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Espèces exotiques invasives

La propagation d’espèces exotiques invasives dans l’environnement constitue l’une des causes majeures d’atteinte à la biodiversité. Les espèces invasives peuvent également avoir des impacts économiques et sanitaires importants.

Début 2015, la base de données constituée par le forum belge sur les espèces invasives comportait 87 espèces présentes en Belgique dont 43 appartiennent à la liste noire (espèces ayant un impact environnemental élevé).  49 espèces (dont 26 de la liste noire) reprises dans cette base de données ont été répertoriées en Région bruxelloise durant la période 2011-2014. Il s’agit essentiellement de plantes vasculaires. Parmi ces espèces, 6 ont été observées pour la première fois sur le territoire régional entre 2011 et 2014 : 4 plantes vasculaires (dont 3 sur la liste noire), 1 oiseau et 1 poisson.  12 espèces invasives – essentiellement des plantes – observées en Région bruxelloise entre 1900 et 2006 n’ont pas été inventoriées sur la période 2011-2014. Cela ne signifie cependant pas qu’elles ne sont plus présentes vu l’absence de programme de surveillance systématique. 

La problématique des espèces exotiques invasives

Depuis des siècles, l’homme a introduit, volontairement ou accidentellement, des espèces animales et végétales en dehors de leur aire naturelle de distribution.  Certaines d’entre elles s’acclimatent aux conditions locales, parviennent à se reproduire et se dispersent parfois largement en colonisant notamment des habitats semi-naturels. Ces espèces sont de plus en plus nombreuses en raison de la mondialisation croissante de l’économie et de l’explosion du tourisme.
La propagation de certaines de ces espèces exotiques dans notre environnement est susceptible d’entraîner la disparition d’espèces indigènes et d'altérer fortement le fonctionnement des écosystèmes (compétition avec les espèces locales pour la  nourriture ou les lieux de reproduction, comportement envahissant en l’absence ou en présence réduite d’ennemis naturels, prédation excessive, envahissement des plans d’eau,…). Elles peuvent également avoir des impacts économiques (dégâts aux cultures, restriction d’activités telles que la navigation ou les loisirs aquatiques, mesures de régulation et aux mesures de restauration de la biodiversité,...) et sanitaires (maladies infectieuses, allergies, brûlures de la peau,…) non négligeables.
De ce fait, ces espèces exotiques - qualifiées d’invasives ou envahissantes - font l’objet d’études qui s’attachent à observer leur présence et leur progression, à caractériser leur écologie et leurs impacts possibles ainsi qu’à identifier les mesures de gestion à mettre en œuvre afin de limiter ceux-ci.

Les espèces exotiques invasives en Région bruxelloise

Le forum belge sur les espèces invasives rassemble des informations et tient à jour une base de données des espèces invasives menaçant la biodiversité locale (« Harmonia »). Début 2015, celle-ci  comportait 101 espèces (90 en 2009) dont 43 sur la liste noire (impact environnemental élevé), 38 sur la liste de vigilance (impact environnemental modéré) et 14 sur la liste d’alerte (espèces à impact modéré ou élevé présentes dans les pays voisins). Les 6 espèces restantes sont considérées comme ayant des impacts très limités.
49 espèces (dont 26 appartiennent à la liste noire) listées dans la base de données Harmonia ont été répertoriées en Région bruxelloise durant la période 2011-2014 ;  près de trois quart d’entre elles sont des plantes vasculaires. Il est cependant probable que le nombre d’espèces invasives réellement présentes soit plus élevé dans la mesure où il n’existe pas de programme de surveillance systématique.  En particulier, certaines plantes exotiques envahissantes dont la présence en Région bruxelloise a été inventoriée avant 2011 sont probablement encore présentes.
Parmi ces 49 espèces, 6 ont été observées pour la première fois sur le territoire régional entre 2011 et 2014 : 4 plantes vasculaires (dont 3 sur la liste noire), 1 oiseau et 1 poisson.  Les 4 espèces de plantes n’ont été signalées jusqu’à présent que sur un ou deux sites.

Espèces exotiques invasives
La liste d’alerte établie pour la Région bruxelloise comporte 46 espèces.  Elle est constituée par les espèces invasives observées au niveau régional durant la période 1900-2006 mais qui n’ont pas été signalées depuis (12 espèces) ainsi que par les espèces invasives observées dans le reste du pays  -parfois à proximité de la limite régionale - ainsi que dans les pays voisins (liste d’alerte de la base de données Harmonia) mais pas en Région bruxelloise. 

Le cas des perruches à collier

Echappées ou relâchées, 3 espèces de perruches vertes se sont fort bien acclimatées et nichent en grandes quantités en Région bruxelloise. Le développement exponentiel de ces perruches à partir des années ’90 leur ont valu de faire l’objet d’un suivi particulier.  Selon une étude (datant de 2008) réalisée à la demande de Bruxelles Environnement par Natagora sur les impacts avérés et potentiels des perruches à collier (Psittacula krameri), les nuisances en Région bruxelloise seraient principalement localisées au niveau des dortoirs (bruit, déjections, dégâts occasionnels aux arbres). La crainte majeure réside dans le fait que ces espèces nichant dans des cavités n’exercent une compétition excessive vis-à-vis d’espèces locales cavernicoles d’oiseaux et de chauves-souris. Si jusqu’à présent un tel impact n’a pu être mis en évidence, la question reste posée, en particulier dans l’hypothèse d’une raréfaction de la présence d’arbres creux.
Depuis plusieurs années les experts observent une expansion marquée des populations de perruches en dehors de Bruxelles comme l’illustrent les cartes ci-dessous.  Dans la mesure où les perruches sont frugivores, des dégâts significatifs pourraient être observés là où les vergers constituent une activité économique importante, notamment dans le Pajottenland.

Observations de perruches à collier (Psittacula krameri) dans et autour de la Région bruxelloise durant les périodes 2007-2010 et 2011-2014 (sur base des observations mentionnées sur le site observations.be)
Source: www.observations.be

Observations de perruches à collier

Les actions entreprises par la Région bruxelloise

Il n’existe actuellement pas de plan d’action global pour le contrôle des espèces exotiques invasives à l’échelle de toute la Région.  De nombreuses actions sont cependant déjà menées dont notamment  :

  • information et sensibilisation du grand public aux problèmes causés par certaines espèces invasives et aux actions qu’ils peuvent entreprendre pour les minimiser (info-fiches, brochures, site Internet, etc.) ;
  • information et sensibilisation des professionnels du secteur de l’horticulture visant à réduire la culture et la vente de plantes invasives et à recourir à des espèces alternatives indigènes (via le co-financement du projet national LIFE+ «  AlterIAS ») ;
  • diffusion d’informations (fiches techniques) et formation du personnel de terrain à la gestion de certaines plantes invasives ;
  • gestion sur le terrain d’espèces invasives particulièrement problématiques telles que par ex. le cerisier tardif (Prunus serotina), la renouée du Japon (Fallopia japonica) ou encore, la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) ;
  • financement, via des marchés public ou des subventions, de projets visant à étudier l’impact potentiel de certaines espèces exotiques présentes en Région bruxelloise.

Compte tenu du caractère transrégional de la problématique, Bruxelles Environnement participe également à des groupes de travail, conseils d’experts ou comités d’accompagnement d’études qui sont organisés aux niveaux suprarégional et international. Il existe aussi des outils législatifs, notamment dans le cadre de l’ordonnance du 1er mars 2012 relative à la conservation de la nature. Celle-ci interdit par exemple la plantation d’espèces non indigènes dans les réserves naturelles et soumet à autorisation l’introduction volontaire dans la nature d’espèces animales ou végétales non indigènes. L’article 78 de cette même ordonnance autorise par ailleurs le Gouvernement à prendre, si nécessaire, des mesures d’éradication vis-à-vis de certaines espèces invasives. Signalons également que le projet de plan nature, en cours d’adoption, comporte une mesure relative à l’optimalisation de la gestion des espèces exotiques invasives.

Date de mise à jour: 14/12/2017
Documents: 

Fiche(s) méthodologique(s)

Fiche(s) documentée(s)

Fiche(s) de l’Etat de l’Environnement

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