L’État de l’Environnement édition 2024 : quels constats à Bruxelles ?
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Air, climat, énergie, bruit, déchets et ressources, eaux, sols, biodiversité et espaces verts… Ces thématiques vous interpellent ? Retrouvez-les dans le Rapport sur l’État de l’Environnement édition 2024 qui vient de paraître. Il résume la situation de l’environnement et son évolution en Région bruxelloise. C’est un outil d’information essentiel pour les Bruxellois et Bruxelloises, mais aussi un « guide à la décision » pour une capitale plus durable.
Comme le rappelle Véronique Verbeke, chef de département « Reporting & Incidences environnementales », ce rapport est une obligation légale pour tous les pays européens. Il respecte les engagements de la convention d’Aarhus, garantissant au public un accès transparent à l’information environnementale. La version du rapport qui vient d'être rendue publique concerne les données 2019-2022.
Avant tout, quel est l’objectif d’un tel rapport sur l’État de l’Environnement ?
L’objectif est de faire le point sur l’état de l’environnement bruxellois, son évolution et les pressions qui y sont exercées. Le but est d’informer et de sensibiliser les citoyens et citoyennes, mais aussi de permettre d’orienter les stratégies et les politiques qui sont ou seront mises en place. En Belgique, par ailleurs, les 2 autres Régions publient des informations similaires et il existe aussi un rapport au niveau national. On est donc toute une tribu à travailler sur ce sujet !
Quelles sont les bonnes nouvelles, les points positifs, à diffuser aux habitants et habitantes de la Région ?
Il y a en effet des améliorations et c’est positif de les communiquer, même si elles ne sont pas encore exceptionnelles ou suffisantes. On peut déjà mettre en avant une nette amélioration de la qualité de l’air à Bruxelles, mais il y en d’autres que je peux citer :
- Une consommation d’énergie à la baisse, qui mène à une diminution des émissions de polluants dans l’air et de gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3)..
- Une qualité des eaux de surfaceOn fait habituellement la distinction entre l’eau de mer et les eaux intérieures, lesquelles sont à leur tour subdivisées en eaux de surface et eaux souterraines. Les eaux de surface font référence à l’eau qui coule ou stagne à la surface de la terre. Elles comprennent l’eau des lacs, des rivières et des plans d’eau (étangs, bassins artificiels, mares, etc.) qui s’améliore (au niveau physico-chimique comme biologique).
- Une réduction de l’exposition des Bruxellois et Bruxelloises au bruit routier, avec un effet positif de la « ville 30 » notamment.
- Une grande diversité d’espèces animales et végétales présentes au sein de la Région, qui reflète notamment une large variété des milieux. Par exemple, on observe le retour des poissons dans la Senne depuis 2016, davantage d’observations de chauves-souris en Forêt de Soignes, la nidification de 5 espèces de pics en Forêt de Soignes également, ainsi que d’hirondelles de rivage le long du Canal après plus de 40 ans d’absence et une hausse sensible des populations d’hirondelles de fenêtres ces 20 dernières années.
- 80% des surfaces de sols qui ont été étudiées ont été jugées de qualité moyenne à bonne, avec peu, voire pas de restriction d’utilisation (ce point reste à confirmer via des études complémentaires sur d’autres parcelles).
Toutes les mesures mises en place commencent donc à porter leurs fruits et cela fait plaisir de le constater.
Quels sont les axes sur lesquels il faut encore travailler pour s’améliorer ?
Les défis auxquels fait face notre ville-région sont encore nombreux ! Par exemple :
- Réduire les émissions de gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3). et poursuivre la diminution de la consommation d’énergie d’origine fossile, notamment via la rénovation des bâtiments et le transport, tout en adaptant la ville aux changements climatiques : c’est un défi de taille. À cela s’ajoutent les émissions indirectes liées aux biens consommés localement mais produits ailleurs (alimentation, vêtements, etc.).
- Améliorer la qualité de l’air pour respecter les normes européennes d’ici 2030 et les recommandations de l’OMS, ou encore respecter les objectifs liés à la protection de la nature et freiner le déclin des espèces : le défi est énorme.
- Réduire les nuisances sonores du trafic routier et aérien pour protéger la santé des habitants et habitantes.
- Améliorer la qualité de l’eau face à des objectifs européens ambitieux et des enjeux conséquents, comme l’adaptation des stations d’épuration et la gestion des déversoirs (depuis les égouts vers les cours d’eau) lors de fortes pluies.
- Augmenter la part des déchets préparés pour le réemploi ou le recyclageToute opération de valorisation par laquelle les déchets sont retraités en produits, matières ou substances aux fins de leur fonction initiale ou à d’autres fins. Cela inclut le retraitement des matières organiques, mais n’inclut pas la valorisation énergétique, la conversion pour l’utilisation comme combustible ou pour des opérations de remblayage. Ces opérations impliquent une modification structurelle (physique ou chimique) de la matière. Le recyclage peut impliquer différentes actions de prétraitement comme, par exemple, le démantèlement..
On peut conclure en disant que malgré les bonnes intentions, la décennie à venir sera cruciale pour inverser les tendances et protéger nos écosystèmes !
Le saviez-vous ?
53% des sols bruxellois sont imperméabilisés et empêchent donc l’eau de s’infiltrer. Or, limiter l’imperméabilisation des sols réduira les risques d'inondation, limitera l'effet d’îlot de chaleur et préservera la qualité de vie des habitants et habitantes de la Région, les espaces verts et la qualité des sols.
Les Bruxellois et Bruxelloises sont inquiets pour leur santé future. Quelles sont les actions prises pour la préserver ?
Les liens entre la qualité de l’environnement et notre santé sont en effet nombreux.
Toutes les améliorations apportées à la qualité de l’environnement (comme la qualité de l’air, les niveaux de bruit, la gestion de la chaleur ou l’accès à la nature et aux espaces verts) ont des effets positifs sur notre santé. Les actions menées dans ce sens à Bruxelles sont nombreuses : on peut par exemple citer toutes les mesures prises pour mettre en œuvre les différents plans et programmes, comme le Plan régional de Développement DurableMode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins. Il s'agit donc d une démarche qui vise à assurer la continuité dans le temps du développement économique et social, dans le respect de l'environnement, et sans compromettre les ressources naturelles indispensables à l'activité humaine., le Plan Air-climat-énergie, le Plan de mobilité Good Move, le Plan Nature, le Plan de gestion de l’eau, le Plan régional de lutte contre le bruit, la stratégie Good Food, et bien d’autres encore.
La qualité de l’environnement présente de grandes variations au sein de la Région, avec un impact variable sur la qualité de vie des habitants et habitantes. Il faut savoir que les zones les plus impactées (bruit, air, chaleur, inondation) sont aussi souvent densément peuplées et par des ménages à plus faibles revenus. Ce qui soulève des enjeux cruciaux de justice sociale et environnementale…
L’environnement sous la loupe : quelques faits & chiffres
- Depuis 1999, la consommation énergétique moyenne par ménage diminue. Les Bruxellois, Bruxelloises chauffent moins leur logement, pour diverses raisons (coût de l’énergie, meilleure isolation, etc.).
- En 2021, les émissions de gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3). de la Région ont diminué de 14% par rapport à 1990 et de 23% par rapport à 2005.
- 55% des Bruxellois, Bruxelloises sont exposés au bruit du trafic aérien à des niveaux pouvant entrainer une gêne importante selon l’OMS et 30% en ce qui concerne le bruit routier (2021). Nous perdons en moyenne 4 mois de vie en bonne santé à cause de la gêne et de troubles du sommeil liés au bruit des transports.
- En 2023, 22% des habitants, habitantes de la Région ne disposent pas d’un espace vertLes espaces verts englobent les jardins et domaines privés, les parcs et forêts publics, les espaces verts liés à l infrastructure ferroviaire et aux routes, les friches, les zones agricoles, les zones récréatives et les cimetières. accessible à proximité de chez eux.
- La Région s’est engagée en 2023 à ce que, d’ici 2030, ou strictement protégé passe de 14,6% (réserves naturelles et forestières, réserves intégrales, zones Natura 2000) à 25%.
- Entre 2012 et 2023, près de 150.000 arbres ont été plantés en Forêt de Soignes, pour diversifier les espèces et rajeunir les peuplements.
- En 2021, 35,4% des déchets municipaux ont été recyclés ou réutilisés (loin de l’objectif européen qui est de 55% d’ici 2025).
Quelles actions pour encore plus de nature en ville ?
Plus de la moitié de la superficie de la Région bruxelloise est verdurisée, mais on constate de fortes disparités par quartier. La couverture verte est très inégalement répartie sur le territoire et les zones végétalisées sont soumises à de nombreuses pressions dont, principalement, la poursuite de l’urbanisation. Bruxelles Environnement est le principal gestionnaire d’espaces verts de la Région bruxelloise : il gérait un peu plus de 2.300 ha en 2023. Ces superficies se sont accrues d’une centaine d’hectares en l’espace de 20 ans. Une gestion écologique y est mise en œuvre pour favoriser la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)..
Revenons au rapport en lui-même : comment a-t-il été élaboré et les données collectées ?
Ce rapport est le résultat d’un important recueil de données et d’informations auprès des experts et expertes thématiques de Bruxelles Environnement, mais également d’autres organismes. Nous les consultons pour élaborer la table des matières du rapport et pour valider les analyses faites à partir des données. Une fois le rapport relu, les messages clés validés en interne, nous le transmettons au Cabinet du Ministre de la Transition climatique, de l'Environnement, de l'Énergie, de l’Action sociale et de la Santé. S’ensuit toute une procédure de consultation avant de pouvoir le publier sur notre site web : soumission au Conseil de l’Environnement pour avis, ensuite au Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale et au Parlement. C’est seulement après toute cette procédure que nous pouvons mettre le rapport en ligne. Ce n’est donc qu’à la fin 2024 que nous avons pu publier le rapport 2019-2022. C’est un délai un peu frustrant, bien sûr, mais cette frustration est en partie compensée par une adaptation de notre méthode de travail.
Quelle est cette méthode de travail ?
Il faut savoir que dans les années 90, les 1ers rapports étaient publiés sous format papier. Avec le temps, ces documents papier commençaient à faire plusieurs centimètres d’épaisseur. Nous avons donc révisé notre méthode de travail pour produire davantage de PDF, puis finalement intégrer plus d’informations sur le site web de Bruxelles Environnement. Aujourd’hui, le Rapport de l’État de l’Environnement prend la forme de messages clés thématiques intégrés dans un PDF synthétique. Il est alimenté par plus de 130 analyses thématiques plus détaillées disponibles sur le site web. Les informations y sont organisées en 11 chapitres, composés de plusieurs fiches où les données sont présentées sous forme d’indicateurs ou de focus. Ces données sont actualisées au fur et à mesure de leur disponibilité, ce qui nous permet d’être réactifs et plus à jour que dans le rapport (PDF) même !
En effet, le rapport en ligne est très détaillé et structuré, avec des liens si on veut en savoir plus sur un sujet. Tout est fait pour en faciliter la lecture ?
Oui, nous l’espérons ! Il est parfois difficile de répondre aux intérêts et aux besoins de tout le monde, mais l’approche par thème et par indicateurs actualisés dans le temps se veut cohérente avec ce qui est réalisé dans les autres Régions et au niveau européen. Nous avons également intégré des informations qui sont issues d’autres études et intéressantes pour compléter l’information récurrente sur l’état de l’environnement bruxellois. Ces sujets, qu’on appelle « focus » permettent une approche plus complète qui appréhende la spécificité urbaine bruxelloise, sa dynamique et ses défis. Ce sont entre autres des thèmes plus transversaux et innovants, comme la mise en œuvre de la Low Emission Zone (LEZ), les Solutions basées sur la nature, la Good Food, etc.
Il y a 3 formats différents de ce rapport, donc adaptés à des publics différents ?
Oui, on trouve en effet 3 niveaux d’information dans les publications diffusées :
- Les analyses détaillées et actualisées en continu sur le site web de Bruxelles Environnement sont destinées à un public plus averti (scientifiques, autres administrations, citoyens, citoyennes ayant des connaissances préalables, …). Même si notre objectif est de rendre l’information compréhensible, elle reste néanmoins parfois très technique.
- Les informations sur le site sont nombreuses. Nous publions donc tous les 2 ans les principaux messages clés à tirer des analyses réalisées : c’est le rapport stricto sensu dont la nouvelle version vient d’être publiée. Elle est bien sûr accessible à tous et toutes, et à un public plus stratégique (journalistes, politiques, autorités, associations, …)
- Enfin, une sélection de quelques données ou indicateurs a été intégrée dans une version plus dynamique et illustrée, destinée au grand public. Son actualisation est annuelle.
À télécharger
Retrouvez les 3 formats du Rapport de l’État de l’Environnement :
- Le rapport complet 2024 (.pdf)
- En ligne, les 11 thématiques environnementales majeures et les différents indicateurs par thème.
- Une sélection de données dans une version plus ludique et animée.
Le mot de la fin ?
Tous les défis qui sont identifiés plus haut sont à prendre à bras le corps, même si l’on sait que cela ne se fera que progressivement. Aussi, avec une approche thématique sur l’état de l’environnement, la tendance est d’être ambitieux pour chaque thème. Il y a évidemment beaucoup d’enjeux et il faut réussir à tout mener de front ! Continuer à communiquer sur l’état de l’environnement dans le contexte actuel est donc essentiel.