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Cadastre du bruit aérien

En 2015, les deux tiers du territoire bruxellois subissent l’impact sonore du trafic aérien. Un dixième du territoire (11%) est concerné par des niveaux sonores (Lden) dépassant le seuil des 55 dB(A). Et la nuit, un peu plus du dixième du territoire (14%) est soumis à des niveaux sonores excédant le seuil des 45 dB(A). Si ces proportions ont diminué par rapport à 2014, elles restent cependant supérieures à celles de 2013. Le plan de dispersion a en effet influencé les niveaux sonores pendant toute la durée de son application : en 2014 mais aussi pendant le 1er trimestre de 2015. Les niveaux sonores les plus importants sont observés aux abords de l’aéroport et sous les routes aériennes du canal, du ring nord et vers l’est.

Un trafic aérien impacté par la crise économique et financière

Brussels Airport est le premier aéroport belge : le trafic atteint près de 239.000 mouvements (atterrissages ou décollages) en 2015 (Source : Brussels Airport). Alors que le nombre de mouvements annuel tendait à diminuer depuis 2008, il est reparti à la hausse en 2014 et 2015.
La proximité de ce grand aéroport engendre des nuisances sonores liées au survol des avions au-dessus du territoire de la Région de Bruxelles-Capitale : environ la moitié des mouvements est susceptible d’y avoir une influence.

2015 : une année encore influencée par le plan de dispersion

Un plan de dispersion des vols décollant de l’aéroport de Brussels Airport a été d’application en 2014 et jusqu’au 2 avril 2015. Suite à la mise en œuvre de ce plan, de nombreux quartiers, certains densément peuplés, ont été survolés par les avions alors qu’ils ne l’étaient pas auparavant ; d’autres quartiers, notamment sous la route du Canal, l’ont été plus qu’avant.

Evaluation du bruit issu du transport aérien

Afin d’évaluer ces nuisances sur l’environnement des bruxellois, un état des lieux « acoustique » du territoire est dressé chaque année depuis 2006. Le dernier date de 2015.
Cet état des lieux s’attache à quantifier le bruit « structurel », émis par le transport aérien, et à modéliser la gêne ressentie par la population. Les résultats de ces modélisations sont représentés sous forme cartographique et dénommés « cadastre du bruit du trafic aérien ».

Ce cadastre détermine notamment le Lden (Level day-evening-night) qui décrit le niveau sonore équivalent moyen pondéré pendant 24h, observé sur une année complète avec la prise en compte d’une correction pénalisante de 5 dB(A) pour le soir (de 19h à 23h) et de 10 dB(A) pour la nuit (de 23h à 7h), les bruits générés pendant ces moments de la journée étant ressentis comme plus gênants. Il n’est en revanche pas directement représentatif des « pics de bruit » qui surviennent aux passages des avions : d’autres indicateurs, dits « évènementiels », ont ce rôle.
Ce cadastre détermine également le Ln (Level night) qui correspond au niveau de bruit équivalent entre 23h et 7h.

Une exposition du territoire au bruit lié au trafic aérien en nette diminution par rapport à 2014

Cadastre du bruit du trafic aérien en 2015 en Région de Bruxelles-Capitale – Indicateur Lden

Sources : Bruxelles Environnement, 2017, « Cartographie du bruit du trafic aérien en Région de Bruxelles-Capitale – année 2015 », sur base de données de trafic de 2015, méthode ECAC-1997, logiciel de modélisation CadnaA
Note : Seules les routes aériennes utilisées pour la modélisation sont représentées

Deux tiers du territoire bruxellois subissent l’impact sonore du trafic aérien en 2015. La nuit, les zones impactées sont nettement plus réduites et représentent 15% de la superficie régionale environ.

Après l’exposition accrue du territoire en 2014 consécutive à l’application du plan de dispersion (voir le précédent état de l’environnement), l’année 2015 est marquée par une baisse généralisée des superficies impactées. La seule exception concerne les surfaces soumises à des niveaux de Lden compris entre 45 et 50 dB(A), qui augmentent de près de 7%. L’exposition demeure cependant supérieure à celle de 2013, ce qui traduit l’influence qu’a encore eu le plan de dispersion pendant le 1er trimestre 2015.

Les zones impactées reflètent la contribution prépondérante de certaines routes aériennes. Quatre languettes partant du nord-est de la Région sont particulièrement visibles pour l’indicateur Lden et dans une moindre mesure pour le Ln :

  • l’une située le long du tracé du Canal, sous la « route du Canal » qui correspond aux départs dans l’axe de la piste 25R ;
  • une au-dessus du ring est de la capitale, qui est affectée par les atterrissages sur la piste 01 ;
  • une autre au nord-est de la région pointant vers le Ring Nord, sous la « route du Ring », qui reprend les départs de la piste 25R avec virage à droite ;
  • et une dernière allant du nord-est à l’est de la Région, influencée par les départs de la piste 25R avec virage à gauche.

L’influence des routes aériennes varie selon la période à laquelle on s’intéresse : le week-end, la route du Canal est plus utilisée qu’en semaine (jours ouvrables) ; c’est l’inverse pour les autres routes.

Exposition du territoire aux niveaux sonores extrêmes

Les niveaux sonores les plus élevés (Lden > 55 dB(A)) concernent un dixième du territoire (11%). Ils touchent le nord-est de la Région (nord de la ville de Bruxelles - en particulier Haren et Neder-Over-Heembeek -, Evere, l’extrême nord de Schaerbeek et de Woluwe-Saint-Lambert) ainsi que l’est, à Woluwe-Saint-Pierre.

La nuit, les niveaux gênants (Ln > 45 dB(A) concernent un territoire qui englobe le précédent et qui s’étend en plus vers le centre de la Région (14%) (sachant que l’OMS considère que les perturbations sur le sommeil sont jugées modérées à fortes dès le seuil de 40 dB(A)). La route aérienne du Canal marque son empreinte jusqu’à Molenbeek-Saint-Jean.
Les nuits de week-end, les nuisances sonores sont encore plus importantes en raison du trafic plus dense sur la route du Canal : elles affectent 18% du territoire régional et touchent également les communes de Jette, Koekelberg et Anderlecht.

Evolution de la superficie du territoire exposée à un niveau Lden ≥ 55 dB(A) ou à un niveau Ln ≥ 45 dB(A)

Sources : Bruxelles Environnement, 2017, « Cartographie du bruit du trafic aérien en Région de Bruxelles-Capitale – année 2015 », sur base de données de trafic de 2015, méthode ECAC-1997, logiciel de modélisation CadnaA

Comme indiqué plus haut, l’année 2015 est marquée par une franche régression des surfaces impactées par rapport à 2014. Et ce constat vaut pour les niveaux sonores extrêmes. Les superficies exposées sont cependant encore supérieures à celles qui étaient observées en 2013.

A l’instar de 2014 et 2015, le choix des routes aériennes peut avoir des répercussions directes au niveau du territoire exposé, tout comme le volume de trafic. D’autres facteurs sont susceptibles d’influencer les contours des niveaux sonores telles que l’utilisation des pistes ou encore la flotte utilisée (i.e. types d’avions).

Le trafic aérien génère moins de nuisances sonores que le trafic routier

Le bruit lié au trafic aérien intervient en 2ème position des nuisances sonores urbaines liées aux transports (par rapport au nombre d’habitants exposés), derrière le bruit généré par le trafic routier et devant le bruit généré par le trafic ferroviaire. Cette seconde place ne présume en rien du fait que des évènements isolés peuvent fortement gêner certaines personnes.
Précisons également que les résultats ci-dessus sont issus d’une modélisation réalisée à l’échelle régionale, représentative d’une situation annuelle.
 

Date de mise à jour: 07/01/2019
Documents: 

Fiche(s) méthodologique(s)

Tableau(x) reprenant les données

Fiche(s) documentée(s)

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