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Cadastre du bruit du transport aérien

Indicateur - Actualisation : octobre 2021

La crise sanitaire a entrainé une diminution drastique du trafic aérien et par conséquent, des niveaux sonores qui y sont liés. Le cadastre 2020 fait donc figure d’exception par rapport aux années précédentes. La réduction des surfaces exposées au bruit du trafic aérien est proportionnelle à la baisse de trafic. 40% du territoire « seulement » était ainsi exposé au bruit des avions, 5% pour les niveaux les plus élevés.

Un vol sur deux de/vers Brussels Airport survole la Région bruxelloise

Brussels Airport est le premier aéroport belge en nombre de mouvements (atterrissages ou décollages). La proximité de ce grand aéroport engendre des nuisances sonores liées au survol des avions au-dessus du territoire de la Région de Bruxelles-Capitale : habituellement, environ la moitié des mouvements est susceptible d’y avoir une influence.

Le nombre de mouvements annuel se chiffrait à près de 234.000 en 2019 et était du même ordre de grandeur les deux années précédentes. 

Mais la pandémie mondiale a entrainé une dégringolade du trafic aérien en 2020 (-60%), avec seulement 96.000 mouvements annuels. La période nocturne a été proportionnellement moins affectée, en raison du maintien des vols de fret. 

De plus en 2020, le survol de la Région bruxelloise a été réduit en raison de la fermeture exceptionnelle de la piste 25R-07L pour rénovation pendant près d’1 mois l’été. Seulement 40% des mouvements étaient susceptibles d’y avoir une influence sur les niveaux sonores. 

Modélisation du bruit issu du transport aérien

Afin d’évaluer ces nuisances sur l’environnement des bruxellois, un état des lieux « acoustique » du territoire est dressé chaque année depuis 2009. Il s’attache à quantifier le bruit « structurel », émis par le transport aérien, et à modéliser la gêne ressentie par la population. Les résultats de ces modélisations sont représentés sous forme cartographique et dénommés « cadastre du bruit du trafic aérien ». 

La directive européenne exige qu’un tel état des lieux soit produit tous les 5 ans. 2011 et 2016 sont des années de référence au sens de celle-ci. 

A quoi correspondent les indicateurs Lden et Ln ?  

Ce cadastre détermine notamment le Lden (Level day-evening-night) qui décrit le niveau sonore équivalent moyen pondéré pendant 24h, observé sur une année complète avec la prise en compte d’une correction pénalisante de 5 dB(A) pour le soir (de 19h à 23h) et de 10 dB(A) pour la nuit (de 23h à 7h), les bruits générés pendant ces moments de la journée étant ressentis comme plus gênants. Il n’est en revanche pas directement représentatif des « pics de bruit » qui surviennent aux passages des avions : d’autres indicateurs, dits « évènementiels », ont ce rôle.
Ce cadastre détermine également le Ln (Level night) qui correspond au niveau de bruit équivalent entre 23h et 7h.

 

5% du territoire exposé à des niveaux sonores extrêmes

Cadastre du bruit du trafic aérien en 2020– Indicateur Lden

Source : Bruxelles Environnement, 2021, « Cartographie du bruit du trafic aérien en Région de Bruxelles-Capitale – année 2020 », sur base de données de trafic de 2020, méthode ECAC-1997, logiciel de modélisation CadnaA
Note : Seules les routes aériennes utilisées pour la modélisation sont représentées.

5% de la superficie régionale a été affectée en 2020 par les niveaux sonores les plus élevés (Lden ≥ 55 dB(A)). Les quartiers concernés se situent au nord-est de la Région (nord de la ville de Bruxelles, en particulier Haren et Neder-Over-Heembeek). 
Les autres années, ces niveaux sonores affectaient une surface beaucoup plus grande, équivalente à 13% du territoire régional, qui s’étendait sur les communes d’Evere, de Schaerbeek, mais aussi à l’est, sur celles de Woluwe-Saint-Lambert et de Woluwe-Saint-Pierre. 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise toutefois que les niveaux de bruit Lden liés au trafic aérien ne dépassent pas 45 dB(A). En considérant ce seuil, c’est près de 40% du territoire bruxellois qui a subi l’impact sonore du trafic aérien en 2020. C’est significativement moins que les autres années (années 2016 et suivantes) où cet impact se chiffrait autour de 60%. 

Des nuits moins perturbées par le trafic aérien en 2020

La nuit, les zones influencées par le trafic aérien sont nettement plus réduites que sur l’ensemble de la journée. Les surfaces exposées à des niveaux gênants (Ln ≥ 45 dB(A)) ne couvrent que 6% du territoire en 2020. Les dernières années, ce pourcentage était de l’ordre de 15%.

Précisons toutefois que l’Organisation Mondiale de la Santé considère que les perturbations sur le sommeil sont jugées modérées à fortes dès le seuil de 40 dB(A)). 

Les zones impactées reflètent la contribution prépondérante de certaines routes aériennes

Quatre languettes partant du nord-est de la Région sont particulièrement visibles pour l’indicateur Lden et dans une moindre mesure pour le Ln :

  • l’une située le long du tracé du Canal, sous la « route du Canal » qui correspond aux départs dans l’axe de la piste 25R ;
  • une au-dessus du Ring est de la capitale, qui est affectée par les atterrissages sur la piste 01 ;
  • une autre au nord-est de la région pointant vers le Ring Nord, sous la « route du Ring », qui reprend les départs de la piste 25R avec virage à droite ;
  • et une dernière allant du nord-est à l’est de la Région, influencée par les départs de la piste 25R avec virage à gauche.

L’influence des routes aériennes varie selon la période à laquelle on s’intéresse : le week-end, la route du Canal est plus utilisée qu’en semaine (jours ouvrables) ; c’est l’inverse pour les autres routes.

Quel impact de la crise sanitaire sur les niveaux sonores liés au bruit du trafic aérien en 2020 ?

Evolution de la superficie du territoire exposée à un niveau Lden ≥ 55 dB(A) ou à un niveau Ln ≥ 45 dB(A)

Source : Bruxelles Environnement, 2021, « Cartographie du bruit du trafic aérien en Région de Bruxelles-Capitale – année 2020 », méthode ECAC-1997, logiciel de modélisation CadnaA

En 2020, les surfaces exposées à des niveaux sonores élevés (niveaux Lden ≥ 55 dB(A)) ont été réduites de l’ordre de 60% par rapport aux 5 années précédentes. Du même ordre de grandeur donc que la baisse du trafic aérien. 

Il en est de même pour les surfaces exposées à des niveaux gênants la nuit (Ln ≥ 45 dB(A)) et ce, bien que le trafic aérien nocturne ait été moins affecté.

Durant les week-ends, la baisse des surfaces exposées a été encore plus marquée (de l’ordre de 75%), sur 24h comme de nuit.

La crise sanitaire vient interrompre la tendance à la hausse des superficies impactées observée depuis 2015 pour l’ensemble de la journée (indicateur Lden) et depuis 2017 pour la période nocturne (indicateur Ln). L’augmentation avait été particulièrement marquée en 2019.

Ces évolutions sont en grande partie corrélées à l’évolution du trafic aérien au-dessus de la Région bruxelloise. Outre le volume de trafic, d’autres facteurs sont susceptibles d’influencer les niveaux sonores telles que l’utilisation des pistes et des routes aériennes ou encore la flotte utilisée (i.e. types d’avions).

Le trafic aérien génère moins de nuisances sonores que le trafic routier

Le bruit lié au trafic aérien intervient en 2ème position des nuisances sonores urbaines liées aux transports (par rapport au nombre d’habitants exposés ), loin derrière le bruit du trafic routier. Les Bruxellois perçoivent également le bruit du trafic aérien comme la 2de source de bruit la plus gênante selon la dernière enquête de perception du bruit (voir la fiche documentée n°1  & le focus relayant les résultats de cette enquête ), mais l’écart par rapport au bruit routier est cette fois-ci très faible. 

Précisons que les résultats ci-dessus sont issus d’une modélisation réalisée à l’échelle régionale, représentative d’une situation annuelle. Ils ne présument en rien du fait que des évènements isolés (c’est-à-dire des passages d’avion) peuvent fortement gêner certaines personnes.

Pour aller plus loin  

Le lecteur intéressé pourra obtenir dans la fiche documentée et le rapport technique de plus amples informations sur la modélisation du bruit généré par le trafic aérien. Y sont notamment précisées les différences entre journées, soirées, nuits, ou encore entre jours ouvrables et week-ends. 
Précisons enfin qu’en 2016, comme le prévoyait le nouveau plan bruit (Quiet.brussels), des cadastres à l’échelle de chaque commune ont été produits et transmis aux administrations concernées.


 

Date de mise à jour: 18/11/2021