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Focus : Evolution de l'avifaune

Focus - Actualisation : janvier 2022

Le suivi annuel des oiseaux communs permet de dégager une tendance pour la période 1992-2020 pour 41 espèces : un déclin des populations s’observe pour près de 40% d’entre elles. Pour le groupe des espèces indigènes, l’analyse des données suggère un déclin modéré sur le long terme et une tendance stable depuis 10 ans. Les oiseaux communs dont le déclin sur le long terme est le plus marqué sont des espèces nichant dans le bâti ainsi que des espèces migratrices. Une évolution globalement favorable est par contre observée pour les espèces exotiques et les corvidés.

Les oiseaux, de bons indicateurs de l’état de la biodiversité

Les oiseaux constituent de bons indicateurs de l’état de la biodiversité. Leur capacité de dispersion particulièrement élevée leur permet en effet de réagir rapidement aux changements qui interviennent dans l’environnement. En outre, les oiseaux sont présents dans la plupart des habitats naturels et milieux (semi)-urbanisés et sont représentés pratiquement à tous les niveaux de la chaîne alimentaire y compris aux niveaux les plus élevés (insectivores, prédateurs). Ils peuvent aussi être facilement observés.
Le suivi de l’avifaune bruxelloise repose sur différents dispositifs : réalisation d’atlas inventoriant la répartition et l’abondance des oiseaux nicheurs (tous les 10-20 ans), suivis annuels de l’avifaune commune ou de groupes d’espèces ciblées (oiseaux d’eau entre autres), études scientifiques spécifiques, monitoring d’espèces d’intérêt communautaire et régional, etc. Ce travail a été jusqu’à présent essentiellement assuré par Aves, le pôle ornithologique de Natagora asbl, à la demande de Bruxelles Environnement.

Pour la période 1992-2020, un déclin est confirmé pour 40% des espèces pour lesquelles une tendance peut être mise en évidence

Le suivi annuel des oiseaux communs est organisé depuis 1992. Il se fait via la méthode des « points d’écoute » qui consiste à inventorier, au printemps, l’ensemble des oiseaux vus ou entendus pendant 15 minutes lors de deux passages en un site d’observation fixe, identique d’années en années. Cette méthode, convenant surtout aux espèces dont la manifestation territoriale se fait par le chant, permet de suivre un peu moins de la moitié de l’avifaune nicheuse bruxelloise. Les espèces non concernées sont des migrateurs qui peuvent effectuer une halte à Bruxelles pendant le printemps mais n’y nichent jamais, des espèces pour lesquelles la technique des points d’écoute est inadéquate (oiseaux d’eau, hirondelles, rapaces nocturnes…) ainsi que des nicheurs rares pour lesquels le nombre de contacts est insuffisant. 
Le réseau de points d’écoute compte actuellement 114 stations représentatives de la diversité des espaces verts bruxellois mais aussi de milieux densément bâtis.
Pour la période 1992-2020, une tendance peut être mise en évidence pour 41 espèces (espèces vues ou entendues avec une fréquence suffisante soit la plupart des espèces répandues en Région bruxelloise) soit un peu moins de la moitié des espèces d’oiseaux nichant avec certitude en Région bruxelloise. Parmi celles-ci :

  • 2 espèces (soit 5%) sont en fort déclin 
  • 14 espèces (soit 34%) sont en déclin 
  • 15 espèces (soit 37%) sont stables
  • 8 espèces (soit 20%) sont en augmentation dont 2 exotiques (la Perruche à collier et le Pigeon biset semi domestique)
  • 2 espèces (soit 5%) sont en forte augmentation dont 1 exotique (l’Ouette d’Egypte)

Rappelons que ce bilan ne concerne qu’une partie de l’avifaune essentiellement composée des espèces nicheuses les plus répandues. Un grand nombre d’espèces non suivies par la méthode des points d’écoute sont en déclin à l’échelle régionale; il s’agit le plus souvent d’espèces ayant davantage d’exigences écologiques lors de la nidification.
Le graphique ci-dessous permet d’identifier les espèces en progression, stables ou en déclin.  

Tendances évolutives à long terme des espèces communes d’oiseaux (41 espèces,   3 espèces exotiques comprises) en Région bruxelloise : taux de croissance annuel moyen en % (1992-2020)

Source : Paquet A., Weiserbs A. 2021 (Natagora-Aves)

La définition des cinq catégories de tendance des populations est définie en fonction du taux de croissance annuel moyen et de la fiabilité de l’estimation (pour plus de détails, voir Monitoring des populations d’oiseaux en Région de Bruxelles-Capitale, Rapport 2020, p. 16). 

Pour en savoir plus sur le pourcentage d’évolution de l’avifaune commune depuis 1992  

Les cinq espèces qui connaissent le déclin le plus important sont le Moineau domestique (perte de 96% des effectifs en 28 ans), la Tourterelle turque (perte de 86%), la Fauvette des jardins (perte de 85%), l’Etourneau sansonnet (perte de 81%) et la Fauvette grisette (perte de 80%). Parmi ces oiseaux, le Moineau domestique, l’Etourneau sansonnet et la Tourterelle turque étaient considérés comme des oiseaux très communs à Bruxelles et dans les villes en général. 
Divers facteurs peuvent contribuer à expliquer le déclin de nombreuses espèces, notamment  la diminution et le morcellement des espaces verts et des friches, la raréfaction des sources de nourriture (cf. forte régression des populations d’insectes, des graminées, des plantes sauvages à baies, des poulaillers, etc.), la pollution (dont les pesticides) et des zones favorables à la nidification, l’évolution climatique ou encore, la rénovation du bâti qui réduit les possibilités de nidification des espèces cavernicoles. Certaines espèces telles que le moineau ou le merle sont en outre victimes d’épizooties.
Les espèces en augmentation sont des espèces généralistes, moins exigeantes, capables de s’adapter à ce que leur offre le milieu urbain. Le Choucas des tours a multiplié ses effectifs par 15 depuis 1992. Remarquons que la population de Pies bavardes est en déclin alors qu’elle est communément perçue comme étant en augmentation.
La Mésange boréale n’est plus reprise dans le tableau car elle s’est éteinte en tant qu’espèce nidificatrice régionale. Les résultats concernant le Martinet noir, espèce très mobile, doivent être pris avec réserve et considérés comme un indice de présence globale. 

Des évolutions contrastées en fonction des espèces

Pour la période 1992-2020, les oiseaux communs dont le déclin est le plus marqué sont des migrateurs et des espèces liées au bâti. Une évolution globalement favorable est par contre observée pour les espèces exotiques et les corvidés. Pour les espèces cavernicoles indigènes, la tendance est globalement stable.  
Les graphiques ci-dessous mettent en évidence l’évolution de groupes particuliers d’oiseaux.
L’analyse par groupe d’espèces (MSI, Multi Species Index ou, en français, Indice Multi Espèces) repose sur une moyenne géométrique des courbes de tendance des différentes espèces d’un même groupe, le ‘poids’ de chaque espèce étant considéré comme égal aux autres alors que la taille de leur population respective peut sensiblement différer. Il est important de prendre en compte cette particularité de calcul pour tirer des interprétations correctes des tendances. 
La courbe de tendance est établie sur base des fluctuations annuelles de l’indice MSI.  Les deux courbes en pointillé situées de part et d’autre de cette courbe indiquent la marge d’erreur associée à la courbe de tendance.  L’analyse ne prend en compte que les espèces pour lesquelles les tendances sont statistiquement significatives.
Pour les espèces communes indigènes, les résultats sont statistiquement significatifs pour la période 1992-2020 pour 33 espèces. 

Tendances évolutives globales à long terme d’espèces d’oiseaux communs en Région bruxelloise : indice multispécifique (MSI, Multi Species Index) se rapportant à 33 espèces indigènes communes (1992-2020)

Source : PAQUET A.,  WEISERBS A. 2021 (Natagora-Aves)

L’analyse statistique de l’indice multi-espèces (MSI) effectué pour le groupe des espèces indigènes suggère un déclin modéré (-25% depuis 1992) sur le long terme et une tendance stable depuis 10 ans. 
Au niveau européen également, le monitoring des espèces communes d’oiseaux met en évidence un déclin significatif sur le long terme.

Pour en savoir plus sur les tendances à l’échelle européenne  

Ce déclin sur le long terme (25 ans) s’observe en particulier chez les espèces d’oiseaux inféodées aux espaces agricoles (SOER, 2020). Selon l’Agence européenne de l’environnement (SOER 2020), cette tendance est avant tout liée à la perte, fragmentation et dégradation des écosystèmes naturels ou semi-naturels (résultant pour une part importante de l’intensification de l’agriculture) ainsi qu’à l’urbanisation croissante des terres qui accroît notamment la pollution lumineuse et sonore. Le déclin drastique des populations d’insectes impacte également les nombreuses espèces d’oiseaux qui dépendent d’eux pour se nourrir ou nourrir leurs petits. Cette tendance a été confirmée par une récente étude qui a estimé qu’au niveau de l’Union européenne, les effectifs de 378 espèces d’oiseaux indigènes nichant en Europe (sur 445) ont globalement diminué de 16 à 18% entre 1980 et 2017. Les changements les plus importants ont été observés chez les espèces associées aux milieux agricoles et prairies, aux rivages ainsi que chez les espèces migratrices à longue distance (Burns et al. 2021).

 

Tendances évolutives globales à long terme d’espèces d’oiseaux communs en Région bruxelloise : indice multispécifique (MSI, Multi Species Index) se rapportant à 25 espèces forestières communes présentes en forêt de Soignes (1992-2020)

Source : PAQUET A.,  WEISERBS A. 2021 (Natagora-Aves) 

Entre 1992 et 2020, les effectifs des oiseaux de la forêt de Soignes suivis par la méthode des points d’écoute seraient restés relativement stables. Relativement à d’autres groupes d’espèces,  tels que ceux des quartiers résidentiels ou les espèces nichant dans le bâti, les oiseaux communs de la forêt de Soignes se portent mieux. L’analyse des résultats d’écoute montre par exemple que le Merle noir résiste bien en forêt alors que ses effectifs ont fortement régressé sur le reste du territoire bruxellois. 

Tendances évolutives globales à long terme des espèces d’oiseaux communs en Région bruxelloise : indice multispécifique (MSI, Multi Species Index) se rapportant aux espèces exotiques  (1992-2020) 

Source : PAQUET A.,  WEISERBS A. 2021 (Natagora-Aves)

Le groupe des espèces exotiques est en forte croissance (+457% sur la période 1992-2020) mais semble se stabiliser ces dernières années. Ce groupe comprend la perruche à collier, la Conure jeune-veuve, la Perruche alexandre, l’Ouette d'Egypte ainsi que la Bernache du Canada.
L’Ouette de Magellan et le Cygne noir ne nichent plus à Bruxelles et sont au bord de la disparition.

Tendances évolutives globales à long terme des espèces d’oiseaux communs en Région bruxelloise : indice multispécifique (MSI, Multi Species Index) se rapportant aux espèces nichant dans les bâtiments (1992-2020)  

Source : PAQUET A.,  WEISERBS A. 2021 (Natagora-Aves) 

Les espèces d’oiseaux nichant dans des cavités du bâti, typiques de la ‘zone grise’ de la Région bruxelloise (par opposition à la ceinture verte), sont en déclin sur la période 1992-2020 (-77%). Ce groupe comprend le Moineau domestique (en déclin important sur le long terme), l’Etourneau sansonnet (en déclin), le Rougequeue noir (en déclin), le Martinet noir (en déclin). Le Pigeon biset féral n’a pas été pris en compte dans le calcul de l’indice car il n’est pas un cavernicole strict ; cette espèce est en augmentation. 
Plusieurs facteurs expliquent cette baisse impressionnante de ces oiseaux familiers et emblématiques des villes : la rénovation des bâtiments éliminant les cavités anciennes (corniches, trous de boulin…), le bâti moderne laissant peu de place à la biodiversité (fer, béton et verre), la baisse globale de la biomasse en insectes (voir fiche documentée sur les invertébrés) et, en ce qui concerne les moineaux, la pénurie de graines. 

Tendances évolutives globales à long terme des espèces d’oiseaux communs en Région bruxelloise : indice multispécifique (MSI, Multi Species Index)  se rapportant aux espèces cavernicoles indigènes (1992-2020) 

Source : PAQUET A.,  WEISERBS A. 2021 (Natagora-Aves)

Les espèces cavernicoles indigènes sont en tendance stable pour les deux dernières décennies. Ce groupe comprend le Pigeon colombin, le Pic vert, le Pic épeiche, la Mésange charbonnière, la Mésange bleue, la Mésange nonnette, la Sitelle torchepot, le Grimpereau des jardins, l’Etourneau sansonnet, le Choucas des tours. Parmi ces 10 espèces, 1 est en déclin, 6 sont stables et 3 augmentent. La Mésange boréale semble au bord de l’extinction locale. Le Pic mar et le Pic noir sont trop peu abondants pour donner des tendances statistiquement significatives.

Tendances évolutives globales à long terme des espèces d’oiseaux communs en Région bruxelloise : indice multispécifique (MSI, Multi Species Index) se rapportant aux Corvidae (1992-2020)

Source : PAQUET A.,  WEISERBS A. 2021 (Natagora-Aves)

Les Corvidae sont en progression (+133% à long terme). Ce groupe comprend la Corneille noire (en augmentation), le Choucas des tours (en forte augmentation), la Pie bavarde (en déclin) et le Geai des chênes (stable). 

Le Corbeau freux n’apparaît pas encore dans les résultats statistiquement significatifs bien qu’il soit en train de s’établir rapidement dans la capitale. Cinq colonies, de taille variable, sont déjà dénombrées. Notons également l’observation d’un Grand corbeau volant à haute altitude au-dessus de la forêt de Soignes en mars 2017.

Tendances évolutives globales à long terme des espèces d’oiseaux communs en Région bruxelloise : indice multispécifique (MSI, Multi Species Index) se rapportant aux espèces migratrices (1992-2020)

Source : PAQUET A.,  WEISERBS A. 2021 (Natagora-Aves)

Le groupe des espèces migratrices, toutes insectivores (Martinet noir, Fauvette grisette, Fauvette des jardins, Pouillot fitis, Pouillot véloce) est en déclin marqué (-62%) sur le long terme mais semble montrer un léger fléchissement du déclin depuis 2007. Une partie du groupe des insectivores migrateurs est constituée d’espèces (Sylviidae) liées aux friches. Etant donné que ces dernières disparaissent progressivement suite à leur urbanisation, les Sylviidae (Fauvettes et autres) contribuent certainement à la tendance négative globale du groupe observée sur le long terme. Notons que plusieurs espèces migratrices dont les observations sont trop peu nombreuses ne sont plus prises en compte dans l’analyse de tendance.

En période de nidification, un quart des espèces d’oiseaux aquatiques sont des espèces exotiques 

Selon Natagora-Aves, les recensements montrent globalement une progression de bon nombre d’espèces indigènes liées au milieu aquatique. Cette évolution serait liée à la protection partielle ou totale qui leur est accordée depuis la fin du 20e siècle ainsi qu’à la mise en œuvre de programmes de restauration écologique des milieux humides et ce, tant en Région bruxelloise que dans les régions et pays voisins. Notons à cet égard la renaturalisation de certaines berges du Rouge-Cloître avec notamment la création d’une roselière qui, malgré sa surface restreinte et sa localisation sur un site très fréquenté, attire de nombreuses espèces rares, aussi bien en période de nidification qu’en période d’hivernage. 
Le suivi réalisé en période de reproduction met également en évidence la surreprésentation de certaines espèces : en 2018, les populations de Foulques macroule, d’Ouettes d’Egypte, de Bernaches du Canada et de Canards colverts représentaient à elles seules près de 80% des populations d’oiseaux d’eau communs nicheurs au niveau de la vingtaine de sites étudiés. Ce pourcentage était identique au printemps 2020 (seuls 16 sites ont pu être étudiés en raison de la crise sanitaire). Deux espèces exotiques sont en forte croissance, à savoir la Bernache du Canada et l’Ouette d’Egypte, cette dernière étant reprise sur la liste européenne des espèces exotiques envahissantes (voir indicateur Espèces exotiques envahissantes). Sur les six sites où les Bernaches du Canada et les Ouettes d’Egypte sont les plus abondantes, les populations d’espèces indigènes déclinent sensiblement. Lors du dénombrement effectué en 2020, 2 autres espèces exotiques ont été rencontrées : le Canard mandarin (Aix galericulata) et le Canard carolin (Aix sponsa). Durant la période de nidification, ces 4 espèces exotiques représentaient 25% de la richesse spécifique en oiseaux aquatiques et 33% de l’effectif global.
Bruxelles est également une région d’hivernage pour les oiseaux aquatiques. Pendant l’hiver 2019-2020, une quarantaine de sites ont été visités à 4 reprises et ont permis de dénombrer 35 espèces d’oiseaux aquatiques (au sens large) ce qui témoigne d’une riche biodiversité.

5 espèces de pics présentes en forêt de Soignes

Les pics sont des bio-indicateurs reconnus de la santé et de la maturité du milieu forestier. Selon leur espèce, ils requièrent en effet des habitats incluant la  présence de très vieux arbres et à gros diamètre, de bois mort, de lichens, de lisières, etc. 5 espèces de pics nichent en forêt de Soignes (Pic épeiche, Pic épeichette, Pic vert, Pic noir, Pic mar).  Le Pic cendré, espèce rarissime en Belgique - disparu de la forêt de Soignes à la fin du 19e siècle et en déclin marqué au niveau européen -, y a été également récemment cantonné 2-3 ans. Avec 5 à 6 espèces de pics, la forêt de Soignes est parmi les forêts les plus riches de Belgique en Picidae. Une telle biodiversité est un fait peu commun en Europe occidentale et témoigne de la qualité écologique grandissante de la forêt de Soignes.

Une nidification d’hirondelles de rivage observée le long du canal après plus de 40 ans d’absence

3 espèces d’hirondelles sont considérées comme « espèces d’intérêt régional » en vertu de l’ordonnance Nature.  
Après un déclin drastique entre 1992 et 2002 en tant qu’espèce nicheuse, les populations d’Hirondelles des fenêtres affichent une croissance marquée passant de 33 couples en 2002 à 395 en 2020, probablement en partie suite à plusieurs campagnes de poses de nichoirs réalisées dans quelques communes bruxelloises. Autre constat positif : une croissance de la taille des deux colonies dites « naturelles » de Haren et Forest (totalité ou majorité de nids naturels en boue) est également observée. La part de nids naturels en boue (70%) continue de croître et donne à l’axe défini par la Senne et le canal un rôle moteur dans la croissance de la population bruxelloise d’Hirondelles de fenêtre. Les raisons de cette augmentation restent à étudier.
L’Hirondelle rustique (ou Hirondelle de cheminée) a fortement pâti de la disparition des espaces ruraux régionaux. Les dénombrements réalisés indiquent un effectif oscillant entre 10 et 20 couples localisés dans les zones rurales de Neerpede alors que, selon l’atlas des oiseaux nicheurs, 170 à 300 couples étaient dénombrés vers 1990. 
L’Hirondelle de rivage nichait en Région bruxelloise jusque fin des années ’70 mais n’était plus observable depuis que durant sa migration. En 2021, la nidification d’au moins 10 couples et leurs petits a été observée à proximité d’un mur de nichoirs (remplis de sable) installé cette même année le long du canal à Neder-Over-Hembeek pour cette espèce qui niche dans les berges sablonneuses.

Les connaissances concernant les colonies de Martinets noirs présentes à Bruxelles s’améliorent

Une étude spécifique sur le Martinet noir (Weiserbs et al. 2020) a été menée entre 2016 et 2018 Celle-ci a permis d’améliorer les connaissances sur les préférences et habitudes de cette population en termes d’habitat et de mieux comprendre comment la préserver et tenter d’enrayer son déclin. En résumé, les auteurs de l’étude concluent à la prédominance de colonies de petite taille. Celles-ci occupent majoritairement des cavités situées sous les corniches, dans les zones d’habitations à prédominance de bâtiments mitoyens, situées le long de voiries relativement étroites.
Un protocole d’échantillonnage a également été défini afin de mettre en place un suivi routinier à l’échelle régionale. 
Des données concernant les colonies et leur effectif sont disponibles dans la fiche documentée portant sur l’avifaune liée aux espaces bâtis. 

Parmi 7 espèces d’oiseaux suivies dans le cadre de la législation Natura 2000, 5 ont été évaluées en état de conservation favorable

Pour en savoir plus  

En application des mesures de conservation imposées pour les sites Natura 2000, un monitoring de certaines espèces animales et d’habitats naturels est effectué. Dans ce cadre, l’état de conservation de 7 espèces d’oiseaux présentes en Région bruxelloise et qui figurent à l’annexe I de la directive Oiseaux (espèces considérées comme plus particulièrement menacées et dont environ 70 nichent, hivernent ou sont de passage en Belgique) a été évalué en 2016.
L’état local de conservation a été évalué comme favorable pour 5 espèces d’oiseaux, à savoir : 

  • la Bondrée apivore présente en forêt de Soignes ; 
  • le Faucon pèlerin présent sur différents sites couvrant l’entièreté du territoire bruxellois ;
  • le Martin-pêcheur présent sur différents sites couvrant l’entièreté du territoire bruxellois ;
  • le Pic noir présent en forêt de Soignes ;
  • le Pic mar présent en forêt de Soignes.

Il a par contre été évalué comme défavorable pour 2 espèces qui sont observées sporadiquement dans la Région : l’Engoulevent d’Europe et la Grande aigrette (pour plus de détails, voir focus Etat de conservation des espèces couvertes par les directives « Habitats » et « Oiseaux »).
Le maintien, voire la progression, de ces espèces au niveau régional impliquent la sauvegarde de leurs biotopes (présence de vastes clairières et zones sablonneuses en forêt de Soignes, forêt diversifiée incluant chênes et pins, maintien d’arbres vieux ou morts et d’arbres à cavités, zones humides avec berges abruptes et dégagées, campagnes riches en haies et prés…).
En 2013, en application de la directive Oiseaux imposant notamment un monitoring, une estimation de l’effectif et des tendances concernant les espèces nicheuses a été effectuée par les 3 Régions pour contribuer à l’élaboration d’un rapport établi à l’échelle nationale.  Il en ressort que 107 espèces d’oiseaux ont niché en Région bruxelloise durant la période 2000-2012 (dont 11 non indigènes) soit près de 60% du total des espèces nicheuses de Belgique. Les données disponibles permettent de mettre en évidence une stabilité ou une croissance des populations bruxelloises pour 50% des espèces et une régression pour 20% d’entre elles. Par ailleurs, selon ce rapport, 5 nouvelles espèces d’oiseaux nicheuses se seraient implantées entre 2000 et 2012 alors que 6 se seraient éteintes au niveau local. 


Le dernier atlas des oiseaux nicheurs (2000-2004) a mis en évidence de profonds changements : réduction du nombre moyen d’espèces par km2, disparition de nombreuses espèces, progression des espèces exotiques…

Pour en savoir plus   

Le dernier atlas des oiseaux nicheurs de la Région bruxelloise, couvrant la période 2000-2004, a permis de recenser 103 espèces ce qui correspond à près de la moitié des espèces nichant en Belgique. La nidification a été établie pour 89 d’entre elles et est considérée comme probable pour les autres. Ces 103 espèces, incluent 11 espèces non indigènes et 7 qui se sont éteintes localement ou étaient au seuil de l’extinction  durant la réalisation de l’atlas Parmi ces espèces, seules 16 peuvent être considérées comme abondantes. Il s’agit essentiellement d’espèces opportunistes capables de s’adapter au milieu urbain  (certains passereaux, Pigeons ramiers, Corneilles noires…), les espèces ayant davantage d’exigences écologiques étant le plus souvent rares. 
L’analyse des données historiques couvrant la Région bruxelloise a permis aux auteurs de l’atlas de mettre en évidence de profonds changements, tant au niveau des densités de nidification que de la composition des espèces :

  • le nombre moyen d’espèces par km2 s’est réduit, passant de 36,1 en 1989-1991 à 33,7 en 2000-2004 ;
  • 14 espèces ont récemment disparu ou quasi disparu au niveau régional et, plus largement, à l’échelle du Brabant ;
  • une quinzaine d’espèces inféodées aux milieux ouverts et semi-ouverts (champs, friches…) ont disparu entre 1944 et 2004 ;
  • le nombre d’espèces d’oiseaux nicheurs non indigènes progresse fortement et les populations de certaines espèces exotiques augmentent de façon exponentielle (perruches).

Ces tendances négatives sont quelque peu tempérées par la résurgence ou l’émergence d’oiseaux nicheurs remarquables (Autour des palombes, Pic mar, Faucon pèlerin) ainsi que par l’augmentation de plusieurs espèces indigènes qui profitent des biotopes plus favorables ou plus fréquents (notamment les parcs et jardins), de mesures de gestion des milieux naturels plus adéquates ou de mesures de protection. 

Depuis la réalisation de l’atlas, 7 nouvelles espèces indigènes n’ayant auparavant jamais niché - du moins avec certitude - en Région bruxelloise se sont implantées : Bruant des roseaux (2009), Corbeau freux (2010), Pouillot siffleur (2011), Tarier pâtre (2013), Rougequeue à front blanc (2013), Pipit des arbres (2014), Canard chipeau (2015). La plupart de ces espèces ont des effectifs réduits ou sont irrégulières. 9 autres espèces ont tenté de nicher, voire ont peut-être niché (nidification possible mais non certaine). A l’inverse, 8 espèces se sont éteintes régionalement en tant qu’espèce nicheuse certaine : Hypolaïs ictérine, Cygne noir (espèce exotique), Ouette de Magellan (espèce exotique), Faucon hobereau, Perdrix grise, Moineau friquet, Bec-croisé des sapins, Linotte mélodieuse. Compte tenu de la disparition de 8 espèces et de l’apparition de 7 espèces nouvelles, le nombre d’espèces nicheuses certaines est passé de 89 (2000-2004) à 88 (2005-2017) (Paquet A et Weiserbs A. 2018). 

 

Date de mise à jour: 07/07/2022

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