens et reptiles ont permis de réaliser une cartographie des points noirs relatifs aux migrations printanières d’amphibiens (voir fiche documentée sur les Amphibiens et Reptiles ).

Par ailleurs, au cours de ces 5 années, environ 200 mammifères victimes de la route ont été enregistrés. Il s’agit majoritairement de renards mais aussi notamment de hérissons, de fouines ou encore d’écureuils.

Outre cet impact sur la mortalité, la densité du réseau routier bruxellois limite la liberté de mouvement des mammifères terrestres, mais aussi des chauves-souris qui évitent les grands espaces ouverts et ont besoin de structures pour s'orienter (écholocation). Le morcellement par des infrastructures éclairées et les phares des automobilistes constitue également une menace pour les chauves-souris (impact sur les populations d’insectes, perturbation des couloirs de vols…). Plus généralement, la pollution lumineuse peut créer des barrières infranchissables pour les animaux nocturnes.

Les mesures prises pour améliorer la connectivité entre espaces verts

L’ordonnance relative à la conservation de la nature adoptée en 2012 compte parmi ses principaux objectifs la définition conceptuelle d'un réseau écologique bruxellois (REB). Ce REB a été cartographié dans le Plan Nature (2016), qui prévoit une série de mesures pour son renforcement.

Bon à savoir

Le réseau écologique bruxellois correspond à un ensemble cohérent de zones représentant les éléments naturels, semi-naturels et artificiels du territoire qu’il convient de gérer et/ou restaurer pour contribuer à assurer les conditions nécessaires au maintien des habitats naturels et des espèces dans un état de conservation favorable. Il comprend 3 types de zones :

  • Les zones centrales, qui sont les zones de (très) haute valeur biologiqueValeur reconnue d'un site coté sur base d'une série de critères tels que : la présence d'éléments hydrologiques peu perturbés (sources), la diversité et la rareté des espèces locales de plantes et d'animaux, la présence d'espèces rares, la maturité des végétations (site irremplaçable sauf à très long terme, ex. une forêt séculaire), etc., qui contribuent de manière importante à la conservation des espèces, essentiellement sous statut de protection active (réserves naturelles ou forestières, sites Natura 2000) ;
  • Les zones de développement, qui sont souvent des zones d’extension des zones centrales, qui sont de haute valeur biologique ou susceptibles de l’être, ou qui peuvent le devenir par un entretien et des aménagements appropriés;

Les zones de liaison, existantes ou à (re)créer, qui sont constituées notamment de structures devant permettre aux espèces de circuler et migrer au sein du réseau, entre les complexes de zones centrales et de développement, à travers la matrice urbaine (c’est-à-dire les zones qui sont construites et/ou qui ne sont pas reprises dans le maillage).

Cette politique de maintien ou de restauration de la connectivité entre habitats naturels est toutefois mise en œuvre depuis de nombreuses années dans le cadre du programme de maillage vertProgramme fondé sur la protection et la création des espaces verts et l'établissement de liens physiques entre eux, qui vise, outre la préservation du patrimoine naturel et l'accroissement de la biodiversité, à rééquilibrer les disparités régionales au niveau de la verdurisation et de la répartition des espaces verts publics, à améliorer les qualités paysagères et à promouvoir la mobilité douce. (voir focus ) initié par Bruxelles Environnement dès 1996, introduit ensuite dans le plan régional de développement (PRD 2002) et repris dans sa dernière mouture en date, le plan régional de développement durableMode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins. Il s'agit donc d une démarche qui vise à assurer la continuité dans le temps du développement économique et social, dans le respect de l'environnement, et sans compromettre les ressources naturelles indispensables à l'activité humaine. (PRDD, 2018). Le maillage vert est également intégré dans les définitions et prescriptions littérales du plan régional d’affectation du sol (PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte.), en réintégrant la définition du REB, mais sans y être cartographié.

La stratégie de reconnexion repose sur un ensemble de mesures telles que la prise en compte de la connectivité des habitats naturels dans la politique d'octroi de permis d’urbanisme, la protection d’espaces verts de haute valeur biologiqueValeur reconnue d'un site coté sur base d'une série de critères tels que : la présence d'éléments hydrologiques peu perturbés (sources), la diversité et la rareté des espèces locales de plantes et d'animaux, la présence d'espèces rares, la maturité des végétations (site irremplaçable sauf à très long terme, ex. une forêt séculaire), etc. (voir focus sur les sites semi-naturels et espaces verts protégés), la reconnexion de certains cours d’eau au réseau hydrographiqueLe réseau hydrographique regroupe l’ensemble des cours d'eau, étangs, mares, zones humides… et la remise à ciel ouvert de plusieurs tronçons (programme de maillage bleuProgramme mis en place depuis 1999 par la Région de Bruxelles-Capitale pour remettre en valeur l'eau et les zones humides sur son territoire. Le programme se décline en plusieurs objectifs : 1) séparer les eaux usées des eaux propres, afin de limiter l'apport d'eau aux stations d'épuration ; 2) restaurer certains éléments du réseau hydrographique de la Région ; 3) réaménager des tronçons de rivières, des étangs et des zones humides, pour leur rendre toute leur valeur biologique, et leur faire éventuellement bénéficier de mesures spéciales de protection ; 4) assurer la fonction paysagère et récréative de ces sites., voir fiche documentée), le développement de la promenade verteParcours paysager, destiné à la mobilité douce, reliant les espaces verts naturels et semi-naturels de seconde couronne. Elle permet de faire le tour complet de la Région sans quitter un itinéraire sécurisé et balisé., la gestion écologique des espaces associés aux infrastructures de transport, la réalisation de dispositifs tels qu’écoponts ou encore, la gestion de la pollution lumineuse (voir fiche pollution lumineuse).

Outre l’analyse de la connectivité spatiale des espaces de nature, il est nécessaire d’intégrer une réflexion sur les besoins et niches écologiques variables des espèces et la constitution de sous-réseaux écologiques permettant d’y répondre.

Bon à savoir

Une recherche a porté sur l’examen du rôle potentiel du maillage vertProgramme fondé sur la protection et la création des espaces verts et l'établissement de liens physiques entre eux, qui vise, outre la préservation du patrimoine naturel et l'accroissement de la biodiversité, à rééquilibrer les disparités régionales au niveau de la verdurisation et de la répartition des espaces verts publics, à améliorer les qualités paysagères et à promouvoir la mobilité douce. comme corridor biologique pour des espèces végétales en Région bruxelloise. Celle-ci a notamment mis en évidence des mouvements effectifs des espèces pollinisatrices et une dispersion du pollen le long des éléments paysagers linéaires (bandes boisées, Woluwe), au sein et entre des populations pour les 5 espèces de plantes étudiées.

Source : VAN ROSSUM F. 2007“ For a sustainable conservation of biodiversity  in Brussels urban environment : role of the Green Network as fonctionnal corridors between fragmented plant populations”, étude menée par l’unité de recherche du Professeur L.Triest (Algemene Plantkunde en Natuurbeheer, VUB) dans le cadre d’un programme financé par INNOVIRIS

Une forêt à reconnecter

Fragmentation de la forêt de Soignes par les infrastructures de transport

Source : Bruxelles Environnement – département Forêt, 2022

Les infrastructures routières et ferroviaires qui traversent le massif sont particulièrement nombreuses en forêt de Soignes. Elles ont entraîné un morcellement important du site et rendent difficile la circulation du public ainsi que de la faune entre différentes parties de la forêt.

Selon le plan de gestion de la forêt de Soignes, en raison de leur trafic intense et de la vitesse de la circulation, la chaussée de La Hulpe et les autres grands axes routiers et autoroutiers traversant la forêt de Soignes doivent être considérés en journée comme imperméables pour la plupart des espèces de mammifères. De plus, certaines voies secondaires sont fréquemment utilisées comme voies de déviation pour éviter les embouteillages.

La faune paie un lourd tribu à cet état de fait et ce, d’autant plus que l’effarouchement lié à la fréquentation de la forêt - et, en particulier, à la présence de chiens non tenus en laisse -, contraint parfois les animaux à traverser.

Durant l’enquête « Dood doet leven » menée durant la période 2008-2012 (4 ans), un peu plus de 200 grands mammifères ont été répertoriés comme victimes d’accidents routiers dans le massif sonien (qui, pour rappel, s’étend sur les 3 Régions). Il s’agissait essentiellement de chevreuils (environ 60% des victimes signalées) et de renards (environ 30%). 2 sangliers morts ont également été recensés. Notons que depuis cette enquête, de nouveaux dispositifs de reconnexion ainsi que des clôtures à faune ont été aménagés (voir ci-dessous).

Ce morcellement du massif nuit également à terme au brassage génétique de certaines populations animales qui se fractionnent en sous-populations dont la survie peut être mise ne péril.

L’adoption de mesures d’atténuation des impacts des infrastructures de transport s’avère indispensable pour permettre le passage des promeneurs ainsi que les échanges faunistiques. Cet axe de travail a dès lors été défini comme prioritaire dans le cadre du schéma de structure de la forêt de Soignes.

Plusieurs constructions ou aménagements, appuyés par des études antérieures, ont été réalisés depuis une dizaine d’années pour atténuer les effets de cette fragmentation écologique du milieu forestier :

  • un écopont au-dessus de la ligne 161 (Région bruxelloise) ;
  • un écopont à Groenendael au-dessus du Ring 0 (Région flamande) ;
  • des passages pour la faune dans des tunnels existants ;
  • de nouveaux tunnels à faune (écopertuis ou écotunnels) ;
  • l’aménagement d’une travée du viaduc des Trois-Fontaines (Auderghem)
  • des clôtures à faune le long de la E411, du R0 et de la ligne de chemin de fer L161 destinées à guider les animaux vers les passages sûrs (les lisières de ces infrastructures ont été également aménagées pour assurer une diversité d’espèces et de structures) ;
  • un pont aérien pour les petits mammifères arboricoles (Région flamande) ;
  • des gîtes d’hibernation pour les chauves-souris (Région bruxelloise).

À eux seuls, les deux écoponts reconnectent plus de 2000 ha de forêt. Une partie de ces réalisations constituent des mesures de compensation exigées par la Région bruxelloise pour la perte de surfaces forestières consécutive à la mise à 4 voies de la ligne de chemin de fer Bruxelles-Namur (L161) ou, plus récemment, pour l’installation d’une conduite de gaz traversant la forêt de Soignes. D’autres aménagements ont été réalisés dans le cadre du projet européen Life+ OZON (2013-2018) visant à réduire l’impact du morcellement engendré par les nombreux axes routiers très fréquentés qui traversent la forêt de Soignes. En mai 2021, la construction d’un 3ème écopont, situé au-dessus de la chaussée de la Hulpe à Watermael-Boitsfort, a été inscrite au programme de l’Accord Beliris et est actuellement à l’étude. Il reliera à terme les deux parties bruxelloises de la forêt classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

D’autres initiatives devront encore être développées afin de compléter le dispositif de reconnexion écologique des différentes parties du massif sonien et d’assurer aussi des connexions avec les massifs forestiers voisins (forêt de Meerdael et bois de Halle).

Forêt de Soignes et espaces verts environnants

Source : Bruxelles environnement, département Forêt, 2022

Des dispositifs de reconnexion qui font preuve d’efficacité

L’efficacité des écoponts et écotunnels a été démontrée dans différents suivis. Plus spécifiquement, les réalisations effectuées dans le cadre du projet Life+ OZON ont fait l’objet d’un monitoring afin d’évaluer l’impact de ces installations sur la faune et la flore. Celui-ci a montré que les passages à faune (écoponts, écotunnels, écopertuis, etc.) aménagés au niveau de certaines infrastructures routières ou ferroviaires sont utilisés notamment par des petits et grands mammifères. Il s’avère également que la pose de clôtures en bordure du ring a permis de réduire très fortement le nombre d’animaux victimes d’accidents de la circulation. 

Au niveau de l’écopont de Groenendael, le suivi a permis d’identifier 11 espèces de chauves-souris à proximité et 17 autres espèces de mammifères ayant emprunté l’infrastructure. L’écopont est également utilisé par des amphibiens et reptiles et des insectes rares y ont été détectés.

Quant au pont aérien, aussi suivi par caméras, il n’a montré aucun passage entre 2014 et 2017. La construction d’autres ponts aériens a dès lors été abandonnée.

Le renforcement des espaces ouverts dans et autour de Bruxelles

Les milieux ouverts présents en Région bruxelloise (prairies, pelouses, cultures agricoles et maraîchères, friches) sont rares et fragmentés (cf. fiche documentée l’analyse des surfaces non bâties).

Le maintien de milieux ouverts et semi-ouverts représente cependant un enjeu régional non négligeable. Des prairies fleuries entourées de petits éléments paysagers constituent l’habitat de nombreuses espèces animales et végétales remarquables, en forte régression au cours des dernières années. A côté de leur intérêt biologique élevé, les zones ouvertes et les reliques agricoles présentent également un important potentiel pour le développement de l’agriculture urbaine ainsi qu’un intérêt patrimonial, paysager et récréatif élevé qu’il convient de préserver (Plan Nature 2016). Des études menées en Région bruxelloise ont également mis en évidence l’intérêt des potagers urbains bien gérés, complémentairement à d’autres types d’espaces verts, pour le maintien des abeilles sauvages (voir fiche documentée sur les invertébrés).

Les grandes zones de milieux ouverts se concentrent surtout dans l'ouest et le nord de la région. La zone rurale de Neerpede (Anderlecht) constitue la porte bruxelloise du Pajottenland, partie agricole très fertile et vallonée de la ceinture verte autour de Bruxelles. Du côté du Scheutbos (Molenbeek), du Hoogveld et du Kattebroek (Berchem-Saint-Agathe) et, dans une moindre mesure, des vallées du Geleytsbeek et du ruisseau de Verrewinkel (Uccle), on trouve aussi d'importantes continuités de milieux ouverts avec la Région flamande limitrophe.

C’est dans ce contexte, et conformément à l’un des objectifs du plan Nature 2016, que les Régions bruxelloise et flamande travaillent ensemble à la conservation et à la consolidation des espaces ouverts (au sens urbanistique du terme soit des espaces non occupés par des constructions : espaces affectés à la nature et à l’agriculture, abords de bâtiments, bermes le long d’infrastructures linéaires de transport, terrains de sport et de jeux, sites ou friches industrielles, etc.) à Bruxelles et dans la périphérie flamande (voir l’étude interrégionale « Open Brussels, un réseau d’espaces ouverts dans et autour de Bruxelles »).

À télécharger

Fiches documentées

  • Analyse des surfaces non bâties en Région de Bruxelles-Capitale par interprétation d’images satellitaires - 2013 (.pdf)
  • Le maillage vert - 2017 (.pdf)
  • Le maillage bleu – 2017 (.pdf)
  • Les Amphibiens et Reptiles en Région bruxelloise – 2022 (.pdf)
  • La pollution lumineuse en Région de Bruxelles-Capitale (à paraître)

Fiches de l’état de l’environnement

  • La carte d’évaluation biologique de la Région bruxelloise - 2022
  • La couverture végétale en Région bruxelloise – 2023
  • Le maillage vert - 2015

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Rapport sur l’état de la nature en Région de Bruxelles-Capitale – 2012 (.pdf)
  • Carte « Fragmentation des espaces verts »
  • Carte « Fragmentation des milieux ouverts et des milieux fermés »
  • Carte « Réseau écologique bruxellois »

Etudes et rapports

  • AGENTSCHAP VOOR NATUUR EN BOS, AGENTSCHAP WEGEN EN VERKEER, BRUXELLES ENVIRONNEMENT 2019 (?). « Restauration d’habitats naturels pour les espèces en danger critique d’extinction par la défragmentation de la forêt de Soignes », 16 pp.
  • AGORA & IRSNB 1998. « Etude de conception du maillage vert - Le maillage vert écologique en Région de Bruxelles-Capitale », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 40 pp.(.pdf)
  • RAES D. 2013. « 4 jaar Dood doet Leven, ook in het Zoniënwoud - Eindverslag “, 17 pp. (.pdf) (seulement en néerlandais)
  • VAN DE VOORDE ET AL. 2010. “Mapping update and analysis of the evolution of non-built (green) spaces in the Brussels Capital Region – Part I & II”, étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 35 pp. (.pdf)
  • VANWIJNSBERGHE S., VAN DER WIJDEN B., SCHOONBROODT O. 2021. “Impact du développement des infrastructures de transport sur la forêt. L’exemple de la ligne de chemin de fer Bruxelles-Namur en forêt de Soignes », in Forêt Nature n°60, p.18-30 (.pdf)

Plans et programmes

  • Plan régional nature 2016-2020 en Région de Bruxelles-Capitale, 2016 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre I - Etat des connaissances, 2019 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre II - Objectifs et mesures de gestion, 2019 (.pdf)
  • Plan de gestion de la forêt de Soignes bruxelloise, Livre III - Plans de gestion des réserves archéologiques, naturelles et forestières, 2019 (.pdf)

Habitats naturels dans les espaces verts bruxellois

Focus - Actualisation : décembre 2011

Malgré son caractère urbain et sa superficie limitée (16 138 hectares), le territoire bruxellois abrite une diversité importante d’habitats naturels.

Superficies des habitats forestiers, herbeux et humides en Région de Bruxelles-Capitale

Source: Bruxelles Environnement, département Stratégie Espaces Verts (2012)

Habitats forestiers

Du fait de la présence de la forêt de Soignes (1 657 ha en Région bruxelloise), les habitats forestiers sont largement représentés puisqu’ils couvrent près de 3 620 ha soit 22% du territoire. Ce chiffre inclut des « zones centrales » (grands domaines boisés) - c’est-à-dire des sites de haute valeur biologiqueValeur reconnue d'un site coté sur base d'une série de critères tels que : la présence d'éléments hydrologiques peu perturbés (sources), la diversité et la rareté des espèces locales de plantes et d'animaux, la présence d'espèces rares, la maturité des végétations (site irremplaçable sauf à très long terme, ex. une forêt séculaire), etc. (avérée ou potentielle) d’importance majeure pour le fonctionnement du réseau écologique bruxellois (ensemble de zones dont la gestion doit contribuer à préserver ou restaurer un état de conservation favorable d’espèces et d’habitats) - ainsi que des « zones de développement » qui sont également des zones intéressantes en terme de biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). mais qui peuvent être davantage imbriquées dans le tissu urbain (jardins résidentiels, parcs urbains, etc .).

La plupart des habitats forestiers ont une haute valeur biologique s’expliquant notamment par la moyenne d’âge élevée des arbres, la diversité du relief et des sols et l’ancienneté de l’occupation par la forêt. La présence de certains types d’habitats forestiers considérés comme rares et/ou typiques au niveau européen a d’ailleurs permis à 1 872 ha de bois et forêts, essentiellement publics, d’être intégrés dans le réseau des habitats d’intérêt communautaire « Natura 2000 » faisant l’objet d’un statut de protection particulier. Dans la partie bruxelloise de la Forêt de Soignes, 112 ha sont en outre protégés en tant que réserve forestièreLa réserve forestière est une forêt ou une partie de celle-ci, protégée dans le but de sauvegarder des faciès caractéristiques ou remarquables, ou des peuplements d'essence indigène, et d'y assurer l'intégrité du sol et du milieu., dont 36 ha en réserve intégrale.

Selon une première évaluation de l’état de conservation des habitats naturels bruxellois (encore partielle au niveau de la forêt de Soignes et réalisée selon les critères très sévères imposés par la directive « Habitats » 92/43/CEE), seule une part limitée des habitats forestiers se trouve actuellement en état de conservation favorable. Cependant différents critères et indicateurs donnent de relativement bons résultats. En outre, la présence observée de plus de 90% des espèces caractéristiques de ces types d’habitats revèle qu’il existe un bon potentiel d’amélioration qualitative de ces milieux.

L’amélioration de l’état de conservation de ces habitats repose avant tout sur des modifications de la structure (répartition verticale et horizontale des arbres) et de la composition de la végétation ainsi que sur une présence accrue de bois mort. Dans certaines stations forestières, les perturbations liées aux activités récréatives ou à des rejets d’eaux polluées constituent également une priorité. Localement, la présence d’espèces exotiques envahissantes s’avère aussi problèmatique.

Habitats de prairies et végétations herbeuses

En Région bruxelloise, les formations herbeuses sont surtout localisées dans les zones rurales relictuelles et, dans leurs formes ornementales ou récréatives, dans les parcs et jardins. Avec une superficie de 1 083 ha, ces habitats couvrent près de 7% du territoire et sont gérés par des acteurs très variés.

Seule une faible part (20 ha) des végétations herbeuses présentes en Région bruxelloise relève des habitats d’interêt communautaire. Cependant, près de 90 ha de prairies, roselières et magnocariçaies se trouvent en zone Natura 2000 et sont considérés par la nouvelle ordonnance relative à la conservation de la nature comme des « habitats naturels d’intérêt régional » en raison de leur importance pour le patrimoine naturel régional et/ou de leur état de conservation défavorable. Par ailleurs, plus de 100 ha de formations herbeuses bénéficient du statut de réserve naturelleZone constituée par un organisme public ou privé en vue de préserver un spécimen représentatif d'une communauté végétale et animale (biocénose) donnée, principalement dans un but d'ordre scientifique et éducatif. . Il n’en reste pas moins que 80% des prairies et autres végétations herbeuses présentes sur le territoire régional - et incluant parfois des biotopes très intéressants - ne bénéficient pas de statut de protection de la nature. De manière générale, la majeure partie de ces espaces verts ne font pas l’objet d’une gestion écologique adéquate.

Habitats humides

Les vallées de la Senne et de la Woluwe ont doté la Région de nombreuses zones humides. Sous la pression de l’urbanisation, ces milieux ont progressivement disparus et couvrent actuellement de l’ordre de 170 ha, pour moitié localisée en forêt (notons que certains certains types d’habitats forestiers et herbeux sont également des habitats humides). Ces habitats jouent pourtant un rôle considérable au niveau de l’environnement urbain : épuration naturelle des eaux, protection contre les inondations, support à la biodiversité, stockage de CO2, valeur paysagère et pédagogique, ... .

80% des milieux humides bénéficient d’un statut de protection en tant qu’habitat d’intérêt communautaire ou régional et/ou comme réserve naturelle ou forestière. Néanmoins, malgré cette protection, les milieux humides subissent des pressions dont les plus importantes sont l’eutrophisationApport excessif d'éléments nutritifs dans les eaux, entraînant une prolifération végétale, un appauvrissement en oxygène et un déséquilibre de l'écosystème., la rudéralisation (transformation importante d’un site par des activités humaines désordonnées par ex. accumulation de décombres) et l’assèchement.

Habitats aquatiques

Si, à l’origine, Bruxelles était une ville d’eau établie dans un réseau hydrographiqueLe réseau hydrographique regroupe l’ensemble des cours d'eau, étangs, mares, zones humides… relativement dense, celui-ci est aujourd’hui extrêmement réduit et discontinu en surface. La Région compte actuellement environ 91 km de cours d’eau - dont 60 km à ciel ouvert - ainsi qu’un canal qui la traverse sur une longeur de 14,5 km. En terme de superficie, les étangs occupent 101,4 ha et le canal 81,6 ha ce qui au total représente un peu plus de 1% de la superficie régionale.

Les étangs sont petits, de type eutropheSe dit des eaux enrichies en éléments nutritifs, notamment de composés de l'azote et/ou du phosphore, provoquant un développement accéléré des algues et des végétaux d'espèces supérieures, qui entraîne une perturbation indésirable de l'équilibre des organismes présents dans l'eau et une dégradation de la qualité de l'eau en question. voire hypereutrophe (c’est-à-dire riches ou très riches en nutriments) et peu profonds. Vu leur potentiel, certains pourraient évoluer vers l’habitat européen 3150 «lacs naturellement eutrophes (Magnopotamion – Hydrocharition)».

L’amélioration des habitats aquatiques les plus dégradés repose avant tout sur la poursuite de l’amélioration de la qualité physico-chimique et chimique des eaux de surfaceOn fait habituellement la distinction entre l’eau de mer et les eaux intérieures, lesquelles sont à leur tour subdivisées en eaux de surface et eaux souterraines. Les eaux de surface font référence à l’eau qui coule ou stagne à la surface de la terre. Elles comprennent l’eau des lacs, des rivières et des plans d’eau (étangs, bassins artificiels, mares, etc.) .

Friches

Cette catégorie peut difficilement faire l’objet d’une description précise et peut chevaucher les autres types d’habitats. Il s’agit le plus souvent de « terrains vagues » correspondant à des terrains à l’abandon comprenant ou non des bâtiments. Ce sont des zones où une végétation spontanée peut se développer librement. De plus, dans la mesure où les villes bénéficient d’influences abiotiques différentes de celles de la campagne (en particulier climat plus chaud et sec), on trouve dans les friches urbaines des microhabitats spécifiques pour de nombreuses espèces. Il en résulte que les friches présentent souvent un intérêt biologique particulièrement élevé. Par ailleurs, elles ont aussi fréquemment une fonction récréative non officielle et, pour certaines d’entre elles, représentent les seules possibilités de créer de nouveaux parcs publics d’une taille suffisante dans les quartiers centraux.

On estime approximativement que 20 à 25% des superficies en fricheZone de terrain laissée à l'abandon et progressivement colonisée par la végétation spontanée. ont été bâties entre 1998 et 2008. Cette évolution est liée à l’importance de la pression immobilière que subissent ces espaces majoritairement non affectés en zones vertes au PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte. (département Stratégie Espaces verts 2012 sur base de différentes sources). L’envahissement des friches urbaines par des espèces exotiques invasives est également préoccupante.

Jardins, parcs et domaines privés

Les parcs, jardins et domaines privés représentent de l’ordre de 50 à 60% des espaces verts bruxellois. Outre leurs fonctions sociale et patrimoniale, les parcs et jardins remplissent aussi d’importantes fonctions hydrologiques (rétention et/ou infiltration des précipitations) et écologiques (pour certains comme espaces de grande richesse écologique mais également, pour d’autres, comme zones de liaison entre espaces verts). La diversité de ces espaces, leur multifonctionnalité, leur éventuel classement ou encore, leur caractère privé, rendent cependant souvent difficile d’intégrer la protection de la biodiversité dans leur gestion.

À télécharger

Fiche(s) documentée(s)

  • Habitats naturels dans les espaces verts bruxellois (.pdf)

Rapport(s) de Bruxelles Environnement

  • « Rapport sur l’état de la nature en Région de Bruxelles-Capitale (.pdf) »

Fiche(s) de la Synthèse 2007-2008 de l'Etat de l'Environnement

  • « Forêt de Soignes et risques associés au changement climatique (.pdf) »

Etude(s)

  • Grontmij Vlaanderen 2011. "Opstellen van een structuurvisie voor het Brussels Ecologisch Netwerk », étude IBGE, 531 pages.

Plan(s) et programme(s)

  • Plan de gestion de la forêt de soignes (.pdf)
  • (Projet de) Plan de gestion de l’eau (.pdf)
< Espaces verts et leur gestion Forêt de Soignes > Retour au thème Espaces verts et biodiversité

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