Bruxelles lance sa première campagne de mesures des polluants des véhicules en conditions réelles

26/10/2020

Quels sont les polluants émis par les véhicules qui circulent à Bruxelles ? Pour le savoir Bruxelles Environnement, en collaboration avec l’ICCT (International Council for Clean Transportation) et TRUE (The Real World Urban Emissions) Initiative, mène une grande campagne de mesures. Une campagne avec une particularité : les mesures se font en rue, dans la circulation, bref en conditions réelles. La campagne est financée par les Fondations FIA et Bloomberg Philanthropies. Elle permettra d’avoir une vue claire des polluants émis par les véhicules mais aussi des nuisances sonores qu’ils engendrent.

L’affaire du dieselgate a montré que la pollution émise lors de la conduite diffère trop souvent des résultats obtenus lors des tests effectués en laboratoire ou lors d’homologations. A cela s’ajoute la problématique de la fraude au filtre à particules. D’où l’importance d’une telle campagne. Le fonctionnement Les émissions sont mesurées en conditions réelles par OPUS RSE, une entreprise leader en Europe dans le domaine de la technologie de la télédétection. L’avantage de cette technologie (le « remote sensing »), est qu’elle permet de mesurer les émissions de tous les véhicules à moteur sans interrompre le trafic, et ce à différents endroits de la Région.

Une dizaine d’endroits différents ont été définis en Région bruxelloise pour effectuer les mesures; que ce soit
rue de la Loi, avenue de Tervuren à Woluwe-Saint-Pierre ou encore avenue de l’Industrie à Anderlecht. Les
endroits varient de jour en jour.

Les appareils permettent de mesurer différents polluants :

  • Le dioxyde de carbone (CO2)
  • Le monoxyde de carbone (CO)
  • Les hydrocarbures (HC)
  • Les particules (PM).
  • Le monoxyde d’azote (NO).
  • Le dioxyde d'azote (NO2)
  • L’ammoniac (NH3).

Les informations recueillies sont anonymes. Les panneaux informent les automobilistes aux différents
endroits de mesures. Une page de Bruxelles Environnement est également dédiée au projet.

D’autres mesures « remote sensing » ont déjà eu lieu en Europe (Paris, Londres, Varsovie, etc.). La
campagne bruxelloise présente plusieurs particularités qui en font un projet novateur :

  • La présence dans la flotte belge d’un grand nombre de véhicules récents, y compris les derniers véhicules diesel Euro 6d, dont les émissions réelles ont encore été très peu mesurées 
  • La mesure « remote sensing » sera complétée pour la première fois par des mesures du nombre de particules à la sortie des pots d’échappement, grâce à un nouvel appareil précis qui permet de détecter la fraude au filtre à particules.
  • Bruxelles Environnement va enrichir les mesures de polluants avec des mesures du bruit des véhicules. 

Avec quelle finalité ?

L’affaire du dieselgate a montré à quel point la pollution émise lors de la conduite peut différer des résultats obtenus lors des tests effectués en laboratoire et lors des homologations. A cela s’ajoute la problématique de la fraude au filtre à particules, voire du filtre mal entretenu, qui peut être à l’origine d’émissions très importantes de particules fines, qui sont nocives pour la santé. Tout cela a un impact sur la qualité de l’air, et
donc sur la santé des Bruxellois. 

Les résultats de cette campagne de mesures sont attendus pour le deuxième trimestre de l’année prochaine. Ils aideront à définir des actions concrètes pour lutter contre la pollution de l’air et le bruit provenant du trafic routier, notamment pour mettre en œuvre la sortie des moteurs thermiques et mieux détecter les fraudes au filtre à particules. 

Date de mise à jour: 26/10/2020