Gérer l’eau durablement à tous les stades de son cycle
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- Espaces verts
- Sol
- Eau de pluie
- Eaux souterraines
- Eaux usées
Les 2 cycles de l'eau : le cycle naturel et le cycle humain (anthropique)
Le cycle naturel de l'eau, également connu sous le nom de cycle hydrologique ou « Grand cycle de l’eau », est le processus continu de circulation de l'eau dans l'atmosphère, sur la surface de la Terre et dans le sous-sol. Il comprend plusieurs étapes clés : l'évaporation, la condensation, les précipitations, l'infiltration et le ruissellement. Ce cycle est essentiel pour maintenir l'équilibre des écosystèmes et la disponibilité de l'eau douce.
Les eaux qui évoluent dans le cycle naturel sont :
En parallèle, le cycle humain ou « Petit cycle de l’eau » (aussi appelé cycle anthropique de l’eau, lié aux activités humaines), représente l'ensemble des processus par lesquels l'eau est captée, transportée, utilisée, distribuée et traitée. Cela inclut l'approvisionnement en eau potable, l'utilisation domestique, industrielle et agricole ainsi que le traitement et la gestion des eaux uséesEaux qui ont été affectées à un usage domestique ou industriel et qui sont généralement chargées de différentes substances..
Les eaux qui évoluent dans le cycle anthropique sont :
Quels sont les caractéristiques déterminantes du paysage bruxellois en matière de gestion de l’eau ?
Imperméabilisation
Dans une zone fortement urbanisée et densément construite comme la Région de Bruxelles-Capitale, les surfaces au sol sont majoritairement imperméabilisées. En 60 ans, le taux d'imperméabilisation a doublé, passant de 27% à 53% en 2022.
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Le taux d’imperméabilisation de la Région de Bruxelles-Capitale (sur 97,7% de sa superficie totale) était de :
- 26% en 1955,
- 34% en 1970,
- 39% en 1985,
- 40% en 1993,
- 47% en 2006,
- 55% en 2022.
Les voiries contribuent à environ un tiers de ce taux, tandis que le cadre bâtiEnsemble de constructions, qu'il s'agisse d'établissements publics ou d'habitations individuelles ou collectives représente le reste. Au sein de la Région, certaines communes sont plus impactées que d’autres : certaines atteignent un taux d'imperméabilisation de 85%.
Un taux élevé d’imperméabilisation perturbe les flux du cycle naturel de l’eau. Les surfaces imperméabilisées empêchent l'infiltration de l’eau et réduisent l’évapotranspirationL’eau de pluie est retenue au niveau du sol puis s’évapore vers l’atmosphère. La présence de plantes amplifie/augmente fortement ce phénomène., favorisant ainsi un ruissellement important. Les conséquences sont multiples : vulnérabilité accrue aux inondations, diminution de la recharge des nappes phréatiques et du réseau hydrographiqueLe réseau hydrographique regroupe l’ensemble des cours d'eau, étangs, mares, zones humides… naturel, accentuation de l’effet d’îlot de chaleur urbain, etc.
En outre, un taux élevé d’imperméabilisation perturbe également le cycle anthropique en augmentant les besoins de stockage dans les réseaux enterrés et la quantité d’eaux à traiter par les stations d’épuration
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Nature :
- 40% évapotranspiration
- 10% ruissellement
- 25% infiltration de sub-surface
- 25% infiltration profonde
Ville :
- 30% évapotranspiration
- 55% ruissellement
- 10% infiltration de sub-surface
- 5% infiltration profonde
Relief
Le relief contrasté entre les hauteurs et le bas des vallées (vallées de la Woluwe, de la Senne et affluents) fait que l’eau pluviale tombant sur les surfaces est entraînée par les pentes en concentrant des volumes d’eau importants. L’imperméabilisation des surfaces accroît et accélère ce phénomène.
Limites du réseau d’assainissement
Avant le 19e siècle, Bruxelles ne disposait pas d’égouts. Les cours d’eau, comme la Senne, étaient alors utilisés par les habitants et par les usines pour évacuer leurs déchets.
La Senne [avait fini par être le dépotoir, non seulement des industries groupées sur les bords, mais de toutes les maisons riveraines ; il n’était pas rare de voir un ventre ballonné de chien flotter, pêle-mêle avec des mise-bas et des détritus ménagers, à la dérive de ses eaux grasses et lourdes].
Le manque d’hygiène et les épidémies ont convaincu les autorités de se lancer dans la construction d’un vaste réseau d’égouttage, dont le chantier le plus marquant fut le voutement de la Senne et demandant très rapidement d’autres chantiers d’assainissementTraitement de la pollution affectant un site (sol, eau) afin de le remettre dans son état initial ou du moins atteindre des valeurs fixées légalement.. Ce réseau débouchait toutefois sur les cours d’eau et il fallut attendre la fin du 20ième siècle pour une prise de conscience de l’impact environnemental de cette gestion. Les deux stations d’épuration publiques entrent ainsi en fonction au début des années 2000. En parallèle, une grande partie des étangs sont comblés, et de nombreuses zones marécageuses asséchées, modifiant le paysage et la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)..
Dans une région fortement urbanisée comme Bruxelles-Capitale, au relief contrasté, l’imperméabilisation des sols perturbe gravement le cycle naturel de l’eau. Certains tronçons d’égouts exigent des rénovations urgentes, tandis que les pluies abondantes se multiplient ces dernières années. Ces défis pèsent lourdement sur la gestion régionale de l'eau.
Aujourd'hui, le réseau d’assainissementTraitement de la pollution affectant un site (sol, eau) afin de le remettre dans son état initial ou du moins atteindre des valeurs fixées légalement. est majoritairement unitaire. Les égouts totalisent près de 1 900 km de canalisations, dont certains tronçons sont fortement dégradés, en partie en raison de la surcharge qu'ils subissent.
Un vaste état des lieux, réalisé depuis 2008 par Vivaqua, a conclu qu'en 2023, sur la base des 95% du réseau inspecté, environ 220 km (soit ±12%) nécessitent une intervention de rénovation urgente. Si Vivaqua est en capacité de réhabiliter 15 à 20 km par an, il faudra plus d'une décennie pour réaliser les travaux sur les portions prioritaires.
L’importante urbanisation qu’a connue la Région au cours des dernières décennies explique que certains tronçons d’égouts sont à présent inadaptés pour faire face à l’afflux d’eau important rencontré lors de fortes pluies. Dès la conception du réseau, des soupapes de sécurité sous forme de trop-pleins, appelés « déversoirs d’orage », ont été prévus afin de renvoyer l’eau excédentaire (mélange d’eaux uséesEaux qui ont été affectées à un usage domestique ou industriel et qui sont généralement chargées de différentes substances. et de pluie) vers le réseau hydrographiqueLe réseau hydrographique regroupe l’ensemble des cours d'eau, étangs, mares, zones humides…. Le réseau unitaireÀ Bruxelles, le réseau d’égouttage est unitaire, ce qui signifie qu'il collecte à la fois les eaux usées (domestiques et non domestiques) et les eaux pluviales qui ont ruisselé. Cette configuration entraîne, en zones habitées, l'intégration forcée du cycle naturel de l'eau dans le cycle anthropique. Les eaux de ruissellement sont mélangées aux eaux usées pour être rapidement évacuées. Dans certains cas, des eaux dites « claires » – provenant des nappes souterraines ou de cours d’eau comme le Maelbeek ou le Molenbeek – rejoignent également les canalisations, ce qui génère de nombreux dysfonctionnements qui s’aggravent avec la densification urbaine. a par ailleurs été complété par un ensemble de mesures et d'ouvrages destinés à limiter l'impact des orages, comme des bassins d'orage publics (stockage-tampon). En 2023, 33 bassins d’orage publics permettent de soulager le réseau unitaire et participent ainsi à la lutte contre les inondations. Des déversements et des inondations sont néanmoins toujours observés.
Liens utiles
- Rapports d’activité de Vivaqua et d’Hydria
- En savoir plus sur les déversoirs d'orage
Dégradation du réseau hydrographique
Jusqu’à la fin du 20ème siècle, le réseau hydrographiqueLe réseau hydrographique regroupe l’ensemble des cours d'eau, étangs, mares, zones humides… de Bruxelles a été fortement morcelé et modifié, principalement pour des raisons sanitaires, urbanistiques et de gestion des inondations qui n’ont plus de raison d’être actuellement. Cette évolution a conduit à la disparition partielle du réseau hydrographique par le voûtement de cours d’eau, le drainage d’étangs et de zones humides et la disparition de zones de débordement.
En parallèle, dès le début du 19e siècle, on développa l’activité portuaire. Le canal de Charleroi fut raccordé au canal de Willebroek dans une perspective de développement économique. Le Canal devenant un axe structurant et central de la Région, il est interconnecté à plusieurs endroits avec la Senne et avec le réseau d’égouttage (déversoirs d’orage). Sa gestion relève du Port de Bruxelles et son état écologique fait l’objet d’un suivi.
La reconfiguration de nos cours d’eau (voutement, linéarisation, débit limité, etc) et les multiples déversements d’égouts par temps de pluie altèrent fortement la qualité des eaux de surfaceOn fait habituellement la distinction entre l’eau de mer et les eaux intérieures, lesquelles sont à leur tour subdivisées en eaux de surface et eaux souterraines. Les eaux de surface font référence à l’eau qui coule ou stagne à la surface de la terre. Elles comprennent l’eau des lacs, des rivières et des plans d’eau (étangs, bassins artificiels, mares, etc.).
Disponibilité en eau potable
L’eau est une ressource précieuse qu’il faut préserver. Moins de 1% de l'eau sur Terre est accessible pour les besoins humains. En effet, 97% de l’eau terrestre est salée et près de 70% de l'eau douce est emprisonnée sous forme de glace.
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- Eau de la terre
- 97%: Eau salée
- 3%: Eau douce
- 68,7% : Glaciers
- 30,1% : Eau souterraine
- 0,8% : Eau gelée dans le sol
- 0,4% : Eau douce de surface
- 67,4% : Lacs d’eau douce
- 12,2% : Humidité du sol
- 9,5% : Eau atmosphérique
- 8,5% : Zones humides
- 1,6% : Rivières
- 0,8% Eau contenue dans les êtres vivant
Dérèglement climatique
Les dérèglements climatiques se manifestent par des événements météorologiques de plus en plus intenses, augmentant en nombre et en intensité, comme en témoigne les données du rapport climatique 2020 de l'Institut Royal Météorologique.
Augmentation des précipitations annuelles
Le cumul annuel moyen des précipitations est à la hausse au début du XXe siècle sans tendance significative jusqu’en 2019. Les valeurs annuelles sont données par les anomalies (en %) par rapport à la moyenne sur la période 1961-1990 (821,1 mm). La quantité annuelle moyenne sur la période 1833-2019 est 793,3 mm.
Augmentation des pluies abondantes en été
Les pluies abondantes augmentent en fréquence et en intensité ces dernières décennies. On constate une augmentation moyenne significative du nombre de jours avec des pluies abondantes (au moins 20 mm enregistrés sur une journée) en été de +0,6 jour de fortes précipitations par décennie depuis 1981. On observe également une nette tendance à la hausse depuis 2000 et les 5 valeurs les plus élevées après 2001. On constate une tendance significative à la hausse depuis 1981 avec une augmentation moyenne de +3 mm par décennie.
Variabilité saisonnière
L’analyse des données des dernières décennies montre qu’une tendance se dessine vers une distribution moins uniforme des précipitations. Les hivers deviennent plus humides tandis que les précipitations printanières montrent une évolution significative, à la baisse, et les étés sont marqués par des périodes de sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande). de plus en plus fréquentes et longues.
Modélisations et prédictions pour le futur
Les modèles climatiques prévoient une augmentation continue des événements de précipitations extrêmes. De plus, les sécheresses devraient s'aggraver, devenant plus longues et sévères. Elles devraient également se produire de plus en plus tôt dans l’année.
Annuel, par rapport à 30 ans de climatologie historique (1976-2005)
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- Les informationsdans ce paragraphe sont extraites du rapport climatique 2020 de l'Institut Royal Météorologique. Pour plus de détails, consultez le rapport complet (.pdf)
Quels sont les impacts d’une mauvaise gestion de l’eau ?
Le réseau d’égouttage bruxellois est de type unitaire. Ce type de gestion traditionnelle dite du « tout à l’égout » mène à des désordres importants que ce soit lors de pluies courantes ou lors d’orages.
Si les inondations sont bien connues du grand public car elles impactent fortement les biens et les personnes, il ne s’agit que de la face visible des impacts liés à cette mauvaise gestion des eaux pluviales en milieu urbain.
Inondation
Les inondations sont un phénomène aux causes complexes liées à l’urbanisation. En Région bruxelloise, les inondations « pluviales » dues au ruissellement d’eaux de pluie sur les surfaces imperméables et les inondations dues au refoulement du réseau d’égouts sont les principales causes d’inondation. En effet, lors de pluies d’orage, le réseau d’égouttage est tellement saturé qu’il n’est plus capable de reprendre les eaux, entraînant le débordement des égouts unitaires dans les rues et dans les caves de notre Région et donc des inondations à répétition.
Historiquement, les quartiers des fonds de vallées sont parmi les plus touchés. D’une part, l’effet du relief induit naturellement un ruissellement des eaux vers ces points bas. D’autre part, les cours d’eau et zones humides initialement présents et permettant de gérer des fluctuations du niveau d’eau ont été fortement réduits ou n’existent plus.
Cependant, l’ensemble des communes de la Région est concerné puisque, sur base d’une analyse des inondations significatives ayant eu lieu entre 2007 et 2023, il ressort que la plupart d’entre-elles se sont produites lors de précipitations intenses et de courte durée. Celles-ci touchent alors des zones situées aussi bien en tête de bassin versantTerritoire sur lequel l'ensemble des eaux précipitées convergent vers un même exutoire (cours d'eau, étang, etc.). Chaque bassin versant se subdivise en différents sous-bassins versants, correspondant à la surface d'alimentation des affluents se jetant dans le cours d'eau principal. Ces unités géographiques permettent l'analyse du cycle hydrologique local et de ses effets.) qu’en fond de vallée et se caractérisent par de brusques phénomènes.
Les conséquences des inondations sont multiples : dégâts couteux pour les propriétaires et pour la collectivité, ralentissement de la vie économique, pression sur le réseau et les infrastructures publiques de traitement des eaux, etc. Outre ces aspects financier, économique ou technique, un clivage social est observé à la limite des zones inondables. Ces différents éléments en font un enjeu majeur pour toute la région bruxelloise.
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- Impact social : Routes bloquées, vulnérabilité des sinistrés...
- Impact économique : Réparation des dégâts
- Impact environnemental : Pollution
Maitriser les risques d’inondations passe par un retour des espaces perméables et temporairement inondables en ville, dans les jardins comme dans l’espace public.
Un cinquième du territoire régional se situe en zone d’aléa d’inondation et un habitant sur trois est potentiellement touché par les inondations. Dans certains cas où un risque est identifié, il peut être utile d’adapter le bâti existant afin de réduire sa vulnérabilité face aux inondations.
Ilot de chaleur urbain (ICU)
Le phénomène des vagues de chaleur et de sécheresseLa sécheresse est un phénomène naturel où la disponibilité de l'eau diminue en raison du manque de précipitations, ce qui - à terme - peut engendrer une pénurie d’eau. A ne pas confondre avec ‘vague de chaleur’ et ‘canicule’ même si celles-ci ont un impact sur les disponibilités en eau (augmentation de la demande). gagne chaque année en intensité, fréquence et longueur. Si les particuliers connaissent déjà l’inconfort, voire les dangers liés à ces périodes, la production alimentaire et la sphère économique commencent à poser question.
La présence d’eau et de végétation sur un sol vivant a un effet de réduction de l’ilot de chaleur urbain grâce au phénomène d’évapotranspirationL’eau de pluie est retenue au niveau du sol puis s’évapore vers l’atmosphère. La présence de plantes amplifie/augmente fortement ce phénomène. qui contribue à l’abaissement de la température moyenne lors de canicules. Par ailleurs, plus le sol contient d'eau que les plantes, en particulier les arbres, peuvent absorber, plus elles sont capables d'évapotranspirer. Cela augmente ainsi leur efficacité à atténuer les îlots de chaleur urbains.
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Processus d’évapotranspiration permettant de rafraichir l’air :
- Climatisation naturelle permettant une diminution locale de la température de l’air
- Evapo-transpiration
- Ruissellement eau pluviale
Rayonnement réfléchi et absorbé par l’arbre :
- Rayonnement réduit et effet d’ombrage
- Rayonnement réfléchi et absorbé par l’arbre
Déversements d’eaux usées dans les milieux naturels
En dépit du fait que la majorité des eaux uséesEaux qui ont été affectées à un usage domestique ou industriel et qui sont généralement chargées de différentes substances. de la Région bruxelloise soient acheminées vers les stations d'épuration, certains déversoirs d'orage continuent de déverser directement des eaux usées non traitées dans les cours d'eau. En effet, sur le réseau d’égouts unitaire de la Région, une série de « déversoirs d’orage » ont été installés afin d’évacuer, en temps de pluie, les pointes de ruissellement vers le réseau hydrographiqueLe réseau hydrographique regroupe l’ensemble des cours d'eau, étangs, mares, zones humides… (Canal, Senne, etc) et ainsi protéger des inondations les infrastructures publiques et privées.
Le problème est que ces soupapes de sécurité s’activent bien plus que nécessaire. En effet, une pluie de 8mm (évènement pluvieux se produisant en moyenne tous les 2 mois) peut être suffisante à faire déborder certains déversoirs d’orage et le plus gros déversoir de la Région déversait en moyenne, avant son réaménagement et à lui seul, près de l’équivalent de 4% du volume total admis sur la station Nord. Les déversements représentent donc un défi environnemental majeur car cela entraîne une pollution accrue des milieux aquatiques, compromettant la qualité de l'eau et des écosystèmes locaux. Un inventaire réalisé
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Déversoirs d’orage : 43% des émissions de polluant vers les eaux de surface (2016)
Il existe différentes solutions pour limiter les surverses : entretien régulier du réseau d’égouttage, réaménagement des déversoirs et optimisation de leur conception et mode de fonctionnement, régulation dynamique des débits dans le réseau d’égouttage et les bassins d’orage.
Néanmoins, la meilleure solution reste de diminuer la proportion d’eaux claires « parasites » dans les égouts ! En effet, soustraire les eaux pluviales du réseau d’égouttage, dès les premiers millimètres de toute pluie en les gérant sur site par infiltration et évapotranspirationL’eau de pluie est retenue au niveau du sol puis s’évapore vers l’atmosphère. La présence de plantes amplifie/augmente fortement ce phénomène. comporte des co-bénéfices à l’inverse des solutions citées plus haut :
- on diminue la vitesse de dégradation du réseau d’égouttage dont, d’une part, la rénovation coûte excessivement cher à la collectivité et qui, d’autre part, pollue les sols et nappes phréatiques lorsqu’il présente des fuites ;
- on améliore les rendements épuratoires des STEP (stations d'épuration) et on diminue la quantité d’eau à traiter et donc les coûts liés au traitement d’eau qui n’en nécessite pas ;
- on réintroduit l’eau dans son cycle naturel et on réalimente les milieux naturels en eau claire ;
- etc.
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Impacts sur les rendements épuratoires des STEP
Gestion des eaux usées
La grande majorité des eaux uséesEaux qui ont été affectées à un usage domestique ou industriel et qui sont généralement chargées de différentes substances. sont aujourd’hui collectées et traitées dans les deux stations d'épuration de la Région. D’importants moyens ont été développés pour s’assurer de la collecte des eaux usées et de leur traitement au niveau de ces stations. Les rendements des stations se sont nettement améliorés et atteignent aujourd’hui de bonnes, voire excellentes performances. Tout projet situé en zone égouttée doit donc se raccorder au réseau d’égouttage pour y renvoyer ses eaux usées. Pour les zones non égouttées, il est nécessaire de mettre en place un système d’épuration individuelle.
Mélange des eaux usées et des eaux claires
En mélangeant les eaux de pluie avec nos eaux usées, les rendements épuratoires sont moins efficaces. Premièrement, les bactéries qui y sont exploitées sont faites pour « travailler » sur des eaux chargées et non sur des eaux diluées. Deuxièmement, lors d’évènements pluvieux importants, une partie des eaux by-passent la filière de traitement traditionnel pour suivre une filière « temps de pluie ». In fine, le rendement de nos stations d’épuration diminue, etc. Un inventaire réalisé en 2016 conclut que 34% des émissions de polluants vers les eaux de surfaceOn fait habituellement la distinction entre l’eau de mer et les eaux intérieures, lesquelles sont à leur tour subdivisées en eaux de surface et eaux souterraines. Les eaux de surface font référence à l’eau qui coule ou stagne à la surface de la terre. Elles comprennent l’eau des lacs, des rivières et des plans d’eau (étangs, bassins artificiels, mares, etc.) sont attribuables au rendement moindre des stations d’épuration par temps de pluie.
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Stations d’épuration, Filière « temps de pluie » : 34% des émissions de polluant vers les eaux de surface (2016)
En outre, les stations doivent traiter de plus grosses quantités d’eau ce qui induit :
- des consommations énergétiques plus importantes ;
- des coûts inutiles pour traiter des eaux pluviales qui ne nécessitent pas initialement de traitement ;
- un besoin d’entretien et de remplacement de pièces plus fréquents.
La durée de vie de nos équipements est alors réduite.
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- Ce sujet est développé dans le Dossier | Gestion des eaux usées.
- Pour plus de détails, consultez Epuration des eaux usées.
Manque de recharge en eau claire
L'eau de pluie est aujourd’hui rapidement dirigée vers la mer, soit par les égouts et les STEP se déversant dans la Senne, soit par les réseaux séparatifs d'eaux pluviales connectés aux cours d'eau. Ce processus by-pass les éléments naturels pour lesquels un manque de recharge en eau claire se ressent : les sols, les nappes, les cours d’eau et les zones humides.
Le niveau des nappes phréatiques est influencé par divers facteurs dont l'imperméabilisation des sols, les prélèvements d'eau et les précipitations. Ces nappes sont vitales, car elles constituent une source d’eau potable des bruxellois, elles sont utilisées pour des usages industriels et tertiaires (car Wash, lavoirs, horticulture, etc.) et elles alimentent les écosystèmes aquatiques (cours d’eau, sources et zones humides).
L’état quantitatif des cinq masses d'eau souterraine en Région bruxelloise devrait rester satisfaisant jusqu'en 2027, à condition que les tendances observées jusqu’en 2024 en matière de prélèvements et de recharge des aquifères se maintiennent.
Cependant, l’apparente disponibilité de cette ressource ne doit pas occulter son caractère précieux et épuisable. En effet, la recharge des nappes reste faible depuis 2003, notamment en raison du changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc.. Il y a un risque potentiel de détérioration. Ce risque est particulièrement préoccupant pour la nappe des Sables du Bruxellien, où les niveaux sont historiquement bas dans certains sites de surveillance.
Perte de qualité de vie en ville
Qualité du paysage urbain
L’eau est un élément structurant du paysage urbain. Les espaces où l’eau est présente sont des lieux moteurs pour une ville ; qu’ils soient des lieux de rassemblement, de promenade, de repos, etc. Sa représentation physique au sein de l’espace public est également plurielle : du Canal structurant aux aménagements urbains tels que les étangs, les espaces humides plantés, etc. Cette multiplicité d’expression contribue inévitablement à la qualité du paysage urbain.
L’eau va également de pair avec la présence de végétation alors que la gestion « tout-à-l’égout » mène à la création de paysages où le végétal ne trouve pas, ou difficilement, sa place.
Bien être et santé
Une gestion des eaux pluviales qui favorise la création d'espaces verts et d'infrastructures naturelles en milieu urbain offre de nombreux avantages pour le bien-être et la santé des habitants. Cette approche contribue à l'amélioration de la qualité de l'air, à la réduction du stress et à la promotion de l'activité physique. Les études montrent que les espaces verts et les aménagements paysagers basés sur l'eau améliorent la santé mentale des habitants en offrant des environnements de détente et en favorisant des interactions sociales positives.
Bon à savoir
Plus d'info sur l'impact de la présence de l'eau dans le paysage avec le cas particulier des hopitaux (uniquement en anglais) : Reimagining rainwater in hospitals (.pdf)
Démarche vers une gestion durable de l’eau
La gestion durable de l'eau vise à respecter au mieux les fonctionnalités du cycle naturel de l'eau en limitant l'épuisement des réserves naturelles, en préservant leur qualité et en réduisant les dégâts liés aux inondations et aux rejets d'eaux uséesEaux qui ont été affectées à un usage domestique ou industriel et qui sont généralement chargées de différentes substances.. Gérer durablement l’eau, c’est faire coexister les 2 cycles de l'eau, tout en restaurant le cycle naturel de l’eau et en améliorant le cycle anthropique de l’eau.
Améliorer le cycle anthropique de l’eau
Les actions visant l’amélioration du cycle anthropique sont de deux types :
- les actions qui sont du ressort des pouvoirs publics :
- la maintenance du réseau de distribution de l’eau potable
- la mise en œuvre et la rénovation du réseau d’égouttage
- l’amélioration de l’épuration des eaux uséesL'épuration des eaux usées est l'élimination des déchets organiques et chimiques de l'eau jusqu'à un point permettant à la vie biologique dans les rivières, les lacs et les mers de ne pas subir les conséquences du déversement des ces eaux usées purifiées. via les stations d’épuration ;
- les actions qui sont applicables aux projets de construction et aux habitations privées :
- réduire la consommation d’eau potable via une réflexion au sein des usages domestiques, via la réutilisation de l’eau de pluie, voire la réutilisation des eaux grises (eau de douche et de certains éviers) ;
- s’assurer d’une bonne gestion des eaux uséesEaux qui ont été affectées à un usage domestique ou industriel et qui sont généralement chargées de différentes substances., là où elle n’est pas raccordable à l’égout.
Pour en savoir plus
- Maintenance du réseau de distribution de l’eau potable - rapport d'activité de Vivaqua
- Mise en œuvre et rénovation du réseau d’égouttage - rapport d'activité d'Hydria
- Amélioration de l’épuration des eaux usées via les stations d’épuration
- Découvrez dans le Guide du Bâtiment Durable les actions applicables aux projets de construction et aux habitations privées en matière de gestion de l'eau
Restaurer le cycle naturel de l'eau
La restauration du cycle naturel de l’eau à l’échelle de la Région bruxelloise se joue à plusieurs niveaux :
- Le programme Maillage BleuProgramme mis en place depuis 1999 par la Région de Bruxelles-Capitale pour remettre en valeur l'eau et les zones humides sur son territoire. Le programme se décline en plusieurs objectifs : 1) séparer les eaux usées des eaux propres, afin de limiter l'apport d'eau aux stations d'épuration ; 2) restaurer certains éléments du réseau hydrographique de la Région ; 3) réaménager des tronçons de rivières, des étangs et des zones humides, pour leur rendre toute leur valeur biologique, et leur faire éventuellement bénéficier de mesures spéciales de protection ; 4) assurer la fonction paysagère et récréative de ces sites. vise à valoriser la présence de l’eau en Région bruxelloise, notamment via la reconnexion des cours d’eau, étangs et zones humides qui forment le réseau hydrographiqueLe réseau hydrographique regroupe l’ensemble des cours d'eau, étangs, mares, zones humides… de la Région. Il constitue une approche intégrée de réhabilitation de l’eau à Bruxelles dont les finalités sont de rétablir autant que possible la continuité et la qualité du réseau hydrographique de surface et d’y faire écouler les eaux propres.
- A l’amont de ce réseau hydrographique, une gestion durable des eaux pluviales, à l’échelle d’un bassin versantTerritoire sur lequel l'ensemble des eaux précipitées convergent vers un même exutoire (cours d'eau, étang, etc.). Chaque bassin versant se subdivise en différents sous-bassins versants, correspondant à la surface d'alimentation des affluents se jetant dans le cours d'eau principal. Ces unités géographiques permettent l'analyse du cycle hydrologique local et de ses effets.) et donc sur l’ensemble du territoire de la Région, permet de réintégrer l’eau de pluie dans les sols ou de l’évaporer vers l’atmosphère. En effet, la réhabilitation des fonctionnalités du cycle naturel de l’eau se déploie dans l’interaction avec les sols et le végétal, et offre de nombreux services écosystémiquesEnsemble des services rendus par les sols à l’environnement et de facto à notre société : fourniture d’eau potable, limitation des inondations, stockage du Carbone atmosphérique, support pour la faune et la flore...), en plus de la résolution d’une grande partie des enjeux cités plus haut. Des aménagements peuvent être mis en place dans l’espace privé ou public et sont repris en Région bruxelloise sous le terme de « Gestion intégrée des eaux pluviales » (GIEP).
Les acteurs de l’eau en Région bruxelloise, une coordination à tous les niveaux
La gestion de l’eau mobilise une diversité d’acteurs en Région bruxelloise et repose sur leur étroite coordination. Chaque partie prenante intervient à son niveau – local, régional, national, voire international – pour répondre aux besoins du territoire bruxellois, tout en préservant la ressource.
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- Retrouvez de plus amples informations sur les acteurs de l’eau en Région bruxelloise.