Le dimanche sans voiture offre une bouffée d'oxygène à Bruxelles

21/09/2020

La journée sans voiture, point culminant de la Semaine européenne de la Mobilité, a changé le visage de la capitale le temps d’une journée.

Hier, les véhicules motorisés étaient persona non grata de 9h30 à 19h, à quelques exceptions près (transports en commun, taxis, autocars, services de secours, personnes handicapées munies de la carte ou personnes détentrices d'une dérogation, corps diplomatiques et véhicules d’utilité publique). De quoi diminuer drastiquement les polluants dans l’air et le bruit.

Chute des concentrations de polluants dans l’air 

De façon générale, ce dimanche sans voiture s’est soldé par une amélioration spectaculaire de la qualité de l’air avec :

  • une chute des concentrations de monoxyde d’azote (NO) de 77 à 93% par rapport à un jour de semaine moyen et de 56 à 85% par rapport à un dimanche moyen
  • une baisse des concentrations de dioxyde d’azote (NO2) comprise entre 47 et 74% par rapport à un jour de semaine moyen et comprise entre 22 et 62% par rapport à un dimanche moyen
  • une réduction des concentrations de black carbon (BC) de 40 à 74% par rapport à un jour de semaine moyen et de 21 à 64% par rapport à un dimanche moyen.

Les axes les plus fréquentés habituellement par les véhicules motorisés ont été évidemment les plus impactés. À la station Arts-Loi par exemple, les concentrations de NO et de NO2 ont fondu de 93 et 74% respectivement, par rapport à un jour de semaine moyen. Les concentrations de NO et de NO2 ont baissé de 85 et 62% respectivement, par rapport à un dimanche moyen.

La crise sanitaire a déjà eu un impact très important sur le trafic en ville et donc sur la qualité de l’air. Cela dit, les niveaux de pollution de la journée d'hier étaient similaires ou encore plus faibles que ceux d'un dimanche lors de la période de confinement (du 19 mars au 3 mai 2020).

Une ville apaisée

Au niveau de l’environnement sonore, une forte diminution des niveaux de bruit de fond a été relevée aux différentes stations de mesures situées à proximité de voiries.

Ainsi, par rapport au dimanche précédent l'opération, des réductions importantes ont été observées.
Elles sont :

  • très marquées (supérieures à 10 dB(A)) pour les stations situées à proximité d’autoroutes : en bordure de la E411 à Auderghem et à proximité de la E40 à Woluwe-Saint-Lambert mais aussi l'avenue Houba de Strooper à Bruxelles. Il s'agit donc d'une diminution de la pression acoustique de 90 %.
  • assez marquées (supérieures ou proches de 5 dB(A)) pour les stations de la chaussée de Wavre à Auderghem et de la rue Guillaume Tell à Saint-Gilles. Soit une baisse du bruit de fond de 68 %.

Des baisses qui sont semblables à celles observées les années précédentes. La baisse des activités liés à la crise sanitaire ne semble donc pas avoir d'impact à ce niveau-là, du moins un dimanche.

L’impact du trafic sur la ville

Cette journée est l’occasion de souligner l’importance de la pollution émise par le trafic routier et le gain sur la qualité de l’air et l’environnement sonore en l’absence de voitures. Le défi est immense. Pour l’Agence européenne pour l’environnement, la pollution de l’air a causé 9380 décès en Belgique en 2016.

L’objectif est donc de diminuer les émissions de polluants de l’air, notamment de dioxyde d’azote produit entre autres par le transport. L’an dernier, la concentration annuelle a diminué de 10% en moyenne par rapport à 2018. L’évolution est donc positive mais il reste des progrès à faire.

Date de mise à jour: 21/09/2020