Santé des sols
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- Eaux souterraines
Connaissances et types d’études sur la santé des sols à Bruxelles
Focus - Actualisation : Décembre 2025
Afin d'obtenir une meilleure image de la santé des sols à Bruxelles, des centaines de parcelles ont déjà été examinées dans le cadre de la stratégie Good Soil. La plupart des sols semblent avoir une capacité bonne à moyenne à fournir des services écosystémiquesEnsemble des services rendus par les sols à l’environnement et de facto à notre société : fourniture d’eau potable, limitation des inondations, stockage du Carbone atmosphérique, support pour la faune et la flore...). Les principaux processus de dégradation auxquels ils sont soumis sont la compaction, l'érosion et l’imperméabilisation. Découvrez tout cela plus en détail ici !
Une gestion integrée des sols en RBC
Un sol vivant et sain est nécessaire pour assurer un cadre de vie de qualité à tous les habitants et travailleurs de la Région. Préserver les sols en bonne santé et les restaurer là où c’est possible est un élément clé pour contrer l’impact du changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc. et de la perte de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). sur les villes et les métropoles : les sols jouent un rôle important dans la régulation des inondations et la gestion des eaux souterraines, dans la lutte contre le phénomène d’îlots de chaleur en ville, pour la production alimentaire, en tant que support pour les autres écosystèmes, et contribuent ainsi à la résilience de la ville. En Région bruxelloise, les sols subissent une forte pression due aux activités humaines. On retrouve par exemple des problèmes de compaction, d’érosion, ou encore d’imperméabilisation. Ces dégradations entrainent aussi des pertes de biodiversité et de matière organique.
Des mesures urgentes sont nécessaires pour inverser la dégradation des sols en Europe: la dégradation des sols menace notre compétitivité, notre sécurité alimentaire, notre productivité agricole, notre biodiversité et notre résilience face aux phénomènes météorologiques extrêmes et au changement climatique.
C’est pourquoi, Bruxelles Environnement a lancé la stratégie Good Soil, adoptée en 2024, et qui vise une gestion intégrée des sols bruxellois en luttant contre l’ensemble des menaces et en favorisant le développement des sols vivants dès que possible. L’objectif de cette vision élargie est de permettre au sol de fonctionner correctement et de nous fournir un maximum de services … ce qui implique de connaitre sa santé.
Que savons‑nous de la santé des sols bruxellois ?
Depuis 2022, 304 études ont été réalisées en Région bruxelloise et ont permis de récolter des données sur la santé des sols de 581 parcelles, sur base de 1131 points de prélèvement. L’ensemble de ces parcelles représente une superficie cumulée de 1969 ha, ou 12 %, de notre région.
On distingue différentes typologies d’usage du sol (définies sur base du règlement LULUCF) :
- Sol agricole
- Sol forestier
- Sol parc
- Sol prairie
- Sol zone humide
- Sol établissement :
Cette typologie du sol comprend toutes les terres modifiées et développées par l'activité humaine, y compris les infrastructures de transport et tous les établissements humains de toute taille, à moins qu'ils ne soient déjà inclus dans une autre catégorie. Cela concerne donc les bâtiments, les places, les voies et voiries (dont ferroviaires), les sites industriels, mais aussi les bords de route, les jardins, les terrains de sport et de cimetières. - Sol imperméabilisé :
Les résultats des prélèvements effectués dans des sols des typologies précitées, mais qui présentent une surface artificialisée par des matériaux (semi-)imperméables, sont présentés séparément. Les sols artificialisés de ce type peuvent par exemple être représentés par les surfaces asphaltées, les voiries, les espaces publics minéralisés et trottoirs, les voies de chemin de fer, etc.
La majorité des terrains étudiés font partie de la typologie d’usage du sol « Sol forestier » (en superficie)
Source : études Good Soil et IQSB
En termes de superficie, ce sont surtout les typologies d’usage du sol plus « naturelles » qui ont étés étudiées, dont la majeure partie était constituée de « sols forestiers » (1541 ha avec 82 parcelles étudiées), dont une grande proportion est reprise en forêt de Soignes (1410 ha).
Si, au contraire, on regarde strictement le nombre de parcelles étudiées, les sols de la typologie d’usage « établissement » (principalement ici des terrains d’habitation privée) sont les plus représentés (318 parcelles) pour une surface comparativement faible (85 ha
Cela peut s'expliquer par les nombreux terrains privés présentant de petites superficies par rapport aux grandes parcelles de parcs ou de forêts, comme celles de la fôret de Soignes. Il faut impérativement garder ce paramètre en tête lorsque l’on compare les indices de ces différentes typologies d’usage du sol.
À l’inverse les typologies d’usage du sol « Agricole » (2 ha avec 8 parcelles étudiées) ou « Zone Humide » (10 ha avec 4 parcelles étudiées) ne sont pas encore très représentées dans les résultats de ces investigations. Les conclusions relatives à ces typologies sont donc à prendre avec précaution car elles sont statistiquement (encore) peu représentatives. Dans le cas des sols agricoles, qui sont peu présents sur la région, la superficie étudiée restera proportionnellement faible.
La majorité des études concernées étaient réalisées dans le cadre des campagnes de caractérisation menées par Bruxelles Environnement (campagnes Good Soil), mais un nombre croissant d’études IQSB a également permis d’alimenter les connaissances sur le sujet. Une petite partie des résultats provient du projet Re-création.
Bon à savoir
Les analyses de sol dans le cadre des campagnes Good Soil sont toujours effectuées dans ces zones où le sol n’est pas imperméabilisé ou recouvert. Ce n’est que dans le cadre des études IQSB Pro et du projet ré-création que des échantillons peuvent être prélevés sous une revêtement de sol (imperméabilisé par exemple). Cependant, un échantillon n'est jamais prélevé sous un bâtiment.
ISSB, Indice de Qualité des Sols Bruxellois
Lancé en 2020, l’Indice de Santé des Sols Bruxellois (ISSB) ; anciennement l’Indice de Qualité des Sols Bruxellois (IQSB) est l’outil de choix mis en place par Bruxelles Environnement pour l’étude de la santé des sols. Il sert à mesurer une série de paramètres du sol de manière à juger de l’état physique, biologique et chimique d’un site, de sa capacité à fournir différents services écosystémiquesEnsemble des services rendus par les sols à l’environnement et de facto à notre société : fourniture d’eau potable, limitation des inondations, stockage du Carbone atmosphérique, support pour la faune et la flore...), et des dégradations que ce site a pu subir. est un indicateur quantitatif qui décrit l’état qualitatif des sols d’une parcelle et de différentes zones sur la parcelle (en %).
Il permet en outre de donner des pistes de gestion – voire de traitement en cas de dégradation avérée – de manière à aider le sol à être dans la meilleure santé possible pour pouvoir fournir un maximum de services écosystémiques, et de mettre le bon usage sur le bon sol, en allouant au maximum les sols en bonne santé aux usages qui le nécessitent (comme la nature, l’agricultue, la gestion du cycle de l’eau, …), et en limitant autant que possible les infrastructures et constructions aux sols déjà dégradés.
Utile à savoir : il existe une version simplifiée et didactique de l’ISSB, le Guide « Teste ton sol », avec un test réalisé par le citoyen, pour le citoyen. Il sert principalement d’outil de communication et de sensibilisation et ne sera pas abordé à ce stade dans les statistiques qui suivent, les données étant trop peu nombreuses/robustes. À ce jour, 70 personnes ont réalisé un « Teste ton sol ».
Campagnes « Good Soil » de caractérisation des Sols Bruxellois
Les études de sol effectuées lors des campagnes Good Soil peuvent être assimilées à des études IQSB dont la stratégie aurait été simplifiée.
Les objectifs de ces campagnes commanditées directement par Bruxelles Environnement sont avant tout :
- De réaliser un cadastre de l’état des sols de la région de Bruxelles-Capitale, la carte pédologique étant absente en milieu urbain
- De donner une idée générale à tout aménageur de l’état et des caractéristiques du sol de son terrain, et d’orienter d’éventuelles analyses complémentaires
- D’identifier les sols dégradés pour les faire bénéficier d’une gestion plus adaptée
- De sensibiliser le public aux sols, en offrant une représentation visuelle de leur état
Opération Ré-création : amener la nature dans les cours d'école
En 2021, Bruxelles Environnement et Perspective.brussels ont lancé le projet Ré-création, dans le but de transformer les cours de récréation en espaces de jeu et de ressourcement végétalisés, mieux partagés et plus agréables à vivre. Un des objectifs est ainsi de renforcer le contact entre les élèves et la nature en ville, et de végétaliser les surfaces minérales (des cours de récréation), notamment pour rafraîchir les cours de récréation pendant les vagues de chaleur.
Ce projet a permis d’accompagner une vingtaine d’école bruxelloises dans la désimperméabilisation de leur cour de récréation et le rétablissement de leur sol pour en faire à nouveau un support de nature, vie et fraicheur.
Des analyses Good Soil simplifiées et quelques paramètres de pollution ont été utiles pour guider les projets en fonction du sol à désimperméabiliser et des éventuelles pollutions présentes en sous-sol.
Ce projet a été un franc succès et les travaux sont en cours.
L’évaluation de la santé de nos sols bruxellois se fait à l’aide de différents types d’indices de santé :
- les indices de performance de chaque service écosystémique évaluent la capacité des sols à fournir des services écosystémiquesEnsemble des services rendus par les sols à l’environnement et de facto à notre société : fourniture d’eau potable, limitation des inondations, stockage du Carbone atmosphérique, support pour la faune et la flore...). Ce sont les biens et services que les écosystèmes fournissent à la société.
- les indices de dégradation évaluant les dégradations qui pèsent sur les sols
Tous les indices sont basés uniquement sur des éléments liés aux propriétés du sol et ne prennent pas en compte le contexte ou le milieu en surface, ils sont donc indicatifs de la santé du sol et non du milieu en surface. C’est le rôle de l’expert d’interpréter ces indices au regard du contexte pour en tirer des recommandations.
Bon à savoir
Les études précitées sont toujours réalisées sur une ou plusieurs parcelles avec des indices calculés à l’échelle de la parcelle. Pour des raisons de représentativité, et étant donnée la variabilité de taille des différentes parcelles, les conclusions des statistiques qui suivent sont présentées sous forme de surface en hectares.
Pour plus d’informations, consultez la fiche méthodologique.
Carte de la santé des sols
Une carte de « Santé des sols » a été élaborée par Bruxelles Environnement. Cette carte, anciennement la carte de qualité des sols, indique les endroits où des échantillons ont été prélevés pour analyser la santé des sols lors des études présentées. Pour chaque point d’investigation, elle indique les valeurs mesurées des différents paramètres chimiques, biologiques et physiques. Les experts en gestion des sols peuvent, avec l'aide du facilitateur sol, s’en servir pour la réalisation de leurs études de santé des sols dans le cadre des études d’incidences des PAD, PRAS, PPAS , CRU ,.... Cette carte est accessible au grand public et a pour objectif principal de sensibiliser au rôle des sols et de partager des informations sur leur santé afin de mieux en tenir compte pour une gestion plus durable.
La carte de la santé des sols
Source : Bruxelles Environnement, sous-division Sols, 2025
Quelle stratégie régionale ?
En initiant la stratégie Good Soil, Bruxelles Environnement a envisagé une gestion intégrée et durable des sols bruxellois (voir ci-dessus). La Stratégie a également pour objectif de servir de levier pour communiquer plus largement sur les sols et pour sensibiliser aux principales menaces rencontrées ainsi qu’aux différentes solutions à mettre en place. L'une des priorités est aussi d'évoluer vers une « zéro artificialisation nette » des sols d'ici 2050.
En 2019, une étude, dite étude Good Soil, a été menée à la demande de Bruxelles Environnement, par un consortium de chercheurs. Celle-ci avait pour but principal de fournir un état des lieux de la connaissance sur les sols bruxellois (leur état, leurs dégradations, les caractéristiques spécifiques à ces sols urbains), et les pratiques applicables sur Bruxelles, de manière à préparer le terrain pour la mise en place d’objectifs et de mesures concrètes pour la gestion intégrée et durable des sols de la Région dans le cadre de la stratégie Good Soil.
Il en est ressorti un profond manque de connaissance et de prise en compte des sols à tous les niveaux sur la Région bruxelloise, son sol étant un sol urbain très peu étudié. Plusieurs outils et actions ont ainsi été mis en place pour répondre à ces lacunes - dont l’ISSB et les campagnes Good Soil - propulsés en avant par les différentes évolutions internationales sur les sols. L’outil ‘Teste ton sol’, qui aide les Bruxellois à évaluer facilement eux-mêmes la santé de leur terrain, à été principalement développé pour sensibiliser les citoyens sur l’importance et les fonctions d’un sol sain.
Les recommandations et prescriptions émises par la FAO et la Commission européenne ont en effet servi de point de départ à la Stratégie Good Soil :
- La Commission européenne a développé sa Stratégie 2030 pour les sols, qui aborde toutes les menaces et introduit les notions de sols sains et de services écosystémiquesEnsemble des services rendus par les sols à l’environnement et de facto à notre société : fourniture d’eau potable, limitation des inondations, stockage du Carbone atmosphérique, support pour la faune et la flore...) rendus par les sols. A l’horizon 2050, la stratégie européenne table sur 100% de sols sains.
Parce qu’elle représente une solution clé, la bonne santé des sols contribue à relever nos grands défis que sont la neutralité climatique et la résilience aux changements climatiques, la mise en place d’une (bio)économie propre et circulaire, l’inversion du déclin de la biodiversité, […].
- Les Nations unies jouent également un rôle important dans la prise en compte des sols pour la lutte contre le réchauffement climatique et ses effets néfastes et la protection de notre environnement. Les sols sont, de manière directe ou indirecte, concernés par la plupart des objectifs de leurs programmes et conventions. L’objectif de développement durable n° 15 par exemple vise directement la gestion du sol.
Lire le texte de transcription
L’objectif de développement durable 15 des Nations unies concerne la "vie terrestre": Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité
- Le programme SoilSTAT de la Food and Argiculture Organization (FAO), est par exemple une initiative suivie par les trois Régions belges et le fédéral, et qui a pour objectif de développer un système de monitoring, de prévision et de rapportage périodique relatif à la santé des sols.
Services écosystémiques des sols
Indicateur - Actualisation : Décembre 2025
Un sol en bonne santé fournit des services écosystémiquesEnsemble des services rendus par les sols à l’environnement et de facto à notre société : fourniture d’eau potable, limitation des inondations, stockage du Carbone atmosphérique, support pour la faune et la flore...) essentiels pour notre environnement et donc pour notre société, tels que l’approvisionnement en eau et en nourriture, la régulation du climat et le support à la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore).. Les études menées sur les sols bruxellois montrent que la plupart des sols ont une capacité bonne à moyenne à fournir des services écosystémiques. Les sols imperméabilisés constituent la principale exception, car ils contribuent beaucoup moins à ces processus essentiels.
Les indices des services écosystémiques
Les indices écosystémiques reflètent la capacité d'un sol à fournir les différents services écosystémiques prioritaires pour la région (support pour la croissance des plantes et habitant pour la biodiversité, approvisionnement en nourriture, régulation du cycle de l’eau, régulation du climat). Les scores déterminés pour ces indices sont répartis en 3 groupes :
Score de l’indice écosystémique selon le guide ISSB
Source : ISSB
Lire le texte de transcription
Pour les sols obtenant un score supérieur ou égal à 75, la mesure dans laquelle le sol fournit un service écosystémique est considérée comme « atteint ». Pour les sols obtenant un score inférieur à 75 et supérieur ou égal à 50, ce niveau est considéré comme « satisfaisant » et pour les sols obtenant un score inférieur à 50, il est considéré comme « insuffisant ».
Pour plus d’informations, consultez la fiche méthodologique.
Les graphiques ci-dessous indiquent dans quelle mesure un service écosystémique est fourni par les sols à Bruxelles, en % de la superficie étudiée. Les constatations générales des études sur la santé des sols à Bruxelles sont présentées à la fin de cette page.
Support satisfaisant pour la croissance des plantes et habitat pour la biodiversité
Cet indice repose sur une série de paramètres importants pour la croissance des plantes et la fourniture d'habitats à la faune, à la flore et aux micro-organismes tels que les champignons, les bactéries, etc.
En ce qui concerne le service écosystémique de « Support pour la croissance des plantes et habitat pour la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). », 81% de la superficie étudiée (1596 ha) ont un score « satisfaisant » et 17% (343 ha) « atteint ». Presque tous les sols soutiennent donc cette fonction au moins à un niveau « satisfaisant ». Ceci démontre la capacité des sols urbains bruxellois à soutenir la biodiversité malgré leur anthropisation et leurs profonds remaniements.
Les sols imperméabilisés constituent une exception à cette règle : ils ne fournissent souvent pas suffisamment ce service écosystémique. Ce qui est normal, étant donné que la couche supérieure du sol (la couche contenant le plus de vie et faisant l’interface eau-sol-air) est le plus souvent retirée et remplacée par des matériaux artificiels pour des raisons de stabilité avant une imperméabilisation.
Approvisionnement en nourriture : service écosystémique à un niveau « satisfaisant », mais non « atteint »
Sur base des scores du service écosystémique « approvisionnement en nourriture » (production de denrées alimentaires), 84% des sols étudiés (166 ha) ont un score « satisfaisant ». Pour 14 % des sols étudiés (267 ha), le service écosystémique est « atteint ».
Cette tendance générale, selon laquelle les sols étudiés soutiennent le service d’approvisionnement en nourriture de façon globalement « satisfaisante », s'applique à toutes les typologies de sol. Ce n'est que dans le cas des sols imperméabilisés que ce service écosystémique n’est plus aussi bien atteint.
Un sol en bonne santé permet en effet de nombreux usages, dont la production alimentaire. Dans un milieu urbain comme Bruxelles, cela est très positif pour les différents objectifs de la région en matière de sécurité alimentaire.
’régulation du cycle de l’eau’ par les sols bruxellois satisfaisante à très bonne
La moitié (51%) des parcelles étudiées remplissent très bien le service de “régulation du cycle de l’eau“ (infiltration des eaux de surfaces ) avec un score « atteint ». L’autre moitié le remplit de manière globalement « satisfaisante ». Seulement 1% des sols étudiés présente un score « insuffisant ».
Les sols forestiers ainsi que les sols de parcs répondent plutôt bien à cette fonction de régulation du cycle de l’eau. Environ la moitié d’entre eux, respectivement 54% (827 ha) et 43% (124 ha), ont un score « atteint », et à peu près l’autre moitié, respectivement 46% (714 ha) et 54% (156 ha) un score « satisfaisant». Etant donné que les parcs représentent une surface non négligeable des surfaces non imperméabilisés de la région, il est très important qu’ils soient capables de remplir ce service. Ils peuvent ainsi contribuer à la régulation des inondations. Ce service peut cependant être facilement entravé par des dégradations (voir l’indicateur ci-dessous) comme la compaction ou la manque de matière organique, souvent liées à un usage récréatif intensif. Il y a donc lieu de porter une attention particulière à ces sujets dans les parcs présentant une forte pression démographique.
Les sols de zones humides et les sols agricoles ont également de bons scores pour cet indice mais comme mentionné plus tôt, ces typologies sont peu représentées dans les analyses, et les conclusions doivent être prises avec précaution.
Les sols imperméabilisés remplissent le moins bien cette fonction avec 50% (5 ha) des sols étudiés qui présentent un score « insuffisant ». Ceci n’est pas étonnant puisqu’un sol imperméabilisé ne peut, par définition, pas contribuer à la régulation du cycle de l’eau.
Une bonne « régulation du climat » par la plupart des sols
Bon à savoir
L’indice de régulation du climat est actuellement principalement basé sur la quantité de carbone présent dans les sols (voir aussi l’indice « manque de matière organique » dans l’indicateur sur la dégradation des sols ). En effet, les sols aussi jouent un rôle dans la régulation du climat, en absorbant le CO₂ de l'atmosphère via leur végétation et leur activité biologique en général. Le carbone stocké dans le sol contribue aussi à améliorer la capacité de rétention d'eau des sols, sa structure, etc. De ce fait, les sols participent à la réduction des gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3). et à la résilience face aux effets du changement climatiqueDésigne de lentes variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné, au cours du temps : réchauffement ou refroidissement. Certaines formes de pollution de l'air, résultant d'activités humaines, menacent de modifier sensiblement les climats, dans le sens d'un réchauffement global. Ce phénomène peut entraîner des dommages importants : élévation du niveau des mers, accentuation des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, cyclones, etc.), déstabilisation des forêts, menaces sur les ressources d'eau douce, difficultés agricoles, désertification, réduction de la biodiversité, extension des maladies tropicales, etc..
La plupart (84% ou 1645 ha) des parcelles étudiées remplissent très bien le service de « régulation du climat », avec un score « atteint ». À l'exception des sols imperméabilisés, tous les types de sols obtiennent des scores assez bons pour ce service écosystémique.
Un point d’attention intéressant est que certaines surfaces imperméables peuvent également bien remplir ce service. En effet, si le sol est riche en carbone en profondeur au moment de son imperméabilisation, ce carbone y sera piégé et y restera, l’imperméabilisation empêchant sa disparition. Cela ne signifie cependant pas qu’il faille imperméabiliser les surfaces : ces sols ne peuvent remplir les autres services, et le carbone est coupé de son cycle naturel, ce qui empêche le sol de fixer du carbone supplémentaire.
Le calcul de cet indice est amené à évoluer en fonction des données futures disponibles. Ces résultats sont cependant plutôt logiques au vu de la méthode de calcul, principalement basée sur la quantité de carbone présente dans les sols : les milieux urbains sont souvent plus riches en matière organique que les milieux ruraux en général, où l’agriculture intensive prédomine. Ceci explique les scores élevés des sols agricoles bruxellois. En effet, en agriculture intensive, globalement absente à Bruxelles, le carbone organique est le plus souvent exporté avec les récoltes et n’est donc pas restitué au sol par la suite. De plus, en milieu urbain, le compostProcessus naturel de transformation de la matière organique sous l’action d’organismes vivants, dans des conditions contrôlées, en humus et nutriments pour le sol et ses habitants. et les autres amendements organiques sont plus accessibles et les surfaces plus réduites : ceci favorise des pratiques de gestion qui augmentent le carbone dans les sols.
Bon à savoir
Etant donné que les sols, avec la biomasseEnsemble des végétaux et des animaux, ainsi que des déchets organiques qui leur sont associés. La biomasse végétale provient de la photosynthèse et constitue une source d'énergie renouvelable., représentent un potentiel de stockage de carbone, ces deux types de puits pourront contribuer à l’atteinte des objectifs européens de neutralité carbone à l’horizon 2050. Jusqu’il y a peu, le stockage de carbone des milieux urbains n’était pas mesuré sur le terrain, et des valeurs par défaut étaient utilisées. Or, après des mesures de la densité des sols de Bruxelles, les premiers résultats des calcul de stockage de carbone dans les sols commencent à ressortir. Ceux-ci ne concernent que les sols perméables et ne comprennent pas encore la Forêt de Soignes, ils ne sont donc pas encore complètement représentatifs. Ils sont cependant assez prometteurs puisque l'on parlent d'une valeur supérieure à 100T de carbone par hectare, alors qu'on aurait pu s'attendre à des valeurs bien plus faibles ! On peut donc confirmer que les sols urbains peuvent (aussi) stocker du carbone.
Dégradation des sols
Indicateur - Actualisation : Décembre 2025
La santé des sols bruxellois est influencée par différentes formes de dégradation. Les études menées dans le cadre de la stratégie Good Soil montrent que la compaction des sols, l’érosion et l’imperméabilisation constituent les principaux processus de dégradation auxquels les sols sont soumis.
Les indices de dégradation des sols
Les scores des indices de dégradation indiquent le niveau de dégradation du sol selon le type de dégradation (manque de matière organique, perte de biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore)., érosion, perte de nutriments et compaction). Les scores déterminés pour les indices sont répartis en 3 groupes:
Score de l’indice de dégradation selon le guide ISSB
Source : ISSB
Lire le texte de transcription
Les sols qui obtiennent un score inférieur ou égal à 30 sont considérés comme « faiblement impactés ». Les sols dont le score est supérieur à 30 et inférieur ou égal à 50 sont considérés comme « moyennement impactés » et ceux dont le score est supérieur à 50 sont considérés comme « fortement impactés »
Pour plus d’informations, consultez la fiche méthodologique.
Les graphiques ci-dessous représentent le degré de dégradation des sols bruxellois étudiés (en % du total de la surface étudiée). Les constatations générales des études sur la santé des sols à Bruxelles sont présentées à la fin de cette page.
Manque de matière organique peu marqué
Les parcelles étudiées depuis 2022 sont assez peu impactées par le manque de matière organique (carbone organique total). On note que 87% (1717 ha) de la superficie des sols étudiés est faiblement impactée, 4% (80 ha) moyennement impacté et seulement 9% (173 ha) des sols sont fortement impactés par le manque de matière organique.
Aucune typologie d’usage des sols n’est significativement plus impactée que les autres. Seuls les sols imperméabilisés sont pour plus de la moitié (71% ou 7ha des sols étudiés) fortement impactés par cette dégradation. Tous les sols agricoles et les sols humides sont au maximum faiblement impactés.
Comme mentionné dans l’indicateur ‘services écosystémiques des sols’, la quantité de matière organique est l'un des principaux paramètres permettant de déterminer l'indice de régulation du climat. Ces deux indices évolueront encore à mesure que davantage de données seront disponibles.
Perte de biodiversité dans le sol: les sols étudiés sont moyennement impactés
66% des surfaces de sols étudiées (1308 ha) depuis 2022 sont moyennement impactées par la perte de biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore).. 14% (280 ha) sont faiblement impactés et 19% (383 ha) fortement impactés.
Les sols de la typologie d’usage des sols « prairie », « forestier » et « établissement » présentent une proportion légèrement plus élevée de sols fortement impactés par la perte de biodiversité.
Les scores de la pertes de biodiversité pour certains sols originels (non perturbés), notamment forestiers, sont à nuancer. Ces milieux présentent des caractéristiques spécifiques qui découlent d'une évolution naturelle et ne peuvent être considérés comme dégradés. Ces scores doivent donc être interprétés à la lumière des processus pédologiques en cours.
Pour les sols établissements, qui sont en grande partie des sols de jardins particuliers ou des abords de bâtiments, l’explication est différente et peut sans doute être reliée aux pratiques de gestion, à la profondeur ou la nature du sol (remblais de mauvaise qualité) ou encore à des aspects d’usage (piétinement, etc). Pour ce type de sol, on peut donc bien conclure à une dégradation principalement d’origine anthropique.
Les sols agricoles, les sols de zones humides, et les sols de parc sont moins impactés par cette dégradation. Tous les sols imperméabilisés étudiés présentent une forte perte de biodiversité.
L’érosion des sols : résultats mitigés
La plus grande partie (1251 ha ou 64%) de la superficie des sols étudiés est moyennement impactée par l’érosion. 14% (277 ha) est fortement impacté.
La typologie d’usage des sols qui est propotionellement la plus impactée est celle des sols « établissement » : 34% de ces sols sont fortement impactés. Cependant, cela ne concerne que 29 ha sur la Région. En comparaison, les sols forestiers et les sols des parcs étudiés présentent une forte érosion sur une surface absolue beaucoup plus importante, soit environ 227 ha au total, bien que cela ne concerne que12 à 13% de leurs sols.
Au contraire les sols agricoles subissent relativement peu d’érosion avec 63% (1 ha) des sols étudiés qui sont faiblement impactés. Peu de sols de cette typologie d’usage ont cependant encore été investigués.
Les sols imperméabilisés ne peuvent par définition pas subir d’érosion, étant donné qu’ils sont revêtus. Cette dégradation n’est donc pas calculée pour cette typologie.
Perte de nutriments : 60% des sols étudiés sont fortement dégradés
60% (1188 ha) de la superficie des sols étudiés, toutes typologies d’usage des sols confondues, sont fortement impactés par la perte de nutriments.
Les sols imperméabilisés sont les plus fortement impactés par la perte de nutriments. Parmi les usages de sol non-imperméabilisés, les sols de prairies et les sols forestiers sont proportionnellement les plus impactés par cette perte de nutriment (70% et 61% respectivement), mais cette conclusion est à nuancer en fonction du milieu. En effet, il n’est pas anormal pour un milieu forestier parfaitement sain de manquer de nutriment dans les sols. C’est même un processus normal dans ce type d’écosystèmes. De même, les prairies pauvres sont caractérisées par une faible quantité de nutriments dans leurs sols.
Les sols agricoles et les sols de zones humides sont moins impactés par la perte de nutriments.
Compaction des sols : Plus des trois quarts des sols étudiés sont moyennement à fortement impactés
79% de la superficie des parcelles étudiées est moyennement à fortement compactée, ce qui correspond à 1540 ha.
Les sols de prairies et les sols de la typologie d’usage des sols « établissement » sont les plus impactés par la compaction avec respectivement 71% (21 ha) et 54% (46 ha) des sols présentant une forte compaction. De même, 37 % des sols « établissement » ne sont que faiblement compactés, ce qui est relativement bon par rapport à d'autres typologies. Seule une petite partie de ce type de sol est moyennement dégradée, ce qui indique que la santé des sols dans les zones d’établissement est généralement soit peu impactée, soit fortement impactée, et rarement entre les deux. Étant donné qu'il s'agit principalement de jardins privés ou d’abords de bâtiments, ces résultats peuvent être liés à la gestion et à l'usage des sols. Des études complémentaires concernant l’influence de la gestion et l’impact humain sur cette dégradation pourraient être intéressantes à mener pour mieux comprendre ces résultats.
Parmi les sols imperméabilisés, 100% sont considérés comme fortement compactés, étant donné que c’est une nécessité technique de stabilisation de sol pour les infrastructures.
Bon à savoir
La compaction et l’imperméabilisation du sol sont des facteurs importants qui augmentent considérablement le risque d'inondation à Bruxelles, car ils rendent le sol imperméable et empêchent ainsi l'infiltration de l'eau, ce qui entraîne notamment le ruissellement des eaux de pluie. En outre, cela pose également des problèmes pour la recharge des nappes phréatiques, la qualité de l'eau des cours d'eau et le microclimat urbain, avec une augmentation des effets d'îlot de chaleur. Grâce, entre autres, à une gestion intégrée des eaux pluviales et à la désimperméabilisation des sols, le Plan de gestion de l'eau et la stratégie Good Soil visent à rétablir le cycle naturel de l'eau.
Constats généraux sur ces études de sol
Indicateur - Actualisation : Décembre 2025
Les résultats des études de sol montrent la santé des sols varie en fonction de la typologie d’usage du sol. Les sols agricoles et les zones humides ont tendance à être en meilleure santé : ils fournissent davantage de services écosystémiquesEnsemble des services rendus par les sols à l’environnement et de facto à notre société : fourniture d’eau potable, limitation des inondations, stockage du Carbone atmosphérique, support pour la faune et la flore...) et sont moins dégradés. Les sols les plus dégradés se trouvent principalement dans les zones de typologie « établissement » ou « prairie ». Les scores plus faibles attribués aux sols forestiers doivent être nuancés, car ils résultent souvent de processus naturels liés au sol dans ce contexte, tels qu'une teneur en nutriments plus faible, etc.
Toutefois, il convient de noter que les typologies d’usage du sol « Agricole » ou « Zone Humide » sont encore relativement peu représentées dans les résultats de ces investigations, tant en termes de nombre de parcelles étudiées que de superficie. Cela est également dû au fait que ce type de sol est relativement peu réprésenté au sein de la région de Bruxelles-Capitale. Les conclusions relatives à ces typologies sont donc à prendre avec précautions car elles sont statistiquement encore peu représentatives. Il en va de même pour les sols imperméabilisés, en raison cette fois du peu de parcelles actuellement investiguées.
Sur la base des scores ISSB, presque tous les sols bruxellois fournissent plusieurs services écosystémiques à un niveau de performance bon à moyen. Cela signifie que la plupart des sols bruxellois peuvent remplir plusieurs services écosystémiques différent à un niveau satisfaisant. Certains sols sont moins diversifiés dans leurs services, ce qui ne les rend pas spécialement moins bons, mais simplement plus spécialisés. Tous ces sols sont importants pour Bruxelles et ses citoyens.
Les processus de dégradation auxquels sont soumis la plupart des sols bruxellois sont la compaction et la perte de nutriments (respectivement 47 % et 60 % des sols sont fortement impactés par ces dégradations). La perte de nutriments est cependant à nuancer en fonction des types de sols, certains d’entre eux présentant une perte de nutriments naturelle. Il en va de même pour les sols présentant certaines pratiques ayant pour but de favoriser certaines types d’habitats. Ces sols ne doivent pas nécessairement être considérés comme dégradés, et les conclusions pourront être nuancées dans le futur. Le manque de matière organique, la perte de biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). et l'érosion impactent la plupart des sols de manière faible à modérée.
Par rapport à d'autres typologies, la santé des sols imperméabilisés est (beaucoup) moins bonne. Ils obtiennent de moins bons résultats, tant pour les services écosystémiques que pour la dégradation des sols, car ils sont coupés de l'eau, de la végétation et de l'air en raison de leur recouvrement, ce qui perturbe l'écosystèmeC'est l'ensemble des êtres vivants (faune et flore) et des éléments non vivants (eau, air, matières solides), aux nombreuses interactions, d'un milieu naturel (forêt, champ, etc.). L'écosystème se caractérise essentiellement par des relations d'ordre bio-physico-chimique., mais aussi parce que, dans la plupart des cas, la couche de sol “vivante” a été retirée ou stabilisée pour la mise en place de l’infrastructure (route, place, cour d’école, terrasse, etc).
Bon à savoir
En 2022, 1 m² sur 2 dans la RBC était imperméabilisé ! 53 % pour être précis. En 30 ans, la superficie des sols imperméablse a même doublé (en savoir plus sur l’Imperméabilisation des sols bruxellois).
Il n’est pas (encore) possible à ce stade d’établir une tendance sur l’évolution de la santé des sols. Nous sommes en effet en phase de densification des points d’analyse de la situation initiale. Les résultats ci-dessus reflètent l'état actuel de la connaissance des sols bruxellois, sur base des mesures récentes.
À télécharger
Tableau reprenant les données
Methodologische fiche
Fiche de l'Etat de l'Environnement
Autres publications de Bruxelles Environnemen
- Good Soil ISSB professionnels. Guide : Indice de santé des sols bruxellois (ISSB), 2022. Anciennement l’Indice de Qualité des Sols Bruxellois (IQSB).
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