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Inondations et imperméabilisation des sols

Un cinquième de la Région de Bruxelles-Capitale se situe en zone inondable et un Bruxellois sur trois habite dans une zone à risque. Or ce risque augmente, à cause des changements climatiques, de l’imperméabilisation croissante des sols, …
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  • État des lieux de l'environnement
le 6 mai 2026

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Sommaire

  • Cartographie relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondations
  • Les inondations importantes récentes
  • Imperméabilisation des sols bruxellois

Cartographie relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondations

Focus - Actualisation : mars 2026

La carte des zones inondables de la Région bruxelloise, mise à jour en 2025, délimite l’étendue des inondations pour trois probabilités d’évènements, ayant 1 chance sur 25, 100 ou 1000 de se produire dans l’année. Au moins un cinquième de la superficie régionale est exposé au risque d’inondation. La population bruxelloise serait particulièrement exposée aux inondations dues au refoulement des égouts en cave, en cas de mauvaise conception du réseau privé d’évacuations sous le niveau de la rue. Elle serait également exposée aux inondations pluviales et aux inondations par remontée de nappe.

Quatre types d’inondations

Quatre phénomènes sont à l’origine d’inondations en Région bruxelloise :

  • Le ruissellement d’eaux de pluie en cas de fortes précipitations (inondations pluviales), sur des surfaces imperméables ou sur des sols dont la capacité d’infiltration est excédée ;
  • Le débordement de cours d’eau (inondations fluviales) : les cours d’eau ou le Canal sortent de leur lit ;
  • Le refoulement du réseau d’égouts, également en cas de fortes pluies : les égouts saturés ne peuvent plus évacuer les eaux, qui refoulent en voirie ou dans les caves (selon le principe des vases communicants).
  • La remontée de nappe phréatique : après plusieurs mois particulièrement humides, le niveau de l’eau souterraine peut s’approcher de la surface et s’écouler dans les caves et dans d’autres infrastructures souterraines, si leurs murs ne sont pas étanches.
Types d'inondations

Quelles sont les causes des inondations ?

Pour les inondations pluviales, fluviales et celles dues au refoulement des égouts, quatre causes peuvent être identifiées en Région bruxelloise :

  • L’urbanisation et l’imperméabilisation accrue des sols. Près d’1 m2 sur 2 est imperméabilisé dans notre Région et l’imperméabilisation des sols a doublé en un demi-siècle ! Avec comme corollaires, une augmentation du volume d’eaux de ruissellement et une accélération de leur vitesse d’écoulement.
  • Un réseau d'égouttage localement inadapté et vétuste. En effet, le réseau d’égouttage est très majoritairement unitaire : il évacue non seulement les eaux uséesEaux qui ont été affectées à un usage domestique ou industriel et qui sont généralement chargées de différentes substances. mais également les eaux de ruissellement. Or celles-ci représenteraient en moyenne la moitié des eaux collectées, selon des estimations des gestionnaires du réseau et des stations d’épuration. Elles peuvent temporairement décupler le débit circulant dans les collecteurs.
  • Le régime pluviométrique et sa probable évolution défavorable en raison du changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc. global (voir le focus sur l’évolution future du climat).
  • La disparition des zones naturelles de débordement (cours d’eau, étangs et zones humides), qui réduit les capacités de tamponnage des débits dans les vallées.

Mais compte tenu de l'évolution de ces quatre facteurs, c’est l’imperméabilisation des sols qui est la cause principale des inondations généralement observées à Bruxelles. Celles-ci se produisent habituellement pour des précipitations intenses et de courte durée liées à des orages au printemps ou en été, au vu du relevé historique des inondations.

Bon à savoir

Les bassins d’orage et le réseau d’égouts sont dimensionnés pour des pluies de temps de retour de 10 ans. Or, l’imperméabilisation des sols est la 1ère cause de mise sous pression du réseau d’égouttage. Pour diminuer la vulnérabilité de la Région aux inondations, il est donc primordial de désimperméabiliser les sols et de déconnecter les eaux pluviales du réseau d’égouts. Ces mesures, qui font partie de la gestion intégrée des eaux pluviales (GIEP), sont en outre plus avantageuses sur le plan économique et environnemental (Stratec, 2024). En déconnectant 15% des surfaces imperméables à l’échelle régionale, la Région serait protégée contre des pluies de période de retour de 20 ans (TR20). Et, en déconnectant 30% des surfaces imperméables, elle pourrait faire face à des pluies de période de retour de 75 ans (TR75) (Bruxelles Environnement, 2026, calculs propres relayés dans l’axe 5 du projet de programme de mesures du Plan de gestion de l’eau 2028-2033).

Une nouvelle carte des zones inondables

La carte des zones inondables de la Région bruxelloise, aussi appelée « carte des aléas d’inondation », a été mise à jour en 2025, selon une méthodologie distincte des versions précédentes produites en 2019 et 2013. Elle est désormais le résultat de simulations issues de modèles hydrauliques ou hydrogéologiques calibrés à l’échelle régionale. Ces modèles tiennent compte de la protection offerte par des ouvrages collectifs (bassins d’orage) mais ne prennent pas en considération les mesures locales de protection des bâtiments ou d’autres infrastructures.

Les zones inondables liées aux inondations pluviales et fluviales ont été cartographiées pour trois aléas ou probabilités de survenir dans l’année :

  • 1 chance sur 25 (période de retour de 25 ans « TR25 » – aléa élevé),
  • 1 chance sur 100 (période de retour de 100 ans « TR100 » – aléa moyen),
  • 1 chance sur 1000 (période de retour de 1000 ans « TR1000 » – aléa faible).

Un scénario de changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc. a également été élaboré : il correspond à une pluie centennale à laquelle on pourrait s’attendre à partir de 2100, compte tenu d’un réchauffement climatique à + 3,5°C.

Les zones inondables liées au refoulement d’égout ont été délimitées pour deux probabilités d’inondations, correspondant aux aléas élevés (TR25) et moyens (TR100) des cartes précédentes. Attention : par manque de données, la modélisation du refoulement des égouts est incomplète. Elle couvre toutefois 73% des bâtiments et 74% des habitants.

Quant aux inondations dues à la remontée de nappe, un seul aléa est retenu : que la nappe se trouve à moins de 2,5 m de profondeur du sol.

Plusieurs nouveautés accompagnent cette nouvelle version :

  • C’est la 1ère fois que les inondations dues à la remontée de la nappe sont cartographiées.
  • Pour la 1ère fois également, une estimation des hauteurs d’eau et de la vitesse de submersion est fournie pour les inondations pluviales. Cette information était déjà disponible pour les inondations fluviales dès 2019.
  • Chacun des 4 types d’inondations a été modélisé selon une méthodologie propre : il existe donc une carte des zones inondables et un calcul de risque pour chaque type d’inondation.
  • Une carte combinée avec les 4 types d’inondations a également été produite. Elle ne reprend cependant que très partiellement les inondations par refoulement d’égout.

Cartographie de l’aléa d’inondation

Source : Bruxelles Environnement, version 2025
Cartographie de l’aléa d’inondation
Carte interactive des zones inondables et des risques inondations - version 2025

Comment savoir si un bâtiment ou une parcelle est en zone inondable ?

Entrez une adresse et/ou zoomez à l’endroit désiré sur la carte : une grille apparaît. Cliquez sur le carré d’intérêt (10 m2) pour connaître le risque d’inondations : vous obtiendrez la cause de l’inondation (pluvial, fluvial, eau souterraine, égout), sa fréquence (aléa) et ses conséquences potentielles grâce à l’indication de la hauteur d’eau. Si aucun carré n’est représenté, c’est qu’il n’y a pas de risque d’inondation modélisé à cet endroit.

Comment se protéger contre les inondations ?

Découvrez les moyens de se protéger des inondations sur notre page web.

Attention

Les cartes des zones inondables sont indicatives (voir les conditions d’utilisation) :

  • Une zone non reprise en zone inondable ne garantit pas que le risque d’inondation y est exclu : d’une part, certains éléments très locaux ne sont pas forcément repris dans les modèles (tels que le niveau exact des caves, la microtopographie, des obstructions de toutes natures). D’autre part, des évènements imprévisibles (tels qu’un avaloir bouché, une rupture de canalisation, une panne du système de pompage) peuvent engendrer des inondations localement.
  • A l’inverse, une zone reprise en zone d’aléa ne signifie pas que la zone sera effectivement inondée, puisque les modèles ne tiennent pas compte des mesures individuelles prises pour protéger des bâtiments.

Au moins 1/5ème de la superficie régionale est inondable

  • Potentiellement, 1% du territoire régional est situé en zone d’aléa fort (une inondation est susceptible de s’y produire tous les 25 ans). Et 1% du territoire est situé en zone d’aléa moyen (une fois par siècle). Quant à la zone d’aléa faible (une fois par millénaire), elle couvre 2% de la superficie régionale. Ces chiffres se rapportent au risque combiné pour les inondations pluviales, fluviales et partiellement pour celles dues au refoulement d’égout sur les voiries mais excluent les inondations dues au refoulement des égouts en cave, qui sont étendues.
  • Quasi 20% de la superficie régionale est potentiellement touchée par des remontées de nappe d’eau souterraine dans les caves. Une superposition avec les zones d’aléa du risque combiné est observée pour 3% du territoire régional.

Bon à savoir

La sensibilité d’une zone du territoire dépend de sa position dans le bassin versantTerritoire sur lequel l'ensemble des eaux précipitées convergent vers un même exutoire (cours d'eau, étang, etc.). Chaque bassin versant se subdivise en différents sous-bassins versants, correspondant à la surface d'alimentation des affluents se jetant dans le cours d'eau principal. Ces unités géographiques permettent l'analyse du cycle hydrologique local et de ses effets.) et de l’imperméabilisation des sols. Un fond de vallée en aval de surfaces à dominante verte, où l’eau s’infiltre naturellement, ne sera a priori pas touché par une inondation. En revanche, un fond de vallée en aval de surfaces fortement imperméabilisées a de grandes chances d’être situé en zone d’aléa.

Quels risques pour les habitants ?

  • 31% des Bruxellois sont susceptibles d’avoir leur cave envahie par des eaux qui refoulent des égouts, alors même que ce risque n’est pas modélisé sur tout le territoire (1/4 des zones habitées ne sont pas couvertes par le modèle). Ils seraient 25% à y être confrontés tous les 25 ans ; et 6%, tous les 100 ans. Heureusement, il est possible de se prémunir de ce type d’inondations grâce à des dispositifs anti-refoulement (voir l’encadré « liens utiles » ci-dessous). Et les réseaux d’égouts privés bien conçus, c’est à dire 100% étanches sous le niveau de la voirie, en sont préservés. De plus, ce chiffre est maximaliste puisqu’il part de l’hypothèse que tous les logements disposent d’une cave, située à 2,5 m de profondeur.
  • 20% des Bruxellois pourraient être touchés par les inondations pluviales. Mais pour la moitié d’entre eux, ce risque est rare. Néanmoins 8% des habitants sont potentiellement exposés à ce risque tous les 100 ans et quelques milliers d’habitants (courent même un risque élevé.
  • Les remontées de nappe en cave touchent potentiellement 24% de la population. Ce chiffre est toutefois maximaliste puisqu’il part de l’hypothèse que tous les logements disposent d’une cave, située à 2,5 m de profondeur.
  • En ce qui concerne les inondations fluviales, l’exposition de la population bruxelloise est négligeable : 0,1% selon la modélisation de 2025. Le Canal fait en effet office de bassin d’orage pour la Senne et son fond de vallée. De plus, la majorité des plaines inondables se situent en zone verte.

Population potentiellement exposée au risque d’inondations

Source : Bruxelles Environnement, sur base des cartes de risque d’inondation version 2025 & Statbel, répartition de la population au 1er janvier 2024
Graphique :Population potentiellement exposée au risque d’inondations

Lire le texte de transcription

Le pourcentage de la population potentiellement exposée au risque d’inondations selon le type d’inondation est :

  • Pour les inondations par remontée de nappe en cave, c’est-à-dire lorsque le niveau de la nappe est à moins de 2,5 m de profondeur : 24%
  • Pour les inondations fluviales : moins de 0,1%, tous aléas confondus
  • Pour les inondations pluviales (ruissellement) : 11% pour l’aléa faible (TR1000), 8% pour l’aléa moyen (TR100) et moins de 1% pour l’aléa fort (TR25)
  • Pour les inondations par refoulements d’égouts en cave : 6% pour l’aléa moyen (TR100) et 25% pour l’aléa fort (TR25), sachant que le risque n’est pas connu pour 26% de la population.

Le pourcentage de la population qui n’est a priori pas exposée au risque d’inondations est donc respectivement de 76%, plus de 99,9%, 80% et 43%.

Quels risques pour les écoles et hôpitaux ?

Près d’1 école sur 5 (22%) est potentiellement exposée aux inondations pluviales, dont la moitié se situe en zone d’aléa faible, l’autre moitié en aléa moyen. 1 seul établissement est implanté en aléa fort.

1 hôpital sur 4 (25%) est susceptible d’être touché par des inondations pluviales, dont un quart se situe en zone d’aléa faible, trois quarts en zone d’aléa moyen mais aucun en zone d’aléa élevé.

En ce qui concerne les inondations fluviales, le risque est minime : seules 3 écoles y sont exposées tandis qu’aucun établissement hospitalier n’est concerné.

Etablissements sensibles potentiellement exposés au risque d’inondation pluviale

Source : Bruxelles Environnement, sur base des cartes de risque d’inondation version 2025 & des données UrbIS version 2025 (sauf points d’intérêt : version 2024) pour les bâtiments des écoles (N=1295) et des hôpitaux (N=56)
Graphique : Etablissements sensibles potentiellement exposés au risque d’inondation pluviale

Lire le texte de transcription

Le pourcentage de bâtiments sensibles potentiellement exposés au risque d’inondation pluviale est :

  • Pour les écoles : 11% pour l’aléa faible (TR1000), 11% pour l’aléa moyen (TR100) et moins d’1% pour l’aléa fort (TR25).
  • Pour les hôpitaux : 5% pour l’aléa faible (TR1000), 20% pour l’aléa moyen (TR100) et 0% pour l’aléa fort (TR25).

Le pourcentage d’écoles et d’hôpitaux (en nombre de bâtiments) qui ne sont pas exposés au risque d’inondation pluviale serait donc respectivement de 78% et 75%

Quels risques pour l’économie et l’environnement ?

Vis-à-vis de l’activité économique, 91% de la superficie des zones industrielles (selon l’affectation au PRASLe Plan régional d'Affectation des Sols est l'un des outils majeurs de la politique d'aménagement du territoire régional. Il comprend des prescriptions générales pour l'affectation des sols, des cartes délimitant des zones d'affectation et des prescriptions particulières par zone (notamment pour la protection des espaces verts). Il constitue en outre la référence légale pour l'octroi des permis d'urbanisme, de primes à la rénovation, etc. Il transcrit par ailleurs les objectifs opérationnels du PRD en carte.) se situent partiellement ou plus rarement totalement en zone d’aléa d’inondation pluviale et 30%, en zone d’aléa d’inondation fluviale. Le bassin industriel résiduel de la RBC est en effet essentiellement présent sur l’axe Senne-Canal.

Dans le cas de certains établissements industriels, au dommage économique s’ajoute un risque de pollution accidentelle pour l’environnement compte tenu de la présence sur site de substances dangereuses notamment ou de dysfonctionnement des installations (par exemple sur l’efficacité du processus épuratoire au niveau des stations de traitement d’eaux uséesEaux qui ont été affectées à un usage domestique ou industriel et qui sont généralement chargées de différentes substances.). 11 des 13 installations IED déclarées au titre de la directive relative aux émissions industrielles en Région bruxelloise sont implantées, en tout ou partie, en zone inondable pluviale. 1 d’entre elles sont également situées en zone inondable fluviale. Les 2 stations d’épuration ainsi que les 3 sites Seveso, qui relèvent de la directive 2012/18/EU, se trouvent, en tout ou partie, en zone inondable pluviale et/ou fluviale.

Si la zone de protection de captage d’eau potable du Bois de la Cambre et de la Forêt de Soignes et le réseau Natura 2000 se situent essentiellement en dehors de la zone d’aléa, il n’en est pas de même de certains sites Natura 2000 localisés en fond de vallée : en cas d’inondation, ceux-ci sont susceptibles de recevoir des eaux polluées soit par surverse du réseau d’égout soit par des eaux ruisselées contaminées.

Des cartes de risques ont également été dressées pour évaluer les conséquences négatives sur la mobilité, à la suite de l’inondation des réseaux de transport (routier, ferroviaire, tram, métro) et infrastructures associées (parkings couverts, gares ou stations de métro). Les parties les plus sensibles correspondent sans surprise aux tronçons souterrains des réseaux de transport (tunnels, voies de chemin de fer et de métro en sous-sol) et aux voiries en fond de vallée.

L’évaluation des risques a enfin porté sur les monuments et sites classés et sur les infrastructures vulnérables de type caserne de pompier ou poste de police.

Bon à savoir

Le risque d’inondation pluviale et fluviale a été évalué pour certaines cibles (écoles, hôpitaux, certaines activités économiques, patrimoine bâti ou environnemental…). La cible est caractérisée « à risque » lorsqu’elle est située partiellement ou totalement en zone d’aléa. Les cartes de risque rendent donc compte de la vulnérabilité des bâtiments, infrastructures ou sites aux inondations mais en aucun cas, des potentiels dommages engendrés par celles-ci. Elles peuvent toutes être consultées sur la carte interactive geodata, via le menu « Données et recherche ». L’évaluation des risques complète est fournie dans cette fiche.

Mieux se prémunir contre les inondations

Tant la carte des aléas que celle des risques d’inondations constituent des outils de sensibilisation et de conscientisation de la population à la lutte contre les inondations. Suivant le fameux adage « un homme averti en vaut deux », les habitants, entrepreneurs ou industriels potentiellement touchés ont tout intérêt à prendre des mesures de protection à l’échelle de leur bâtiment, lorsque cela est possible. A cet effet, plusieurs ressources peuvent être utiles :

Liens utiles

  • Des alertes aux orages exceptionnels peuvent être reçues sur base horaire grâce à l’application de l’IRM. Il est également possible de rapporter le constat d’une inondation via l’application.
  • Le service de guidance anti-inondations de VIVAQUA offre un accompagnement gratuit aux habitants rencontrant des problèmes d’inondations par refoulement d’égout dans leur logement pour identifier l’origine du problème et la solution la plus adaptée à mettre en œuvre.
  • Une brochure de Bruxelles Environnement à destination des habitants renseigne sur les bons gestes avant, pendant et après les inondations.
  • Retrouvez tous les outils à votre disposition sur notre page web « Inondations : prévention et solutions » (dossier du Guide du Bâtiment Durable consacré aux dispositifs pour sécuriser votre habitation, catalogue de produits anti-inondations de Buildwise, etc.).

Pour être réellement efficaces, ces mesures à l’échelle individuelle doivent s’accompagner de mesures collectives. De nombreuses figurent dans le plan de gestion des risques d’inondation, qui fait partie intégrante du plan de gestion de l’eau. Elles couvrent l’ensemble du cycle de gestion d’une inondation : prévention, protection, préparation, gestion de crise et réparation. L’accent est mis sur l’axe préventif avec un objectif principal : restaurer le cycle naturel de l’eau (désimperméabilisation des sols, infiltration de l’eau, tamponnage des eaux au niveau des parcelles, déconnexion des eaux pluviales / de ruissellement du réseau d’égouttage, etc.).

Le saviez-vous ?

Un système d’alerte météo prévient les autorités bruxelloises en temps réel des évènements de précipitation extrême susceptibles d’engendrer des inondations pluviales ou par refoulement d’égouts. Ce système repose sur un outil de l’IRM capable de prédire, pour un évènement orageux en cours et jusqu’à 3 heures avant qu’il n’atteigne le territoire, les cumuls de précipitation attendus et la période de retour correspondante (pour plus de détails sur cet outil, voir la fiche documentée Climat n°1).

Un système d’alerte de crue prédit par ailleurs des inondations fluviales de 3 à 10 jours à l’avance.

À télécharger

Fiche(s) méthodologique(s) 

  • Carte : Aléa d’inondation (.pdf)
  • Carte : Risques d’inondation (.pdf)

Fiche(s) documentée(s) 

  • 8. Eaux pluviales et inondations (.pdf)
  • Climat – 1. Suivi et prévision de la pluviométrie en Région bruxelloise (.pdf)
  • Climat – 6. Evolution future du climat en Belgique et en RBC, et conséquences et risques associés (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • L’évaluation préliminaire des risques d’inondation pour la Région de Bruxelles-Capitale, 2024 (.pdf)
  • Brochure « Faire face aux inondations », 2025 (.pdf)

Etude(s) et rapport(s)

  • Composante urbaine, avril 2014. « Etude présentant des projets innovants en matière de gestion des eaux pluviales sur l’espace public et en voirie ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement. 160 pp. (.pdf)
  • STRATEC, 2024. « Coût et financement GIEP  ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement. 193 pp. Diffusion restreinte
  • VIVAQUA, juin 2025. « Lutte contre le refoulement d’égout - Eviter le risque d’inondations en cave par retour d’eau via une conception adéquate du réseau privatif ». Conférence du 5 juin 2025 « Bâti en zone inondable – les bonnes pratiques » (.html)

Plan(s) et programme(s)

  • Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI) intégré au Plan de gestion de l’eau de la Région de Bruxelles-Capitale pour la période 2022-2027, juillet 2023 (.pdf) - Chapitre 6, axe 5, p.612-690
  • Document préparatoire au Plan de gestion de l’eau de la Région de Bruxelles-Capitale 2028-2033, mars 2025 (.pdf)  – Question importante n°5 relative aux mesures d’atténuation et d’adaptation face aux effets des changements climatiques p.16-18

Les inondations importantes récentes

Focus - Actualisation : Février 2025 

35 inondations significatives ont eu lieu en Région bruxelloise entre 2007 et 2023, dont 6 rien qu’en 2021. La plupart ont eu lieu au printemps ou en été. Et toutes découlaient du ruissellement d’eaux de pluie et du refoulement des égouts. Dix s’accompagnaient aussi de débordements de cours d’eau. Quels ont été les évènements les plus intenses ? Quels sont ceux qui ont entrainé le plus de dommages ? 

Un inventaire difficile à constituer

La Région bruxelloise est exposée au risque d’inondations et ce n’est pas nouveau. Mais si les archives d’articles de presse évoquent certains évènements marquants, il est difficile de dresser un historique minutieux des inondations passées et de connaitre avec précision les zones inondées. 

La province du Brabant, qui était compétente sur le territoire avant la création de la Région de Bruxelles-Capitale, avait listé les grosses artères qui furent inondées au cours du siècle dernier. Mais ce n’est que depuis 1997 que nous disposons d’un inventaire suffisamment précis, c’est-à dire une liste des adresses et infrastructures inondées. Cet inventaire compte 9400 observations entre 1997 et 2023. Il est alimenté par différentes sources : le Fonds des Calamités (1999-2006), les pompiers (interventions du SIAMU), Vivaqua, le gestionnaire du réseau d’égouttage (signalements du personnel et d’habitants) et les communes. 

En complément, une estimation de l’étendue et du coût des dommages est obtenue pour les inondations survenues depuis 2007 et susceptibles d’avoir entrainé le plus de dégâts. Et ce, grâce aux articles de presse et à Assuralia, qui représente pratiquement toutes les compagnies d’assurance de Belgique (les inondations sont couvertes par l’assurance incendie depuis 2006). Les chiffres d’Assuralia peuvent cependant être surestimés car ils incluent les dommages liés au vent, qui accompagne certaines inondations.

Le saviez-vous ?

Tout citoyen peut signaler ses propres observations d’inondations, avec photos, sur l’application mobile de l’IRM (Institut Royal Météorologique). Ces infos sont transmises aux services hydrologiques compétents, à savoir Bruxelles Environnement pour la Région bruxelloise. Contribuez à l’inventaire !

Attention

L’inventaire des inondations est biaisé : les zones habitées ou sièges d’activités économiques sont bien représentées alors que les données sont moins nombreuses pour les espaces verts. Les données proviennent effectivement d’instances dont le but principal est de réparer, limiter ou indemniser les dommages matériels et économiques liés aux inondations. De plus, la durée brève de la plupart des inondations ne facilite pas leur observation, d’autant plus si l’inondation a lieu la nuit.

Au moins 1 inondation significative par an

  • 35 inondations significatives ont été recensées entre 2007 et 2023, soit près de 2 inondations par an en moyenne. La carte ci-dessous reprend les observations correspondantes, issues de l’inventaire.
  • 11 relevaient du scénario extrême (aléa faible) de la cartographie des zones inondables, 14 du scénario occasionnel (aléa moyen) et 10 du scénario fréquent (aléa élevé).
  • Le record est détenu par l’année 2021 avec 6 épisodes !
  • Toutes correspondaient à des inondations pluviales, conséquences du ruissellement d’eaux de pluie et de refoulements des égouts. La violence de ces évènements peut endommager les infrastructures et causer d’importants dégâts aux bâtiments.
  • 10 d’entre elles étaient également conjuguées avec des inondations fluviales (débordement de cours d’eau). La zone touchée par ce type d’inondation était plutôt limitée et se situait souvent en zone verte.
  • Aucune zone du territoire régional n’est épargnée. 

Observations liées aux inondations significatives ayant eu lieu entre 2007 et 2023 (précipitations avec une période de retour PR ≥ 10 ans)

Source : Bruxelles Environnement, évaluation préliminaire des risques d’inondation, 2024
Carte : observations liées aux inondations significatives ayant eu lieu entre 2007 et 2023

Qu’est-ce qu’une inondation significative ?

Une inondation est jugée significative pour toute pluie de période de retour supérieure ou égale à 10 ans. Autrement dit, qui a une probabilité de se produire en moyenne une fois tous les 10 ans ou qui a chaque année 10% de chance de se produire. A Uccle par exemple, cette pluie correspond à un cumul de 25,7 mm en 1h ou encore de 62 mm en 24h. Cette période de retour équivaut à l’aléa élevé de la cartographie des zones inondables.

Comment ont été déterminées les pluies locales de référence ?

Les périodes de retour associées à des précipitations d’intensité et de durée données ont été calculées pour la station météorologique de référence d’Uccle, à partir des observations de 1898 à 2007 (Van de Vyver, 2015). Ces pluies ont ensuite été associées à des pluies locales de référence au niveau des 16 pluviomètres du réseau Flowbru (en service depuis 2007), puis au niveau de chacun des 6 sous-bassins versants de la Région cartographiés ci-dessus : Senne, Molenbeek, Maalbeek, Neerpeedebeek / Broekbeek / Vogelzangbeek, Geleytsbeek / Linkebeek / Ukkelbeek et Woluwe.

Des inondations généralement printanières ou estivales

Presque toutes les inondations significatives recensées entre 2007 et 2023 (33 sur 35) se sont produites au printemps ou en été. A ces saisons, les inondations découlent habituellement d’orages, responsables de précipitations intenses et de courte durée : elles touchent alors des zones situées aussi bien en tête de bassin versantTerritoire sur lequel l'ensemble des eaux précipitées convergent vers un même exutoire (cours d'eau, étang, etc.). Chaque bassin versant se subdivise en différents sous-bassins versants, correspondant à la surface d'alimentation des affluents se jetant dans le cours d'eau principal. Ces unités géographiques permettent l'analyse du cycle hydrologique local et de ses effets.) qu’en fond de vallée et se caractérisent par de brusques phénomènes. Sur la période 2018-2023, toutes les inondations significatives se sont déroulées à ces saisons : elles ont effectivement été souvent très localisées, généralement de courte durée (inférieures à 6h) et difficiles à prévoir. 

2 inondations significatives seulement ont eu lieu à l’automne ou en hiver. Elles se caractérisent alors plutôt par de longues pluies, sont progressives et concernent surtout les fonds de vallée.

Quelles sont les conséquences des inondations à Bruxelles ? 

Les principales conséquences directes des inondations pour les activités humaines et économiques en Région bruxelloise sont des caves de bâtiments et des infrastructures de transport inondées (avaloirs bouchés et chaussées, tunnels, stations de métro et gares souterraines sous eau). 

Mais l’environnement souffre également : les eaux de ruissellement viennent gonfler temporairement le débit dans les égouts, occasionnant des rejets directs d’eaux uséesEaux qui ont été affectées à un usage domestique ou industriel et qui sont généralement chargées de différentes substances. dans les eaux de surfaceOn fait habituellement la distinction entre l’eau de mer et les eaux intérieures, lesquelles sont à leur tour subdivisées en eaux de surface et eaux souterraines. Les eaux de surface font référence à l’eau qui coule ou stagne à la surface de la terre. Elles comprennent l’eau des lacs, des rivières et des plans d’eau (étangs, bassins artificiels, mares, etc.) au niveau des déversoirs d’orage, ce qui détériore leur qualité et met en danger la vie aquatique (voir le focus sur l’épuration des eaux usées). Des eaux de ruissellement polluées peuvent également rejoindre des zones naturelles ou les eaux souterraines, ce qui a un impact sur la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). et la qualité d’eau. 

Les inondations majeures récentes 

Est-ce qu’inondation majeure rime avec dégâts graves ? Pas forcément… comme l’illustre le graphique ci-dessous : ceci s’explique entre autres par le caractère très localisé et généralement bref des pluies à l’origine des inondations. 

Deux inondations récentes de la période 2018-2023 ont été provoquées par des pluies de période de retour dépassant localement les 200 ans, ou autrement dit ayant moins de 0,5% de chance de se produire dans l’année :

  • Le 4 juin 2021, avec 140 signalements, qui est le nombre le plus élevé remonté pour un évènement sur cette période, et près de 70 interventions de pompiers pour pomper de l’eau dans des bâtiments inondés. Il a plu pendant plusieurs heures. Trois bassins, au centre et à l’ouest de la Région, ont été particulièrement touchés : Senne, Molenbeek et Neerpedebeek / Broekbeek / Vogelzangbeek. Et les dégâts ont été conséquents : plus de 3 millions d’euros pour l’ensemble des 650 sinistres d’habitations déclarés environ, selon Assuralia.
  • Le 26 juillet 2018, avec « seulement » 38 signalements et 0,1 million d’euros de sinistres d’habitations. Ces nombres relativement faibles ne sont en effet pas représentatifs de l’ampleur du phénomène : les pluies intenses sont tombées sur la frontière à l’Est de la Région, dans le bassin de la Woluwe, donc aussi en Région flamande.

Mais la palme de l’inondation récente ayant causé le plus de dommages revient à celle du 14 au 16 juillet 2021 : plus de 11 millions d’euros et plus de 800 habitations sinistrées. Les pompiers sont intervenus dans une quarantaine de bâtiments. La pluie de retour maximale enregistrée était alors de 70 ans, dans les bassins de la Senne et du Molenbeek. 

Par ailleurs, le record du nombre d’interventions de pompiers (plus de 100 pour des bâtiments) a été enregistré le 1er septembre 2023. 

Et par le passé, entre 2007 et 2017, 2 inondations historiques majeures occupent la tête du nombre de signalements : les 23 et les 18 août 2011, avec respectivement 935 et 400 signalements. Les conséquences économiques ont été toutefois limitées : près de 0,03 millions d’euros pour chacune d’entre elles selon Assuralia. Leur période de retour locale maximale était de 200 ans. 

Nombre d’observations d’adresses inondées et période de retour maximale pour les inondations significatives ayant eu lieu en RBC entre 2007 et 2023

Source : Bruxelles Environnement, évaluation préliminaire des risques d’inondation, 2024
Tableau : nombre d’observations d’adresses inondées et période de retour maximale pour les inondations significatives ayant eu lieu en RBC entre 2007 et 2023

Y a-t-il plus d’inondations qu’avant ?

Les données historiques rassemblées n’offrent pas la possibilité de dégager une éventuelle tendance de l’occurrence des inondations sur la Région de Bruxelles-Capitale entre 1900 et aujourd’hui. 

Et l’inventaire précis de 2007 à 2023 a une couverture temporelle trop réduite que pour dégager une tendance claire : de 1 à 3 inondations significatives ont eu lieu chaque année. La seule exception est l’année 2021, avec 6 épisodes.

À télécharger

Fiche(s) documentée(s)

  • Eaux pluviales et inondations (.pdf)
  • Climat – 1. Suivi et prévision de la pluviométrie en Région bruxelloise (.pdf)
  • Climat – 2. Evolution passée du climat en Région bruxelloise – Température et précipitations (.pdf)

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • L’évaluation préliminaire des risques d’inondation pour la Région de Bruxelles-Capitale, 2024 (.pdf)
  • L’évaluation préliminaire des risques d’inondation pour la Région de Bruxelles-Capitale, 2018 (.pdf)

Etude(s) et rapport(s)

  • FACTOR-X, ECORES, TEC, octobre 2012. « L’adaptation au changement climatique en Région de Bruxelles-Capitale : élaboration d’une étude préalable à la rédaction d’un plan régional d’adaptation ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement. 252 pp.  (.pdf)

Plan(s) et programme(s)

  • Plan de gestion de l’eau de la Région de Bruxelles-Capitale pour la période 2022-2027, juillet 2023 (.pdf), en particulier le chapitre 6 - axe 5 relatif aux mesures du Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI – p.612-690)

Liens utiles

  • VIVAQUA, Service de guidance inondations
  • Application mobile météo de l’IRM

Imperméabilisation des sols bruxellois

Focus - Actualisation : juillet 2024

L’urbanisation et la disparition de surfaces non bâties sont confirmées par l’analyse de photos aériennes et satellitaires et ont comme corollaire une imperméabilisation des sols. 1 m2 sur 2 est imperméabilisé en Région bruxelloise en 2022 ! 53% exactement. 59% si on exclut la forêt de Soignes. L’évolution de l’imperméabilisation révèle de plus que cette proportion a doublé depuis 1955 et progresse de manière linéaire depuis 1993. Comment évolue ce taux à l’échelle des communes, des quartiers ? Et comment inverser cette tendance pour atteindre l’objectif européen de « zéro artificialisation nette » en 2050 ?

Qu’entend-on par imperméabilisation ?

L’imperméabilisation est une forme de dégradation de l’état naturel d’un sol :

  • en raison d’une artificialisation de sa couverture ou sur une certaine épaisseur (ex : remblais, pavement d’un sol, asphaltage d’une voirie, construction d’un bâtiment, aménagement de terrains synthétiques…),
  • à la suite de sa compaction (ex : durcissement résultant de la forte fréquentation d’un chemin par les usagers ou par des véhicules).

A l’état naturel, un sol laisse s’infiltrer une partie de l’eau de pluie, tandis qu’une autre partie ruisselle vers les surfaces en aval pour aboutir in fine dans les égouts ou dans le réseau hydrographiqueLe réseau hydrographique regroupe l’ensemble des cours d'eau, étangs, mares, zones humides…. L’eau qui s’infiltre est soit utilisée par les plantes (évapotranspirationL’eau de pluie est retenue au niveau du sol puis s’évapore vers l’atmosphère. La présence de plantes amplifie/augmente fortement ce phénomène.), soit percole jusque vers les eaux souterraines où elle contribue à leur recharge. La fraction de l’eau de pluie qui s’infiltre ou qui ruisselle dépend de la nature du sol mais aussi, en milieu artificialisé, de son degré d’imperméabilisation. Plus un sol est imperméabilisé, plus l’infiltration diminue au profit du ruissellement, accroissant le risque d’inondation. Cette imperméabilisation peut conduire, dans le cas extrême, à rendre le sol étanche à l’eau (infiltration nulle).

Au-delà de la perturbation du cycle de l’eau, les effets de l’imperméabilisation sur l’environnement sont :

  • Une dégradation de l’état des sols, qui nuit aux services écosystémiquesEnsemble des services rendus par les sols à l’environnement et de facto à notre société : fourniture d’eau potable, limitation des inondations, stockage du Carbone atmosphérique, support pour la faune et la flore...) qu’ils rendent (voir focus sur la qualité des sols).
  • Une baisse du degré de verdurisationActe volontaire visant à réintroduire de la végétation dans des zones qui en sont dépourvues. de la ville et une fragmentation des habitats naturels (voir focus sur la couverture végétale et celui sur la fragmentation),
  • Une altération du microclimat urbain avec l’augmentation de l’effet d’îlot de chaleur (voir focus sur les îlots de chaleur).

« Lorsque les sols sont imperméabilisés pour y ériger des constructions, tous les services écosystémiques essentiels fournis par ces sols sont irréversiblement perdus, exposant ainsi les villes à des pics d’inondations plus élevés et à des effets d’îlot thermique plus intenses. […] Les terres et les sols sont fragiles et leurs ressources limitées sont soumises à une soif d’espace sans cesse croissante : l’étalement urbain et l’imperméabilisation des sols épuisent la nature et transforment des écosystèmes précieux en déserts de béton. »

Commission européenne, 2021, Stratégie 2030 pour les sols |

53% de la Région imperméable en 2022

En 2022, 86,45 km2 sur les 162,42 km2 de la Région bruxelloise étaient imperméables, soit 53,2%. Si on exclut la forêt de Soignes, ce chiffre monte même jusqu’à 59% !

Sans surprise, l’imperméabilisation est très forte au centre de la Région et tend à décroître au fur et à mesure que l’on s’en éloigne :

  • Le Pentagone est imperméabilisé à 93% et la majorité des quartiers de la première couronne présentent 85% ou plus de surfaces imperméables. Ces quartiers sont également ceux dont les taux d’occupation du bâti des îlots urbains (groupe de parcelles entouré de voiries) sont les plus hauts et les taux de végétalisation les plus faibles (IBSA, 2023).
  • Même en seconde couronne, l’imperméabilisation grignote le territoire et reste importante. Les quartiers à proximité de la première couronne y affichent un taux d’imperméabilisation majoritairement compris entre 60 et 85%. Les quartiers les plus extérieurs comptent généralement moins de 60% de surfaces imperméables (IBSA, 2023).
  • Seuls les grands espaces verts régionaux ressortent très nettement comme surfaces perméables (forêt de Soignes et bois de la Cambre, domaine et parc de Laeken, Bois du Laerbeek et parc Roi Baudouin, zone verte de la Pede, parc de Woluwe, …) ainsi que certains grands espaces végétalisés, tels que le cimetière de Bruxelles.

Le taux d’imperméabilisation moyen des grandes villes européennes a par ailleurs été évalué à 42% en 2018 par l’Agence européenne pour l’environnement. Toujours selon l’Agence, celui de la Région de Bruxelles-Capitale était supérieur à cette moyenne européenne avec 47% d’imperméabilisation en 2018. La Belgique se classait par ailleurs au 3ème rang des pays européens les plus imperméabilisés, derrière les Pays-Bas et Malte (AEE, 2018).

Carte des surfaces imperméables en 2022

Sources : Bruxelles Environnement, 2024 sur base de WEO, 2023, résolution de 1m
Carte interactive

Comment a été déterminé le taux d’imperméabilisation ?

Ce résultat a été obtenu grâce à l’intelligence artificielle – modèle d’apprentissage profond (deep learning) -  à partir de l’interprétation d'images satellites et de photos aériennes pour l’année 2022 (WEO, 2023 – voir la fiche méthodologique). Chaque m2 de la superficie régionale a ainsi été catégorisé par le modèle en surface perméable ou imperméable :

  • Font partie des surfaces imperméables: les bâtiments, les revêtements de sol artificiels (comme les rues, les places, les parkings, etc.), les sols compactés, les terrains de sport imperméables (courts de tennis en terre battue ou en béton) et les toitures vertes (extensives). Les revêtements semi-perméables, tels que les sentiers et parkings en graviers, les pavés à large joints, ne peuvent être discriminés par le modèle et sont dès lors classés comme imperméables.
  • Les surfaces perméables englobent les sols couverts de végétation, les sols nus, les zones d’eau ainsi que les terrains de sport en gazon naturel ou artificiel.
  • Les voies de chemin de fer ainsi que les zones autour des arbres de rue sont considérées comme perméables ou imperméables en fonction du type de revêtement.

Attention

Il ne faut pas confondre taux de perméabilité des sols et taux de végétalisation, même s’ils sont du même ordre de grandeur. Ce dernier détermine le pourcentage de couverture végétale, laquelle est en principe reprise comme surface perméable. Mais des surfaces non couvertes par la végétation seront également classifiées en tant que surfaces perméables : sols nus, zones d’eau, terrains de sport en pelouse synthétique, … Et à l’inverse, les couronnes des arbres comptabilisées dans le taux de végétalisation peuvent se situer en partie au-dessus de toitures ou d’un revêtement au sol imperméable autour de leur fosse de plantation. Certaines toitures vertes peuvent également être interprétées comme imperméables.

Entre 16 et 91% de surfaces imperméables selon les communes

  • Les communes présentant le plus fort taux d’imperméabilisation sont Saint-Josse-ten-Noode (91%), Saint-Gilles (90%) et Etterbeek (84%). Trois autres communes ont plus des ¾ de leur superficie imperméabilisée : Schaerbeek (78%), Koekelberg (77%) et Ixelles (76%). Elles sont talonnées par Forest (73%) et Molenbeek-Saint-Jean (72%).
  • Sept autres communes ont un taux supérieur à la moyenne régionale, et donc plus de la moitié de leur territoire imperméabilisé : Bruxelles (63%), Evere (59%), Woluwe-Saint-Lambert et Berchem-Sainte-Agathe (58%), Jette et Anderlecht (56%) ainsi que Ganshoren (54%).
  • Quatre communes seulement comptent moins de surfaces imperméables que l’inverse: Woluwe-Saint-Pierre (40%), Auderghem (32%), Uccle (30%) et Watermael-Boitsfort (16%). Ces plus faibles proportions s’expliquent notamment par la présence de la forêt de Soignes sur une part plus ou moins grande de ces communes, ce qui doit amener à nuancer les conclusions que l’on peut tirer de ces taux d’imperméabilisation établis à l’échelle des communes.

15 des 19 communes ont plus de la moitié de leur superficie imperméabilisée en 2022

Sources : Bruxelles Environnement, 2024 sur base de WEO, 2023
Taux d'imperméabilisation en 2022

Lire le texte de transcription

Le taux d’imperméabilisation pour les différentes parties de la Ville de Bruxelles est de :

  • 93% pour le Pentagone
  • 80% pour le Nord-Est,
  • 75% pour le Nord,
  • 64% pour Haren,
  • 54% pour Neder-over-Heembeek,
  • 50% pour Laeken,
  • 40% pour Louise.

Carte des surfaces imperméables agrégées par îlot urbain, par route et par commune en 2022

Sources : Bruxelles Environnement, 2024 sur base de WEO, 2023, agrégation des surfaces imperméables de résolution 1m à l’échelle des îlots urbain UrbIS, routes ou communes (avec le détail pour la Ville de Bruxelles)
Carte interactive
Taux par quartier (IBSA)

Le taux d’imperméabilisation ne cesse d’augmenter

Pour évaluer l’évolution de l’imperméabilisation au fil du temps, une deuxième carte a été produite avec une méthode adaptée, se rapprochant de celle employée en 2006 (voir encadré ci-dessous). Selon cette deuxième carte, l’imperméabilité de 2022 augmente de 53,2% à 53,7%. De plus - et c’est une mauvaise nouvelle pour l’environnement – elle confirme la croissance quasi linéaire des surfaces imperméables en Région de Bruxelles-Capitale depuis 1993 voire même depuis 1955. Ainsi depuis 2006, les surfaces imperméables se sont étendues d’environ 0,7 km2 par an en moyenne (soit un peu plus que la taille du Parc de Woluwe chaque année). Et par rapport à 1955, elles ont doublé.

L’augmentation de l’imperméabilité est due :

  • Avant tout à l’urbanisation croissante mais pas seulement.
  • Le modèle de 2022 est plus précis que celui de 2006 et permet notamment de mieux discriminer des surfaces imperméables de faible superficie comme des parkings et terrasses sur des terrains privés ou des petits sentiers.

Comment a-t-on déterminé l’évolution de l’imperméabilisation ?

  • selon une méthodologie la plus proche possible de celle employée lors de la précédente étude de 2006, qui avait modélisé cette évolution entre 1955 et 2006 à une résolution de 100 m (IGEAT, 2006) ;
  • avec le même périmètre d’étude, légèrement moins étendu que le territoire régional (97,7%). Les zones non incluses dans ce périmètre étaient majoritairement perméables (notamment celles situées en forêt de Soignes).
    Plus d’info dans cette 2ème fiche méthodologique

Evolution de l’imperméabilisation de la Région bruxelloise entre 1955 et 2022

Sources : Bruxelles Environnement, 2024 sur base de IGEAT, 2006 pour la période 1955 à 2006 et WEO, 2023 pour l’année 2022 sur la même base territoriale que l’étude de l’IGEAT (97,7% de la superficie régionale)
Graph : Evolution imperméabilisation RB 1995 - 2022
Carte : Evolution imperméabilisation RB 1995 - 2022 (BIL)
Evolution de l'imperméabilisation en Région bruxelloise de 1995 à 2022

Lire le texte de transcription

Le taux d’imperméabilisation de la Région de Bruxelles-Capitale (sur 97,7% de sa superficie totale) était de :

  • 26% en 1955,
  • 34% en 1970,
  • 39% en 1985,
  • 40% en 1993,
  • 47% en 2006,
  • 55% en 2022.

Evolution par commune entre 2006 et 2022

  • Toutes les communes sauf une affichent une augmentation de leurs surfaces imperméables entre 2006 et 2022. L’exception est Saint-Gilles mais son taux d’imperméabilisation était très haut au départ (le 1er de la Région en 2006 et le 2ème en 2022).
  • En général, plus la superficie communale est importante, plus les surfaces imperméables en valeur absolue progressent. Bruxelles-Ville (+243 ha soit près de 2,4 km2) et Anderlecht (+139 ha soit près de 1,4 km2) sont les communes où ce gain est le plus élevé, sachant que toutes deux figurent parmi les 3 communes de plus grande taille. Elles présentent également en 2022 une densité de population plus basse que la moyenne régionale. Le gain pour les deux autres communes de grande superficie, Uccle et Watermael-Boitsfort, est comparativement moins élevé mais ceci s’explique par la présence de la forêt de Soignes.
  • En différence de taux d’imperméabilisation, les évolutions les plus marquées sont constatées pour Woluwe-Saint-Lambert (+12%), Jette (+12%), Saint-Josse-ten-Noode (+12%), Berchem-Sainte-Agathe (+12%) et Molenbeek-Saint-Jean (+11%). Il s’agit de 5 communes dont le taux d’imperméabilisation en 2006 était parmi les plus « bas », si on excepte les 3 autres communes couvertes par la forêt de Soignes (Watermael-Boitsfort, Auderghem et Uccle).

Evolution de l’imperméabilisation à l’échelle des communes entre 2006 et 2022

Sources : Bruxelles Environnement, 2024 sur base de WEO, 2023, les communes avec un astérique* sont celles dont la superficie prise en compte dans l’étude est inférieure à leur superficie réelle 
Graph : Evolution imperméabilisation échelle communes 2006 - 2022

Lire le texte de transcription

Les surfaces imperméables ont gagné du terrain entre 2006 et 2022 dans toutes les communes, sauf à Saint-Gilles. L’augmentation en hectares est indiquée pour chaque commune, par ordre décroissant :

  • Bruxelles : +243 ha
  • Anderlecht : +139 ha
  • Woluwe-Saint-Lambert : +90 ha
  • Woluwe-Saint-Pierre : +70 ha
  • Molenbeek-Saint-Jean : +67 ha
  • Schaerbeek : +66 ha
  • Jette : +62 ha
  • Evere : +53 ha
  • Auderghem : +42 ha
  • Ixelles : +36 ha
  • Uccle : +36 ha
  • Berchem-Sainte-Agathe : +34 ha
  • Etterbeek : +33 ha
  • Watermael-Boitsfort : +22 ha
  • Forest : +21 ha
  • Saint-Josse-ten-Noode : +14ha
  • Koekelberg : +12 ha
  • Ganshoren : +9 ha.

L’évolution du taux d’imperméabilisation est également fournie en points de pourcentage, par ordre décroissant :

  • +12% à Woluwe-Saint-Lambert, Jette, Saint-Josse-ten-Noode et Berchem-Sainte-Agathe,
  • +11% à Molenbeek-Saint-Jean,
  • +10% à Koekelberg, Evere et Etterbeek,
  • +8% à Schaerbeek, Woluwe-Saint-Pierre, Anderlecht et Bruxelles,
  • +6% à Ixelles,
  • +5% à Auderghem,
  • +4% à Ganshoren,
  • +3% à Forest,
  • +2% à Watermael-Boitsfort et Uccle.

Pour rappel, la superficie prise en compte dans cette évaluation pour les communes de Uccle, Watermael-Boitsfort, Bruxelles et Auderghem est inférieure à leur superficie réelle. La zone d’étude est détaillée dans la fiche méthodologique de l’indicateur sur l’évolution du taux d’imperméabilisation.

Le saviez-vous?

Lors d’une enquête en ligne sur les sols bruxellois menée à l’automne 2021, l’imperméabilisation des sols ressortait comme la 1ère source de préoccupation (78% des répondants), devant la pollution (62%) et la perte de biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). (53,5%) (Good Soil, consultation du grand public en septembre-octobre 2021, environ 250 réponses).

Comment lutter contre l’imperméabilisation des sols ? 

La Région bruxelloise tente d’enrayer les conséquences de l’imperméabilisation des sols grâce à la Gestion intégrée des Eaux Pluviales (GiEP) en favorisant leur infiltration à l’endroit où elles tombent (voir la fiche documentée n°8). L’objectif poursuivi est a minima de compenser toute nouvelle imperméabilisation des sols. Dans certains cas, des travaux de dés-imperméabilisation sont entrepris sur des terrains existants. Mais il faudra du temps avant que les effets soient sensibles.

Ces efforts accompagnent un objectif européen fort de « zéro artificialisation nette » des sols à l’horizon 2050 (Commission européenne, 2021). Le concept d’artificialisation est défini dans la proposition de directive sur la surveillance et la résilience des sols comme la conversion de terres naturelles et semi-naturelles mais aussi comme la perte de services écosystémiquesEnsemble des services rendus par les sols à l’environnement et de facto à notre société : fourniture d’eau potable, limitation des inondations, stockage du Carbone atmosphérique, support pour la faune et la flore...) fournis par les sols. La Stratégie bruxelloise Good Soil adoptée en 2024 prévoit, à l’issue d’une étude, de fixer une trajectoire de diminution d’ici 2050. Elle prévoit également de compenser l’artificialisation de nouveaux sols par la protection et la restauration des sols de qualité. Il est à espérer que des objectifs quantitatifs seront rapidement définis.

À télécharger

Fiche(s) méthodologique(s)

  • Indicateur : Imperméabilisation des sols (.pdf)
  • Indicateur : Evolution du taux d’imperméabilisation des sols (.pdf)

Accès aux données

  • Carte interactive des surfaces imperméables en 2022
  • Carte interactive du taux d’imperméabilisation en 2022
  • Métadonnée avec lien de téléchargement des données

Fiche(s) documentée(s)

  • Eaux pluviales et inondations (.pdf)
  • L’occupation des sols et les paysages bruxellois - 13. Analyse des surfaces non bâties en Région de Bruxelles-Capitale par interprétation d’images satellitaires (.pdf)

Fiche(s) de l’Etat de l’Environnement

  • Espaces verts et biodiversité – Focus : La couverture végétale en Région bruxelloise

Autres publications de Bruxelles Environnement

  • Carte interactive de la répartition de la végétation
  • Application cartographique Infiltrasoil – un outil pour évaluer les possibilités d’infiltration de l’eau de pluie
  • Good Soil - Rapport de l’enquête : consultation du grand public, janvier 2022. 14 pp. (.pdf)

Etude(s) et rapport(s)

  • WEO, 2023. « Carte des surfaces imperméables de la Région de Bruxelles-Capitale 2022 ». Etude réalisée pour le compte de Bruxelles Environnement.
    • Parties 1 et 2. 54 pp. (.pdf)
    • Partie 3 – Revêtements perméables, toitures vertes, terrains de sport. 20 pp. (.pdf)
  • ULB-IGEAT (S. Vanhuysse, J. Depireux et E. Wolff), octobre 2006. « Etude de l’imperméabilisation du sol en Région de Bruxelles-Capitale ». Etude réalisée pour le compte du Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale - AED – Direction de l’eau. 60 pp. (.pdf)

Plan(s) et programme(s)

  • Plan de gestion de l’eau de la Région de Bruxelles-Capitale pour la période 2022-2027, juillet 2023 (.pdf)
  • Stratégie Good Soil, mai 2024 (.html)
  • Stratégie pour la protection des sols à l’horizon 2030 de la Commission européenne, novembre 2021 (.pdf)

Liens utiles

  • IBSA – Monitoring des quartiers – Carte interactive de la part des surfaces imperméables en 2022 
  • Agence Européenne de l’Environnement – Indicateur « Imperviousness and imperviousness change in Europe »
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