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Espèces exotiques envahissantes

La propagation d’espèces exotiques envahissantes dans l’environnement constitue l’une des causes majeures d’atteinte à la biodiversité. Les espèces envahissantes peuvent également avoir des impacts économiques et sanitaires importants.

Parmi les 49 espèces de la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes récemment adoptée pour l'Union européenne, 14 espèces ont été observées en Région bruxelloise. Plusieurs dizaines d’autres espèces, non ciblées par la liste européenne mais figurant dans l’annexe de l’ordonnance nature sur les espèces invasives et/ou dans la base de données du forum belge sur les espèces invasives, sont également présentes en Région bruxelloise. 

La problématique des espèces exotiques envahissantes

Depuis des siècles, l’homme a introduit, volontairement ou accidentellement, des espèces animales et végétales ainsi que des champignons et microorganismes en dehors de leur aire naturelle de distribution.  Certaines d’entre elles s’acclimatent aux conditions locales, parviennent à se reproduire et se dispersent parfois largement en colonisant notamment des habitats semi-naturels. Ces espèces sont de plus en plus nombreuses en raison de la mondialisation croissante de l’économie et de l’explosion du tourisme.
La propagation de certaines de ces espèces exotiques dans notre environnement est susceptible d’entraîner la disparition d’espèces indigènes et d'altérer fortement le fonctionnement des écosystèmes (compétition avec les espèces locales pour la  nourriture ou les lieux de reproduction, comportement envahissant en l’absence ou en présence réduite d’ennemis naturels, prédation excessive, envahissement des plans d’eau, transmission de pathologies…). Elles peuvent également avoir des impacts économiques (dégâts aux cultures, restriction d’activités telles que la navigation ou les loisirs aquatiques, mesures de régulation et mesures de restauration de la biodiversité,...) et sanitaires (maladies infectieuses, allergies, brûlures de la peau,…) non négligeables.
De ce fait, ces espèces exotiques - qualifiées d’invasives ou envahissantes - font l’objet d’études qui s’attachent à observer leur présence et leur progression, à caractériser leur écologie et leurs impacts possibles ainsi qu’à identifier les mesures de gestion à mettre en œuvre afin de limiter ceux-ci.

Le cadre légal concernant les espèces exotiques envahissantes

Un nouveau règlement européen relatif aux espèces exotiques envahissantes est entré en vigueur le 1er janvier 2015. Il a pour objectif de prévenir et de limiter autant que possible l'impact négatif de l’introduction et de la propagation au sein de l’Union européenne d’espèces exotiques envahissantes en apportant une réponse globale et coordonnée entre les Etats membres.
Le règlement s’applique à un certain nombre d’espèces reprises dans une liste établie sur base de différents critères incluant notamment la capacité des espèces à se propager dans l’environnement et leur impact négatif important sur la biodiversité, la santé humaine ou l’économie. L’inclusion dans la liste tient également compte de la nécessité de mener une action concertée au niveau de l’Union européenne et de l’efficacité présumée des mesures qui seront prises. L’évaluation scientifique des risques est contrôlée par une plate-forme scientifique rassemblant des experts des 28 Etats membres.
Cette liste doit faire l’objet de mises à jour régulières ainsi que d’un réexamen complet au moins tous les 6 ans.  Une première liste comportant 37 espèces préoccupantes pour l'Union européenne a ainsi été adoptée en juillet 2016 et élargie, un an plus tard, à 12 espèces supplémentaires.
Les mesures applicables à ces 49 espèces incluent :

  • des mesures de prévention (interdiction de détention, commerce, transport, élevage et mise en liberté) ;
  • la mise en place d’un système de surveillance ;
  • l’éradication rapide des espèces ciblées observées pour la première fois ;
  • le contrôle optimal des espèces ciblées qui sont déjà largement répandues.

Selon le règlement, les Etats membres peuvent par ailleurs établir leur propre liste nationale des espèces envahissantes qui nécessitent une coopération régionale renforcée.
En Région bruxelloise, l’ordonnance nature adoptée en 2012 prévoit la mise en œuvre de mesures visant à prévenir l'apparition de nouvelles espèces envahissantes sur le territoire régional et à atténuer l'impact, y compris éventuellement par des mesures d’éradication, des espèces envahissantes qui y sont déjà présentes. Une adaptation du cadre légal bruxellois est cependant en cours pour tenir compte des nouvelles dispositions européennes. Par ailleurs, compte tenu du caractère transfrontalier de cette problématique, un accord de coopération visant à coordonner les actions lorsque plus d’une Région est concernée est en cours de ratification.

Les espèces exotiques envahissantes en Région bruxelloise

14 espèces de la liste européenne des espèces exotiques envahissantes ont été observées en Région bruxelloise et figurent d’ailleurs, pour la majorité d’entre elles, dans la liste de la septantaine d’espèces envahissantes énumérées dans l’annexe IV de l’ordonnance nature. Notons que pour certaines espèces telles que le Raton laveur le nombre d’observations est extrêmement limité.

De nombreuses autres espèces exotiques présentes en Région bruxelloise et/ou en Flandre et en Wallonie, non reprises dans la liste européenne, sont également problématiques. C’est par exemple le cas de l’Ambroisie annuelle (Ambrosia artemisiifolia), plante extrêmement allergène, de la Renouée du Japon (Fallopia japonica), du Cerisier tardif (Prunus serotina), des Perruches vertes (Psittacula krameri et eupatria,  Myiopsitta monachus) ou encore, des Bernaches du Canada (Branta canadensis).
Afin de permettre une approche et coopération interrégionale, l’élaboration d’une liste nationale - voire aussi de listes régionales - s’inscrivant dans le cadre de la règlementation européenne est dès lors envisagée.
Dans l’attente d’une telle liste, la base de données « Harmonia » sur les espèces invasives, élaborée et mise à jour par le forum belge sur les espèces invasives, constitue une réference en la matière. Début 2015, cette base de données comportait 87 espèces présentes en Belgique dont 43 appartenant à la liste noire (espèces ayant un impact environnemental élevé).  Parmi celles-ci, 49 espèces ont été répertoriées en Région bruxelloise durant la période 2011-2014 (pour plus d’informations sur ces espèces, voir fiche documentée « Espèces exotiques invasives : évolution et gestion »).
Près de trois quart de ces espèces envahissantes sont des plantes vasculaires. Sur les 49 espèces, 6 ont été observées pour la première fois sur le territoire régional entre 2011 et 2014 : 4 plantes vasculaires (dont 3 sur la liste noire), 1 oiseau (Erismature rousse, Oxyura jamaicensis) et 1 poisson (Gobie à taches noires, Neogobius melanostomus). Inversément, 12 espèces envahissantes – essentiellement des plantes – observées en Région bruxelloise entre 1900 et 2006 n’ont pas été observées sur la période 2011-2014. Cela ne signifie cependant pas qu’elles ne sont plus présentes vu l’absence de programme de surveillance systématique.

Le cas des perruches à collier

Echappées ou relâchées, 3 espèces de perruches vertes se sont fort bien acclimatées et nichent en grandes quantités en Région bruxelloise. Le développement exponentiel de ces perruches à partir des années ’90 leur ont valu de faire l’objet d’un suivi particulier (voir fiche documentée sur l’avifaune ).  Selon une étude réalisée en 2008 à la demande de Bruxelles Environnement par Natagora sur les impacts avérés et potentiels des perruches à collier (Psittacula krameri), les nuisances en Région bruxelloise seraient principalement localisées au niveau des dortoirs (bruit, déjections, dégâts occasionnels aux arbres). La crainte majeure réside dans le fait que ces espèces nichant dans des cavités n’exercent une compétition excessive vis-à-vis d’espèces locales cavernicoles d’oiseaux et de chauves-souris. Si jusqu’à présent un tel impact n’a pu être mis en évidence, la question reste posée, en particulier dans l’hypothèse d’une raréfaction de la présence d’arbres creux.
Depuis plusieurs années les experts observent une expansion marquée des populations de perruches en dehors de Bruxelles comme l’illustrent les cartes ci-dessous.  Dans la mesure où les perruches sont frugivores, des dégâts significatifs pourraient être observés là où les vergers constituent une activité économique importante, notamment dans le Pajottenland.

Observations de perruches à collier (Psittacula krameri) dans et autour de la Région bruxelloise durant les périodes 2008-2011 et 2013-2016 (sur base des observations mentionnées sur le site observations.be)

Source: www.observations.be

Les actions entreprises par la Région bruxelloise

Le plan de gestion de la nature, adopté en 2016, comporte une mesure, déclinée en 4 prescriptions, visant spécifiquement la gestion des espèces envahissantes.
De nombreuses actions sont déjà menées dont notamment:

  • information et sensibilisation du grand public aux problèmes causés par certaines espèces envahissantes et aux actions qu’ils peuvent entreprendre pour les minimiser, y compris en ce qui concerne le nourrissage (info-fiches, brochures et dépliants, site Internet, etc.) ;
  • information et sensibilisation des professionnels du secteur de l’horticulture visant à réduire la culture et la vente de plantes envahissantes et à recourir à des espèces alternatives indigènes (via le co-financement du projet national LIFE+ «  AlterIAS ») ;
  • diffusion d’informations (fiches techniques) et formation du personnel de terrain à la gestion de certaines plantes envahissantes ;
  • gestion sur le terrain d’espèces envahissantes particulièrement problématiques telles que par ex. le Cerisier tardif (Prunus serotina), la Renouée du Japon (Fallopia japonica), la Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) ou encore, les Bernaches du Canada (Branta canadensis) ;
  • financement, via des marchés public ou des subventions, de projets visant à étudier l’impact potentiel de certaines espèces exotiques présentes en Région bruxelloise.

Compte tenu du caractère transrégional de la problématique, Bruxelles Environnement participe également à des groupes de travail, conseils d’experts ou comités d’accompagnement d’études qui sont organisés aux niveaux suprarégional et international. Il existe aussi des outils législatifs, notamment dans le cadre de l’ordonnance du 1er mars 2012 relative à la conservation de la nature. Celle-ci interdit par exemple la plantation d’espèces non indigènes dans les réserves naturelles ainsi que la réintroduction et l’introduction intentionnelle dans la nature d’une septantaine d’espèces animales ou végétales invasives. Elle autorise par ailleurs le Gouvernement à prendre des mesures d’éradication vis-à-vis de certaines espèces invasives.
 

Date de mise à jour: 07/01/2019
Documents: 

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