« Climacteurs » : 100 jeunes Bruxellois donnent de la voix pour le climat

02/12/2015

Bruxelles Environnement a invité 100 jeunes Bruxellois à donner leur opinion. Âgés de 18 à 30 ans et  sélectionnés aléatoirement, ils ont consacré un samedi entier à « brainstormer » ensemble pour notre climat, afin de formuler des propositions concrètes pour lutter contre le changement climatique.

Pourquoi des jeunes ?

De nombreux experts aux compétences multiples et talentueuses travaillent depuis longtemps déjà pour trouver des solutions à ces problématiques. Alors pourquoi demander leur avis aux jeunes ? C’est simple : ce sont eux les « climacteurs » d’aujourd’hui. Ils agissent pour notre avenir commun et sont soucieux de transmettre une planète saine aux générations futures.

Á travers la richesse de sa diversité, les idées de la jeunesse bruxelloise peuvent constituer une vision fraîche sur la problématique essentielle du climat. Grâce à des techniques participatives et délibératives éprouvées, ils ont pu proposer des mesures concrètes permettant de lutter contre le changement climatique.

3 questions centrales

Le climat peut être abordé sous un nombre d’angles presqu’infini : alimentation, transports, bâtiments, économie, modes de consommation, qualité de l’air, relations Nord-Sud, agriculture, biodiversité, etc. Tous ces aspects ont un impact climatique. A l’occasion du débat participatif des « climacteurs », 3 sujets ont été proposés :

Le logement

Et plus particulièrement, la façon dont propriétaires et locataires pourraient travailler ensemble pour réduire la consommation énergétique d’un bâtiment occupé. Le bâti bruxellois est vieux, très énergivore et grand producteur de CO2. La difficulté ? 60% des Bruxellois sont locataires et donc pas forcément enclins à investir -en isolation par exemple-, dans un bien qui ne leur appartient pas.

Les modes de consommation

C’est probablement le thème auquel le grand public est déjà le plus sensibilisé. En effet, les initiatives de consommation alternative et durable grouillent à travers notre Région. Du supermarché coopératif et bio aux Repair cafés en passant par le recyclage… L’économie circulaire (produire-consommer-recycler) est aussi fortement favorisée. Cet encouragement s’accompagne bien entendu d’une vision alternative du « tout pour le profit » et mise plutôt sur une conception qui s’apparente au « tout pour la qualité de vie ».

Les moyens d’implication personnels

Un thème essentiel pour continuer à sensibiliser et impliquer tous les citoyens dans la lutte contre les changements climatiques : où et comment s’impliquer au mieux ? Où et comment s’exprimer à l’avenir pour toucher à la fois les pouvoirs publics, mais aussi les experts et les citoyens ?

Des résultats concrets

En fin de journée, les 100 jeunes participants au débat ont remis leurs propositions concrètes à Madame la Ministre Céline Fremault et à Jean-Pascal van Ypersele, Professeur de climatologie à l'UCL. Ces propositions seront précieuses pour la région lors des négociations climatiques internationales de la COP21 qui se dérouleront à Paris dans quelques jours. Elles serviront également de pistes de réflexion tout au long de la législature dans les prises de décision en matière de lutte contre le changement climatique. Elles se déclinent en propositions concrètes liées au pourcentage d’adhésion qu’elles ont récolté à l’issue des débats : découvrez-les ci-dessous.

Débat n°1 : locataires et propriétaires, quelles pistes pour réduire nos émissions ?

Propositions et pourcentage d’adhésion :

1. Aides financières et conseil: 45%

Avoir une information claire et accessible sur les démarches à faire pour recevoir les aides financières existantes. Avoir également un conseiller envoyé par les services publics qui viendrait à la rencontre des nouveaux propriétaire.

2. Performance énergétique minimale : 41%

Imposer une norme minimale en matière de performance énergétique pour que le propriétaire bailleur puisse mettre en location son bâtiment.

3. Fonds à taux 0% pour investissements écologiques : 37%

Créer un fonds à 0% pour les investissements écologiques. Ce fonds serait financé par les bénéfices des sociétés privées, qui le récupéreraient en réduction d'impôts, comme un tax Shelter (www.taxshelter.be).

4. Optimisation, standardisation, accès simplifié : 33%

Diminuer le temps de traitement des dossiers environnementaux, en réduisant entre autres le nombre d'intermédiaires. Standardiser et simplifier la régulation entre les communes. Mieux expliquer les démarches aux gens. Créer spécifiquement une filiale judiciaire pour le traitement des litiges.

Débat n°2 : la consommation durable au service de la lutte contre le changement climatique ?

Propositions et pourcentage d’adhésion :

1. Interdiction de la publicité dans les espaces publics : 59,25%

La publicité dans les espaces publics devrait être interdite, comme c’est le cas à Grenoble. Le consommateur qui sait ce qui est bon pour lui achèterait uniquement ce dont il a réellement besoin. Cela limiterait le gaspillage et la surconsommation.

2. Augmentation de la durée des garanties : 54%

Imposer aux entreprises d'allonger la durée de garantie, pour les pousser à créer des produits de meilleure qualité et donc plus durables.

3. Étiquetage reprenant les consommations énergétiques des produits : 41%

Développer l'obligation d'un étiquetage qui précise, pour tous les produits, la consommation énergétique de la production et du transport, d’un manière visible, ludique, et pourquoi pas avec un code couleur.

4. Cours de débrouillardise : 41%

Donner l’accès à tous les élèves à des cours de débrouillardise. Cela encouragera la culture de la réparation et de la revalorisation, au lieu de celle du gaspillage.

5. Taxes sur le suremballage : 37%

Taxer les emballages non-recyclables et encourager les initiatives de magasins zéro-emballage.

6. Communauté d’échange et économie circulaire : 33%

Formaliser la communauté d'échange en promouvant de l'économie circulaire et inciter les producteurs à fabriquer des produits réparables.

Débat n°3 : comment impliquer mieux les citoyens dans la lutte contre le changement climatique ?

Propositions et pourcentage d’adhésion :

1. Citoyens climacteurs et ambassadeurs : 51%

Inviter les citoyens à participer et à donner leur avis de façon régulière, faire perdurer les « climacteurs » à tous les niveaux du pouvoir : Région, communes... Faire des citoyens des ambassadeurs au niveau local.

2. Sensibilisation dans les écoles : 41%

Sensibiliser les élèves dans les écoles. Intégrer dans le programme scolaire l'éducation à environnement en accompagnant cela de manière ludique et par des activités pratiques.

3. Info accessible et moyens de communication modernes : 37%

Utiliser les stratégies de marketing moderne pour sensibiliser les gens à l’écologie pour les rendre écoresponsables : campagnes choc, réseaux sociaux… L’information devrait être accessible dans tous les lieux d’attente publics : stations de métro, CAPAC…

4. « Who’s who » de l’environnement et agenda vert : 36%

Créer une plateforme numérique officielle et moderne où retrouver toutes les informations/bonnes adresses/liens vers des services liés à l’environnement. Cela s'accompagnerait d'un agenda « vert ».

5. Cours d'écocitoyenneté : 36%

Dans un environnement cohérent et ludique, conscientiser les jeunes et les pousser à leur tour à conscientiser leurs ainés. Pousser les écoles à faire des projets écoresponsables.

6. « Tool kit » action citoyenne : 32%

Créer un outil pédagogique pour savoir comment mener une action citoyenne de A à Z ; du citoyen à la concrétisation politique. A développer sous la forme d'un jeu de société, d’une application smartphone, d’un jeu de rôle...

Date de mise à jour: 02/12/2015