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Collecte de données sur la biodiversité bruxelloise par les citoyens ("crowdsourcing")

Les initiatives de « crowdsourcing » visant à susciter la collecte de données environnementales par les citoyens sont de plus en plus nombreuses. Les objectifs poursuivis sont scientifiques mais également pédagogiques, cet aspect étant plus ou moins développé selon les projets.

Le site web www.bru.observations.be est un portail qui permet à tout un chacun, naturaliste confirmé ou amateur, d’enregistrer ses observations d’espèces animales et végétales observées en Région bruxelloise. Globalement, entre 2008 et 2014, pour la plupart des groupes taxonomiques, on observe une augmentation du nombre de personnes ayant enregistré des observations sur le site. Cette tendance est probablement en partie liée à la popularité croissante du site.

L’information et la sensibilisation des citadins à la nature constituent des éléments importants d’une politique de développement urbain durable. Cette sensibilisation est en effet susceptible d’avoir de nombreuses retombées positives notamment en terme de respect des espaces verts et de la biodiversité, d’intérêt plus général pour les questions environnementales, d’éducation au monde du vivant - en particulier au niveau des enfants - ou encore,  d’implication active dans des projets environnementaux. En outre, le contact avec la nature entraîne d’importants bienfaits physiques et psychiques. Les activités d’observation d’espèces animales ou végétales effectuées par les naturalistes professionnels ou amateurs constituent l’une des facettes de cet intérêt pour la nature.  Outre les bénéfices précités, elles participent directement à l’amélioration des connaissances sur la biodiversité locale.
Les sites Internet www.observations.be et www.bru.observations.be, développés en 2008 à l’initiative de Aves-Natagora et de Stichting Natuurinformatie, sont des portails où chacun peut encoder ses propres observations faunistiques ou floristiques. www.waarnemingen.be et www.bru.waarnemingen.be, initiatives de Natuurpunt et de Stichting Natuurinformatie, constituent les versions néerlandophones de ces sites. Les sites francophones et néerlandophones partagent la même base de données ce qui signifie que les observations encodées dans un système sont visibles et partagées par l'autre. Ces sites sont alimentés par des observations effectuées tant par des groupes de travail et experts que de manière ponctuelle par des naturalistes amateurs ou confirmés. Une procédure de validation des observations est par ailleurs assurée.
Les indicateurs présentés dans les graphes ci-dessous permettent de montrer, sur une base annuelle, combien de personnes encodent régulièrement sur ces sites des observations floristiques ou faunistiques localisées en Région bruxelloise et ce, pour différents groupes taxonomiques. Seules les personnes ayant observé plus de 5 espèces différentes par an  (10 pour les oiseaux) au sein d’un même groupe taxonomique ou plus de 100 espèces différentes tous groupes taxonomiques confondus sont comptabilisées.
Ces données montrent dans l’ensemble une augmentation des observations pour la plupart des groupes taxonomiques. Si, durant les premières années, cette tendance peut principalement être attribuée à la notoriété grandissante du site, l’effet lié à l’évolution de l’intérêt du public pour certains groupes taxonomiques devrait s’avérer plus déterminant avec le temps.

Evolution annuelle du nombre d’observateurs réguliers par groupes taxonomiques
Source : www.bru.observations.be

Evolution annuelle du nombre d’observateurs réguliers par groupes taxonomiques
Les oiseaux constituent le groupe taxonomique le plus populaire en terme d’observations. Depuis 2010, la croissance du nombre d’observateurs tend néanmoins à se ralentir ce qui peut s’expliquer par le fait que le site www.observations.be est de plus en plus connu auprès de son public-cible. 
Pour les quatre autres groupes jouissant d’une certaine popularité auprès du public (plantes, papillons de jour, libellules et champignons), le nombre d’observateurs augmente de manière relativement régulière d’année en année. Ceci n’est pas si étonnant dans la mesure où les espèces concernées sont en général faciles à observer.
La série des “groupes semi-populaires” (papillons de nuits, hyménoptères, coléoptères, diptères punaises et cigales, autres arthropodes) montre également une tendance à la hausse mais toutefois moins marquée.  Ceci n’en reste pas moins un constat positif dans la mesure où les espèces appartenant à ces groupes sont généralement difficiles à observer et que leur identification taxonomique requiert le recours à une littérature spécialisée.
La dernière série rassemblant les espèces les moins populaires en terme d’observations encodées comporte notamment, de façon étonnante, des groupes taxonomiques vertébrés (autres que les oiseaux) : mammifères, poissons, amphibiens et reptiles.  Il s’agit pourtant de groupes  bien connus du grand public. Leur mode de vie généralement caché ou nocturne explique probablement, au moins en partie, le nombre limité d’observations. Remarquons qu’en ce qui concerne les poissons, aucun observateur n’a jusqu’à présent encodé plus de 6 observations par an. Le nombre limité d’observateurs concernant les groupes taxonomiques restants (criquets et sauterelles, autres insectes, mollusques et autres invertébrés, mousses et lichens) apparaît quant à lui moins étonnant. Néanmoins, pour ces espèces également, le nombre d’observateurs tend globalement à croître légèrement d’année en année pour la plupart des groupes taxonomiques.

Répartition des observations entre les différents groupes taxonomiques
Source : www.bru.observations.be

Répartition des observations entre les différents groupes taxonomiques

Entre la création du site et septembre 2015, plus de 500.000 observations ont été encodées dans www.bru.observations.be, y compris un certain nombre d’observations historiques antérieures à 2008. Près de 90% de ces observations se rapportent aux plantes et oiseaux.
 

Date de mise à jour: 19/12/2017