Vous êtes ici

Quels effets sur l’environnement ?

Effets sur la faune, la flore, les habitats Natura 2000 

Une étude, des conclusions, une mise à jour

En 2012, l’Institut Scientifique de la Santé Publique et l’Université d’Anvers ont réalisé une étude globale sur l’ « Influence des antennes de téléphonie mobile sur les sites Natura 2000 dans la Région de Bruxelles-Capitale » (.pdf)

Bruxelles Environnement a suivi cette étude financée par les opérateurs de téléphonie mobile et réalisée en lien avec les permis d’environnement nécessaires aux antennes émettrices à Bruxelles. 

Cette étude a réalisé notamment une recherche et une analyse bibliographique des données scientifiques disponibles à l’époque, tant au niveau de l’impact des rayonnements, que sur l’impact des infrastructures d’antennes - installation, entretiens… -, sur la faune, la flore et les habitats. 

Dans leurs conclusions, les auteurs indiquaient que : 

« Les  données  sont  insuffisantes  pour  conclure  que  les rayonnements  non  ionisants  (Radiofréquences)  des  antennes  GSM  peuvent  causer  des  dommages irrévocables  à  la  faune  et  à  la  flore  dans  leurs  biotopes  naturels.  Il  n’est  pas  possible d’attribuer un danger à une fréquence spécifique plutôt qu’à une autre. Il n’est pas non plus possible  de  définir  une  distance  sûre  par  rapport  aux  antennes  ni  de  dire  qu’un  organisme plutôt  qu’un  autre  est  plus  ou  moins  sensible  aux  radiofréquences  (à  part  peut-être  les chauves-souris.
Nous pouvons donc tout au plus préconiser une certaine prudence élémentaire lors de la planification de nouvelles antennes dans des sites Natura 2000 pour éviter que des zones dont on sait qu’elles abritent des nids ou d’autres concentrations d’organismes spécifiques se trouvent directement exposées ou à proximité d’un faisceau de radiations. »

Depuis 2012, les données scientifiques ont évolué et la législation a changé. 
Bruxelles Environnement a donc invité les opérateurs à mettre à jour l’étude de 2012 et participe activement au suivi de cette étude au sein d’un comité d’accompagnement. Cette mise à jour devrait se terminer courant 2021. 

Effets sur l’énergie 

La consommation de données mobiles augmente d’environ 30% par an, ce qui cause inévitablement une augmentation de la consommation énergétique de ce secteur. 

Un des enjeux environnementaux liés à la 5G réside dans la gestion de cette augmentation probable de la consommation énergétique de la téléphonie mobile et de l’impact climatique qui y est lié. 

La 5G, une meilleure efficacité énergétique

Deux prospectives pour la 5G : 

  • Elle a une meilleure efficacité énergétique que la 4G. Autrement dit, elle consomme moins d’énergie que la 4G pour transmettre un même fichier. 
  • Elle pourrait augmenter encore plus la consommation annuelle des données mobiles. C’est ce qu’on appelle « l’effet rebond ». Même avec une excellente efficacité énergétique, la 5G ne pourra peut-être pas compenser l’augmentation accrue de données mobiles qu’elle permet.

Bruxelles Environnement veut fixer des objectifs de sobriété énergétique et collecte actuellement des données à cette fin.

Empreinte Matière de la 5G

L’arrivée de la 5G a une empreinte matière. Elle génère des risques environnementaux liés à l’exploitation des ressources et à la gestion des déchets :

  • produire de nouveaux équipements compatibles à la 5G
  • gérer les déchets produits quand les anciens appareils sont jetés. 

Quels risques liés à l’exploitation des ressources ? 

Produire de nouveaux équipements : un impact sur le climat

Produire de nouveaux équipements - smartphones, casques de réalité virtuelle, objets connectés, mais aussi les équipements de réseau et de centres de données – a un impact sur le climat.

Le plus souvent, les nuisances environnementales liées à la production de ces équipements numériques se produisent en dehors de la Région bruxelloise et de l’Europe. Mais elles en impactent tout de même le climat et l’environnement des régions concernées. 
L’extraction minière représente 80% de cet impact climatique et est source de pollutions environnementales. La manufacture et le transport s’additionnent à cette pollution. 

Outre cet impact climatique, les ressources naturelles se raréfient.  D’ici les deux prochaines décennies, s’approvisionner en argent, antimoine, chrome, or, zinc, indium, néodyme, strontium, étain, plomb, cuivre et d’autres ressources non métalliques posera probablement problème.

Acquérir de nouveaux smartphones compatibles avec la 5G

Avec le déploiement de la 5G, un consommateur devra remplacer son smartphone par un nouvel appareil pour être capable de se connecter à la 5G. Une étude de l’ADEME  en France confirme que l'impact du smartphone est en grande partie lié à l'extraction des ressources pour le construire.

Concrètement, quelques chiffres

  • Il faut environ 70 kg de matières premières pour produire, utiliser et éliminer un appareil, soit environ 600 fois son poids.
  • D’après une étude de l’United States Geological Survey, pour extraire 1 kg de cuivre des mines - qui est un des composants principaux de ces appareils – il faut compter 273 kg de matière extraite. 

Un seul changement de téléphone a plus d'impact que 10 ans d'utilisation du même téléphone. Prolonger l'utilisation de téléphone de 1 an permet de réduire son empreinte carbone de 19 à 31%. L'utiliser pendant 4 ans permet de diviser son impact par 2. 

De plus en plus d’objets du quotidien connectés

En 2018, GreenIT a modélisé au niveau mondial l’augmentation de la production d’objets connectés liée au déploiement de la 5G. 
Selon leur modèle, on passerait d’un milliard d’objets connectés en 2010 à 48 milliards en 2025. Le modèle semble robuste si l’on compare les prévisions pour 2020 et les données recensées en 2019, soit 20 milliards. 

Les équipements électriques et électroniques (EEE) « connectés » représenteraient toujours selon leur modèle 70% des EEE totaux en 2025, contre 15% en 2010. 

Des exemples ?

Que pourrions-nous remplacer demain par un équivalent connecté ? Des millions d’objets de notre  quotidien ! Les articles ménagers tels que les matelas, les bouilloires, les arroseurs de plantes, rejoindront potentiellement ainsi les rangs des déchets électriques et électroniques. 

En même temps, nous remplacerons les EEE classiques - machine à laver, lave-vaisselle… - par leur équivalent connecté. 
75% de ces objets connectés attendus devraient être exclusivement des objets « de confort », autrement dit, non essentiels.

Quels risques liés à la gestion des déchets des appareils ? 

Renouveler les appareils impliquera de se débarrasser de ceux-ci : les donner, les revendre en seconde main … ou les jeter. 
Dans ce cas, le recyclage est la meilleure option pour gérer les déchets électriques et électroniques. 

Des chiffres 

D'après Recupel, recycler 50 000 GSM plutôt qu’en produire des nouveaux, représente une économie de 158 tonnes de CO2 et environ 6 300 tonnes de déchets toxiques en moins dans la nature. 

Aujourd’hui, en Belgique, seuls 8% des smartphones sont collectés pour le recyclage. 

Le risque environnemental est donc important : ressources qui se raréfient et changements climatiques.
 

Date de mise à jour: 18/11/2021