Gestion durable des déchets : la SNCB témoigne
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La SNCB, en tant qu’opérateur ferroviaire fédéral, doit gérer une grande diversité de déchets issus à la fois de ses activités, de ses nombreux usagers et de ses collaborateurs, collaboratrices. Alain Dupont, responsable du volet déchets de la division « Développement durable et Accessibilité », nous explique sa mission et ses défis pour engager l’entreprise vers davantage de durabilité.
Quelle est votre mission en tant qu’expert « déchets » ?
« La stratégie durable de la SNCB (2022-2032) repose sur 10 piliers couvrant les dimensions environnementales, énergétiques et sociales, y compris les achats durables. En tant que responsable du pilier « déchets », je veille concrètement au suivi réglementaire et à la coordination avec les parties prenantes publiques : l’OVAM (NDLR : agence flamande des déchets), Bruxelles Environnement et le service wallon. J’assure également des diagnostics RSE (Responsabilité sociétale des entreprises). Cela implique du reporting, et donc de la collecte de données auprès des firmes avec lesquelles nous sommes en relation contractuelle pour la gestion et la valorisationToute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en remplaçant d’autres matières qui auraient été utilisées à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, dans l’usine ou dans l’ensemble de l’économie. des déchets. À côté de cela, il y a l’élaboration de plans stratégiques, avec des objectifs chiffrés, pour réduire l’empreinte carbone et promouvoir l’économie circulaireL'économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui consiste à partager, réutiliser, réparer, rénover et recycler les produits et les matériaux existants le plus longtemps possible afin qu'ils conservent leur valeur.. »
Avec des trains qui relient chaque jour la Wallonie, Bruxelles et la Flandre, nous veillons au respect des règles environnementales des 3 régions. Pour garantir un haut niveau de protection, je me base en général sur la législation la plus exigeante.
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Les bureaux administratifs de la SNCB, gare du Midi à Bruxelles
De quels déchets parle-t-on ?
« En 2024, la SNCB a généré 25.000 tonnes de déchets tous confondus, en incluant ceux de ses filiales comme YPTO (informatique). Nous distinguons les déchets de consommation – issus du quotidien comme le PMC, le papier-carton, les restes alimentaires, le verre et les résiduels – des déchets industriels, liés aux ateliers d’entretien du matériel roulant et des bâtiments. Selon les secteurs, ces proportions varient fortement. Dans les gares, 90% sont des déchets de consommation et 10% industriels (ex. : tubes LED, peinture, produits de nettoyage). À l’inverse, les ateliers affichent 90% de déchets industriels et seulement 10% de consommation. »
Quelles données collectez-vous en matière de déchets ?
« Chaque année, je collecte les données sur les déchets que nous produisons (poids, coût, traitement...) et qui sont collectés par nos 5 partenaires principaux. À cela s’ajoutent les déchets valorisés en interne (les métaux, les batteries, huiles, papier, carton, bois, et matériel roulant comme wagons ou locomotives).
Par ailleurs, j’évalue les projets d’économie circulaireL'économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui consiste à partager, réutiliser, réparer, rénover et recycler les produits et les matériaux existants le plus longtemps possible afin qu'ils conservent leur valeur. et d’upcycling pour optimiser ces flux. »
Chiffres-clés
L’un des grands objectifs de la SNCB est de valoriser et recycler 70% de ses déchets de démolition et de construction avant 2032 (et de valoriser 95% de sa production globale de déchets).
Un exemple d’upcycling ?
« Début 2024, lorsque la SNCB a interdit de fumer dans les gares, nous avons dû retirer les cendriers, en inox ou en aluminium, des îlots de tri. La Direction Stations a alors privilégié l’économie circulaireL'économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui consiste à partager, réutiliser, réparer, rénover et recycler les produits et les matériaux existants le plus longtemps possible afin qu'ils conservent leur valeur. : nous avons vendu ce matériel à des acteurs spécialisés dans l’upcycling, qui transforment matériaux et objets usagés.
La transition vers l’économie circulaire est au cœur de notre gestion des déchets, mais cela exige de prouver sa pertinence en interne en apportant des preuves chiffrées. »
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Table basse recyclée avec des matériaux de la SNCB
Quelles bonnes pratiques en interne pour réduire l’empreinte environnementale ?
« La bonne gestion du matériel informatique est essentielle : nous prolongeons la durée de vie de nos équipements par la réutilisation, le refurbishing (nettoyage, réparation, mise à jour), ou la revente, en partenariat avec Circular IT group, spécialiste de l’informatique circulaire. Un certain pourcentage est également donné à des écoles, offrant ainsi un double bénéfice environnemental et social pour équiper les élèves.
Par ailleurs, les 100 plus grandes gares du pays sont équipées pour le tri sélectif. Elles drainent plus de 90% du flux des voyageurs et représentent plus de 90% du total des déchets générés en gare. Nous avons actuellement un chantier prioritaire : évaluer la pertinence de l'introduction du tri à bord des trains. Les modalités (poubelles de tri à bord, tri finalisé dans les dépôts, etc.) sont en phase de test et de concertation. Les défis sont réels : tri souvent mal fait par les usagers, espace limité à bord sans sacrifier de places. Une piste consiste à externaliser le tri via un tiers, avec des poubelles classiques collectées par nos prestataires de gestion des déchets. »
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La SNCB renforce le tri sélectif dans les gares et la sensibilisation des voyageurs à la gestion de leurs déchets.
Quels sont les principaux objectifs à terme ?
« Un des objectifs majeurs est le développement d’une plateforme digitale dédiée à l’économie circulaireL'économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui consiste à partager, réutiliser, réparer, rénover et recycler les produits et les matériaux existants le plus longtemps possible afin qu'ils conservent leur valeur.. Aujourd’hui, la gestion et la valorisationToute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en remplaçant d’autres matières qui auraient été utilisées à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, dans l’usine ou dans l’ensemble de l’économie. des déchets restent morcelées, avec des procédures et législations spécifiques.
D’un côté, le matériel roulant usagé et les « mitrailles » sont vendus par lots via appels d’offres à des acheteurs qualifiés. De l’autre, les déchets ressources – comme un phare de locomotive, un ressort ou un siège – font l’objet de ventes aux enchères via des courtiers en équipements industriels. Une centralisation des processus simplifierait tout.
Un autre objectif : l’instauration d’un trajet consolidé en interne, où les volets Procurement (achats durables), Stations (construction durable) et Développement durableMode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins. Il s'agit donc d une démarche qui vise à assurer la continuité dans le temps du développement économique et social, dans le respect de l'environnement, et sans compromettre les ressources naturelles indispensables à l'activité humaine. (déchets) seraient abordés conjointement pour ne plus former qu'un seul volet (Économie circulaire), intégrant la durabilité en amont. Dès la rédaction des contrats, il serait possible d’anticiper la durée de vie des équipements, pour réduire l’impact carbone à la production, à l’usage et en fin de vie. »
Réduire, mieux trier et gérer vos déchets ?