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Notre rivière, la Senne comment se porte-t-elle?

Messages clés

  • De manière générale, la Senne est de nouveau une rivière vivante, avec de l’oxygène dissous en suffisance permettant ainsi une vie aquatique (présence de poissons, mollusques, plantes,..) et ceci grâce à la mise en fonction des deux stations d’épuration bruxelloise en 2000 et 2007.
  • Malgré cette très importante amélioration, la Senne reste en ‘mauvais état’ selon l’approche méthodologique (sévère) de la Directive européenne Cadre sur l’Eau. Il reste donc du ‘pain sur la planche’ pour continuer à la restaurer.
  • La Senne est actuellement encore très impactée de deux manières différentes par la région-ville de Bruxelles.
    • D’une part, dès qu’il pleut, des déversoirs d’orages déversent le trop plein des égouts vers la Senne causant des chutes – pendant quelques heures – de l’oxygène dans la rivière. Ceci freine sa restauration écologique. En cause, l’urbanisation et l’imperméabilisation importante des sols et l’envoi de (presque) toutes les eaux de pluies vers les égouts au lieu de les gérer là où la pluie tombe en les tamponnant/infiltrant localement dans des espaces verdurisés.
    • D’autre part, la rivière est voutée sur deux tiers de son parcours en région bruxelloise et réduite à un ‘tuyau en béton’. Non seulement ceci la rend peu attractive à la vie ; également, ça la rend vulnérable aux pollutions qu’elle ne sait pas ‘digérer’ à l’aide de vie aquatique et de plantes sur ses berges, son lit,… qui eux sont en mesure de ‘consommer’ cette pollution.
  • Bruxelles Environnement - en partenariat avec les acteurs de l’eau bruxellois et les régions flamande et wallonne - souhaite faire tout son possible pour restaurer au mieux sa rivière phare. Ainsi, plusieurs projets de restauration sont prévus ces prochaines années, dont certains sont cofinancés par le biais d’un projet LIFE IP appelé BELINI. Pour en savoir plus : NEWS BELINI & site web du projet BELINI.

On (re)vient de loin…

Avant l’entrée en fonction des deux stations d’épuration que connaît la région (la station d’épuration Bruxelles-Sud située à Anderlecht entrée en fonction en août 2000, et la station d’épuration Bruxelles-Nord située à Haren entrée en fonction en mars 2007) les eaux usées des bruxellois(es) arrivaient sans traitement dans la rivière Senne. En résultait une rivière morte, car tout l’oxygène était ‘consommée’ par la dégradation de la charge polluante organique contenue dans ces eaux usées.

 

Diminution relative des concentrations en DBO, DCO, Nt et Pt (axe de gauche, adimensionnel) et augmentation en oxygène dissous (axe de droite, mgO2/l) présentée par l’évolution relative entre 2002 et 2012 des moyennes tri-annuelles. DBO = Demande biologique en oxygène ; DCO= Demande chimique en oxygène ; Nt= Azote total ; Pt=Phosphore total. 

Depuis 2007-2009 (le temps de raccorder à la nouvelle STEP Nord différents égouts et collecteurs), grâce à l’épuration de la charge organique, l’oxygène dissous est de nouveau abondamment présent dans la rivière, et ça se traduit par un retour de la vie : en 2016, pour la première fois depuis le début du monitoring de la qualité biologique de la rivière, des poissons en grand nombre ont été trouvés dans la rivière Senne à plusieurs endroits de son parcours sur le territoire bruxellois.

Evolution de qualité biologique de la rivière Senne au niveau du site de mesure situé à la limite de la frontière régionale à Haren.

Figure extraite du rapport « De biologische kwaliteit van waterlopen, kanaal en vijvers in het brussels hoofdstedelijk gewest in 2016:  fytoplankton, fytobenthos, macrofyten, macro-invertebraten & vissen ». Stijn Van Onsem, Jan Breine & Ludwig Triest. Feb. 2017. VUB & INBO in opdracht van Leefmilieu Brussel. MF = macrophytes, FB = phytobenthos, MI = macro-invertébrés, VIS = poissons.

… toutefois, on est encore loin d’atteindre les objectifs de la Directive européenne cadre sur l’Eau.

Selon le Plan de Gestion de l’Eau 2016-2021 de la Région de Bruxelles-Capitale, la Senne se trouve toujours en mauvais état. En effet, selon la Directive Cadre sur l’Eau, pour qu’une masse d’eau de surface telle que la rivière Senne se trouve en ‘bon état’, elle doit être à la fois en bon état écologique ét en bon état chimique.  A son tour, pour être en bon état écologique, elle doit avoir ét une bonne qualité physico-chimique, ét une bonne qualité biologique, ét une bonne qualité hydromorphologie ét chimique ! Dès qu’un élément est mauvais, tout est mauvais. Ça s’appelle le principe ‘one-out-all-out’. En effet, selon cette méthodologie sévère, la Senne n’est pas en bonne état, mais c’est le cas pour une grande partie des rivières en Europe..

Quels sont les points forts et points faibles de la rivière Senne ?

Commençons par les points forts : L’oxygène dissous, indicateur phare de la santé d’un rivière, est de nouveau au beau fixe. Actuellement (données pour l’année 2017) elle en moyenne de 8 mg O2/L, ce qui équivaut à un très bon état (à partir de 6 mg O2/l on est dans le bon). Aussi, de manière générale, presque tous les paramètres décrivant la qualité physico-chimique (pollution organique, nutriments, température,..) sont bons.

Les points faibles… sont encore multiples : De par son faible débit – en particulier en fin d’été – et donc sa faible capacité de dilution, sa faible qualité hydromorphologique (elle est voûtée sur deux tiers de son parcours bruxellois), et les multiples déversements d’égouts par temps de pluie, la Senne a un mauvais bulletin pour pas mal de ‘descripteurs’ de la qualité. Toutefois, l’espoir est permis, car plusieurs mesures phares du plan de gestion telle la mise à ciel ouvert de la Senne, et les déversoirs améliorés sont en mesure de franchement améliorer sa qualité et elles sont actuellement en cours de mise en œuvre.

Pour en savoir plus :

En maintenant ? Place à la restauration et la renaturation

En partenariat avec les acteurs concernés (Vivaqua, communes, …), Bruxelles Environnement est ambitieux pour la restauration de sa rivière phare. Pour n’en citer que quelques-uns, voici quelques projets prévus ces prochaines années :

  • Création d’une zone d’immersion temporaire et d’une zone humide le long de la Senne à Anderlecht (2018)
  • Renaturation des berges de la Senne et création d’une balade le long du boulevard Paepsem à Anderlecht (2018/2019)
  • Mise à ciel ouvert de la Senne dans le nord (2019)
  • Etude pour la mise à ciel ouvert de la Senne au centre au niveau du Parc Maximilien (2018)

Pour en savoir plus :

Ainsi, nous souhaitons répondre à l’appel des bruxellois(es) pour une restauration de la rivière qui a vu naître cette ville.

Date de mise à jour: 13/04/2018