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Consommation en eau de distribution par les ménages

Actualisation : février 2020

Les ménages utilisent deux tiers de l’eau distribuée en Région bruxelloise. La consommation moyenne journalière d’eau de distribution par Bruxellois s’élève à 96 litres/jour/habitant (2018). Cette consommation est stable depuis 2012, alors qu’elle avait régulièrement baissé les 10 ans auparavant. Mais la tendance attendue est une augmentation, compte tenu de la croissance de la population.

Les ménages consomment deux tiers de l’eau distribuée

La consommation en eau de distribution par les ménages bruxellois représente, en 2018, 69% de la consommation totale facturée de la Région bruxelloise. Ceci est similaire à ce que l’on observe dans les deux autres régions et au niveau européen (64% en 2015 – Agence Européenne de l’Environnement, 2018).
En moyenne, pour cette même année, la consommation en eau de distribution s’élève à 95,7 litres par jour et par Bruxellois. Ces mêmes moyennes, ramenées à l’échelle des communes, oscillent entre 85 et 105 litres/habitant/an. 
Précisons toutefois que ces estimations ne prennent pas en compte la consommation domestique des Bruxellois sur leur lieu de travail. La consommation domestique réelle des Bruxellois est donc supérieure. 

Consommation en eau de distribution par les ménages (2002-2018)

Sources : VIVAQUA (consommations relevées aux compteurs) et Statbel (Registre national, population au 1er janvier de l’année)
 


Comparaisons inter-régionales

En Régions wallonne et flamande, les consommations domestiques d’eau de distribution sont respectivement évaluées à 90 l/jour/hab (2017 – Aquawal, 2018 dans l’Etat de l’environnement wallon) et à 100 l/jour/hab (2015 – Watermeter 2016-2017). La différence observée entre la Région bruxelloise et la Région wallonne pourrait notamment s’expliquer par une utilisation supérieure d’eau de pluie. Il convient cependant d’être prudent lorsqu’on établit ce type de comparaison vu les différences et difficultés méthodologiques à établir ces statistiques. Par ailleurs, en Région bruxelloise, le problème des personnes « statistiquement invisibles » (candidats réfugiés inscrits sur le registre d’attente, personnes sans papiers, personnel diplomatique étranger et étrangers attachés aux institutions internationales) est plus marqué que dans les autres régions.
Selon la Fédération belge du secteur de l’eau (BELGAQUA), la consommation domestique d’eau par habitant en Belgique est l’une des plus basses des pays industrialisés. Elle est proche de celle observée en Allemagne mais nettement plus basse que celle des Pays-Bas et de la France (Bureau Fédéral du Plan, 2018).

Une consommation stable

La consommation en eau moyenne des Bruxellois est stable depuis 2012, après avoir connu une baisse significative entre 2002 et 2012 (- 26 litres soit près de 20%). En parallèle, la population poursuit sa croissance malgré un tassement de celle-ci. Et la consommation globale à l’échelle de la Région évolue peu, certainement depuis 2015.
La stabilisation, qui semble être la nouvelle tendance depuis 2012, pourrait-elle signifier que la consommation moyenne atteinte s’approche de la « consommation efficace », à savoir qu’elle satisfait les besoins domestiques minimum sans perte de bien-être et sans recours à une ressource alternative ? Cette dernière a en effet été évaluée à 94 l/jour/hab en Wallonie, lors d’une étude menée auprès de 3000 ménages. Cette même étude indique que le niveau de consommation chute à 72 l/jour/hab dès qu’une ressource alternative (dans 95% des cas, de l’eau de pluie) est utilisée pour un usage intérieur (Predevello, 2009 in Indicateurs clés de l’environnement wallon 2014).

L’eau de pluie encore trop peu exploitée

Le recours à l’eau de pluie demeure en effet assez marginal en Région bruxelloise, bien qu’il soit difficile à estimer car aucun recensement du parc de citernes n’est organisé à ce jour.
Selon la dernière enquête socio-économique générale, seuls 10% des ménages bruxellois disposaient en 2001 d’une citerne d’eau de pluie, soit bien moins que dans les Régions flamande (43%) et wallonne (31%) mais également moins que dans certaines autres grandes villes belges (32% à Gand, 34% à Charleroi). Par ailleurs, lors des « Baromètres de la sensibilité des Bruxellois envers l’environnement » effectués entre 2008 et 2012, de 10 à 20% des Bruxellois interrogés déclaraient utiliser souvent ou en permanence l’eau de pluie. Ce chiffre différait en 2009 selon que les sondés habitent une maison (31% de ces derniers déclarent recourir à l’eau de pluie) ou un appartement (11%) et selon qu’ils sont locataires (15%) ou propriétaires (18%).
Une étude réalisée en 2012 a mis en évidence certains freins au placement ou à la rénovation de citernes en Région bruxelloise : faible montant des primes par rapport au coût de l’installation, retour sur investissement faible, accès difficile et manque de place sur les terrains, mais aussi l’inquiétude des citoyens de devoir payer une taxe dans le futur. 

Autres facteurs influant sur la consommation

Ni le revenu des ménages ni le recours à l’eau de pluie ne semblent être à l’origine de la diminution de la consommation d’eau dans le contexte bruxellois entre 2002 et 2012 (voir la fiche documentée n°6). Il est certain que l’augmentation de la facture d’eau sur la période considérée a eu une influence. Néanmoins, l’eau étant un bien de première nécessité, sa consommation n’évolue que modérément en fonction de son prix (élasticité faible) : une hausse de 10% du prix de l’eau n’engendre qu’une baisse d’1% environ de la consommation des ménages bruxellois (cf. second plan de gestion de l’eau).
Plusieurs autres hypothèses ont été avancées pour justifier cette baisse : généralisation des équipements plus économes en eau (douches, WC, lave-vaisselles et lave-linges, …), ou encore conscientisation accrue des ménages... 

Utilisation de l’eau par les ménages

Selon les données de BELGAQUA (2008), seuls 12% de la consommation en eau des ménages bruxellois sont consacrés à la boisson et à l’alimentation ainsi qu’à la vaisselle.

Utilisation domestique de l’eau de distribution 

Source : BELGAQUA, 2008
 


La moitié des Bruxellois (55%) boivent de l’eau du robinet à leur domicile (selon le baromètre de l’environnement de 2014). Les principales raisons avancées par ceux qui choisissent l’eau en bouteille sont le goût, une préférence pour l’eau de source ou encore la présence potentielle de produits dangereux pour la santé. 

Perspectives

Selon l’Agence Européenne de l’Environnement, la consommation d’eau par les ménages européens aurait diminué de 18% alors que la population aurait augmenté de 10% sur les 20 dernières années. Néanmoins, l’approvisionnement en eau potable est sous pression en raison de la pollution des ressources en eau potabilisable mais aussi des sécheresses de plus en plus fréquentes. Les grandes agglomérations sont d’ailleurs identifiées comme des zones particulièrement sensibles au stress hydrique, lequel devrait s’aggraver avec le changement climatique (AEE, Signaux 2018). 
L’agglomération bruxelloise n’y échappe pas. Le manque d’espace limite le recours à des ressources en eau alternatives. Et les canicules estivales de 2017 et de 2018 ont conduit à des tensions sur l’approvisionnement en eau. VIVAQUA élabore en conséquence un plan afin d’anticiper au mieux ces crises et garantir l’adéquation entre la production et les besoins en eau (VIVAQUA, 2019). 

Date de mise à jour: 24/06/2020
Documents: 

Fiche(s) méthodologique(s)

Tableau(x) reprenant les données

Fiche(s) documentée(s)

Autres publications de Bruxelles Environnement

Etude(s) et rapport(s)

Plan(s) et programme(s)