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Emissions de gaz à effet de serre

Actualisation : février 2020

Le CO2 est de loin le principal gaz à effet de serre (GES) émis sur le territoire régional (près de 90% en 2017). Les principaux émetteurs de GES à Bruxelles sont l'énergie utilisée par les bâtiments (résidentiel et tertiaire ; 55% des émissions directes de GES en 2017) et les transports (27%). Depuis 2004, les émissions de GES montrent une tendance générale à la baisse, parallèlement à la réduction de la consommation énergétique, alors que la population a augmenté.

Des objectifs

En tant que partie signataire du protocole de Kyoto, la Belgique était soumise à une obligation de diminution de ses émissions de GES de 7,5% sur la période 2008-2012 par rapport à 1990. Suite à la répartition de l’effort entre les 3 Régions et l’état fédéral (« burden sharing »), la Région de Bruxelles-Capitale (RBC), dont les activités agricoles et industrielles sont limitées, ne pouvait augmenter les GES émis sur son territoire de plus de 3,475% durant le même laps de temps. Des spécificités telles que des problèmes de mobilité et d’utilisation d’énergie pour le chauffage des bâtiments, pour lesquelles des alternatives sont plus difficiles à mettre en œuvre à court terme, ont en effet été reconnues pour la Région. La RBC a donc respecté ses engagements en matière de réduction des émissions de GES dans le cadre de Kyoto 1 (1990-2012, l'évaluation concernant la période 2008-2012).
 
Au-delà de la période concernée par le protocole de Kyoto, la région se doit de réduire ses émissions de 8,8% en 2020 par rapport à 2005 (via le « burden-sharing » belge des objectifs climatiques de la stratégie Europe 2020, en particulier de la décision 406/2009/EC, et de l'accord politique à l'issue de la COP21). Pour 2030, l’ « Effort Sharing Regulation » (le règlement sur le partage de l’effort) approuvé le 30 mai 2018, alloue à la Belgique un objectif de réduction de -35% par rapport à ses émissions en 2005 au sein des secteurs non soumis à l’échange des quotas (c’est-à-dire hors ETS). Notons que la Région s’est engagée unilatéralement à réduire ses émissions de GES de 30% en 2025 par rapport à 1990 (Pacte des Maires) et dans sa déclaration de politique générale pour la législature de 2019-2024, la RBC s’est engagée à une diminution d’émissions de GES de 40% en 2030 par rapport à 2005.

Le CO2 reste le principal GES en Région bruxelloise

Les six gaz à effet de serre (GES) visés par le Protocole de Kyoto sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), les hydrofluorocarbures (HFC), les perfluorocarbures (PFC) et l’hexafluorure de soufre (SF6). D’autres gaz participent à l’effet de serre, mais ne sont pas pris en compte dans le calcul des objectifs de réduction. Concrètement, pour les calculs, les émissions de ces six gaz sont converties en « équivalents CO2 », en pondérant chaque gaz par son potentiel de réchauffement global (par rapport au CO2).
Seuls les GES émis directement sur le territoire sont visés (émissions directes) dans le cadre du Protocole de Kyoto. En Région bruxelloise, ces émissions directes sont essentiellement le fait de processus de combustion utilisant des combustibles fossiles (gaz naturel et produits pétroliers). Le CO2 est de loin le principal GES émis sur le territoire régional (près de 90% en 2017). 

Des émissions directes par les bâtiments et le transport

En 2017, le chauffage des bâtiments (résidentiel et tertiaire) totalise à lui seul 55% des émissions directes de GES. Ensemble, les bâtiments et le transport représentent pour cette même année plus de 80% des émissions directes. 

Emissions directes de GES (hors gaz fluorés) en Région de Bruxelles-Capitale de 1990 à 2017

Source : Bruxelles Environnement, Dpt Evaluation Air Climat Energie
 

Entre 2004 et 2017, les émissions liées aux bâtiments ont diminué, alors que la population bruxelloise a augmenté (+ 19,2%) et le parc de bâtiments résidentiels a progressé (+ 3,8%, d'après Statbel). Le stock de bureaux diminue par contre depuis 2014 (selon les données de l'Observatoire des bureaux). Un découplage entre les émissions régionales de GES et la population est ainsi amorcé. Cependant, comme le montre la ré-augmentation des émissions totales de GES en 2010, 2013 et 2016, cette évolution est également liée aux conditions climatiques (hivers plus doux en 2011, 2014 et 2017, plus rudes en 2010, 2013 et 2016), étant donné la part du chauffage des bâtiments dans les émissions. 

Des émissions indirectes non-négligeables

Outre les GES émis sur le territoire bruxellois (« émissions directes »), la Région est également à l’origine d’émissions « indirectes », liées à la production hors Région de l’électricité consommée en RBC (près de 95% de l’électricité consommée), et au-delà, à la production des biens de consommation importés en RBC (alimentation, appareils électroménagers, matériaux de construction, textiles, ...).
Les émissions indirectes de la Région bruxelloise ont été estimées à près de 20.000 ktonnes CO2 eq pour 2015 (dans le cadre d'une étude destinée à identifier des scénarios "bas-carbone" pour 2050, réalisée en 2017 par Bruxelles Environnement) ; soit plus du quintuple des émissions directes. 

Date de mise à jour: 16/06/2020