Pesticides : 160 produits interdits d’utilisation en Région de Bruxelles-Capitale (éducation)

10/03/2017

Les derniers mois ont vu émerger de nombreux doutes et débats concernant plusieurs substances actives employées dans des herbicides et insecticides. Que ce soit afin de garantir la protection des Bruxellois ou de préserver les ressources naturelles, et en particulier les abeilles et pollinisateurs, la Région a décidé d’appliquer le principe de précaution et d’interdire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques contenant ces substances. Une décision cohérente avec la démarche régionale de réduction des pesticides.

Le glyphosate, un herbicide controversé

Le glyphosate est la molécule herbicide la plus vendue en Belgique, et la deuxième toutes catégories confondues. Ingrédient principal de l’un des herbicides les plus connus, son potentiel cancérigène fait débat. Plusieurs instances internationales faisant autorité en la matière n’arrivant pas à s’accorder, la question reste en suspens et la polémique reste vive. L’Europe a déjà entrepris de restreindre son utilisation par les collectivités et interdit son utilisation dans certains mélanges, tandis que la société civile vient de lancer une initiative citoyenne européenne pour son interdiction totale.

La Région a dès lors décidé d’aller plus loin que la législation européenne et fédérale en interdisant l’utilisation de ces produits,  y-compris pour les particuliers, sur l’ensemble du territoire régional.

Les néonicotinoïdes, des insecticides « tueurs d’abeilles »

Depuis plusieurs années maintenant, nous assistons au déclin des abeilles et insectes pollinisateurs, en raison d’un accumulation de contraintes environnementales. Très vite, une classe d’insecticides a été pointée du doigt  et accusée de jouer un rôle majeur dans ce déclin : les néonicotinoïdes, des neurotoxiques au mécanisme d’action proche de la nicotine.

Actuellement, 5 substances existent sur le marché, dont trois font l’objet de restrictions d’utilisation au niveau européen depuis 2013. Des inquiétudes pèsent également sur les deux autres substances non concernées par ces restrictions, et dont les ventes ont augmenté depuis 2013.

Outre  leur impact sur les pollinisateurs et le reste de la faune (oiseaux, batraciens, etc.), ils sont aussi suspectés d’interférer avec le développement normal du cerveau des fœtus et des enfants en bas âge.

La Région a donc décidé d’interdire l’utilisation de l’ensemble des produits phytopharmaceutiques contenant ces substances. Le fipronil, au mode d’action proche, est également interdit (avant son interdiction européenne en octobre 2017). Les biocides ne sont quant à eux pas concernés par l’interdiction mais restent fortement déconseillés pour les mêmes raisons.

Des dérogations pour les cas de dernier recours

La législation prévoit des possibilités dérogatoires pour les cas de dernier recours, en l’absence d’alternatives efficaces, notamment pour des raisons dûment justifiées de sécurité, de santé publique ou de conservation de la nature. Des formulaires de demande seront prochainement disponibles sur notre site Internet.

Disponibles à la vente mais non utilisables

Si l’utilisation de ces produits est interdite, leur vente reste théoriquement autorisée. Les législations liées à la vente des produits sont en effet de compétence fédérale.

Toutefois, ces produits ne peuvent être vendus que par des professionnels titulaires d’une phytolicence (P3 pour les produits professionnels et NP pour les produits amateurs). Les titulaires de phytolicence sont tenus d’informer adéquatement leurs clients des législations applicables sur le territoire régional.

Les produits inutilisables doivent être évacués comme des déchets chimiques dangereux : via les parcs à conteneurs (Recypark) ou les camions Proxy Chimik pour les particuliers, ou via des collecteurs agréés pour les professionnels.

 

 

Date de mise à jour: 14/12/2017