Qualité de l’air à Bruxelles : Les zones trop polluées sont une réalité

15/02/2022

De novembre 2020 à octobre 2021, l’asbl Les Chercheurs d’air, avec le soutien de Bruxelles Environnement, du Ministre Bruxellois de l’Environnement Alain Maron, de la fondation Bloomberg Philanthropies et des 19 communes bruxelloises, a mené une grande campagne de science collaborative visant à mesurer, durant une année complète, l’exposition au dioxyde d’azote (NO2) de différentes zones de la capitale. Au total, 134 sites, dont 67 écoles et 2 crèches, ont fait l’objet de mesures de ce polluant émis à 60% par le trafic routier en Région bruxelloise. Les résultats de cette étude, dont le rapport technique a été réalisé par Bruxelles Environnement, font écho aux nouvelles recommandations de l’OMS, largement dépassées dans tous les sites mesurés.

Sorties en septembre dernier, les nouvelles recommandations de l’OMS fixent à 10µg/m3 la moyenne annuelle de concentration de NO2. Des recommandations très strictes, essentielles pour la santé. L’étude des Chercheurs d’air démontre que dans un grand nombre d’écoles de la capitale, 67 écoles et 2 crèches, les expositions excèdent cette valeur. Certaines dépassent même de plus de trois fois cette valeur. « Malgré le confinement et une réduction du trafic routier, principal émetteur de NO2, l’air de Bruxelles est toujours trop pollué. Les enfants, dont l’organisme est en développement, sont particulièrement vulnérables à cette pollution. », explique Pierre Dornier, Président de l’asbl Les chercheurs d’air.

Même constat pour les 54 citoyens qui ont participé à la campagne, habitant à proximité d’un axe routier principal. La valeur annuelle de l’OMS est à chaque fois dépassée. Des points noirs sont aussi à épingler. Ainsi, un point de mesure, se situant boulevard du Jardin botanique, a enregistré une concentration moyenne de plus de 50 μg/m³. La valeur de l’OMS a également été dépassée de plus de 4 fois rue Dansaert. « Ces zones se trouvent la plupart du temps dans les rues où le trafic routier est intense et dont la géométrie est de type canyon, à savoir des rues étroites bordées par de grands bâtiments. Cette campagne démontre tout l’intérêt des tubes passifs pour enrichir notre dispositif de mesure actuel, composé de 10 stations, dont 2 installées récemment sur la petite ceinture.», argumente Olivier Brasseur, expert qualité de l’air chez Bruxelles Environnement.

Autre observation de l’étude : 132 sites sur les 134 mesurés respectent la valeur limite annuelle européenne de 40 microgrammes par m³, limite qui doit être respectée sous peine d’éventuelles sanctions de l’Europe. Deux sites de mesure se situant sur la petite ceinture la dépassent, avec des concentrations de 45 et 52 μg/m³. Notons que cette valeur devrait être, elle aussi, revue à  la baisse dans le futur. Des discussions sont en cours au niveau européen pour rapprocher cette valeur de la recommandation de l’OMS afin de préserver davantage la santé des citoyens.

Source IRCELINE : Dans la Région de Bruxelles-Capitale, on estime que l’exposition aux PM2,5, NO2 et O3 dans l’air a causé respectivement 627, 323 et 19 décès prématurés pendant l’année 2018.

 

La campagne de mesure du dioxyde d’azote pilotée par Les Chercheurs d’Air s’inscrit dans le cadre du Brussels Clean Air Partnership. Ce partenariat, lancé en 2021 par la fondation Bloomberg Philanthropies, le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale et Bruxelles Environnement, regroupe différentes initiatives bruxelloises sur la qualité de l’air, telles que Cureuzenair et Babel’Air. Les résultats de la campagne Curieuzenair, menée dans 3000 lieux bruxellois, viendront notamment compléter la présente campagne. Les résultats sont attendus mi-mars.  
Date de mise à jour: 26/07/2022