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Approvisionnement et consommation d'eau de distribution

Actualisation : février 2020

Seul 3% de l’eau potable alimentant la Région est prélevé sur le territoire bruxellois. En 2018, la consommation en eau de distribution de la RBC s’est élevée à 60,5 millions de m3. Entre 2008 et 2018, elle a eu tendance à légèrement augmenter (+3%) mais à un rythme sensiblement moindre que la population (+14%). La consommation d’eau se répartit essentiellement entre les ménages (69%) et le secteur tertiaire (28%) (en 2018).

Les Bruxellois boivent de l’eau wallonne

L’eau alimentant la Région bruxelloise, produite et fournie par l’intercommunale Vivaqua, est majoritairement captée en Région wallonne, soit dans les aquifères (environ 85%), soit dans les eaux de surface. Seuls 3% des besoins de la Région (environ 2 millions de m3) sont couverts par des captages situés sur le territoire régional, en forêt de Soignes et au Bois de la Cambre, dans l’aquifère du Bruxellien.

L’approvisionnement en eau tend à augmenter

L’approvisionnement en eau potable de la Région bruxelloise représente près de 68,4 millions de m3 par an (moyenne sur la période 2008-2018). Après une nette hausse entre 1998 et 2003 (+8%), il a sensiblement diminué jusqu’en 2008 (-4%), alors que dans le même temps, la population continuait à croître (+6%). De 2008 à 2018, les fournitures en eau de distribution ont connu plusieurs fluctuations mais sur l’ensemble de la période, une légère tendance à la hausse (+3%) peut être observée. Ces deux dernières années sont marquées par une augmentation de 330.000 m3 en 2017 et 580.000 m3 en 2018, attribuable aux canicules estivales. 
Si la tendance de ces 10 dernières années est loin de suivre le rythme de croissance de la population (+14% en 2018 par rapport à 2008), elle est néanmoins à surveiller : les besoins accrus liés à la population grandissante, en particulier en période de sécheresse, mettent sous pression les ressources en eau, notamment souterraines, dont la recharge est déjà mise à mal par plusieurs hivers secs successifs. Signalons que la croissance démographique est identifiée, au niveau européen, comme un des facteurs responsables de l’augmentation de la demande en eau de ces 50 dernières années et que les grandes agglomérations urbaines font partie des principales zones sensibles au stress hydrique (AEE, Signaux 2018).

Approvisionnement de la Région bruxelloise en eau de distribution et consommation des abonnés (1996-2018)

Sources : Vivaqua (consommations d’eau relevées aux compteurs), IBSA sur base de données de Statbel (population au 1er janvier)
 

Des pertes d’eau difficiles à quantifier

La différence entre l’approvisionnement en eau de distribution et la consommation des abonnés correspond aux « volumes non enregistrés ». Ces derniers oscillent généralement entre 11 et 15% de l’approvisionnement de la Région. Ils s’élevaient à 9,5 millions de m3 en 2018 (14% de l’approvisionnement). Les « volumes non enregistrés » incluent non seulement les pertes dues aux fuites sur le réseau de distribution mais aussi les consommations d’eau des services incendie et des services communaux (nettoyage des voiries, etc.) ainsi que les mètres cubes non comptabilisés par les compteurs d’eau (dysfonctionnements). 
S’il n’est malheureusement pas possible de quantifier précisément les fuites d’eau sur le réseau, la gestion de celles-ci est une préoccupation de Vivaqua. Un système d’alerte précoce a ainsi été mis en place en 2018 : la Garde centrale, qui surveille en permanence le réseau, est ainsi prévenue dans le quart d’heure de tout écart majeur des pressions/débits par rapport à leurs niveaux de référence.
L’indice linéaire de perte fournit une indication du volume perdu sur un kilomètre de conduite en une journée. Cet indice est le rapport des volumes non enregistrés sur la longueur des conduites (hors réseau de répartition). En 2018, l’indice linéaire de perte bruxellois était estimé à 11 m3/(km.j). Cette valeur est au moins deux fois plus élevée comparée aux indices flamands et wallons (Rapport de l’état de l’environnement wallon, 2019). 

Les ménages consomment deux tiers de l’eau distribuée

La consommation totale d'eau facturée aux différents secteurs d'activité économique et aux ménages bruxellois s'élevait à 60,5 millions de m3 en 2018 (Vivaqua, consommation relevée aux compteurs). Cette consommation se répartit essentiellement entre les ménages (69%) et le secteur tertiaire (28%). Au niveau du secteur tertiaire, les principaux consommateurs sont l’Horeca (5% de la consommation totale), les activités sociales, pour la santé humaine et les séniories (5%), les commerces de gros et de détail (3%) ainsi que les administrations publiques (2% et 3% si on inclut la Commission européenne).

Répartition de la consommation en eau de distribution entre les différents secteurs (2018)

Source : Vivaqua, consommations d’eau relevées aux compteurs (classification NACE 2003)
 


Entre 2008 et 2018, la consommation du secteur domestique a grossi de manière quasi continue au rythme moyen de 240.000 m3/an (soit +7% sur la période). A l’inverse, dans le même temps, les consommations des secteurs tertiaire et secondaire ont perdu en moyenne chaque année 70.000 m3 et 50.000 m3 (soit -4% et -36% sur la période).

Date de mise à jour: 22/10/2020