Hirondelles et martinets font-ils toujours le printemps à Bruxelles ?

10/05/2017

Le 10 mai est désignée Journée mondiale des oiseaux migrateurs par les Nations Unies. L’occasion pour nous de faire un focus sur nos martinets et hirondelles, de grands migrateurs bien de chez nous, et leur présence à Bruxelles.

Bruxelles comptait historiquement trois espèces d’hirondelles : l’hirondelle rustique, toujours présente mais rare et présente essentiellement en périphérie de la Région, l’hirondelle de rivage, aujourd’hui disparue, et l’hirondelle de fenêtre.

L’Hirondelle de fenêtre

Certains se rappellent les rassemblements d’hirondelles sur les fils électriques à la fin de l’été. Un spectacle malheureusement devenu rare. Les Hirondelles de fenêtre avaient même presque disparu du paysage bruxellois au début des années 2000 (il n’y avait alors plus que 33 couples nicheurs). En cause, notamment la difficulté pour ces oiseaux qui fabriquent leurs nids avec de la boue de trouver le matériau nécessaire, et la destruction des nids pour raisons esthétiques.

Des mesures de sensibilisation et la pose de nichoirs ont permis de faire remonter sensiblement la population de nos Hirondelles de fenêtre en une dizaine d’années. Malheureusement, celle-ci s’est légèrement tassée depuis.  De nouvelles poses de nichoirs ont donc eu lieu en 2016 (72), ce qui a permis de doubler le nombre de nichoirs existants aujourd’hui. La population Bruxelloise de cette espèce est suivie de près depuis 1996 par AVES/Natagora à la demande de Bruxelles Environnement.

Le Martinet noir, un oiseau étonnant

Le Martinet noir est un oiseau vraiment étonnant ; la majeure partie de l’année (c’est-à-dire sauf en période de nidification) il ne se pose quasiment jamais. Il est capable de vivre en permanence… en l’air. Manger, dormir, s’accoupler… tout est exécuté en vol. Il est facilement reconnaissable avec sa forme en boomerang et son cri si particulier.

C’est aussi un migrateur au long cours qui vole d’une traite entre la Belgique et l’Afrique, au sud de l’Equateur, où il passe l’hiver. Il ne reste que 3 mois en Belgique : de début mai à fin juillet. Mais cette période est cruciale car c’est celle de la reproduction. Cet oiseau très urbain (c’est au centre de Bruxelles qu’il est le plus présent) que l’on dit cavernicole (il ne construit pas de nid mais utilise des cavités existantes) a parfois du mal à retrouver son nid d’année en année. En cause, la rénovation et l’isolation des bâtiments, qui supprime des cavités telles que les trous de boulins, les espaces sous les corniches, etc. Depuis 1992, sa population a baissé de 30% à Bruxelles.

© Martine Wauters

Comment les aider ?

La situation des hirondelles et des martinets montre à quel point la nature est dépendante de nos choix. On isole nos maisons, ce qui est indispensable pour la lutte contre le réchauffement climatique. Mais la nature est complexe ; ce faisant, nous avons supprimé nombre de logis pour nos oiseaux nicheurs. Isoler et prévoir un espace vital pour nos oiseaux est pourtant compatible.

En 2016, 97 cavités pouvant servir de nichoirs pour des Martinets noirs ont été posées à Bruxelles par des associations (nichoirs, corniches aménagées, trous de boulins aménagés…). Début 2017, la commune de Jette a financé la pose d’une série de nichoirs sur des façades d’habitations en collaboration avec le groupe de travail Martinets de l’association Natagora, et de Bruxelles Environnement.  

Vous voulez en savoir plus ?

Vous aussi pouvez participer à la protection des Hirondelles de fenêtre et des Martinets noirs.

Prenez contact avec les groupes de travail Martinets et Hirondelles de Natagora, la LRBPO, la COWB ou rendez-vous le 4 juin à la fête de l’environnement au stand Nature en ville. Bruxelles Environnement disposera de différents nichoirs en démonstration et vous pourrez faire le plein de conseils sur nos stands et auprès des nombreuses associations qui seront présentes.  

Date de mise à jour: 11/05/2017