Eau de distribution : approvisionnement et consommation
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Approvisionnement et consommation d'eau de distribution
Indicateur - Actualisation : septembre 2025
Près de 67,2 millions de m3 d’eau potable ont alimenté la Région bruxelloise en 2024, dont 2 millions seulement avaient été prélevés sur le territoire bruxellois. La consommation régionale en eau de distribution s’est élevée à 60,4 millions de m3 cette même année. Les principaux consommateurs sont les ménages (73% en 2021) et le secteur tertiaire (23%). Bien que la consommation totale évolue peu, la consommation des ménages tend à grossir et la population augmente. Saura-t-on faire face à des besoins croissants compte tenu du changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc. ?
Les Bruxellois boivent de l’eau wallonne
L’eau alimentant la Région bruxelloise, produite et fournie par l’intercommunale Vivaqua, est majoritairement captée en Région wallonne. Seuls 3% des besoins de la Région (environ 2 millions de m3) sont couverts par des captages situés sur le territoire régional, en forêt de Soignes et au Bois de la Cambre, dans l’aquifère des Sables du Bruxellien.
L’eau approvisionnant la Région bruxelloise s’élevait à 67,2 millions de mètres cubes en 2024. Cela représentait 57% de l’eau produite par Vivaqua, laquelle provient à 70% d’eau souterraine et à 30% d’eau de surfaceOn fait habituellement la distinction entre l’eau de mer et les eaux intérieures, lesquelles sont à leur tour subdivisées en eaux de surface et eaux souterraines. Les eaux de surface font référence à l’eau qui coule ou stagne à la surface de la terre. Elles comprennent l’eau des lacs, des rivières et des plans d’eau (étangs, bassins artificiels, mares, etc.) , c’est-à-dire de la Meuse principalement (Vivaqua, 2025).
L’approvisionnement en nette baisse par rapport à 2020
De 2009 à 2020, l’approvisionnement en eau potable de la Région bruxelloise représentait près de 68,4 millions de m3 par an en moyenne. Bien qu’ayant connu plusieurs fluctuations, il est resté globalement stable sur cette période, tout comme la consommation en eau avec laquelle il est classiquement corrélé. Dans le même temps, la population continuait à croître.
L’année 2021 a été marquée par une nette diminution de l’approvisionnement (-4% par rapport à 2020), alors que la consommation comme la population sont restées du même ordre de grandeur. En cause ? Une baisse significative des volumes non enregistrés.
Si l’approvisionnement a ensuite augmenté jusqu’en 2024, il était encore en 2024 de 2% inférieur à son niveau de 2020.
L’approvisionnement en eau de la Région bruxelloise a significativement diminué depuis 2021 alors que la consommation est restée semblable
Sources : Vivaqua (approvisionnement et consommations d’eau relevées aux compteurs), IBSA sur base de données de Statbel (population au 1er janvier), évolution sur la période 1996-2024
Les volumes d’eau non enregistrés sous la barre des 10% !
La différence entre l’approvisionnement en eau de distribution et la consommation des abonnés correspond aux « volumes non enregistrés ». Ils s’élevaient à 6,7 millions de m3 en 2024.
- Jusqu’en 2020, ces derniers oscillaient généralement entre 11 et 15% de l’approvisionnement de la Région.
- En 2021, ils sont tombés à seulement 8% de l’approvisionnement. Un taux encore jamais atteint ! L’analyse des images satellites avait en effet permis de déceler d’importantes fuites d’eau qui rejoignaient le réseau d’égouttage et qui avaient pu être réparées. En 2022, les volumes non enregistrés étaient à peine plus élevés.
- En 2023 et 2024, ils sont remontés autour de 10%, qui reste un bon score. Fin 2023 en particulier, une importante fuite d’eau a mis du temps à être localisée sur le terrain : elle se situait en terrain privé et en amont du compteur d’eau.
Ces bons chiffres pour les volumes non enregistrés depuis 2021 découlent d’un plan d’action de lutte contre les fuites d’eau. L’objectif depuis 2021 est que ce taux demeure systématiquement inférieur à 10% (Vivaqua, Plan stratégique 2019-2024).
Les volumes non enregistrés sont proches ou inférieurs à 10% de l’approvisionnement en eau depuis 2021
Source : Part des volumes non enregistrés dans l’approvisionnement en eau de la Région bruxelloise, évolution sur la période 1995-2024 - Vivaqua, 2025
Bon à savoir
Les volumes d’eau « non enregistrés » correspondent essentiellement aux fuites d’eau sur le réseau de distribution. Le reste des volumes non enregistrés comprend les consommations d’eau des pompiers, des services communaux (nettoyage des voiries, etc.), de Vivaqua (travaux de renouvellement ou de réparation de conduite), ainsi que les mètres cubes non comptabilisés par les compteurs d’eau (dysfonctionnements,
fraudes, …).
3 outils pour réduire les fuites d’eau
Le plan d’action de lutte contre les fuites d’eau s’appuie sur 3 outils :
- Une sectorisation accrue du réseau de distribution : plus les zones de gestion sont petites, plus il est aisé de suivre les débits d’eau, de détecter un problème et d’agir en conséquence. Le nombre de zones a donc été multiplié : il est passé de 47 en 2019 à 75 fin 2025. Vivaqua a atteint depuis 2022 l’objectif qu’il s’était fixé au départ du projet.
- Un système d’alerte : la Garde centrale surveille en permanence le réseau depuis 2018. Grâce à un monitoring des compteurs, elle est prévenue dans le quart d’heure de tout écart majeur des pressions/débits par rapport à leurs niveaux de référence. Ce système d’alerte précoce est rendu d’autant plus efficace par la sectorisation accrue du réseau. La Garde centrale dispose aussi d’un outil de monitoring à l’échelle des zones de gestion, qui compare les situations réelles et de référence. Les écarts importants sont ensuite analysés.
- L’analyse d’images satellitaires : un scanner embarqué à bord de ces satellites détecte les accumulations d’eau dans le sol pouvant être dues à des fuites, jusqu’à 2 ou 3 mètres de profondeur. Les techniques classiques de recherche de fuite d’eau sur le terrain permettent ensuite de confirmer ou non le problème. Testé en 2021, l’outil a été généralisé à l’ensemble du réseau en 2022 puis utilisé une fois par an, jusqu’en 2025 inclus. Selon Vivaqua, il aurait doublé l’efficacité des hommes de terrain en 2021 et 2022. Son rendement aurait été moindre les années suivantes, tout en restant satisfaisant.
Last but not least, un réseau de distribution en bon état limite le risque de fuites. Un taux de rénovation supérieur à 1% apparait comme un minimum. Vivaqua doit donc parfaire sa connaissance de l’état du réseau et prévoir des investissements suffisants pour remplacer ou rénover les conduites les plus anciennes ou en mauvais état.
Malgré tous ces outils, trouver les fuites sur le terrain n’est pas toujours aisé. Et en milieu urbain, certains facteurs restent difficiles à maîtriser : le trafic routier peut endommager les conduites en rue tandis que le nombre très élevé de raccordements augmente le risque de fuites. La topographie accidentée de la Région bruxelloise joue aussi un rôle : malgré 4 grands réservoirs de stockage placés à des altitudes différentes pour distribuer l’eau avec une pression adaptée en tout point du territoire, la pression est inévitablement plus élevée dans le bas des rues en fortes pentes. Or plus la pression est forte, plus la quantité d’eau qui s’échappe en cas de fuite est importante.
Bon à savoir
L’indice linéaire de perte fournit une indication du volume perdu sur un kilomètre de conduite en une journée. Cet indice est le rapport des volumes non enregistrés sur la longueur des conduites (hors réseau de répartition). Plus il est faible, meilleur est l’état du réseau. L’indice linéaire de perte bruxellois est passé de 7 m3/(km.j) en 2022 à 8 m3/(km.j) en 2023 et 2024.
Législation
La nouvelle directive européenne 2020/2184/UE relative à l’eau potable exige qu’une évaluation de l’ampleur des fuites d’eau soit réalisé d’ici à 2026 et que des mesures correctrices soient prises en cas de mauvais résultats. Les fuites d’eau représentent en effet une perte économique mais aussi un gaspillage d’énergie pour la production et le traitement de l’eau. A noter cependant que les fuites d’eau, lorsqu’elles s’infiltrent dans le sol, participent à l’alimentation des nappes libres de surface et de certains aquifères, comme les Sables du Bruxellien dans le contexte bruxellois.
Des pics de consommation en mai-juin et en septembre
Certaines des dernières années ont été marquées par des sécheresses prolongées et des canicules estivales : 2017, 2018, 2019, 2020, 2022 et 2025. Si cela ne se reflète pas à l’échelle annuelle, les fournitures journalières sont en revanche classiquement de 15% plus élevées que la moyenne durant ces épisodes de fortes chaleurs. Ces pics surviennent classiquement en mai-juin et en septembre (Vivaqua, 2024). Les Bruxellois sont en effet nombreux à délaisser la Capitale pendant les mois de juillet-août.
Des pics de consommation en mai-juin et en septembre, un creux en juillet-août
Source : Vivaqua, consommation journalière de la Région bruxelloise en 2023 et 2024. L’année 2023 a été plus chaude que 2024 et a connu deux canicules (en mai-juin et en septembre).
Les sécheresses prolongées mettent sous pression l’appareil de production
Si la tendance de ces 10 dernières années est loin de suivre le rythme de croissance de la population (+7% en 2025 par rapport à 2015), elle est néanmoins à surveiller : les besoins accrus liés à la population grandissante, en particulier en période de sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande)., mettent sous pression l’appareil de production :
- La recharge de certains aquifères peut être mise à mal par plusieurs hivers secs successifs, entrainant une baisse de production des galeries drainantes, comme en Forêt de Soignes.
- Quant à la Meuse, son débit est parfois tellement faible en été qu’il frôle voire franchit des niveaux en-dessous desquels le prélèvement par Vivaqua doit être limité.
Selon une analyse prospective, 60.000 m3/jour supplémentaires devront être produits en période de pointe à l’horizon 2040 pour l’ensemble des clients de Vivaqua (Vivaqua, Water Quantity Plan, 2024 – dont une mise à jour est attendue pour fin 2025). Soit 18% de plus que la production moyenne de 2024. L’entreprise adapte dès à présent son appareil de production pour y faire face : elle révise notamment à la baisse les volumes de pointe autorisés dans les contrats avec ses clients. Et sa lutte contre les fuites d’eau participe aussi à cette adaptation.
Le saviez-vous ?
La croissance démographique est identifiée, au niveau européen, comme un des facteurs responsables de l’augmentation de la demande en eau de ces 50 dernières années. Et les grandes agglomérations urbaines font partie des principales zones sensibles au stress hydriqueLe stress hydrique est une situation critique qui surgit lorsque les ressources en eau disponibles sont inférieures à la demande en eau. (AEE, Signaux 2018). Ce stress peut s’intensifier lors des vagues de chaleur, car le phénomène d’îlot de chaleur urbain en amplifie les effets. Or les vagues de chaleur se multiplient en raison des dérèglements climatiques (AEE, Climate risk assessment, 2024).
… tout comme les pluies extrêmes
Si les précipitations abondantes comme celles des années 2021, 2023 et 2024 sont une bonne nouvelle pour la recharge des nappes, elles peuvent, dans certains cas extrêmes :
- inonder certaines infrastructures de production d’eau
- et détériorer la qualité des eaux brutes captées (turbidité des eaux de la Meuse à Tailfer mais aussi de certains captages gravitaires sensibles, dans les calcaires fracturés du Carbonifère ou les Sables du Bruxellien).
Les ménages consomment près des trois quarts de l’eau distribuée
La consommation d'eau de la Région bruxelloise, tous secteurs confondus, se répartit essentiellement entre les ménages et le secteur tertiaire : respectivement 73% et 23% selon les chiffres de 2021, qui est la dernière année pour laquelle cette ventilation par secteur est disponible (Vivaqua, consommation relevée aux compteurs en 2021). Au niveau du secteur tertiaire, les principaux consommateurs étaient la santé et l’action sociale (18% de la consommation de ce secteur en 2021), l’Horeca (17%), les commerces de gros et de détail (14%) ainsi que les administrations publiques et les organismes extraterritoriaux (10%) et l’éducation (10%).
Avant la crise sanitaire, la part des ménages était inférieure et celle du secteur tertiaire, plus élevée (respectivement 69% et 28% en 2019). Les confinements et le recours massif au télétravailTravail effectué à distance avec l'utilisation de la télématique, lien entre le travailleur et l'entreprise. pendant cette période se sont en effet traduits par un glissement de consommations d’eau à usage domestique du lieu de travail vers le domicile. Sans données disponibles pour les années 2022 à 2024, la répartition actuelle n’est malheureusement pas connue.
Les ménages consomment 73% de l’eau distribuée, le secteur tertiaire 23%
Source : Vivaqua, consommations d’eau relevées aux compteurs en 2021 (classification NACE 2003) et qui se chiffraient au total à 61,8 millions de m3
Une évolution des consommations d’eau différente selon les secteurs
Plusieurs tendances de fond se dégagent de l’évolution des consommations avant 2020 et 2021 (années influencées par la crise sanitaire et qui se démarquent très nettement des années antérieures) :
- la consommation du secteur domestique a connu une croissance quasi continue à partir de 2008 et jusqu’en 2019 : d’environ +0,3 millions de m3 chaque année en moyenne sur cette période. En 2019, la consommation était de 7% plus élevée qu’en 2008 et de 6% plus élevée qu’en 2005.
- tandis que celle du secteur tertiaire a diminué dans les mêmes proportions, avec une baisse de près de 6% en 2019 par rapport à 2005 : soit environ -0,1 millions de m3 chaque année en moyenne.
- et celle du secteur secondaire a dégringolé, avec une chute de 40% en 2019 par rapport à 2005, soit une baisse d’environ 0,05 millions de m3 chaque année.
Sans données disponibles sur la répartition des consommations par secteur depuis 2021, les tendances récentes ne sont malheureusement pas connues.
La consommation en eau des ménages a eu tendance à augmenter entre 2005 et 2019 alors que celles des secteurs tertiaire et secondaire ont eu tendance à décroître
Source : Vivaqua, consommations d’eau relevées aux compteurs sur la période 2005-2021 (classification NACE 2003). Les consommations des différents secteurs n’étant pas du même ordre de grandeur, leur évolution est représentée avec un indice en base 100, où 2005 est l’année de référence.
À télécharger
Fiche(s) méthodologique(s)
- Indicateur : Approvisionnement en eau de distribution (.pdf)
- Indicateur : Consommation d’eau de distribution totale et par secteurs (.pdf)
Tableau(x) reprenant les données
- Approvisionnement en eau de distribution et consommation des abonnés (.xls)
- Répartition de la consommation en eau au sein des différents secteurs en 2021 (.xls)
Fiche(s) documentée(s)
- 4. Normes et valeurs légales de référence en matière d’eau (.pdf)
- 6. Consommation et prix de l’eau de distribution (.pdf)
- 13. Cadre légal bruxellois en matière d’eau (.pdf)
Etude(s) et rapport(s)
- VIVAQUA, années diverses. « Rapport d’activités annuel » (.pdf)
- Agence Européenne pour l’Environnement, 2018. « Signaux 2018 – L’eau, c’est la vie »
- Agence Européenne pour l’Environnement, 2024. « European Climate Risk Assessment »
Plan(s) et programme(s)
Liens utiles
- VIVAQUA, La qualité d’eau dans votre rue
- Agence Européenne pour l’Environnement, Indicateur « Water scarcity conditions in Europe »
- Etat de l’environnement wallon, Indicateur « Production d’eau de distribution »
- Etat de l’environnement wallon, Indicateur « Consommation d’eau de distribution »
- Vlaamse Milieumaatschappij (VMM), Indicateur « Drinkwaterproductie »
- Vlaamse Milieumaatschappij (VMM), Indicateur « Waterverbruik »
Consommation en eau de distribution par les ménages
Indicateur - Actualisation : décembre 2025
La consommation d’eau par habitant en Région bruxelloise s’élève à 133 litres d’eau par jour en 2024. Cette consommation stagne voire est en légère baisse depuis une dizaine d’années. Elle est basse comparée à la moyenne européenne mais plus élevée que la consommation flamande ou wallonne en raison d’un moindre recours à l’eau de pluie.
Près de 133 litres d’eau par jour et par habitant
En 2024, la consommation en eau de distribution s’élevait en moyenne à 133 litres par jour et par Bruxellois.
Précisons toutefois que cette estimation se base sur la consommation totale d’eau de la Région bruxelloise, qui recouvre les consommations tant domestiques (ménages) que non domestiques (secteur tertiaire, industries, …). La consommation réelle des Bruxellois est donc inférieure (de 30 à 40 litres selon les années), comme illustré sur le graphique ci-après.
Déterminants de la consommation d’eau
La consommation d’eau de distribution par habitant évolue classiquement en fonction :
- De la taille du ménage: plus le nombre de personnes composant le ménage est élevé, moins la consommation par personne est importante, grâce aux économies d’échelle. Or en Région bruxelloise, les isolés représentent une proportion très importante des ménages bruxellois : près d’1 sur 2 (voir indicateur évolution démographique).
- Du recours à une ressource alternative: or l’eau de pluie est peu utilisée en Région bruxelloise (voir chapitre qui y est dédié plus loin dans cette page). Et l’eau souterraine n’est pas exploitée par les ménages bruxellois pour leurs besoins domestiques.
En revanche, la consommation d’eau des ménages bruxellois est peu influencée par le prix de l’eau et par le niveau de revenus (May X., Bacquaert P., Decroly J-M., De Guiran L., Deligne C., Lannoy P., et Marziali V., Brussels Studies, 2021). C’est d’ailleurs une des principales raisons qui a motivé fin 2021 l’abandon de la tarification progressive dite solidaire (variable selon la tranche de consommation, avec un tarif plus élevé pour les consommations plus importantes), pour revenir à une tarification linéaire (proportionnelle à la consommation d’eau). De nombreux ménages précarisés figurent en effet parmi les gros consommateurs d’eau : ils occupent souvent des logements dégradés, où les fuites d’eau sont fréquentes et où les équipements sont souvent de mauvaise qualité. Très majoritairement locataires, ils ont aussi moins de possibilités pour rénover leur logement et investir dans des appareils plus économes en eau (May X., Bacquaert P., Decroly J-M., De Guiran L., Deligne C., Lannoy P., et Marziali V., Brussels Studies, 2021 – voir également le focus dédié à la précarité hydrique).
Une consommation qui stagne ou diminue légèrement
Evolution de la consommation d’eau moyenne journalière par Bruxellois (2002-2024)
Sources : VIVAQUA (consommations relevées aux compteurs, totales et domestiques) et Statbel (Registre national, population au 1er janvier de l’année)
En prenant en compte la consommation en eau totale de la Région, la consommation quotidienne par habitant :
- a significativement diminué entre 2004 (168 litres/hab.j) et 2012 (141 litres/hab.j), avec une baisse de près de 27 litres sur cette période, soit plus de 3 litres par an ;
- puis s’est stabilisée ou a légèrement diminué jusqu’en 2024 (133 litres/hab.j), avec une réduction d’environ 9 litres par rapport à 2012, soit une diminution moyenne d’un peu moins d’1 litre par an.
Si on considère uniquement les consommations domestiques, qui ne sont disponibles que jusqu’en 2021, on obtient une consommation par habitant logiquement inférieure et des tendances quelque peu différentes :
- une nette baisse est également observée dès 2002 (122 litres/hab.j) et jusqu’en 2012 (96 litres/hab.j), qui s’élève à 26 litres sur cette période, soit un peu moins de 3 litres par an en moyenne. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour la justifier : généralisation des équipements plus économes en eau (douches, WC, lave-vaisselles et lave-linges, …), ou encore conscientisation accrue des ménages...
- mais la consommation a ensuite stagné jusqu’en 2019,
- avant de remonter de 5 litres pendant la pandémie de coronavirus en 2020 et 2021 (101 litres/hab.j). Etant donné que la consommation d’eau régionale a peu bougé, ce rebond s’explique par les confinements et l’essor du télétravailTravail effectué à distance avec l'utilisation de la télématique, lien entre le travailleur et l'entreprise. : une partie de l’eau consommée auparavant sur le lieu de travail et comptabilisée dans les consommations non domestiques a été utilisée au domicile et s’est donc « déplacée » vers les consommations domestiques.
Sans données disponibles pour les années 2022 à 2024, les tendances récentes pour les consommations domestiques ne sont malheureusement pas connues.
La différence entre ces deux indicateurs révèle par ailleurs que l’écart se réduisait d’année en année, de manière quasi linéaire : de 55 litres en 2004 à 41 litres en 2019 et à 35 litres en 2021, soit une baisse d’environ un demi-litre par an. Autrement dit, la consommation domestique pesait de plus en plus lourd dans la consommation régionale.
Bon à savoir
La consommation domestique par habitant observée entre 2012 et 2019 pourrait s’approcher de la consommation « efficace » bruxelloise, c’est-à-dire la consommation qui satisfait les besoins domestiques minimum, sans perte de bien-être ni recours à une ressource alternative. En Wallonie, cette consommation efficace a été évaluée à 94 l/jour/hab lors d’une étude menée auprès de 3000 ménages. Cette même étude indique que le niveau de consommation chute à 72 l/jour/hab dès qu’une ressource alternative (dans 95% des cas, de l’eau de pluie) est utilisée pour un usage intérieur (Predevello, 2009 in Indicateurs clés de l’environnement wallon 2014).
Comparaisons inter-régionales et européennes
La consommation domestique d’eau par habitant en Belgique est l’une des plus basses des pays européens (Eurostat, water statistics, 2025 & EurEau, la fédération européenne des associations nationales des services dans le domaine de l’eau, 2021). Elle est proche de celle observée en Bulgarie, en République Tchèque, en Pologne ou en Roumanie par exemple mais nettement plus basse que celle de voisins directs : Pays-Bas, Allemagne et France.
La consommation d’eau de distribution par habitant en Région bruxelloise est supérieure à celle des deux autres régions :
- de 13 litres plus élevée que celle des Wallons si on exprime celle-ci par rapport à la consommation d’eau totale régionale (120 l/jour/hab en 2021 – IWEPS, Etat de l’environnement wallon) ; de 6 litres de plus si on l’exprime uniquement par rapport à la part domestique (90 l/jour/hab estimé en 2017 - Aquawal, 2018 dans Etat de l’environnement wallon) ;
- de 15 litres plus élevée environ que celle des Flamands, si on considère les consommations domestiques (87,5 l/jour/hab en 2021 et 80,8 l/jour/hab en 2023 - VMM, 2024). La consommation d’eau en Flandre passait à 102 l/jour/hab en 2021, lorsque l’eau de pluie et l’eau souterraine étaient incluses dans le calcul (VMM, 2021).
Les différences observées s’expliqueraient notamment par une moindre utilisation d’eau de pluie en Région bruxelloise (voir ci-dessous).
Attention
Il convient cependant d’être prudent lorsqu’on établit ce type de comparaison vu les différences et difficultés méthodologiques à établir ces statistiques. Par ailleurs, en Région bruxelloise, le problème des personnes « statistiquement invisibles » (candidats réfugiés inscrits sur le registre d’attente, personnes sans papiers, personnel diplomatique étranger et étrangers attachés aux institutions internationales) est plus marqué que dans les autres régions (voir indicateur sur l’évolution démographique).
Utilisation de l’eau par les ménages
Utilisation de l’eau au domicile
Source : VMM, 2021, enquête de 2021 auprès de 652 ménages dont la consommation moyenne était de 90,2 litres/personne/jour. L’eau pouvait être de l’eau de distribution, de l’eau de pluie ou de l’eau souterraine.
- Selon une enquête de 2021 auprès de 652 ménages flamands, les trois plus gros postes de consommation d’eau des ménages sont l’hygiène corporelle (37%), les chasses d’eau (19%) et la lessive (17%).
- Seuls 8% de la consommation des ménages sont consacrés à la boisson et à l’alimentation (VMM, 2021).
Une eau potable est requise pour l’hygiène corporelle, la boisson et l’alimentation ainsi que la vaisselle. Mais pour d’autres usages, l’eau de pluie peut la remplacer : c’est le cas pour les toilettes, la lessive, l’arrosage des plantes et du jardin ainsi que pour le nettoyage du logement. Presque la moitié de la consommation d’eau d’un ménage pourrait donc être couverte par de l’eau de pluie (45%), d’après les chiffres de l’enquête ci-dessus.
L’eau de pluie encore trop peu exploitée
Le recours à l’eau de pluie demeure assez (trop) marginal en Région bruxelloise, bien qu’il soit difficile à estimer car aucun recensement du parc de citernes n’est organisé à ce jour. Lors du Baromètre de l’environnement de 2020, 16% des Bruxellois interrogés déclaraient utiliser de l’eau de pluie, sans que l’usage soit précisé. De plus, la possession d’une citerne n’implique pas obligatoirement que l’eau est utilisée par les habitants : selon une enquête de la VMM, près de la moitié des ménages flamands ayant une citerne de grande capacité employaient encore de l’eau du robinet pour leurs WC (VMM, 2021).
Une étude réalisée en 2012 a mis en évidence certains freins au placement ou à la rénovation de citernes en Région bruxelloise : faible montant des primes par rapport au coût de l’installation, retour sur investissement faible, accès difficile et manque de place sur les terrains, mais aussi l’inquiétude des citoyens de devoir payer une taxe dans le futur.
Le saviez-vous ?
Selon le Règlement Régional d’Urbanisme, toute nouvelle construction doit être équipée d’une citerne à eau de pluie, dimensionnée pour recueillir au minimum 33 litres/m2 de surface de toiture en projection horizontale. Une citerne est également exigée dans certaines rénovations. Vous devez ou songez à placer une citerne ? Ou vous souhaitez remettre en état une ancienne citerne ? Retrouvez des outils, infos pratiques et financières à ce sujet dans le guide bâtiment durable ou sur le site web d’Homegrade.
À télécharger
Fiche(s) méthodologique(s)
Tableau(x) reprenant les données
Fiche(s) documentée(s)
Etude(s) et rapport(s)
- VIVAQUA, années diverses. « Rapport d’activités annuel » (.pdf)
- SONECOM, novembre 2020. « Baromètre des comportements 2020 », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 22 pp. (.pdf)
- VITO & IPSOS, 2021. « Watergebruik 2021 door huishoudens in Vlaanderen », étude réalisée pour le compte de la VMM, 89 pp. Diffusion restreinte
- INTERTEK et RDC Environnement, septembre 2012. « Etude du marché des citernes d’eau de pluie en Région de Bruxelles-Capitale », étude élaborée dans le cadre du projet « Brussels Sustainable Economy (BSE) », 71 pp. Diffusion restreinte
- BELGAQUA, 2008. « Livre Bleu - Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’eau potable et l’assainissement des eaux usées », Edition 2008, 76 pp. (.pdf)
- PREVEDELLO C., AQUAWAL, septembre 2006. « L’utilisation de l’eau de distribution en Région wallonne. Dossier scientifique réalisé dans le cadre de l’élaboration du Rapport analytique 2006-2007 sur l’état de l’environnement wallon. ». 110 pp. (.pdf).
- EUREAU, 2021. « Europe’s Water in Figures ». 37 pp. (.pdf)
- MAY X., BACQUAERT P., DECROLY J-M., DE GUIRAN L., DELIGNE C., LANNOY P., et MARZIALI V., 2021. « Pourquoi ne pas en finir avec la tarification progressive de l’eau à Bruxelles ? ». Brussels Studies, Collection générale, document 156 (.html)
Plans et programmes
Liens utiles
- VIVAQUA, La qualité de l’eau dans votre rue
- Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse (IBSA)
- Etat de l’environnement wallon, Indicateurs « Consommation d’eau de distribution », « Utilisation de l’eau par les ménages »
- Vlaamse Milieumaatschappij (VMM), Indicateur « Waterverbruik huishoudens »
- EUROSTAT, Water Statistics
Qualité de l’eau potable
Focus - Actualisation : janvier 2026
La qualité de l’eau du robinet distribuée par VIVAQUA en Région bruxelloise est très contrôlée. Elle est conforme aux normes de potabilité régionales, découlant des normes européennes, à plus de 99%. La directive européenne a été révisée en 2020 : les normes se sont durcies et la surveillance a été étendue, notamment à des substances émergentes et préoccupantes pour la santé comme les PFAS et le bisphénol A (perturbateur endocrinien). Mais restons vigilants : les connaissances sur la toxicité de polluants pour notre santé ou notre environnement évoluent sans cesse...
Seulement 1 Bruxellois sur 2 boit de l’eau du robinet
La moitié des Bruxellois (55%) boivent de l’eau du robinet à leur domicile (selon le baromètre de l’environnement de 2014). Les principales raisons avancées par ceux qui choisissent l’eau en bouteille sont le goût (31%), une préférence pour l’eau de source (23%) ou encore la présence potentielle de « produits dangereux pour la santé » dans l’eau de distribution (16%) dont, aux dires des sondés, le calcaire, le plomb, les bactéries… (toujours selon le baromètre de l’environnement de 2014).
Bon à savoir
Contrairement à ce qui est ressorti de ce sondage, le calcaire est bon pour notre santé ! L’eau du robinet fournit à notre organisme un apport en calcium, qui représente de 10% à 25% de nos besoins quotidiens, selon l’OMS et l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) (VIVAQUA, FAQ « Pourquoi VIVAQUA ne réduit-elle pas le calcaire dans l’eau qu’elle distribue? »).
En revanche, une eau riche en calcaire peut entartrer nos canalisations, installations sanitaires et appareils électroménagers : lorsqu’elle est chauffée, des dépôts blanchâtres se forment, s’accumulent et peuvent réduire leur durée de vie si on ne les détartre pas régulièrement. Placer un adoucisseur d’eau dans le réseau privé peut aussi être envisagé, mais sous certaines conditions (de préférence pas pour l’eau froide utilisée pour la consommation humaine, entretien régulier) et seulement si la dureté de votre eau dépasse 30-35°fH (VIVAQUA, FAQ « Adoucisseurs d’eau : avantages et inconvénients »).
L’eau du robinet est de très bonne qualité
Or la qualité de l’eau distribuée en Région bruxelloise est de très bonne qualité. Elle répond chaque année aux normes légales avec un taux de conformité supérieur à 99% (Bruxelles Environnement & VIVAQUA, rapportages annuels). Une non-conformité ne signifie pas automatiquement que l’eau est non potable ou qu’elle comporte des risques pour la santé.
En outre, l’eau du robinet est beaucoup moins chère que l’eau en bouteille et son coût environnemental est moins élevé.
Bon à savoir
Chaque Bruxellois peut consulter la qualité de l’eau distribuée dans sa rue via le site web de VIVAQUA. Il est également possible de demander une analyse de l’eau du robinet à son domicile, moyennant paiement. Une série de FAQ sur la qualité de l’eau est également disponible sur le site web de VIVAQUA. Sachez que VIVAQUA est responsable de la qualité de l’eau jusqu’au compteur d’eau. Après le compteur, cette responsabilité incombe au propriétaire de l’installation privée.
Comment est évalué le taux de conformité de l’eau potable ?
L’eau est « potable » si elle répond aux normes définies pour les paramètres microbiologiques et chimiques (cf. annexe I, parties A et B, de l’arrêté bruxellois du 22 février 2024). La conformité est évaluée dès le 1er échantillonnage et ne tient donc pas compte d’éventuels rééchantillonnages. Au sens strict, elle ne tient pas compte des paramètres indicateurs (tels que fer, germes totaux, couleur, odeur, saveur, température, dureté…), qui sont contrôlés mais qui n’ont pas d’impact sur notre santé. A noter que le taux de conformité renseigné dans cette fiche exclut le contrôle de la radioactivité, effectué par l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire : les résultats pour l’eau distribuée en Région bruxelloise sont toujours très inférieurs aux normes (AFCN, rapports annuels de surveillance radiologique de la Belgique). Pour plus d’informations sur la conformité de l’eau potable, voir les documents à télécharger ci-dessous : rapportages européens (depuis 2023), rapports trisannuels (jusqu’en 2022) et fiche documentée n°10.
Pesticides et PFAS
Cette conformité couvre notamment les pesticides mais aussi les PFAS, les substances per- et polyfluoroalkylées aussi appelées polluants éternels :
- Pour la somme des 20 PFAS, toutes les analyses réalisées dans le réseau bruxellois par VIVAQUA depuis le début de leur suivi en 2022 et jusqu’en 2024 inclus respectent la norme (VIVAQUA, 2025).
- Et pour le TFA (acide trifluoroacétique), la concentration maximale mesurée en 2023 et en 2024 était inférieure à la valeur guideValeur fixant des objectifs de qualité vers lesquels il faut tendre pour obtenir une situation satisfaisante dans le domaine traité (bruit, qualité de l eau, etc.). (respectivement 1,6 µg/l et 1,8 µg/l vs 2,2 µg/l) (Bruxelles Environnement, 2025).
Selon VIVAQUA, pour les pesticides comme pour les PFAS, l’eau du robinet représenterait une voie d’exposition infime par rapport à d’autres sources (aliments, air,…) (VIVAQUA, page web relative à la qualité de l’eau, 2025).
Il n’en demeure pas moins que la vigilance est de mise pour ces substances, qui ont des effets sur l’environnement comme sur la santé, même à de faibles doses. La réduction à la source de ces substances, au niveau de leur production et de leur usage, est donc primordiale. D’autant plus que leur dépollution coûte (très) cher : la décontamination des PFAS dans l’environnement en Belgique représenterait un montant de 2,5 milliards à 40 milliards sur 20 ans (Enquête Forever Pollution Project de 2023). La 1ère estimation réfère aux PFAS historiques à chaîne longue tandis que la 2de inclut également les PFAS émergents à chaîne courte et ultra-courte.
Microplastiques, médicaments et hormones
Selon VIVAQUA, l’eau du robinet est également sûre du point de vue de l’exposition aux microplastiques, aux médicaments ou aux hormones. Le risque pour la santé humaine est négligeable : les eaux souterraines dans lesquelles puise VIVAQUA sont préservées d’une pollution par ces substances tandis que les eaux de surfaceOn fait habituellement la distinction entre l’eau de mer et les eaux intérieures, lesquelles sont à leur tour subdivisées en eaux de surface et eaux souterraines. Les eaux de surface font référence à l’eau qui coule ou stagne à la surface de la terre. Elles comprennent l’eau des lacs, des rivières et des plans d’eau (étangs, bassins artificiels, mares, etc.) (i.e. Meuse à Tailfer) dans lesquelles capte VIVAQUA sont traitées pour les éliminer (VIVAQUA, page web relative à la qualité de l’eau, 2025).
Mais une fois encore, le principe de précaution s’impose puisque les connaissances scientifiques sur la toxicité de ces substances pour notre environnement ou notre santé évoluent constamment.
Quelles sont les causes de non-conformité ?
Les cas de non-conformité relevés lors des contrôles de la qualité de l’eau du robinet concernent moins de 1% des analyses chaque année. Ils relèvent plus souvent d’un problème au niveau des installations privées que du réseau public (voir la fiche documentée n°10).
Les dépassements les plus fréquents pour les paramètres microbiologiques et chimiques concernent le plomb. Deux tiers d’entre eux sont confirmés lors du rééchantillonnage : ils sont attribués dans deux tiers des cas aux canalisations privées de l’abonné et dans un tiers des cas aux canalisations du réseau public (voir fiche documentée n°10). Assurez-vous donc que vos conduites privées ne soient pas en plomb.
Une autre cause de dépassements fréquents est liée à des adoucisseurs d’eau mal réglés ou insuffisamment entretenus. L'utilisation d'un adoucisseur d'eau nécessite un suivi régulier et minutieux. Celui-ci contient des résines qui retiennent le calcium et le magnésium, naturellement présents dans l'eau et essentiels à la santé, et les remplacent par du sodium (sel). L'eau adoucie peut contenir trop de sel, ce qui n'est pas bon pour la tension artérielle, le cœur et les vaisseaux sanguins. L'eau adoucie est également plus agressive et corrosive pour les canalisations et peut entraîner la libération de métaux (plomb, fer, etc.). En cas de soins et d'entretien insuffisants, des bactéries peuvent également s'y développer (Bruxelles Environnement, rapport trisannuel 2020-2021-2022, 2025).
Législation
La réglementation sur la qualité de l’eau du robinet s’est renforcée en 2020 avec la révision de la directive européenne de 1998. Ainsi, la directive UE 2020/2184 :
- Renforce les normes de qualité existantes ;
- Fixe des normes à respecter depuis janvier 2026 pour de nouveaux paramètres comme le bisphénol A, le chlorate, le chlorite et les PFAS ;
- Impose de surveiller de nouvelles substances émergentes qui représentent un danger potentiel pour la santé humaine telles que des perturbateurs endocriniens, des résidus de médicaments, les microplastiques. Pour ce faire, une « liste de vigilance » est créée et tenue à jour. Deux perturbateurs endocriniens y figurent déjà : le 17-β-estradiol et le nonylphénol.
Les arrêtés bruxellois du 22 février 2024 et du 27 novembre 2025 transposent les dispositions européennes et vont même au-delà de certaines exigences, sur la question des PFAS notamment :
- La somme de 20 PFAS – considérés comme préoccupants par la directive – ne doit pas dépasser 0,1 µg/l et ce, depuis mars 2024 (soit environ 2 ans plus tôt que le délai européen).
- Pour la somme des 4 PFAS – considérés comme les plus nocifs pour notre santé (PFOA, PFNA, PFHxS et PFOS) - de ces 20 PFAS, il existe une valeur cible bruxelloise de 0,004 µg/l que VIVAQUA doit s’efforcer d’atteindre pour fin 2028. Ce paramètre ne figure pas dans la directive.
- Le “total PFAS” doit rester inférieur à 0,5 µg/l (norme européenne) à partir de 2026. Le “total PFAS” est défini comme « la somme de tous les PFAS quantifiables par la méthode d’analyse décrite dans l’arrêté bruxellois de 2025 ».
- Un PFAS à chaine courte, le TFA (acide trifluoroacétique) est ajouté à la liste de vigilance bruxelloise, avec une valeur guideValeur fixant des objectifs de qualité vers lesquels il faut tendre pour obtenir une situation satisfaisante dans le domaine traité (bruit, qualité de l eau, etc.). de 2,2 µg/l.
A télécharger
Fiche méthodologique
- La méthode de calcul du taux de conformité est expliquée dans la fiche documentée n°10
Fiches documentées
- 4. Normes et valeurs légales de référence en matière d’eau (.pdf)
- 10. Qualité de l’eau de distribution (.pdf)
- 13. Cadre légal bruxellois en matière d’eau (.pdf)
Autres publications de Bruxelles Environnement
- Qualité de l’eau distribuée par réseau. Qualité de l’eau destinée à la consommation humaine – période 2020-2021-2022, 2025, (.pdf)
- Rapports trisannuels des années antérieures (de 2002 à 2019)
Etudes et rapports
- VIVAQUA, années diverses. « Rapport d’activités annuel » (.pdf)
- IPSOS PUBLIC AFFAIRS, 2014. « Baromètre environnemental de la Région de Bruxelles-Capitale – Résultats 2014 », étude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement, 112 pp. (.pdf)
- AGENCE FEDERALE DE CONTROLE NUCLAIRE (AFCN). Rapports annuels de « surveillance radiologique de la Belgique ». (.html)
- Forever Pollution Project, 2023. “The Map of Forever Pollution” (.html)
Plans et programmes
- Plan de gestion de l’eau de la Région de Bruxelles-Capitale pour la période 2022-2027, juillet 2023 (.pdf)
- Document préparatoire au Plan de gestion de l’eau de la Région de Bruxelles-Capitale 2028-2033, mars 2025 (.pdf) – Question importante n°1 relative à la problématique des substances émergentes et préoccupantes p.9-10
Précarite hydrique
Focus - Actualisation : janvier 2026
1 ménage bruxellois sur 5 vivait en situation de précarité hydrique en 2021. Et de nombreuses personnes sans logement ne disposent pas d’un accès à l’eau pour assurer leur hygiène de base. L’offre de la Région en fontaines d’eau potable, en sanitaires et en douches est dérisoire par rapport à la demande, mal répartie sur le territoire et peu adaptée à la diversité du public.
1 ménage sur 5 en précarité hydrique
1 ménage bruxellois sur 5 vivrait en situation de précarité hydrique, c’est-à-dire qu’il n’a « pas accès à de l’eau en quantité suffisante ou de qualité adéquate pour répondre à ses besoins de base (alimentation, hygiène corporelle et logement) ». Ils étaient exactement 21,9% en 2021 selon la Fédération Roi Baudouin, contre 13,8% en Belgique. Ce chiffre désigne les ménages (seuls ceux appartenant aux 50% de revenus les plus faibles sont pris en compte) qui consacrent à leur facture d’eau plus de 2,1% de leurs revenus disponibles, déduction faite du coût du logement (loyer, remboursement du prêt hypothécaire, frais d’entretien…). Cette définition exclut les personnes sans logement, pourtant nombreuses en Région bruxelloise (voir indicateur sur l’évolution démographique). Précisons que les coupures d’eau sont interdites depuis 2022.
Le saviez-vous ?
Pour inclure les problèmes d’accès à l’eau pour les personnes sans logement ou mal logées (absence ou déficience des installations sanitaires c’est-à-dire des toilettes, une douche/baignoire, absence d’eau chaude courante…), on préfère le terme de vulnérabilité hydrique. Selon un projet de recherche, au minimum 100.000 personnes étaient ainsi concernées en Région bruxelloise en 2020, soit 8,2% de la population de cette année-là. Ce chiffre est largement sous-estimé : il n’inclut pas les personnes raccordées à un compteur collectif, alors que ces compteurs approvisionnent environ 2/3 des ménages bruxellois (Innoviris, Prospective Research for Brussels, projet de recherche HyPer 2018-2022 & May X., Bacquaert P., Decroly J-M., De Guiran L., Deligne C., Lannoy P., et Marziali V., EchoGeo 57, 2021).
Quels sont les ménages les plus exposés ?
Selon la Fondation Roi Baudouin, les ménages les plus exposés à la précarité hydrique en Belgique sont :
- Les ménages à faibles revenus (en particulier les ménages à risque de pauvreté mais la classe moyenne n’est pas épargnée) et ceux avec une faible intensité de travail,
- Les familles monoparentales et les isolés,
- Les locataires (en particulier ceux occupant un logement social),
- Les ménages vivant en appartement,
- Les ménages dont le logement est dégradé (fuite d’eau dans la toiture, traces d’humidité ou moisissures sur les murs/plafonds/fondations).
Ces constats rejoignent une grande partie des facteurs de vulnérabilité mis en évidence pour la précarité énergétique. D’ailleurs, en 2021, 62% des ménages belges en précarité hydrique souffraient également de précarité énergétique ; et inversement, 43% des ménages en précarité énergétique souffraient aussi de précarité hydrique (Fondation Roi Baudouin, 2023).
Et, comme pour la précarité énergétique, la corrélation avec un mauvais état de santé général ou des problèmes de santé chronique a aussi été établie pour la précarité hydrique (Fondation Roi Baudouin, 2023).
Autres facteurs de vulnérabilités
A ces facteurs de vulnérabilités, il convient d’ajouter le non-recours, pour les ayants-droits, aux dispositifs financiers mis en place depuis 2022 pour lutter contre la précarité hydrique (tarif fuites, intervention sociale, plans de paiement raisonnables, factures mensuelles, …). C’est notamment le cas pour l’intervention sociale, à laquelle ont droit les ménages ayant le statut BIM (dont un des membres est bénéficiaire de l’intervention majorée) : le taux de recouvrement est significativement inférieur pour les isolés et dans une moindre mesure, pour les ménages de 2 personnes, que pour les autres ménages (ULB-IGEAT, 2025). Les ménages éligibles ne touchent pas automatiquement l’intervention sociale, ce qui en soi est déjà un frein : ils doivent communiquer leur numéro de compte bancaire à Vivaqua, en réponse à un courrier de l’opérateur.
Un autre facteur de vulnérabilité propre à la Région bruxelloise est que 60% environ des ménages sont alimentés via des compteurs collectifs : les ménages concernés paient donc l’eau sur base d’une consommation estimée, et non sur base de leur consommation réelle (May X., Bacquaert P., Decroly J-M., De Guiran L., Deligne C., Lannoy P., et Marziali V., Brussels Studies, 2021).
Le prix de l’eau pour les ménages en Région bruxelloise est resté fixe entre 2012 et 2021 : son évolution ne constituait alors pas une menace pour les ménages en difficulté. Mais plusieurs hausses de tarifs sont intervenues depuis 2022, parmi lesquelles : +15% en 2022, +14,5% en 2023, +12,5% en 2026 (BRUGELL'autorité bruxelloise de régulation dans les domaines de l'électricité, du gaz et du contrôle du prix de l'eau.). Même si elles sont contrôlées par le régulateur bruxellois BRUGEL, elles se traduisent par une augmentation du coût de l’eau pour les ménages.
Comment faciliter l’accès à l’eau ?
Un certain nombre de mesures, principalement financières, ont été prises en Région bruxelloise depuis 2022 pour lutter contre la précarité hydrique. Nous en avons cité plusieurs ci-dessus : interdiction des coupures d’eau, retour à la tarification linéaire, tarif fuites, intervention sociale, augmentation du Fonds Social de l’Eau, etc. Pérenniser ces mesures et maintenir le prix de l’eau à un tarif abordable est un enjeu, surtout dans un contexte de paupérisation croissante des ménages.
Mais l’accès à l’eau potable, en ce compris l’accès à des sanitaires et des douches, concerne aussi les personnes sans logement ou mal logées (ex : hébergées chez des amis ou de la famille) ainsi que les touristes. Or l’offre de la Région en infrastructures publiques (fontaines d’eau potable, sanitaires, douches) est dérisoire par rapport à la demande et à d’autres villes aux caractéristiques similaires, mal répartie sur le territoire et peu adaptée à la diversité du public (Innoviris, Prospective Research for Brussels, projet de recherche HyPer 2018-2022). Par exemple, il n’existe que 150 fontaines d’eau potable et elles sont fermées, pour la plupart, 6 mois de l’année (hivernage) (Bruxelles Environnement, question importante n°6 pour le plan de gestion de l’eau 2028-2033).
Faciliter l’accès à l’eau potable du robinet n’est pas qu’une question sociale : elle permet également de limiter la pollution plastique (emballages des bouteilles d’eau). De plus, la mise à disposition d’eau potable comme d’installations sanitaires participe à l’adaptation de la Région face aux changements climatiques, en particulier face aux vagues de chaleur et aux effets d’îlots de chaleur urbains.
Législation
En application de la directive (UE) 2024/3019 relative aux eaux résiduaires urbaines, la Région bruxelloise doit d’ici à 2029 « garantir l’accès aux sanitaires pour tous, en particulier pour les groupes vulnérables et marginalisés ». Les infrastructures publiques doivent donc être multipliées tandis que des infrastructures existantes dans des bâtiments publics ou privés (gymnases, écoles, hôtels, magasins, etc.) pourraient être rendues accessibles au public.
À télécharger
Fiche méthodologique
- Calculs propres de la Fondation Roi Baudouin pour les ménages, sur base des données de l’enquête BE-SILC sur les revenus 2021 (Belgique - Statistiques de l’Union Européenne sur le Revenu et les Conditions de Vie) (Statbel) – voir publication de la Fondation Roi Baudouin référencée ci-dessous
Fiche documentée
Fiche de l’Etat de l’Environnement
Autres publications de Bruxelles Environnement
Etudes et rapports
- FONDATION ROI BAUDOUIN, 2023. « Baromètre de la précarité hydrique – Analyse et interprétation des résultats 2021 ». 64 pp. Etude complète (.pdf) et Résumé « Zoom » (.pdf)
- BACQUAERT P., MARZIALI V., MAY X., 2018-2022. « Précarité hydrique : l’hygiène personnelle hors de/sans/mal chez soi (HYPER) ». Etude réalisée pour le compte d’Innoviris, Prospective Research for Brussels, 2018-2022. (.html) & recommandations politiques « La question de l’accès à l’eau à Bruxelles est-elle (dé)réglée ? » (.pdf)
- MAY X., BACQUAERT P., DECROLY J-M., DE GUIRAN L., DELIGNE C., LANNOY P., et MARZIALI V., 2021. « Formes, facteurs et importance de la vulnérabilité hydrique dans une métropole européenne – Le cas de Bruxelles ». EchoGeo, 57 (.html)
- MAY X., BACQUAERT P., DECROLY J-M., DE GUIRAN L., DELIGNE C., LANNOY P., et MARZIALI V., 2021. « Pourquoi ne pas en finir avec la tarification progressive de l’eau à Bruxelles ? ». Brussels Studies, Collection générale, document 156 (.html)
- GREVISSE F. et DELVAUX A., 2021. « Précarités en eau – Un état des lieux en Europe – Chapitre 10 : Accès à l’eau et précarité hydrique en région bruxelloise ». 216 pp. p.183-206. (.html)
- ULB-IGEAT, MAY X., 2025. « Evaluation et suivi des mesures visant à lutter contre la précarité hydrique ». 40 pp. Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement. (.pdf)
- INFIRMIERS DE RUE asbl. « Plan des fontaines d’eau potable & toilettes gratuites de Bruxelles ». (.html)
Plans et programmes
- Plan de gestion de l’eau de la Région de Bruxelles-Capitale pour la période 2022-2027, juillet 2023 (.pdf)
- Document préparatoire au Plan de gestion de l’eau de la Région de Bruxelles-Capitale 2028-2033, mars 2025 (.pdf) – Question importante n°6 relative à la vulnérabilité hydrique et à l’accès à l’eau p.19-20