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Focus : (Multi-) Exposition au bruit des transports

Actualistation : février 2020

Près des trois quarts des habitants pourraient ressentir une gêne auditive importante en raison du bruit des transports. Les niveaux sonores les plus importants s’observent au Nord et à l’Est de la Région (où les nuisances des trafics routier, aérien et ferroviaire se cumulent) ainsi que le long de la plupart des grands axes routiers et ferroviaires. Il existe cependant des zones plus calmes, isolées au centre d’îlots ou au cœur d’espaces peu urbanisés (parcs, friches, forêt). Bien que les niveaux nocturnes soient nettement inférieurs, le sommeil de plus des trois quarts des Bruxellois est susceptible d’être perturbé.

Qu’appelle-t-on « multi-exposition » ?

Les transports dégradent notre environnement sonore. Les Bruxellois sont parfois gênés par un type de transport en particulier mais plus généralement, par la combinaison (dénommée « multi-exposition ») du bruit émis par plusieurs modes de transport. Celle-ci rend mieux compte du ressenti de la population. 

Une cartographie de la multi-exposition au bruit des transports

La multi-exposition a été modélisée pour l’année 2016 en prenant en compte trois moyens de transports : le routier, l’aérien et le ferroviaire. Il s’agit des trois sources de bruit pour lesquelles la directive européenne impose de quantifier les émissions sonores structurelles spécifiques. Concrètement, la cartographie de la multi-exposition est obtenue en sommant les énergies acoustiques des niveaux sonores du bruit routier, aérien et ferroviaire

Elle a été calculée pour une semaine représentative de l’année 2016 et pour deux indicateurs : l’un représentatif d’une journée de 24h, le Lden (Level day-evening-night) et l’autre, caractéristique de la période nocturne, le Ln (Level night), qui correspond au niveau de bruit équivalent entre 23h et 7h. Le Lden décrit le niveau sonore équivalent moyen pondéré pendant 24h, observé sur une année complète (en l’occurrence 2016) avec la prise en compte d’une correction pénalisante de 5 dB(A) pour le soir (de 19h à 23h) et de 10 dB(A) pour la nuit (de 23h à 7h), les bruits générés pendant ces moments de la journée étant ressentis comme plus gênants. 

La population potentiellement exposée au bruit des transports a ensuite été déterminée en croisant les cartes de multi-exposition avec la répartition spatiale des habitants au 31 décembre 2014. Le niveau sonore retenu pour les habitants d’un bâtiment est celui de la façade la plus exposée de l’habitation.

Peu de zones et d’habitants épargnés par le bruit des transports

Carte de la multi-exposition au bruit des transports routier, aérien et ferroviaire en Région de Bruxelles-Capitale – Indicateur Lden (2016)

Sources : Bruxelles Environnement, 2018 sur base d’ASM Acoustics & Stratec, 2018, logiciel de modélisation CadnaA
 

(Accédez à la carte interactive)

Le bruit des transports engendre des niveaux sonores Lden supérieurs à 45 dB(A) sur une grande majorité du territoire bruxellois. Ce résultat n’est pas surprenant compte tenu de la densité des réseaux routier et ferroviaire ainsi que du survol de Bruxelles. La moitié Sud de la Région possède tout de même des zones plus calmes, isolées au centre d’îlots ou au cœur d’espaces peu urbanisés (parcs, friches, forêt de Soignes).

Des niveaux sonores élevés (dépassant 55 dB(A)) s’observent au Nord, au Nord-Est, à l’Est et au Sud-Ouest de la Région. Ils découlent du cumul des nuisances sonores liées au Ring, aux grands axes routiers de pénétration depuis le Ring, aux lignes ferroviaires vers Schaerbeek Formation et dans le prolongement de la jonction Nord-Midi et enfin, au Nord et à l’Est de la Région, aux décollages depuis la piste 25R. Près des trois quarts des habitants (72%) seraient exposés à de tels niveaux et ressentent donc potentiellement une gêne auditive importante. Plus inquiétant encore, près de 37% de la population est potentiellement soumise à des niveaux sonores très élevés, au-delà de 65 dB(A). Dans les deux cas, le trafic routier est, de loin, le principal contributeur. 

Multi-exposition de la population au bruit des transports routier, aérien et ferroviaire en Région de Bruxelles-Capitale (2016)

Sources : Bruxelles Environnement, 2018 sur base d’ASM Acoustics & Stratec, 2018, logiciel de modélisation CadnaA
 

Moins de trafic la nuit, moins de bruit

L’ambiance sonore nocturne de la Région (vis-à-vis des transports) est nettement apaisée par rapport aux niveaux de bruit sur 24h, compte tenu de la baisse globale du trafic pendant cette période. Les niveaux les plus élevés s’observent à proximité immédiate des principales sources d’émission (axes routiers et ferroviaires, zones d’influence des routes aériennes). 

Un sommeil potentiellement perturbé pour trois quarts des Bruxellois 

Néanmoins, le sommeil de plus des trois quarts des Bruxellois (81%) est susceptible d’être perturbé (niveaux de bruit excédant 45 dB(A)). Et la majorité d’entre eux ne disposent pas de locaux de repli (façade calme) où ils pourraient bénéficier d’une ambiance sonore plus agréable. 

Ceci s’explique notamment par le fait que de nombreux bâtiments de logements sont situés le long d’axes routiers bruyants. Et qu’il est assez fréquent que toutes les façades d’un bâtiment soient exposées à (au moins) un mode de transport. Par exemple, un bâtiment peut être soumis au bruit routier en façade avant et au bruit ferroviaire en façade arrière. 

Le trafic routier, de loin le principal contributeur

Vis-à-vis des nuisances générés par les transports dans le bruit urbain moyen global, le bruit lié au trafic routier se place largement en tête par rapport aux autres modes de transport (ferroviaire, aérien, trams et métros) (par rapport au nombre d’habitants exposés).

Précisons également que les résultats ci-dessus sont issus d’une modélisation réalisée à l’échelle régionale, représentative d’une situation annuelle et qui ne prend pas en compte tous les axes routiers.

Date de mise à jour: 06/07/2020
Documents: 

Fiche(s) documentée(s)

Fiche(s) de l’Etat de l’Environnement

Etude(s) et rapport(s)

Plan(s) et programme(s)