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femme choisit un vêtement de seconde main © Bruxelles Environnement
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Les meilleurs vêtements sont aussi les plus durables

11 min. de lecture

Soldes, black friday, fêtes de fin d’année… la tentation est forte mais si on évitait les achats impulsifs ? Posez-vous la question : en avez-vous vraiment besoin ? Privilégiez plutôt les achats en seconde mainPrincipe selon lequel on donne, revend, reçoit, achète ou échange des biens en bon état, dont le premier propriétaire veut se débarrasser, afin d'éviter qu'ils ne finissent comme déchets. ou d’économie sociale.

Et si on achetait moins de vêtements ?

En moyenne, une personne achète 40% de vêtements en plus qu’il y a 15 ans et les conserve moitié moins longtemps (source ADEME). Les Belges jetteraient 15 kilos de vêtements ou 60 articles par an et par personne (le pire score en Europe !) (source Gondola). En 2050, le secteur textile émettrait même 26% des émissions globales de gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3). si les tendances actuelles de consommation se poursuivent (source ADEME). Trop vite acheté, parfois pour rien. Et si on changeait ?

Avant d’acheter : trier sa garde-robe

C’est un fait : on a généralement trop de vêtements dans sa garde-robe. Vous en avez sans doute déjà fait le constat. Une étude aurait même estimé qu’en Belgique, nous ne porterions que… 12% de notre dressing, ce qui signifie des vêtements peu ou pas portés. 

Il y a plusieurs avantages à savoir ce que vous avez déjà chez vous :

  • Vous éviterez de craquer pour un vêtement que vous avez déjà (ou du moins un vêtement très similaire)
  • Vous vous rendrez compte que vous avez déjà acheté plusieurs fois le même genre de vêtements (c’est toujours bon de l’avoir en tête quand on se retrouve en magasin…)
  • Vous (re)trouverez des vêtements à modifier/customiser pour en faire d’autres sans devoir en acheter de neufs.

Parce que même plus écologique, un vêtement neuf aura plus d’impact qu’un vêtement que vous n’achetez pas.

Une femme trie ses vêtements sur une tringle © pexels Mizunokozuki

Comment trier sa garde-robe ?

Premièrement, débarrassez-vous de tout ce qui est « trop » : trop petit, trop grand, trop abîmé, trop délavé, trop démodé…

Deuxièmement, attardez-vous sur les vêtements que vous n’avez plus porté depuis un certain temps. Pour mieux s’en rendre compte, utilisez la méthode du ruban. Accrochez un ruban à une des extrémités de la tringle de votre garde-robe. À chaque fois que vous rangez un vêtement que vous avez porté, mettez-le d’un côté du ruban. Vous aurez ainsi progressivement une distinction claire entre ce que vous mettez et ce que vous ne mettez pas (ou plus). 

Troisièmement, gardez votre garde-robe désencombrée ! La méthode la plus simple est de sortir un vêtement de votre garde-robe à chaque fois que vous voulez en ranger un nouveau que vous venez d’acheter. Vous pouvez aussi vous fixer un nombre maximum de vêtements à garder.

Idéalement vous devriez conserver des vêtements « polyvalents », que vous pouvez porter à différentes occasions quitte à les adapter avec quelques accessoires.

Astuce

La garde-robe de la blogueuse Béa Johnson en est un bon exemple ! Elle a peu de vêtements, mais chaque pièce peut se porter différemment ou être accessoirisée pour une occasion en particulier. Le résultat de ses 50 tenues se trouve sur son blog.

Comment s’habiller à la mode sans acheter de vêtements neufs ?

Deux possibilités : la location / le prêt et l’upcycling.

Pour la seconde mainPrincipe selon lequel on donne, revend, reçoit, achète ou échange des biens en bon état, dont le premier propriétaire veut se débarrasser, afin d'éviter qu'ils ne finissent comme déchets. ou le troc, consultez une série de bonnes idées sur la page J’achète ou je trouve en seconde main, donnerie, givebox.

La location et le prêt

La location et le prêt sont pratiques pour les occasions spéciales et pour les vêtements d’enfants ou de grossesse. 

C’est de plus en plus tendance de louer des vêtements pour des occasions spéciales.

C’est très intéressant pour les robes de mariées. La location démarre au prix de 80 € alors que l’achat coûte facilement entre 1.000 et 2.000 € (pour une robe que vous ne porterez qu’une fois). Pour les autres vêtements, vous pouvez en louer une pour quelques dizaines d’euros ou fonctionner avec un abonnement mensuel (par exemple, une location d’un vêtement par mois, ou une location « one shot » d’un mois, etc.).

Liens utiles

Quelques adresses de location de robes, de costumes ou de vêtements originaux en Région bruxelloise : 

  • coLomBe et Cotillons, pour femmes, à Bruxelles
  • Look Me Up pour femmes, des tenues chics et responsables
  • Les Châtelaines, pour femmes, à Ixelles
  • La Maison de Maîtres, pour hommes, à Bruxelles 

Pour les vêtements d’enfants ou de grossesse : Ecotribu propose un soutien à la parentalité proximale. 

Pour le prêt, on se tourne vers son entourage qui peut mettre à disposition une pièce ou l’autre (par exemple, via Facebook).

Des robes de soirées à louer sur des cintres © pexels Komarevska

L’upcycling de vêtements et la customisation maison

Un vêtement démodé que vous n’avez pas envie de donner ? Une pièce abîmée ou trouée mais dont vous adorez le motif ou la couleur ? Dans une démarche d’économie circulaireL'économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui consiste à partager, réutiliser, réparer, rénover et recycler les produits et les matériaux existants le plus longtemps possible afin qu'ils conservent leur valeur., vous pouvez les transformer en vêtements à la mode.

Ça fonctionne très bien pour les enfants qui portent des petites tailles (on leur « coupe » un vêtement dans un textile de taille adulte). Mais vous pouvez aussi transformer une chemise en robe, une robe en jupe, un pantalon en écharpe, une poche de jeans en nœud de papillon…

De nombreux tutoriels sont disponibles sur internet, comme ceux de Sarah Tyau.

Si vous n’êtes pas adepte de la machine à coudre, vous pouvez aussi demander les services d’un couturier, d'une couturière (professionnel ou amateur), d'un ami ou d'une amie, un grand-parent, un SEL (Service d’échange local).

Vous pouvez aussi vous rendre dans un atelier pour découvrir le concept d’upcycling. N'hésitez pas à pousser la porte de chez R-Use Fabrik ou Les Cadavres Excquis.

Les Petits Riens ont également un projet « Made By » d’upcycling, notamment de vêtements (mais pas que), soutenu par Be Circular. Les produits upcyclés sont vendus dans leurs magasins.

Enfin, des marques (fabrication belge, voire bruxelloise) se sont aussi lancées dans la pratique, comme Joseffa, Wear a Story, Isatio, ...

Liens utiles

  • Liste des SEL à Bruxelles
  • Quelques adresses de couturiers, couturières professionnels à Bruxelles, via Google.
Une femme de dos avec une couturière qui prend une mesure © pexels Cottonbro

Acheter moins, mais mieux

Vous avez trié votre garde-robe et customisé tout ce qui pouvait l’être mais il vous manque encore des vêtements ? Achetez, mais achetez « durable » : solide, bio, éthique… éco-responsable.

Préférez des vêtements labellisés

Les labels facilitent le choix. Vous pouvez les repérer sur les étiquettes des vêtements. Chaque label certifie le respect d’un cahier des charges spécifique. Celui-ci peut inclure des critères concernant l’environnement, le respect des travailleurs, travailleuses et/ou la limitation des substances nocives…

Par exemple, GOTS a des critères environnementaux, utilise des fibres issues de l’agriculture bio, limite les substances nocives et incorpore même des critères sociaux.

Quelques marques labellisées ? Armedangels, Bonjour Maurice, Dedicatedbrand, Ecoalf, Green Queens, Jan'NJune, Stanley/Stella, ThinkingMu, Verde Moscu, … 

GOTS logo

Oeko-tex se focalise sur la limitation des substances nocives dans les vêtements et Fair Wear sur les aspects sociaux.

Logo_label_oekotex.png
Logo Label Fair Wear Fondation

Le saviez-vous ?

Il existe beaucoup d’autres labels : Ecolabel européen, Soil Association, Nordic Swan, Peta Vegan, etc.

Retrouvez les labels du textile sur le site d’écoconso et sur le site Labelinfo.

Privilégiez les marques qui s’engagent

Plusieurs marques proposent des vêtements labellisés. De manière plus large, certaines s’engagent pour des critères sociaux plus élevés. Si vous voulez en savoir plus, la campagne « Fashion checker » de Clean Clothes Campaign vous renseigne sur quelles marques paient correctement (ou pas) celles et ceux qui produisent leurs vêtements.

Achetez local !

Des vêtements européens, voire belges, ça existe !

Cette proximité entre l’endroit de fabrication et de vente a de nombreux avantages : les distances sont courtes (hors éventuellement production des fibres) et permettent donc une économie de transport, les salaires sont plus élevés et la législation sur les droits des travailleurs plus éthique.

Plusieurs marques sont implantées localement comme Made & More, Belgium Bio, Dorilou, Bonjour Maurice, La Révolution Textile…

Le vêtement parfait existe-il ?

Difficile parfois de respecter tous les critères.

Par exemple un vêtement « made in Europe » n’est pas nécessairement un gage de respect des travailleurs et travailleuses. Dans certains pays comme l’Ukraine, la Bulgarie, la Roumanie, la Géorgie ou encore l’Albanie, les conditions sociales ne sont pas plus enviables qu’en Asie, notamment si ces fabriques fournissent de grandes enseignes.

De même, si le label GOTS prévoir des critères sociaux, il précise que "Les salaires versés et les avantages pour une semaine de travail normale répondront, au moins, aux normes légales nationales ou aux références de l’industrie". C’est pourquoi une marque de vêtements labellisés GOTS peut très bien être épinglée par le Fashion Checker qui exige plus que le salaire légal.

Liens utiles

  • En savoir plus sur le salaire vital sur Fashion Checker
  • Retrouvez plus d’infos sur achACT qui agit aux côtés de celles et ceux qui fabriquent nos vêtements.

Préférer des habits solides, pratiques et modulables

Des vêtements solides, aux coupes adaptées, faciles d’entretien et qui se repassent facilement (ou pas du tout). Des vêtements sans technologies « nouvelles » comme des chaussettes anti-odeurs (avec des biocides), un t-shirt aux nanoparticules d’argent (pour les odeurs toujours) etc.

Enfin, privilégiez des vêtements sobres que vous pourrez porter à différentes occasions. Une robe ou un pantalon noir et sobre sera aussi à l’aise en promenade qu’au boulot ou en soirée. Libre à vous de l’accessoiriser avec des bijoux, un foulard, un cheich, une cravate, des chaussures…

C’est ce que l’on appelle la « garde-robe capsule », une garde-robe constituée de vêtements que l’on peut facilement combiner selon les occasions.

Il existe aussi des vêtements polyvalents prévus pour être portés de différentes manières.

Les vêtements ont un impact sur l’environnement

À la fabrication

100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde, une production qui a doublé entre 2000 et 2014 (source ADEME). 

Chaque année l’industrie textile émettrait entre 1,2 et 4 milliards de tonnes de gaz à effet de serreGaz qui absorbe une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations, qui rencontrent d'autres molécules de gaz, répétant ainsi le processus et créant l'effet de serre, d'où augmentation de la chaleur. Les principaux gaz à effet de serre dont la principale origine est liée à des activités humaines, sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et l'ozone troposphérique (O3)., ce qui est plus que les émissions des vols internationaux et du trafic maritime réunis (sources : rapport "Measuring Fashion", Quantis et rapport "A new textiles economy", Fondation Ellen Mc Arthur). 

Le secteur textile serait même le 3e consommateur d’eau dans le monde, après des cultures comme le blé ou le riz ! (source ADEME)

On pourrait également parler de l’utilisation de pesticides et d’engrais, du non-respect des travailleuses et travailleurs, des vêtements qui contiennent des composés cancérigènes ou perturbateurs endocriniens…

Bref, autant de raisons qui font qu’il est important de consommer parcimonieusement.

À l’achat

Outre la fabrication, la façon dont vous achetez le vêtement a aussi son importance.

Si vous achetez en magasin, évitez d’y aller plusieurs fois en voiture avant de vous décider. Préférez un seul trajet, idéalement « groupé » avec d’autres courses. Le métro ou le vélo auront aussi moins d’impact que la voiture. Évitez l’achat en super promo soldée, le risque d’achat impulsif inutile est d’autant plus grand.

Si vous achetez en ligne, évitez de commander 3 tailles différentes pour finalement renvoyer 2 des 3 vêtements livrés. 

Selon une étude de Greenpeace en Allemagne, les Allemands, Allemandes de moins de 30 ans renvoient 25% de leurs achats. Pire : plus de la moitié d’entre eux savent, dès l’achat, qu’ils renverront une partie de leur commande.

Évidemment, acheter un vêtement en ligne n’est pas facile. Il est difficile d'acheter un vêtement en se basant simplement sur sa taille « habituelle », surtout quand on ignore si la taille indiquée dans l’annonce est une taille française, allemande, américaine…

Afin d’éviter de devoir (trop) commander, vérifiez :

  • Le guide des tailles. Prenez vos mesures (tour de taille, de poitrine, entrejambe, etc.) et comparez- les au guide pour choisir la taille qui vous correspond le mieux.
  • Le type de coupe. Pour une même taille, une coupe slim, regular ou relaxed influence le port du vêtement. Ces informations sont parfois données sous forme de « taille grand » ou « près du corps ». Les pantalons sont parfois vendus en plusieurs longueurs de jambes, ou en versions « courtes » ou « longues ».
  • Les mensurations du mannequin qui porte le vêtement présenté. Vous avez parfois le même vêtement porté par plusieurs personnes différentes. Si vous vous rapprochez de ses mensurations, cela peut vous donner une idée du résultat final sur vous.
  • Les dimensions exactes des vêtements. Pratique pour soi mais aussi en cas de cadeau. Quelques mesures sur un vêtement que vous avez déjà, à comparer avec celles du vêtement convoité, et vous êtes (presque) certain de ne pas commettre d'impair !

Important

Évitez aussi les livraisons « prime », « express » et préférez la livraison en points-relais, moins polluante. Si 75% des livraisons se faisaient en point de dépôt, l’impact environnemental du « last mile » (le trajet du dépôt vers le point de livraison) pourrait être réduit de 60 à 80%, selon une étude du VIL (Vlaamse Instituut voor de logistiek).

À l’utilisation

L’entretien d’un vêtement peut être une partie significative de son impact sur l’environnement. Une étude de l'ADEME avait ainsi montré que 50% de l’impact d’un jeans était dû à l’entretien de celui-ci.

Mais au-delà de l’entretien en tant que tel (utilisation de produit de lessive, d’eau, d’énergie…), l’utilisation et l’entretien d’un vêtement en synthétique libère des microparticules de plastique.

Le lavage des vêtements en synthétique serait responsable de 35% des microplastiques primaires retrouvés dans les eaux (source ecoconso.be). Un kilo de vêtements en synthétique libère en effet entre 48 et 307 mg de plastique par lavage. Certains se désintègrent même à l’œil nu.

Le simple fait de porter ces vêtements libère aussi des microparticules (source ScienceDaily). L’impact serait même plus important qu’à la lessive.

Comme le relargage de microplastiques se fait surtout à la première lessive, il est important de ne pas multiplier les vêtements neufs. Privilégiez aussi les autres matières, naturelles, comme le lin, le chanvre, la laine ou le coton, de préférence bio.

Des ressources complémentaires

  • Quelles marques de vêtements sont vraiment transparentes ?
  • Comment choisir des vêtements bio, éthiques, écoresponsables ?
  • Vente en ligne, quel impact sur l’environnement ?
  • Comment les microplastiques polluent-ils l’environnement ?
  • Environmental and health risks of microplastic pollution

En savoir plus

  • Tout savoir sur les acteurs de la récupération de l’économie sociale sur Res-sources
  • La campagne de l’ADEME "La mode sans dessus-dessous"
  • Les lauréats de Be Circular, notamment dans le textile

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