Vous êtes ici

FAQ's

Les professionnels de la construction et de l’urbanisation sont confrontés aujourd’hui à la mise en œuvre de nouvelles pratiques, qu’ils soient impliqués dans la conception d’un projet de construction ou dans la réalisation d’une voirie, d’un espace public, d’un jardin… 

En ce qui concerne la gestion durable de l’eau,  un des objectifs majeurs du plan de gestion de l’eau 2012-2016 est de limiter l’effet de l’imperméabilisation et de favoriser les techniques compensatoires qui visent à intégrer l’eau de pluie dans le paysage urbain.

Pour atteindre cet objectif et permettre aux professionnels de trouver réponses à leurs questions sur les moyens de l’atteindre, il existe des mesures d’accompagnement via :

En complément de ces éléments d’information et de formation, nous vous proposons à travers les FAQ’s ci-dessous, quelques sujets ou questions fréquemment rencontrées lors de ce travail d’accompagnement. Leur développement est donc bien destiné à évoluer constamment. 

Qu’entend-on par « Gestion intégrée des eaux pluviales » (Giep) ? 

Lorsque l’on souhaite restaurer le cycle naturel de l’eau en ville, on peut mettre en place un ensemble de techniques d’aménagement et d’ouvrages qui permettent de gérer l’eau là où elle tombe en assurant in situ sa temporisation et en favorisant son infiltration et évapo(transpi)ration. Ce dernier processus vise à privilégier la végétalisation des ouvrages de manière à permettre, en outre, la lutte contre les îlots de chaleur.

La gestion intégrée des eaux pluviales, elle, non seulement respecte ces principes mais entend insérer la fonction hydraulique (gestion des eaux) dans les espaces urbains et les éléments bâtis à mettre en œuvre. Le but est de profiter de chaque espace, de le rendre multifonctionnel (loisir, mobilité, eau, paysager). Les espaces sont alors conçus et entretenus pour leurs fonctions urbaines.

On fait souvent référence au concept de Maillage Pluie dans ce contexte.

Quelles sont les grands principes de la GIEP  ?

La gestion intégrée des eaux pluviales s’articule autour de 4 principes fondamentaux :

  • respecter les écoulements naturels,
  • stocker l’eau au plus proche du lieu de précipitation,
  • favoriser l’infiltration et l’évapotranspiration (et si ce n’est pas totalement possible, que le rejet se fasse à débit régulé),
  • veiller à la prise en compte des épisodes pluvieux exceptionnels ou à la répétition d’épisodes pluvieux.

Ce système présente l’avantage de restreindre considérablement les ruissellements et la vitesse de l’eau tout en permettant une mise en scène de l’eau à travers la composition du plan général du projet. Dès lors, il n’est plus question de créer des ouvrages spécialement dédiés à l’eau, mais bel et bien d’exploiter un autre ouvrage, un autre lieu, et lui créer une seconde fonction : la fonction hydraulique.     

On parle alors de plurifonctionnalité des ouvrages.

GIEP - Phase I : Centre de rond-point avec fonction de circulation uniquement GIEP - Phase II : Centre de rond-point avec fonction hydraulique et de loisirs (bancs, marches) GIEP - Phase III : Centre de rond-point avec fonction hydraulique réadapté pour une fonction paysagère renforcée

Phase I : Centre de rond-point avec fonction de circulation uniquement

Phase II : Centre de rond-point avec fonction hydraulique et de loisirs (bancs, marches)  Phase III : Centre de rond-point avec fonction hydraulique réadapté pour une fonction paysagère renforcée 

 

On ne crée pas de dispositif de GIEP, mais on intègre la gestion des eaux pluviales dans des aménagements déjà programmés.

Infiltration versus temporisation ?

Il est très important de ne pas opposer la temporisation des eaux pluviales à leur infiltration et à leur évapotranspiration. En effet, ces phénomènes sont complémentaires. La temporisation des eaux de ruissellement est, quant à elle, indispensable, surtout dans le cas de pluviométries importantes susceptibles de générer des problématiques d’inondation.

Le principe est alors le suivant : « Je stocke et ensuite je vide ». La différence dans le cadre de la GIEP, par rapport à la gestion « classique », est que l’on va favoriser la vidange par infiltration naturelle dans le sol et par évapotranspiration plutôt que par un rejet à débit régulé vers le réseau d’assainissement. Les eaux sont ainsi déconnectées, alors que dans le cas d’un bassin de temporisation avec rejet à débit régulé, elles sont rejetées petit à petit, mais intégralement dans l’égout.

Quels sont les avantages de la GIEP par rapport à une gestion « classique » ?

La gestion intégrée des eaux pluviales possède de nombreux avantages :

  • paysagers
  • environnementaux
  • économiques

Cette façon d’appréhender les eaux de pluies présente les avantages suivants :

Paysagers : Le concept de GIEP va permettre de créer des ambiances de voiries, des cheminements piétons et des stationnements beaucoup plus qualitatifs. L’eau n’est plus évacuée sous terre mais redevient une composante naturelle du paysage. Des espaces d’agrément naturels alliant hydraulique, paysage et environnement peuvent ainsi être réalisés. Quand le travail paysager mène à la perméabilisation des sols et aux plantations, la gestion de l’eau devient un véritable vecteur de Nature en ville.

Ceci favorise également une meilleure qualité de vie des habitants, et apporte de la biodiversité. C’est aussi une contribution majeure pour relever le défi du changement climatique en améliorant la résilience de la Région. En effet ce type de gestion permet de prévenir les inondations, tout en créant des îlots de fraicheur.

Environnementaux : La collecte des EP au plus proche du lieu de précipitation permet de limiter au maximum le ruissellement et donc la charge polluante. Les ouvrages de stockage permettent une dépollution naturelle par décantation, filtration mécanique du sol et phyto-épuration dans le cas d’éléments végétalisés. De plus, cela permet de désaturer le réseau d’égouttage, ce qui évite les surverses polluantes dans les cours d’eau. Le cycle naturel de l’eau est mieux respecté en favorisant l’infiltration et en assurant ainsi le rechargement des nappes d’eaux souterraines.

Economiques : L’entretien et le fonctionnement du réseau d’égouttage et d’assainissement (les stations d’épuration) ont un coût élevé lié aux volumes d’eau qui y transitent et qui y sont traités. L’eau de pluie ne nécessite a priori pas de traitement lourd ; ce sont donc des volumes inutiles à faire passer par ce réseau classique. Chaque volume d’eau pluviale traité « à la source » est dès lors une économie conséquente. En outre, aucun espace n’est spécialement dédié à la gestion des eaux pluviales ; ce qui représente une grande plus-value en terme d’emprise foncière.

Les volumes d’eau gérés en surface permettent également d’économiser le cout de l’excavation et des terrassements profonds qu’impliquent les bassins d’orage classiques.

Enfin, les économies sont présentes aussi en matière d’entretien puisque les ouvrages de stockages et d’infiltration continuent à être uniquement entretenus pour leur fonction primaire (espace vert, voirie, toiture,...).

La noue, de quoi s’agit-il ? 

La noue est une dépression dans le sol, un creux le plus souvent linéaire, qui accueille les eaux de ruissellement des surfaces voisines. C’est un terrassement simple et facile à mettre en œuvre qui ne nécessite pas de grande technicité pour remplir un rôle de plus en plus recherché : la gestion in situ des eaux pluviales.

La noue est le dispositif de gestion des eaux pluviales le plus couramment cité comme solution durable.

Pourquoi ?

  • Il est simple à mettre en œuvre et peu couteux ;
  • Son fonctionnement est facilement contrôlable, tout est apparent. Cela le rend didactique et offre une présence de l’eau dans les espaces de vie ;
  • Il peut combiner les 3 fonctions utiles en gestion « in situ » :
  • le stockage (volume libre utile)
  • l’infiltration (sol perméable)
  • l’évapotranspiration (si la noue est plantée)
  • Il offre une fonction filtrante (voire épurante) de par sa couche supérieure de sol végétalisé ;
  • Il permet une plus-value d’accueil de la biodiversité et peut offrir des qualités paysagères ;
  • La combinaison eau/sol/plantes est un atout pour créer des ilots de fraîcheur.

Une fiche technique en donne une définition plus complète, détaille ses différents types, … sur le Guide du Bâtiment Durable.

La noue

Comment pratiquer la gestion intégrée sans ou avec peu d’espaces verts disponibles ? 

Afin d’augmenter le volume de temporisation et favoriser ainsi l’infiltration des eaux pluviales dans un projet où la surface en espace vert est pauvre, il est possible de mettre en œuvre des massifs drainants sous voirie, cheminement piéton ou encore piste cyclable.

Un massif drainant est une structure réservoir qui permet la temporisation des eaux pluviales entre les matériaux qui le compose. Le corps de la structure est généralement composé de matériaux drainants de type graves. L’indice de vide de la structure réservoir peut alors varier de 30 à 40% pour de la grave 20/60.

Exemple de grave drainante 20/60
Exemple de grave drainante 20/60

Les matériaux drainants du massif doivent être obligatoirement entourés d’un géotextile anti-contaminant qui empêche les granulats de petites tailles de pénétrer dans la structure, ce qui assure une pérennité de l’ouvrage dans le temps. Des regards intermédiaires de curage doivent être installés pour l’entretien.

Principe de fonctionnement d'un massif drainant sous voirie
Principe de fonctionnement d’un massif drainant sous voirie

La collecte des eaux pluviales peut être assurée par la mise en œuvre de regards avec grilles. Ces regards sont équipés de coudes inversés afin d’éviter tout colmatage par des intrusions de flottants ou de corps volumineux dans le massif drainant.

Schéma d’une bouche d’injection avec coude inversé
Schéma d’une bouche d’injection avec coude inversé

Afin d’exploiter la capacité optimale de stockage des eaux pluviales des massifs drainants, des regards avec cheminée de surverse peuvent être mis en œuvre à l’aval de chacun des massifs drainants. Ils permettent une montée en charge progressive de chacun des ouvrages jusqu’à la surverse dans la cheminée et une restitution à débit régulé par l’orifice de vidange si l’infiltration seule ne suffit pas ou n’est pas autorisée dans le cadre d’un projet.

Schéma d'un regard avec cheminée de surverse
Schéma d’un regard avec cheminée de surverse 
Schéma d’un regard avec cheminée de surverse avec orifice de vidange
Schéma d’un regard avec cheminée de surverse avec orifice de vidange

Les eaux pluviales peuvent également être collectées par injection directe via la mise en œuvre d’un revêtement poreux. Ceci permet d’éviter tout colmatage par des intrusions de flottants ou de corps volumineux dans l’ouvrage de gestion.

Principe de fonctionnement du système revêtement poreux/massif drainant
Principe de fonctionnement du système revêtement poreux / massif drainant

Comment gérer les eaux pluviales sur un terrain en pente ? 

Il est possible d’envisager la mise en place d’une temporisation des eaux pluviales avec le principe de la gestion intégrée même le long des voiries ou sur un terrain en pente. Des espaces verts situés en bordure de voirie peuvent par exemple accueillir des noues paysagères sur quelques centimètres de hauteur utile afin de gérer les épisodes pluviaux communs. La noue assure une fonction hydraulique au sein d’une bande paysagère en léger creux. Elle permet de collecter les eaux de ruissellement, de les temporiser puis de les vidanger.

Afin de s’affranchir au maximum de la pente présente sur la rue et afin de pouvoir maximiser la temporisation et la décantation des eaux pluviales sur l’ensemble du linéaire de la noue, celle-ci devra être accompagnée de redans.

Ces redans pourront être réalisés, en fonction des résultats esthétique et économique attendus, en béton, en fascine (bois), en terre végétale ou en tout autre matériau permettant de retenir les eaux.

Exemples de noues à redans
Exemple de noues à redan
Exemples de noues à redans

Estimation des coûts de la mise en place de ce type d’ouvrages* :

Type de redan Béton Fascine Terre végétale
Prix au ml (en euros) 100-250 100-200 50-100

(*chacun des coûts annoncés dans ce tableau est donné à titre indicatif, est valable pour une noue type de 40 cm de hauteur utile et se base sur l’expérience de maitrise d’œuvre d’Infra services)

Représentation 3D d'une noue à redans béton
Représentation 3D d'une noue à redans bois
Représentation 3D d'une noue à redans terre
Représentation 3D d’une noue à redans béton Représentation 3D d’une noue à redans bois Représentation 3D d’une noue à redans terre

De la même manière que pour les noues, il est nécessaire de cloisonner les massifs drainants dans la pente si celle-ci est présente afin d’en maximiser les volumes de temporisation. Cela peut notamment se faire grâce à la mise en place de géo-membranes étanches et de regards avec cheminées de surverse.

Principe de cloisonnement d'un massif drainant via géo membrane étanche
Principe de cloisonnement d’un massif drainant via géo membrane étanche
Principe de cloisonnement d’un massif drainant via regard avec cheminée de surverse
Principe de cloisonnement d’un massif drainant via regard avec cheminée de surverse

Estimation des coûts de la mise en place de ce type d’ouvrages* :

Type de cloisonnement Géomembrane étanche Regard 80x80 avec cheminée de surverse (Ø200)
Prix (en euros) 20-30 (m²) 700-800 (unité)

(*chacun des coûts annoncés dans ce tableau est donné à titre indicatif et se base sur l’expérience de maitrise d’œuvre d’Infra services)

Les toitures vertes sont–elles compatibles avec les panneaux photovoltaïques ? 

L’installation de panneaux solaires (photovoltaïques ou thermiques) sur une toiture verte n’est pas incompatible. Certains avantages peuvent même être retirés de cette combinaison : 

  • intégration du lestage des panneaux solaires avec le complexe de toiture verte ;
  • amélioration du rendement des panneaux solaires (photovoltaïques) ;
  • protection physique des membranes d’étanchéité et des circuits solaires ;

Mais afin d’assurer la pérennité des installations, il y a lieu de s’assurer de l’intégration au moment de la conception de certains principes :

  • réaliser une implantation différenciée des plantes en fonction de la variation d’exposition (plantes adaptées à un ombrage quasi permanent sous les panneaux) et en fonction de la proximité des panneaux solaires (éviter que les plantes ne créent un ombrage sur les panneaux) ;
  • assurer une bonne évacuation des eaux pluviales, notamment à proximité des panneaux solaires : protection des avaloirs, gestion du ruissellement, garantir la facilité d’entretien des panneaux solaires, s’assurer du choix des matériaux (risques de corrosion, protection des conduits,…), etc.

Pour plus de détails, vous pouvez vous référer aux documents suivants :

    Date de mise à jour: 07/11/2019