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Sites semi-naturels et espaces verts protégés

Actualisation : février  2020

La Région bruxelloise compte 16 réserves naturelles et 2 réserves forestières couvrant  un total de près de 291 ha soit 1,8% de la superficie régionale. Les zones spéciales de conservation établies dans le cadre du réseau européen Natura 2000 totalisent quant à elles 2329 ha soit 14,3% du territoire ; elles intègrent la plupart des réserves. 14,5% du territoire bénéficie de ce fait d’un statut de protection actif c’est-à-dire que des objectifs de conservation doivent y être définis et mis en œuvre via une gestion active s’appuyant sur des plans de gestion. 

Face aux multiples pressions humaines s’exerçant sur l’environnement - et, notamment, sur la biodiversité - les autorités publiques ont mis en place divers outils de protection s’appliquant à certains sites.
En Région bruxelloise, différents statuts de protection plus ou moins contraignants en terme de conservation de la nature coexistent et s’appliquent parfois à un même site. A cet égard, le plan régional nature 2016-2020 distingue les notions de protection active et passive de la nature.

Les réserves naturelles et forestières et les sites Natura 2000,  espaces verts bénéficiant d’un statut de protection active, couvrent 14,5% du territoire régional

Les sites bénéficiant d’une protection active sont ceux pour lesquels une gestion active, généralement via des plans de gestion, doit être mise en oeuvre pour garantir l’atteinte d’objectifs de conservation préalablement définis.  Elle s’applique à des sites de haute valeur biologique nécessitant une protection stricte. 

2 nouvelles réserves naturelles créées en 2019

Les réserves naturelles et les réserves forestières sont des aires protégées pour leur valeur biologique exceptionnelle ou particulière et qui bénéficient des régimes de protection les plus stricts.
Elles peuvent être soit intégrales soit dirigées, selon que l’on y laisse les phénomènes naturels évoluer selon leur dynamique propre ou que l’on y applique une gestion afin d’y maintenir ou rétablir dans un état de conservation favorable les espèces et habitats naturels pour lesquels le site a été désigné comme réserve naturelle ou, dans le cas d’une réserve forestière, afin d’y sauvegarder des peuplements d’essences indigènes ou des faciès caractéristiques ou remarquables.
Les figures ci-dessous illustrent l’évolution du nombre de réserves et de leur superficie totale depuis la création de la Région bruxelloise. 

Evolution du nombre de réserves naturelles et forestières en Région de Bruxelles-Capitale

Source : Département Biodiversité, Bruxelles Environnement 2019


 
Evolution de la superficie de réserves naturelles et forestières en Région de Bruxelles-Capitale

Source : Département Biodiversité, Bruxelles Environnement 2019

En 2019, deux nouvelles petites réserves, localisées sur la commune d’Anderlecht, ont été désignées : le Koevijverdal et la Roselière de Neerpede.
La Région de Bruxelles-Capitale compte actuellement 16 réserves naturelles et 2 réserves forestières s’étendant respectivement sur près de 132 ha et 159 ha. Au total ces réserves couvrent 1,8% du territoire bruxellois.
En juillet 2017, la réserve forestière intégrale du Grippensdelle a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco et ce, conjointement avec 3 autres réserves forestières intégrales de la forêt de Soignes localisées en Régions flamande et wallonne. Ces parties de la forêt de Soignes, couvrant au total une superficie de 270 ha, ont ainsi été reconnues comme composantes d’une série de 78 hêtraies remarquables situées dans 12 pays européens et qui font toutes l’objet d’une protection stricte. 
De plus amples informations concernant ces réserves sont disponibles dans la fiche documentée consacrée aux espaces semi-naturels et espaces verts bénéficiant d’un statut de protection.

Le réseau Natura 2000 bruxellois s’est agrandi de 13 ha en 2019 

Le réseau Natura 2000 est un réseau européen de sites naturels ou semi-naturels qui font l’objet d’un statut spécial de protection en raison des habitats ou des espèces qui s’y trouvent. Il se compose de sites désignés par les Etats membres en application de 2 directives européennes concernant respectivement la préservation des oiseaux sauvages dite « directive Oiseaux » (directive 2009/147/CE) et la conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvages dite « directive Habitats » (directive 92/43/CEE). Cette dernière vise à la fois la conservation des habitats naturels et des habitats d’espèces et la conservation des espèces sauvages, animales et végétales qui y sont liées.  Elle reprend, en annexe I, une liste des habitats naturels ou semi-naturels considérés comme d'intérêt communautaire (c’est-à-dire, en résumé, des habitats rares et/ou typiques ou remarquables à l’échelle de l’Union européenne) et, en annexe II, une liste des espèces de faune et de flore d'intérêt communautaire. 
Bien que certains sites soient intéressants pour de nombreuses espèces d’oiseaux, la Région ne comporte pas de « zones de protection spéciales » désignées dans le cadre de la « directive  Oiseaux ».  Par contre, malgré son caractère urbain, le territoire régional compte 10 types d’habitats figurant dans l’annexe I de la directive « Habitats » (en particulier des habitats forestiers dont, principalement, la hêtraie acidophile) et 10 espèces de faune de l’Annexe II (6 espèces de chauves-souris, un insecte, un poisson, un amphibien ainsi qu’un petit mollusque).  
La présence de ces habitats naturels et de ces espèces a permis d’établir une liste de sites abritant ces derniers et de proposer ceux-ci comme « zones spéciales de conservation » (ZSC) à la Commission européenne laquelle les a approuvés en décembre 2004. Etant donné le haut degré d’urbanisation de la Région, il ne s’agit pas d’un seul grand site homogène mais de trois sites comprenant une mosaïque de 48 stations.
La désignation des sites Natura 2000 a fait l’objet de trois arrêtés du Gouvernement bruxellois (adoptés en 2015 et 2016) comportant notamment les objectifs de conservation des sites, les moyens de gestion proposés pour les atteindre ainsi que les interdictions particulières applicables dans ou en dehors des sites pour assurer leur préservation. En 2019, la ZSC II a été étendue pour intégrer 13 hectares supplémentaires (site de l’ancien Institut Pasteur) au niveau du plateau Engeland. 
Bruxelles Environnement travaille actuellement à l’élaboration d’un projet de plan de gestion pour l’ensemble des stations Natura 2000 de la Région bruxelloise et ce, en concertation avec les éventuels propriétaires et occupants concernés autres que la Région. Ceux-ci devront ensuite être soumis à enquête publique. Seul le plan de gestion de la station Natura 2000 correspondant à la Forêt de Soignes a jusqu’à présent été adopté (via l’adoption du plan de gestion de la Forêt de Soignes en 2019).  En termes de superficie, ceci correspond à plus de 70% de la superficie des sites Natura 2000 de la Région bruxelloise. 
Les 3 ZSC couvrent une superficie totale de 2329 hectares (soit 14,3% du territoire bruxellois): 

  • ZSC I : Forêt de Soignes avec lisières et domaines boisés avoisinants et la vallée de la Woluwe (2066 ha dont 1690 ha d’habitats d’intérêt communautaire);
  • ZSC II : Zones boisées et ouvertes au sud de la Région de Bruxelles-Capitale - complexe Verrewinkel – Kinsendael  (147 ha dont 81 ha d’habitats d’intérêt communautaire) ; 
  • ZSC III : Zones boisées et zones humides de la Vallée du Molenbeek dans le nord-ouest de la Région de Bruxelles-Capitale (116 ha dont 81 ha d’habitats d’intérêt communautaire). 

Avec une superficie de 1659 ha, la partie bruxelloise de la forêt de Soignes représente une majeure partie du réseau Natura 2000.

Des prairies et roselières protégées en raison de leur importance pour le patrimoine naturel régional

L’ordonnance nature introduit le concept d’ « habitats naturels d'intérêt régional » (HIR) définis comme des « habitats naturels présents sur le territoire régional, pour la conservation desquels la Région a une responsabilité particulière en raison de leur importance pour le patrimoine naturel régional et/ou de leur état de conservation défavorable ». Ces HIR peuvent être localisés au sein des sites Natura 2000 mais également en dehors où ils se rapportent en grande partie à des habitats ouverts. Les HIR inclus en zone Natura 2000 ou dans des réserves naturelles font l’objet d’objectifs de conservation et de mesures de gestion qui s’y rapportent.
6 types d’HIR, couvrant une superficie d’environ 93 ha, ont été délimités au niveau des 3 sites Natura 2000. Il s’agit principalement de prairies comportant certaines plantes déterminées (graminées particulières, populage des marais, potentille des oies…) et de roselières.   

D’autres espaces verts bénéficient d’un statut de protection passive visant à préserver des espaces verts et agricoles dans le tissu urbain, à protéger le patrimoine bruxellois ou les ressources en eau


Le statut de protection passive n’implique aucune obligation de gestion active visant à un maintien de la valeur biologique du site.  Il concerne des espaces verts qui sont protégés via des législations relatives à l’aménagement du territoire, à la protection du patrimoine ou à la protection des ressources en eau.

Le plan régional d’affectation du sol délimite près de 4000 ha de zones d’espaces verts et zones agricoles soit 24,5% du territoire régional 

Les outils de planification jouent un rôle essentiel dans la conservation de zones vertes en ville. Le plan régional d’affectation du sol (PRAS) et la carte d’affectation du sol qui l’accompagne organisent le territoire en zones de différentes affectations dont 8 se rapportent à des espaces verts ou agricoles. 


 
Le PRAS instaure également des zones de servitude au pourtour des bois et forêts (excepté lorsqu’un plan particulier d’affectation du sol préexiste au PRAS adopté en 2001). Celles-ci correspondent à une zone non aedificandi s'étendant sur une profondeur de 60 mètres (30 mètres à certaines conditions) à partir de la limite des zones forestières.
Les prescriptions du PRAS s’appliquant aux espaces verts ne confèrent qu’un statut de protection relatif aux sites présentant un intérêt écologique : certains actes et travaux y sont interdits mais rien n’est exigé en terme de maintien de la valeur biologique du site. Pour les affectations « zones vertes », « zones vertes de haute valeur biologique », « zones forestières » et « zones de parcs », il est cependant tenu compte, à des degrés divers, des aspects écologiques de la zone. Les conditions les plus strictes en ce qui concerne la nature s’appliquent aux « zones vertes de haute valeur biologique » destinées à la conservation et à la régénération d’habitats naturels abritant des espèces animales et végétales rares ou présentant une diversité biologique importante. Dans ces zones, seuls sont autorisés les actes et travaux nécessaires à la protection des milieux naturels ou des espèces qu’ils abritent ainsi qu’à la réalisation du maillage vert. Sur le plan légal, ce statut ne garantit cependant en aucun cas la bonne gestion du site.

Sites semi-naturels, parcs, jardins, bois ou encore, arbres remarquables : 285 sites couvrant une superficie de 2735 ha sont protégés en raison de leur valeur de « patrimoine vert »

La notion de patrimoine s’applique au patrimoine architectural et aux sites archéologiques mais aussi au « patrimoine  vivant » incluant des sites et arbres remarquables.
En janvier 2018, 137 sites d’une superficie totale de 2655 ha bénéficiaient du statut de site classé ce qui implique notamment qu’ils ne peuvent pas être démolis. Ces sites englobent des parcs (parc de Bruxelles, bois de la Cambre, ...), des jardins, des arbres remarquables (5) ainsi que des sites semi-naturels non construits ou partiellement construits (Forêt de Soignes, bois du Wilder, Vogelzang…). Ce statut assure une protection très efficace de la valeur patrimoniale du site mais son caractère assez rigide empêche parfois une gestion adaptée au maintien ou à l’accroissement de la biodiversité. 148 sites (dont 112 arbres remarquables), couvrant 80 ha, étaient en outre repris sur la liste de sauvegarde (statut dont les contraintes sont un peu inférieures à celles du classement, voir fiche documentée « Espaces semi-naturels et espaces verts bénéficiant d’un statut de protection»).  La forêt de Soignes compte également deux sites archéologiques classés en 2002 (camp fortifié néolithique et tertres). 

Une zone de protection de 770 ha pour protéger les captages d’eau de distribution du Bois de la Cambre et de la forêt de Soignes

Certaines zones, incluant des espaces verts mais aussi des espaces urbanisés, bénéficient d’un statut de protection visant avant tout à protéger les eaux de surface, les eaux souterraines ou les habitats et espèces directement dépendants de l’eau.  En règlementant les activités autorisées sur ces zones, cette protection contribue également indirectement à une certaine protection des milieux naturels qui y sont localisés.
La Région bruxelloise compte 4 types de zones liées à la protection des ressources en eau dont notamment une zone de protection des captages d'eau souterraine destinés à alimenter le réseau public de distribution d’eau potable. Cette zone de protection, d’une superficie d’environ 770 ha, est localisée au niveau du bois de la Cambre et de la forêt de Soignes (drève de Lorraine). Les autres zones se rapportent aux obligations et modalités d’épuration des eaux usées (zone couvrant l’entièreté de la Région), à la protection des eaux contre les pollutions par les nitrates d’origine agricole (zone assez semblable à la zone de protection des captages) et enfin, à des zones où l’utilisation de pesticides est interdite tant pour les gestionnaires publics que privés (lieux et établissements fréquentés par des groupes vulnérables, zone de protection des captages, sites Natura 2000 et réserves naturelles ou forestières).

Quatre zones de protection couvrant près de 590 ha visent notamment à limiter l’impact de la surfréquentation de certaines parties de la forêt de Soignes

Signalons également l’existence de zones de protection spéciale (ZPS), statut défini dans l’ordonnance du 30 mars 1995 relative à la fréquentation des bois et forêts dans la Région de Bruxelles-Capitale. Ce statut, sans implication sur la gestion écologique, vise à créer des zones tampons autour de zones protégées ou à limiter l’impact de la surfréquentation de certaines zones par des restrictions d’usage (chiens tenus en laisse et accessibilité du public limitée aux chemins et sentiers). Quatre ZPS occupant une superficie de 587 ha ont ainsi été désignées par arrêté en 2007. En 2016, cette superficie a été réduite à un total de 543 ha pour tenir compte de l’élargissement de la réserve forestière intégrale du Grippensdelle qui chevauchait en partie la ZPS 4.

Date de mise à jour: 23/10/2020
Documents: 

Fiche méthodologique

Tableaux reprenant les données

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