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Approvisionnement et consommation d'eau de distribution

Indicateur - Actualisation : août 2021

Seul 3% de l’eau potable alimentant la Région est prélevé sur le territoire bruxellois. En 2020, la consommation régionale en eau de distribution s’est élevée à 59,3 millions de m3. Elle se répartit essentiellement entre les ménages (74%) et le secteur tertiaire (23%). Depuis 2008, la consommation des ménages ne cesse de grossir, à un rythme moindre que la population toutefois. Mais saura-t-on faire face à ce besoin croissant compte tenu du changement climatique ?

Les Bruxellois boivent de l’eau wallonne

L’eau alimentant la Région bruxelloise, produite et fournie par l’intercommunale Vivaqua, est majoritairement captée en Région wallonne, soit dans les aquifères (environ 81%), soit dans les eaux de surface. Seuls 3% des besoins de la Région (environ 2 millions de m3) sont couverts par des captages situés sur le territoire régional, en forêt de Soignes et au Bois de la Cambre, dans l’aquifère du Bruxellien.

L’approvisionnement en eau est stable mais…

L’approvisionnement en eau potable de la Région bruxelloise représente près de 68,5 millions de m3 par an, (moyenne sur la période 2009-2020). Après une nette hausse entre 1998 et 2003 (+8%), il a sensiblement diminué jusqu’en 2008 (-4%), alors que dans le même temps, la population continuait à croître (+6%). Depuis 2008, les fournitures en eau de distribution ont connu plusieurs fluctuations mais sur l’ensemble de la période, elles restent globalement stables
Ces quatre dernières années ont été marquées par des sécheresses prolongées et des canicules estivales. Si cela ne se reflète pas à l’échelle annuelle, les fournitures journalières sont en revanche classiquement de 15 à 25% plus élevées que la moyenne durant ces épisodes (Vivaqua, 2021). 

Approvisionnement de la Région bruxelloise en eau de distribution et consommation des abonnés (1996-2020)

Sources : Vivaqua (consommations d’eau relevées aux compteurs), IBSA sur base de données de Statbel (population au 1er janvier)

 

Si la tendance de ces 10 dernières années est loin de suivre le rythme de croissance de la population (+12% en 2020 par rapport à 2010), elle est néanmoins à surveiller : les besoins accrus liés à la population grandissante, en particulier en période de sécheresse, mettent sous pression les ressources en eau. La recharge de certaines eaux souterraines est mise à mal par plusieurs hivers secs successifs. Quant à la Meuse, son débit est parfois tellement faible en été qu’il frôle le niveau en-dessous duquel le captage par Vivaqua n’est plus autorisé. Signalons que la croissance démographique est identifiée, au niveau européen, comme un des facteurs responsables de l’augmentation de la demande en eau de ces 50 dernières années et que les grandes agglomérations urbaines font partie des principales zones sensibles au stress hydrique (AEE, Signaux 2018).

Des pertes d’eau difficiles à quantifier

La différence entre l’approvisionnement en eau de distribution et la consommation des abonnés correspond aux « volumes non enregistrés ». Ces derniers oscillent généralement entre 11 et 15% de l’approvisionnement de la Région. Ils s’élevaient à 9,4 millions de m3 en 2020 (14% de l’approvisionnement). Les fuites d’eau en constituent la majeure partie (de 9 à 10% de la production totale).

 

Les volumes non enregistrés incluent non seulement les pertes dues aux fuites sur le réseau de distribution mais aussi les consommations d’eau des pompiers et des services communaux (nettoyage des voiries, etc.) ainsi que les mètres cubes non comptabilisés par les compteurs d’eau (dysfonctionnements). 

S’il n’est malheureusement pas possible de quantifier précisément les fuites d’eau sur le réseau, la gestion de celles-ci est une préoccupation de Vivaqua. Un système d’alerte précoce a ainsi été mis en place en 2018 : la Garde centrale, qui surveille en permanence le réseau, est ainsi prévenue dans le quart d’heure de tout écart majeur des pressions/débits par rapport à leurs niveaux de référence. D’autres outils sont à l’étude dont la télédétection : des images radar jusqu’à 2 mètres de profondeur permettraient de détecter des accumulations d’eau dans le sol, pouvant être dues à des fuites. 


L’indice linéaire de perte fournit une indication du volume perdu sur un kilomètre de conduite en une journée. Cet indice est le rapport des volumes non enregistrés sur la longueur des conduites (hors réseau de répartition). En 2020, l’indice linéaire de perte bruxellois était estimé à 11 m3/(km.j). Cette valeur est au moins deux fois plus élevée comparée aux indices flamands et wallons (Rapport de l’état de l’environnement wallon, 2019). 

Les ménages ont consommé trois quarts de l’eau distribuée en 2020

La consommation totale d'eau facturée aux différents secteurs d'activité économique et aux ménages bruxellois s'élevait à 59,3 millions de m3 en 2020 (Vivaqua, consommation relevée aux compteurs). 
Cette consommation se répartit essentiellement entre les ménages (74%) et le secteur tertiaire (23%). Au niveau du secteur tertiaire, les principaux consommateurs sont la santé et l’action sociale (19% de la consommation de ce secteur), l’Horeca (17%), les commerces de gros et de détail (14%) ainsi que les administrations publiques et les organismes extraterritoriaux (10%).

Répartition de la consommation en eau de distribution entre les différents secteurs (2020)

Source : Vivaqua, consommations d’eau relevées aux compteurs (classification NACE 2003)

La part des ménages a augmenté en 2020 avec la crise du Corona virus, au détriment de celle du secteur tertiaire : les Bruxellois ont été confinés chez eux et le télétravail était très développé alors que l’activité économique tournait au ralenti. A titre de comparaison, en 2019, les ménages ne représentaient « que » 69% de la consommation d’eau et le secteur tertiaire 28%.

La consommation des ménages bruxellois augmente

Entre 2008 et 2019, la consommation du secteur domestique a grossi de manière quasi continue au rythme moyen de 250.000 m3/an (soit +8% sur la période). A l’inverse, celle du secteur secondaire a perdu en moyenne chaque année 40.000 m3 (soit -32% sur la période). 
Globalement sur cette période, la consommation du secteur tertiaire a diminué de 4% (soit 60.000 m3 /an en moyenne). En réalité, la tendance à la baisse pour ce secteur s’est observée jusqu’en 2015 (-6% entre 2008 et 2015). Une reprise à la hausse a caractérisé les 4 années suivantes (+2% entre 2015 et 2019).

Evolution de la consommation en eau des différents secteurs (2008-2019)

Source : Vivaqua, consommations d’eau relevées aux compteurs (classification NACE 2003)
 

L’année 2020 se démarque très nettement des autres années : la consommation d’eau du secteur domestique a bondi de 4% par rapport à 2019 (+1,7 millions de m3 en l’espace d’un an !) tandis que celles du secteur tertiaire et secondaire ont dégringolé de près de 20% (-3,1 et -0,2 millions de m3 respectivement).

Date de mise à jour: 31/08/2021