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Plastiques ou bioplastiques ? Quelles sont les alternatives durables ?

Production

Depuis les années 50, on estime que 9 milliards de tonnes de plastiques ont été produites. Cette production équivaut à avoir enseveli la totalité de la Belgique sous 7,3 m de plastiques.

 

 

 

En 2018, la production mondiale de plastique a atteint près de 360 millions de tonnes. La production annuelle a ainsi été multipliée d’un facteur 180 entre 1950 et 2018, et continue à augmenter chaque année de +- 4 %.

 

 

Élimination

Depuis lors, seuls 9% des plastiques produits ont pu être recyclés et 12% ont été incinérés. Ce qui signifie qu’une large majorité se retrouve dans notre environnement ou dans des décharges, où ils mettent des siècles à se décomposer en relâchant des gaz à effet de serre qui contribuent aux changements climatiques.

Gaz à effet de serre

Si la tendance se poursuit, les émissions de GES liées au plastique atteindraient d’ici 2050, 15% du budget carbone global nous permettant de rester dans les limites définies lors de l’accord de Paris.

Bioplastique, ça veut dire quoi ?

Souvent présentés comme une solution aux problèmes de pollution plastique, les bioplastiques sont une fausse bonne idée. Ce terme renvoie en fait à deux caractéristiques : la dégradation et l’origine des matières premières. Ainsi ces plastiques peuvent être qualifiés de biosourcés, biodégradables et/ou compostables. 

Mais que signifient tous ces termes ?

  • BIOSOURCÉ : composé partiellement ou totalement de ressources naturelles renouvelables. Aucun seuil légal ne fixe la composition de ces plastiques, ils peuvent donc également être composés majoritairement de ressources fossiles. 
  • BIODÉGRADABLE : se décompose, dans certaines conditions, sous l’action des micro-organismes biologiques, produisant du CO2, de l’eau et de la biomasse.
  • COMPOSTABLE : se décompose de la même manière, mais uniquement dans des conditions contrôlées de température, d’humidité et d’oxygénation.

Sont-ils vraiment meilleurs pour l’environnement ?

Une revue de la littérature scientifique nous amène à conclure qu’un simple remplacement des « pétroplastiques » par des « bioplastiques » n’est en aucun cas une plus-value environnementale à long terme. Ce qui est par ailleurs confirmé par l’Agence européenne pour l’environnement. En effet :

  • La production des plastiques biosourcés est encore totalement dépendante des énergies fossiles (via les procédés d’extraction, transformation, transport) et est majoritairement issue de l’agriculture conventionnelle qui utilise des intrants chimiques impactant la santé humaine et exerçant une pression sur les ressources en eau et sur les sols ;
  • Les terminologies employées dans les produits mis sur le marché augmentent fortement les risques d’erreurs de tri et donc de traitement ; 
  • En particulier, les plastiques dits compostables ne le sont jamais à 100% :
    • Ils polluent le compost produit en microplastiques et n’apportent aucun nutriment assimilable par les sols. Ils ne rentrent donc pas dans une logique circulaire.
  • Le risque que ces plastiques aient le même impact sur la propreté publique et la biodiversité que les pétroplastiques est donc majeur.
  • Dans les conditions actuelles, n’ayant pas de mode de traitement satisfaisant, les plastiques biosourcés, biodégradables et compostables produits devraient être incinérés avec récupération d’énergie afin d’éviter qu’il ne se retrouve en décharge à ciel ouvert, dans l’environnement ou ne viennent polluer les flux compostés.
    • À noter que pour certains plastiques biosourcés aux propriétés identiques aux pétrosourcés de type PET, PP, HDPE, etc., et donc non-biodégradable,  le recyclage serait le traitement le plus vertueux à condition de pouvoir les identifier comme tel. 

Mais alors que faire ?

Il est donc primordial de réduire la dépendance de notre société aux plastiques et particulièrement à l’usage unique. Les alternatives existent, elles sont moins coûteuses et plus respectueuses de l’environnement :

  • Optez pour le vrac ;
  • Utilisez des contenants consignés/réutilisables ;
  • Bannissez l’utilisation d’objets en plastique à usage unique et les produits suremballés ;
  • Privilégier la réparation, le réemploi, la location ;
  • Baladez-vous sur notre site et découvrez toutes les alternatives disponibles à Bruxelles !

Et rappelez-vous, le meilleur déchet est celui qui n’existe pas !

Date de mise à jour: 16/03/2021