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Collecte de données sur la biodiversité bruxelloise par les citoyens ("crowdsourcing")

Les initiatives de « crowdsourcing » visant à susciter la collecte de données environnementales par les citoyens sont de plus en plus nombreuses. Les objectifs poursuivis sont scientifiques mais également pédagogiques, cet aspect étant plus ou moins développé selon les projets.

Le site web www.bru.observations.be est un portail qui permet à tout un chacun, naturaliste confirmé ou amateur, d’enregistrer ses observations d’espèces animales, végétales et mycologiques observées en Région bruxelloise. Les oiseaux constituent de loin le groupe taxonomique bénéficiant du plus grand nombre d’observateurs.  Viennent ensuite les plantes et les papillons.  Pour certains groupes taxonomiques tels que, par exemple, les orthoptères (criquets et sauterelles), hétéroptères (punaises) et mollusques mais aussi pour des groupes mieux connus par le grand public tels que les mammifères, reptiles, amphibiens et poissons, les observateurs sont en nombre très limité.  En mai 2017, la base de données totalisait plus de 700.000 observations portant sur près de 5.400 espèces.

L’information et la sensibilisation des citadins à la nature constituent des éléments importants d’une politique de développement urbain durable. Cette sensibilisation est en effet susceptible d’avoir de nombreuses retombées positives notamment en terme de respect des espaces verts et de la biodiversité, d’intérêt plus général pour les questions environnementales, d’éducation au monde du vivant - en particulier au niveau des enfants - ou encore,  d’implication active dans des projets environnementaux. En outre, le contact avec la nature entraîne d’importants bienfaits physiques et psychiques. Les activités d’observation d’espèces effectuées par les naturalistes professionnels ou amateurs constituent l’une des facettes de cet intérêt pour la nature.  Outre les bénéfices précités, elles participent directement à l’amélioration des connaissances sur la biodiversité locale.
Les sites Internet www.waarnemingen.be et sa version francophone www.observations.be ont été développés en 2008 à l’initiative et de Natuurpunt, de Stichting Natuurinformatie et de Aves-Natagora.  Il s’agit de portails où chacun peut encoder ses propres observations. A la demande de Bruxelles Environnement, une version bruxelloise du site a par ailleurs été développée en néerlandais et français (www.bru.waarnemingen.be et www.bru.observations.be). Les sites francophones et néerlandophones partagent la même base de données ce qui signifie que les observations encodées dans un système sont visibles et partagées par l'autre. Ces sites sont alimentés par des observations effectuées tant par des groupes de travail et experts que de manière ponctuelle par des naturalistes amateurs ou confirmés. Une procédure de validation des observations est par ailleurs assurée.
Les indicateurs présentés dans les graphes ci-dessous permettent de montrer, sur une base annuelle, combien de personnes encodent régulièrement sur ces sites des observations floristiques ou faunistiques localisées en Région bruxelloise et ce, pour différents groupes taxonomiques. Seules les personnes ayant observé plus de 5 espèces différentes par an (10 pour les oiseaux) au sein d’un même groupe taxonomique ou plus de 100 espèces différentes, tous groupes taxonomiques confondus, sont comptabilisées.
Sans surprise, les oiseaux constituent le groupe taxonomique le plus populaire en terme d’observations. En 2015 et 2016, de l’ordre de 160 personnes ont encodé plus de 10 observations d’oiseaux se rapportant au territoire bruxellois.  Pour les insectes et autres arthropodes, l’engouement varie selon les groupes taxonomiques.  Les papillons et libellules sont les groupes connaissant actuellement le plus de succès. Des groupes tels que les orthoptères et hétéroptères, généralement plus difficiles à observer et dont l’identification taxonomique requiert souvent le recours à une littérature spécialisée, ne font l’objet d’observations que par un nombre très restreint de naturalistes. Les naturalistes sont peu nombreux à encoder des observations concernant les groupes taxonomiques vertébrés autres que les oiseaux (mammifères, poissons, amphibiens et reptiles).  Il s’agit pourtant de groupes bien connus du grand public. Leur mode de vie généralement caché ou nocturne explique probablement, au moins en partie, le nombre limité d’observations. Remarquons qu’en ce qui concerne les poissons et les reptiles et amphibiens, aucun ou quasi aucun observateur n’a jusqu’à présent encodé plus de 5 observations par an. Au cours des années 2013-2016, le nombre de personnes ayant encodé au moins 6 observations de plantes par an oscille entre 37 et 45 personnes ce qui est également relativement peu.  Ce chiffre est encore plus restreint en ce qui concerne les observations de champignons (entre 10 et 26) ou de mousses et lichens (entre 3 et 8).

Evolution annuelle du nombre d’observateurs réguliers par groupes taxonomiques (2008-2016)

Source : www.bru.observations.be


Entre la création du site et mai 2017, plus de 700.000 observations se rapportant à près de 5.400 espèces différentes ont été encodées dans www.bru.observations.be, y compris un certain nombre d’observations antérieures à 2008. Près de 90% de ces observations se rapportent aux plantes et oiseaux.
Ces dernières années, la croissance du nombre d’observateurs tend à ralentir voire à stagner ce qui peut s’expliquer par le fait que le site www.observations.be est de plus en plus connu auprès de son public-cible. Compte tenu de la taille de la population bruxelloise, le nombre d’observateurs encodant leurs observations dans la base de données s’avère toutefois limité et une marge de progression subsiste certainement, en particulier pour certains groupes (mammifères, reptiles et amphibiens, etc.).

Répartition des observations entre les différents groupes taxonomiques (mai 2017)

Source : www.bru.observations.be, site consulté le 23 mai 2017

Le graphique ci-dessous reprend le nombre d’espèces observées par groupe taxonomique.  Les groupes les plus représentés sont les champignons, plantes et certains ordres d’insectes tels que les lépidoptères (papillons de nuit et papillons de jour), les diptères (mouches et moustiques), les coléoptères (scarabées, coccinelles, carabes entre autres) ou encore, les hyménoptères (abeilles, guêpes et fourmis).

Répartition des espèces observées par groupes taxonomiques (mai 2017)

Source : www.bru.observations.be, site consulté le 23 mai 2017

 
Date de mise à jour: 07/01/2019