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Cadastre du bruit du transport aérien

Actualisation : février 2020

En 2016, plus de la moitié du territoire bruxellois (58%) subit l’impact sonore du trafic aérien. Un dixième du territoire (12%) est concerné par des niveaux sonores (Lden) dépassant le seuil des 55 dB(A). Et la nuit, un peu plus du dixième du territoire (14%) est soumis à des niveaux sonores excédant le seuil des 45 dB(A). Les niveaux sonores les plus importants sont observés aux abords de l’aéroport et sous les routes aériennes du ring, du nord, du Canal, du « Tournant Gauche » vers l’est et celles des arrivées sur les pistes 01 et 07. 

Un vol sur deux de/vers Brussels Airport survole la Région bruxelloise

Brussels Airport est le premier aéroport belge avec près de 224.000 mouvements (atterrissages ou décollages) en 2016 (Source : Brussels Airport). La proximité de ce grand aéroport engendre des nuisances sonores liées au survol des avions au-dessus du territoire de la Région de Bruxelles-Capitale : environ la moitié des mouvements est susceptible d’y avoir une influence.

Alors que le nombre de mouvements annuel tendait à diminuer depuis 2008, il est reparti à la hausse en 2014 et 2015. Les attentats du 22 mars ont été responsables d’une légère baisse du trafic en 2016 par rapport à 2015 (-7% pour le trafic total et -9% pour le trafic nocturne, entre 23h et 7h). Le nombre total de mouvements en 2016 est ainsi revenu à son niveau de 2012.

Modélisation du bruit issu du transport aérien

Afin d’évaluer ces nuisances sur l’environnement des bruxellois, un état des lieux « acoustique » du territoire est dressé chaque année depuis 2009. Il s’attache à quantifier le bruit « structurel », émis par le transport aérien, et à modéliser la gêne ressentie par la population. Les résultats de ces modélisations sont représentés sous forme cartographique et dénommés « cadastre du bruit du trafic aérien ». 

La directive européenne exige qu’un tel état des lieux soit produit tous les 5 ans. 2011 et 2016 sont des années de référence au sens de celle-ci. Par souci de comparaison avec les autres modes de transports (routier, ferroviaire), cet état de l’environnement relaie le cadastre 2016, sachant que, pour le trafic aérien, les modélisations pour 2017 et 2018 sont déjà disponibles. 

Ce cadastre détermine notamment le Lden (Level day-evening-night) qui décrit le niveau sonore équivalent moyen pondéré pendant 24h, observé sur une année complète avec la prise en compte d’une correction pénalisante de 5 dB(A) pour le soir (de 19h à 23h) et de 10 dB(A) pour la nuit (de 23h à 7h), les bruits générés pendant ces moments de la journée étant ressentis comme plus gênants. Il n’est en revanche pas directement représentatif des « pics de bruit » qui surviennent aux passages des avions : d’autres indicateurs, dits « évènementiels », ont ce rôle.
Ce cadastre détermine également le Ln (Level night) qui correspond au niveau de bruit équivalent entre 23h et 7h.

Plus de la moitié de la superficie régionale subit l’impact du bruit du trafic aérien

Cadastre du bruit du trafic aérien en 2016 en Région de Bruxelles-Capitale – Indicateur Lden

Source : Bruxelles Environnement, 2018, « Cartographie du bruit du trafic aérien en Région de Bruxelles-Capitale – année 2016 », sur base de données de trafic de 2016, méthode ECAC-1997, logiciel de modélisation CadnaA
Note : Seules les routes aériennes utilisées pour la modélisation sont représentées
 

Cadastre du bruit du trafic aérien en 2016 en Région de Bruxelles-Capitale – Indicateur Lden

Plus de la moitié du territoire bruxellois (58%) subit l’impact sonore du trafic aérien en 2016 (niveaux Lden ≥ 45 dB(A)). La nuit, les zones touchées sont nettement plus réduites (14%). 

Les zones impactées reflètent la contribution prépondérante de certaines routes aériennes. Quatre languettes partant du nord-est de la Région sont particulièrement visibles pour l’indicateur Lden et dans une moindre mesure pour le Ln :

  • l’une située le long du tracé du Canal, sous la « route du Canal » qui correspond aux départs dans l’axe de la piste 25R ;
  • une au-dessus du Ring est de la capitale, qui est affectée par les atterrissages sur la piste 01 ;
  • une autre au nord-est de la région pointant vers le Ring Nord, sous la « route du Ring », qui reprend les départs de la piste 25R avec virage à droite ;
  • et une dernière allant du nord-est à l’est de la Région, influencée par les départs de la piste 25R avec virage à gauche.

L’influence des routes aériennes varie selon la période à laquelle on s’intéresse : le week-end, la route du Canal est plus utilisée qu’en semaine (jours ouvrables) ; c’est l’inverse pour les autres routes.

Plus d’un dixième du territoire exposé aux niveaux sonores extrêmes

Les niveaux sonores les plus élevés (Lden ≥ 55 dB(A)) concernent 12% du territoire. Ils touchent le nord-est de la Région (nord de la ville de Bruxelles - en particulier Haren et Neder-Over-Heembeek -, Evere, l’extrême nord de Schaerbeek et de Woluwe-Saint-Lambert) ainsi que l’est, à Woluwe-Saint-Pierre. 

La nuit, les niveaux gênants (Ln ≥ 45 dB(A) s’observent sur un territoire qui englobe le précédent mais qui s’étend de surcroît vers le centre de la Région (14%) (sachant que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère que les perturbations sur le sommeil sont jugées modérées à fortes dès le seuil de 40 dB(A)). La route aérienne « du Canal » marque son empreinte jusqu’à Molenbeek-Saint-Jean. 
Les nuits de week-end, les nuisances sonores sont encore plus importantes en raison du trafic plus dense sur la route du Canal : elles affectent 17% du territoire régional et touchent également les communes de Jette, Koekelberg et Anderlecht. 

Les surfaces impactées en hausse

Evolution de la superficie du territoire exposée à un niveau Lden ≥ 55 dB(A) ou à un niveau Ln ≥ 45 dB(A)

Source : Bruxelles Environnement, 2018, « Cartographie du bruit du trafic aérien en Région de Bruxelles-Capitale – année 2016 », méthode ECAC-1997, logiciel de modélisation CadnaA
 

L’année 2016 se caractérise par une augmentation des superficies impactées par rapport à 2015, alors que le trafic a régressé. Cette augmentation concerne surtout la période nocturne (+6,5%). L’exposition en 2016 demeure également supérieure à celle de 2012, alors que le trafic était équivalent (+1% en niveau global, +7% en niveau nocturne). Elle est en revanche bien inférieure à celle de 2014. Mais 2014 constitue un cas particulier : les pics observés sur 24h comme de nuit résultent de la mise en œuvre du plan de dispersion (abandonné le 2 avril 2015). 

Outre le volume de trafic, d’autres facteurs sont susceptibles d’influencer les niveaux sonores telles que l’utilisation des pistes et des routes aériennes ou encore la flotte utilisée (i.e. types d’avions).

Le trafic aérien génère moins de nuisances sonores que le trafic routier

Le bruit lié au trafic aérien intervient en 2ème position des nuisances sonores urbaines liées aux transports (par rapport au nombre d’habitants exposés ), loin derrière le bruit du trafic routier. Les Bruxellois perçoivent également le bruit du trafic aérien comme la 2de source de bruit la plus gênante selon la dernière enquête de perception du bruit (voir la fiche documentée n°1  & le focus  relayant les résultats de cette enquête), mais l’écart par rapport au bruit routier est cette fois-ci très faible. 

Précisons que les résultats ci-dessus sont issus d’une modélisation réalisée à l’échelle régionale, représentative d’une situation annuelle. Ils ne présument en rien du fait que des évènements isolés (c’est-à-dire des passages d’avion) peuvent fortement gêner certaines personnes.

Pour aller plus loin

Le lecteur intéressé pourra obtenir dans la fiche documentée et le rapport technique de plus amples informations sur la modélisation du bruit généré par le trafic aérien. Y sont notamment précisées les différences entre journées, soirées, nuits, ou encore entre jours ouvrables et week-ends. 
Précisons enfin qu’en 2016, comme le prévoit le nouveau plan bruit (Quiet.brussels), des cadastres à l’échelle de chaque commune ont été produits et transmis aux administrations concernées.
 

Date de mise à jour: 04/06/2020