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Cadastre du bruit du transport routier

Actualisation : février 2020

L’impact sonore du trafic routier concerne en 2016 une majeure partie du territoire bruxellois, compte tenu de la densité des voiries. Des niveaux sonores dépassant 55 dB(A) sont observés le long de la plupart des grands axes et de leurs abords. Il existe cependant des zones plus calmes, isolées au centre d’îlots ou au cœur d’espaces peu urbanisés (parcs, friches, forêt). Mais elles sont très morcelées. Même si les niveaux sonores la nuit sont de 10 dB(A) inférieurs, ils sont susceptibles de perturber le sommeil des habitants vivant à proximité directe des grands axes.

Un trafic routier stable

Selon les estimations de Bruxelles Mobilité, 3,21 milliards de véhicules-kilomètres ont été parcourus sur le réseau routier bruxellois en 2016, dont 56% sur les voiries régionales, 30% sur les voiries communales et 14% sur les autoroutes (SPF Mobilité et Transports, 2019). Le nombre de kilomètres parcourus en Région bruxelloise aurait diminué de 2% par rapport à 2001, d’après l’évaluation du plan Iris 2. 
A politique inchangée, le trafic routier en Belgique devrait connaitre une croissance modérée puis se stabiliser à l’horizon 2040. La congestion dans l’agglomération bruxelloise, déjà fort touchée par ce problème, devrait empirer (Bureau Fédéral du Plan, 2019).

Modélisation du bruit issu du transport routier

Afin d’évaluer les nuisances sonores sur l’environnement des bruxellois, un état des lieux « acoustique » du territoire a été dressé en 2016. Cet état des lieux s’attache à quantifier le bruit « structurel », émis par le transport routier et à modéliser la gêne ressentie par la population. Les voiries modélisées se limitent aux axes routiers caractérisés par un trafic important, à savoir les autoroutes, les voiries régionales et une grande partie des voiries inter-quartiers (voir la fiche documentée n°8 ). Les résultats de ces modélisations sont représentés sous forme cartographique et dénommés « cadastre du bruit routier ».

Ce cadastre détermine notamment le Lden (Level day-evening-night) qui décrit le niveau sonore équivalent moyen pondéré pendant 24h, observé sur une année complète (en l’occurrence 2016) avec la prise en compte d’une correction pénalisante de 5 dB(A) pour le soir (de 19h à 23h) et de 10 dB(A) pour la nuit (de 23h à 7h), les bruits générés pendant ces moments de la journée étant ressentis comme plus gênants. Cet indicateur reflète relativement bien les nuisances sonores effectivement perçues par la population, compte tenu de la pondération de cet indicateur selon la période horaire de la « journée ».
Ce cadastre détermine également le Ln (Level night) qui correspond au niveau de bruit équivalent entre 23h et 7h.

Des niveaux sonores préoccupants à proximité de la plupart des grands axes routiers

Cadastre du bruit du trafic routier en Région de Bruxelles-Capitale – Indicateur Lden

Sources : Bruxelles Environnement sur base d’ASM Acoustics-Stratec, 2018, « Rapport sur la cartographie du bruit du trafic routier en Région de Bruxelles-Capitale – Année 2016 » et de données de trafic de 2018 représentatives de 2016, méthode NMPB-Routes-1996, logiciel de modélisation CadnaA
 

Les niveaux sonores produits par le trafic routier ont un impact sur une majeure partie du territoire bruxellois, compte tenu de la densité des voiries. Le niveau de 55 dB(A) est dépassé sur la plupart des grands axes et leurs abords. Ceci est d’autant plus préoccupant pour la santé des riverains que l’Organisation Mondiale de la Santé recommande fortement que le bruit routier n’excède pas 53 dB(A) (OMS, 2018). Trente points noirs critiques (où des niveaux sonores très élevés affectent une population dense) doivent être traités en priorité (voir la fiche documentée n°58). Mais il existe tout de même des zones plus calmes, isolées au centre d’îlots ou au cœur d’espaces peu urbanisés (parcs, friches, forêt). Cependant, les zones peu exposées au bruit sont très morcelées.

En ce qui concerne les valeurs de niveaux de bruit les plus élevées (Lden au-delà de 55 dB(A)), deux cas de figures se présentent selon la présence ou non d’un front bâti continu le long des axes routiers, faisant obstacle à la propagation du bruit :

  • Lorsqu’il n’y a que peu d’obstacles à la propagation du bruit, des valeurs très élevées (Lden entre 65 et 75 dB(A)) s’observent sur les axes mêmes et leurs zones alentours. C’est le cas en particulier pour les axes autoroutiers et métropolitains menant vers l’A12 Anvers, l’A3/E40 Liège, l’A4/E411 Namur, ainsi que pour le Ring Ouest au niveau d’Anderlecht et de Forest et pour le Ring Est à Auderghem et à Neder-over-Heembeek. Il en est de même pour les « pénétrantes ».  Des valeurs élevées (Lden entre 55 et 60 dB(A)) s’observent également dans de grands parcs urbains tels que le Bois de la Cambre et le Parc du Cinquantenaire mais aussi sur les pourtours de la Forêt de Soignes et d’espaces verts de taille importante (comme le Parc Royal, les parcs de la Pède).
  • En revanche, sur les axes bordés par un front bâti continu, les nuisances sonores restent essentiellement « concentrées » sur les axes grâce au rôle d’écran joué par les bâtiments. Ainsi, bien que des niveaux très élevés (Lden au-delà de 65 dB(A)) soient constatés sur la petite et la moyenne ceinture ainsi que sur de nombreux axes secondaires, leurs abords restent généralement inférieurs au seuil de 55 dB(A). 

Deux grandes zones se dégagent ainsi : d’une part le centre de la Région, marqué par une densité de population élevée mais également par un habitat dense et continu faisant souvent obstacle à la propagation du bruit et d’autre part la périphérie de la Région, moins peuplée mais où les nuisances sonores des axes routiers se propagent et sont observées sur des zones pourtant éloignées de ces axes.

Des niveaux sonores nocturnes inférieurs, mais qui restent très élevés près des grands axes

La nuit il y a une baisse d’environ 10 dB(A) par rapport au jour avec une majorité du territoire se situant sous un niveau Ln de 45 dB(A) (qui est, selon l’OMS, le seuil à partir duquel les perturbations sur le sommeil sont jugées modérées à fortes). Cependant à proximité directe des voiries étudiées, les niveaux restent élevés, surtout près du Ring Est et Ouest, des moyennes et petites ceintures (entre 65 et 75 dB(A)) et des « pénétrantes » (entre 60 et 70 dB(A)).

Le trafic routier, première source de nuisances sonores générées par les transports

Vis-à-vis des nuisances générées par les transports dans le bruit urbain moyen global, le bruit lié au trafic routier se place largement en tête par rapport aux autres modes de transport (ferroviaire, aérien) (par rapport au nombre d’habitants exposés ), surtout pour les niveaux sonores les plus élevés. Ce constat vaut aussi à l’échelle européenne, tant en zone urbaine qu’en dehors (Agence Européenne de l’Environnement, 2014). Ceci concorde également avec le ressenti des Bruxellois, qui classent le trafic routier comme la source de bruit la plus gênante (voir la fiche documentée n°1  & le focus  relayant les résultats de la dernière enquête de perception du bruit de 2017). 

Précisons également que les résultats ci-dessus sont issus d’une modélisation réalisée à l’échelle régionale, représentative d’une situation annuelle et qui ne prend pas en compte tous les axes routiers. Comme le prévoit le nouveau plan bruit (quiet.brussels), des cadastres à l’échelle de chaque commune ont aussi été produits et transmis aux administrations concernées.

Quelles perspectives d’ici 2030 ?

Le projet de plan régional de mobilité (Good Move) prévoit notamment de reporter une grande partie du trafic de transit vers les axes principaux et de diminuer l’usage de la voiture pour les déplacements. Une modélisation basée sur les hypothèses de Good Move montre qu’il serait possible de diminuer significativement les niveaux d’exposition sur l’ensemble de la Région à l’horizon 2030, si le plan était effectivement mis en œuvre (voir la fiche documentée n°8 ).

Date de mise à jour: 14/05/2020