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Focus : Bilan des journees «en ville, sans ma voiture !» en matière de bruit

Une fois par an, lors de la journée « En ville, sans ma voiture ! » aussi appelée « Dimanche sans voiture », la circulation automobile est interdite entre 9h et 19h. L’évaluation environnementale de cette opération en matière de bruit révèle une diminution significative des niveaux de bruit de fond lors de ces dimanches par rapport à un autre dimanche.

« En ville, sans ma voiture ! », une initiative européenne

En Belgique, l’opération, baptisée « Dimanche sans voiture », se déroule chaque année depuis 2000 le dimanche de la semaine européenne de la mobilité. En Région bruxelloise, la circulation automobile est interdite de 9h à 19h. Certains véhicules bénéficiant d’une dérogation peuvent néanmoins circuler (ex : transports en commun, véhicules de secours...) mais ne peuvent rouler à plus de 30 km/h.
Lors de la première édition de l’opération en 2000, trois communes de la Région bruxelloise avaient participé en organisant des « zones de confort ». L’année suivante, plusieurs autres communes avaient fait de même. Depuis 2002, c’est l’ensemble du territoire régional qui est fermé à la circulation de 9h à 19h.

Evaluation de l’impact de ces journées sur l’environnement sonore

Afin d’évaluer l’impact environnemental de cette opération, les laboratoires air et bruit de Bruxelles Environnement réalisent des mesures et les comparent à d’autres périodes.
En ce qui concerne le bruit, des campagnes de mesures ponctuelles ont été organisées en 2000 et 2001. Depuis lors, ce sont les niveaux sonores relevés en continu par certaines stations du réseau de mesure du bruit qui sont utilisés : il s’agit des 5 stations (sur les 17 stations que compte ce réseau) principalement influencées par le bruit du trafic routier. Les méthodologies variant fortement entre les mesures ponctuelles et les mesures des stations permanentes (localisation des stations, durée et heures de mesure…), seuls les résultats des stations permanentes entre 2002 et 2012 sont présentés ci-après.
Un des indices choisis pour caractériser l’ambiance sonore est l’indice acoustique LA90, représentatif du bruit de fond, qui est en général influencé de manière non négligeable par la circulation routière. Il est calculé d’une part par période d’une heure et d’autre part sur la période de l’opération (9h-19h) et comparé au dimanche précédent, en conditions normales de trafic.

Une diminution significative des niveaux de bruit

De manière générale, quel que soit le site considéré, les niveaux de bruit de fond sont inférieurs lors de la journée sans voiture. Cette diminution significative varie d’un endroit à l’autre et est en général d’autant plus importante que le volume et la vitesse de trafic à proximité du site sont habituellement élevés.

Moyenne des niveaux de bruit de fond

A la station AUD_E411, située à proximité directe de l’autoroute E411, la diminution moyenne est particulièrement importante (supérieure à 20 dB(A)). L’ambiance du quartier habituellement bruyante devient alors calme. A la station AUD_Wavr, la diminution est très marquée (supérieure à 10 dB(A)). Aux stations LKN_Houb et WSL_Gull, la diminution est assez marquée (de l’ordre de 8 à 10 dB(A)).
Pour la station de Saint-Gilles, influencée par un trafic modéré ou local, la réduction est moins marquée mais reste perceptible par l’oreille humaine (environ 4 dB(A)).

L’évolution heure par heure des indices LA90 reflète une baisse, plus ou moins importante selon les stations, du niveau de bruit de fond entre 9h et 19h du dimanche sans voiture par rapport au dimanche précédent l’opération. La diminution la plus significative est observée en 2012 pour la station située à proximité de l’autoroute E411 :
Station E411

Par l’analyse des mesures acoustiques, la réduction des niveaux de bruit résultant de la limitation ou de l’interruption du trafic automobile peut donc être quantifiée de manière objective et immédiate.
Le bruit ne représente toutefois qu’un seul aspect des nuisances liées au trafic routier. D’autres effets tels que le « ressenti » des riverains et des usagers, la diminution de certains polluants atmosphériques, …, sont également étudiés et contribuent au succès de ces journées « sans voitures ».

Sources

Date de mise à jour: 09/07/2018