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Textiles

Soldes, black friday, fêtes de fin d’année… la tentation est forte mais résistez à l’appel des achats frénétiques. Posez-vous la question : en avez-vous vraiment besoin ? Privilégiez plutôt les achats en 2e main ou d’économie sociale.

Et si on achetait moins de vêtements ?

On achète 60% de vêtements en plus qu’il y a 15 ans et on les conserve moitié moins longtemps. Le Belge jetterait 15 kilos de vêtements par an (le plus haut chiffre en Europe). En 2050, le secteur textile émettrait même 26 % des émissions globales de gaz à effet de serre si les tendances actuelles de consommation se poursuivent. Trop vite acheté, parfois pour rien. Et si on changeait ?

Avant d’acheter : trier sa garde-robe

C’est un fait : on a généralement trop de vêtements dans sa garde-robe. Vous en avez sans doute déjà fait le constat. Une étude aurait même estimé qu’en Belgique, nous ne porterions que… 12% de notre garde-robe. Et c’est logique : la production de vêtements a doublé entre 2000 et 2014. Pas étonnant qu’on ait dans nos garde-robes des vêtements peu ou pas portés.

Il y a plusieurs avantages à savoir ce que vous avez déjà chez vous :

  • Vous éviterez de craquer pour un vêtement que vous avez déjà (ou du moins un vêtement très similaire) ;
  • Vous vous rendrez compte que vous avez déjà acheté plusieurs fois le même genre de vêtements (c’est toujours bon de l’avoir en tête quand on se retrouve après en magasin…) ;
  • Vous (re)trouverez des vêtements à modifier/customiser pour en faire d’autres sans devoir en acheter de neufs.

Parce que même plus écologique, un vêtement neuf aura plus d’impact que de ne pas acheter de vêtement.

Comment trier sa garde-robe ?

Premièrement, débarrassez-vous de tout ce qui est « trop » : trop petit, trop grand, trop abîmé, trop délavé, trop démodé…

Deuxièmement, attardez-vous sur les vêtements que vous n’avez plus porté depuis un certain temps. Pour mieux s’en rendre compte, utilisez la méthode du ruban. Accrochez un ruban à une des extrémités de la tringle de votre garde-robe. À chaque fois que vous rangez un vêtement que vous avez porté, mettez-le d’un côté du ruban. Vous aurez ainsi progressivement une distinction claire entre ce que vous mettez et ce que vous ne mettez pas (plus). 

Troisièmement, gardez votre garde-robe désencombrée ! La méthode la plus simple est de sortir un vêtement de votre garde-robe à chaque fois que vous voulez en ranger un nouveau que vous venez d’acheter. Vous pouvez aussi vous fixer un nombre maximum de vêtements à garder.

Idéalement vous devriez conserver des vêtements « polyvalents », que vous pouvez porter à différentes occasions quitte à les adapter avec quelques accessoires.

La garde-robe de Béa Johnson en est un bon exemple ! Elle a peu de vêtements, mais chaque pièce peut se porter différemment ou être accessoirisée pour une occasion en particulier. Le résultat de ses 50 tenues se trouve sur son blog.

Comment s’habiller à la mode sans acheter de vêtements neufs ?

Deux possibilités : la location / le prêt et l’upcycling.

Pour la seconde main ou le troc, tout se trouve sur la page J’achète ou je trouve en seconde main, donnerie, givebox.

La location et le prêt

La location et le prêt sont pratiques pour les occasions spéciales et les pour les vêtements d’enfants ou de grossesse. 

C’est de plus en plus tendance de louer des vêtements pour des occasions spéciales.

C’est très intéressant pour les robes de mariées. La location démarre au prix de 80 € alors que l’achat coute facilement entre 1000 et 2000€ (pour une robe que vous ne porterez qu’une fois). Pour les autres vêtements vous pouvez en louer une pour quelques dizaines d’euros ou fonctionner avec un abonnement mensuel (par exemple une location d’un vêtement par mois, ou une location « one shot » d’un mois etc.).

Quelques adresses de location de robe, de costume ou de vêtements originaux à Bruxelles :

Pour les vêtements d’enfants ou de grossesse. Quelques entreprises qui proposent la location :  Taylorbox 

Pour le prêt, on se tourne vers son entourage qui peut mettre à disposition une pièce ou l’autre (par exemple via Facebook).

L’upcycling de vêtements et la customisation maison

Un vêtement démodé que vous n’avez pas envie de donner ? Une pièce abîmée ou trouée mais dont vous adorez le motif ou la couleur ? Dans une démarche d’économie circulaire, vous pouvez les transformer en vêtements à la mode.

Ça fonctionne très bien pour les enfants qui portent des petites tailles (on leur « coupe » un vêtement dans un textile de taille adulte). Mais vous pouvez aussi transformer une chemise en robe, une robe en jupe, un pantalon en écharpe, une poche de jeans en nœud de papillon…

De nombreux tutoriels sont disponibles sur internet, comme ceux de Sarah Tyau ou de Linnea Larsson.

Si vous n’êtes pas adepte de la machine à coudre, vous pouvez aussi demander les services d’un·e couturier·ère (professionnel·le ou amateur·e), un·e ami·e, un grand-parent, un SEL (Service d’échange local).

Vous pouvez aussi vous rendre dans un atelier pour découvrir le concept d’upcycling : liste d’ateliers sur La mode autrement (nombreuses adresses à Bruxelles).

Les Petits Riens ont également un projet « Made By » d’upcycling, notamment de vêtements (mais pas que). Un projet soutenu par Be Circular. Les produits upcyclés sont vendus dans leurs magasins.

Enfin, des marques (fabrication belge, voire bruxelloise) se sont aussi lancées dans la pratique, comme Joseffa, Wear a Story, Isatio, JRRM...

Acheter moins, mais mieux

Vous avez trié votre garde-robe et customisé tout ce qui pouvait l’être mais il vous manque encore des vêtements ? Achetez, mais achetez « durable » : solide, bio, éthique… éco-responsable.

Préférez des vêtements labellisés

Les labels facilitent le choix. Vous pouvez les repérer sur les étiquettes des vêtements. Chaque label certifie le respect d’un cahier des charges spécifique. Celui-ci peut inclure des critères concernant l’environnement, le respect des travailleurs et/ou la limitation des substances nocives…

Par exemple, GOTS a des critères environnementaux, utilise des fibres issues de l’agriculture bio, limite les substances nocives et incorpore même des critères sociaux.

Quelques marques labellisées : Armedangels, Belgium Bio, Beaumont organic, Bleed, Bonjour Maurice, CUS, Green Queens, Jan'N June, Komodo, Stanley/Stella, Miss Green, Verde Moscu...

Logo Label GOTS

Oeko-tex se focalise sur la limitation des substances nocives dans les vêtements et Fair Wear sur les aspects sociaux.

Logo Label Oeko-tex

Logo Label Fair Wear Fondation

Il y a bien d’autres labels : Ecolabel européen, Soil Association, Nordic Swan, Peta Vegan etc.

  • les labels du textile sur le site d’écoconso.
  • les labels du textile (et d’autres) sur le site de Labelinfo.

Privilégiez les marques qui s’engagent

Plusieurs marques proposent des vêtements labellisés. De manière plus large certaines s’engagent pour des critères sociaux plus élevés. Si vous voulez en savoir plus, la campagne « Fashion checker » de Clean Clothes Campaign vous renseigne sur quelles marques paient correctement (ou pas) celles et ceux qui produisent leurs vêtements.

Achetez local !

Des vêtements européens, voire belges, ça existe !

Cette proximité entre l’endroit de fabrication et de vente a de nombreux avantages : les distances sont courtes (hors éventuellement production des fibres) et permettent donc une économie de transport, les salaires sont plus élevés et la législation sur les droits des travailleurs plus éthique.

Plusieurs marques sont implantées localement comme Made & More, Belgium Bio, Doriane Van Overeem, Bonjour Maurice, La Révolution Textile…

Le vêtement parfait existe-il ?

Difficile parfois de respecter tous les critères.

Par exemple un vêtement « made in Europe » n’est pas nécessairement un gage de respect des travailleurs. Dans certains pays comme l’Ukraine, la Bulgarie, la Roumanie, la Géorgie ou encore l’Albanie, les conditions sociales ne sont pas plus enviables qu’en Asie, notamment si ces fabriques fournissent de grandes enseignes.

De même, si le label GOTS prévoir des critères sociaux, il précise que "Les salaires versés et les avantages pour une semaine de travail normale répondront, au moins, aux Normes légales nationales ou aux références de l’industrie". C’est pourquoi une marque de vêtements labellisés GOTS peut très bien être épinglée par le Fashion Checker qui exige plus que le salaire légal.

Préférer des habits solides, pratiques et modulables

Des vêtements solides, aux coupes adaptées, faciles d’entretien et qui se repassent facilement (ou pas du tout). Des vêtements sans technologies « nouvelles » comme des chaussettes anti-odeurs (avec des biocides), un t-shirt aux nanoparticules d’argent (pour les odeurs toujours) etc.

Enfin, privilégiez des vêtements sobres que vous pourrez porter à différentes occasions. Une robe ou un pantalon noir et sobre sera aussi à l’aise en promenade qu’au boulot ou en soirée. Libre à vous de l’accessoiriser avec des bijoux, un foulard, un cheich, une cravate, des chaussures…

C’est ce que l’on appelle la « garde-robe capsule », une garde-robe constituée de vêtements que l’on peut facilement combiner selon les occasions.

Il existe aussi des vêtements polyvalents prévus pour être portés de différentes manières.

Les vêtements ont un impact sur l’environnement

À la fabrication

100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde. La production a doublé entre 2000 et 2014.

Chaque année l’industrie textile émettrait entre 1,2 et 4 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, ce qui est plus que les émissions des vols internationaux et du trafic maritime réunis (Rapport "Measuring Fashion", Quantis, 2018 et Rapport "A new textiles economy", Fondation Ellen Mc Arthur, 2017.). 

Le secteur textile serait même le 3e consommateur d’eau dans le monde, après des cultures comme le blé ou le riz !

On pourrait également parler de l’utilisation de pesticides et d’engrais, du non-respect des travailleuses et travailleurs, des vêtements qui contiennent des composés cancérigènes ou perturbateurs endocriniens…

Bref, autant de raisons qui font qu’il est important de consommer parcimonieusement.

À l’achat

Outre la fabrication, la façon dont vous achetez le vêtement a aussi son importance.

Si vous achetez en magasin, évitez d’y aller plusieurs fois en voiture avant de vous décider. Préférez un seul trajet, idéalement « groupé » avec d’autres courses. Le métro ou le vélo auront aussi moins d’impact qu’en voiture. Évitez l’achat en super promo soldée, le risque d’achat impulsif inutile est d’autant plus grand.

Si vous achetez en ligne, évitez de commander 3 tailles différentes pour finalement renvoyer 2 des 3 vêtements livrés. 

Selon Greenpeace, les Allemands de moins de 30 ans renvoient 25% de leurs achats. Pire : plus de la moitié d’entre eux savent, dès l’achat, qu’ils renverront une partie de leur commande.

Évidemment, acheter un vêtement en ligne n’est pas facile. Il est difficile d'acheter un vêtement en se basant simplement sur sa taille « habituelle », surtout si on ne sait pas si la taille indiquée dans l’annonce est une taille française, allemande, américaine…

Afin d’éviter de devoir (trop) commander, vérifiez :

  • Le guide des tailles. Prenez vos mesures (tour de taille, de poitrine, entrejambe, etc.) et comparez- les au guide pour choisir la taille qui vous correspond le mieux.
  • Le type de coupe. Pour une même taille, une coupe slim, regular ou relaxed influence le port du vêtement. Ces informations sont parfois données sous forme de « taille grand » ou « près du corps ». Les pantalons sont parfois vendus en plusieurs longueurs de jambes, ou en versions « courtes » ou « longues ».
  • Les mensurations du mannequin qui porte le vêtement présenté. Vous avez parfois le même vêtement porté par plusieurs personnes différentes, voire avec le commentaire du mannequin. Si vous vous rapprochez de ses mensurations, cela peut vous donner une idée du résultat final sur vous.
  • Les dimensions exactes des vêtements. Pratique pour soi mais aussi en cas de cadeau. Quelques mesures sur un vêtement que vous avez déjà, à comparer avec celles du vêtement convoité, et vous êtes (presque) certain de ne pas commettre d'impair !

Évitez aussi les livraisons « prime », « express » et préférez la livraison en points-relais, moins polluante. 

Si 75% des livraisons se faisaient en point de dépôt, l’impact environnemental du « last mile » (le trajet du dépôt vers le point de livraison) pourrait être réduit de 60 à 80%, selon une étude du VIL (Vlaamse Instituut voor de logistiek).

À l’utilisation

L’entretien d’un vêtement peut être une partie significative de son impact sur l’environnement. Une étude avait ainsi montré que 50% de l’impact d’un jeans était dû à l’entretien de celui-ci.

Mais au-delà de l’entretien en tant que tel (utilisation de produit de lessive, d’eau, d’énergie…), l’utilisation et l’entretien d’un vêtement en synthétique libère des microparticules de plastique.

Le lavage des vêtements en synthétique serait responsable de 35% des microplastiques primaires retrouvés dans les eaux. Un kilo de vêtements en synthétique libère en effet entre 48 et 307 mg de plastique par lavage. Certains se désintègrent même à l’œil nu.

Le simple fait de porter ces vêtements libère aussi des microparticules. L’impact serait même plus important qu’à la lessive.

Comme le relargage de microplastiques se fait surtout à la première lessive, il est important de ne pas multiplier les vêtements neufs. Privilégiez aussi les autres matières, naturelles, comme le lin, le chanvre, la laine ou le coton, de préférence bio.

Des ressources complémentaires

Pour aller plus loin

Date de mise à jour: 20/08/2020