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Collecte de données sur la biodiversité bruxelloise par les citoyens ("crowdsourcing")

Actualisation : février 2020 

Les initiatives de « crowdsourcing » visant à susciter la collecte de données environnementales par les citoyens sont de plus en plus nombreuses. Les objectifs poursuivis sont scientifiques mais également pédagogiques, cet aspect étant plus ou moins développé selon les projets.

Le site web www.bru.observations.be est un portail qui permet à toute personne,  naturaliste confirmé ou amateur, d’enregistrer ses observations d’espèces animales, végétales et mycologiques en Région bruxelloise. En août 2019, la base de données totalisait plus de 1.000.000 d’observations portant sur près de 6.000 espèces. 

Observations.be : une interface belge, ouverte à tous, de partage et gestion de données d’observations naturalistes

L’information et la sensibilisation des citoyens à la nature constituent des éléments importants d’une politique de développement urbain durable. Cette sensibilisation est en effet susceptible d’avoir de nombreuses retombées positives notamment en termes de respect des espaces verts et de la biodiversité, d’intérêt plus général pour les questions environnementales, d’éducation au monde du vivant - en particulier au niveau des enfants - ou encore, d’implication active dans des projets environnementaux. En outre, le contact avec la nature entraîne d’importants bienfaits physiques et psychiques. Les activités d’observation d’espèces effectuées par les naturalistes professionnels ou amateurs constituent l’une des facettes de cet intérêt pour la nature.  Outre les bénéfices précités, elles participent directement à l’amélioration des connaissances sur la biodiversité locale.
Les sites Internet www.waarnemingen.be et sa version francophone www.observations.be ont été développés en 2008 à l’initiative de Natuurpunt, de Stichting Natuurinformatie et de Aves-Natagora.  Il s’agit de portails où chacun peut encoder ses propres observations. A la demande de Bruxelles Environnement, une version bruxelloise du site a été développée en néerlandais et français (www.bru.waarnemingen.be et www.bru.observations.be). Les sites francophones et néerlandophones partagent la même base de données, ce qui signifie que les observations encodées dans un système sont visibles et partagées par l'autre. De même, les observations encodées dans la base de données bruxelloise sont partagées avec les sites nationaux.  Ces sites sont alimentés par des observations effectuées tant par des groupes de travail et experts que de manière ponctuelle par des naturalistes amateurs ou confirmés. Une procédure de validation des observations est par ailleurs assurée.

En 2018, environ 650 personnes encodent régulièrement des observations naturalistes se rapportant à la Région bruxelloise dans observations.be

Les indicateurs repris dans les graphes ci-dessous présentent, sur une base annuelle, le nombre de personnes qui encodent régulièrement sur ces sites des observations floristiques ou faunistiques localisées en Région bruxelloise et ce, pour différents groupes taxonomiques. Seules les personnes ayant observé plus de 5 espèces différentes par an (10 pour les oiseaux) au sein d’un même groupe taxonomique ou plus de 100 espèces différentes, tous groupes taxonomiques confondus, sont comptabilisées.
En l’espace de 10 ans, le nombre de personnes ayant encodé régulièrement des observations a plus que décuplé, passant de 59 en 2008 à 650 en 2018 (notons que ce chiffre inclut un nombre indéterminé de doubles comptages relatifs aux observateurs actifs pour plusieurs groupes taxonomiques). Après une légère stagnation en 2014-2016, le nombre d’observateurs a à nouveau sensiblement progressé en 2017-2018. Compte tenu de la taille de la population bruxelloise, le nombre d’observateurs encodant leurs observations dans la base de données s’avère toutefois limité et une marge de progression subsiste certainement, en particulier pour certains groupes (mammifères, reptiles et amphibiens, etc.).

Les oiseaux constituent le groupe taxonomique bénéficiant du plus grand nombre d’observateurs, soit 250 personnes en 2018

Sans surprise, les oiseaux constituent le groupe taxonomique le plus populaire en termes d’observations comme en attestent les graphes ci-dessous.  En 2018, 246 personnes ont encodé plus de 10 observations d’oiseaux se rapportant au territoire bruxellois et ce chiffre progresse d’année en année. 
Pour les insectes et autres arthropodes, l’engouement varie selon les groupes taxonomiques.  Les papillons et libellules sont les groupes connaissant actuellement le plus de succès. Des groupes tels   que les sauterelles, criquets et grillons (orthoptères), généralement plus difficiles à observer et dont l’identification taxonomique requiert souvent le recours à une littérature spécialisée, ne font l’objet d’observations que par un nombre très restreint de naturalistes. 
Les naturalistes sont aussi peu nombreux à encoder des observations concernant les groupes taxonomiques vertébrés autres que les oiseaux (mammifères, poissons, amphibiens et reptiles).  Il s’agit pourtant de groupes bien connus du grand public. Leur mode de vie généralement caché ou nocturne explique probablement, au moins en partie, le nombre limité d’observations.  L’augmentation sensible du nombre d’observateurs de reptiles et amphibiens en 2017 et 2018 est vraisemblablement liée au projet de mise à jour de l’atlas des amphibiens et reptiles de la Région bruxelloise (inventaire de terrain couvrant la période 2017-2019). Remarquons qu’en ce qui concerne les poissons aucun, ou quasi aucun observateur, n’a jusqu’à présent encodé plus de 5 observations par an. 
En 2018, 79 personnes ont encodé au moins 6 observations de plantes par an ce qui est relativement peu même si ce chiffre tend à augmenter au fil des ans.  Ce chiffre est encore plus restreint en ce qui concerne les observations de champignons (24 en 2018) ou de mousses et lichens (11 en 2018).

Evolution annuelle du nombre d’observateurs réguliers par groupes taxonomiques (2008-2018)

Source : www.bru.observations.be
 


Près de 6000 espèces observées en Région bruxelloise sont inventoriées dans observations.be en 2019

Entre la création du site en 2008 et août 2019, plus de 1.000.000 d’observations se rapportant à près de 6.000 espèces différentes ont été encodées dans www.bru.observations.be, y compris un certain nombre d’observations antérieures à 2008. 86% de ces observations se rapportent aux oiseaux et plantes (90% en 2017).

Répartition du nombre d’observations entre les différents groupes taxonomiques (août 2019)

Source : www.bru.observations.be, site consulté le 16 août 2019
 


Le graphique ci-dessous reprend le nombre d’espèces observées par groupe taxonomique.  Les groupes les plus représentés en terme de nombre d’espèces sont les champignons, plantes et certains ordres d’insectes tels que les lépidoptères (papillons de nuit et papillons de jour), les diptères (mouches et moustiques), les coléoptères (scarabées, coccinelles, carabes entre autres) ou encore, les hyménoptères (abeilles, guêpes et fourmis).

Répartition des espèces observées par groupes taxonomiques (août 2019)

Source : www.bru.observations.be, site consulté le 16 août 2019
 

Répartition des espèces observées par groupes taxonomiques (août 2019)

Ces chiffres reflètent, dans une certaine mesure, la diversité d’espèces au sein de chaque groupe. Ils sont néanmoins aussi influencés par les efforts d’inventorisation ainsi que par la plus ou moins grande facilité d’observation et d’identification des espèces qui diffèrent selon les groupes taxonomiques.
Le graphe suivant compare le nombre d’espèces observées par groupe taxonomique en Région bruxelloise, d’une part, et pour l’ensemble de la Belgique, d’autre part.  Les poissons sont le groupe où la proportion d’espèces observées en Région bruxelloise par rapport à l’ensemble de la Belgique est la plus faible (9%). A contrario, cette proportion est élevée pour certains groupes tels que les reptiles et amphibiens (74%), les libellules (70%), les plantes (63%), les oiseaux et mammifères (52% chacun) ou encore, les criquets et sauterelles (44%). 

Nombre d’espèces (y compris exotiques) observées par groupes taxonomiques en Région bruxelloise et dans l’ensemble de la Belgique  (août 2019)

Source : www.bru.observations.be, site consulté le 23 août 2019
 

Malgré les biais inhérents à ces données évoqués ci-dessus, ces résultats illustrent le fait qu’en dépit de sa superficie limitée et de son caractère fortement urbain, la Région bruxelloise présente une diversité floristique et faunistique appréciable.

Date de mise à jour: 27/03/2020