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Focus: La maladie de Lyme

Les parcs, les espaces verts et la Forêt de Soignes constituent des lieux privilégiés pour les activités de loisir et de détente. Ce contact avec la nature est indéniablement bénéfique pour la santé et le bien-être… mais n’est pas sans risque. Un des risques encourus est d’entrer en contact avec des tiques, vectrices de différentes maladies dont la plus connue est la maladie de Lyme.
Cependant, si le risque d’exposition à une morsure de tique et donc d’être potentiellement infecté est présent en Région Bruxelloise, il ne justifie pas le fait d'éviter de fréquenter les espaces verts : respecter les conseils de prévention permet de le limiter.

La maladie de Lyme, c'est quoi ?

A Bruxelles, de nombreuses personnes fréquentent les parcs, les espaces verts et la Forêt de Soignes, pour des activités récréatives et de détente. Ce contact avec la nature est indéniablement bénéfique pour la santé et le bien-être… mais n’est pas sans risque. Un des risques encourus est d’entrer en contact avec des tiques, vectrices de différentes maladies dont la plus connue est la maladie de Lyme.
La maladie de Lyme correspond à une infection provoquée par un groupe bactérien Borrelia Burgdorferi. Les bactéries sont inoculées à l’homme par la morsure d’une tique infectée, principalement par l’espèce Ixodes ricinus.
Les tiques sont des acariens qui ont besoin de sang pour leur développement. Elles apprécient particulièrement les endroits chauds et humides comme les hautes herbes, les fougères, les buissons ou encore les haies, où elles se mettent à l’affût d’un hôte pour se nourrir (Mersch, 2014). Les hôtes peuvent être des petits rongeurs, des grands mammifères ou plus rarement des oiseaux. L’homme est, quant à lui, un hôte accidentel. Si un premier hôte est infecté par la bactérie Borrelia, celle-ci pourra alors être transmise à la tique par le sang. Une fois contaminée, la tique sera elle-même en mesure d’infecter un hôte suivant. La plupart des infections seraient dues à des morsures de nymphes plutôt que de tiques adultes. Elles sont, de fait, plus nombreuses et plus discrètes car plus petites.
On estime à un peu plus de 10% la prévalence de la bactérie Borrelia chez les Ixodes ricinus en Belgique (Kesteman, 2010). Notons toutefois qu’une tique infectée ne transmet pas nécessairement la maladie et que toutes les personnes infectées ne vont pas forcément la développer.

La maladie peut évoluer en passant par trois stades successifs si elle n’est pas traitée.
Afin de poser un diagnostic, les symptômes observés doivent être mis en relation avec un risque d’exposition, d’autant plus lorsque le patient ne se rappelle pas avoir été mordu par une tique. L’apparition d’un érythème migrant (1er stade, dans 75% des cas) suffit au diagnostic et la maladie peut être directement traitée par des antibiotiques sans effectuer de test sérologique (recherche d’anticorps).
Les stades suivants, correspondant à la dissémination de la bactérie dans tout le corps, sont caractérisés des troubles peu spécifiques : atteintes du système nerveux (le plus souvent sous la forme d’une paralysie faciale), douleurs dans les articulations (arthrite), vision double ou plus rarement troubles du rythme cardiaque (stade 2) puis atteintes articulaires, lésions tardives de la peau ou encore, dans certains cas, troubles neurologiques chroniques (stade 3). En cas de doute, un test sérologique sera demandé par le médecin. Si le résultat est positif ou douteux, un test de confirmation sera réalisé (ISP-WIV).

Données épidémiologiques en Belgique

La maladie de Lyme ne fait pas partie des maladies infectieuses à déclaration obligatoire dès la confirmation du diagnostic mais une surveillance de l’infection est assurée par l’Institut Scientifique de Santé Publique (ISP-WIV) :

  • Un réseau de laboratoires vigies rapporte le nombre de résultats positifs des analyses sérologiques (recherche d’anticorps) effectuées. Ces données ne sont pas exhaustives mais elles permettent de suivre des tendances ;
  • des données sont également collectées au sujet du nombre de personnes hospitalisées pour la maladie de Lyme (chaque année environ 200 à 300 personnes) ;
  • Deux études prospectives réalisées en 2003-2004 et en 2008-2009 ont permis d’estimer le nombre de patients qui consultent un médecin généraliste en raison d’une morsure de tique (18,6 patients/10.000 habitants, par an) ou d'un érythème migrant (8 à 9 patients/10.000 habitants par an) (Vanthomme et al., 2012).

Ces données montrent que, au cours des dernières années, le nombre de tests réalisés a fortement augmenté, suite notamment à une attention plus grande accordée à la maladie. Toutefois, malgré cette augmentation, le taux de positivité (nombre d’analyses sérologiques positives/nombre d’analyses sérologiques réalisées), quant à lui, resterait stable (Bapcoc, 2015).
Les données de l’Institut Scientifique de Santé Publique permettent en outre de mettre en évidence la population à risque. La figure ci-dessous montre que des cas de sérologie positive sont rapportés à tout âge. Cependant, le risque augmente avec l’âge. A partir de 5-9 ans, les cas rapportés sont beaucoup plus nombreux. Ce qui correspond notamment aux enfants qui ont une activité dans les bois comme par exemple dans le cadre des activités des mouvements de jeunesse. La tranche d’âge la plus touchée est celle des 45-64 ans. Elle correspond aux personnes pour lesquelles l’exposition au risque de morsure est le plus élevé via des activités professionnelles ou de loisir.

Figure : Nombre de tests sérologiques positifs pour borréliose (par 100 000 habitants) effectués par les laboratoires vigies, par groupe d’âge, Belgique, 2014
Source : WIV-ISP (août 2015)

Nombre de tests sérologiques positifs pour borréliose (par 100 000 habitants) effectués par les laboratoires vigies
Une augmentation du taux d'incidence de la maladie de Lyme a été observée, tant en Europe qu'aux Etats-Unis. Ceci est notamment expliqué par une meilleure connaissance de la maladie, de meilleurs méthodes de diagnostic et une meilleure information/sensibilisation des médecins, mais aussi par l'augmentation de la population et la (péri)urbanisation, la fragmentation des habitats naturels, des évolutions dans la gestion des espaces naturels, des modifications des habitudes récréatives de la population (activités extérieures, voyages, …), des plus grandes densités de tiques et/ou les changements climatiques (Vanthomme et al. 2012 ; Heyman et al., 2010 ; Hofhuis et al., 2010, Tack et al., 2012a et b).
En Belgique, globalement, selon les données de l'ISP-WIV, il n’y aurait pas de tendance significative à l’augmentation de la maladie (Vanthomme et al., 2012 ; ISP-WIV, site web).

Quels risques en Région Bruxelles-Capitale ?

Les parcs de Bruxelles et la Forêt de Soignes constituent des lieux privilégiés pour les activités de loisir et de détente, ce besoin étant croissant étant donné l'augmentation de l’urbanisation et de la population. Il s’agit dès lors des zones où le risque de morsure de tique est le plus important. Ce risque est, dans une moindre mesure, présent également dans les jardins, en particulier en seconde couronne (dans les zones avec un habitat plus dispersé et à proximité de massifs forestiers).
La Forêt de Soignes représente par exemple un important lieu d’activités récréatives pour la population bruxelloise.  Les nombreux aménagements et infrastructures qui y sont présents en font un lieu particulièrement fragmenté, ce qui a pour conséquence la modification de la dispersion et de la distribution des espèces ainsi que l’augmentation de la prédation et du parasitisme. L’abondance des petits rongeurs, qui sont les hôtes de prédilection des nymphes, tend ainsi à être plus importante dans les petites parcelles que dans les grandes. Le chevreuil (hôte de la tique adulte) apprécie en outre également les lisières forestières, qui fournissent une bonne alternance de fourrages et d'abris. De ce fait, l’abondance des tiques, et donc le risque d’infection, peut augmenter avec la fragmentation de la forêt (Pfaffle et al., 2013 ; Tack et al., 2012 a et b, 2013).
En ce qui concerne les données épidémiologiques pour la Région Bruxelloise, celles-ci ne sont pas suffisamment représentatives pour faire l’objet d’une analyse poussée.

Si le risque d’exposition à une morsure de tique et donc d’être potentiellement infecté est présent en Région Bruxelloise, il ne justifie pas le fait d'éviter de fréquenter les espaces verts : respecter les conseils de prévention permet de le limiter. Lors d’une activité dans une zone à risque, il est donc conseillé :

  • de porter des vêtements clairs et couvrants autant que possible ;
  • de rester sur les chemins balisés et d’éviter le contact avec les hautes herbes et les buissons. Il en va de même pour les chiens ;
  • de contrôler systématique tout le corps (y compris des cheveux) à l'issue de l'activité et retirer la ou les tique(s) éventuellement présente(s).

Dans l’éventualité d’une morsure, il faut surveiller celle-ci et consulter son médecin en cas de symptômes.
Pour rappel, une tique infectée ne transmet pas nécessairement la maladie et toutes les personnes infectées ne vont pas forcément développer la maladie. Après une morsure, le risque de développer la maladie serait d’environ 1 à 2% (ISP-WIV, site web).
Ne nous privons donc pas des bienfaits des activités de loisir dans les espaces verts, à condition d’adopter un comportement adéquat !
 

Date de mise à jour: 18/12/2017
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