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Good Soil : Des sols sous pression

A échelle de temps d’un homme, les sols doivent être considérés comme une ressource non renouvelable. Malgré cela, les sols sont soumis à toute une série de processus de dégradation qui sont souvent accentués par les activités humaines. Sur le continent européen par exemple, un sol sur trois est endommagé par l’un de ces processus. Ces menaces touchent l’ensemble des régions de la planète et Bruxelles-Capitale ne fait pas exception à la règle.  

Voici  les principales dégradations que rencontrent les sols du territoire de la Région bruxelloise.

Imperméabilisation

L’imperméabilisation, encore appelé artificialisation, des sols est principalement due à l’étalement urbain avec le recouvrement du sol par des surfaces bâties comme des routes, des habitations ou des parkings. En 2010, 46% du territoire de la région était occupé par des surfaces artificialisées. Dans ces surfaces artificialisés la vie du sol disparait, celui-ci ne fournit plus qu’un seul service à la société , le support. Dans les zones vertes avec des sols vivants, les sols fournissent plusieurs services comme l’atténuation des inondations, la production d’aliments ou le recyclage de la matière organique.

La compaction

Le tassement des sols résulte de la compression en surface due au piétinement répété des hommes et des animaux, au passage de machines agricoles ou forestières mais aussi aux précipitations sur les sols nus. 

Dans un sol en bonne santé, l’air et l’eau constitue près de 50% de sa masse. La compaction des sols entraine une diminution de la porosité des sols et de ce fait une diminution de la quantité d’air et d’eau présents entre les agrégats minéraux. L’asphyxie des sols impacte directement l’activité biologique en réduisant nettement la quantité d’organismes vivants dans les sols. La compaction affecte aussi le système racinaire des végétaux puisque l’eau est moins accessible et la respiration y est plus difficile.

Dans notre Région, on rencontre ce phénomène dans certains parcs fortement fréquentés et théâtre de nombreux évènements (ex. parc du Cinquantenaire), sur les terrains en friche, les sentiers forestiers ou les chemins pédestres,…etc. Il y a donc un réel intérêt à limiter l’accessibilité de certaines zones comme par exemple dans les zones Natura 2000.

L’érosion

L’érosion est un phénomène naturel qui décape les couches superficielles du sol suite à l’action combinée du vent et de l’eau. Dans certains cas, l’action de l’homme peut accélérer le phénomène comme par exemple lorsque les sols ont été dégradés par compaction ou lorsqu’ils ont été laissés à nu. Dans ces situations, la force érosive de l’eau de ruissèlement de l’eau s’accroit car elle gagne en vitesse mais aussi en densité.

Pour la société, les conséquences peuvent importantes avec notamment des inondations ou des coulées boueuses pouvant entrainer des dégradations de biens matériels (voitures emportées, caves inondées). Pour les sols aussi les dommages sont importants. Il faut savoir que c’est dans les premiers centimètres du sol que l’activité biologique est la plus importante, c’est donc là que le recyclage de la matière organique s’opère le plus activement. Perdre ces premiers centimètres perturbe donc forment le rôle joué par les sols dans le cycle du carbone.

En Région bruxelloise, le relief est assez peu marqué ce qui limite ce phénomène. Néanmoins, on retrouve des zones actives d’érosion dans certains espaces verts où les racines des arbres commencent à être à l’air libre tellement l’épaisseur de sol s’est amoindrie. Ceci n’est évidemment pas sans conséquences sur la stabilité des grands arbres et sur la santé des sols, c’est pourquoi il y a lieu d’agir rapidement.

Et bien d’autres encore

Bien évidemment, il existe d’autres menaces affectant les sols bruxellois.

Sur base du passé industriel de la Région, la contamination du sol occupe une place de choix dans le spectre des menaces. Cette menace insidieuse impacte directement la qualité des sols  mais aussi la santé des citoyens bruxellois via la pollution des sols, des nappes et le dégazage affectant dans l’air ambiant. Heureusement, depuis 2005 et la première Ordonnance sol, Bruxelles Environnement lutte activement pour améliorer l’état des sols. En 2020, près de la moitié des parcelles suspectées de pollutions à Bruxelles ont été investiguées et à ce jour 760 ha ont déjà été traités et réaffectés à de nouvelles activités résidentielles, économiques ou récréatives.

D’autres menaces restent néanmoins moins connues comme la baisse de la biodiversité du sol ou la baisse de la matière organique des sols. Ces menaces impactent directement la qualité des sols et leurs capacités à fournir des services à notre société ou à l’environnement. 

A l’avenir, la stratégie Good Soil vise justement à élargir le spectre des menaces prises en compte pour mettre en place un plan global de gestion du sol. 

Date de mise à jour: 15/07/2020