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Historique de la pollution en dioxyde de soufre

Actualisation : décembre 2011

Contexte historique

Le dioxyde de soufre est un polluant qui occupe une place importante dans l’histoire de la surveillance de la pollution de l’air. Au 19ème et 20ème siècle, l'industrialisation avait provoqué une augmentation importante de la pollution atmosphérique. Certaines villes ou régions ont connu des situations tragiques qui ont été attribuées à une action délétère des polluants sur la santé. La catastrophe d’Engis en décembre 1930 compte parmi les plus célèbres en Europe. Durant 5 cinq jours, un brouillard dense s’était installé dans la vallée de la Meuse entre Huy et Liège : les polluants – principalement issus de la combustion du charbon – qui s’y étaient accumulés furent à l’origine de 60 décès.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Londres connut en décembre 1952 un drame similaire baptisé "Grand Smog de Londres" et à l’origine d’environ 4000 décès ! Suite à cette tragédie, le gouvernement du Royaume-Uni avait réagi en présentant, dès 1956, le plan "Clean Air Act" qui permit de réduire significativement l’exposition de la population au dioxyde de soufre et aux particules fines.

1968, le premier réseau belge de mesure de la qualité de l’air

Le premier réseau de mesure de qualité de l’air installé en Belgique était le réseau "Soufre-Fumée". S’inscrivant en droite ligne des événements de pollution d’Engis et de Londres, ce réseau de 230 stations fut installé en 1968 et avait pour mission d’assurer la surveillance générale de la qualité de l’air ambiant en Belgique. En mesurant le dioxyde de soufre et les fumées noires, il visait plus particulièrement la pollution due à la combustion des combustibles fossiles utilisés pour la production d’énergie et pour le chauffage des habitations et autres bâtiments.

L’année 1978 marquait un nouveau tournant dans la mesure de la qualité de l’air : la Belgique s’était dotée d’un réseau de mesure entièrement automatique qui offrait un suivi en temps réel des polluants tels que le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote et l’ozone.

La protection de la santé et le cadre légal européen

La directive 80/779/CEE (Conseil du 15 juillet 1980) fut la première directive européenne fixant des valeurs limites et des valeurs guides sur les concentrations de dioxyde de soufre et de particules en suspension dans l’air ambiant, dans le but de protéger la santé humaine et l’environnement.

En 1996, la directive 80/779/CE a été remplacée par la directive cadre 96/62/CE. Accompagnée de 4 directives filles précisant les valeurs limites et les valeurs cibles pour une série de polluants, la directive 96/62/CE constitue une évolution importante pour l’évaluation de la qualité de l’air.

Toutes ces dispositions sont reconduites et renforcées dans la directive 2008/50/CE qui succède à la directive 96/62/CE depuis juin 2008.

L’évolution des mesures de dioxyde de soufre à Bruxelles

Jusque dans les années 80’, le dioxyde de soufre comptait parmi les polluants présentant un risque élevé pour la santé. Ce gaz incolore provenait essentiellement de la combustion des combustibles fossiles solides ou liquides. Ceux-ci contenaient en effet des proportions de soufre plus ou moins élevées. Le plus critique était le charbon dont la teneur en soufre variait de moins de 1% à plus de 10% en masse.

Evolution des concentrations de SO2 en Région de Bruxelles-Capitale entre 1968 et 2008
Source : Bruxelles Environnement, Laboratoire de recherche en environnement (air)
Evolution des concentrations de SO2 en Région de Bruxelles-Capitale entre 1968 et 2008
Concentrations annuelles de SO2 en 1970 et en 2005
Source : CELINE.
Concentrations annuelles de SO2 en 1970 et en 2005

Depuis le début des mesures en 1968, l’évolution des concentrations de SO2 est caractérisée par une importante décroissance : les niveaux actuels sont environ 15 à 20 fois plus faibles qu’en 1970 (voir graphique et carte ci-dessus). La diminution importante constatée dans les années 70’ et 80’ est la conséquence de plusieurs dispositions efficaces visant à réduire les émissions de dioxyde de soufre :

  • diminution des émissions chez les grands consommateurs d’énergie (production d’énergie et grands utilisateurs industriels) ;
  • réductions successives des limites légales sur la teneur en soufre dans les combustibles utilisés pour le chauffage et la production d’énergie ;
  • utilisation du gaz naturel comme source d’énergie pour le chauffage domestique et la mise en service des centrales nucléaires, en remplacement des combustibles solides ou liquides ;
  • évolution des habitudes de la population (isolation, économies de l’énergie devenue plus chère).

Normes européennes

En ce qui concerne le respect des normes européennes en Région bruxelloise, le SO2 est soumis aux valeurs limites européennes fixées par la directive 80/779/CEE depuis le 1 avril 1983, par la directive 1999/30/CE depuis le 1er janvier 2005, et par la directive 2008/50/CE depuis son entrée en vigueur le 11 juin 2008. La Région de Bruxelles-Capitale respecte les valeurs limites fixées depuis de nombreuses années. Pour les années à venir, le respect de ces normes ne posera pas de problème, mais les efforts pour réduire la teneur de ce polluant dans l’air ambiant doivent néanmoins être poursuivis.

Date de mise à jour: 03/12/2019