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L’accès à l’énergie en Belgique et en Région bruxelloise

Focus - Actuallisation : avril 2021

En 2019, l’accès à l’énergie pose encore problème pour une partie de la population, puisque 1 ménage belge sur 5 vit en situation de précarité énergétique, valeur qui varie peu depuis 2009. Elle touche les régions de manière assez différenciée, avec plus de ménages en situation de précarité énergétique en Wallonie et en Région de Bruxelles-Capitale qu’en Flandre. Elle affecte également plutôt les familles monoparentales ou les personnes seules.  Mais quelles sont les causes de la difficulté de l’accès à l’énergie ? Comment expliquer les déséquilibres entre les 3 régions belges ? Et pourquoi certains types de ménages sont plus affectés que d’autres ?

La précarité énergétique, qu’est-ce que c’est ?

À l’heure où les questions climatiques sont de plus en plus préoccupantes, et où l’approvisionnement en énergie essaye de se réinventer, l'accès à l'énergie représente également un défi. Il semble donc opportun de s’interroger sur les enjeux de la précarité énergétique. Mais qu’entend-on par « précarité énergétique » ?

  La précarité énergétique désigne « l’incapacité pour un ménage d’accéder – dans son logement – à l’énergie qui lui est nécessaire, pour un coût abordable au regard de ses revenus » (Delvaux et al. 2017). 

La notion de précarité énergétique découle de celle de "Fuel Poverty" qui a vu le jour dans les années 1970 au Royaume-Uni. Au niveau Européen, c’est dans les années 2000 que la question de l’approvisionnement de la population en énergie arrive au centre des préoccupations et que de nombreuses études sont menées à ce sujet. Malgré qu’aucune définition commune n’ait cependant pu être adoptée, l’Union Européenne promeut de nombreux projets destinés à réduire l’ampleur de la précarité énergétique en Europe. En Belgique, elle est mesurée chaque année et un rapport est publié par la Fondation Roi Baudouin depuis 2009 dans le Baromètre de la précarité énergétique. Les résultats présentés ici sont largement repris de leur dernière publication (Coene et al. 2020) qui traite de l’état de la précarité énergétique en Belgique en 2018. Il est à noter que cette étude fait état uniquement de l’aspect quantitatif de la précarité énergétique en Belgique, et que les dimensions socio-économique et législative de la problématique sont très peu abordées. Pour plus d’informations sur ces aspects, nous vous renvoyons vers les études de Baudaux et al. (2020) et Huybrechs et al. (2011), entre autres. 

Sur quelles données se basent les résultats ? 

Les résultats repris dans le Baromètre de la précarité énergétique (et donc ici) sont basés sur l’enquête sur les revenus et les conditions de vie BE-SILC (Statistics on Income and Living Conditions). Il s’agit d’une étude de suivi réalisée chaque année dans tous les pays de l’Union Européenne depuis 2004. Un panel de ménages issus de chaque région (environ 6.000 ménages belges répondants, soit environ 11.000 répondants de plus de 16 ans), suivi durant jusqu’à 6 années consécutives, est ainsi interrogé sur des questions telles que l’intégration sociale, les revenus, les conditions de vie, la santé, … À noter que certaines données ne sont pas disponibles de manière différenciée pour les 3 régions (notamment en raison de la trop petite taille de l’échantillon), et que certains résultats sont donc présentés pour l’ensemble de la Belgique et non pour la Région de Bruxelles-Capitale spécifiquement.

Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement ?

Vivre en précarité énergétique, c’est vivre dans la menace de ne pas pouvoir accéder, dans son logement, à l’énergie nécessaire pour vivre dans des conditions conformes à la dignité humaine. Confrontée à des difficultés pour payer sa facture d'énergie et à la menace de la coupure, la personne en précarité énergétique ne peut donc pas se protéger « soit d’un inconfort physique, vu la température ou l’humidité du logement, soit d’un inconfort financier, engendrant une autolimitation de la consommation d’énergie voire un endettement » (Baudaux et al. 2020). Cela se traduit en des difficultés quotidiennes (comme par exemple lutter contre l’humidité, chauffer de l’eau dans une bouilloire pour se laver, vivre avec un limiteur de puissance, renoncer à un lave-linge, ou encore calfeutrer voire condamner une partie de son logement) dont l’impact sur les conditions de vie peut être très sévère.  

À quoi est liée la précarité énergétique ?

Plusieurs facteurs influencent la précarité énergétique et son importance. En premier lieu ; les conditions météorologiques, qui influencent grandement les besoins en chauffage, notamment. Les années plus froides exposent donc potentiellement plus de ménages (ou de manière plus intense) à la précarité énergétique, puisque les besoins de chauffage sont plus importants.  

En-dehors des facteurs climatiques, 3 autres facteurs influencent principalement le risque de précarité énergétique: 

  • la facture énergétique (et donc le prix de l’énergie), 
  • les revenus du ménage, 
  • le coût et/ou la qualité du logement. 

Les prix des principales sources d’énergie (gaz naturel, mazout et électricité) ont connu une augmentation constante jusqu’en 2012, puis une baisse significative jusqu’en 2016. Mais depuis 2017 (2015 pour l’électricité), on enregistre une nouvelle augmentation des tarifs dans les 3 régions de la Belgique. La facture énergétique des ménages a dès lors diminué sensiblement entre 2014 et 2016, et semble stagner quelque peu depuis 2017. L’effet climatique semble en effet avoir compensé l’augmentation du prix des énergies. En 2019, on compte ainsi une facture énergétique médiane (à prix courants, c’est-à-dire incluant l’inflation) des ménages belges de 138€/mois, avec de grosses différences régionales. 

Parallèlement à cela, les revenus des ménages sont, eux aussi, en baisse, et ce depuis 2009. La médiane du revenu disponible équivalent mensuel belge s’élève en 2019 à 1.945€, avec à nouveau de grosses différences régionales. La Région de Bruxelles-Capitale compte ainsi le revenu mensuel médian disponible le plus faible (1.610€), par opposition à la Flandre qui enregistre le revenu le plus élevé (2.075€). À noter que le revenu disponible équivalent comprend l’ensemble des revenus, allocations et autres transferts dont bénéficie un ménage, dont sont soustraits les taxes, impôts et transferts en faveur d’autres ménages, divisé par le nombre de membres du ménage converti en équivalents adultes (Coene et al. 2021).

La Région de Bruxelles-Capitale est également la région où le coût du logement est le plus élevé (constitué essentiellement du loyer pour les locataires, du remboursement de l’emprunt hypothécaire et du précompte immobilier pour les propriétaires (Coene et al. 2021)): 600€/mois, par rapport à une médiane belge à 464€/mois.



    Un Bruxellois dépense en moyenne 38% de son budget pour son logement

 

Les coûts du logement n’ont cessé d’augmenter dans les 3 régions depuis 2009, et l’augmentation s’est ressentie le plus fortement en Région de Bruxelles-Capitale (+40%, contre +25% en Flandre et +17% en Wallonie). Un Bruxellois dépense dès lors en moyenne 38% de son budget pour son logement. Il est à noter que le coût médian du logement varie fortement en fonction du statut d’occupation ; les propriétaires avec hypothèque ont un coût de logement 10 fois supérieur à celui des propriétaires sans hypothèque (mais enregistrent le niveau de revenu médian le plus élevé), et les locataires sont dans une situation intermédiaire. Il existe également une dualisation du marché locatif où les populations des centres urbains logeant dans des petits appartements à loyer modéré subissent des hausses de loyer importantes par rapport aux autres logements. 

Il est à noter que, hormis l’existence de ces facteurs de risque, ce sont également deux paramètres importants qui mènent ces facteurs à être cause éventuelle de précarité énergétique :

  • la possibilité d’interruption de fourniture (si l’alimentation était garantie, il n’y aurait pas de menace sur l’accès à l’énergie) ;
  • la performance énergétique du bâtiment (en dehors du risque de coupure, un logement insalubre menace la possibilité même d’atteindre un confort minimum dans le logement. 

3 formes de précarité énergétique, avec d'importantes différences régionales

  La précarité énergétique touche 20,7% de ménages belges en 2019

Cette valeur varie peu depuis 2009. Il existe cependant de fortes variations régionales, avec 15,1% de ménages touchés en Flandre, 27,6% à Bruxelles et 28,3% en Wallonie.  

Proportion de la population en situation de précarité énergétique (toutes formes confondues) par région. 

Source : Baromètres de la précarité énergétique et hydrique 2019 (Coene et al. 2021). 


On distingue également 3 formes de précarité énergétique différentes, qui sont définies selon le Baromètre de la précarité énergétique à l’aide 3 indicateurs (Coene et al. 2020): 

   

1.    La précarité énergétique mesurée

Elle définit les situations où « les ménages consacrent aux factures énergétiques  une part trop importante de leur revenu disponible après déduction du coût du logement ». 
En 2019, elle touchait environ 15% des ménages belges, avec une proportion de ménages touchés beaucoup plus importante en Wallonie (22,6%) qu’en Flandre (11%) ou en RBC (14,4%). Cela s’explique en partie par un prix des énergies plus élevé en Wallonie, ainsi qu’un climat généralement moins clément et des logements généralement plus grands, souvent 4 façades, et de moindre qualité énergétique. 

2.    La précarité énergétique cachée

Cette forme de précarité cible les ménages en situation potentielle de déprivation, c’est-à-dire que l’on « soupçonne de se restreindre par rapport aux besoins de base car leur facture énergétique est anormalement basse ». Il s’agit donc de ménages qui semblent consommer anormalement peu pour leurs besoins en énergie. 
En 2019, elle s’élève à 4,2% en Belgique, avec également des disparités régionales importantes : 3,4% des ménages wallons se retrouvent dans cette situation, 3,5% des ménages flamands, et 10,5% des ménages en Région de Bruxelles-Capitale. Ce pourcentage est en augmentation continue depuis 2011, et pourrait être partiellement expliqué par la présence accrue d’appartements (et donc d’isolation par les mitoyens) et de logements de petites tailles. C’est également dans les grands centres urbains que l’on retrouve le plus de ménages isolés ou à faible revenu qui limiteraient leurs dépenses. 

3.    La précarité énergétique ressentie

Elle se rapporte au « ressenti des ménages par rapport à leur capacité (financière) à faire face aux factures énergétiques ». 
Cet indicateur est le seul qui est purement subjectif et déclaratif. Il reprend les ménages qui, en réponse à une question spécifique à ce sujet lors de l'enquête, déclarent eux-mêmes avoir (ou craindre d’avoir) des difficultés à chauffer correctement leur logement. Il est également fort variable en fonction des régions ; on enregistre 1,5% des ménages flamands dans cette situation, alors qu’ils sont 6,4% et 6,6% en Wallonie et à Bruxelles, respectivement. Les revenus plus faibles dans ces 2 régions peuvent expliquer la crainte plus élevée des ménages par rapport à leurs factures énergétiques. 

Il est à noter qu’il existe peu de recoupement entre les 3 différentes formes de précarité énergétique, sauf entre la précarité mesurée et ressentie, pour lesquelles 1,6% des ménages se retrouvent dans les 2 catégories. Il y a donc en tout 19,2% des ménages belges qui se trouvent en situation « objectivée » de précarité énergétique (précarité mesurée ou cachée), et 1,5% dans une situation subjective (précarité ressentie). 

Quels liens entre la précarité énergétique et d’autres formes de pauvreté ? 

Croisement entre indicateurs de pauvreté et précarité énergétique

Source : Baromètres de la précarité énergétique et hydrique 2019 (Coene et al. 2021)
 

La précarité énergétique peut également être mise en lien avec d’autres caractéristiques socio-économiques de la population belge, comme le montre l’étude de la Fondation Roi Baudouin.
On note par exemple que 15,5% des ménages belges sont considérés comme étant en risque de pauvreté* (voir bas de la page) en 2019 (chiffre en augmentation depuis 2014). En croisant les chiffres du risque de pauvreté et ceux de la précarité énergétique, on constate ensuite que 48% des ménages en précarité énergétique (donc 9,8% de la totalité des ménages belges) sont également en risque de pauvreté. Il y a donc un lien qui existe entre ces deux paramètres, mais cela veut également dire que 52% des ménages en précarité énergétique (10,9% des ménages belges) ne sont initialement pas en situation de risque de pauvreté, mais ont, malgré tout, des difficultés à payer leurs factures d’énergie. 
Il est à noter que la Région de Bruxelles-Capitale enregistre une proportion de population en risque de pauvreté considérablement plus élevée que la moyenne belge (31,4% en 2019). 
On peut donc estimer qu’une part proportionnellement plus importante de la population bruxelloise (par rapport à la moyenne belge) est à risque de se trouver en situation de précarité énergétique. 

De même, on note que 73% des ménages belges en précarité énergétique toutes formes confondues (=15,1% des ménages belges) sont des ménages sans revenu du travail (ce qui implique inversement qu’avoir un revenu du travail ne protège pas nécessairement de la précarité énergétique, 27% des ménages étant dans le cas). Inversement, 37,2% des ménages sans revenu du travail (15,1% du total des ménages belges) se retrouvent effectivement en situation de précarité énergétique. Cela s’explique entre autres par la combinaison de revenus plus faibles et d’une présence accrue au domicile (qui augmente les besoins en énergie). 

Par ailleurs, alors que le risque de pauvreté se base uniquement sur un critère monétaire (une quantité de revenus), un autre indicateur existe pour rendre compte de la pauvreté d’un ménage: la privation matérielle*, qui se définit donc comme « le non-accès, pour raison financière, à une série de 13 items considérés comme nécessaires à une vie digne dans notre société. Le niveau de privation est dit « sévère » si le ménage n’a pas accès à au moins 5 de ces items». En 2019, 4,9% des ménages se trouvaient en situation de privation matérielle sévère, et 69% d’entre eux (3,4% des ménages belges) souffraient également de précarité énergétique. Mais 83,8% des ménages en précarité énergétique (=17,3% du total des ménages) ne sont malgré tout pas en situation de privation matérielle sévère. 

La précarité énergétique ne touche pas tous les types de ménages de la même manière

Proportion de la population belge en situation de précarité énergétique (toutes formes confondues) par type de ménage. 

Source : Baromètres de la précarité énergétique et hydrique 2019 (Coene et al. 2021)
Remarque : les chiffres entre parenthèses sont donnés à titre indicatif car l’échantillon considéré est trop petit et ne permet pas de garantir la qualité du résultat. 

Les données montrent que les isolés et les familles monoparentales (qui représentent respectivement 35% et 8% de la population belge, voir Figure ci-dessous) sont beaucoup plus vulnérables que les autres types de ménage. Plus d’un tiers des ménages de ces deux types sont effectivement en situation de précarité énergétique (voir Figure ci-dessus). Ceci peut s’expliquer principalement par la présence d’un seul revenu (généralement moins élevé, puisqu’il ne provient pas du travail pour 63% des isolés et 30% des familles monoparentales). Il est donc plus compliqué pour ces ménages de subvenir à leurs besoins énergétiques, qui ne sont généralement pas proportionnellement moins élevés par rapport à un ménage de 2 adultes avec enfants, par exemple. 
Parmi ces ménages vulnérables, les femmes sont fortement surreprésentées : 

  • elles sont à la tête de 80% des familles monoparentales, 
  • elles sont 2 fois plus nombreuses que les hommes parmi les isolés âgés (65 ans et plus). 
  • De plus, elles bénéficient généralement de revenus inférieurs à ceux des hommes isolés de la même tranche d’âge. 

Ici aussi, la population bruxelloise montre une surreprésentation des ménages particulièrement vulnérables. En effet, près de la moitié des bruxellois sont des isolés (46%), et les familles monoparentales représentent également une part plus importante de la population (12%) que la moyenne belge (6%). Cette structure des ménages particulière à la Région bruxelloise implique donc qu’une part sensiblement plus importante de la population soit vulnérable à la précarité énergétique, et explique la valeur relativement élevée de 27,6% de précarité énergétique à Bruxelles.  


Répartition des types de ménages dans la population totale bruxelloise et belge (gauche et centre) et dans la population belge en précarité énergétique, tous types confondus (droite). 

Source : IBSA (pour Bruxelles) et Baromètres de la précarité énergétique et hydrique 2019 (Coene et al. 2021)
 

Si l’on prend l’ensemble des ménages en précarité énergétique et qu’on analyse la répartition en fonction du type de ménage, il apparaît très clairement que les isolés sont les plus représentés ; 61% des ménages en précarité énergétique font partie de cette catégorie. Parmi ces isolés, ceux de plus de 65 ans sont d’autant plus vulnérables (42,8% d’entre eux sont en situation de précarité énergétique, contre 32% des moins de 65 ans). Et parmi ces isolés âgés en situation de précarité énergétique, 68% sont des femmes. 

Quel lien avec l’état de santé, et le statut d’occupation et la qualité du logement ?

Malgré qu’un lien de causalité ne puisse être établi entre la précarité énergétique et l’état de santé, l’étude de la Fondation Roi Baudouin rapporte que les belges en situation de précarité énergétique déclarent nettement plus souvent être en mauvaise ou en très mauvaise santé que les ménages qui ne sont pas en situation de précarité énergétique. Ils déclarent également plus souvent souffrir de maladies chroniques ou d’une limitation légère ou forte de leurs activités quotidiennes en raison d’un problème de santé. 

Pour ce qui est du lien entre le statut d’occupation du logement et la précarité énergétique, il semble que le statut de locataire rend plus vulnérable : 31,6% d’entre eux souffrent de précarité énergétique, contre seulement 14,5% des propriétaires. On retrouve ici un lien avec les ménages les plus vulnérables : les isolés et les familles monoparentales sont le plus souvent locataires de leur logement. De plus, les locataires ne peuvent pas facilement améliorer leur logement selon leur besoin. De manière plus générale, on rencontre dès lors également un lien entre la précarité énergétique et la qualité du logement : plus d’un tiers des ménages en précarité énergétique ont un logement de moindre qualité (fuite dans la toiture, humidité, boiseries pourries, …). Les logements de moindre qualité se retrouvent par ailleurs souvent dans les zones densément peuplées qui regroupent des ménages à faibles revenus. On notera par ailleurs que les locataires sociaux sont d’autant plus touchés par la précarité énergétique, puisque 41% d’entre eux en souffrent. Ce chiffre élevé est attribuable principalement à la faible performance énergétique des logements sociaux. 

La transition écologique, levier possible du rééquilibrage ?

La précarité énergétique en Belgique ne semble pas décliner au cours des années, et les conditions socio-économiques influencent fortement la vulnérabilité des ménages au phénomène. Or, les prix des énergies risquent d’augmenter à terme en raison notamment de l’épuisement des énergies fossiles et du prix actuellement plus élevé des énergies renouvelables. 
Dès lors, il reste très important de poursuivre l’intégration et l’amélioration des politiques de lutte contre la précarité énergétique, notamment dans les politiques climatiques. Et ce notamment dans le cadre de la transition écologique et en synergie avec la politique de développement durable, qui ont toutes deux pour objectif de répondre aux enjeux écologiques actuels. Le potentiel de rénovation des bâtiments, par exemple, est un axe central de la transition qui permettrait d’augmenter l’efficacité énergétique des bâtiments et de réduire les pertes. 
Dans ce contexte, la Région de Bruxelles-Capitale a mis en place sa stratégie de rénovation du bâti, qui passe notamment par l’établissement obligatoire d’un certificat PEB pour tous les bâtiments à l’horizon 2025, et qui devra jalonner le potentiel de rénovation des bâtiments. Ces exigences de performance énergétique son systématiquement accompagnées de mesures de financement et d’accompagnement des ménages vulnérables, afin qu’ils puissent prendre part à la transition et réduire leur facture énergétique. Le Plan Air-Climat-Energie et le Plan Régional Energie Climat 2030 entendent, eux aussi, réduire la précarité énergétique par diverses actions, comme le renforcement de la politique de protection du consommateur, le renforcement des services sociaux de proximité pour les ménages en difficulté ou le contrôle des services des fournisseurs et gestionnaire de réseau. D’autre part, la Région protège l’accès à l’énergie des Bruxellois au moyen de diverses dispositions prévues dans les ordonnances électricité et gaz (contrat d’approvisionnement de minimum 3 ans, coupure pour défaut de paiement prononçable uniquement par un juge de paix, statut de « client protégé », …), et soutient les travailleurs sociaux et les ménages sur les questions de l’accès à l’énergie via notamment le Centre d’Appui SocialEnergie et le Centre Infor Gaz Elec. 
L’accès à l’énergie est donc déjà un sujet de préoccupation des politiques régionales. Néanmoins, la transition écologique à venir se devra d’intégrer au mieux cette question en vue de rééquilibrer les inégalités d’accès et, si possible, de réduire l’ampleur de la précarité énergétique. 

* Kesako ? 

  • Risque de pauvreté : Un ménage est considéré en situation de risque de pauvreté à partir du moment où son revenu est inférieur à 60% du revenu médian national (Coene et al. 2020).
  • Privation matérielle : elle est représentée par l’indicateur de privation matérielle et sociale (MSD), qui implique l’impossibilité de se permettre au moins 5 biens ou actions sociales parmi une liste de 13 items : 

1.    Payer à temps ses factures
2.    S’offrir chaque année une semaine de vacances hors de son domicile
3.    S’offrir un repas composé de viande, de poulet ou de poisson tous les deux jours au moins
4.    Faire face à une dépense imprévue
5.    S’offrir une voiture
6.    Chauffer convenablement son domicile
7.    Remplacer des meubles endommagés ou usés
8.    Remplacer des vêtements usés ou démodés par des vêtements neufs
9.    Posséder deux paires de chaussures
10.    S'offrir une connexion internet à domicile
11.    Retrouver des amis ou sa famille autour d'un verre ou d'un repas au moins une fois par mois
12.    Participer de manière régulière à une activité de loisirs
13.    Dépenser une petite somme d'argent chaque semaine pour soi-même

 

Date de mise à jour: 03/05/2021