Arbres remarquables : à la rencontre des géants verts de Bruxelles
5 min. de lecture
Bruxelles est connue pour sa richesse architecturale, mais saviez-vous qu'elle abrite également des arbres remarquables ? Ces géants silencieux, souvent centenaires, font partie intégrante du patrimoine naturel de la Région.
Un arbre remarquable est un arbre exceptionnel par sa taille, son âge, son espèce, son histoire ou encore son emplacement. Il peut aussi se distinguer par son aspect insolite, sa rareté, ou son impact visuel dans le paysage urbain. Évalué selon des critères scientifiques et esthétiques, un arbre remarquable témoigne de la richesse naturelle et culturelle de la ville, tout en contribuant à son cadre de vie. Voici quelques-uns des arbres les plus remarquables de Bruxelles, à découvrir lors de vos balades.
Le plus grand
Avec leurs dimensions impressionnantes, certains arbres de Bruxelles rivalisent avec les monuments de la capitale. Parmi eux, le Douglas du Pacifique de l’Hippodrome de Boitsfort, qui s’élève fièrement à 33 mètres, fait honneur à son espèce. Mais lorsqu’il s’agit de culminer à des hauteurs vertigineuses, aucune autre espèce ne peut détrôner le platane. La Région compte plusieurs de ces géants silencieux, qui incarnent la grandeur et l’élégance du patrimoine arboré de Bruxelles. On en trouve par exemple plusieurs individus au parc du Cinquantenaire, qui chatouillent les nuages à près de 25 m de hauteur.
Le plus gros
Le critère de circonférence évalue la taille du tronc d’un arbre, mesurée à 1,50 mètre du sol. Une grande circonférence est souvent un indicateur d’un âge avancé comme dans le cas des deux gros chênes du parc Jacques Brel à Forest qui font respectivement 6.1 et 6.8 mètres. Sans grande surprise, à Bruxelles, c’est le Séquoia qui remporte la palme. La Région compte 6 individus dont la circonférence dépasse 6 mètres, mais le Sequoia géant du parc de Woluwe-Saint-Pierre bat tous les records, avec une circonférence de 8,66 mètres à ce jour.
Le plus vieux
Véritables gardiens intemporels d’un monde en perpétuel mouvement, certains arbres bruxellois ont vu naître et mourir des générations de Bruxelloises et Bruxellois. Chaque année qui passe s’inscrit dans les cercles de leur tronc et la courbe de leurs branches, et cet âge avancé les élève aussi au rang de spécimens remarquables. Ainsi, le Kasterlinde, arbre cornier situé au point séparant les communes de Molenbeek, Berchem et Dilbeek, était déjà visible sur la carte de Ferraris datant de 1777.
Le plus rare
Le critère de rareté, qui contribue à faire d’un arbre un spécimen remarquable, repose sur la présence peu commune de son espèce dans la Région. Plus une espèce est rare à l’échelle locale, plus l’arbre a de valeur patrimoniale. Dans le climat tempéré et humide de Belgique, certaines espèces s’acclimatent difficilement, et celles qui y parviennent se comptent sur les doigts d’une main. La plupart des plantes méditerranéennes aiment les endroits chauds et ensoleillés, et ont donc besoin de ces conditions bien spécifiques pour pouvoir se développer.
C’est le cas du mûrier noir du Jardin Botanique, à Saint-Josse-ten-Noode, qui mesure plus de 2 m de circonférence, ou du Carpinus japonica du Jardin du Pavillon Chinois, à Laeken, dont l’inventaire ne recense qu’un seul exemplaire.
Le plus rafistolé
Certains arbres de Bruxelles attirent l’attention non pas par leur taille, leur âge ou leur circonférence, mais par leur silhouette unique, presque sculpturale. Ces arbres au port atypique, racontent des histoires de résilience, marquées dans leur écorce, et ajoutent une touche de poésie au paysage urbain. Ces arbres rafistolés, soignés après une maladie ou une blessure, portent souvent des cicatrices qui témoignent de leur lutte pour survivre. Grâce à des interventions humaines délicates, comme la taille de branches infectées ou le recours à des techniques de greffe et de consolidation, ces géants ont pu se régénérer et continuer à embellir nos espaces verts. Leurs troncs fissurés, leurs cavités colmatées ou leurs branches soutenues par des câbles nous rappellent leur capacité à renaître, même après les épreuves, tout en soulignant l’importance des soins arboricoles dans la préservation du patrimoine végétal bruxellois. Ils sont aussi une discrète métaphore de la perfection de la nature, qui se trouve justement dans son imperfection.
Le superbe hêtre pourpre du parc Tournay-Solvay, par exemple, est haubané pour réduire les risques d'accident et entouré d’une zone de protection car il perd souvent de grosses branches. Dans les Jardins de l’Abbaye de la Cambre, un est lui aussi protégé d’une clôture et soutenu par une béquille.Sophora du Japon est lui aussi protégé d’une clôture et soutenu par une béquille.
Préserver nos arbres remarquables : un devoir collectif
Les arbres remarquables ne sont pas seulement des merveilles naturelles ; ils sont aussi des alliés précieux dans la lutte contre l’effondrement de la biodiversitéDiversité d'espèces vivantes, capables de se maintenir et de se reproduire spontanément (faune et flore). et le réchauffement climatique. Leur préservation est une responsabilité partagée par les autorités et les citoyens. Vous pouvez contribuer en signalant les arbres nécessitant des soins, en respectant les espaces verts et en sensibilisant votre entourage à leur importance. Ensemble, protégeons ces trésors vivants pour les générations futures.
Bon à savoir
Saviez-vous que si vous avez un arbre remarquable chez vous, vous pouviez bénéficier de subsides pour encourager sa conservation ? Consultez le site d’urban.brussels pour en savoir plus. Vous pouvez également signaler votre arbre remarquable directement à l’adresse patrimoinenaturel@urban.brussels.
Ajoutez votre arbre à la carte Wood Wide Web